De nouveau merci à tous mes Reviewers, ca me fait toujours un grand plaisir de vous lire...
Flo : Ravi que mon univers te plaise, ce n'est pas chose facile après tout ^^ Faire réapparaître la grenouille était un peu symbolique, apparut lors du 1er episode, la voilà qui revient pour ce qui semblerait être le départ définitif de Lisbon... Bref, tu n'auras pas encore les réponses à toutes te questions mais, bientôt peut être...
Sur ce, bonne lecture ! ;)
I - « I'm not afraid of dying, there's too much to miss in life, but I can't begin to even imagine you not by my side.» Last Dance - Camera Can't Lie.
Le soleil était radieux ce matin-là à Sacramento, et Patrick Jane se sentait étonnement de bonne humeur en sortant de sa chambre de motel. Sur la route qui le conduisait au CBI, il fit un arrêt beignets chez Marie's, qui ne dura guère longtemps grâce à la mémoire de la serveuse, puis repartit en sifflotant. Lisbon aura sûrement oublié de prendre son petit-déjeuner, encore, et lui, la sauvera de la famine à renfort de pâtisseries. Ce qu'il appréciait particulièrement dans ce petit rituel du matin, c'était le petit sourire de l'agent à chaque fois qu'il ouvrait la boîte de beignets sous ses yeux. C'était toujours de simples beignets, mais comme elle faisait ce sourire à chaque fois, il avait finis par le baptiser.
Alors qu'il verrouillait la portière de sa Citroën DS, toujours en sifflotant et d'étrange bonne humeur, le consultant était déjà impatient de recevoir son tant attendu sourire beignet.
En arrivant à l'étage, le blondinet constata que le bureau de sa supérieure était fermé et les stores tirés, autrement dit, elle n'était pas encore arrivée. Il jeta un regard à l'horloge mural et fronça légèrement les sourcils, interrompant par la même occasion ses sifflotements.
Etrange, se dit-il. Lisbon n'était jamais arrivé en retard, sauf la fois où il la savait avoir passée la nuit accompagnée. Aurait-elle passée une autre nuit agitée avec un homme ? Il se mordilla la lèvre inférieure puis, après quelques secondes de réflexion et un haussement d'épaules, fit demi-tour en direction de son grenier. « Elle aura d'autant plus besoin de beignets dans ce cas… ». Il remonta lentement les marches, sa bonne humeur soudainement envolée.
…
Les minutes défilèrent et, alors que la matinée était déjà bien entamée, Jane se décida à redescendre afin de retrouver son agent, avant que les beignets ne soient rassis. Hélas, en arrivant dans l'open space, le bureau de Lisbon était toujours clos.
Etant donné l'heure, la brunette n'était pas simplement en retard, non, quelque chose clochait. Son esprit passa automatiquement en revue les différentes explications possibles, cherchant une réponse à ce nouveau mystère. Avait-elle prit un jour de congé sans qu'il ne soit au courant ? Ou peut-être était-elle sur une nouvelle scène de crime ? Etait-elle malade ? Avait-elle eut un accident ?
Le consultant aperçu les membres de l'équipe, assis à leurs bureaux respectifs, ce qui écartait l'hypothèse d'une nouvelle enquête, et les rejoints avec son habituel air décontracté.
- Alors Rigsby, aucuns symptômes canins ne s'est déclarés pendant la nuit ? sourit malicieusement le blondinet, faisant allusion à l'attaque du rottweiler qu'avait essuyé l'agent la veille.
- Ah ah… Très drôle Jane, répondit froidement le grand brun. J'ai à peine dormis cette nuit, à cause des points de suture. Ca fait un mal de…
- De chien ? termina Jane en rigolant.
Même VanPelt ricana derrière son écran.
- Tu sais, reprit le mentaliste, les médecins prescrivent des antidouleurs en général…
- Mouais, j'en ai mais, je n'aime pas trop ces trucs-là. Ca t'assomme complètement et tu risques d'en devenir dépendant, alors non merci ! Je préfère encore morfler pendant quelques jours…
Jane acquiesça distraitement tandis que Cho préféra dévier son attention sur le dossier ouvert devant lui.
- Et dis-moi, sinon, t'aurais pas vu Lisbon par hasard ? embraya l'ancien medium.
Wayne le dévisagea, surpris, puis les trois agents se lancèrent des regards interrogateurs.
- Euh… On croyait qu'elle était avec toi, finit-il par lui répondre.
- Pourquoi est-ce qu'elle serait forcément avec moi ?
Rigsby chercha l'aide de Grace pour formuler la réponse mais la rouquine fit semblant d'être captivée par son clavier d'ordinateur. Il refit donc face à Jane, qui semblait sonder la moindre de ses pensées.
- Ben, disons que depuis quelques temps vous passez beaucoup de temps ensemble et, en général, quand elle n'est pas avec nous, elle est forcément avec toi… balbutia l'agent.
La première réaction de Patrick aurait été de lever les yeux au ciel en s'emportant d'un « N'importe quoi », mais comme cela aurait plus controversant pour lui, il se contenta d'un haussement de sourcils et d'un sourire amusé.
- Comme tu peux le voir, ce n'est pas le cas aujourd'hui. Mmh, marmonna-t-il en se tapotant le menton, mimant une intense réflexion. Les amis, nous avons un nouveau mystère à résoudre ! Prévenez la presse, placardez les avis de recherche ! Teresa Lisbon a disp…
Mais il fut interrompu par l'arrivée de Wainwright dans l'open space.
- Bonjour tout le monde, les salua-t-il sur un ton préoccupé. Vous avez une nouvelle affaire, un meurtre au Linden Park. Cho, c'est vous qui dirigerez l'enquête !
Le directeur allait repartir mais Kimball le rappela.
- Patron ? J'aimerais en tenir informer l'agent Lisbon avant de prendre sa place sur cette affaire, si ca ne vous ennui pas.
Son interlocuteur émit un léger rire.
- C'est très noble à vous, agent Cho, mais l'agent Lisbon ne faisant plus partie du CBI, vous n'êtes pas obligé de demander sa permission vous savez ? J'ai pensé à vous pour reprendre son poste car vous êtes le plus ancien de l'équipe et qu'il est marqué dans votre dossier que vous avez déjà une expérience en tant que chef. Mais si vous ne voulez pas de cette opportunité, alors je nommerai quelqu'un d'autre… déclara-t-il en haussant les épaules.
Jane ne laissa pas le loisir à l'asiatique de répondre.
- Comment ça, Lisbon ne fait plus partie du CBI ?
Luther fronça les sourcils.
- Elle… ne vous a rien dit ?
Les quatre regards perdus en face de lui répondirent à sa question, et il n'en fut que plus mal à l'aise. Comment avait-elle pu lui laisser leur annoncer cela ?
- Elle euh… L'agent Lisbon a été muté à Washington, elle travaille pour le FBI maintenant. Je suis désolé, je croyais que vous le saviez, annonça-t-il sincèrement.
Après un regard compatissant adressé à chacun d'entre eux, il fit demi-tour en maudissant intérieurement l'agent séniore. Lui qui la croyait proche de son équipe, il s'était visiblement trompé.
Alors qu'il arrivait dans le hall, quelque chose agrippa son avant-bras et le força à se retourner.
En s'apercevant de l'agressivité de son geste, le consultant leva les mains en signe d'excuse. Wainwright ne répondit rien et se contenta de le dévisager.
- Je sais que vous ne nous avez pas tout dit, déclara l'ancien medium. Lisbon aimait son boulot, son équipe, c'était toute sa vie. Elle ne serait jamais partie comme ça, surtout sans ne rien dire à personne.
Il baissa brièvement les yeux en direction de ses chaussures et, quand ils croisèrent à nouveau ceux du jeune directeur, ce dernier y lu une vulnérabilité qu'il n'avait encore jamais perçu chez Patrick Jane.
- Vous l'avez mutée à cause de moi, c'est ça ? Je suis allez trop loin, j'ai dépassé les limites et vous reportez la faute sur elle, je… Si c'est à cause de la juge la semaine dernière, j'irais m'excusez, je l'inviterais même à dîner s'il le faut, rajouta-t-il en se forçant à rire. Ne lui faites pas ça, elle ne mérite pas de…
Luther l'interrompit d'un geste de la main.
- Je vous arrête, Jane. Ce n'est pas moi qui ai demandé la mutation de l'agent Lisbon. Au contraire, son départ ne m'arrange pas du tout. Il soupira. C'est elle qui m'a demandé à être transférée, il y a plus d'une semaine, elle avait déjà tout prévu. Vu ses états de services, je ne pouvais pas refuser.
Après un bref silence, le directeur s'inquiéta de l'état de stupeur dans lequel semblait être plongé le mentaliste, les yeux grands ouverts et le regard perdu dans le vide.
C'était comme s'il venait de se prendre un coup de poing à l'estomac. Il y avait d'abord le choc, l'étourdissement, la douleur…
- Mais, reprit Wainwright, vous n'aviez vraiment rien vu venir vous ? demanda-t-il, dans l'incompréhension.
… et la colère.
- Non, répondit-il froidement après un certain temps. Il semblerait qu'on ait trouvé meilleur menteur que moi.
- Ecoutez, compatit le jeune bureaucrate, tout ce que je sais de plus, c'est que son avion décollait très tôt ce matin.
Le consultant releva les yeux vers son supérieur, plus une once d'émotion ne s'y reflétait. Il le salua d'un hochement de tête et repartit en direction de l'open space. Quand il y arriva, les trois agents étaient réunis autour du bureau de Van Pelt.
- Eh Jane ! l'interpella celle-ci. Lisbon vient d'appeler, elle voulait s'excuser d'être partit sans dire un mot et…
Mais il ne la laissa pas finir.
- Tu as sa nouvelle adresse ?
- Euh oui, je peux te trouver ca mais… balbutia-t-elle.
- Tu peux me la donner, s'il te plaît ?
Elle le dévisagea un instant, surprise par son ton calme et si… froid. Puis elle se mit à pianoter sur son clavier, pour finalement noter sa trouvaille sur un bout de papier qu'elle tendit au consultant.
- Qu'est-ce que tu vas faire ? s'inquiéta la rouquine, tenant toujours le post-it entre ses doigts.
- Si tu peux te contenter de plates excuses par téléphone, tant mieux pour toi Grace. Moi j'ai besoin de l'entendre de vive voix.
Sur ce, il arracha le morceau de papier de la main de l'agent et tourna les talons, saisissant violemment le sachet de beignets qu'il avait laissé sur le bureau de Rigsby au passage. Il jeta un bref regard à l'adresse indiquée
Appartement B
2660 13th Street Northwest,
Washington DC
Elle n'avait pas le droit de les abandonner de cette façon, sans même une chance de s'expliquer ou de la convaincre de rester. C'est pourquoi il refusait d'admettre son départ, sa fuite soudaine ne paraissait pas réelle. Pourtant, durant les longues heures de vol qui l'attendaient, Jane aurait largement le temps de prendre conscience de la situation et de ressentir alors une inexplicable sensation d'oppression au creux de sa poitrine. Il finirait par réaliser que c'est l'idée d'une vie sans Lisbon à ses côtés qui paraissait irréelle.
Tbc...
PS: L'adresse et toute description future sont réelles, vérifiables sur Google Maps si ca vous chante ;)
