Bonjour ! Désolée pour le retard, mais ce chapitre a nécessité beaucoup de correction... Arienlys et Leikkona ont beaucoup travaillé pour le rendre présentable et je les en remercie. Elles-mêmes ont leurs propres projets donc elles n'ont pas que ça à faire ;)

J'en suis pas très fière mais j'espère qu'il vous plaira quand même !


Réponses aux reviews:

Zororonoa-kun : Je suis contente que tu accroches avec le domaine de la psycho ! Peut-être que je vais faire des adeptes avec cette fiction =p C'est vrai que voir ces deux-là séparés n'est pas courant et ça m'a d'ailleurs posé quelques problèmes mais je n'en dis pas plus ! Oui Ichigo a du répondant, je l'aime bien avec son caractère =) en effet pour Gin tes infos sont justes, je ne te spoil pas la fin mais ça c'est un peu près passé comme ça! J'espère que la suite de l'histoire te plaira et merci d'avoir pris le temps de commenter.

fannymangahits : Voilà tes yeux vont pouvoir se reposer ^^ Merci pour ton enthousiasme en tout cas ça fait très plaisir et c'est vraiment motivant =) J'espère que ce chapitre ne te décevra pas... Merci encore pour tes reviews =)

Laura : Toi aussi c'est un de tes couples préférés ?! Heureuse de voir que les maladies t'ont fait rire ! Les prochains chapitres répondront sûrement à tes questions... Merci pour tes compliments et tes encouragements, j'espère que la suite te plaira et merci aussi d'avoir pris le temps de reviewer =)


Chapitre 4 : Faire connaissance

Le temps passait et tout se ressemblait les journées d' Ichigo étaient rythmées par les repas, son temps libre, mais aussi les groupes de parole et ses rendez-vous avec Urahara qui avaient lieu un fois par semaine. Le jeune homme aurait presque pu s'ennuyer à force de tourner en rond, mais c'était sans compter sur Shirosaki, qui depuis leur petite altercation s'était fait une mission de contrarier Ichigo le plus possible. Sa nouvelle devise aurait presque pu être « qui aime bien châtie bien ». Au cours des derniers jours, entre croche-pied et coup bas, il avait causé au jeune homme plus de bleus qu'il n'en avait eu en vingt-deux ans. Sans compter les petites « blagues ». A la fin d'un repas, Ichigo s'était laissé tenter par un yaourt et il n'avait fallu à Shirosaki que quelques secondes d'inattention de la part d' Ichigo pour échanger le sachet de sucre par du sel... Inutile de dire que la victime n'avait pas du tout apprécié. Le jeune homme avait quitté la table précipitamment retenant de justesse le coup qu'il désirait tellement porter au farceur.

La semaine suivante, il avait eu droit au ça fameux tour du « nouage de lacets ». Ichigo comme à son habitude était parti s'allonger dans le jardin, Shirosaki avait patiemment attendu que ce dernier s'endorme pour se rapprocher et nouer les cordons des chaussures entre eux. Une fois relevé, le résident avait fait une chute magistrale qui lui lassait encore quelques écorchures.

Après y avoir longuement réfléchit Ichigo arriva à la conclusion qu'il devait faire l'objet d'une sorte de bizutage. Il ne voyait pas d'autres explications à ces constantes brimades. Il s'était résolu à ignorer Shirosaki, mais plus le temps passait plus cela était dur. A chaque nouvelle « attaque » Ichigo se retenait de ne pas mettre un coup de poing à l'autre jeune homme. Il ne voulait pas passer pour quelqu'un de violent alors qu'il était là depuis seulement un mois, de plus Ishida avait été très clair sur les conséquences d'une altercation entre résidents et il n'avait aucune envie de tester la camisole ou l'isolement. Sa seule solution était d'éviter l'albinos, mais cela avait des limites, puisqu'ils étaient obligés de se croiser, notamment au moment des repas. C'est donc avec un magistral froncement de sourcil qu' Ichigo se dirigea vers la salle commune pour le déjeuner. La table en vue, il remarqua qu'il ne restait plus qu'une seule place libre, à droite de Shirosaki.

« Évidemment... » pensa t-il blasé

De son côté l'albinos ne comprenait pas pourquoi Ichigo semblait le détester de plus en plus alors qu'il lui portait autant d'attention. Dans sa logique s'il passait tellement de temps à imaginer de telles blagues et à provoquer Ichigo, il était évident que c'était parce qu'il voulait attirer son attention et passer du temps avec lui. Au font tout ce qu'il désirait c'était que l'autre résident le regarde. Alors pourquoi le jeune homme le fuyait-il de plus en plus ?

« Oi Ichigo j't'ai gardé une place à côté d'moi! »

Le jeune homme ne répondit rien et vint s'asseoir à table. Depuis sa partie de Wii avec Gin, il avait remarqué que les autres résidents changeaient progressivement de comportement. Depuis quelques jours ils n'hésitaient plus à lui parler ce qui lui faisait vraiment plaisir. Il n'en était pas au stade de s'en faire des amis, mais au moins il ne se sentait plus exclus.

Durant le repas il ignora Shirosaki le plus possible, préférant parler littérature avec la personne à sa droite, Kuchiki Byakuya, ce qui arrivé au dessert, avait prodigieusement énervé l'albinos.

Shirosaki fit alors la blague de trop. Lorsqu' Ichigo démoula son Flamby il passa son bras dans le dos du jeune homme et d'un franc mouvement de la main fit basculer sa tête en plein dans l'assiette. Sous le choc et le visage totalement recouvert de nourriture le patient se tourna vers Shirosaki, ayant encore du mal à réaliser ce qui venait de se passer.

« Tu t'intéresse enfin à moi ?! »

Ce fut la goutte d'eau qui fit déborder le vase. Ne pouvant plus se contrôler, Ichigo se releva brutalement et attrapa l'autre par le col de son t-shirt. Le sourire provocateur qu'affichait Shirosaki ne fit rien pour le calmer. Il finit par pousser violemment l'albinos, le faisant tomber lui et sa chaise bruyamment sur le sol. Après un dernier regard remplit de haine pour l'homme qui se trouvait à terre, Ichigo tourna les talons vers la cuisine avant de sortir dans le jardin pour se calmer.

Autour de la table l'ambiance était à couper au couteau, seul Gin laissa échapper un léger rire. De son point de vue la situation était assez amusante, il savait très bien que le but de l'albinos n'était pas de blesser le jeune homme, et voir tous les efforts de son ami se retournaient contre lui avait quelque chose d'amusant. Assurément les autres pensionnaires ne réagirent pas de la même manière.

Byakuya qui de par sa position s'était fait éclabousser par le dessert s'était contenté d'un regard dédaigneux envers le fauteur de troubles toujours à terre. A quelques jours de sa sortie il ne voulait pas s'attirer d'ennuis. Ulquiorra quant à lui se contenta de souffler, blasé par le comportement enfantin de Shirosaki, il se demandait parfois si c'était vraiment lui le plus jeune résident de l'unité. Quant aux autres soit l'incident ne les perturba pas soit ils ne firent aucune remarque particulière.

Shirosaki était encore sous le choc, pas de la violence avec laquelle Ichigo avait répondu à sa blague, mais du regard profondément blessé que lui avait lancé le jeune homme. Il se releva, ramassa sa chaise et se rassit à table, les yeux perdus dans le vide. Une main sur son épaule le sortit de sa rêverie. En tournant la tête il découvrit Kenpachi tout sourire. Le chef de la sécurité était apparemment ravi de voir de l'action. Après avoir averti Shirosaki que son comportement lui vaudrait un avertissement en plus d'être noté dans son dossier, l'homme retourna à son poste d'observation. L'attitude du patient le plus turbulent n'était pas assez grave pour l'envoyer dans le bureau du directeur, cependant s'il recevait encore deux avertissements il serait de nouveau envoyé en isolation. A cette pensée l'albinos ne put réprimer un frisson, décidant de pas y penser il retourna à sa propre mousse.

« Je sais pas ce que t'essaies de faire avec lui, mais c'est pas comme ça qu 'tu vas l'mettre dans ton lit ! » Intervint Gin, assit à la gauche de l'albinos.

« Qu'es-tu veux dire ? »

« Que ta technique du '' j'te fais chier pour te monter que j' t'aime bien'' ça marchera pas avec un mec comme lui. Ça aurait pu fonctionner avec quelqu'un comme moi... ou avec un gamin de maternelle, mais lui il est plus... sensible. »

« Tss n'importe quoi ! Il est juste fatigué... »

«...Bien sûr ! C'est vrai que pour le moment tes résultats sont formidables ! »

Il y eut un silence, Shirosaki réfléchissant à ce qui venait de lui être dit

« J 'fais comment alors s 't'es si malin ? »

« Tu lui parles. »

« J 'lui parle ? C 'tout ? »

« Oui. »

« 'Tain mais j 'sais pas faire ça moi ! » La remarqua avait été dite le plus sérieusement et silencieusement possible, aussi même si Gin l'avait entendu, il ne fit aucun commentaire et tous deux finirent leur repas en silence.

Shirosaki essaya à plusieurs reprises d'approcher Ichigo ce jour-là, cependant les regards de Kenpachi le refroidirent légèrement et il préféra attendre quelques jours, histoire de se faire un peu oublier, avant de tenter quoi que ce soit.

Ichigo s'était une nouvelle fois isolé dans le jardin. Il n'avait toujours pas digérer l'incident qui avait eu lieu plus tôt dans la semaine, comme pouvait en attester les brins d'herbes déchiquetés à côté de lui. Il avait beau essayer il n'arrivait vraiment pas à comprendre le comportement de Shirosaki. Tellement occupé à refaire la scène dans sa tête (en bien plus violente et ou l'albinos finissait à terre, en sang) Ichigo ne remarqua pas que ce dernier s'était assis à ses côtés. Le jeune homme dut tirer, gentiment, sur sa manche pour le faire redescendre sur Terre. En remarquant l'homme à ses côtés, le froncement de sourcil déjà bien présent sur le visage du roux s'accentua et tandis qu'il amorçait un mouvement pour se relever et s'éloigner, Shirosaki l'interrompit.

« Tiens » L'albinos tendis un éclair au chocolat à Ichigo

« Et c'est quoi cette fois t'as remplacé l 'chocolat par autre chose ? »

« Quoi ? Mais nan ! Même moi j'ai des limites ! Et puis c'est pour m ' faire pardonner... »

Le dernier mot avait à peine était chuchoté ce qui incita Ichigo à dévisager l'éclaire une bonne minute avant de le prendre. Même en main, il ne le goûta pas tout de suite, préférant le renifler au cas où. Il lança un regard vers Shirosaki, et remarqua la discrète teinte rose qu'avait prit ses joues. Ichigo devina qu'il ne devait pas être habitué à s'excuser et si le jeune albinos faisait un premier pas pour améliorer leur relation, il n'allait pas gâcher cette chance. Si une pâtisserie était tout ce qu'il fallait pour qu'il obtienne enfin la paix et qu'il puisse vivre tranquillement, il ne ferait pas faire la fine bouche. Ichigo finit donc par mordre dans l'éclair. Et après quelques bouchées...

« Mmmh » Le son attira l'œil de Shirosaki qui put admirer un Ichigo en plein orgasme culinaire.

Se sentant observé, le résident se tourna pour rencontrer le regard intense de l'albinos, avant que ce dernier ne se mette à rire de bon cœur.

« Qwa? » demanda Ichigo la bouche pleine

« T ' verrais ta tête ! On dirait qu' t'as pas bouffé d 'puis un mois ! En plus t 'bouffe comme un porc ! T'as du chocolat partout autour d 'la bouche.. jusque sur l 'nez ! »

Légèrement embarrassé Ichigo se passa le revers de la main sur le visage et s'essuya du mieux qu'il put.

« J 'suis content d 'voir qu 'mon cadeau t'a plu »

« Merci. »

Après ça les deux hommes restèrent un long moment assis dans l'herbe silencieux, se jugeant de temps en temps du regard, ne savant pas trop où se premier pas les mènerait. Ni si cela suffirait.

Ce fut un son strident qui ramena les deux résidents sur Terre. Il était quinze heures, Ichigo avait rendez-vous avec Urahara. Après être souvent arrivé en retard à ses premiers rendez-vous, le jeune homme avait demandé à son père de lui ramener sa vielle montre, qui faisait aussi réveil. Il se releva et s'apprêta à quitter son petit coin de paradis (car même s'il devait partager ce petit bout de terrain avec l'albinos, cette parcelle restait tout de même son endroit favoris). Il s'avançait déjà vers la porte-fenêtre quand Shirosaki le rattrapa.

« Pourquoi tu me suis ? »

« Ça va les ch 'villes Kurosaki ? J' te suis pas j' vais à mon rendez-vous avec l'autre psychopathe qui' m' sert de psy ! »

« Toi aussi ?! »

« Ouai, on dirait bien qu'on va s' faire triturer la tête en même temps... »

Le temps d'échanger ces quelques mots et les deux hommes arrivèrent devant les bureaux respectifs de leur psychologue. Après un petit coup à la porte, Ichigo vit cette dernière s'ouvrir pour laisser place à un blond qui n'était pas Kisuke. Shinji sortit du bureau de son amant le sourire aux lèvres et fit signe à l'albinos de le suivre pour leur propre rendez-vous.
Quleques secondes plus tard, Ichigo imita son homologue et suivit Urahara dans son bureau.


Quinze heures, bureau d' Urahara Kisuke

« Je comprend rien ! »

Urahara avait à peine eu le temps de refermer la porte qu' Ichigo était déjà bien confortablement installé dans son fauteuil, prêt à déballer tout ce qu'il avait sur le cœur. Et c'est bien ça qui étonna le plus le psychologue car durant leur rendez-vous, Ichigo n'était jamais bien loquace, certes il n'opposait aucune résistance, mais il n'était pas pour autant très conciliant.

Alors voir le jeune homme commencer la conversation et qui plus est de bon cœur déconcerta quelques peu Urahara, mais une fois le petit choc passé, l'homme ne put s'empêcher un sourire, il avait appris au cours de leurs séances ensemble que le jeune homme devant lui était pleins de surprise.

« Qu'est-ce que tu ne comprend pas Ichigo ? »

« Shirosaki ! »

« Évidemment... » pensa Kisuke

Ichigo avait passé la plus grande partie de ses séances à parler de l'autre pensionnaire, au grand désespoir du psychologue qui aurait bien aimé aborder des sujets plus sensibles comme la cause de son internement.

« Qu'est-ce qu'il s'est passé cette fois ? »

« Il a été sympa ! Même... presque gentil! C'est quoi son problème à ce mec, un jour il vous enfonce la tête dans un Flamby et trois jours après il vous offre un éclaire ! Franchement c'est déconcertant ! »

« Oui j'ai eu vent de l'incident et en effet j'imagine que- »

« Et c'est pas tout, le plus incroyable c'est qu' il s'est excusé ! »

Urahara eut du mal à réprimer son sourire devant l'enthousiasme du jeune homme. Il s'était déjà fait la réflexion lors de la séance précédente, mais maintenant il en était sûr : Ichigo aimait détester Shirosaki. Le jeune homme se rendait-il compte de son intérêt pour l'autre? Il n'en était pas certain mais les prochains entretiens lui donneraient sûrement la réponse.

« Et bien tant mieux s'il s'est excusé, cela doit probablement te faire plaisir de voir que tout s'arrange... Comment ça se passe avec les autres résidents ? »

« Mieux. Ils commencent à me parler, j'ai découvert que Byakuya aimait beaucoup la littérature étrangère, ce qui nous fait un point commun. Je joue souvent aux jeux vidéo avec Gin, mais je pense que l'on va arrêter parce qu'à chaque fois qu'on se lance dans une partie, Aizen et Shirosaki nous fixe assez intensément ce qui n'est pas très agréable pour jouer. J'ai aussi sympathisé avec Matsumoto qui aime beaucoup la mode, elle m'a appris qu'avant de venir ici, elle travaillait pour Jean Paul Gaultier. Elle m'explique deux trois trucs pour me donner un ''style'' comme elle dit... »

« Tant mieux. Tu te sens mieux parmi nous à présent ? »

« ...Oui. »

« Ta famille te manque ? »

« Mes sœurs surtout, c'était très rare que nous passions plus d'une semaine loin les uns des autres, alors tout un mois... »

« Tu as pu parler avec elles de ce qu'il s'est passé lors de leur anniversaire ? »

« ... »

« Ichigo... Je sais que tu ne veux pas aborder le sujet, mais comprend bien que pour t'aider à aller de l'avant nous serons obligé d'en passer par là. »

« Je sais, mais pas aujourd'hui. »

« C'est ce que tu me dis à chaque fois... »

« ...Pourquoi vous vous fixez là dessus, c'est pas l'enfance qui les intéresse, les psys ? Vous allez pas me sortir que si j'ai mal tourné c'est parce que je voulais coucher avec ma mère ? » S'énerva Ichigo.

« Pourquoi c'est le cas ? » lui répondit Urahara avec un sourire non dissimulé

« … Des fois j'ai l'impression que vous le faite exprès... »

« Il me semble que je t'avais prévenu.. Je ne suis pas un psychologue très conventionnel ! Cependant puisque le sujet est lancé, tu voudrais me parler de ta mère ? »

« Ma mère... » Ichigo laissa son regard vagabonder vers l'extérieur. « C'était la meilleure mère du monde. Elle me manque à chaque seconde de la journée. Il y a tellement de chose que j'aurais aimé qu'elle voit ou faire avec elle... J'aurais aimé la rendre fière... Des fois je me dis que si je n'avais pas été présent quand elle est morte, alors peut-être que je n'aurais pas été malade. »

« Est-ce que tu peux me parler de l'accident ? »

Ichigo inspira, prenant son temps avant de commencer son récit. L'incident c'était déroulé sur le retour de son cours de karaté, comme à chaque fois Masaki était venu le chercher. Alors qu'ils marchaient sur le trottoir, il avait aperçu un ballon voler dans le ciel.

Après tout était allé très vite. Ichigo ne se rappelait pas vraiment de ce qu'il s'était passé, juste avoir été poussé violemment sur le côté et avoir entendu un bruit strident. Son souvenir le plus vivace était la chaleur du sang de sa mère sur son bras. Une fois les secours arrivés, le petit garçon avait été installé dans l'ambulance. L'infirmière avait essayé de le nettoyer un peu et il se remémorait encore le contact de son mouchoir humide sur son visage tellement la fraîcheur sur son corps brûlant lui avait fait du bien. Quand elle avait retiré le tissu de son visage, ce dernier était recouvert de sang. L'image de son visage contracté et la pitié dans son regard lui revenaient encore en mémoire.

« Qu'est-ce que tu ressens aujourd'hui quand tu évoques cela ? »

« De la peine évidemment, une très grande peine. Mais j'ai aussi appris à vivre avec... »

« Et si on s'arrêtait là pour aujourd'hui ? »

« Ça serait bien oui... »

Ichigo ne s'en était pas rendu compte mais ses yeux s'étaient rempli de larme petit à petit, au fil de la conversation. Lorsqu'il ferma la porte derrière son patient Urahara sentit une boule se former dans son ventre, comme à chaque fois qu'un patient lui racontait un événement traumatisant. Il aimait passionnément son métier, mais des fois il se demandait où il trouvait la force de continuer. Il s'assit à son bureau et laissa son regard vagabonder vers l'extérieur en pensant à la chance qu'il avait d'avoir des parents en bonne santé, des amis et un amant qui l'aimaient.


Quinze heures, bureau d' Hirako Shinji

Shirosaki se mit rapidement à l'aise, pas qu'il aime particulièrement ses séances de thérapies, il prenait plutôt cela comme un jeu, s'amusant des réactions de Shinji à chaque fois qu'il racontait un bout de son enfance. Le jeune homme avait été abandonné à la naissance par ses parents, un célèbre couple de politicien, à cause de ses yeux. Il avait ensuite été traîner de famille en famille comme un boulet à la cheville.

De deux mois à six ans il était resté chez un couple qui l'avait prit pour pouvoir toucher les aides de l'état. Lui-même ne se souvenait de rien, il était trop petit, mais un jour il avait eu accès à son dossier et avait pu lire le rapport des médecins et assistants sociaux. Durant ces six années, capitale pour le bon développement d'un enfant, il avait été sous-alimenté, forcé de rester dans une pièce, certes grande, mais sans fenêtres. Le psychiatre de l'époque avait noté dans son dossier qu'il souffrait de la dépression du nourrisson qui survient lorsqu'un bébé n'a aucun contact physique avec ses parents, aucuns câlins ni aucune tendresse, avait fait naître chez lui cette maladie encore trop peu connu.

Jusqu'à ces douze ans il avait été recueilli par une famille qui avait déjà tellement d'enfant, que même avec sa peau et ses cheveux blanc comme neige, il était passé inaperçus. Personne ne lui prêtait la moindre attention, il avait donc décidé de se faire remarquer par ses propres moyens et avait commencé à se battre avec ses camarades d'école, à insulter les autres et ainsi de suite. Son comportement ne s'arrangea pas avec les années et les familles d'accueil chez qui il se trouvait n'étaient pas d'un grand secours. A quinze ans il avait déjà consommé des drogues dures et était d'ailleurs devenus accroc à la cocaïne.

Le premier apaisement vint lorsque Shirosaki eut dix-sept ans, il fut adopté par une famille qui l'aimait comme leur propre fils et s'impliquait dans son éducation. Au bout d'une longue et douloureuse bataille ses parents réussirent à lui faire décrocher de ses mauvaises habitudes, il retourna à l'école et obtint même son diplôme. Un soir Shirosaki sentit une vive douleur dans son ventre, sa température très élevé, amena ses parents à le conduire à l'hôpital. Sur place les médecins conclurent à une crise appendicite. Il fut hospitalisé le temps de l'opération. Son père et sa mère insistèrent pour rester à ses côtés, ce qui au fond rassura énormément Shirosaki qui depuis sa cure n'était pas un grand fan des hôpitaux. Un fort tremblement de terre avait frappé Tokyo ce soir-là et malheureusement l'hôpital, assez vétuste, n'avait pas résisté et s'était effondré. Shirosaki s'en sortit avec un simple bras cassé, mais ses parents n'eurent pas cette chance. Il avait longtemps aidé les secours à chercher les corps, voulant au moins leur donner un enterrement digne de son nom après tout ce qu'ils avaient fait pour lui. En cinq ans ces personnes étaient devenus sa famille, c'était le moins qu'il puisse faire. Malheureusement, les corps ne furent jamais retrouvés.

C'est après cet événement que Shirosaki eu sa première dépression, suivit quelques semaines plus tard par sa première crise maniaque. Il fut interné à l'hôpital de Karakura et diagnostiqué comme souffrant d'un trouble bipolaire.

Le jeune homme regardait par la fenêtre, un léger sourire sur le visage en pensant au résident qui se trouvait dans la pièce juste en face.

« Oh ! Pourquoi t' souris comme un abruti ? » l'interpella Shinji.

« C' pas tes affaires ! »

« Au contraire, durant les quarante prochaines minutes tout c' qui s' passe dans ta tête me concerne... »

« S' tu veux tout savoir j' pensais au nouveau... »

« Encore ?! »

« Ouai encore ! J'y peux rien si 'm rend fou » Shinji ricana « T' veux dire plus qu' tu l'es déjà ? »

« Tsss... T' la eu où ton diplôme sérieux ? »

« T'occupe ! Alors pourquoi tu penses à cette gueule d'ange ? »

« … Il est différent d' tous les autres, quand je l' provoque y' m regarde droit dans les yeux et j' peux voir cette flamme vibrer. Y' m tiens tête et ça m' stimule ! »

« Et c'est pour ça qu' tu lui enfonces le visage dans son dessert ? »

Shirosaki ne répondit pas tout de suite, il avait espéré que son psy ne reviendrait pas sur l'incident, voyant que ses espoirs étaient tombés à l'eau, il se décida à répondre.

« C'était juste une 'tite erreur de calcul d' ma part. Rien d' grave. »

« Oh je vois... Et c' pour ça que Kenpachi a noté dans ton dossier qu't'avais essayé d' l'approcher tout le reste de la journée ? »

« Mais y comprend rien lui aussi ! J' voulais juste lui parler et m'excuser ! »

Les yeux de Shinji s'ouvrirent en grand, depuis un an qu'il suivait Shirosaki, jamais ce dernier n'avait voulu s'excuser pour quoi que se soit, même une broutille insignifiante. Ichigo Kurosaki réussissait là où tout le monde avait échoué. Il nota sur un coin de son cahier de prendre ce rapprochement entre les deux hommes plus au sérieux, car si le nouveau résident ne réalisait pas le bouleversement qui s'opérait en Shirosaki, lui en avait pleinement conscience. Profitant de la bonne humeur de son patient Shinji attaqua un sujet plus tendu.

« Pourquoi t'as provoqué Mayuri la dernière fois ? »

Le visage de l'albinos se crispa, son sourire quitta son visage.

« … Parce qu'il le méritait. Vous êtes tous aveugle à son manège mais moi j' vois claire dans son jeu, il est dang'reux ! »

Shinji fronça les sourcils, il ne comprenait pas pourquoi son patient avec ce genre de délire de persécution alors qu'il était sous médication. Hirako avait beau ne pas aimer Mayuri, il n'avait aucune raison de douter de son supérieur. Surtout que son patient n'était pas des plus exemplaires. La seule explication qui lui vint en tête fut que peut-être l'albinos ne prenait plus ses comprimés correctement.

« Shirosaki... J' suis obligé de t' poser la question... Tu prends bien ton lithium ? » Le psychologue eut du mal à dissimuler complétement son inquiètude.

« Ouais pourquoi ? C' pas comme si j'avais envie d' me faire une nouvelle crise ! … T' penses que j' délire avec Mayuri c'est ça ? Évidemment qu' c'est ça ! »

L'albinos se releva brutalement de son siège et s'approcha de Shinji jusqu'à se retrouvait au-dessus de ce dernier, à quelques centimètres de son visage. Shinji toujours confortablement assis dans son fauteuil ne bougea pas d'un cil. « T'es un psy d' merde. » Le jeune homme cracha presque la phrase au visage d' Hirako, puis il se redressa et quitta la pièce.

Shinji souffla, il n'aimait pas lorsqu'une séance avec un patient se terminait violemment. Mais quel choix avait-il quand l'un d'eux avait des propos d'une telle confusion ? A un moment comme celui-là il était obligé de s'assurer que Shirosaki prenait bien ses médicaments...Le psychologue referma son cahier et insulta de bon cœur Mayuri pour être une nouvelle fois la source de ses problèmes.

Après être allé prendre une douche dans sa chambre, l'albinos, désormais calmé, se dirigea vers le seul endroit qui pourrait lui rendre sa bonne humeur. En arrivant, ce ne fut pas le lieu qui lui arracha un sourire, mais la vue de la tâche orangée allongée dans l'herbe verte.


Voilà, on va dire que ce chapitre n'existe pas, mais n'hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé ! J'espère me rattraper avec le prochain, d'ailleurs des révélations sont au menu du chapitre 5 alors j'espère que vous continuerez à me lire =)

Je ne vous donne pas de date pour la prochaine publication, ça va être la rentrée et comme je l'ai précisé au début Arienlys et Leikkona ont leurs propres fictions en cours !
Mais si ça vous rassure, pour le moment je n'écris que cette fiction et même si je devais me mettre à en écrire une autre (parce que bon j'ai bien une légère idée en tête!) celle-là resterait ma priorité !

Bonne semaine à tous!