De nouveau désolée pour l'attente, les vacances au soleil, tout ça... ^^ Comme toujours, je remercie tous mes petits reviewers (Flo, MadMouse, caro94,HeartSentence) mais aussi mes lecteurs de l'ombre ! J'espère que ce dernier chapitre ne vous décevras pas et, si vous avez des critiques n'hésitez pas, il me reste l'épilogue pour me rattraper ;D
Flo: Ca me rassure que tu ai apprécier ma description des sentiments de Jane, c'est la partie qui m'a demandée le plus de temps dans ce chapitre ! Vu dans l'état qu'il était, le seul verre qu'il a bu a suffit ^^ La scène de Jane sous la pluie m'a beaucoup perturbée aussi, j'ai du me contrôler pour ne pas finir ce chapitre en NC-17 xD
caro94: Fluffy c'est bien guimauve oui ^^ Je ne suis pas tombée là-dedans alors, ouf ! Ca me rassure ^^
Sur ce, bonne lecture !
IV - "And I've been a fool and I've been blind, I can never leave the past behind […] It's always darkest before the dawn…" Shake it Out - Florence & The Machine.
Le jour était levé depuis moins d'une heure, et Jane arpentait à pas lents le salon de Lisbon tout en buvant une tasse de thé. Le silence régnait dans l'appartement, la brunette dormant encore probablement, et seule la traversée de quelques véhicules au dehors perturbait le calme ambiant.
Le consultant n'avait que très peu dormit, étant donné la façon dont s'était terminée la conversation de la veille. Au début, il avait cru qu'elle avait seulement besoin de quelques minutes afin d'assimiler ses paroles, ses promesses, alors il avait attendu, patiemment.
Sauf que Teresa n'est jamais ressortit de sa chambre.
Il avait bien essayé d'aller lui parler mais, à chaque fois il était resté figé devant la porte, découragé par le silence qui régnait de l'autre côté. Pourquoi remuer le couteau dans la plaie ? Patrick avait déjà bien assez vu à quel point sa présence lui faisait du mal, le combat intérieur qu'elle menait chaque minute passée auprès de lui. Malgré qu'il lui ait proposé de sacrifier sa vengeance pour elle, l'agent n'avait pas cédée. Elle avait été à deux doigts de le faire cependant, il l'avait vu dans ses yeux, mais quelque chose de plus fort la retenait de dire oui. Lisbon était quelqu'un de sage, ce quelque chose devait vraiment être une bonne raison.
Est-ce qu'il voulait que la brunette reparte avec lui à Sacramento ? Bien sûr, plus que tout. Mais était-ce vraiment une bonne chose pour elle ? Au fond de lui, le mentaliste savait que non. La vrai question était s'il devait se montrer égoïste et continuer ses tentatives auprès l'agent jusqu'à ce qu'elle finisse par céder, ou bien faire ce qu'il avait toujours voulu faire depuis le début. La protéger.
Jane arrêta ses allez-retours et jeta un regard en direction de l'escalier qui menait à la chambre de la jeune femme.
Elle méritait une vie normale, sans plus de souffrances qu'elle n'avait déjà éprouvée à cause de lui. Et puis, qu'avait-il à lui offrir mis à part un cœur brisé et un semblant de sourire ?
Son regard se perdit au fond de sa tasse devant ce triste constat.
La douleur au creux de sa poitrine se faisant de nouveau ressentir, il marcha en direction de la cuisine et déposa la vaisselle au fond de l'évier. Il retourna au salon où il enfila sa veste, et se dirigea vers l'entrée. Une main sur la poignée, il se retourna une dernière fois, espérant voir Lisbon réveillée, et ayant changée d'avis. Mais il n'y avait toujours personne, le salon demeurant vide et silencieux. Le consultant franchit le seuil et referma doucement la porte derrière lui, sans un regard en arrière cette fois.
Teresa ouvrit la porte de sa chambre, les yeux à moitiés clos, l'esprit encore embrumé par sa courte nuit de sommeil.
La veille, après avoir claquée la porte, elle était restée un long moment adossée contre celle-ci en étouffant ses sanglots, priant pour que Jane ne la poursuive pas. Elle s'était décidée à se relever seulement lorsque son dos lui avait douloureusement suggéré de le faire, pour finalement se réfugier au fond de son lit sans même retirer le vieux survêtement qu'elle avait revêtu un peu plus tôt.
Emmitouflée dans ses couvertures, au chaud, au calme, elle s'était mise à maudire son consultant. Ancien consultant. Pourquoi s'était-il ouvert à elle ? Pourquoi maintenant ? N'aurait-il pas simplement pu être en colère ou se taire ?
Elle avait ensuite guettée les allez et retour de Jane entre son canapé et sa chambre une bonne partie de la nuit, jusqu'à ce que, épuisée, elle finisse par sombrer.
Lisbon n'avait jamais réellement expérimenté le dicton « la nuit porte conseil », mais en se réveillant quelques minutes plus tôt, cette phrase n'aurait pu être plus claire. C'était comme si son esprit avait continué de débattre pendant son sommeil, et elle voyait la situation sous un tout nouvel angle.
Bien sûr, tout ce qu'elle avait avouée à Jane la veille était vrai, cela l'avait même soulagée, en quelques sortes, d'enfin déballer le fond de ses pensées. Mais une part d'elle était déçue qu'il l'ait cru aussi facilement, comme si elle n'avait que faire des promesses qui les liaient et qui lui était possible de l'abandonner lui, son équipe, sa vie, pour des prétextes avec lesquelles elle vivait depuis des mois, voire des années. Ce n'était pas dans sa nature, d'abandonner, elle savait que trop bien le mal que cela faisait.
« Peu importe ce qu'il arrive, je serais toujours là pour vous » lui avait-il dit un jour. La jeune femme avait eu l'occasion de lui montrer qu'il en était de même pour elle, et même plus. Le protéger, le sauver… Non, il en avait fallu beaucoup plus pour la faire fuir.
« Agent Lisbon,
Un poste va, prochainement, se libérer au siège du FBI, à Washington DC. Un poste qui sera à la hauteur de vos compétences, n'ayez crainte. Je vous suggère fortement d'accepter cette offre et de quitter l'Etat, pendant que le choix est encore de votre ressort. Je sais qu'une menace à votre encontre n'aura que peu d'influence sur vous, alors pensons plutôt au bien être de notre ami commun. Comment réagirait notre cher Patrick en découvrant votre cadavre, accompagné de ma sanglante signature ? Vous ne voudriez pas lui faire ce mal, n'est-ce-pas ?
Vous êtes une femme remarquable, Teresa, vous ferez le bon choix. »
Voilà le mot qui avait pétrifié l'agent quelques semaines plus tôt, la vision du smiley rouge sang en guise de signature finissant de lui glacer le sang. Le tueur avait vu juste, l'effet que son meurtre pourrait avoir sur Jane avait éclipsé le fait que sa propre vie était menacée. Teresa Lisbon faisait passer les autres avant elle, elle était comme ça, et que le tueur le sache l'effrayait au plus haut point. Si elle se faisait tuée de la main de John le Rouge, la culpabilité deviendrait trop lourde, même pour le veuf, et ce n'est pas certain qu'il s'en remettrait.
Voilà pourquoi Lisbon avait accepté le marché sans broncher, sans même penser aux petites closes en bas du papier. Voilà pourquoi elle s'est efforcée de rester de marbre devant le consultant, alors qu'en réalité, elle se mordait jusqu'au sang afin de ne pas craquer et lui dire la vérité.
Elle se remémora les paroles du mentaliste.
« Si je vous perds vous aussi… J'ai peur de sombrer définitivement… peur de celui que je pourrais finir par devenir. »
Et si c'est justement cela que John le Rouge voulait ? En partant de son propre chef, il récupérait un compagnon de jeu concentré, sans plus aucune conscience et prêt à faire n'importe quoi pour l'attraper, sans personne pour l'en empêcher. S'il la tuait, cela risquerait d'être le meurtre de trop, et le sérial killer se retrouverait alors privé de son adversaire préféré.
Et si Il en profitait pour s'en prendre à l'ancien medium alors qu'elle s'était enfuie à des milliers de kilomètres, juste parce qu'elle avait bêtement marché dans le plan sordide de ce psychopathe ? Elle ne se le pardonnerait jamais. Jamais.
« Je ne veux pas aussi vous perdre à cause de lui… »
La brunette savait maintenant ce qui lui restait à faire. Parler de la menace au consultant. Il serait probablement en colère qu'elle lui ait caché cela, mais il finirait par lui pardonner, et ensemble ils trouveront une solution.
Elle descendit les marches en souriant, rassurée à l'idée que tout pourrait finalement s'arranger. Elle ne le perdrait pas lui non plus.
Lorsque la jeune femme arriva dans le salon, vêtue d'un jean qu'elle avait pris le temps d'enfiler sous son maillot des Chicago Cubs avant de descendre, le silence de son appartement l'interpella. Ses yeux se posèrent sur le plaid soigneusement pliée sur son canapé et la table basse parfaitement nettoyée. Elle parcourut la pièce du regard à la recherche du blondinet, en vain. La brunette se dirigea à pas vifs vers la salle de bain, il n'y était pas non plus. Elle sentit son rythme cardiaque s'accélérer, un élan de panique s'emparant d'elle. L'agent se précipita dans la cuisine, espérant l'y voir siroter sa traditionnelle tasse de thé.
- Jane ? l'appela-t-elle. Ja… le nom mourût sur ses lèvres à l'instant où elle constata que la pièce était vide, et qu'une tasse reposait au fond de l'évier.
Il était partit. Jane avait renoncé, et il était partit en croyant qu'elle ne voulait plus le voir.
C'était comme si on venait soudainement de la frapper à la poitrine, lui coupant le souffle sous la dureté du choc. Elle avait été aveugle, naïve d'espérer pouvoir le protéger en s'enfuyant sous les ordres d'un assassin. Patrick Jane était son ami, et elle l'aimait. Suffisamment pour vouloir le protéger, trop profondément pour pouvoir l'abandonner. Si seulement elle n'avait pas été si lente à comprendre…
Faisant fi de toute logique, elle s'empara de ses clés et sortit en trombe de l'appartement. Le mentaliste était peut être partit depuis des heures, avait sans doutes prit un taxi ou était même déjà dans l'avion, peu importe, elle n'était pas en mesure de réfléchir. La seule chose qu'elle voulait faire à présent, c'était courir à sa poursuite. Courir jusqu'à rattraper son idiot de consultant et lui demander de rester. C'était une décision risquée, mais elle ne pouvait pas se résoudre à faire autrement.
Pour une matinée d'avril sur la côte Est, il faisait un temps agréable. Le ciel était bleu, sans nuages, et le vent soufflait suffisamment pour rappeler aux passants que l'été n'était pas encore arrivé malgré les apparences.
L'appartement de Lisbon se situait le long d'une rue qui formait une ligne droite sur plusieurs kilomètres, où les pavillons de couleurs et d'architectures différentes se succédaient avec une certaine harmonie, et où la verdure était bien présente autour de chaque habitation. Patrick regardait attentivement les alentours tout en marchant, découvrant cette ville dans laquelle il n'avait jamais mis les pieds. Il avait toujours aimé les grands espaces, là où la nature gardait la plupart de ses droits, et c'est pour cela qu'il aimait la Californie d'ailleurs, l'état possédant de magnifiques réserves naturelles. Pourtant, plus il avançait le long de la 13ème Rue, plus il se surprenait à aimer l'ambiance qui régnait à DC. Son avion ne décollant qu'en début d'après-midi, il avait largement le temps de se balader, et comme il ne savait absolument pas comment se rendre à l'aéroport Ronald Reagan de là où il se trouvait, il appellerait un taxi pour l'y conduire d'ici quelques heures.
En attendant, il continuait de marcher en détaillant les gens qu'il croisait, humant l'air afin de s'imprégner de l'atmosphère de la ville et de ses habitants en ce dimanche matin.
Teresa courrait à en perdre haleine, évitant les quelques badauds qui se mettaient en travers de sa route. Elle ne faisait guère attention aux injures ou aux regards curieux qui la dévisageaient. Elle pouvait presque les entendre penser « Mais qu'est-ce qui lui prend à celle-là, de courir comme ça un dimanche ? ».
« Allez vous faire voir, tiens ! » leur répondait mentalement la brunette.
Regardant droit devant elle, Lisbon cherchait désespérément une silhouette en costume trois pièces.
Arrêté à un passage pour piétons, le consultant attendait patiemment que le feu autorise la traversée. Regardant les environs, il vit à sa droite une vieille femme, les bras chargés d'un sac de course en papier d'où dépassaient quelques oranges, avancer à petits pas vers lui. Elle scrutait attentivement le feu, comme si, tant qu'elle gardait le contact visuel, il l'attendrait avant de passer au vert.
Jane sourit.
Puis un joggeur, qui trottinait un peu plus loin derrière, se retourna afin de reluquer une jeune blonde à robe courte qui passait, si bien qu'il ne vit pas la vieille dame devant lui et la percuta de plein fouet. Le sac qu'elle tenait tomba au sol, des oranges et quelques boîtes de conserves s'éparpillant sur le trottoir. Le jeune joggeur retira un de ses écouteurs et se confondit en excuses auprès de la pauvre femme qui pestait contre lui. Il s'empressa de se baisser et de ramasser ses courses tandis qu'elle reportait son regard vers le feu. Ses épaules s'affaissèrent et elle soupira.
Le mentaliste regarda de nouveau droit devant lui. Le feu était vert.
Elle continuait de courir, vite. L'air commençait à lui manquer, et un point de côté fulgurant lui soutirait une grimace douloureuse. Mais elle devait continuer.
Pourtant, quelques mètres plus loin, le feu de l'autre côté de la rue passa au rouge, et elle dû se résigner à s'arrêter. Essoufflée, le cœur battant à tout rompre, les joues rougies par l'effort, Teresa se retint de s'allonger sur le sol lorsqu'elle arriva au bord du trottoir. Pliée en deux, les mains sur ses genoux, elle tentait de reprendre son souffle, et de repousser l'envie d'abandonner qui pointait le bout de son nez.
« Fais-toi à l'idée, ma vieille. Tu pourras courir aussi loin que tu veux, il est déjà partit et tu ne le rattraperas pas… »
Puis elle réalisa que quelqu'un était en train de s'adresser à elle.
- Vous vous sentez bien, ma petite ?
Une vieille dame chargée d'un paquet de courses et qui, visiblement, attendait elle aussi de traverser, la dévisageait avec inquiétude.
- Oui, j'ai juste… courue trop longtemps… Je suis essoufflée… hoqueta la brunette. Merci… de vous en inquiéter…
- Et bien, répondit-elle après l'avoir détaillée de la tête aux pieds, vue votre état, ce après quoi vous courrez doit vraiment en valoir la peine
L'agent rit. C'est vrai qu'elle ne devait pas avoir fière allure dans son vieux jean et son tee-shirt deux fois trop grand, sa chevelure emmêlée, qu'elle n'avait pas eu le temps de coiffer et dont sa course n'avait sûrement pas arrangée l'état.
- Oh oui, il en vaut vraiment la peine…
L'ancien medium avait à peine fait quelques pas après la rue qu'il venait de traverser, qu'il perçut une anomalie dans le paysage. Quelqu'un courrait et, d'après les foulées irrégulières et bruyantes qu'il entendait, ce n'était pas un joggeur. Les pas s'arrêtent tout près derrière lui, un essoufflement. C'est une femme.
Trouvant le jeu amusant, il resta immobile et écouta. Heureusement, les rues étaient calmes le dimanche.
Il reconnaît la voix de la vieille femme au sac de course, sauf qu'elle ne râle plus contre le joggeur qui l'a renversé. Elle paraît inquiète pour la jeune femme essoufflée. Puis il l'entend, sa voix rendue légèrement rauque par l'effort, mais il la reconnaît. C'est Lisbon.
Il se retourne aussitôt, ses yeux la cherchant déjà parmi les passants. Il ne tarda pas à la trouver d'ailleurs, elle était juste en face de lui, à moitié accroupie sur le trottoir d'en face, cherchant à reprendre son souffle. Ses cheveux bruns en bataille lui donnaient un air de sauvageonne, et son tee-shirt trop large, qu'il reconnaissait pour l'avoir surprise à dormir avec, baillait sur ses frêles épaules, en laissant un à moitié nu.
Tournée vers son interlocutrice, elle ne fit pas attention à lui.
« Oh oui, il en vaut vraiment la peine… » l'entendit-il dire.
Elle lui avait couru après finalement. Teresa avait changée d'avis, elle voulait qu'il reste. Ou alors, elle voulait simplement expliquer sa réaction de la veille et lui faire de vrais adieux, se disant qu'il méritait au moins ça. Il sentit son enthousiasme s'évaporer à cette possibilité, il ne voulait pas affronter un nouveau refus.
Cependant, la possibilité de s'enfuir lui échappa à l'instant où la brunette posa enfin les yeux sur lui.
- Jane ! cria-t-elle.
Impulsivement, elle se releva et avança vers lui. Ayant oubliée l'interdiction de traversée, elle manqua de peu de se faire renverser par une voiture qui ralentit à peine. Le corps tendu vers l'avant, le consultant jeta un bref regard des deux côtés de la route et se précipita vers Lisbon, l'attrapant par le bras afin de l'entraîner en sécurité sur le trottoir.
- On ne vous a jamais dit de regarder avant de traverser ? la gronda-t-il.
Il relâcha l'étreinte autour de son bras, mais elle, resta fermement cramponnée aux manches de son costume, l'empêchant de s'éloigner.
- Restez ! supplia-t-elle.
Elle l'avait dit tellement vite que le mentaliste cru l'avoir imaginé.
- Pardon ?
- Restez ! redit-elle. Je ne peux pas revenir en Californie tout de suite, je n'ai jamais voulu partir d'ailleurs, mais vous aviez raison, continua l'agent en haletant. Je veux que vous que restiez à DC ! Je peux quitter le CBI, mon équipe, mais pas vous. Je ne peux pas vous laisser derrière moi, je n'y arrive pas…
Patrick n'aurait jamais cru pouvoir être de nouveau si heureux, et il lui offrit un des plus beaux sourire qu'elle ne lui ait jamais connus. Il repoussa une mèche brune qui retombait devant le visage de la jeune femme, sa main s'attardant sur sa joue et, sans qu'aucun des deux ne l'ait planifié, il plaqua ses lèvres sur celles de Teresa.
On dit que les lèvres sont l'endroit le plus sensible du corps humain. A cet instant, il voulait bien le croire.
Sentir d'aussi près sa douceur, sa finesse, son odeur de cannelle… C'est un geste qui lui parut presque naturel, malgré le caractère inédit de la chose, et il s'imaginait très bien le faire encore, encore et encore.
Il se détacha doucement de son visage, les yeux toujours fermés, appuyant son front contre le sien.
Lisbon n'ayant pas répondu à son baiser, il redoutait maintenant sa réaction.
Il sentit alors des doigts fins venir caresser sa joue, tendrement, et de nouveau, il sentit les lèvres de la brunette capturer les siennes. Elle fit passer dans ce baiser tout ce qu'elle aurait voulu lui dire, les excuses qu'elle ne serait capable de formuler à voix haute. « Désolé d'être partit sans dire un mot. Désolé de la peine que je t'ai causée. Désolée d'avoir été aussi dur envers toi. Désolée d'avoir fuis au moment où tu aurais eu besoin de moi… »
La vieille dame les regardait, attendris, éprouvant un brin de nostalgie. Puis elle reporta son attention sur la route, décidée à continuer son chemin. Malheureusement, le feu passa du vert au rouge sous ses yeux, encore une fois. Elle posa violemment son sac de course au sol en soupirant, se demandant pourquoi elle décidait de passer la fin de sa retraite dans cette ville.
Patrick et Teresa finirent par se séparer, rouvrant les yeux afin de savourer cette nouvelle proximité. Il écarta délicatement la frange indisciplinée qui lui barrait le front, et repensa à ce qu'elle venait de dire.
- Tu n'as jamais voulus partir, répéta-t-il distraitement. Qu'est-ce que tu ne m'as pas dit ?
Elle fuie brièvement son regard, cherchant à s'armer de courage pour ce qui allait suivre. Finalement, elle lui prit la main et l'entraîna en direction de l'appartement.
- Je te dois une explication, déclara-t-telle. Rentrons, je te raconterais tout…
Leurs mains liées l'une à l'autre, ils avancèrent à travers les rues de DC. Une seconde chance leur était offerte, et ils ne laisseraient aucunes menaces la leur enlever. Ils l'affronteraient ensemble, comme toujours.
Fin.
Epilogue à suivre...
Pour excuser mon retard, j'ai illustrer cette fin par une petite vidéo. Si ca vous dis de jeter un coup d'oeil :
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