Sauve-nous
Toujours, un grand merci eux reviewers (ça existe ce mot ? on va dire que oui) et j'espère que la suite vous plaira…Parce qu'à partir de maintenant, le jeu prend une autre dimension, plus sombre et inquiétante…
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Steven avait rallumé la pièce, et toutes les personnes présentes, soulagées d'être ressorties du noir, se souriaient et s'étiraient, comme de retour après une transe de plusieurs heures.
Sherlock remerciait Irène du regard. A la dernière seconde de leur tour, il avait désigné Anderson, et la jeune femme l'avait suivie. Ainsi, à deux voix contre lui, le médecin légiste s'était fait tué par ses semblables.
Le brun lança un coup d'œil à Jim. Ce dernier le remarqua et lui sourit tranquillement.
« Ca va, Sherlock ? »
« Pour l'instant, oui, et vous ? » Répondit le détective.
« On peut laisser tomber le vouvoiement, tu ne crois pas ? »
« Et bien… » Sherlock était mi-heureux, mi-déstabilisé de cette nouvelle attitude de Moriarty, ce dernier étant amusé, ne cherchant pas à le piéger de quelque façon que ce soit. « Je suppose que oui. »
« Une personne est morte cette nuit. » Déclara Steven. « Il s'agit d'Anderson, et c'était…un loup-garou. Il en reste trois à abattre. »
Il retourna la carte de la victime. Choque sur le visage des autres.
« Est-ce que les loups-garous ont compris le but du jeu ? » Demanda John.
« Sûrement, mais tout le monde voudrait éliminer Anderson, qu'il soit dans un camp opposé ou pas, vu son niveau d'utilité » répliqua Jim.
« Dites ce que vous voulez, je suis content d'en finir avec cette connerie de jeu » rétorqua Anderson. « Et je peux vous dire que les autres loups sont… »
« Silence, vous êtes mort ! » Intervint Steven. « Allez-vous en, tenez, dans ce canapé, là, au fond de la pièce. Ca ne m'étonne pas plus que ça, que vous mourrez le premier, remarquez. Vous n'êtes là que pour vous faire insulter, et vos apparitions n'ont été que fugaces, alors ce ne sera pas une grosse perte. »
Tandis que le médecin légiste quittait la table avec brusquerie et colère, Sherlock tentait de décrypter les paroles de Steven. Il était vraiment bizarre, ce type. Il parlait comme si il connaissait par cœur Anderson, alors qu'il ne l'avait probablement jamais vu de sa vie avant ce soir. Jim, lui, fixait aussi le maitre du jeu, et on voyait presque dans ses yeux son cerveau tourner à plein régime. Les autres évidemment, ne remarquaient rien d'anormal.
« Heu, et bien, c'est parfait, ça nous en fait un de moins… » Dit Greg avec toujours un peu d'incrédulité dans la voix.
« Les loups-garous s'entretuent et vous prenez ça comme une bonne chose ? » Répliqua Mycroft. « Soit les loups sont des idiots, soit ils ont un plan, et c'est mauvais pour nous. »
« Ca peut aussi être la sorcière, » fit remarquer Irène, « qui a ressuscité la victime des loups et a tué une autre personne à la place. »
John restait déconcerté par les paroles de la jeune femme.
« Et sur dix personnes, la sorcière serait tombée sur un loup ? »
« Les statistiques n'étaient pas en sa faveur, c'est vrai, » admit Sebastian, « mais le hasard est le hasard, non ? »
« Peu importe. Si la sorcière a utilisée tous ces pouvoirs cette nuit, alors nous avons un atout en moins. Et si les loups ont un plan, alors il faut les arrêter. » Greg jouait avec son insigne de maire en même temps qu'il parlait, de façon inconsciente. « On peut en tuer un autre aujourd'hui. Qui a une idée ? »
« Je propose de vous tuer, Lestrade ! » Lança Donovan, à la grande surprise de tous.
« Et pour quelle raison? » Demanda Greg, vexé.
« Parce que vous êtes le maire, et que ce sont toujours les loups qui veulent l'être. »
« Encore une fois, Donovan, vous faites une brillantissime démonstration de l'idiotie humaine, » intervint Sherlock, sortant de ses pensées. « Vous votez pour quelqu'un que vous voulez tuer au tour suivant ? La logique vous est toujours inconnue ? »
« Pas pour moi » souffla Molly, coupant Donovan dans ses protestations. « Et je crois que c'est clair pour la personne à pendre. »
« Ha oui, et qui ça doit être ? » Irène semblait amusée que tout soit évident pour une fille qui n'avait pas la moitié de son intelligence.
« Moriarty. »
« Hein, quoi ? » Jim émergeait de sa concentration intense.
« Mais voyons, c'est le criminel le plus recherché d'Angleterre ! » S'exclama Molly, indignée que personne ne la suive. « Penser qu'il serait innocent pendant une seconde serait de la folie ! »
« Ha mais oui, c'est sûr ! Je vote contre Jim aussi ! » Lança Donovan.
« Deux voix contre Moriarty… » Nota Steven.
« Trois. » ajouta Mycroft.
Sherlock fronça les sourcils de colère.
« Ho non, pas toi Mycroft, tu vas pas t'y mettre ! Tu sais bien que Jim n'est pas forcément un loup, les cartes ont été distribuées au hasard !»
« Désolé, Sherlock, mais même s'il n'est pas coupable, il serait capable de faire gagner les loups rien que pour son plaisir personnel. » Rétorqua le grand frère.
« Alors tu tuerais un innocent pour quelque chose qu'il ferait peut-être ? Mais arrête avec tes foutues opinions et fais-moi confiance ! » S'emporta Sherlock.
Le roux secoua la tête. Le brun était vraiment énervé, maintenant. Il aurait du assassiner Mycroft cette nuit ! Comment avait-il peut lui laisser seulement le bénéfice du doute ? Maintenant c'est lui qui risquait de mourir ! Il n'avait plus le choix, il fallait éliminer Molly. Sinon, avec elle, Jim et lui finiraient tués.
« Je vote contre Molly » annonça Sherlock.
« Hey, Jim, t'a trois voix contre toi, réagis un peu ! » Sebastian secouait son patron par le bras.
« Oui, j'ai beaucoup de gens qui m'en veulent… »
La voix de Moriarty s'entendait comme éloignée. Il n'était visiblement pas connecté à ce qui se passait autour de lui.
« Je vote contre Molly aussi, » ajouta-t-il, mal à l'aise.
QUOI ? Jim n'est JAMAIS mal à l'aise ! Sherlock rageait, il voulait comprendre, que Jim redeviennes normal !
« Je vote Moriarty » annonça Irène. « Rien de personnel, je ne lui fais pas confiance. »
« Et moi Molly. » Murmura John, avec un regard d'excuse vers la jeune femme.
« Merci, Johnny-boy, j'ai toujours su qu'en tant qu'ami de Sebastian, vous deviez avoir un minimum de conscience. »
« Ce n'est pas pour vous, Jim » rétorqua le blond.
« Mais oui, John en tant que Cupidon, savait que si Jim meurs, je meurs aussi » Songea Sherlock. « Et maintenant, la seule personne qui n'a pas voté, c'est… »
« Quatre voix contre Moriarty, quatre contre Molly. Lestrade, vous départagez » informa Steven.
Greg, qui n'avait pipé mot jusque-là, resta encore quelques secondes silencieux, les yeux dans le vide.
« Shit. » Pensa Sherlock, affolé. « C'est foutu. Il va voter contre Jim. Il le hait, c'est un flic, il… »
« Je vote contre Molly » dit enfin Greg.
« Que…quoi ? » balbutia la concernée.
« Désolé, mais je crois en Sherlock depuis des années, ça ne vas pas s'arrêter aujourd'hui. »
« Mais non, je… »
« Trop tard. » Steven retourna la carte de Molly : un loup-garou était au verso.
« Ouf, » soupira Greg, « on a eu chaud. »
« Un de moins ! » S'exclama joyeusement John.
« Et voilà, vous allez arrêter de vouloir tous me voir mort ? » Demanda Jim.
« Non, » répondirent Irène, Donovan et Mycroft.
Ce dernier hésita.
« Je te dois des excuses, Sherlock. »
« Laisse tomber, je sais que tu ne me fais pas confiance pour autant » rétorqua le brun.
« C'est dommage, vous étiez intéressante, Molly » soupirait Steven. « Pas indispensable, mais intéressante. Vous feriez mieux de rejoindre votre collègue, à côté. »
« D'accord. » Déçue, Molly s'en alla avec un dernier regard de rancune envers Jim.
« Bon, on reteins les lumières, ok ? » Steven était aux anges, étrangement.
Lorsque l'obscurité revint, le froid l'accompagnait. Sherlock frissonna, les yeux fermés. Cette partie commençait à le mettre mal à l'aise, comme Jim. Il y avait quelque chose de malsain, un côté malveillant à tout ça…Mais d'où-cela venait-il ?
Soudain, Jim grimpa sur ses genoux.
La surprise l'empêcha de faire un geste, et l'autre lui frottait énergiquement bras et torse, pour le réchauffer. Cela marcha à merveille, évidemment, et Sherlock était prêt à pendre le criminel dans ses bras mais Steven les coupa dans leur câlin improvisé :
« Que les amoureux cessent immédiatement cela, ou ils mourront tous les deux ! »
« Je ne veux pas savoir ce qu'ils font » gémit Donovan.
« Donovan…»
Mais Sherlock n'entendit pas la suite du discours de Steven sur les gens qui parlaient la nuit, car il était redevenu glacé. Oui, parce qu'avant de se détacher de lui, Jim lui avait murmuré quelque chose. C'était dit calmement, mais fermement, c'était quatre mots, c'était « Sauve-nous de Steven » et ça sonnait comme si le maitre du jeu souhaitait tous les voir morts dans la réalité.
