Chapitre 6 : Mensonges et Retrouvailles !

...

Le lendemain comme prévu, je me lève à 9h et Sébastian me donne mon petit déjeuner : scones et earl grey. Ensuite je me lève difficilement, mes jambes sont flageolantes et ont du mal à porter mon poids, malgré qu'il soit plume.

Sébastian ouvre la porte de la salle de bain adjacente et fait couler un bain. Je me dirige vers celui-ci. Sébastian enlève mes vêtements et je me retrouve tout nu. Je m'oblige à ne me regarder dans le miroir, sinon je verrais une tâche indécrassable...Moi !

Depuis le jour où nous avons discuté de la marque, Sébastian n'en parle plus et il me lave le dos en faisant preuve d'une extrême prudence. Le bain se passe dans le plus grand des silences.

Ensuite, je m'enveloppe dans une lourde serviette et pendant qu'il me sèche, j'enfreins l'interdiction : je me regarde !

Pourquoi mes lèvres ne veulent-elles pas se courber vers le haut ? Pourquoi mon corps est si frêle et si mutilé ?

Sébastian remarque alors que mon attention est portée sur mon reflet. Il se retourne et attrape mes affaires. Toujours en silence il m'habille et déclare :

"Je vais préparer la salle à manger et le déjeuner. Vous avez des devoirs qui vous attendent dans le salon !"

Puis, sur ces brèves paroles, se retourne et me laisse seul. J'avance doucement vers le miroir. Observe mon reflet vêtu d'un pantacourt gris et d'une chemise blanche. Le bandage sur mon oeil est toujours présent. Je frôle celui-ci du bout de mes petits doigts. Mon oeil valide est pourvu par le dessous d'une cerne violacée absurde, mes nuits sont agitées et incomplètes !

Sur ce, comme venait de le faire précédement le démon, je me retourne et m'en vais. Je me dirige vers le salon pour faire mes devoirs jusqu'au moment où...

...

Toc Toc !

Après mon approbation, Sébastian va vers la porte qu'il ouvre doucement. Là, je l'entend dire, poli comme tout :

"Bonjour, je suis Sébastian Michaelis, majordome du comte Ciel Phantomhive, je vous prierais d'être vigilant, il est fatigué et fragile, je vous en prie, entrez !"

J'entend des martèlements aux sols, identique à ceux des bottes fourchues du démon lorsqu'il m'a sauvé. Lorsqu'ils franchissent la salle à manger, je suis assis sur un fauteuil et les observe. Ils font pareil, sauf que leurs regards sont remplis d'une pitié pour l'être vil que je suis ! L'être qui ressemble plus à une tâche souillée qu'à à être humain.

Je reconnais Elizabeth, petite et Tante An, toujours aux cheveux roux. Et là, j'aperçois le majordome de mon père...

"Mr Tanaka !" murmurai-je.

Il s'approche de moi et se courbe gracieusement, une main sur le coeur. Il est vieux et ses cheveux blancs sont plaqués dérrière ses oreilles.

"Ciel !" pleure soudainement Elizabeth en fonçant vers moi.

Dans une envolade de tissus et de cheveux blonds elle est dans mes bras. Cette fille. Ma fiancée.

"Je suis désolé, tellement, tellement désolé !" murmure t-elle.

Je sais très bien de quoi elle parle, mais il est hors de question que je pleure devant eux. Je me sens gêné et je ne sais pas quoi dire.

"Qu'est-il arrivé à ton oeil ?" demande t-elle, en reniflant.

Automatiquement, je jette un coup d'oeil à Sébastian et celui-ci répond avec légèreté :

"Monsieur a pris un débris dans son oeil droit et celui-ci s'est crevé !"

"Retiens toi !" pensai-je intérieurement.

Puis, il continue par :

"Mettons-nous à table, vous devez être affamés !"

...

Le dîner se déroule bien, les invités nous racontent leur vie et moi je suis à moitié plongé dans leur discours. Je ne mange pas, je n'ai pas faim...Je veux juste dormir, mes yeux sont lourds, brûlants...

"Monsieur ? Monsieur ?"

Je sursaute. Sébastian est tout proche et je suis allongé dans un fauteuil, au salon. Celui près de la table ou précédement, nous mangions. Bizarrement, nous sommes seuls.

"Où sont les invités ?"

"Ils sont partis voyant que vous étiez fatigué !"

"Quoi ? Je me suis endormi ?!"

Sébastian semble se retenir pour ne pas rire et m'informe du fait :

"Vous vous êtes endormi dans votre assiette alors que Lady Elizabeth vous parlait !"

Je me sens rougir et avale ma salive en guise de réponse.

"Il faut que je trouve un moyen pour dormir paisiblement !"

Sébastian prend mon visage et dépose un baiser sur ma joue.

"Endormez-vous, je suis là ! Pour toujours. Je vous le promet, my little lord* !"

*mon petit seigneur.