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CHAPITRE II
« Regardez, c'est notre train. » Pointa-t-elle avant de s'arrêter brusquement, manquant de se faire percuter par un business man. L'homme à ses côtés ne put réfréner un sourire, avant d'afficher une moue terrible. Elle venait, encore, de sortir son plan. « Une fois à Victoria, il nous suffira de prendre la Circle Line et de descendre à l'arrêt High Street Kensington. À moins que le Notting Hill Gate soit plus proche de l'hôtel, je ne suis pas sûre... »
« Ce ne serait pas plus simple de prendre un taxi ? » Tenta-t-il, pour la énième fois. Il eut, bien entendu droit à un regard mi-réprobateur mi-offusqué. Va pour le métro... Même s'il sentait le pire se profiler. Il ne l'avait pas pris depuis... Pfiou... Il était encore jeune et valide la dernière fois qu'il était monté dans un engin de telle sorte. Et, déjà à l'époque, ce qui l'avait le plus marqué était les interminables couloirs qui l'habitaient. Mais la patronne avait parlé !
Comme prévu, le trajet en train se passa sans la moindre embuche. Ce fut à Victoria que les choses se gâtèrent. Foule abondante, lignes nombreuses. Ils avaient bien dû faire trois fois le tour de la gare avant de trouver la pancarte jaune indiquant la ligne souhaitée. Et sa jambe qui le tiraillait. Cuddy qui marchait toujours aussi vite. D'ailleurs comment faisait-elle pour arpenter à une telle vitesse avec des talons aussi hauts ? Se demandait son employé distancé. Enfin, ils arrivèrent sur le quai. 2 minutes à attendre. Il allait pouvoir récupérer un peu. Une vieille dame lui fit un peu de place sur un banc.
C'est alors que le vent s'engouffra sur le quai. Précédent la rame. La directrice s'était déjà levée, avait rassemblé leurs affaires et s'avançait vers le train. Le diagnosticien se leva à contrecœur, se faufila tant bien que mal jusqu'à sa supérieure et attendit patiemment que les gens descendent. La jeune femme monta la première et se retourna pour attraper les bagages restés à quai. Il ne sut pas bien s'il avait trébuché, si sa canne avait glissé ou si on l'avait bousculé. Toujours était-il qu'il bascula en avant, se rattrapant comme il pouvait à la porte. Mais le mal (le bien ?) était fait. Sa tête était entrée en contact avec une peau douce et moelleuse, légèrement parfumée. Il s'y frotta la joue, ce n'était pas tous les jours que...
« House, vous allez sortir votre tête de mon décolleté, nom de Dieu ! Et aidez-moi à porter cette valise ! » Vociféra la doyenne.
Mind the gap, please mind the gap between the train and the platform
Il rouspéta un peu. N'aurait-elle pas pu faire son annonce plus tôt ?! Il se recula à regret de la poitrine pour croiser le regard foudroyant de Cuddy. Au moins, il avait cessé de penser à la douleur lancinante dans sa cuisse.
Stand clear of the closing doors
À peine eut-il le temps de se pencher et d'attraper le bagage que le train se mettait en marche. La rame n'était pas pleine, mais vu les turbulences, il ne voulait pas risquer de tomber. Aussi se cala-t-il contre un recoin de la porte. La directrice sut lire la gène et la souffrance sur son visage. Elle s'approcha de lui, leurs bagages à portée de main. À la première secousse, elle plaqua son corps contre le sien, lui évitant ainsi d'être balloté, et de se blesser. Quand le calme revint, elle posa une main sur son épaule. D'une voix douce, elle lui demanda comment il se sentait.
C'est alors qu'il leva la tête. Et qu'il vit la lumière jaune s'allumer, leur signalant qu'ils étaient arrivés à la station de St James's Park. Il la regarda, complètement ahuri. Fit le chemin inverse vers le plan du métro puis encore vers le visage de la doyenne. « Quoi ? » Demanda cette dernière, intriguée par son attitude.
« Non mais c'est pas vrai ! » Hurla-t-il. « C'est pas possible d'être aussi bête ! Mais vous pensiez à quoi ?! C'est pas possible pour vous de lire une carte à l'endroit ?! » S'énerva-t-il de plus belle, attirant l'attention de toute la rame. « Je ne vous écoute jamais, et je sais bien pourquoi maintenant ! »
Pendant ce temps, la doyenne s'était retournée, faisant désormais face au panneau lumineux. Elle devait bien avouer qu'elle ne l'avait pas joué fine sur ce coup-là. Et qu'il avait toutes les raisons du monde d'être en colère. Elle leur avait fait prendre la ligne dans le mauvais sens, fallait le faire. Rouge de honte, elle se tourna vers son employé : « On va descendre à la prochaine et prendre la ligne dans le bon sens. » Dit-elle avec un sourire un peu crispé, espérant seulement qu'il ne l'étrangle pas de suite.
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Trois gros quarts d'heure plus tard, ils arrivaient enfin à l'hôtel. Leur suite leur fut de suite attribuée, ils pouvaient enfin se reposer. À peine eurent-ils franchi la porte que l'homme se jeta sur le sofa, il avala deux comprimés avant d'éclater de rire. Lisa, un peu perplexe, le regarda faire. Avant de le rejoindre dans un fou rire communicatif. Elle ne savait pas bien si c'était la tension de la journée, de la dernière heure ou simplement le fait de le voir ainsi heureux, mais elle n'arrivait plus à s'arrêter. Elle en avait les larmes aux yeux et des crampes au ventre.
Au bout de quelques minutes, leurs gloussements s'estompèrent. Épuisés, ils restèrent affalés côte à côte dans le canapé. « Bon, ben je crois qu'on peut le dire maintenant : Londres, nous voilà ! » Plaisanta-t-il. Il eut droit à un sourire sincère en retour. Et encore quelques minutes de calme reposant.
La doyenne se redressa un peu, faisant face à son employé. « Et puis si on va par là, on a déjà commencé à visiter. » Dit-elle d'une voix angélique, un petit sourire en coin.
Il rit. « Ne poussez pas trop loin non plus ! Vous savez que je pourrais porter plainte contre vous pour mise en danger de la vie d'autrui, voir maltraitance ! » Menaça-t-il, presque sérieux.
Elle entra dans son jeu, complètement. « Parce que vous retrouver nez à nez avec mes seins, c'est de la torture ? »
« Vous avez essayé de m'étouffer avec ! Et puis, vous pensiez à quoi en me faisant prendre le métro ?! Vous voulez m'entrainer pour le marathon de New York ? Non parce que vous auriez pu me prévenir. Je me serais habillé comme il se doit, et drogué, bien entendu. »
« Vous êtes incorrigible ! » Elle se leva en secouant la tête, encore amusée par ces dernières paroles. « La chambre de droite ou de gauche ? » Demanda-t-elle en les ouvrants l'une après l'autre.
« Qu'importe. »
« Celle de droite est tapissée en rose, j'imagine... » Elle attrapa sa valise et commença à s'y engouffrer.
« Oh, vous imaginez bien ! » Il s'allongea sur le canapé. Le sommeil ne tarda pas à le gagner.
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Il perçut sa voix, puis commença à distinguer ses paroles. Encore endormi, il dut faire un gros effort de concentration. Elle râlait, contre quelqu'un ou quelque chose. Vu son débit de paroles et les mots grossiers qui s'échappaient de sa bouche, il doutait qu'elle soit au téléphone. Ou son interlocuteur avait vraiment dû la mettre en rogne. Il sourit à cette pensée. Avant qu'un bruit sourd ne vienne l'inquiéter davantage. Il se leva d'un bond, étouffa un cri de douleur et se précipita dans sa chambre.
Maudite valise ! Cinquième coup de pied et elle ne cédait toujours pas. Elle ne savait plus quoi faire. Les insultes volaient, les coups pleuvaient. Et la porte s'ouvrit. Ne s'y attendant pas, elle sursauta en se retournant. Le drap de bain enroulé autour de son corps manqua de tomber au sol. Elle vit alors le diagnosticien les yeux écarquillés, la bouche grande ouverte. Elle s'empressa de repositionner la serviette, la tenant fermement contre sa poitrine. « House, qu'est ce que vous faites là ?! » Ses joues la brulaient, sa bouche s'était tout à coup asséchée. Qu'avait-il vu, au juste ?
« Oh mon Dieu, Cuddy, vos seins me harcèlent ! Si vous ne les tenez pas, ils vont me sauter dans les mains d'ici la fin de la soirée ! »
« N'y pensez même pas ! Et qu'est ce que vous faites dans ma chambre ?! On ne vous a pas appris à frapper avant d'entrer chez les gens ? »
« Vous voulez vraiment que je vous frappe avant d'entrer en vous ? » Demanda-t-il en relevant un sourcil.
« House ! » Fulmina-t-elle.
« J'ai entendu un bruit sourd. Et... Et j'ai cru que vous étiez tombée. Que vous vous étiez fait mal. » Avoua-t-il en baissant la tête.
« Oh. » Elle n'avait pas pensé qu'il ait pu entendre la petite bataille qu'elle se livrait avec son bagage. « C'est ma valise, je n'arrive pas à l'ouvrir. » Expliqua-t-elle, confuse.
« Et j'imagine que ça explique pourquoi vous êtes à moitié-nue. Je ne sais pas trop si je dois vous aider à la débloquer. C'est un problème éthique qui se pose à moi... » Deux doigts sur le menton, il était en pleine tirade.
« House... » Le coupa-t-elle, exaspérée, une fois de plus.
« C'est bon, c'est bon, je vais vous aider. » Il quitta momentanément la pièce avant de revenir avec un couteau. « Je me demande vraiment comment vous faites, toute seule, à la maison, sans un homme... »
« Contentez-vous d'ouvrir la valise. »
Il trafiqua quelques instants avec le couteau, sans succès. « Une épingle à cheveux ? » Demanda-t-il en tendant la main vers elle.
« Oui, dans la valise ! » Lui répondit-elle avec un sourire narquois.
« Mais vous servez à quoi, vous, les femmes... » Il força quelques instants de plus et la serrure lâcha. Le couvercle sauta, exposant son contenu au nez et à la barbe du diagnosticien. « Ohhhh. » Fit-il en attrapant un string de dentelle noir .
« Sortez ! » S'exclama-t-elle, une main contre sa poitrine pour maintenir la serviette en place, l'autre poussant fermement son employé. « Sortez, je vous dis ! » Elle dut lutter pour parvenir à le mettre dehors.
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« Je te jure ! » Elle s'arrêta dans l'embrasure de la porte, soudain très intéressée par la conversation téléphonique de House. « Si, je te jure ! J'ai vu son sein gauche. Pas mal hein, pour son âge. Non, vraiment. Ferme, mais souple à la fois. Quoi comment je sais ça ? Ah mais je t'ai pas dit. J'ai fini le nez dans son décolleté. Faudra que je raconte... »
« House ! » S'énerva-t-elle, tout en croisant les doigts. Pourvu que ce soit Wilson à l'autre bout du fil !
« Oups, elle est là ! Mais non, on n'a pas couché ensemble... » Il se tourna vers la jeune femme. « Cuddy, dites à Wilson qu'il s'agissait uniquement de rencontres fortuites. Qu'on n'a pas couché ensemble, pour l'instant. »
« Comment ça pour l'instant ?! » S'écria-t-elle, outrée. Elle s'élança vers lui, prête à récupérer le téléphone, et sa dignité.
« Au train où vont les choses, entre les jumelles et moi. Je ne serais pas plus surpris que ça si... Enfin vous voyez quoi... » Il adorait la faire enrager. C'était un hobby à part entière pour lui. « Non, il faut que je te raconte, je te jure... » Ne sachant plus quoi faire elle se jeta sur lui, l'écrasant contre le canapé. Ainsi, elle parvint à arracher le portable de ses mains, non sans le griffer au passage. « Cette femme est une tigresse ! Jimmy, il faut que tu viennes me sauver ! » Hurla-t-il avant qu'elle ne referme le clapet.
Debout, les mains sur les hanches, elle lui lançait son regard le plus mauvais. « Alors non seulement vous appelez votre copain Wilson pour lui raconter n'importe quoi, mais en plus vous le faites avec mon téléphone ! »
« Mais... » Tenta-t-il de se défendre.
« Pas de mais, House ! Vous êtes tombé sur la tête où quoi ? Et pas de jeu de mots avec ma poitrine ! Non mais vous imaginez la note que je vais recevoir ?! »
« Je vous rembourserais... » Il se permit de la regarder de la tête aux pieds quelques instants. Ses longs cheveux noirs encore humides. Son pyjama rose, son débardeur assorti. L'absence totale de maquillage sur son visage. Elle avait perdu dix ans. Elle était magnifique. Bien sûr, il ne pouvait lui faire un tel compliment. « On bouffe, ou quoi ? »
