Merci beaucoup pour vos commentaires, j'espère que la suite continuera à vous plaire. Laissez le moi savoir ;)

CHAPITRE V

Il avait attendu ce moment toute la journée. N'avait pu s'empêcher d'imaginer cette fameuse robe, depuis qu'elle lui en avait parlé la veille au soir. Elle l'obsédait. Complètement. Et le fait d'avoir été assis à côté d'elle tout le jour durant à la conférence, d'avoir son corps à portée de mains, d'yeux ne l'avait pas vraiment aidé. Il n'avait eu qu'à tourner la tête pour que son esprit fasse le reste. D'ailleurs, son petit haut pourpre avait été une source d'inspiration pour lui. Décolleté sublime mis en valeur par un jeu de couleurs sur l'encolure, des manches longues et un tissu qui avait l'air si doux. Il ne lui avait pas fallu trop d'efforts pour imaginer son pull se prolonger, formant une robe, remplaçant le pantalon noir qu'elle portait. Il la voyait s'évaser au niveau des hanches, s'arrêtant juste au dessus des genoux. Non, plutôt moulante, mettant toute sa silhouette en valeur. Avec des collants noirs et des bottes hautes. Ou des escarpins, comme ceux qu'elle avait portés durant la journée. Il aurait alors l'occasion d'admirer ses jambes fines et galbées. Il s'était ensuite imaginé diverses variations sur ce thème. Coupant les manches, changeant la couleur, y ajoutant parfois des motifs. Rêvant de la coiffure qu'elle adopterait. Il ne s'était pas ennuyé une minute durant la conférence.

À présent ce n'était plus le moment de rêver. Il allait enfin découvrir ce qu'elle lui réservait. Une heure déjà qu'il attendait qu'elle daigne sortir de la salle de bains ! Alors qu'il lui avait fallu seulement cinq minutes pour enfiler sa tenue de pingouin. Heureusement qu'il avait prévu, ou plutôt que Cuddy l'avait obligé, à amener un costume pour son discours. Il aurait alors dû aller à cette petite sauterie en jean et baskets. Il sourit jusqu'aux oreilles, profitant d'être seul, en s'imaginant la tête de leur hôte. Ce n'était pas le genre de types à avoir un sens de l'humour surdéveloppé. Et ce n'était pas le genre de Cuddy. Il soupira, voilà qu'il repartait là dedans. Ses pensées furent aussitôt interrompues par une porte qui s'ouvrait. LA porte. Il retint son souffle, écoutant attentivement le bruit de ses talons, avant de la voir apparaître. Splendide, sexy, magnifique. Il en oublia même de reprendre sa respiration. Cette robe... Oh, cette robe... Elle allait bien au-delà de ses espérances !

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Elle avait senti son regard pendant toute la journée. Elle l'avait senti la dévorer, la déshabiller des yeux. Et elle avait adoré cela ! Elle s'était sentie totalement féminine, pleinement désirée. Et c'était bon. Surtout venant de sa part. Mais ça lui avait également mis une certaine pression. Elle savait qu'il n'avait cessé de fantasmer sur sa robe depuis qu'elle lui en avait parlé, qu'elle s'était vantée. Maintenant, il allait falloir voir ce qu'il en pensait réellement. Et elle allait devoir mettre toutes les chances de son côté, pour être au niveau de ses espérances.

En entrant dans la salle de bains, elle se dit qu'elle était un peu stupide de penser ainsi. Que la beauté ne faisait pas tout. Elle qui craignait qu'il n'ait d'yeux que pour son physique, elle l'encourageait dans ce vice. En sortant de la douche, elle décida de se faire belle. La plus belle possible. Mais pour elle, pour son propre plaisir. S'il en retirait un quelconque avantage, ce ne serait qu'un dommage collatéral. Elle enfila la robe. Qui essayait-elle de berner, au juste ?

Elle se maquilla une première fois. Un trait de crayon bleu au ras de ses cils, une pointe de mascara. Elle se recula. Non. Certes ça faisait ressortir ses yeux, c'était assorti à sa robe, mais ça lui donnait un genre vulgaire qu'elle n'aimait pas. Elle fit peau neuve. Du noir, une valeur sûre. Elle refit les mêmes gestes, exactement. C'était beaucoup mieux, quoi qu'un peu fade. Elle inspecta son reflet, à la recherche d'une idée.

Soudain, elle attrapa le sèche-cheveux, renversa la tête. Passant ses doigts dans les boucles, elle les écarta, leur donnant un maximum de volume. Quand elle redressa la tête, sa chevelure formait une boule, aérienne et entourait complètement son visage. Elle se lissa la frange, la fit tenir de côté grâce à un petit peu de laque. Elle bombarda légèrement ses boucles, ne voulant pas les alourdir. Ou les rendre désagréable au touché, on ne sait jamais...

Elle rouvrit sa trousse de maquillage et en sortit une palette contenant toute une nuance de gris. Allant de la couleur la plus pure au noir le plus profond. Elle appliqua un peu de blanc dans le coin interne, éclairant ainsi son regard. Puis commença à passer différentes couches de gris. Rendant ses yeux tout à fait charbonneux. Le bleu de ses yeux n'en était que magnifié. Allait il aimait ce look ? Elle prit une profonde inspiration, jeta un dernier coup d'œil au miroir. Puis, enfin, elle ouvrit la porte.

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Il la regarda encore une fois de la tête aux pieds, avant de montrer son appréciation par un petit sifflement. Elle avait un côté rock and roll, vamp qui lui plaisait énormément. La robe, simple, venait parfaire ce look. Il ne l'avait jamais vue aussi belle. Il s'approcha d'elle, lui tendit le bras, s'apprêtant à la guider jusqu'à la porte, mais se ravisa : « Dites donc, y'a tromperie sur la marchandise ! » Dit-il en pointant son buste.

Elle rougit, intensément. Elle aurait pourtant juré lui plaire. Elle aurait juré voir cette petite flamme s'allumer dans son regard. S'était-elle fourvoyée ? La tristesse l'envahit. Des larmes menaçaient de venir ruiner son maquillage. Elle baissa la tête, honteuse. « Qu'est ce que vous voulez dire ? »

Il s'en voulut immédiatement. Il voulait juste la taquiner, il n'aurait jamais cru déclencher autant de chagrin. Elle était pourtant magnifique avec sa longue robe noire. Un cordon turquoise en strass venait souligner sa poitrine généreuse. Vraiment, elle était sublime. Il voyait bien qu'elle s'était donné du mal. Il baissa la tête à son tour. Il ne pouvait s'empêcher de tout ruiner. Puis il se ressaisit. Hors de question d'en rester là. Il s'avança avec assurance jusqu'à elle. Il posa un doigt sur son menton et la força à rencontrer son regard. « Vous êtes très belle, Lisa. Je... »

Elle passa son index sous ses yeux, essayant de limiter les dégâts. « Pourquoi vous avez dit ça, alors ? » Demanda-t-elle.

Il sentit son désarroi et ça le bouleversa. « C'est... Je... C'est juste que vous aviez dit que vous auriez un décolleté époustouflant et effectivement, vous n'avez pas menti. » Rit-il nerveusement. Il la vit baisser la tête vers sa poitrine, inspectant l'échancrure de sa robe. « Vous êtes magnifique, je vous assure. C'était... C'était juste une blague. » La rassura-t-il, sans jamais retirer sa main de son visage.

Elle laissa échapper un rire un peu crispé. « Je suis une idiote. » Conclut-elle. Il intensifia sa prise sur sa joue, croisant son regard. Sans un mot, il parvint à étouffer toutes ses angoisses. « Je... Je vais... » Elle passa une main devant son visage, avant de disparaître dans la salle de bains.

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Ils entrèrent timidement dans la grande salle de bal. Un regard circulaire à la pièce richement décoré. Tapisserie murale, tableaux de maitres et lustres de cristal. Quand le directeur du London Royal Hospital recevait, il ne faisait pas les choses à moitié. Kensington Palace, rien que ça. House resserra sa prise autour du bras de la jeune femme et l'entraina. Ils n'étaient pas arrivés au milieu de la pièce que Rozana surgit devant eux. « Dr House, Dr Cuddy, ravis de voir que vous avez pu vous libérer. » Il serra la main de son collègue, embrassa celle de la jeune femme. « Venez, que je vous présente. »

Les deux médecins échangèrent un regard surpris avant de suivre leur hôte. Un serveur passa à leurs côtés, il se saisit de deux coupes de champagne et les leur tendit. Nouveau regard étonné. Cet homme savait recevoir, c'est le moins qu'on puisse dire. Il les introduisit auprès d'un groupe de médecins. Les as des as, comme il les nommait. Les pontes mondiaux de la spécialité. Ils avaient l'impression de lire une revue médicale tant les noms cités leur apparaissaient familiers.

Rien de plus passionnant que les formes mutantes d'influenza. Chacun y allait de son petit commentaire, de son analyse de la situation. House, lui, se tenait en retrait, pendant que Cuddy, tout aussi mal à l'aise, se gavait de petits fours.

Parmi le petit groupe, une seule femme : la doyenne. Le diagnosticien voyait bien les regards appréciateurs dont elle était l'objet. Elle, cependant, ne semblait pas le remarquer. Il aurait pensé qu'il y aurait plus de directeurs d'hôpitaux, des collègues avec qui elle aurait pu échanger. Il savait que c'était pour cela qu'elle avait tenu à venir. Pas pour écouter de vieux garçons s'extasier devant le dernier virus à la mode.

« On a rarement l'occasion de vous voir, Dr House. » Souligna l'un des hommes.

« C'est que j'aime préserver le mystère. » Lui répondit-il sans même le regarder. Une seule pensée l'obnubilait : attirer Cuddy dans un coin et la supplier de retourner à l'hôtel ! Les événements de ce genre, très peu pour lui.

« Vous êtes donc la patronne du Dr House... » Ajouta le même homme à l'intention de la jeune femme.

Elle lui sourit poliment. « En effet, je suis la directrice de l'hôpital qui l'emploie. »

« Ce doit être un métier passionnant ! » S'extasia-t-il.

« Et très accaparant. » Souligna un brun ténébreux.

« Les deux à la fois. » Sourit-elle de nouveau. Elle commençait à avoir des crampes aux zygomatiques. Elle jeta un coup d'œil à son acolyte, il semblait plus intéressé par les peintures murales que par la conversation. Plus la peine de compter sur lui pour mettre un terme à ces balivernes.

« Vous ne devez pas avoir beaucoup de temps à vous. Pour sortir, rencontrer des gens. » Continua le brun en s'approchant d'elle. Elle le regarda, un peu choquée. Au moins, il n'y allait pas par quatre chemins. « Vous êtes seule, Dr Cuddy ? »

À ses mots, le diagnosticien se retourna vivement. Il vit avec soulagement l'expression d'effroi sur le visage de sa patronne. Il lui prit le bras. « Dansons, Lisa. » Il se retourna vers le groupe, leur offrant un sourire tout ce qu'il y avait de moins sincère.

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« Merci. » Murmura-t-elle près de son oreille. L'orchestre jouait une musique de chambre, permettant aux deux médecins de valser tout doucement. Ils dansèrent ainsi jusqu'à la fin de la chanson. Sans un mot. La suivante s'avérait être encore plus douce. House s'arrêta et passa ses deux bras autour de la taille de la jeune femme, l'attirant contre son torse. Elle ne fit aucun commentaire, sachant le pourquoi d'un tel changement. Elle posa avec plaisir une main sur son buste, l'autre autour de son dos et se laissa aller.

« Il ne vous plait pas, le rital ? » Demanda-t-il avec amusement, la bouche dans ses cheveux. Il la sentit rire contre lui et continua à se mouvoir en rythme avec elle. Son cerveau essayait bien de lui dire de se méfier, d'analyser la situation. Mais il décida de le laisser parler, voulant profiter de l'instant présent.

La musique changeant à nouveau de rythme, ils se séparèrent à regret et se dirigèrent vers le buffet. Ils croisèrent en chemin Rozana qui les remercia encore une fois d'avoir fait le déplacement. Se retrouvant seuls, elle se permit de soupirer. « Je me sens un peu ridicule. » Confia-t-elle avec le sourire.

« C'est sûr que vos soirées poker à côté de ça... » Se moqua-t-il, avant de recevoir un coup dans les côtes.

« Excusez-moi. » Le Méditerranéen revenait à la charge. « Puis-je me permettre de vous inviter à danser ? »

« Sans façon, ma patte folle et moi avons besoin d'un peu de repos. » Répondit immédiatement le diagnosticien avec une moue désolée.

« Dr Cuddy... » L'homme semblait ne pas partager le même humour.

« Oh, je... » Commença-t-elle, ne sachant pas trop quelle excuse inventer.

« Vas-y, Chérie. » Encouragea House en la poussant dans le dos.

« Vous... Oh, excusez-moi, je... Je ne savais pas que vous étiez ensemble. » Bafouilla le médecin qui paraissait pourtant tellement sûr de lui. Il s'inclina légèrement devant eux. « Passez une bonne soirée. » Dit-il avant de les quitter.

Elle rit. « Chérie ? »

« Vous vouliez danser avec lui ? » Se défendit-il.

« Non, vraiment pas. J'ai déjà un cavalier de choix. » Sourit-elle en le suivant dans un coin un peu plus calme.

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« On y va ? » Troisième fois qu'elle le demandait. Depuis quand fallait-il supplier Gregory House pour rentrer ?

« Ils nous observent. » Dit-il en indiquant du menton le groupe de médecins avec qui ils avaient passé le début de soirée.

« Je crois qu'ils se demandent si on est vraiment ensemble. »

« Essayez-vous de sous-entendre que je ne suis pas assez bien pour vous ? Que nous ne sommes pas bien assortis ? » Dramatisa-t-il en posant une main sur le front.

« Non, rien de tout ça. » Le rassura-t-elle en secouant la tête, amusée par ses gamineries. « C'est juste qu'on ne peut pas dire que nous soyons extrêmement proches pour un couple. »

« Oh... » Il sembla réfléchir un instant. Avant de bondir sur sa collègue. Une main dans son cou, il l'attira à lui afin de l'embrasser. Un baiser doux, d'abord. Avant qu'il ne glisse sa langue entre ses lèvres entrouvertes, caressant simultanément ses cheveux soyeux. Elle ne pensa pas une seconde à le repousser, bien au contraire. Elle mordilla sa lèvre avec gourmandise, croqua sa langue avec envie. Soupira d'aise alors qu'il suçotait sa lèvre inférieure. Agrippa fermement ses cheveux, voulant le garder pour elle toute la soirée.

Brusquement, il rompit leur étreinte. « On peut y aller maintenant, si vous voulez. » Il lança un regard victorieux en leur direction. « Je crois qu'ils ont eu la preuve qu'il leur fallait. » Elle se mordilla la lèvre, tentant de combler le vide immense qu'il venait de créer. De retrouver son goût sur sa peau. Chancelante, elle s'accrocha à son bras et le suivit.