Merci beaucoup pour tous vos commentaires.

Une petite Crack!fic.


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« Fini les cheveux verts ! »

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– Alors Marimo, comme ça on est complexé par ses cheveux verts ?

Sanji toise le dénommé Marimo avec un sourire malicieux depuis le pont supérieur, perturbant sa sieste. Zoro tressaille, aussi éveillé que si on lui avait envoyé un seau d'eau glacée à la figure, tandis que son sang se glace dans ses veines. Il redresse lentement la tête dans la direction du coq.

– Qu'est-ce que t'as dit, blondinet de mes deux ?

– Ton gazon capillaire. Tu sais, ce n'est pas tant une tare… Cette couleur sied aux imbéciles.

Le blond tire une bouffée sur sa cigarette et expire la fumée avec une lenteur délibérée, prenant son temps pour répéter ce que le porteur de katana redoute d'avoir entendu :

– Mais si j'avais su que tu haïssais réellement la couleur de tes cheveux, au point d'en faire un complexe… C'était donc pour ça, le bandana ?

L'épéiste lui fait son plus beau rictus assassin. Cet aveu, il ne l'avait fait qu'à une personne, un soir où il avait bu jusqu'à rouler sous la table. Et cette personne avait juré sur son chapeau de ne jamais, au grand jamais, trahir ce secret.

– Où est Luffy ? Que j'aille le tuer tout de suite.

Sanji prend son air le plus innocent.

– Il pêche.

– Ça c'est clair qu'il a péché…, siffle Zoro en dégainant une lame particulièrement effilée.

– Attends. J'ai un truc à te proposer.

Le bretteur jette un coup d'œil impatient au cuisinier qui saute par-dessus la rambarde et atterrit avec souplesse sur ses deux pieds. Puis il tend le bras et ouvre la main, dans laquelle repose un œuf.

– Bonne idée, je vais le lui éclater sur la tronche.

– Pas pour ça, abruti.

– Alors qu'est-ce que tu veux que je fasse d'un œuf, une omelette peut-être ?

– Écoute, j'en ai pas l'air comme ça mais dans le fond, je compatis vraiment. Et comme je sais ce que c'est que d'avoir un léger problème génétique (il désigne d'une manière éloquente son sourcil enroulé), je te propose mon aide.

– Dieu soit béni.

– Si tu veux avoir une couleur de cheveux normale, écrase-toi cet œuf sur le crâne en disant « Fini les cheveux verts ».

Zoro a déjà sorti un deuxième sabre, tandis qu'une veine d'une taille impressionnante palpite sur son front. Sanji recule la tête avec un air de reproche, offensé.

– Bon sang, pour une fois que j'essaie d'être sympa avec toi ! C'est une recette de grand-mère, un remède miracle et toi tu craches bêtement dessus ? T'es encore plus stupide que j'le pensais, en fait ?

Le bretteur le fixe avec hostilité pendant que dans son for intérieur se joue un terrible duel entre sa fierté et son désir le plus fou, celui de changer de couleur de cheveux. Dilemme cornélien où chaque camp défend ses arguments. Si ça se trouve, c'est sa seule chance d'avoir une couleur de cheveux standard, conforme à ce qu'on appelle la normalité et honnêtement, qu'on n'arrête de le regarder de travers dès qu'il fait un pas dehors ne serait vraiment pas du luxe.

Au bout d'une minute, il baisse ses armes avec scepticisme.

– Qu'est-ce qui me dit que t'es pas en train d'essayer de te payer ma tête ?

– J'ai l'air d'avoir un long nez et de m'appeler Usopp ? (Sanji lève les yeux au ciel, semblant définitivement irrité par tant de méfiance.) Mais bon, si tu tiens à rester une algue toute ta vie, c'est ton choix…

– D'accord. Je vais le faire.

Zoro pousse un profond soupir, ayant du mal à croire qu'il vient bien de dire ce qu'il s'est entendu dire. Mais si ça fonctionne, l'Ero Cook arrêtera de l'invectiver sur cette fichue teinte capillaire, se dit-il pour se motiver.

Quant à la crédibilité d'un tel remède – s'éclater un œuf sur le crâne, rien que ça ? – Zoro balaie ses doutes en se rappelant qu'après tout, ils sont sur Grand Line, la mer où la notion de l'absurde et du théoriquement impossible n'existe pas.

Il saisit l'œuf avec réticence.

– Qu'est-ce que je dois dire, déjà ?, grommelle-t-il.

– « Fini les cheveux verts ».

– C'est tout ?

– Oui. Prononce-le bien distinctement pour que ça prenne effet.

Zoro soupire une énième fois, puis se concentre. Sa main se lève et il déclame avec le plus de conviction possible :

– Fini les cheveux verts !

Avant de s'écraser l'œuf sur le crâne.

Un ange passe. Le sabreur sent l'odeur écœurante de l'œuf – pourri – et toute sa substance gluante couler sur son visage. Sanji plaque alors une main sur sa bouche et écarquille les yeux, interdit.

– Oh mon dieu, j'me suis trompé !, s'écrie-t-il.

– Comment ça tu t'es trompé ?

– Ce… Ce remède miracle !...

– Hein ?

– C'est pas pour changer de couleur de cheveux !

– Quoi ?

– C'est pour avoir l'air con !


On ne retrouva Sanji qu'à l'heure du dîner, ligoté comme un saucisson dans le placard à balais, encore fumant et dans un état si inquiétant que Chopper dut passer trois jours à le soigner.


Inspiré d'un épisode de "Un gars, une fille" visionné il y a très longtemps xD

(Dedans, Alex propose à Jean de s'écraser un œuf sur le crâne en disant "Fini les pellicules !" pour se débarrasser de ces dernières)

Évidemment Zoro se contrefout d'avoir les cheveux verts (et n'est pas si crédule), mais je mourrais d'envie de m'en servir.