Grâce retourna un bout de terre avec la pointe de son pied. Elle avait fait son choix.

« Mais que dois-je faire maintenant ? se demanda Grâce. Je n'ai aucun ami, pas de famille et personne à qui faire du chantage qui pourraient m'héberger... Enfin je n'ai pas de temps pour penser à tout cela. D'abord, il faut que je trouve une façon sure de me camoufler ».

La jeune fille se retourna une dernière fois vers la maison en cendres. Elle n'était pas restée ici très longtemps, a peine une petite heure mais les aurors seraient sûrement bientôt ici. Elle jeta le sortilège Tempus pour voir quelle heure il était.

Onze heure et trois minutes.

Elle avait trop traîné. Il fallait qu'elle parte vite mais elle était encore trop faible pour transplaner. Et elle ne pouvait pas utiliser de portoloin sinon le ministère la repérerait tout de suite. Son pouls s'accéléra. La jeune fille prit une grande respiration pour se calmer puis releva la tête en prenant un air décidé. Elle pouvait marcher non ?

Lentement, la jeune femme se mit en marche puis finit par se mettre à courir.

Ses pieds martelaient le tapis de feuilles. C'était le seul bruit qu'elle entendait. Pas de chant d'oiseaux ni de bruit habituel du vent s'engouffrant parmi les branches.

La forêt semblait comme morte. Mais la mort ne la suivait-elle pas depuis toujours ?

Grâce se rappela son combat avec les aurors. Ils n'avaient pas été très coriaces. Elle avait eu beaucoup de chance. Ordinairement, ils n'hésitaient pas à lancer eux aussi des sorts de magie noire. Les aurors qui allaient se lancer à sa poursuite ne seraient sûrement pas aussi confiants. Ils seraient énerver par les blessures qu'elle avait infligés aux aurors et beaucoup plus au courant de ses capacités de combat. Elle aurait du leur lancer un sortilèges d'Oubliettes. Mais voilà, elle était trop désorganisée.

Et où était la fin de cette forêt ? Les aurors allaient la retrouver bien trop vite ! Ils avaient sûrement pris des balais. Ils avaient accès à tout les moyens de transports et tout les sorts pour attraper les mangemorts.

Grâce essaya de ne pas paniquer et se concentra sur son souffle. Heureusement, elle ne manquait pas d'exercices avec tout les combats qu'elle avait et elle était suffisamment sportive pour ne pas se sentir fatiguée dès qu'elle devait courir sur de longues distances.

Grâce évita de justesse une branche qui passa à quelques millimètres seulement de son œil gauche. Sa course était ralentie par les arbres, les fourrés et les mottes de terre se dressant sur sa route. Il n'y avait même pas de sentiers. Grâce secoua la tête avec colère. Évidemment qu'il n'y allait pas avoir de sentier ! Elle n'allait pas en plus indiquer son chemin aux aurors ! Et puis toutes ces branches qui lui cognaient dans la tête sans qu'elle les voie arriver ! Et où allait-elle en plus ?

La jeune sorcière s'arrêta soudain et leva sa baguette.

« Enchantement des Quatre Points ! Pointe au Nord ! »

Le Nord était devant elle.

Elle reprit sa course tout en réfléchissant. Elle se trouvait dans la forêt de Thetford. Si elle continuait vers le Nord-Ouest, elle pourrait arrivait à Londres. En balai elle aurait pu le faire en une demi-heure environ.

La jeune fille trébucha sur une branche. Il fallait vraiment qu'elle sorte de cette forêt infernale dans laquelle il lui semblait qu'elle courait depuis des heures. Elle jeta le sortilège Tempus.

Onze heure et quart du matin.

Elle ne courait pas depuis beaucoup de temps finalement. Elle s'arrêta pour souffler un peu et regarda la forêt autour d'elle. Les arbres semblaient moins nombreux, et plus jeunes. L'orée de la forêt ne devait pas être très loin.

La jeune femme sourit et reprit sa course avec un regain d'énergie. Après quelques minutes, elle commença à distinguer la route. Elle s'arrêta brusquement.

Une autoroute. Avec des voitures. Et des moldus.

Elle se renfonça dans la forêt pour être sure de ne pas être vue puis fit rapidement apparaître un miroir et se regarda avec attention. Pas question de se montrer dans cette tenue devant les moldus.

Sa robe de sorcière était déchirée à quelques endroits. Elle ne voulait même pas regarder ses vieilles bottes en cuir de dragon. Elles étaient dans un état lamentable, couvertes de boue. Elle fit rapidement apparaître un jean et une veste en cuir puis retira ses bottes et entreprit d'enfiler le pantalon. Enfin la sorcière rapetissa expérimentalement sa robe pour qu'elle ne ressemble plus qu'à un t-shirt un peu flottant. Elle enfila la veste en cuir, qui était légèrement inconfortable aux niveau des épaules car trop courte puis examina ses bottes. Elle pouvait peut-être faire apparaître d'autres chaussures. Elle hésita puis haussa les épaules. Ses bottes étaient très bien. Elle se tourna vers le miroir et entreprit de guérir les petites blessures dû aux branches et d'enlever les feuilles de ses cheveux. Son examen finit, elle rangea sa baguette puis se dirigea résolument vers la file de voiture et s'arrêta au bord de la route.

Elle se donna une pose sure d'elle et tendit le pouce. Les aurors ne penseraient jamais à un mangemort faisant du stop avec des moldus mais Grâce connaissait très bien ce monde là. Elle avait passé toutes ses années avant sa majorité parmi les moldus. Elle attendit quelques secondes avant qu'une voiture s'arrête devant elle. Le conducteur baissa la vitre et la regarda d'un air charmeur.

-Vous savez que c'est pas très prudent de faire du stop seule quand on est une jeune femme aussi belle que vous.

Grâce s'empêcha de se passer une main désemparée sur le visage. Il existait encore des gens usant de ces méthodes complètements ringardes et se croyant irrésistibles à cette époque ?

Elle s'avança lentement vers la voiture et le regarda de haut :

-Mais je suis pas seule. Vous croyez vraiment que je suis sans protection ?

L'homme en face d'elle la regarda, l'air soudain incertain.

-Vous savez je n'ai pas l'intention de vous faire quoi que ce soit. C'était juste pour... Enfin, vous z'allez où ?

-Je veux aller à Londres.

-Hum... Oui mais... Où dans Londres ?

-Déposer moi le plus proche de Charing Cross.

Grâce le regarda puis s'empressa d'ajouter « s'il vous plaît »avec un sourire qu'elle espérait charmeur. Il eut l'air de marcher car l'homme s'empressa de lui ouvrir sa portière. La jeune femme monta dans la voiture en essayant de ne pas montrer son expression amusée. Les hommes, qu'ils soient sorciers ou moldus, étaient tous les mêmes.

-Alors vous venez d'où ? Vous z'avez pas l'air très chargée ?

Grâce se tourna vers lui, cherchant une explication pendant une demi-seconde avant qu'il ne se tourne vers elle et la regarde d'un air préoccupé.

-Ne me dites pas que vous venez du squat... parce que je veux pas vous prendre dans ce cas-là. Vous m'excuserez mais on a pas trop confiance nous, avec tout les problèmes qu'ils nous ont fait.

-Je ne viens pas... Enfin si j'en viens mais je n'habite pas là-bas. Je tentait de convaincre mon frère de rentrer à la maison mais...

-Oh.

L'homme la regarda avec compassion.

-C'est sur que ça doit pas être facile pour vous. Je suppose qu'il n'a pas voulu revenir ?

-Non... Et puis il est majeur vous savez... Je n'ai aucun droit de le forcer à rentrer chez nous.

Grâce se pencha légèrement en avant et passa sa main sur son front.

-Vous auriez vu dans quel état est la maison... Je m'inquiète tellement pour lui...

-Faut pas vous en faire, allez ! D'après ce que j'ai entendu, les policiers vont bientôt faire une descente là-bas. Ils en ont assez d'entendre toutes ces plaintes. En fait, ils avaient envoyés deux d'leurs agents hier. Y' ne sont pas encore revenus. Je suppose qu'y parlementent...

Grâce se souvint soudain de Julius lui parlant hier. Il lui avait dit qu'il avait piqué de la nourriture à des policiers. La jeune mangemorte tenta de garder une figure neutre. Personne n'était prêt de revoir les deux policiers.

L'homme sembla remarquer son trouble et remarqua d'une voix précipitée :

-Vous savez je ne voulais pas... Enfin je veux dire... Ces jeunes ne sont pas tous des voyous, hein ! C'est pas du tout ce que j'voulais dire!Mais bon, parfois y' nous causent des problèmes quoi. Et nous on s'inquiètent ! Les mamans ont peurs, quoi ! Pour leurs gosses et tout ça. Et puis nous aussi. Mon cousin a eu sa voiture raillé la dernière fois qu'il s'est arrêté dans la forêt pour pique-niquer avec sa famille. On est pas en confiance nous ! Faut comprendre ! Ces gosses y' sont paumés mais c'est lourd à porter ! Faudrait les mettre dans un centre ou quelque chose comme ça ! Pour le mieux quoi !

Grâce eut un sourire amer et murmura :

-Oui... Pour le plus grand bien hein...

-Pardon ? Vous z'avez dit ?

-Oh, rien ! Vous savez cela m'étonnerais que vous aillez encore des ennuis avec ces jeunes.

-Vous z'avait l'air bien sure de vous.

-Oh je pense que si les policiers leur parlent ils se calmeront. Ils ne sont pas méchants.

« Et de toute façon ils ne risquent pas de faire grand chose étant donné que je les ai tous tués » continua Grâce dans sa tête.

L'homme la regarda avec un air peu convaincu puis regarda par sa fenêtre.

-On est bientôt arrivés. Je vous dépose vers la station de métro ?

-Oui merci.

Ils passèrent le reste du trajet silencieusement puis l'homme s'arrêta sur le bord d'un trottoir.

-Et voilà ! Vous êtes arrivée ! En fait j'oubliais de vous demander... Il s'appelle comment votre frère ?

Grâce pencha la tête, le dévisagea puis répondit doucement :

-Nathanël. Vous le connaissez peut-être ?

-Alors lui sauf vot' respect c'est un véritable gredin !

-Je n'en doute pas répondit Grâce poliment puis pointa sa baguette sur l'homme et murmura « Oubliettes ».

Elle se leva, sortit de la voiture en claquant la porte, et regarda autour d'elle.

Et maintenant que faire ?