CHAPITRE XII
Une fois dans le taxi, ils n'avaient plus échangé un mot. Elle était montée la première et s'était accolée à la vitre, qu'elle ne lâchait plus des yeux. La jeune femme semblait encore furieuse suite à leur petit incident. Enfin, petit aux yeux du diagnosticien. Petit parce qu'il se savait à un océan de son lieu de travail. Petit parce qu'il savait donc qu'aucun d'eux n'en souffrirait, ni à leur retour, ni jamais. Petit parce même si la photo ne laissait aucun doute quant à leur activité, leur pudeur restait intacte. Il sourit, une chance qu'ils aient gardé leurs manteaux, surtout elle...
La directrice fumait littéralement de colère. Comment avait-elle pu se laisser entrainer là-dedans ? Comment avait-elle pu se laisser convaincre ? Renoncer si facilement à ses principes et sa dignité ? Elle aurait bien voulu sortir les photographies de son sac, les regarder encore une fois. Pour savoir ce que les autres avaient pu voir, rien de plus. Elle ferma les yeux quelques instants, essayant de se calmer. Une image surgit devant ses paupières closes. Eux, en train de faire l'amour. La tête rejetée en arrière, les yeux fermés, la bouche entrouverte, elle laissait échapper un soupir de contentement. Lui, la regardait avec une certaine lueur, sourire aux lèvres. Elle ne se souvenait pas du reste de la photo. Seuls ces souvenirs lui importaient. Ce bonheur, cette magie, presque, qu'ils avaient partagés. Elle se rendit compte qu'elle ne regrettait rien, bien au contraire.
Elle inspira. Ils étaient loin, très loin de Princeton. Elle avait récupéré les trois clichés sur lesquels ils apparaissaient. Avait graissé la patte de l'hôtesse qui avait effacé les photos du disque dur de son ordinateur. Elle n'avait plus rien à craindre. Plus qu'à profiter. Elle tourna la tête vers son amant, un peu inquiète. Il regardait à travers la vitre opposée. Elle glissa sur le siège, s'approchant de lui. Il ne semblait pas remarquer son mouvement. Elle avança un peu plus, jusqu'à ce que leurs deux corps soient côte à côte. Après un instant d'hésitation, elle posa une main sur sa cuisse, et sa tête sur son épaule.
« On ne fait plus la tête ? » L'accueillit une voix taquine. L'homme la repoussa, afin de passer son bras autour de ses épaules. Pour ensuite la serrer contre lui. « Là, on est confortable ? » Continua-t-il à se moquer gentiment. C'est alors qu'il croisa une paire d'yeux bleus. Il s'y accrocha, s'y perdit, complètement. Cette tendresse, cette douceur, cet... amour ? Avant qu'il n'ait pu penser, analyser son geste, il avait porté sa main au visage de sa compagne. Caressant ses joues fraiches et douces. Ne décrochant toujours pas leurs regards. Petit à petit, ses doigts glissèrent le long de sa mâchoire fine, se retrouvant dans son cou gracieux. Les doigts s'ouvrirent, la main se posa à plat dans ce cou si chaud. Et l'attira à lui. Pour unir avec délicatesse leurs lèvres.
Le baiser s'intensifia en un temps record. Leurs langues s'emmêlèrent, se caressèrent. Leurs mains se baladèrent, sur le corps l'un de l'autre. Ils en avaient totalement oublié où ils étaient. Un coup de frein un peu brusque les ramena à la réalité. La doyenne s'empressa de tendre les billets au chauffeur et de suivre son amant à l'intérieur. Arrivés dans l'ascenseur, l'homme la plaqua contre la paroi, reprenant d'assaut ses lèvres. Passionnément, un peu brusquement. Pressant davantage son corps contre le mur, il l'attrapa par l'arrière du genou, lui faisant relever la jambe jusqu'à sa taille. Caressant, pétrissant sa cuisse, ses fesses.
Pas le temps de protester, les portes s'ouvraient. Ils parcoururent le hall à la hâte. Si tôt entrés dans leur suite, il posa ses deux mains dans son cou et l'embrassa. Toujours aussi passionnément. Il fit descendre ses mains jusqu'à ses épaules et chassa son manteau. La pièce de laine ôtée, il s'attaqua à son chemisier. Deux mains sur les siennes l'interrompirent. « On a toute la nuit devant nous... » Murmura la jeune femme d'un air coquin.
Elle retira le manteau de son amant, l'accrocha à la patère. Elle se baissa, lui offrant intentionnellement une vue sur ses fesses arrondies, ramassa son duffel-coat et l'accrocha. Elle se tourna vers le diagnosticien. Un sourire aux lèvres, elle lui tendit la main et le guida jusqu'à sa chambre. Elle le fit assoir sur le bord du lit, restant debout entre ses jambes. Ainsi, ils étaient à la même hauteur.
Elle caressa ses joues barbues, s'amusant de cette sensation de picotement sous ses doigts. Elle parcourut ses lèvres fines de ses index, laissant l'homme les aspirer, les mordiller. Elle traça l'arête de son nez, avant d'y déposer un baiser. Glissant sa bouche de plus en plus bas. Trouvant enfin la sienne dans un soupir mutuel. L'homme l'attrapa par les hanches et la plaqua contre son torse. Il pressa ses fesses avant de remonter ses mains le long de son dos. Arrivé à sa nuque, il inclina légèrement la tête de sa compagne et intensifia le baiser.
Rapidement le chemisier tomba au sol, suivit de près par la chemise de l'homme. Ce dernier rompit quelques instants leur embrassade afin d'admirer la beauté qui se trouvait devant lui. Un hochement de tête approbatif, et il plongeait dans son cou. L'embrassant, la mordillant. Suçotant parfois cette peau fine. Avant de descendre, enfin, vers la terre promise. Multitâche, il réussit à lui retirer sa jupe en même temps. Ravi de pouvoir enfin caresser ses fesses à demi nues.
Il protesta, vigoureusement, quand elle recula et se dirigea vers l'autre bout de la pièce. Il se laissa choir sur le lit. Après tout, il y avait plus désagréable comme spectacle que Lisa Cuddy uniquement en petite culotte à dentelle. Quand il la vit revenir, il se redressa, l'invitant à reprendre sa place entre ses jambes. Ce qu'elle fit. Pour ensuite se laisser glisser jusqu'au sol, déboutonnant son pantalon, le mettant à nu.
Il eut un sursaut de lucidité, comprenant qu'elle allait se retrouver nez à nez avec sa cicatrice. Il voulut maintenir le pantalon en place, mais il était déjà autour de ses chevilles. Il posa alors sa main sur la balafre. La jeune femme, occupée à le dévêtir, ne se rendit pas compte de suite de sa gène. Ce n'est que quand elle vit un mini-Greg un peu faiblard et la main de son propriétaire qu'elle comprit. Elle lui lança un regard encourageant, rassurant. Avant d'embrasser son nouveau partenaire de jeu. En quelques coups de langue habiles, il avait retrouvé sa vigueur toute masculine. Elle continua à le contenter de sa bouche, ravie par ses gémissements. Elle l'aida à enfiler le manteau de latex et se redressa.
Elle fut happée par deux mains puissantes la projetant sur le lit. Elle arrêta brusquement de rire quand l'homme grimpa sur le lit à son tour. Avançant en rampant vers elle, il avait quelque chose de félin qui l'excitait terriblement. Elle avait l'impression de n'être plus qu'une petite souris prise au piège, prête à être dévorée. C'est ce qu'elle fut. Dévorée de baisers. Le diagnosticien profita de sa position pour lui retirer son dernier vêtement. A cheval sur elle, il la regardait intensément, essayant de deviner ses pensées. Elle, se mordait les lèvres, anticipant ce qui allait se passer.
« Non ! » Blâma-t-elle quand il se redressa, frustrée. Pour mieux gémir quelques secondes plus tard, quand il s'accroupit entre ses jambes. Elle avait toujours aimé l'écouter parler, argumenter. Mais là, elle devait bien avouer qu'elle trouvait cette nouvelle façon de se servir de sa bouche tout à son goût. De loin, celle qu'elle préférait.
« Mmhh. » Soupira-t-elle de bonheur alors qu'ils ne firent plus qu'un. Elle passa ses deux bras autour de son cou, l'attirant à elle. L'embrassant, le cajolant. Elle lui laissa imposer le rythme, vif et rapide, se contentant de profiter du moment, de lui. Notant chaque détail, chacun de ses mouvements, de ses soupirs. Comme si ça devait être la dernière fois. Elle avait attendu ce moment depuis si longtemps.
Il poussa la mèche de cheveux qui lui chatouillait le visage, déposa encore un baiser dans le cou de la jeune femme. Il ne se lassait pas de l'embrasser, de la toucher. De l'avoir près de lui. Il avait très longtemps espéré ce moment, l'avoir à lui, pour lui. Et c'était enfin le cas. Il inspira profondément, humant le doux effluve de son corps, de ses cheveux. Il ne s'était pas senti aussi bien avec qui que ce soit depuis... Stacy. Il se demandait s'il avait alors ressenti ce bonheur, cette communion. Parce que même s'il avait aimé l'avocate, jamais il ne s'était senti en aussi parfaite osmose qu'à ce moment-là. Il posa une nouvelle fois ses lèvres sur l'épaule nue contre laquelle il reposait. Il ferma les yeux et se laissa entrainer par la respiration lente et régulière à côté de lui, s'y calquant. S'endormant, enfin, paisiblement.
