Chapitre 1 : La rentrée

Tout a changé depuis le Jour fatidique, j'avais dû me plier à de nombreuses réunions de sorciers de la haute société mondaine. J'avais dû ajuster mon apparence physique que ma mère trouvait trop jeune. J'avais dû apprendre à me maquiller, à me coiffer, à séduire, à manipuler, car ma mère jugeait que tous ses atouts allaient me servir pour survivre dans ce monde, ce qui pour elle revenait quasiment à m'élever pour être un assez bon chien chien pour m'approcher du seigneur noir. Je savais au plus profond de moi que ma mère n'aurait pas fait ça d'en en but mauvais, mais je ne pouvais plus supporter sa constante présence et son « aide ». C'est pourquoi je fus très heureuse de retourner à Poudlard pour y effectuer ma sixième année. Cependant, cette rentrée me tétanisait, car j'allais revoir mon frère Sirius qui m'avait cruellement manqué, mais à qui je ne parvenais pas à pardonner. Je trouvais son geste si égoïste que la douleur n'avait pas réussi à disparaitre de tout l'été. Enfin, que je le veuille ou non j'allais devoir l'affronter et lui demander des explications, mais pour le moment j'appréciais le voyage en train qui m'apportait, depuis l'été, le moment de solitude que j'espérais tant en revenant à Poudlard. Toutefois, je n'arrivais pas à comprendre pourquoi les gens me fixaient ainsi. J'avais toujours attiré les regards, car j'appartenais à la maison Black et à Serpentard. Pourtant, sans pouvoir me l'expliquer, je trouvais dans ces regards autre chose que de la haine ou de l'envie et je n'arrivais pas à mettre le doigt dessus. Enfin, cela ne devait pas être trop important, alors je n'allais pas me perdre en conjecture pour essayer de comprendre cet attrait soudain, cela allait certainement passer à la sortie du train.

Lorsque ce dernier entama sa perte de vitesse, je me levais pris mes bagages et sortit de mon compartiment. Les regards me suivaient toujours et cela m'irritait à un point tel que j'eus du mal à ne rien faire pour qu'ils arrêtent. C'est ainsi que perdu dans ma respiration pour ne pas m'emporter que je bousculai quelqu'un.

— Regarde où tu vas espèce d'abrutie!

Je levai les yeux et m'aperçut que ce n'était nul autre que Rosier… J'avais réussi à l'éviter de tout l'été — chose dont j'étais assez fière — et voilà que je n'étais même pas descendue du train qu'il était là devant mes yeux à m'insulter!

— Ah, mais voilà ma fiancée, les gars, je vous présente Alicia Black

Ce disant, il me prit par la taille et tenta de m'embrasser, chose que je ne lui laissai pas faire je m'écartai et je sortis au plus vite du train. Je ne pouvais pas croire que ma mère avait choisi un tel dégénéré pour être mon époux, du moins futur époux et j'espérais de tout mon cœur que cela allait rester ainsi.

Une fois dehors et après un nombre incalculable de respirations, je pus enfin me diriger vers la calèche pour qu'on m'amène à la grande salle. Avec tout le contrôle interne que j'avais dû faire, j'entrai dans la grande salle affreusement en retard et tout le monde se tourna pour me regarder, je fis ce qui me semblait le plus digne de faire, je souris et regarder droit devant moi avec une posture aussi fière que possible tout en me dirigeant vers ma table. Une fois assise, les conversations reprirent leur cours et je pus enfin avoir la sensation d'être seule et calme.

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Lorsque les portes s'ouvrirent et que je la vis entrai, je ne pus croire à ce que je voyais tant elle avait changé durant l'été. Ma sœur bien aimée avait grandi, muri, embelli à ne plus la reconnaitre du moins pour les autres. Je l'avais reconnu grâce à son maintien fier et son sourire carnetier lorsqu'elle avait une idée derrière la tête. Tout en continuant de me demander ce qu'il avait bien pu se passer, je me tournai vers James qui me demandait :

— Ce n'était pas ta sœur ça?

— Ouais…

— C'est une vraie déesse maintenant! S'exclama-t-il avec fougue

Évidemment avec une réplique comme cela, James se récolta une belle gifle de la part de Lily qui avait quelque peu de la difficulté à vivre avec la popularité de James. Remus et mois partîmes d'un rire contagieux qui gagna James, qui continuait de se masser la joue. Mais avant qu'ils n'aient pu ajouter quoi que ce soit, je dis :

— Pas question de parler de ma sœur cadette ainsi alors on se garde ses commentaires! Et oubliez là de ce point de vue aussi. C'est clair!

— Mon vieux, je suis avec Lily et cela me satisfait!

Mon regard se tourna vers Remus à la fois pour éviter l'embrassade de réconciliation de Lily et James et pour ajouter à ma menace. Remus eut le bon sens de détourner le regard et de rougir légèrement. Bien, j'allais pouvoir dormir sur mes deux oreilles de ce côté-là, mais je ne pourrai jamais être certain que les Serpentards ne la malmèneraient pas c'est toujours ce qui a été le plus dur à accepter lorsqu'elle fut placée à Serpentard. Un choix du choixpeau que je n'ai jamais compris et ma sœur n'a jamais voulut me dire pourquoi elle l'avait accepté elle aussi. Enfin, cela faisait longtemps, mais jamais il n'allait être certain qu'elle soit en sécurité dans cette putain de maison de traitre et de mangemort. Je fus tirée de ma rêverie par un insistant :

— Sirius! Cesse de les observer comme ça! C'est impoli! Sermonna Lily

— Que ferais-je sans toi pour ramener à l'ordre, raillais-je

— Je… ne… f… s'étouffa-t-elle de fureur

— Mon cœur il te blaguait, expliqua doucement James en lançant un regard pétillant à son ami.

-Hey regarder là-bas, il semble y avoir de l'action, dit Remus avec inquiétude

Je me retournai d'un bloc pour voir Alicia entourer de gens que je n'aimais pas particulièrement.

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J'étais dans mon havre de paix à manger tranquillement et voilà qu'on venait me déranger. Je soupirai et me retournai pour voir de qui il s'agissait et j'eus la mauvaise surprise de découvrir Rosier. Je lui dis alors d'une voix blanche de colère contenue :

— Que me veux-tu très cher?

— M'asseoir près de toi, tu es ma fiancée donc j'en ai le droit que tu le veuilles ou non, déclara-t-il sans embâcles

J'eus du mal à ne pas le battre à coups poing bien mérités. Ce n'était pas parce que j'étais sa fiancée – forcée — que je me devais d'être sa « chose ». Je pilai sur mon orgueil et acceptai de lui faire une place, car j'avais promis à ma mère de bien me tenir avec lui et que tout le monde me regardait. Je n'avais pas envie que tout ce monde me parle de mon prochain mariage que je tentais le plus possible d'oublier. Lorsqu'il fut assis, Rosier posa une main nonchalante sur ma cuisse et là ce fut trop, j'explosai :

— Tu te prends pour qui, pour me tripoter ainsi, je suis peut-être ta « fiancée », mais je ne suis pas consentante!

Cette réplique cingla à mes oreilles, car je l'avais hurlé et je remarquai que tout le monde me fixait. Par le fait même je tombai dans le regard pénétrant de Sirius qui ne semblait rien n'y comprendre, mais je savais au fond de moi qu'il était prêt pour la guerre. Sa vue ne fit qu'empirer mon état de colère et je pris la fuite.

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Je ne pouvais croire ce que je voyais encore une fois. Ma sœur s'était fait « tripoter » à ses dires et elle avait aussi précisé qu'elle était fiancée. Mais qu'avait pu donc faire mère encore une fois. Sa déchéance ne s'arrêterait-elle jamais? Je me levai discrètement, faisant signe à James et Remus que j'allais tenter de rejoindre ma sœur pour comprendre ce qui s'était passé durant l'été et m'en fus.