Raaah ! Je peux poster la suite, no way ! Si je coince l'abruti de chef du réseau de McDo qui interdit l'accès au site, je vais lui dire ma façon de... enfin bref.
Avec cet OS, retour sur du tout public ! lol
Et je confirme, ça devient de plus en plus long, mais je ne pense pas dépasser un jour les 2000 mots. Sinon on appellera ça "Les logorrhées d'une auteur obsédée par d'arrogants pirates" ou je ne sais quoi.
Tant que j'y suis, merci à tous ceux qui me suivent ainsi qu'à celles qui commentent, j'espère bien vous le rendre en continuant à en écrire :)
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Frisson
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Sanji soupire en esquissant une moue mi-désespérée, mi-amusée. Ses compagnons se sont tous endormi n'importe comment, au milieu de la tâche à laquelle ils étaient chacun occupés. Ainsi, en parcourant les pièces du Vogue-Merry, il a pu observer Chopper la truffe dans l'un de ses manuels de médecine, Robin légèrement affaissée sur le côté dans sa cabine, son roman sur les genoux, Usopp, qui s'est manifestement écroulé au beau milieu de l'activité passionnante que celle d'inventer un nouveau gadget, Nami, couchée sur sa table à dessiner des cartes, le crayon encore dans la main, Zoro, le seul qui ne s'est pas endormi au milieu d'une activité puisque celle-ci se résume à faire la sieste contre le bastingage, et Luffy, la bave aux lèvres, menaçant à tout instant de glisser de la figure de proue pour aller nourrir les poissons.
Après avoir sauvé son capitaine d'une mort certaine et qui aurait sans doute été très stupide, le coq a fini de couvrir les épaules de la navigatrice d'une couverture en velours.
Étouffant un bâillement, le blond songe à aller lui aussi se coucher, puisqu'il a enfin fini de nettoyer la cuisine. Il va donc pour gagner son hamac, quand un ronflement plus distinct rompt disgracieusement le silence. Le coq se retourne et toise le bruyant dormeur, comme si c'était une injure au silence paisible qui régnait jusque-là. Dans le même temps, il remarque que ledit dormeur n'a sur le dos que son t-shirt sûrement trempé de sueur après ses entraînements du soir.
Le cuisinier se tape le front du plat de la main, maudissant la tendance du spadassin à oublier que la chaleur causée par l'effort n'est qu'éphémère. Faut vraiment avoir le même QI qu'un marimo pour s'endormir en t-shirt avec ce froid…
– K'y est-ce… qu'tu traites… m'rimo… 'cil en vrille…, marmonne Zoro.
Le cœur de Sanji rate un battement et sa mâchoire se décroche sous la stupeur. Il lui faut cinq bonnes secondes pour se ressaisir. Zoro a simplement parlé en dormant, mais… Allons bons, comme si cette sauterelle pouvait lire dans ses pensées ! Non, plus probable, il est en train de rêver qu'il se chamaille avec lui. Attendrissant.
Sanji, planté devant le sabreur, est en proie à un dilemme cornélien. Finalement, il retourne à la réserve, revient sur le pont et s'avance vers le bretteur, sans cesser de l'observer un peu dédaigneusement. Quand il jette sur lui la couverture qu'il est allé chercher, l'épéiste ne sursaute pas, mais le morceau d'étoffe glisse au sol. Levant les yeux au ciel comme si c'était entièrement la faute de Zoro, le coq le ramasse et s'approche plus près pour en coincer les recoins derrière les épaules de l'escrimeur.
Au moment où le tissu effleure la peau hâlée du bretteur, les muscles de ses bras se contractent légèrement. Sanji n'y fait d'abord pas attention, mais alors que la couverture glisse à nouveau, il voit plus distinctement le phénomène se reproduire. Au contact soyeux de l'étoffe, la peau du sabreur est secouée de petits frissons. Son expression demeure pourtant paisible, son souffle régulier, ses traits plus décontractés maintenant qu'il est assoupi.
Le blond ressaisit les bords de la couverture et procède à une troisième tentative, trop intrigué pour être impatienté. Lentement cette fois, il la remet en place, puis la retire doucement, tout en ayant conscience qu'il expérimente quelque chose de tout à fait dérisoire. Le frémissement court aussitôt sur les épaules de Zoro.
Ce phénomène somme toute anodin arrache un gloussement à Sanji. Le grand escrimeur, que dit-il, le futur meilleur bretteur au monde, Zoro Roronoa, est chatouilleux ! Ce qui en soi est une faiblesse tout à fait humaine, mais au sujet d'un dur comme lui, cette information a un quelque chose de risible.
Curieux, le coq effleure du bout des doigts le sternum de l'épéiste. Celui-ci tremble encore très légèrement, sous les yeux attentifs du blond. Ce dernier s'amuse un moment à promener la pulpe de son index sur toutes les zones où l'épiderme est découvert, fasciné.
Même ainsi endormi et frissonnant, le bretteur dégage une énergie et un aura presque inquiétants. Alors que ses autres compagnons ont offert au cuisinier une image un peu naïve et vulnérable, lui semble constamment aux aguets, comme près à tirer ses sabres avant que ses paupières ne s'ouvrent.
Cependant Zoro ne bronche toujours pas lorsque Sanji l'enveloppe plus fermement dans la couverture, déclenchant une vague de frissons. Dans un mouvement inconscient, le spadassin referme ses doigts sur le morceau d'étoffe et le tire possessivement à lui, grommelant quelque chose sur les idiots qui prennent toute la couverture. Le blond n'arrive pas à décider si c'est pathétique ou plutôt franchement adorable.
Grâce à Sanji, Zoro ne mourra pas de froid cette nuit-là. Et grâce à Zoro, Sanji tient un scoop intéressant…
C'est le matin, tous les pirates sont bien réveillés et le cours animé de la vie sur le Vogue-Merry a repris.
En apportant des en-cas de sa confection pour les deux déesses de l'équipage, Sanji aperçoit Usopp et Zoro, visiblement en grande conversation. Sans vraiment s'en rendre compte, il écoute leurs propos.
– …vraiment, si ton adversaire voit que tu as les chocottes, il a déjà à moitié remporté la victoire, explique Zoro.
– Que… Qu'est-ce que tu racontes !, s'exclame le sniper avec un air indigné. Le Captain Usopp n'a peur de rien ! Il défie tous les dangers, il…
– …se cache derrière ses nakama pendant que ses genoux jouent des castagnettes, achève l'escrimeur, ignorant la décomposition du visage d'Usopp.
– Pff… Et alors ! C'est pas parce que vous avez jamais entendu parler de l'instinct de survie que c'est anormal d'en avoir un !
– Peut-être. Mais le problème n'est pas de flipper, le problème c'est que tu sais pas le dissimuler, et c'est ça qui te porte préjudice. (Voyant la mine embarrassée du tireur, Zoro ajoute avec un sourire :) Le valeureux Captain Usopp ne tremble pas, non ?
– Toi aussi, tu trembles, déclare tranquillement Sanji, qui choisit d'intervenir à ce moment.
– D'excitation, seulement, rétorque Zoro en lui adressant un sourire torve.
– Ça, c'est ce que tu crois… T'en fais pas, Usopp, il n'a aucune leçon à te donner, lance le coq au brun, qui retrouve aussitôt de sa prestance.
– Où tu veux en venir, Ero Cook ?
Devant le regard de défi que lui jette le sabreur, le blond se fend du rictus narquois de « celui qui en sait long mais hésite à faire mariner celui qui ne sait pas ». Finalement, il s'approche un peu plus près de Zoro et laisse ses doigts frôler la peau du cou de ce dernier. Mais sa main est aussitôt repoussée par une petite claque dissuasive.
– Qu'est-ce que tu fabriques, grogne l'épéiste, sans comprendre ce qui prend au cuisinier. Me touche pas.
– Hah, soupire Sanji d'un air un peu déçu, ça ne marche que quand tu dors, on dirait.
– Quoi ?, s'exclame le bretteur en se raidissant. Qu'est-ce que tu m'as fait pendant que je dormais, espèce de tordu ?
– Rien du tout !, s'étrangle le coq, choqué. Laisse tomber, tronche de brocoli.
– Répète ça ?, aboie Zoro en dégainant un sabre.
– Autant de fois que tu le voudras tronche de brocoli.
Usopp s'est fait tout petit après que ses tentatives pour calmer le jeu sont passées inaperçues. En parant le katana d'un coup de pied, Sanji peste intérieurement. Finalement, c'était une erreur d'essayer de se moquer ouvertement de ce qu'il a découvert cette nuit. Manque plus que cet abruti aille penser qu'il lui a fait des choses !
À aucun moment, Sanji ne reparla de cette histoire de tremblements. Et à aucun moment, Zoro ne mentionna la couverture qu'il avait retrouvée sur lui à son réveil, et qu'il ne se souvenait pas avoir pris la veille.
J'ai pas pu m'empêcher de faire une allusion à la technique du brocoli volant, non XD puisqu'elle a été unanimement appréciée !
Et comme de juste, pour respecter la règle que je viens tout juste d'instaurer, le suivant sera plus torride, pour satisfaire tout le monde (lol).
