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CHAPITRE VIII

Il regardait le plafond, observant chaque imperfection dans la peinture, s'amusant des ombres. Tout ce qui pouvait lui empêcher de penser à la veille, et au fait qu'il avait peut-être fait la plus grosse erreur de toute sa vie. Il était tiraillé entre le sentiment d'avoir bien agi, appuyé par le bruit de es régurgitations nocturnes de la jeune femme, et les regrets. Enfin, LE regret. Celui de ne pas avoir profité de l'opportunité qui lui était offerte.

Il se tourna de côté. Presque 8 h, déjà. Il avait entendu le réveil dans la chambre voisine sonner plusieurs fois et un bruit sourd lui avait fait comprendre que sa propriétaire n'était pas prête de se lever. Il sourit face à l'ironie de la situation. Lui, House, s'était montré respectueux et galant alors que sa patronne était ivre. Lui, House, était réveill du matin alors que sa patronne venait de fracasser son réveille-matin. Lui, encore, allait jouer l'homme raisonnable et responsable et aller la réveiller pour assister à la conférence. Il sourit de plus belle en se levant. Il leur avait suffi de traverser l'Atlantique pour échanger les rôles ! Ce constat manqua le faire rassoir. Non, il n'était pas raisonnable et ils n'avaient pas échangé les rôles. Il... Il y avait juste une lecture intéressante. Et l'envie de voir sa mine déconfite après ses folies nocturnes. C'était tout.

Il pensa un instant frapper à la porte, mais n'en fit rien. Il ne fallait pas pousser, non plus ! Il pénétra dans la chambre noire et localisa immédiatement la forme dans le lit. Tournée côté mur, elle semblait dormir. Il posa une main sur son épaule et la secoua doucement, tout en appelant son nom. Aucun effet. Il réessaya, un peu plus fort cette fois. « Cuddy ! C'est l'heure ! Levez-vous bon sang ! » Elle grogna avant d'enfouir sa tête sous son oreiller. Il le lui retira et alluma la lumière. Tel un escargot apeuré, elle se faufila sous les draps. Il allait abdiquer quand il vit le téléphone portable posé sur la table de chevet. Il mit le volume au maximum et activa la musique.

Furieuse, elle décida de se montrer. « Mais vous allez arrêter ce vacarme ! J'ai un mal de crâne atroce. » Finit-elle en grimaçant, les mains devant les yeux.

« Dite donc, notre jolie directrice aurait-elle la gueule de bois ? » Se moqua-t-il, encore et toujours.

Elle soupira avant de se calfeutrer sous l'oreiller. « Soit vous partez, soit vous restez, mais dans le silence. » Elle insista sur les derniers mots.

Perplexe, il la regarda quelques instants. C'était une invitation ou il ne s'y connaissait pas. Il passa son regard de la porte entrouverte au lit moelleux et chaud. Le choix fut vite fait. Il souleva la couette et vint se glisser dans les draps. Sa patronne marmonna quelques incohérences avant de plonger dans un sommeil réparateur. Il en profita pour se rapprocher d'elle, absorbant sa chaleur. Il se tourna vers la porte, calant son dos contre le sien. Ainsi, il ne tarda pas à retrouver les bras de Morphée.

Elle émergea lentement. N'ouvrant pas les yeux, elle prenait doucement conscience du monde qui l'entourait. La douceur des draps, le moelleux du matelas et de son oreiller. Elle soupira en s'y enfonçant davantage. C'est en essayant de rouler sur le dos qu'elle buta contre une forme ferme. Qu'elle remarqua la main posée sur son ventre. Quel délicieux réveil ! Des bras chauds dans lesquels se lover, un souffle contre sa nuque. Elle se sentait de nouveau femme. Et si bien... Si comblée... Elle ferma les yeux, s'enivrant de ce monde cotonneux. Avant de les rouvrir, affolée : si femme ?! Elle se concentra sur son ressenti corporel : pas de tiraillement suspect, ni de courbatures douteuses. Elle remua son bras avec précaution, le passant de sa poitrine à ses cuisses. Elle était en pyjama, ouf.

Elle relâcha la pression accumulée subitement, se relaxant dans les bras qui l'entouraient. Elle gigota un peu, se calant avant de se laisser aller à rêvasser. Au bout de quelques instants, la main glissa le long de son flanc, avant de venir caresser son abdomen. La journée commençait merveilleusement bien. De la tendresse, pas de sexe alcoolisé, mais la possibilité d'en faire à jeun. Tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes ! Cette certitude fut appuyée par un baiser dans son cou. Doux, mais ferme, pas trop humide, juste comme elle les aimait. Elle tourna la tête et prit un bout de menton barbu entre ses lèvres. Avant que, dans un soupir, l'homme ne lui offre sa bouche.

Elle s'en empara avec douceur et minutie. L'homme roula sur le dos, l'entrainant avec lui. Elle se retrouva la tête posée contre son épaule, leurs lèvres toujours scellées. Ils allaient lentement, profitant du moment, s'explorant, s'aimant. Une main dans ses cheveux, l'autre oscillait entre sa joue barbue et son cou. S'aventurant parfois jusqu'à son torse musclé et ses épaules tout aussi fermes. Lui, la maintenait du bras gauche. Avec l'autre, il avait libre champ pour caresser son dos, ses fesses rebondies. Puis, il remonta sa main jusqu'à sa nuque, avant de l'enfouir totalement dans sa chevelure. Choisissant cet instant pour écarter ses lèvres de la pointe de la langue. Elle s'accrocha un peu plus à lui, et accepta sa venue avec joie.

« Ohhh. » Grimaça-t-il en se reculant. « Pas sexy l'haleine de lendemain de cuite. » Il vit le regard choqué de la jeune femme. « Quoi ?! Vous avez encore le goût du vomi ! » Se défendit-il, le visage crispé. Elle finit par éclater de rire. Il tourna la tête, visiblement gêné. Elle se tut, mais garda un sourire moqueur aux lèvres et vint se blottir contre sa poitrine. « Comme ça, c'est mieux. » Approuva-t-il. « Votre souffle, loin de moi. » Il reçut une tape sur la joue.

Ils restèrent ainsi un petit moment. Avant que l'homme ne se contorsionne et actionne les stores électriques. Laissant place à un soleil éclatant qui leur arrivait directement dessus. Il passait sa main dans ses cheveux épais, venant masser sa nuque de temps en temps. Il la sentit se détendre, devenir de plus en plus lourde. Il tendit l'oreille. Quel était ce bruit ? Son souffle était-il saccadé ? Grognait-elle ? Il vint placer son oreille contre sa joue. Le sourire aux lèvres, il se redressa. Elle ronronnait, il ne voyait pas d'autres explications !

Vers 11 h 30, elle sortit de la salle de bains. Fraiche et dispo. Souriante. De la veille, elle ne gardait pas de traces, si ce n'est un teint un peu plus pâle que d'habitude. Avachi dans le canapé, il la regarda venir jusqu'à lui. Ravissante dans son jean sombre et son pull bleu pale. Elle tapota sa jambe pour qu'il la pousse et vint s'assoir à ses côtés. Elle fixa son regard au sien, un petit moment. Les sourcils froncés, réfléchissant. « C'est vraiment dommage que vous ayez fait le dégouté. J'avais vraiment envie de... » Ses sourcils s'arquèrent et elle se releva.

« Vous vouliez vraiment... » Il paraissait incrédule, avant de se ressaisir. « Vous vous moquez de moi, c'est pas très gentil, Dr Cuddy. » Moralisa-t-il en secouant son index de droite et de gauche.

« Pourtant, si vous saviez. Toute cette douceur... Ça faisait bien longtemps que je ne mettais pas senti aussi bien. Croyez-moi, j'aurais bien continué sur cette voie. » Elle se retourna et se dirigea vers sa chambre.

« C'est... C'est remédiable ! Vous sortez de la douche, j'y suis allé également. Pourquoi ne pas... » Il l'avait rattrapée, entourée de ses bras. La bouche dans son cou, tout près de son oreille, il avait murmuré ces dernières paroles.

Elle se retourna, lui faisant face, mais ne se dégagea pas de son étreinte. « Ce genre de choses, c'est sur le moment, ça ne se planifie pas. » Elle se mit sur les pointes de pied et déposa un baiser sur le bout de son nez, sur ses lèvres et fila dans sa chambre, le portable à la main.

Il inspira profondément avant de relâcher une bruyante respiration. Les poings serrés, il s'en revint au canapé. Non seulement il avait manqué deux occasions en moins de douze heures, mais en plus elle se jouait de lui. Il grogna. Cette femme était le diable en personne. Et lui, totalement à sa merci.

Le cœur battant, elle s'adossa à la porte. Elle avait envie de lui. Tellement que ça en devenait douloureux. Elle avait besoin qu'il la touche, partout. Qu'il prenne possession de son corps, totalement. Mais, avant cela, elle comptait bien lui faire payer ses états d'âme matinaux… Et nocturnes. Deux fois de suite qu'il la repoussait. Pourtant, elle savait qu'elle lui plaisait, qu'il en avait envie lui aussi. Elle avait pu le sentir. La veille il l'avait repoussée alors qu'elle bouillait littéralement d'excitation. Mais pour cela, elle lui en était reconnaissante. Elle le voulait, mais en pleine possession de tous ses moyens. Par contre ce matin... Elle en avait tellement envie, besoin. Le souvenir même la troubla. Elle ferma les yeux, prenant de profondes expirations. La journée risquait d'être longue.

« Qu'est ce qu'on fait ce soir ? » Demanda-t-elle en enroulant ses spaghettis autour de la fourchette.

« Une idée derrière la tête ? »

« Non, pas spécialement. Et puis vous monopolisez le guide... » Sourit-elle.

« Je suis sûr que vous êtes le genre de femme à tomber en pâmoison devant les comédies musicales. » La taquina-t-il, un verre de vin rouge à la main.

« J'aime bien ça, en effet. »

« Vous 'aimez bien' ça ? » Il mima les guillemets. « Comme les autres, vous tueriez pour aller voir Billy Elliot se trémousser. »

Elle rit. « Actuellement, j'irais plutôt voir le Roi Lion. Il paraît que c'est grandiose, vraiment magique. »

Des étoiles semblaient briller dans ses yeux. Il sourit intérieurement. « Ça tombe bien. On va le voir ce soir. » Il avait prononcé ces mots sur un ton tout à fait détaché, mais espérait réellement qu'elle serait enthousiasmée.

« Ahaha, très drôle. » Elle secoua la tête de gauche à droite. « Des blagues comme celle-là, vous en avez encore beaucoup ? »

« Ce n'est pas une blague. » Il commençait à regretter son offre. Il ne s'attendait vraiment pas à ce qu'elle lui rie au nez.

« Vous savez combien de temps à l'avance il faut réserver ?! On ne trouvera jamais de billets pour la représentation de ce soir. »

Il sortit une enveloppe de sa poche. « Vous avez raison, on n'en aurait jamais trouvé. Heureusement, j'ai mon réseau parallèle. » Suspicieuse, elle l'observa quelques instants. Avant de lui sauter au cou et de le remercier comme il se devait.