Chapitre 23
Lou dormait encore lorsque Caïus, ne tenant plus, se leva et partit ''boire un verre''. Il revint après avoir saigné un jeune homme suicidaire, il se donna bonne conscience en se disant que, quitte à ne plus vouloir de la vie, autant la lui donner…
A son retour, Lou commençait à bouger. Il alla vers elle et lui prit la main. Elle se mit à trembler et à convulser. Il paniqua, son pouls était tellement rapide qu'il se demandait comment son cœur n'allait pas sortir de sa poitrine… Sa respiration semblait bloquée.
_ Corin ! Corin vient vite !
_ Oui maitre ?
Corin était un jeune homme doué. Il pouvait faire varier la perception du chaud et du froid et ainsi vous paralyser ou encore vous faire brûler par un simple contact. Il avait étudier la médecine de son vivant et était le seul susceptible d'aider les tourtereaux ici à Volterra.
_ Viens et dis moi ce qui se passe !
Caïus paniquait. Il donna un bon coup de poing dans la porte pour essayer de se défouler.
_ Maitre, je ne peux la soigner efficacement, il lui faut des remèdes humains et un docteur. Elle est en train de faire une crise d'asthme et ne peut plus respirer. Nous devons la mettre sous oxygène ou l'emmener à l'hôpital le plus vite possible…
_ L'hôpital ? mais s'ils lui font des tests ? Ils verront que…
_ Excusez moi mais c'est ça ou elle meurt… A vous de choisir…
Le temps de réflexion fut très rapide. Il prit sa cape, s'habilla avec, pris Lou dans ses bras et l'emmena avec Corin à l'hôpital le plus proche. Là, tous les deux furent très vite repérés. Caïus retira son capuchon et regarda tout autour de lui, affolé par l'odeur du sang et le bruit ambiant des cœurs qui battent et des appareils de mesure cardio-vasculaire.
_ Maitre, calmez vous, vous allez casser quelque chose à votre épouse si vous continuez à la serrer ainsi contre vous…
Il se décrispa à peine. Un docteur passa.
_ Docteur ! s'écria Caïus.
_ Que puis-je pour vous ?
_ Ce n'est pas évident ?
Il montra Lou qui continuait à suffoquer.
_ Oh, mais…
_ Elle fait une crise d'asthme…
_ Venez, vite.
Ils se ruèrent tous les trois dans la chambre la plus proche, le cœur de Lou faiblissait. En dernier recours, Caïus avait prévu de la mordre mais pas si elle pouvait être sauvée…
Le toubib pris la perfusion et essaya de la placer dans la veine de la jeune femme. La peau était trop dure.
_ Donnez, je dois la placer dans la veine c'est ça ?
_ Oui mais…
Le doc ne put finir que Caïus la lui avait déjà arrachée des doigts et avait réussi là où le toubib avait échoué. Pendant ce temps Corin avait placé un masque à oxygène.
_ Surveillez son pouls, je vais chercher le nécessaire.
Le docteur partit comme une flèche laissant en plan les deux vampires et la demi humaine.
_ Surveillez là, et restez ici, il en a de bonnes lui…
_ Ecoutez, son pouls se calme, et il revient tout doucement à la normale…
_ Oui…
_ Comment ça va ? des améliorations ?
_ Elle convulse toujours mais son cœur bat plus calmement…
_ Comment le savez vous ? Nous n'avons pas encore placé d'appareil pour…
_ Nous lui avons pris le pouls…
Le doc prit sa seringue, une fiole et planta de toutes ses forces dans la chair de la patiente. Une fois cela fait, il injecta le produit. Les convulsions s'espacèrent et elles se stoppèrent.
_ Votre amie est sauvée… Puis je maintenant connaitre vos noms ? savoir au moins qui je soigne ?
_ Vous êtes en train de soigner ma femme, Lou Volturi.
_ Volturi ? Comme la famille de la légende ?
_ Oui, elle-même…
Tous connaissaient à Volterra la légende des moines qui avaient repoussé les vampires d'Italie et durant laquelle Saint Marcus aurait donné sa vie… Haha, la bonne blague… les vampire rodent encore en Italie et ça… Personne ne s'en apercevait… Pas même quand on les avaient sous son nez…
_ Il est vrai que vos yeux sont assez originaux… Lentilles ?
_ Non, disons plutôt un défaut de famille…
_ Albinisme ? Cela ne m'étonnerait pas vu la couleur de vos cheveux… Blancs, ce n'est pas courant…
_ Non, je ne suis pas albinos, ni un détraqué qui veut faire du genre, je suis ''né'' comme ça…
_ Enfin, bon, ne vous en faites pas… vu la dose carabinée que je lui ai mis, elle ira mieux dans quelques heures, mais elle aura la tête dans le coltard…
_ Comment ça ? Qu'a-t-elle pris ?
_ Ne vous énervez pas Monsieur Volturi, je lui ai donné un calmant. Elle va dormir, cela n'est pas nocif, ce sont des Anxiolytiques. Elle va récupérer tranquillement, et sa crise sera terminée. Si vous voulez bien m'excuser, j'ai d'autre patients…
_ Oui, bien sur.
Caïus commença à tourner en rond dans la chambre comme un lion en cage. Il attendait impatient.
_ Si ce salop l'a droguée, je le trucide ! S'il lui a fait du mal, je l'étripe, s'il a eu ne serait-ce qu'une pensée perverse, je l'égorge, si…
Il continua longtemps sa litanie jusqu'à ce qu'un mouvement sur le lit ne l'en sorte.
Pov Lou.
« Kssshhhhh Kssshhhhhh »
Yeurk, j'ai des tuyaux dans le nez et la tête dans le popotin… c'est pas la grande forme tout ça… J'ai fait quoi au juste ? Je ne me rappelle de rien… Et je suis où ? Ces lumières, on dirait un hôpital… ça expliquerait cette odeur de sang si forte…
_ Lou ? Lou, Lieve ? Comment tu te sens ? Tu peux parler ?
Tiens, Caïus… Caïus ! Ici ? Dans un… Nooon, impossible… Il est celui des trois chefs qui a le plus de mal avec l'abstinence à ce que je sais… abstinence aux deux sens du terme, si mes souvenirs sont bons.
_ 'e 'eu' 'as 'a''é !
_ Ah mais tu m'entends ! Ouf…
_ 'a 'a 'ei'e 'e ''ier, 'e ''en'end !
_ Ma chérie je ne comprend pas ce que tu me dis…
Heureusement pour moi vu le temps libre que j'avais eu pendant ses dix années, j'avais appris quelques petits trucs avec Caïus… le langage des signes en faisait partie…
Je lui dis donc dans cette langue : Pas la peine de crier je t'entend à la perfection, je ne peux juste pas parler avec ces tuyaux dans le pif !
_ Ah, excuse moi… Et sinon, tu te sens comment ?
Comme une vieille chaussette passé à 90° au lieu de 30° mais sinon, tout baigne…
_ Ah, tu veux te relever ? quelque chose ?
Non, que tu arrêtes de jouer les Papa poule serait parfait… sinon, ça va…
_ Papa poule ? Moi ?
Oui, toi Caïus Volturi !
_ Bon ok, j'arrête… Sinon, euh… non j'ai dit que j'arrêtais !
_Maitre ? ne serait-il pas judicieux d'appeler une infirmière pour dire que Dame Lou est réveillée ?
Dame Lou ? nan mais ils vont s'arrêter quand de m'appeler comme ça ces couillons ? J'ai rien d'une grande dame moi !
Je pris le bras à Corin et lui dit toujours dans ma gestuelle : Arrêtes de m'appeler Dame Lou et de me vouvoyer sinon je te gèle sur place !
Ca déclencha l'hilarité de mon Apollon en manque… Tiens, un nouveau surnom !
_ Excusez moi, mais je ne comprend pas très bien ce que vous venez de me dire…
_ Elle vient de te dire d'arrêter de l'appeler Dame ou Madame… Ou sinon elle te gèlera sur place…
_ Oh… Bon et bien d'accord si tel est ton désir, Altesse…
Deux ou trois flocons tombèrent devant ses yeux…
Est-ce que je pourrais repartir ? Je ne me sens pas à l'aise ici…
_ Tu n'as qu'à demander… Corin …
_ Oui maitre.
Caïus retira tout ce qui me gênait, tuyaux, etc…et me prit dans ses bras. Sa fraicheur me fit du bien. Je me sentais bien là, en sécurité, moi-même. Je me redressais et l'embrassait. Il me répondit avec passion… Allez savoir pourquoi, je compris tout de suite son envie subite vu son inquiétude et notre joie commune de nous retrouver ainsi, blottis l'un contre l'autre…
Lorsqu'on arriva à Volterra, au château mes deux amies m'accueillirent.
_ Lou ! Qu'est ce que tu as eu ? Tu vas bien ? comment tu vas ? Tu as fait une crise ? Tu…
Caïus regarda la mitraillette à question et passa devant elle sans répondre à quoi que se soit, moi non plus d'ailleurs…
Nous montions tous les deux dans la chambre, il me posa au sol. Je me mis face à son miroir. Je me regardais dedans et dit en me relevant les cheveux.
_ Ouf, libre, et sans appareils…
_ Oui, libre des contraintes et des enquiquineuses comme Kim…
_ Kim… haha, elle était inquiète rien de bien grave… Ne t'en fais…
Je ne pus finir ma phrase que je sentis deux mains me saisir les hanches. Je remontais mon regard vers celui du possesseurs des mimines sur mon corps… Oula, noir, très très noir… je remarquais que le mien avait aussi foncé… Mon inconscient aurait-il demandé à ma conscience d'aller faire un petit tour parmi les angelots pour que je cède aussi facilement à cette avancedes plus explicites ? Non mais…
Bon ce qui se passe maintenant appartient au domaine du privé… Tout ce que je peux dire c'est que, beaucoup de vampires ont déserté l'étage en ayant peur des représailles de mon amour d'ange déchu si on venait à nous interrompre pour X ou Y raisons…
Fin de Pov Lou.
Une semaine plus tard, les pulsions de tout un chacun étaient revues à la baisse et le château revint à son état d'origine, calme et tranquille… Enfin, tranquille, avec trois semi humaines et trois vampires totalement gagas de ces trois là… On ne peut pas dire que c'était calme….
Lou et ses allergies étaient de retour… Elle avait une fontaine à la place du nez, des charbons ardents à la place des yeux et de la lave en fusion à la place de sa trachée….
Du côté de Kim, un rhume avait décidé de venir squatter ses sinus pour lui faire bien comprendre qu'elle n'était plus une immortelle….
Amélie, fidèle à elle-même et ses maladies biannuelles, avait échappé à tout rhume, grippe etc, elle n'avait rien du tout d'enquiquinant….
Les trois filles qui avaient toujours leurs pouvoirs, mais dont les limites étaient bien moins définies avaient de plus en plus de mal à les maitriser à la perfection comme autrefois, c'était bien moins précis, et elles ne pouvaient les retenir toute une journée comme avant, il fallait qu'elles s'entrainent et s'exercent au moins une heure ensemble pour que leur flux d'énergie ne soit plus une gêne pour elles et leur entourage, une tornade, un geyser, ou une coulée de lave n'était pas les biens venus dans le château…
Jusqu'au jour où…
