Déjà la dixième chronique, que ça passe vite !

Désolée pour mes réponses à vos commentaires qui se font attendre, que ce soit sur ce recueil ou sur d'autres histoires. En fait je publie maintenant ce que j'ai écrit pendant ma période sans connexion, mais je n'ai pas plus le temps d'écrire que celui de vous répondre un à un en ce moment, mes examens approchant à vitesse grand V, entre autres... Alors je vous en remercie fortement ici ! M-E-R-C-I !

J'essaie de varier un peu les points de vue avec celui-là !


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Le visiteur indésirable

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Luffy avance le long du corridor du Thousand Sunny avec la plus grande discrétion dont il est capable. Et pourtant, Dieu sait que mettre « Luffy » et « discrétion » dans une même phrase, c'est presque une hérésie. Mais ce que Dieu ignore, c'est que Luffy est capable des plus grandes prouesses quand son estomac se substitue à son cerveau.

Pas de soucis, il ne va pas dévaliser la cuisine. Juste prendre un petit en-cas pour la nuit. Mais il a appris, avec l'expérience, que Sanji est susceptible d'entrer dans une fureur noire pour moins que ça. Plus grave que son courroux, il est capable de le priver de ses dix rations journalières en guise de sanction, histoire de le traumatiser un bon coup. Raison de plus pour la jouer discrète.

Le capitaine est planté devant la porte. La porte. Prenant une profonde inspiration, il scrute une dernière fois les alentours avec des airs de conspirateurs, puis tourne lentement la poignée. Tout doucement, il pousse le battant.

Bon, pas de piège à souris géant à l'horizon, c'est que ça craint moins que ce qu'il pensait. Pas que ce maudit engin lui fasse mal quand il se prend les pieds dedans, il est en caoutchouc… Mais le cri de surprise qu'il pousse lorsque les barres de fer se referment sur sa jambe pourrait remplacer n'importe quelle sonnette d'alarme.

Après s'être épongé la sueur qui perle abondamment à son front, Luffy se dirige tout droit vers le garde-manger. Il sait pertinemment que le frigidaire est scellé avec un verrou à code, donc il devra se contenter de quelques paquets de gâteaux secs et de pâtes crues. La pénombre dans laquelle est plongée la pièce ne le ralentit pas, il connait cet endroit comme sa poche pour l'avoir maintes fois pill… Enfin, pour avoir pris un certain nombre de ses repas ici.

C'est seulement quand il passe devant la table pour atteindre le placard contenant les vivres, qu'il réalise la présence de deux silhouettes se tenant… pêle-mêle… sur la table. Il ne comprend pas trop ce que lesdites silhouettes font dans une telle position, mais quand il reconnaît la première, son sang se fige dans ses veines et il se raidit en faisant volte-face.

– S-S-S-S-Sanji, bégaie le garçon, la sueur coulant de son visage formant une flaque à ses pieds à présent. Ne t'énerve pas, ok ? J-J'allais juste prendre un goûter, je fais rien de m…

Sanji, qui est debout et lui tourne le dos, a aussitôt levé la main pour l'interrompre. Le coq ne porte qu'un pantalon de jogging, mais Luffy ne s'étonne pas, c'est ni plus ni moins son pyjama… Et puis, son esprit est trop embrouillé par les ondes néfastes qu'il sent émaner de lui pour s'attarder sur sa tenue débraillée et les muscles luisants de ses omoplates.

– Ç… Ça va pour cette fois, Luffy… P-Prends ce que tu veux et fiche-moi l'camp…

Luffy est tellement médusé qu'il en oublie qu'il a faim, pendant trois petites secondes, alors même que le cuisinier l'invite à se servir. Puis il reprend ses esprits et sourit comme un enfant à qui on vient d'offrir le poney dont il a toujours rêvé.

– Quoi, t'es sérieux ? J'sais pas quoi dire, m-merci ! J'suis tellement content que je pleure de joie, s'exclame le capitaine qui semble réellement ému, les yeux humides.

– Mais que je t'y reprenne plus…, tempère Sanji, dont la voix est étrangement mal assurée.

Luffy ne l'écoute déjà plus, trop occupé à racler les fonds d'étagères. Sanji ne se retourne même pas pour voir ce qu'il emmène – une quantité de nourriture équivalente à trois jours de provisions – et reste immobile face à la table, les muscles crispés de son dos témoignant de la tension de tout son corps.

Le garçon au chapeau de paille s'apprête enfin à prendre congé, un grand sourire de reconnaissance aux lèvres.

– Bon, bah, encore merci hein ! T'es pas si radin en fait. Oh, tiens ?

Luffy penche avec curiosité la tête sur le côté pour identifier la deuxième silhouette qui se tient aussi immobile que la première. Elle est couchée dos sur la table, face à Sanji, et cache ses yeux de sa main, à moins que ce ne soit la teinte cramoisie de son visage.

– Ça alors, Zoro ! T'avais un petit creux toi aussi ?, lance allègrement Luffy.

Le capitaine a simplement fait le rapprochement de cause à effet en voyant le sabreur et les onigiri, sushi, petits fours, et autres mets en tout genre recouvrant partiellement son corps dénudé. Il y a même une bouteille de rhum à moitié entamée posée près de lui.

– Oh, ça a l'air bon ce machin, fait Luffy en regardant avec envie le petit beignet de riz posé sur l'un des pectoraux.

Et, fidèle à son habitude de se servir dans les assiettes des autres, il attrape rapidement le beignet et n'en fait qu'une bouchée. Le coq avale péniblement sa salive, mais ne pipe mot. Lui comme le sabreur semblent de toute façon avoir perdu la faculté du langage.

– Mmh mmh délichieux. Bon je vous laisse, bonne nuit les gars, à demain !

– B-Bonne nuit, parvient à articuler Sanji.

Luffy ne sait pas trop ce que Zoro fabrique tout nu sur la table de la cuisine, avec toute cette bouffe posée sur lui et une formidable érection lui battant le ventre, ni pourquoi Sanji se tient entre ses jambes, mais une chose est sûre : ils sont occupés. Et d'une manière ou d'une autre, sa présence n'est pas la bienvenue. C'est son sixième sens qui le lui souffle. Et le capitaine des Mugiwara, même s'il fait le mariole les trois-quarts du temps, n'est pas homme à déranger ses compagnons en pleine activité.

La porte se referme, beaucoup plus bruyamment qu'elle ne s'est ouverte.

Dans la cuisine, les deux hommes ont à peine recommencé à se mouvoir. Finalement, après un silence des plus gênés, Zoro se redresse sur les coudes, saisit le rhum et se met à boire au goulot dans l'intention évidente de descendre toute la bouteille.

Avant qu'il n'y parvienne, Sanji lui a déjà arraché celle-ci des mains et boit à son tour avidement.

– Comme si un peu de rhum pouvait suffire à faire oublier ce qui vient de se passer, hein ?, commente Zoro un peu amèrement.

– Tu insinues que c'est ma faute ?

– T'aurais au moins pu fermer cette fichue porte à clé…

– J'ai déjà mis un verrou sur le frigo, je vais pas non plus en mettre sur toutes les portes, rétorque Sanji.

Le bretteur fronce les sourcils, visiblement pas de cet avis. Le blond soupire, dépité par le cours des événements. Bien sûr, il aurait dû prévoir que ce genre d'incidents arriverait bien un jour ou l'autre, mais à la place, une fois n'est pas coutume, il s'est laissé emporter par sa fougue et n'a pas réfléchi aux conséquences. Et pourtant, ça lui a causé une réelle souffrance d'ordonner à Luffy de prendre tout ce qu'il voulait dans le garde-manger, il a failli saigner de la bouche, c'est pour dire. Enfin, la cerise sur le gâteau, l'irruption inopinée de leur capitaine les a coupés en plein acte et la frustration d'avoir dû s'interrompre au moment où son excitation culminait a atteint un seuil intolérable.

– C'est la première fois de ma vie que j'envisage sérieusement la possibilité de mettre fin à mes jours, croasse Zoro.

Une brusque intrusion se rappelle soudain à lui entre ses fesses. Il ferme les yeux sous la poussée, maudissant son partenaire. Celui-ci se penche vers lui, léchant ce qui reste de l'onigiri volé par Luffy, tandis que sa main vient s'enrouler autour de son membre dur.

– Tu vas jouer les dépressifs encore longtemps ? Ou on va enfin finir ce qu'on a commencé ?, s'impatiente Sanji en mordillant la chair de la poitrine. Tu feras ce qui te chante après, je t'en empêcherai pas. Il est même possible qu'on se retrouve en Enfer, ajoute-t-il avec une petite grimace.

– Dépêche-toi de finir ton repas alors, sinon ça va refroidir, grogne Zoro avec une once de sarcasme.

– Déguster trop vite anéantit la saveur des meilleurs plats, objecte le blond, avant de susurrer à l'oreille de son amant : Mais tu n'as pas tort, j'aime manger bien chaud…

– Enfoiré de cuistot pervers…, gémit le sabreur en se cambrant au contact du sexe s'enfonçant plus profondément en lui.

Sanji, qui se sent plus d'appétit que jamais à l'écoute de cette faible invective prononcée d'un ton impuissant maintenant qu'il a sa virilité bien en main, a repris ses déhanchements étudiés. Plus que de la pitance posée sur le corps échevelé de son amant, c'est de ces délicieuses convulsions dont il est friand, de ces lourds soupirs dont il raffole, de ces expressions lascives dont il ne se rassasiera jamais.


Pas de plan à trois pour cette fois, non. XD Je veux garder un Luffy encore un peu naïf.