J'ai dit que ces Chroniques ne porteraient que sur le pairing Zoro x Sanji (ou Sanji x Zoro) ? ...ERREUR ! Il y aura aussi du Luffy x Nami !

Hé, je plaisantais ! Revenez !...

(Je n'ai rien contre le LuNa en fait, mais ne mélangeons pas le hét avec le yaoi). Voilà, j'ai décidé d'impliquer un peu plus les autres Mugiwara, parce qu'ils me font quand même bien délirer ces zouaves.

Vous voilà averti(e)s ! Et bonne lecture !


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Hallucination

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La moiteur de l'air engourdit ses membres, le soleil de plomb l'écrase, comme un ennemi irrésistible qui le vide de son énergie. C'était agréable tout à l'heure, mais là, ça cogne sévère…

Zoro ouvre difficilement les yeux, tant la lumière chatoyante l'éblouit. Tiens, qu'est-ce qu'il fait allongé sur un transat ? D'habitude, il fait la sieste à même le pont, ou encore dans la vigie. Le transat est plutôt l'apanage de Nami et Robin… Enfin, quelle importance ?

Il se redresse et baille bruyamment, de minuscules larmes perlant au coin des yeux. Chopper bondit alors devant lui, un masque de super héros sur les yeux et une cape rouge trop grande pour lui flottant dans son dos. Devant le regard dubitatif de l'épéiste, le renne se recroqueville et cache à moitié sa truffe sous sa cape, épiant le sabreur avec méfiance.

– B… Base spatiale ?... Me recevez-vous ?..., chuchote Chopper avec des airs de conspirateurs. Un homme-algue vient de jaillir sous mes yeux, il a l'air menaçant… Comment ? Un « dangereux spécimen » ? C'est… une mission pour Chopperman !

Le renne masqué lui fait à nouveau face et se propulse vers lui dans un grand « YAAAH ! ». Le bretteur l'évite en se déplaçant simplement d'un centimètre sur le côté.

– Faut vraiment qu'Usopp arrête de lui raconter des histoires de super héros, soupire-t-il en entendant Chopper s'écraser lamentablement derrière lui.

Le médecin de bord se relève déjà, preuve qu'il prend son petit jeu très au sérieux. Le spadassin décide de l'ignorer encore un des délires des guignols de l'équipage, pas de quoi s'inquiéter. Il s'apprête à se lever dans le dessein d'aller prendre un peu de son tord-boyaux préféré, quand une voix assurée surgit du pont supérieur.

– Yosh ! Tout se passe comme je l'ai prévu, nous avançons droit devant !, clame fièrement Usopp. Écoutez le grand, que dis-je, l'IMMENSE, le valeureux Captain Usopp !

Ok, lui, il a définitivement pété un boulon, pense Zoro.

– Depuis quand c'est toi qui donnes les…, commence ce dernier, mais il est coupé par Nami.

– Ouais, barre à tribord !, hurle celle-ci d'un air surexcité.

– Hé, j'ai dit tout droit, Nami ! Tu ruines mon effet, là. Bien, on la refait. (Il toussote.) YOSH ! Tout se passe comme je l'ai prévu !

Hein ?

La rouquine fuse comme une flèche devant lui, en éclatant d'un rire dément. Zoro cligne des yeux, incrédule. Qu'est-ce qui lui prend à cette idiote ? Soudain, l'air malheureux, Robin apparait sur le pont supérieur aux côtés d'Usopp. À sa vue, le bretteur manque s'étouffer avec l'air qu'il respire : ses lèvres dont s'échappe un filet de sang sont gonflées et son œil tuméfié, tandis qu'une énorme bosse orne le haut de son crâne.

– Waah Robin !, s'exclame le sniper. T'es pas belle à voir ! Qu'est-ce que t'as encore été faire ?

– Je voulais juste un biscuit, couine l'archéologue, sur la défensive.

– T'as pas encore compris qu'il fallait pas aller chiper de la nourriture pendant que Sanji était en cuisines ?, soupire Usopp d'une voix réprobatrice.

– Il n'est pas obligé d'être violent pour si peu, proteste Robin en essuyant le sang d'un revers de manche, tandis qu'un gargouillis très audible s'élève de son ventre. Ouh, j'ai faim…

– Va jouer avec Nami et Chopperman, conseille Usopp, désespéré.

Re-hein ?

– Nami ? Où est-elle ?

– Chopperman au rapport ! R.A.S, elle fait le poirier sur la proue, capitaine.

– R.A.S ?..., répète Zoro, hébété.

L'escrimeur, à présent totalement perdu, n'a pas le temps de demander ce que c'est que ce bazar, qu'une porte de l'intérieur du bateau s'ouvre. Luffy s'avance, les poings serrés, l'irritation clairement lisible sur son visage juvénile.

– Usopp ! Qu'est-ce que tu trafiques encore, pauvre buse, on suit plus du tout la direction du Log Pose, là !, piaille l'homme-caoutchouc en tapotant furieusement le bracelet autour de son poignet.

– Ben quoi, on avance tout droit, grommelle Usopp, le gratifiant d'une moue contrariée.

– Tout droit en travers, oui ! Va me redresser la barre à bâbord sur-le-champ !..., s'époumone Luffy, ulcéré. (Il semble ensuite apercevoir les dangereuses acrobaties de Nami et prend un air plus mortifié, si c'est possible). Robin, tu veux pas aller me la calmer, celle-là ?, soupire-t-il. J'arrive même pas à écrire le journal de bord avec tout ce boucan.

– Mais laisse tomber ce stupide carnet de route, Luffy !, lui crie la rousse, qui l'a entendu. Et l'aventure dans tout ça ? OH ! ÎLE EN VUE !

– Y a que les mots « aventure », « viande » et « îlenvue » dans ton vocabulaire, hein ?, se lamente le garçon, au bord du gouffre.

– Une île ! Une île ! Une île !, scande Nami, intenable.

– Oh, tu me donnes la migraine…

Bien. Là, Zoro commence vraiment à avoir des sueurs froides. Luffy indifférent et rabat-joie alors qu'il y a une île à l'horizon, c'est la dernière étape avant que la foudre ne s'abatte sur eux d'ici cinq secondes, normalement. Et en plus, il se prend pour le navigateur. Qu'est-ce que c'est que ce délire…

La porte de la cuisine s'ouvre sur Sanji, qui porte de grands verres à cocktail sur un plateau. Le coq descend paisiblement les escaliers, la clope au bec. En l'apercevant, Zoro reprend curieusement espoir. Il est toujours cuisinier, il est toujours blond et il a toujours l'air aussi crétin. C'est sans doute la première fois qu'il est content de voir arriver cet olibrius. Malgré leurs différends, le blondinet est, comme lui, l'un des seuls de cet équipage à garder les pieds sur terre quand il s'agit de situations graves. Et en l'occurrence, c'est une situation grave.

Zoro va à sa rencontre pour lui demander de lui expliquer le schmilblick.

– Oi Cook. T'es au courant de ce qui se passe ?

– Chopperman est encore en train de vouloir prouver qu'il peut voler ?

– Nan, pas ça. Personne n'est dans son état… normal. Ça commence à me faire froid dans le dos.

Usopp qui se prend sérieusement pour le capitaine du navire, les autres qui lui obéissent, Chopper qui a perdu la boule, Nami qui est devenue demeurée, Luffy qui agit comme le plus sensé de tous, Robin qui ressort de la cuisine avec un œil au beurre noir… À cette pensée, un frisson court sur l'échine du spadassin.

– Tu… Qui a frappé Robin comme ça ?, demande-t-il prudemment, redoutant la réponse.

– Bah c'est moi, pourquoi ?, répond Sanji d'un ton déconcerté. Elle arrêtait pas de venir piquer de quoi grailler, cette morfale. Rien de neuf.

Le ton est si naturel qu'il achève de dérouter complètement le bretteur. Son sang se glace d'effroi malgré le climat torride. Sanji. Frapper. Une femme.

Le blond lui renvoie un regard interrogatif, l'air de se demander si Zoro n'a pas de la fièvre.

– T'es sûr que ça va, toi ?, demande le cuisinier avec une pointe d'inquiétude, et son vis-à-vis se retient pour ne pas dire que c'est plutôt à lui de demander ça.

– Si c'est un canular, c'est de très mauvais goût, lâche froidement Zoro, retrouvant son antipathie pour le coq.

Celui-ci hausse les épaules, préférant visiblement renoncer à comprendre son charabia.

– Un rafraîchissement ?

C'est vrai qu'il a toujours l'impression de fondre sur place. Sans s'attarder sur la proposition d'une rare amabilité du cuistot, il saisit l'un des verres qu'il lui met sous le nez. Il a la gorge très sèche et boit avidement, cul-sec, avant de reprendre bruyamment son souffle. Sanji sourit, visiblement ravi.

Zoro remarque que le blond ne semble pas souffrir de la canicule, à en juger par son air frais et dispos. Alors qu'en ce qui le concerne, la sueur dégouline de sa peau et la chaleur accablante fait battre fort le sang à ses tempes... La lumière est d'ailleurs si vive que sa vision se blanchit, comme une sorte de brouillard opaque enveloppant ses sens.

Ainsi, il remarque à peine Sanji se pencher à son oreille, encore moins le sourire séducteur qu'il arbore, mais le timbre suave et aguicheur de sa voix lui parvient très distinctement dans son esprit cotonneux.

– Il fait si chaud… Que dirais-tu de retourner à ce transat ?... Je pourrais enduire ces muscles fermes de crème solaire…


– AH !

Le contact avec le plancher le ramène dans la réalité, dont l'atmosphère est pourtant tout aussi brûlante que la quatrième dimension dont il revient. Il souffle comme un bœuf, les yeux révulsés de terreur.

Puis il prend enfin conscience que Nami est juste devant lui, seulement vêtue de son maillot de bain la cartographe le toise avec irritation et également une pointe d'interrogation au regard du cri horrifié qu'il vient de pousser.

– Qu'est-ce qui te prend ?... C'est bon, tu as fini avec le transat ?

– …C'était… une hallucination ?, halète Zoro pour lui-même, encore sous le choc.

– De quoi ?, s'impatiente Nami en fronçant ses jolis sourcils. Tu devrais éviter de t'endormir en plein soleil la tête nue, ça monte vite au cerveau.

– J'avais pas l'impression de dormir…, poursuit le bretteur, sans comprendre.

Comme il barre toujours à la rouquine l'accès au transat, obsédé par ce qu'il vient de vivre, le coq de l'équipage se dirige vers eux d'un pas menaçant.

– Oi Marimo, bouge tes fesses de la place de Nami-san !, ordonne-t-il en empoignant le sabreur par le col pour le forcer à se relever.

Zoro se fige et lui renvoie un regard non pas courroucé, mais pétrifié, fixé sur le tube de crème solaire que Sanji tient dans l'autre main. Il se dégage violemment de l'emprise sur son tee-shirt.

– TOI, TU T'APPROCHES À MOINS DE DIX MÈTRES DE MOI, JE TE BOUFFE, C'EST CLAIR ?

Sanji écarquille les yeux, stupéfait par sa réaction démesurée. Puis il interroge Nami du regard en quête d'une explication. Mais la navigatrice n'en sait guère plus que lui et se contente d'articuler muettement le mot « parano » sur ses lèvres. Ils observent l'épéiste s'éloigner à pas furieux.

En entendant l'agitation sur le pont, Usopp a surgi lui aussi, zyeutant d'un air stressé les environs.

– Ouf, j'ai cru qu'on était attaqué…, dit-il, visiblement soulagé, avant de bomber le torse et de claironner : N'ayez crainte, en cas de danger, le grand Captain Usopp vous protègera !

– Arrête tes conneries, Usopp !, aboie Zoro en passant près de lui.

– Gyah !

Par instinct de survie, le sniper se rapetisse devant le démon. Luffy, Robin et Chopper, qui ont également assisté à la scène, échangent des coups d'œil interrogatifs, avant de hausser les épaules. Il est plus sage d'attendre que le sabreur recouvre son sang-froid avant d'aller lui demander ce qui lui arrive.

Dans la cuisine, Zoro tourne en rond comme un fauve dans sa cage, incapable de retrouver son calme légendaire. Il va mettre des semaines à oublier cette putain d'hallucination !


J'aurais pu intituler cet OS (encore trop long pour n'être qu'une chronique) Cauchemar, mais on aurait alors compris trop vite la supercherie je pense. Alors que là... Hallucination... C'est un peu moins explicite... Non ? XD
On va dire que c'est une sorte de mirage produit par la chaleur !

Ça m'a bien plu d'imaginer cette grosse farce en tout cas (vive Chopperman), et il y aura même une mini suite. Ou une séquelle, selon comment qu'on appelle ça en fanfictien. Oui parce qu'il s'est rien passé de concret entre Zoro et Sanji làààà ! Ho !

Mille mercis pour vos commentaires et votre intérêt !Je commence à mieux connaître certaines d'entre vous à force de vous voir reviewer si fréquemment mes histoires ^^

EDIT : bon je me suis vue obligée de changer le long cri de Zoro à son réveil en simple "AH !" parce que pour une raison inconnue, si je mets le "GWA[...]AH !" initial, à la publication il ne reste qu'un pauvre "!". Décidément ce site est spécial.