: Le scénariste
Bon, les filles, vous savez quoi ? Vos reviews, en plus de me booster, me donnent une grosse envie de torturer toujours plus nos héros…Et d'aller toujours plus loin dans ce délire macabre…En continuant de lire, vous risquer donc de :
-développer une haine chronique envers l'auteure et ses fics
-avoir un stress post-traumatique déclenché à la vue du jeu du loup-garou et de ses extensions
-fuir au loin dès qu'on vous parle de Steven Moffat
Après, si vous êtes prêt à encourir tout ça, c'est votre problème. Toutes insultes, exclamations de colère, envie de meurtre me concernant, etc, se fera par reviews.
Ce chapitre est l'avant-dernier. Il est un moyen de me réconcilier avec Mycroft, personnage avec qui je ne m'entendais pas depuis un moment à cause d'un certain dernier épisode…Bref, je lui ai proposé d'enterrer la hache de guerre. Il ne m'a pas encore répondu, mais je suis sûre qu'il serait d'accord. Pour fêter ça, la moitié du chapitre se passera dans sa tête. Merveilleux.
De plus, ce chapitre 6 est divisé lui-même en trois parties, la partie 6.1 étant horrible, la partie 6.2 étant moins horrible mais la 6.3 redonne un petit espoir…Mais je peux aussi décider de tous les tuer quand même !
Bah oui, 666. Le chiffre de la bête. Ne me jetez pas des pierres, si vous voyiez la tête de Lucifer dans Supernatural, vous aussi vous lui prêteriez allégeance.
Enfin, j'ai placé deux petites allusions, une à Spiderman (étant une grande fan de Marvel…) et une au Maitre (de DW).
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Même si des projecteurs étaient braqués sur Sherlock Holmes en ce moment précis, personne n'aurait pu deviner qu'il était terrifié. Tout simplement car le détective s'était repris grâce à son activité favorite : réfléchir rapidement tout en restant calme à l'extérieur.
« Le piège est tout juste parfait » songeait le brun, car malgré sa haine mêlée de peur envers Steven, il ne pouvait s'empêcher de ressentir aussi de l'admiration -on ne peut pas refaire Sherlock- « Obligation de jouer sous peine de se faire tuer, et impossibilité de prévenir les autres. Il est un peu grossier d'utiliser un jeu de société populaire pour parvenir à ses fins, mais le résultat doit être jouissif pour cet espèce d'enfoiré. » Dans d'autres circonstances (et par là il faut entendre dans des circonstances où Sherlock serait en position dominante) le détective se serait fait un plaisir de découper en morceaux Steven pour voir, si, à l'intérieur, il était un alien ou si ses espèces de pouvoirs venaient d'ailleurs, mais là, il se contenterait de lui loger une balle dans la tête. Parce que si Steven croyait que Sherlock allait continuer une seconde de plus à jouer dans ce jeu macabre, à choisir entre ses amis lequel il allait tuer pour survivre, c'est le connaitre fort mal.
Il était déjà à moitié levé quand Steven lança, un ton ironique à ses lèvres :
« Alors, les garçons, vous ne vous amusez pas ? Connaissant vos caractères, vous devriez trouvez ce jeu de la mort assez divertissant, je me trompe ? Ho, ne paniquez pas,» ajouta-t-il devant le visage choqué de Sherlock, « les règles intiment aux joueurs de dormir tant que ce n'est pas leur tour, et bon il faut dire que je n'ai pas imposé physiquement ces indications jusqu'à maintenant, mais je crois qu'une petite discussion est nécessaire, alors…Seuls vous et Jim pouvez m'entendre, mademoiselle Adler, bien que réveillée, n'est pas au courant de la situation réelle, elle ne comprends donc pas ce que je dis. »
« Vous pouvez endormir et tuer les gens rien qu'en le décidant par vous-même…Qui êtes-vous ? » Demanda Jim, se forçant à garder les yeux fermés.
« Mais juste comme vous m'avez présenté. Un scénariste, rien de plus. Qui est appelé parfois à faire des choix difficiles dans le cadre de son métier. Quand c'est le cas, j'organise des petits concours entre les personnes concernées, le jeu du loup-garou étant ma meilleure trouvaille, et les éléments qui auront survécus auront tout simplement le droit de continuer à vivre leurs vies tranquillement.»
« Nous ne sommes pas vos pions… » Commença Sherlock.
« Détrompez-vous, » coupa le maitre, « vous l'êtes depuis le début. Bon, il est vrai qu'en général, les joueurs se révoltent ou tentent de m'assassiner, comme vous vouliez vous-même essayer, n'est-ce pas Sherlock ? Dans ces cas-là, ça se termine en un bain de sang, malheureusement pour eux. Je n'ai pas de problèmes à faire disparaitre toute une unité, si elle refuse de suivre les règles… »
« On verra ce que vous direz une fois mort » rétorqua Jim. « Sherlock, grouille-toi d'abattre ce fumier… »
« Qui sera le plus rapide de nous deux dans ce combat? Vous, avec un revolver, ou moi, sans armes, sans rien ? Je parierai sur moi, malgré tout. » Sherlock n'avait toujours pas avancé d'un pouce. Steven croisa les bras, puis secoua la tête. « Je ne voudrais avoir à vous éliminer un par un. C'est dommage que ce soit votre petit groupe de Londres qui a été désigné, moi je n'y suis pour rien, mais c'est comme ça. »
« C'est John qui a voulu… »
« Non, c'est madame Hudson qui lui a donné cette idée, idée qui vient de moi ! Et elle a même eu la gentillesse de me refiler l'adresse de votre appartement, à moi, sa vieille connaissance, enfin, ce qu'elle croit être une vieille connaissance. »
« Que lui est-il arrivé ? »
« Son rôle est terminé pour longtemps. Elle est morte. » Ajouta-t-il en bougeant sa main comme on chasse une mouche.
La rage qui s'empara de Sherlock fut indescriptible. Il allait se jeter sur le maitre quand Jim l'attrapa par le bras et le fit se rassoir.
« Bonne réaction, Jimmy, s'approcher de moi à moins de deux mètres peut devenir très dangereux pour votre santé. » Steven eu alors un sourire sadique. « Vous pouvez me suppliez. Vous pouvez essayer d'interrompre la partie. Vous pouvez tenter de me tuer. Ca n'amènera qu'à un seul résultat : votre mort. Pensez plutôt à gagner ensemble. Entre vous et eux, qui vous choisissez ? »
« Personne. Je ne choisis personne. » Répliqua Sherlock, les poings fermés.
« Je n'en suis pas si sûr… »
Steven recula doucement. Et puis, peu à peu, des voix s'élevèrent :
« Ils ont bientôt finis, les loups-garous ? »
C'était John, la voix ennuyée.
« Silence, monsieur Watson, on ne parle pas pendant la nuit » le réprimanda Mycroft.
« Les loups, dépêchez-vous ! » Lança Steven.
Sherlock était face au pire dilemme de sa vie. Non, en fait, il était face au pire cauchemar qu'il n'avait jamais rencontré. Tout l'écrasait : la peur, la colère, le remord, la tristesse. Il ne pouvait pas s'en sortir seul. Il lui fallait de l'aide.
Irène votait pour Lestrade. Il ne savait pas pourquoi. Mais il fit la même chose.
Parce que tout l'écrasait.
Et comme n'importe quel autre humain dans une situation extrême, la survie prônait avant tout.
…
« Que la sorcière se réveille. Elle n'a plus de potion de vie. Veut-elle faire utiliser celle de mort ? Très bien. Qu'elle se rendorme, et que le village se réveille. »
« J'ai l'impression que cette nuit a été plus longue que les autres, pas vous ? » Dit Greg en s'étirant.
Il ne remarqua pas les yeux tristes de Sherlock qui s'efforçait de regarder ailleurs.
Mais Mycroft Holmes le remarqua.
Tous à la fête foraine !
Mon petit frère ne peut rien me cacher. Je sais quand il est heureux avec John, je sais quand il est amoureux de Moriarty, je sais quand il a peur et c'est le cas, je sais quand il a besoin de moi et c'est le cas.
Je meurs d'envie de me lever et lui demander ce qu'il ne va pas, de le rassurer et de régler son problème, quel qu'il soit. Il refusera, il refuse toujours. J'essaye donc de deviner.
Mais il a levé la tête vers moi. Et il m'observe quand il cogne quatre fois tout doucement la table en bois.
Cela me surprit beaucoup : ça me ramène à des années en arrière, quand nous étions le plus proche, nous étions encore des enfants…
…
Tout avait commencé chez notre tante Mary. Nous étions chez elle, un immense manoir aux couleurs de pierres, assis autour d'un buffet non pas moins gigantesque, nos parents et autres oncles et tantes parlant de tout et de rien, tout en s'empiffrant allégrement, et il ne fallait pas être un génie pour savoir que Sherlock, qui avait 10 ans à l'époque, s'ennuyait ferme.
Il était assis entre moi et ma tante Mary. Il ne l'avait jamais aimé et moi non plus. Elle était gentille mais croyait que nous deux, grâce à notre intelligence incroyable, étions des garçons géniaux et idolâtrés. Elle ne pensait pas une seconde au fait qu'on pouvait être rejeté et considéré comme des frères horribles qui lisaient dans les esprits et faisaient forcément le mal. Non non, pour elle, nous étions des neveux supers-héros qui combattaient le mal toute l'année scolaire et pendant les vacances.
« Sherlock, arrête de tapoter la table » ordonna-t-elle gentiment.
« Désolé, tante May, » répondit le brun avec un sourire ironique.
« Pardon ? Comment m'as-tu appelé ? »
« Il faisait une plaisanterie, » et je le sauvais d'une réprimande de nos parents, comme toujours. « Une référence. Une boutade. Une… »
« Oui j'ai compris Mycroft. Tiens, reprends un peu de gâteau. »
Après réflexion, je me suis rendu compte que c'était elle qui m'avait rendu dépendant des sucreries. Merci à elle !
Depuis ce jour, il suffisait à Sherlock de taper quatre fois quelque part pour attirer mon attention, car il s'ensuivait toujours des paroles codées, que seuls nous pouvions comprendre. Ca pouvait être une remarque ironique jusqu'à des paroles sérieuses, et dans tous les cas je le fixais de façon intense parce que j'étais sûr que ce qui allait s'ensuivre allait le concerner, lui et son état, on peut le dire, pitoyable.
« Mycroft, arrête de me regarder comme ça » lança-t-il. « On dirait que tu t'es retrouvé à la fête foraine de Newcastle Hoppings. »
Nous n'étions jamais allés à la fête foraine de Newcastle mais il devait parler de la seule et unique fois où nous nous sommes rendus à la foire.
Je ne voyais pas le rapport, était-il triste à cause d'une barbe à papa qui aurait voulu manger et qu'il n'avait pas acheté ? Les regrets l'ont-ils envahi ?
Je n'ai plus qu'à replonger dans ce souvenir pour tenter de comprendre.
…
« Mycroft, je déteste cette endroit. »
A quinze ans, il était l'ado qu'on pensait ne jamais apercevoir à une fête, surtout foraine. Mais c'est moi qui l'ai entrainé ici.
« Tu m'a dit que tu voulais être ami avec Jared. La première étape pour se rapprocher entre deux camarades est de vivre des expériences communes pour pouvoir en reparler après. Jared est allé faire des manèges, alors nous allons faire des manèges. »
« Tu dis n'importe quoi. Je ne veux pas être ami avec lui. »
« Tu devrais pourtant, il est très intelligent. »
« C'est un abruti complet. » Sherlock se rapprocha de moi pendant qu'il marchait, pour éviter de se cogner contre la foule qui défilait en sens inverse. « Ce n'est pas parce qu'il a des 20 sur 20 partout qu'il est un géni. Tiens, hier, il a offert des bouquins et une rose à Emma Cale pour qu'elle s'intéresse à lui et qu'ils puissent sortir ensemble. »
« Offrir des cadeaux est une bonne tactique pour commencer à flirter… » J'ai répondu.
« Mycroft, elle est lesbienne. »
« Ho. »
Nous nous sommes arrêtés devant un palais des glaces. Je connaissais le but du jeu : sortir du labyrinthe en essayant de ne pas se perdre entre tous les miroirs.
« On va faire ça, » j'ai décidé.
J'allais payer quand Sherlock grimpa sur l'estrade et devant l'entrée, il s'écria :
« Trop fort certains miroirs sont déformants ! Regarde, je suis hyper-mince et toi hyper-gros ! … Ha merde, c'est un miroir normal, pas déformant… »
Je me souviens de l'avoir frappé sur la tête avant de l'avoir ramené manu militari à la maison.
…
Je ne voyais toujours pas le rapport, jusqu'à ce que je remarque le miroir au-dessus de sa tête, accroché contre le mur.
« Il y a eu un mort cette nuit. Il s'agit de Lestrade, et c'était la petite fille. » Annonça Steven avec un grand sourire.
« Ho, dommage. » Greg sourit à John avant de se lever. Evidement, il lui lègue son insigne de maire. John le remercie tandis qu'il quitte l'assemblée et avance jusqu'au bout du salon. Je le vois à travers le miroir passer une main sur le rideau et observer l'extérieur.
Qu'est-ce que je suis sensé voir ? Sherlock et Moriarty ont tous les deux l'air d'être au bord de l'évanouissement. Qu'est-ce que qu'il se passe ? Je relève la tête et le reflet ne m'indique rien d'anormal. Greg reste immobile, seul, et…
Seul. Où sont les autres ?
Et d'un coup de fouet qui me frappe en plein cœur, je vois tout. Greg est beaucoup trop appuyé sur le mur pour que ce soit naturel. Une grosse flaque rouge sombre s'étend sous lui. Il tombe brutalement mais le bruit sourd ne semble être entendu que par Sherlock, Moriarty et moi. A terre, je vois d'énormes balafres apparues sur son torse. Il venait de se faire entaillé par quelque chose d'invisible, et personne ne bouge. La scène dure moins de cinq secondes. Puis il disparait.
Et chaque jeu a ses failles…
« A en juger par la mine horrifiée et dégoûtée de mon frère, il a compris » Pensa Sherlock.
Le détective évitait de croiser le regard des autres. Surtout pas celui de son frère, qui sombre dans le même état que lui. Pas celui de Jim, qui désespère mais garde un visage froid et inexpressif, le but étant de calmer son bras droit. Pas celui de Steven, dont le sourire est trop déformé pour n'être que bienveillant. Pas celui de John, il venait d'envoyer son amant à l'abattoir.
Il n'y avait plus le temps d'être orgueilleux ou arrogant. Il ne restait plus que Mycroft, Irène, Jim, Sebastian et John. Que des personnes qui importaient plus que tout pour lui.
Son frère avait des capacités supérieures aux siennes. Il était le seul capable de les sortir de là. Il allait trouver une solution. Et empêcher un autre massacre.
« Il est l'heure de voter contre quelqu'un. »
C'était incroyable comme les paroles de Steven pouvaient vous glacer le sang en un quart de tour.
« Si Greg était la petite fille, il a peut-être vu un loup, » hasarda Sebastian. « Contre qui voulait-il voter la journée d'hier, avant que tout le monde se lègue contre Donovan ? »
« Et bien, il m'a dit qu'il fallait voter contre Sherlock » répondit John en croisant les bras.
Jim avala de travers sa salive, Mycroft gémit un « non » à peine audible. Sherlock ne pouvait pas être plus effrayé.
« Je vote contre toi, Sherlock, désolé, » ajouta donc le blond.
« Je vais faire de même » renchérit Irène.
Et voilà. Maintenant Adler le trahissait. Le brun serra ses poings encore plus forts.
« Heu…Je ne sais pas quoi faire » intervint Sebastian, gêné. « Qu'est-ce que Sherlock a à dire ? »
« Je… »
Comment se défendre ? Comment choisir entre soi et les autres ? Le brun lança un appel à l'aide silencieux à son frère. Mycroft se redressa alors et déclara, à la grande surprise de tous :
« Sherlock n'est pas un loup. Et j'ai moyen de le prouver. Tuez-moi. »
« Pardon ? » Demanda Jim.
« Tuez-moi, parce qu'entre deux innocents, il vaut mieux que ce soit moi qui meurs, et ça vous évitera de faire une bêtise incommensurable. »
« Mycroft » commença Sherlock, mais la suite ne venait pas.
« Il faut bien choisir quelqu'un, de toutes façon » ajouta le roux, désormais avec une voix plus convaincue. « Désignez-moi. »
Au bout de trois minutes d'échanges, dont ni Sherlock ni Jim ne participèrent, Mycroft fut choisi.
« Et il était…la voyante » dit Steven en retournant la carte.
« Il a donc vu la carte de Sherlock, et il savait qu'il n'était pas un loup-garou… D'accord, » conclut Sebastian.
L'intéressé baissait la tête. Sous la table, il malaxait la main de Jim, ce dernier lui rendant la pareille. Son dernier espoir venait de se suicider. Mycroft l'avait abandonné. Comment avait-il pu ?
«Je ne suis vraiment pas bon en ce jeu, j'aurais préféré faire un Cluedo… » Murmura Mycroft.
Puis il se dirigea à pas lourds proche de l'endroit où est mort Greg. Mais Sherlock ne continua pas à la surveiller, premièrement parce qu'il ne voulait pas assister à la mort de son frère, deuxièmement parce qu'il était occupé à déchiffrer le code du roux.
Le Cluedo…Il parlait sûrement de la dernière partie qu'il avait jouée avec John… « C'est impossible que l'assassin soit la victime ! » « Ce n'est pas dans les règles ! » « Ce sont les règles qui ont tord ! »
Ce sont les règles qui ont tord…Autrement dit, les règles ont des failles. Et il pouvait les exploiter.
Son frère lui demandait de tricher au jeu du loup-garou.
