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CHAPITRE IX
En entrant dans leur chambre d'hôtel, il fut accueilli par une multitude de poches posées sur la table basse. Une représentation de toutes les grandes enseignes de la mode: H&M, Gap, Topshop, Zara, Harrods... Elle avait bel et bien écumé Oxford Street, pas de doute possible ! Il entendait l'eau couler dans la salle de bains, profitant de son absence, il jeta un œil à ses emplettes. Un manteau, des jupes, quelques hauts comme elle portait au travail. Une robe de soirée, intéressant. Et des sous-vêtements. Il lança un regard inquiet à la porte menant à la salle d'eau, écoutant attentivement la douche fonctionner avant de se décider à approfondir son inspection. Il s'assit confortablement sur le sofa, la poche entre les jambes. Il retira le premier item. Un soutien-gorge rouge. Il adorait cette couleur sur elle, ça lui donnait un air diaboliquement sexy. Il trouva un boxer et un string assorti, qu'il posa à côté de lui. Il trouva ensuite une nuisette satinée bleu pâle, il la mit avec les autres habits. Un lot de chaussettes multicolores, inintéressant à souhait. Et... un ensemble noir : soutien gorge, culotte qu'il devinait être plutôt transparente. Ainsi qu'un porte-jarretelle et des bas. Un regard approbateur dans la direction de la salle de bain et son cerveau se mettait déjà en ébullition.
Il l'imaginait rentrer d'une journée de travail. Assis comme il l'était sur le canapé, il la regardait s'approcher. Son déhanchement, ses talons hauts. Un fond de musique jazzy. Elle montait debout sur la table basse, juste devant lui. Commençait à déboutonner son chemisier blanc, ondulant en douceur, révélant ce soutien-gorge de dentelle. Lentement, elle faisait glisser les manches le long de ses bras si doux, jusqu'à ce que l'étoffe se retrouve au sol. Levant les bras, passant les mains dans ses cheveux lâches, elle se mit à pivoter. Ne cessant jamais de remuer hanches et bassin. De dos, elle le regarda par-dessus son épaule. Mordillant sa lèvre alors qu'elle descendait la fermeture de sa jupe. Pour ensuite glisser ses propres mains le long de son corps si parfait, faisant descendre son tailleur. Se baissant jusqu'à toucher le sol, lui offrant une vue sur ses fesses partiellement couvertes. Remontant ses boucles, elle reprit une danse lascive avant de se tourner vers lui. Ses talons venant parfaire sa tenue. Elle posa alors ses mains sur sa poitrine, les glissant lentement, très lentement vers son dos. Pour enfin dégrafer la pièce de tissu, laissant les bretelles...
C'est la C'est la C'est la salsa du démon...
Salsa du démon !
Il sursauta, jetant les habits dans leur emballage originel. Rouge de honte, une main recouvrant le signe d'une certaine excitation, il cherchait furieusement des yeux ce qui venait interrompre sa douce rêverie. Paniqué à l'idée qu'elle puisse le surprendre ainsi. Avant qu'il ne comprenne que ce n'était que le téléphone portable de la doyenne. Il relâcha sa respiration, passa une main sur son visage. Il l'avait échappé belle. La sonnerie retentit de nouveau. Il attrapa son sac à main resté au pied du sofa et en retira la machine hurlante. « Mother » pouvait-il lire. Il sourit tout en se dirigeant vers la porte toujours fermée. Il frappa, l'appela. Elle ne semblait pas l'entendre. Ou l'ignorait tout simplement.
Il posa alors la main sur la clenche et l'abaissa doucement. La porte céda, lui permettant de pénétrer dans la pièce embuée. Il allait l'appeler, lui signifier les coups de téléphone insistant quand la vue devant lui capta toute son attention. De profil par rapport à lui, elle se lavait les cheveux. La position de ses bras, la courbure de son dos, lui offraient une vue imprenable sur sa poitrine. Elle se retourna avec grâce, mettant sa tête sous le jet. Il la vit s'étirer la nuque, de droite, de gauche, en avant, en arrière. Puis elle se courba légèrement, laissant l'eau travailler sur ses muscles tendus. Il la vit porter une main à son épaule droite et se la masser. La culpabilité naquit de nouveau. Était-il la cause de tout ce stress ? Il avait envie d'entrer dans la cabine derrière elle pour la masser lui même. Lui permettre de se détendre, enfin. D'oublier tous ses tracas. Il le lui devait bien. Cependant, il n'était pas sûr que ce soit la technique idéale pour qu'elle se relaxe. Résigné, il sortit de la salle d'eau.
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Oui, je suis Belzébuth !
Je suis un bouc, je suis en rut !
Elle le regarda amuser. « Ma mère a appelé ? »
« 6 fois. J'adore la sonnerie que vous lui avez consacrée. »
« Je sens une pointe de jalousie dans vos dires. » Elle se pencha vers lui pour récupérer son téléphone, le gratifiant d'un baiser au passage. « Je peux vous mettre la même, si vous y tenez tant. »
« Non, non, la mienne me convient amplement. » Il la regarda fourrer l'appareil de nouveau dans son sac à main, avant qu'elle ne se dirige vers sa chambre. « Vous ne la rappelez pas ? »
« Non, ça ne doit pas être important. Elle attendra qu'on rentre. »
« Elle vous a appelé 6 fois ! » Lui rappela-t-il, surpris par son attitude détachée. Tout House qu'il était, après le 3ème appel de ce genre, il daignait rappeler… Dans la plupart des cas.
« Elle a déjà fait pire. » Elle haussa les épaules.
« Ça ne vous inquiète pas ? » Même lui se sentait concerné par les tentatives désespérées de mère Cuddy.
« Elle doit juste vouloir me dire que ma sœur a accouché d'un parfait petit bébé. Qu'ils sont tous très heureux, très fiers d'elle. Je n'ai pas envie d'entendre cela maintenant. » Elle ne chercha pas à dissimuler sa tristesse. Il ne put que la regarder disparaître dans sa chambre, se demandant si une simple comédie musicale suffirait à lui remonter le moral. À ce moment, ses yeux se posèrent sur la multitude de sacs. Son besoin compulsif de combler un vide tout en, et c'est là que reposait toute l'ironie de la situation, dévalisant son compte en banque.
Avant qu'il n'ait eu le temps d'y penser à deux fois, il frappait à sa porte. « Ouvrez-moi ! »
« Je suis nue ! » Répondit-elle, la voix chevrotante.
« Raison de plus ! » Il avait dit cela pour la forme. À cet instant précis, il n'avait aucune pensée déviante, bien au contraire.
Le loquet tourna, il entra. De dos par rapport à lui, elle s'évertuait à sécher ses larmes. Il avança jusqu'à elle, l'enveloppant de ses bras, reposant son menton sur son épaule. « Ne me dites pas que vous enviez les 5 h qu'elle vient de passer à crier, les vergetures à vie sur son ventre, ses fesses, ses seins et même ses cuisses. Son périnée déformé et son incapacité à avoir des rapports sexuels pendant les prochains mois ! »
Elle laissa échapper un gloussement face à sa tentative maladroite de réconfort. Avant de se mettre à pleurer de plus belle. « Allez, venez là. » Il la fit pivoter, nichant son visage dans son cou, frottant son dos dans de grands mouvements apaisants. « Vous avez encore du temps pour nous faire un mouflet. Ne vous tracassez pas. »
Elle s'accrocha à son t-shirt, reniflant de temps en temps. Elle devait avouer que le simple fait d'être près de lui, lui était d'un grand réconfort. Tout comme ses mains qui pressaient les muscles tendus de sa nuque. Elle se laissa guider jusqu'au lit où elle s'assit, le diagnosticien derrière elle. Il remonta jusqu'à son scalp, passant ses ongles dans sa chevelure épaisse avant de redescendre le long de sa peau douce et parfumée. Il joint ses mains sur son abdomen et relâcha quelque peu la ceinture de son peignoir, le faisant glisser plus bas dans son dos, mais ne découvrant pas son buste. Il voulait qu'elle se détende, pas qu'elle se sente manipulée.
Il posa ses lèvres sur une de ses épaules dénudées alors que ses mains ne cessaient jamais de travailler. Lui arrachant quelques soupirs. Petit à petit, elle glissa vers une position allongée. À plat ventre, sa pudeur conservée, il put faire descendre la pièce de coton jusqu'à l'orée de son derrière. Sur le chevet, il attrapa son pot de crème hydratante, s'en servant comme huile. Rapidement les sanglots s'étaient estompés, faisant place à un réel bien-être.
Quand il la sentit tout à fait détendue, il arrêta. Elle tourna la tête vers lui, les yeux suppliant. Il sourit en se penchant sur elle, l'embrassant avec tendresse. Il sentit une main se faufiler entre leurs deux corps et le peignoir reprendre sa place alors qu'elle roulait sur le dos. L'entrainant avec elle, sur elle. Ils continuèrent à s'embrasser, à se caresser un petit moment. Il la savait fragile, il la sentait réservée, il ne tenta rien de plus. Quand ils glissèrent sur le côté, il lui asséna une claque bruyante, plus que douloureuse, sur les fesses. « Préparez-vous, je n'ai pas obtenu ces places pour rien ! Je vous ferais hurler plus tard, faites-moi confiance. » Un clin d'œil et il se redressait. Il sut lire une certaine gratitude dans son regard. Il était parfois bon d'être un gentleman.
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Enchantés, ils sortirent du théâtre avec le sourire. Le spectacle avait été grandiose. Le temps cependant l'était moins. Une pluie drue tombait et l'air s'était considérablement rafraichi. Ne portant qu'une robe sous son manteau, elle grelottait déjà. Il la prit par les épaules, la serrant contre son corps. Les tremblements s'apaisèrent rapidement. Blottis sous le parapluie, ils marchaient à une allure relativement vive. « Vous savez où on va ? » Demanda-t-elle quand elle eut l'impression de passer pour la troisième fois d'affilée au même endroit.
« Je sais lire un plan, moi, Madame. » Dit-il, hautain. Il reçut une petite tape sur l'arrière du crâne qui le fit sourire d'autant plus.
« Où va... » Elle se tut en voyant les grandes enseignes lumineuses, la place grouillante de monde. Elle tournait la tête frénétiquement, trop de choses à regarder, elle était submergée. « C'est... » Commença-t-elle avant de se retourner.
« C'est ? » Il était amusé par sa réaction. Il pouvait voir dans ses yeux tout son émerveillement, toute sa candeur.
« C'est impressionnant. » Souffla-t-elle finalement. Elle se colla à lui, reprenant conscience de la pluie. À l'abri, elle en profita pour observer Oxford Circus.
« Qu'est ce que ce sera quand vous irez à Times Square ! » Elle lui offrit un sourire avant qu'un flash ne vienne l'éblouir. Il cligna plusieurs fois des yeux, des points jaunes venant troubler sa vue. « Ce n'est pas bientôt fini, oui ?! » Râla-t-il. Il la laissa faire quelques photos de la place ainsi que l' « underground » avant de lui prendre l'appareil des mains. « Mettez-vous là. » Ordonna-t-il afin de la prendre sous les panneaux publicitaires.
Quelques photos plus tard, ils entraient dans une boutique de souvenirs. La jeune femme choisit quelques cartes postales alors que l'homme retournait le magasin, s'extasiant devant toutes les camelotes possibles et imaginables. « Extra ! » Gloussa-t-il en arborant fièrement un set de salières en forme de bus à étage. « ' Va falloir que je me fasse inviter à manger chez Wilson pour les étrenner. »
« Parce que vous avez besoin de ça ? »
Il lui tira la langue avant de reposer une babiole sur son présentoir. « Je voulais vous faire un cadeau, mais comme vous êtes méchante, tant pis pour vous ! » Il prit un air vexé et continua son exploration dans le bric-à-brac.
Elle s'approcha de lui, le prenant par le bras. « Vous vouliez me faire un cadeau ? » Elle sortit ses yeux de cocker et sa plus jolie moue.
« Vous savez que c'est impossible de vous résister, ainsi ?! » Il revint sur ses pas, fit tourner le présentoir avant de lui tendre une paire de boucles d'oreilles.
La tête en arrière, elle éclata de rire. « Il fallait y penser ! » Elle porta les boucles pendantes à hauteur de ses oreilles, admirant son reflet dans une vitre.
« Elles vous vont à ravir. Qui aurait cru que Big ben vous sciait si bien au teint. » Ils se dirigèrent vers le comptoir, réglèrent leurs présents et sortirent, rigolant tant et plus.
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Ils commencèrent à marcher, sans but précis. Toujours serrés l'un contre l'autre, sous l'étroit parapluie. Le diagnosticien venait d'en acheter un rappelant tous les monuments de la ville, mais ne semblait pas vouloir le sortir. La directrice ne s'en plaignait pas, trop heureuse d'être dans ses bras. Son ventre, lui, par contre, protesta, vigoureusement, contre l'absence de nourriture. L'homme s'arrêta, sortant le plan de sa poche. Il l'inspecta quelques instants, puis lui demanda en relevant la tête : « Chinois, ça vous dit ? »
La jeune femme acquiesça, ils se remirent en route. Il ne leur fallut pas longtemps pour arriver à China Town. La porte en forme de pagode, l'effervescence du lieu, les lampions rouges accrochés un peu partout, tout cela les transporta loin, très loin. Ils se retournèrent en même temps, surpris et émerveillés par un dépaysement si rapide. D'un côté de l'arche, Londres, capitale de la Grande-Bretagne, ville occidentale avec ses pubs, ses taxis noirs, ses panneaux publicitaires. Sa morosité et sa grisaille. De l'autre côté, l'Asie, la Chine. Fourmillante, grouillante, colorée.
Ils se faufilèrent dans les artères bondées, s'approchant des restaurants. Au bout de quelques centaines de mètres, ils en trouvèrent un avec quelques tables de vide. Ils furent chaleureusement accueillis et rapidement placés. L'homme la guida dans le choix du mets le plus adéquat, elle resta en pâmoison devant lui. Tant de savoir, tellement de connaissances. Elle avait l'impression de ne pas lui arriver à la cheville. Elle avait toujours eu ce sentiment, ce qui la motivait à apprendre toujours plus, à s'intéresser à tout. À être la meilleure, dans beaucoup de domaines.
Leur repas leur fut servi et ils papotèrent. De tout et de rien. Avec une facilité et une spontanéité déconcertantes. Quelques mots échangés sur la comédie musicale, et pris par leur repas, ils se turent. Le silence ne dura pas longtemps, cependant. Pas qu'il les mettait mal à l'aise. Non, loin de là. Mais la jeune femme avait quelque chose à dire. Elle se racla la gorge, se donnant contenance et assurance. « Je... Je voulais m'excuser pour mon comportement d'hier soir. Je... Je n'aurais pas dû tant boire. Je suis vraiment désolée. » Elle avait tenu à lui dire cela tout en le regardant dans les yeux, lui prouvant la sincérité de ses paroles. Cependant, elle eut beaucoup de mal à cacher son anxiété face à la situation, tortillant la chaine de son collier entre ses doigts.
Il rit, la déconcertant un peu plus. Tourmentée, elle tira un peu trop fort et la cordelette d'or rompit. Faisant choir la perle dans son assiette de soupe. Cette fois, il éclata franchement de rire. Puis se calma subitement, voyant l'air abattu de sa compagne de table. « Mais ne faites pas cette tête, Cuddy, ce n'est qu'un collier. » Il attrapa la chainette. « C'est le fermoir qui a lâché. Amenez-la chez un bijoutier et il vous réparera tout ça en moins de deux. » Il lui rendit le bijou, qu'elle glissa dans son sac à main. Il attendit qu'elle se relève, que leurs yeux se croisent pour continuer. « Quant à hier soir, vous n'avez vraiment pas à être désolée. J'ai passé un excellent moment. Vous avez ri, j'ai ri, pas de quoi s'excuser. »
« Certes... » Elle baissa de nouveau la tête, réfléchissant, choisissant ses mots avec précaution. « Et pour ce qui est... »
« De votre petit côté nymphomane ?! » Continua-t-il avec le sourire. « Croyez-moi, vous êtes toute pardonnée. »
« Je ne voudrais pas que vous pensiez que... » Les yeux rivés sur son potage désormais tiède, elle ne pouvait s'empêcher de ressentir une certaine gêne. Elle avait réussi à faire abstraction de ce sentiment durant toute la journée, mais là, seule, face à lui, elle ne pouvait plus. Elle se devait de mettre les choses au clair.
« Que vous êtes une fille facile ? Ça ne me dérange pas, bien au contraire. » Dit-il en plaisantant. « Ou encore de penser que vous en voulez à mon corps ? Là encore, je n'ai pas le moindre souci. À moins que vous refusiez d'assumer cette envie. » Il était tout à coup redevenu sérieux. La fixant, tentant de lire en elle.
« Je... Enfin... Comment dire... » Elle bafouillait, et ça l'énervait. D'autant plus qu'elle ne voyait aucun signe d'amusement chez l'homme assis en face d'elle. Elle prit une profonde inspiration. « Vous me plaisez, House. Beaucoup. Et pas seulement physiquement... » Elle relâcha son souffle. Voilà, c'était dit. Advienne que pourra.
C'était exactement ce qu'il voulait entendre, ce dont il avait besoin pour se sentir rassuré. Pour s'autoriser à laisser se développer certains sentiments. Ils savaient qu'ils étaient là, enfouis quelque part. Cependant, il était encore trop peu sûr de lui, d'eux pour s'aventurer dans une quelconque déclaration. Elle lui plaisait, il le savait. C'était un fait. Il se rendit compte qu'il ne pouvait pas ne pas répliquer à ses paroles. Aussi, il se redressa, se penchant par-dessus la table afin de l'embrasser tendrement. Un baiser léger, du bout des lèvres.
Les yeux fermés, le fantôme de sa bouche sur la sienne, elle se laissa reposer sur le dossier de la chaise. Un soupir, et doucement elle rouvrit les yeux. Elle était une femme qui se contentait de peu. Peut-être était-ce dû au fait qu'elle avait rarement eu des relations sérieuses. Peut-être était-elle comme ça, tout simplement. Toujours était-il que ce baiser, ce simple petit baiser valait plus à ses yeux qu'une grande déclaration d'amour. Dans le silence, elle attaqua le plat que le serveur venait de leur amener.
Quelques bouchées plus tard, il sentit le besoin de revenir sur les événements de la veille, encore une fois. « Cu..., Lisa, vous permettez que je vous appelle Lisa ? » Lui demanda-t-il, sérieusement.
Elle lui sourit. « C'est bien mon prénom, je crois. »
Il lui rendit son sourire. « Lisa, vous savez, j'ai passé une excellente soirée, hier soir. » Il fit une pause, ces quelques mots lui avaient déjà beaucoup couté. Et ce n'était rien comparer à ceux qui allaient suivre. Mais il voulait les lui dire, lui faire comprendre ce qu'il ressentait vraiment. Elle avait été honnête avec lui, il se devait de l'être envers elle. « Et pas seulement parce que vous avez essayé de me violer. » Un petit rire, pour détendre l'atmosphère. « Vous étiez... si libre, si insouciante. Si loin de tout ce que vous êtes au quotidien. » Il retint son souffle. « J'apprécie énormément qui vous êtes, en temps normal. Mais j'aime aussi lorsque vous vous laissez aller, que vous partagiez ce petit grain de folie avec moi. Je sais que vous êtes tout cela à la fois. C'est ce qui fait de vous une personne si riche et si intéressante. »
Elle rougit. Flattée, touchée, émue aussi. « Je pense que vous me connaissez suffisamment pour savoir qui je suis. J'aime rire, j'aime m'amuser. C'est peut-être aussi pour cela que j'apprécie autant votre compagnie. Mon travail accapare une grande place dans ma vie. Et, hier soir, j'ai oublié tout cela. Merci. » Elle le regarda dans les yeux. « Merci. Vraiment. Si vous n'aviez pas été là, jamais je ne me serais permis de boire. Je savais que vous me protégeriez s'il m'arrivait quoi que ce soit. J'étais en confiance. Et ça m'a vraiment fait beaucoup de bien. »
Ce fut son tour de baisser la tête. Rares étaient les personnes qui avaient confiance en lui. Il savait pourquoi. Mais le fait qu'elle le fasse, qu'elle ait placé sa vie, sa dignité du moins entre ses mains était très troublant pour lui. Soudain, il se sentait aimé, à sa juste valeur. Il sut à ce moment-là qu'il avait pris la bonne décision. Il sut aussi que ce soir, quand il se coucherait, seul, il ne le regretterait pas. Il avait gagné sa confiance, son amour et il ferait tout pour les préserver. Il ne voulait pas tout foutre en l'air, pas cette fois. Elle était bien trop importante à ses yeux.
