Première nuit

Merci toujours pour vos reviews ! Vous pouvez spéculer autant que vous voulez pour les personnages, mais il n'y aura aucun indice de ma part pour les prochains chapitres! (Niark niark niark). Je dirais juste une chose : le perso de Moffat deviendra de plus en plus sadique, mais c'est pour une raison précise, je n'ai rien contre lui ! Pour te répondre, Nightal, je n'ai rien contre Irène non plus, mais il faut bien lui donner un rôle énervant, pour que le couple S/J puisse continuer sa vie tranquillement…Et le maire sera présent, mais pas sûr que ce soit Mycroft ! Bonne lecture !

Steven disposait des bougies autour de la table de sorte qu'il en y ait une en face de chaque participant. Pendant ce temps-là, Jim s'était précipité pour s'assoir à côté de Sherlock, au grand bonheur de celui-ci, bien qu'il ne l'affichât pas. Sebastian, toujours aussi impassible, s'était installé à la suite de son boss. Mycroft, voyant brusquement son frère se trouver beaucoup trop proche de criminels dangereux, tira la sonnette d'alarme :

« Moriarty, si vous touchez à un seul cheveux de Sherlock, je vous tuerais. »

Sebastian réagit aussi rapidement :

« Mycroft, si vous touchez à un seul cheveux de Jim, je vous tuerais aussi. »

« Moran, si vous tuez Mycroft, je viendrais vous aider » lança Irène.

« C'est ça, entretuez-vous, qu'on en finisse » marmonna Anderson.

« La seule raison pour laquelle vous êtes encore en vie, Anderson, c'est que votre visage m'a toujours fait rire » répliqua Jim.

La seconde suivante aurais pu passer dans une violence extrême si Steven n'avais pas éteint les lumières.

Le silence se fit alors, car le noir les avait enveloppés complètement. Seuls les visages des personnes présentes se distinguaient, au-dessus des bougies tremblotantes. Tout Scotland Yard était effrayé, même Anderson (ce qui, avec le jeu des ombres et des lumières, était assez déplaisant à voir) Greg tentait vainement de rester calme, ainsi que John. Même Sherlock était mal à l'aise : lui qui avait l'habitude de tout voir, dans l'obscurité il se sentait vulnérable, malgré le fait qu'il savait qu'il ne risquait rien. A sa droite, Jim s'humectait le doigt et le passait à travers les flammes de sa bougie. Sherlock l'observa un moment, hypnotisé. Cela faisait un moment que Jim était dans la pièce et il souhaitait lui parler, rien qu'à lui, il s'y sentait obligé. Dire quelque chose, n'importe quoi, du moment que ça ne semblait pas trop stupide. Mais que dire à un criminel avec qui vous envoyez une cinquantaine de sms par jour ?

Discuter des sujets mis-pervers, mi-sérieux, auxquels ils s'aventuraient ces temps derniers était beaucoup plus difficile en face à face, surtout quand il y a des gêneurs autour de vous. Mais il n'allait quand même pas rien dire de toute la soirée non ? Son sens de la répartie n'allait pas rester sous silence juste à cause de ce brun hyper sexy ? A oui, justement. Pour avoir de la répartie, il faudrait que Jim lui adresse d'abord la parole. Mais ce dernier s'amusait trop pour ça, il était à fond dans ce jeu stupide alors qu'ils n'avaient pas encore commencés. Vraiment un gamin. Un gamin assassin, certes, mais un gamin tout de même. Soudain Steven prit la parole, coupant Sherlock dans ses réflexions et Jim cessa son manège.

« A partir de maintenant, vous êtes sous mon emprise » dit-il, et dans le noir, sa voix semblait presque menaçante. « C'est moi qui dirigerais cette partie. Vos interactions se feront selon mes indications. Quiconque s'opposera à mes lois sera pendu immédiatement, et ainsi, rejeté de la partie. Vous voilà prévenus. Ceci n'est pas un jeu, pas exactement : c'est la lutte d'un groupe pour la survie, et chacun devra se battre réellement, pour autant de raison qu'il le souhaite : réglage de compte, revanche, défense, divertissement, ce ne sera pas mon problème mais sous mon autorité. Au final, seuls les meilleurs vivront. »

L'ambiance avait refroidi encore plus, si c'était possible. Sherlock se sentait maintenant agité, presque transporté, par les paroles du maitre du jeu. Une lutte à mort ? Parfait. Il allait gagner. Et en règles. Il allait gagner face à Mycroft, face à Irène, face à Jim. Surtout face à Jim. Puis l'inviter au diner ensuite. Il fallait bien réconforter les perdants, non ?

Steven, pendant ce temps, s'éloignait de la table et prenait la boite de jeu. Il en sortit dix cartes et se retourna vers le public.

« Vous connaissez tous les règles ? »

Greg, dans le stress autour de la table, se permit un sourire de soulagement.

« Bien sûr, qui ne connait pas ? C'est un jeu où tout le monde y a joué au moins une fois. »

« C'est vrai qu'il n'y a que les paysans au fin fond de l'Angleterre qui ne pourraient pas connaitre » renchérit Donovan.

« Hum. Sherlock ne connait pas, » intervint John avec gêne.

De nouveau, le brun devint le centre de l'attention.

« Vous avez vraiment raté quelque chose dans votre vie » soupira Greg.

« J'ai bien essayé de l'intéresser, mais il n'a jamais voulu essayer,» dit Mycroft avec contrariété.

« Tu me déçois Sherlock, » dit à son tour Jim. « Même moi, j'y joue, n'est-ce pas Sebastian ? »

« Oui boss, mais vous, vous avez changé les règles. La dernière fois, il y avait juste des loups et un seul villageois, et chaque nuit il se faisait arracher un membre.»

« Oui, c'était assez marrant » avoua Jim avec nostalgie. A côté de lui, Sherlock s'était figé. Les trois petits mots de Moriarty (Tu-me-déçois-) l'avait fais plus mal qu'il le pensait. Il croisa les bras et rétorqua vivement :

« Et bien, allez-y, expliquez-moi. Je suis prêt. »

Steven eu un sourire de vampire.

« Vous êtes bien placé Sherlock pour le savoir : les meurtres et disparitions sont affaires courantes à Londres. Mais contrairement à ce que tout le monde croit, ils ne sont pas tous causés par Moriarty. »

« A mon grand regret » ajouta Jim.

« En effet, certains sont causés par…des loups-garous. »

Sherlock éclata de rire.

« Vous êtes sérieux ? Ca n'existe pas, les loups-garous! »

« Votre avis importe peu » répliqua Steven, imperturbable. « Le fait est là : chaque matin, des londoniens sont retrouvés morts, le cœur arraché. Les loups-garous ont la capacité de se retransformer en humains le jour levé. Ainsi, tant qu'ils ne sont pas démasqués, les meurtres continuent. Le but est simple : aux loups-garous de tuer tous les habitants pour gagner, et aux villageois de pendre chaque jour le plus suspect d'entre eux, jusqu'à exterminer le dernier des monstres. »

« Pendre est vieux jeu, on anesthésie maintenant » coupa Jim.

« Moriarty, gardez vos pratiques douteuses pour vous » répliqua John.

« Ce n'est pas moi, c'est le progrès ! »

« Fermez-là tous les deux ! » Ordonna Steven. « Heureusement, les villageois ne se laissent pas tuer sans rien faire. Certains d'entre eux ont des pouvoirs et les utilisent pour découvrir les coupables. La petite fille se réveille en même temps que les loups-garous pour essayer de les apercevoir. La voyante a le droit de regarder la véritable identité d'une personne par nuit. La sorcière peut ressusciter une seule personne dans toute la partie, y compris elle, seulement la nuit, et peut en tuer une autre. Le chasseur, s'il est tué, pourra fusiller une autre personne avant de rendre le dernier souffle. Enfin, Cupidon, l'ange de l'amour, lancera deux flèches, et les deux personnes atteintes, les deux amoureux, seront liés : si l'un meurt, l'autre se suicidera de désespoir. »

« Quelle est l'utilité de ces derniers contre les loups ? » Demanda Sherlock.

« Aucune. Mais ainsi un troisième camp se créera : et les amoureux devront triompher contre les autres. Même si l'un est loup et l'autre villageois, ils devront combattre ensemble pour ne pas mourir. Et je crois que c'est tout. »

Steven s'avança vers le groupe et se mit à distribuer les cartes.

« Il est inutile de préciser que votre identité doit rester secrète sauf dans le cas où vous mourrez ou que la voyante vous la demande. Sinon, si vous la donnez, de n'importe quelle manière que ce soit, ou que quelqu'un vous la donne à votre place, vous périrez immédiatement. »

La carte qu'il posa en face de Sherlock était semblable à toutes les autres, assez jolie : une patte de loup marron, qui tourbillonnait sur un fond beige clair. Sherlock l'attrapa, l'amena près de lui et la retourna : le loup qu'il découvrit était assez stylisé : corps noir sur fond rouge, œil rouge, assez terrifiant. Il était donc chez les méchants. Très bien. A espérer que les autres loups le suivraient, ils pourraient gagner tranquillement.

« Il faut dès à présent élire un maire » déclara Steven. «Vous votez pour un d'entre vous et sa voix, lors du vote du jour, compteras pour deux. »

Mycroft, Sherlock, Irène et Jim sautèrent pour essayer d'attraper la carte que tendait Steven.

« Laisse-moi, Sherlock, je suis ton ainé, c'est ma voix qui devrait compter double. »

« Tu rêves Mycroft, c'est pas parce que tu fais le double de mon poids que tu devrais te croire tout permis ! »

« Sherlock ! »

« Hey ! Les Holmes ! Pour vous départager, je propose que ce soit moi qui l'aie ! »

« Rêves Jim ! »

« Les femmes au pouvoir ! »

« Mais vous n'avez rien compris ? J'ai dit que c'était une élection » rétorqua Steven. « Alors vous votez pour qui ? »

« Pour moi » firent en même temps les quatre génies.

« Je me présente » annonça alors Lestrade. « Il est hors de question que vous (tous autan tque vous êtes) soyez maires, vous êtes trop tordus et instables pour diriger quoique ce soit. »

« Je dirige les services secrets. » répliqua Mycroft.

« Et moi le service criminel. » Rajouta Jim.

«C'est bien ce que je dis, vous êtes tordus ! »

« Je vote pour Greg » dit soudain John. « Je suis d'accord avec lui, et en plus, il a un certain sens de la justice et sait faire la part des choses, contrairement à vous. »

« D'accord avec John, » firent Molly, Anderson et Donovan.

« Très bien, c'est donc Lestrade le maire » Steven donna la carte au policier sous l'œil déçu des génies tordus.

« Maintenant, posez vos cartes face normale sur la table et fermez tous les yeux,» ordonna Steven. « Le premier qui triche, je vous le rappelle, sera puni. Et moi, je sais repérer les tricheurs.»

Il était assez excitant d'être dans l'obscurité, immobile, avec Jim Moriarty à votre droite, aussi fébrile que vous. Sherlock avait très envie de le toucher, lui caresser la jambe ou autre chose de ce genre. Mais il se retenait à grand peine pour deux raisons : Jim pouvait le prendre mal ce n'était pas le moment. Il était l'heure de la survie.

« Que Cupidon se réveille » murmura Steven.

C'était dur, très dur, pensa Sherlock, de rester là à ne rien faire, pendant que d'autres voyaient ce qu'il se passait. Mais il devait obéir. Gagnez dans les règles : la victoire n'en sera que plus réjouissante.

« Que Cupidon m'indique les deux futurs amants, sachant qu'il peut se désigner lui-même comme en étant un des deux. Très bien, c'est d'accord. Cupidon peut se rendormir. Je vais taper sur la tête des deux heureux élus. »

« En général ils ne sont pas très heureux d'être choisis » marmonna Donovan.

« Silence dans les rangs. »

La légère tape que Sherlock reçut sur la tête le glaça d'effroi. Il avait été désigné ? Sérieusement ? Pitié, qu'il ne tombe pas sur Anderson ou Adler, ça allait finir très mal…

« Que les deux personnes choisies se réveillent, se reconnaissent, et se montrent leurs cartes »

Sherlock ouvrit les yeux : son regard croisa Jim.

Ho.

John, ce sale crétin, il n'y avait que lui pour faire ça ! Il allait le tuer !

Mais bon.

Ce n'était pas plus mal.

En fait, c'était très bien. Même s'ils ne gagnaient pas, ils pourraient reparler de ça plus tard.

Mais qu'est-ce qu'il racontait ? Ils allaient faire des ravages ensemble.

Ils allaient gagner en couple. Génial.

Et c'était bien un sourire, un vrai sourire, pas sadique, qu'il avait aperçu de Jim quand il l'avait vu ?

« Bon, les amoureux, grouillez-vous, qu'on puisse passer à la suite » grommela Irène.

« Ca ne m'étonne pas de vous, ça » rétorqua Mycroft, les yeux fermés. « L'amour, vous ne connaissez pas ? Il n'y a que le sexe qui vous intéresse. »

« C'est vrai que le sexuel est une matière qui vous est inconnue, Holmes ? »

« Fermez-la ! » Tonna Steven. « Vous parlez en dormant ou quoi ? »

« Je ne dors jamais » dit à son tour Sebastian.

« Mais si, tu dors. Tu sais, parfois je t'autorise. »

« C'est vrai boss. »

« C'est bon, on peut passer à la suite ? » S'impatienta John.

Jim montra alors à Sherlock sa carte : une vieille femme, à deux facettes : l'une tenait une potion avec un serpent dessus, et l'autre une fleur. C'était sans conteste la sorcière, avec ses potions de vie et de mort. Sherlock, quand à lui, montra son loup. Jim leva le pouce genre « super ! Je suis à fond avec toi ! » Puis il referma les yeux. Se sentant apaisé et content, Sherlock ferma les yeux à son tour. Le rôle de Jim n'aurait pas pu mieux lui convenir. Celui qui a le droit de vie et de mort sur les gens…

« J'appelle la voyante. Elle me désigne une personne dont elle veut voir la carte…très bien, je vais bouger toutes les cartes, mais une seule d'entre elle sera révélée. »

Sherlock entendit Steven prendre sa carte mais il la garda bien trois secondes avant de la reposer. C'était beaucoup trop. Shit. La voyante savait qui il était. Mais qui était-elle ? Mettons que tout le monde était la voyante : Greg aurait voulu savoir pour son amoureux, John, et inversement. Anderson aurait vérifié pour sa maitresse, soit Donovan, et vice et versa. Jim connaissait sa carte, Sebastian aurait voulu savoir pour son boss. Il reste donc Molly, mais c'était plus probablement Mycroft ou Irène. Quoiqu'Irène, lors de la désignation, aurais voulu savoir pour Mycroft, elle avait apparemment de la rancœur envers lui. C'était à 99% sûr pour Mycroft, son grand frère, prêt à tout pour tout savoir sur son petit frère. Mais il était aussi plausible que Mycroft ne fasse rien contre lui, même s'il était loup, juste pour le protéger. C'était stupide de sa part, mais au moins Sherlock ne risquait rien.

« J'appelle les loups-garous »

L'air sembla plus froid d'un coup, le silence plus pesant.

La voix de Steven était vraiment solennelle et effrayante.

La première chose que pensa Sherlock en levant les yeux était : « Ho non, pas lui ! » Puis « Non, pas elle ! C'est bon, je suis foutu. »

Irène en loup, c'était crédible et ça passait. Molly ? Bon, quelque part, elle l'avait aidé pour sa fausse mort, donc c'était ok aussi pour elle. Mais Anderson quoi ! Un loup ! Le hasard faisait vraiment n'importe quoi.

« Que les loups-garous me désignent la personne qu'ils vont tuer. » Dit Steven.

« Et par tuer, » ajouta Jim dans son sommeil, « Steven veut dire que les loups vont sauter sur la personne, la bloquer, casser bras et jambes pour qu'elle ne s'enfuit pas, la réveiller si elle s'évanouit, la déshabiller, la violer, lui arracher les entrailles, lui… »

« C'est bon Jim, on aura compris » soupira Sebastian.

« Oui Moriarty, arrêtez d'imposer vos fantasmes aux autres » souffla Greg.

« Ah, mais non, c'est du vécu, pas un fantas… »

« Moriarty ! Lestrade ! Moran ! Silence ! »

Pendant ce temps, Molly désignait fermement Jim. « Elle lui a pas pardonné le fait qu'il s'est joué d'elle avant» pensa Sherlock. Anderson suivait l'avis de Molly. Bêtise ou solidarité féminine de sa part*, le fait est qu'il n'avait aucun avis intelligent ni personnel. Irène désignait Mycroft. Elle lui en voulait à mort, c'était sûr. Sherlock ne voulait pas tuer son frère, simplement parce qu'en tant que voyante il pouvait l'aider. Il fit signe à Irène négativement. Irène désigna alors Jim. Sherlock fit non encore, alors elle revint à Mycroft.

Alors c'était soit l'un soit l'autre ? Il préférait qu'ils tuent Mycroft, mais si Jim mourrait, il pourrait se ressusciter ensuite. Il pesait le pour et le contre quand Steven intervint :

« Si les loups n'arrivent pas à se décider, il n'y aura pas de mort cette nuit. Et je précise que les loups ont le droit de s'entretuer. Alors à trois, si vous n'êtes pas d'accord, il n'y a pas de tué. Un… »

Les loups ont le droit de s'entretuer ? Une idée germa dans la tête de Sherlock. Ca risquer de faire éteindre l'espèce, mais tant qu'Anderson serait dans leurs rangs, avec sa stupidité légendaire, l'espèce est menacée d'extinction imminente. Il articula à Irène silencieusement « suivez-moi… »

« Deux… »

« S'il vous plait… »

« Un… »

Irène acquiesça.

« Zéro !...Bien, ce sera ainsi. Les loups peuvent se rendormir. J'appelle la sorcière. Je lui montre la victime. Qu'elle lève le pouce si elle veut la ressusciter. D'accord. Veux-tu tuer quelqu'un, et si oui qui ? D'accord. Que la sorcière se rendorme. La première nuit est passée, le village peut se réveiller. »

*Oui, Sherlock prend vraiment Anderson pour une fillette à ce moment-là.