Je sais pas pourquoi, mes chroniques n'ont tous qu'un ou deux mots pour titre. Je trouve qu'un mot, ça résume bien. Je suis partie pour continuer comme ça rien que pour ne pas briser la chaîne en tout cas, c'est merveilleux.

(Warning +18 !)


.

Pari

.

Il n'aurait jamais dû accepter de faire ce pari stupide. Jamais.

Zoro le sait pourtant, il le sait parfaitement, étant donné qu'il perd tous ceux qu'il fait avec Nami… Alors pourquoi la chance tournerait-elle en sa faveur pour un pari avec le blondinet de l'équipage ?

Mais voilà, c'est sa faute, cet imbécile l'a provoqué et le bretteur est tombé à pieds joints dans la piège. Et pour être honnête, quand il a vu le sourire satisfait illuminer le visage de Sanji, son subconscient savait déjà qu'il avait perdu ce défi. Mais il a aussitôt banni cet état de pensée défaitiste qui ne lui ressemble guère.

Il est cependant un peu tard pour arranger les choses et préserver son orgueil : les cuisses nues du cuisinier recouvrent les siennes, et ses mains capables et finalement très baladeuses s'occupent de le… réchauffer. Et lui ? Eh bien, mis à part le haut de son pantalon, il ne s'est pas déshabillé, mais sa main légèrement calleuse exerce également un mouvement de va-et-vient sur le membre durci de Sanji.

Il n'a jamais eu aussi chaud de sa vie. Même à Alabasta, la température doit être à quelques dizaines de degré en-dessous de celle du brasier qui a élu domicile dans son bas-ventre.

Plus préoccupant encore : le comportement de ce fichu cuistot. Zoro lui avait déjà accordé une place généreuse sur l'échelle de la perversité, mais le blond vient de brûler les échelons et de se reclasser de « simple Ero Cook à la manque » à « dangereux dépravé lubrique en chaleur ». L'absence de pudeur et de retenue qui auraient accompagner ses gestes déroute l'épéiste, mais en même temps, il ne se voit absolument pas demander au cuisinier de le masturber en étant un peu plus chaste et un peu moins bandant.

Et Zoro sait qu'il va perdre ce putain de duel inédit, parce qu'il a envie de venir et que ça fait cinq minutes qu'il se retient en s'efforçant de focaliser ses pensées sur autre chose que les lèvres tentatrices du cuisinier et le souffle chaud qu'il sent contre les siennes.

Pense à Luffy en train de se curer le nez et de te montrer ses trésors nasaux. Aux encyclopédies mortellement ennuyeuses de Robin. À la tronche de Duval quand il essaie de faire un clin d'œil.

L'espace d'une seconde, l'envie de vomir devient presque aussi forte que celle de jouir, mais elle ne parvient pas à la dominer. Sanji intensifie la caresse, n'hésitant pas à se servir de ses deux mains pour exploiter au mieux toute zone érogène. Tandis que l'une remonte lentement de la base de son sexe jusqu'au prépuce, l'autre s'aventure plus bas et flatte délicatement ses bourses, effleure l'entrée de son intimité, sans jamais aller plus loin toutefois de toute façon, Zoro l'en aurait empêché.

En somme, c'est plutôt simple : tout ce qu'il a à faire, c'est ne pas jouir le premier. Un peu comme le jeu de la barbichette, mais en plus trash. Mais outre l'intuition qu'il allait perdre la confrontation avant même d'avoir commencé, Zoro n'aurait jamais soupçonné que le blond puisse… faire un usage de telle qualité de ses précieuses mains. Et il paie à présent pour l'avoir sous-estimé. D'autant plus que le cuisinier est coriace, et même si le sabreur voit bien que les attouchements qu'il pratique sur lui ne le laisse pas indifférent, Zoro est le plus sensible des deux. Et le plus précoce, avait ajouté Sanji, avant de proposer ce pari pour les départager.

Repensant à cette invective, le bretteur décide que la meilleure défense, c'est l'attaque, et il met toute son énergie à chercher de nouvelles méthodes plus probantes pour porter l'excitation de son partenaire à son paroxysme. De préférence avant la sienne, car il a déjà franchement repoussé la limite.

Haut. Bas. Haut. Plus vite. Haut, bas, haut, bas. Serrer, desserrer. Effleurer, caresser. Reprendre à la base, le tenir bien fermement, étreindre, titiller le prépuce. Calque-toi sur ce qu'il te fait. Pense que tu es en train d'astiquer un katana.

La tension plus accentuée du corps de Sanji et le son heurté de sa respiration lui indiquent que ses efforts ne semblent pas si désespérés. Il se surprend même à sourire quand le blond pousse un gémissement à se damner. Mais il a crié victoire trop tôt : le coq se rapproche encore, de manière à ne laisser que quelques centimètres entre son visage incliné et celui, droit et tendu, du spadassin. Leurs bassins sont si près qu'ils n'ont plus besoin de tendre le bras pour masser leurs verges respectives.

Zoro serre la mâchoire et fronce les sourcils plus profondément pour tenter d'ignorer, autant que faire se peut, les halètements de Sanji, son visage contracté dans une expression de pur plaisir, et ses lèvres qui semblent littéralement se tendre vers lui… C'est pas vrai, il le fait exprès. Saleté, crevure, pourriture de cuistot pervers et corrompu jusqu'à la moelle, j'aurai ta peau, je te taillerai en morceaux, je te découperai en rondelles–

La délivrance survient brutalement, sous la forme d'une substance blanche éclaboussant les abdominaux du cuisinier, accompagnée d'un long râle. Cinq secondes plus tard, comme pour montrer qu'il aurait pu se retenir encore longtemps s'il l'avait souhaité, Sanji vient à son tour sur son ventre.

Zoro jette un œil épuisé sur la semence que son partenaire finit de drainer par à-coups sur son t-shirt. Il ressent une fatigue extrême, mêlée à un sentiment assez confus entre la honte et le soulagement d'en avoir fini. Se laissant aller contre le mât, il attend que les battements de son cœur se calment, sans croiser le regard de son vis-à-vis. Ce dernier le scrute au contraire ouvertement, un sourire ourlant doucement ses lèvres.

– Tu as perdu, lui signale-t-il entre deux inspirations, des fois que le spadassin l'ignore.

en rondelles de marmiton, j'en ferai du bouillon, et je donnerai les restes aux poissons.

– Si tu avais été plus fair-play, j'aurais gagné, réplique l'épéiste d'un ton maussade. En duel régulier, on aurait fait ça qu'avec une main.

– Parce qu'il y a des règles pour ça ?, demande Sanji en éclatant de rire. Je vois pas pourquoi tu es si mauvais perdant, ajoute-t-il avec un air narquois, ça a pas eu l'air de te déplaire tant que ça.

– Oh, la ferme.

Il est vrai qu'il aurait été préférable de protester contre cette deuxième main pendant le duel et non après, histoire de ne pas perdre toute crédibilité. Mais sur le moment, Zoro n'avait pas eu le cœur à exiger qu'il la range dans sa poche.

– Tu sais pourquoi tu as perdu ?, reprend le coq.

Sans attendre la réponse, il se redresse et vient se pencher à l'oreille du sabreur, un bras autour de ses épaules, bien qu'une main sur son torse le dissuade de s'approcher plus près.

– Parce que tu manques d'entraînement…, susurre-t-il, sa voix rendue méconnaissable par la sensualité qui la nimbe. J'imagine qu'un rustre comme toi ne voit pas l'intérêt de se livrer à ce genre de plaisirs solitaires, et que tu éconduits le moindre désir sexuel en te tuant à soulever des haltères pour ne pas ressentir le manque… Ce qui fait que, lorsqu'enfin une opportunité se présente, tu es très facilement excitable et tu bandes beaucoup plus v…

– Où tu veux en venir, obsédé de cuistot, le coupe Zoro, n'appréciant pas d'être ainsi passé au crible.

– Je veux t'aider à surmonter ce problème. J'ai gagné, et celui qui a gagné a le droit d'imposer quelque chose à l'autre. Je renouvelle mon défi… Demain soir, reviens ici. Crois-moi, ça va changer à partir de maintenant.

– Défi relevé, dit Zoro. Pas moyen que je reste sur une défaite. Mais la prochaine fois, le coup de la bouche tendue est formellement prohibé.

Les lèvres de Sanji s'incurvent dans un sourire d'approbation. Puis il s'écarte, se relève et ramasse ses habits, avant de se retirer vers son hamac sans même les enfiler. Exhibitionniste.

Zoro le regarde s'éloigner pensivement, se demandant vaguement pourquoi, même dans les situations les plus malséantes, il n'est pas capable de mettre sa fierté de côté. Et puis, Crois-moi, ça va changer à partir de maintenant, qu'est-ce que cette tête de trombone entend exactement par-là ?

Supposant qu'il aura sans doute la réponse demain soir, il se redresse et jette un coup d'œil à son t-shirt maculé de sperme. Bon, cette semaine, il relèvera Nami à la lessive, sinon il risque de connaître une fin prématurée…


*tire sur son col* Il fait chaud non ?... 25°C à Bordeaux en ce moment, c'est pas des blagues *schbaf*

Ha ha, quand j'ai vu que j'avais fait rimer les pensées de Zoro sans m'en rendre compte, j'étais morte de rire xD

La suite s'annonce plus délirante, dans le sens propre du terme !