Disclaimer : Tout l'univers et les personnages de Twilight appartiennent à Stephenie Meyer !
POINT DE VUE D'ALESSANDRA :
Mon frère et Rosalie avaient raison, je devais parler à Alec de ce que je ressentais et me débarrasser de toute cette honte et ce dégoût de moi si je ne voulais pas finir toute seule. Avais-je envie de passer l'éternité sans celui qui était fait pour moi ? Non !
« Tu veux qu'on aille ailleurs pour discuter ? » demanda-t-il.
« Euh, je suis bien ici ! » répondis-je.
« Comme tu veux ! » dit-il.
Je repris ma place sur le rebord de la fontaine, et je sentis Alec se placer à mes côtés. Inutile de tergiverser plus longtemps, il fallait que je parle !
« Ce que j'ai subis, je ne pourrais jamais l'oublier et je suis forcée de vivre avec pour l'éternité, malheureusement, et je suis distante avec les hommes à cause de ça, en dehors de mon frère. » commençais-je à dire. « Je ne sais pas pourquoi le destin a voulu que je sois ta compagne, pas que ça me gêne, mais je ne comprends pas pourquoi j'ai été choisis pour toi, je veux dire, je suis brisée et sale, je serai bien incapable de te rendre heureux ! »
Je fis une pause, mais je n'osais pas le regarder. Je sentais son regard sur moi, mais je ne pouvais le regarder.
« Crois-moi, j'aimerais ne plus avoir peur mais, c'est au dessus de mes forces ! » avouai-je en me levant.
Je restais debout devant de magnifique Lilas, et ça me rappelait immédiatement ma mère qui adorait ces fleurs. La main d'Alec sur mon épaule dénudée me sortit de ma rêverie. Etrangement, je ne ressentais plus aucune peur, je n'avais plus envie de fuir chaque fois qu'on me touchait, et je ne voulais plus jamais avoir honte de moi. Rosalie avait raison, ce n'était pas de ma faute, mais celle de Maria. Lorsque je relevais la tête, mes yeux se perdirent dans un océan de rubis que m'offraient les prunelles d'Alec. Il porta une main à ma joue et l'effleura du bout des doigts, déclenchant en moi un frisson… de plaisir !
« On va y aller en douceur. Je ne te brusquerais pas, je ne t'obligerais à rien, tu peux avoir confiance en moi, et quand je mettrais la main sur ces trois salopards, je leur ferais payer cher ce qu'ils t'ont fait. » me dit Alec d'une voix douce mais déterminée.
« Tout ça, c'est de la faute de Maria ! » dis-je à voix haute.
« C'est entièrement de sa faute, et elle le regrettera. En attendant, on va apprendre à mieux se connaître et à prendre les choses comme elles viennent. Tu es d'accord ? » me proposa-t-il.
« Oui ! » acquiesçai-je.
« Bien, et je vais m'écarter un peu parce que si je ne le fais pas, je risque de t'embrasser ! » me dit-il avant de s'éloigner de moi.
Je ne pu m'empêcher de sourire devant son embarras, mais si j'étais encore humaine, je serai sans doute aussi rouge qu'une tomate ou un Coquelicot. Le fait de savoir qu'Alec avait envie de m'embrasser, ça ne me mettait plus mal à l'aise, mais ça me flattait, surtout qu'il n'était pas dégoûté de mon corps ou de ma personne, meurtrie et blessée. Il fallait peut-être que je fasse le premier pas, sans que ça ait l'air stupide. Avais-je envie d'être loin de lui comme en ce moment ? Non ! Voulais-je qu'il m'embrasse ? Oh oui ! Courage, tu vas y arriver !
« Euh, tu as le droit de, euh, m'embrasser, enfin, si t'en as toujours envie ! » dis-je d'une toute petite voix.
J'avais vraiment l'impression de me sentir comme une gamine de treize ans qui rencontre son chanteur préféré. Pauvre fille ! Je baissais la tête et regardais mes chaussures qui me paraissaient vraiment très intéressante tout à coup. Pourquoi il se ne passe rien ? Alec n'est pas le genre de garçon, à mon humble avis, à avoir peur, donc pourquoi ne se passe-t-il rien ? Soit il est parti, complètement perdu, soit il me regarde, complètement perdu également. Contre toute attente, plus contre la mienne qu'autre chose, je vis la main d'Alec se poser sur mon menton et me relever doucement le visage vers lui.
« J'ai envie de t'embrasser Alessandra, mais je ne veux pas te brusquer ! » me répéta-t-il.
« Mais, puisque c'est moi qui te le demande ! » appuyai-je.
« Ne te sens pas obligé ! » me chuchota-t-il.
« Je te le demande Alec, embrasse-moi. Fais-moi ressentir quelque chose de nouveau, toi et personne d'autre ! » quémandai-je.
Je vis ses lèvres s'étirer lentement, et il me servit le plus beau des sourires. Je me laissais guider par mon cœur, mort faut le dire, et me rapprochais d'Alec, qui avait posé une main délicate sur ma hanche, tandis que l'autre était restée sur ma joue. Lentement, très lentement, nos visages se rapprochèrent l'un de l'autre, jusqu'à ce que nos lèvres se frôlent. Je n'avais pas peur, loin de là, mais j'étais nerveuse, je l'avoue. Quand, enfin, après ce qui me paru être une éternité, nos lèvres se touchèrent, tous mes doutes, toutes mes barrières physiques et mentales qui m'empêchaient d'aller de l'avant depuis plusieurs jours se brisèrent. Mes lèvres bougeaient au même rythme que celles de mon amant, lentes, tendres et harmonieuses. Rapidement, trop rapidement, le baiser prit fin.
« Pourquoi tu t'es arrêté ? » m'étonnai-je en posant mes mains sur mon torse.
Wow, il doit être bien bâtit ! Sierra la boca !
« Je ne crois pas, que ce soit l'endroit idéal pour un premier vrai baiser. Je, je veux faire ça correctement euh, je ne vais pas te proposer d'aller dîner… » commença-t-il par dire, ce qui provoqua un petit rire de ma part, ainsi que du sien. « … donc, tu accepterais de sortir avec moi un jour, à une heure de la nuit où tout être humain normalement constitué dormirait ? »
« Whoa, tu ne fais pas les choses comme tout le monde toi ! » me moquai-je un peu.
« Il faut bien se débrouiller tout seul, car ce n'est pas à mes frères que je demanderais des conseils ! » ironisa-t-il.
« HEY ! »
Alec éclata de rire, et je lui demandais :
« On nous espionne ? »
« C'est bien possible ! » répondit-il. « Alors, t'es d'accord pour ce que je t'ai demandé ? »
« Euh, je vais y réfléchir ! » répondis-je pour le taquiner.
Il me sourit encore plus, ce qui me fit totalement fondre.
« Je plaisante, c'est oui, avec plaisir ! » finis-je par accepter.
« ALEC, RAMÈNE TA FRAISE DANS LA SALLE DU TRÔNE ! »
« Euh, qui c'est qui crie comme ça ? » questionnai-je.
« Félix, y a que lui pour gueuler comme ça ! » répondit Alec.
« Ok euh, il faut que tu y ailles ! » dis-je, presque à regret.
« Je viendrais dans ta chambre pour te parler du, euh, rendez-vous ! » me dit-il.
« Je suis impatiente ! » avouai-je.
Je me mis légèrement sur la pointe des pieds, et je posais ma bouche contre la sienne, mais ce fut encore plus rapide que notre « premier baiser » ! Il partit, le sourire aux lèvres, et moi, je restais encore cinq à dix minutes dans le jardin en train de rêvasser et de me repasser en boucle la demi-heure qui venait de passer. J'avais embrassée Alec, bien que ce ne fût qu'un baiser gentil, et ensuite, j'avais accepté de sortir avec lui. Bon, je ne sais pas quand parce qu'il est un membre à part entière de la garde des Volturi et qu'il est très demandé par ses maîtres, qui sont également les miens à présent, mais j'avais hâte d'être à ce fameux soir où il n'y aurait que moi, et Alec !
Jour 8 !
Je n'avais pas revu Alec depuis que nous avions partagé notre premier baiser la veille, mais d'après Jane et Bella, les garçons, Félix, Demetri et Alec étaient en « mission » pour trouver de quoi nourrir les Rois. Jane m'avait expliquée que depuis l'arrivée de Bella, plus personne au château ne tuait d'innocent pour se nourrir, ils chassaient les personnes qui méritaient vraiment de mourir. Ça ne m'aurait pas gêné de me nourrir de cette façon lors de mon réveil en tant que vampire, mais Maria m'a fait tuer tellement d'innocents que je ne toucherais pas un tueur en série !
Jour 9 !
Toujours pas d'Alec en vue. Mais où ils sont allés les chercher ces humains ? En Sibérie ? Je ne vais pas jusqu'à dire que je suis en manque car nous n'en sommes pas encore à ce stade avec Alec, mais quand même, il me manque. Je suis toute seule dans ma chambre en train de me morfondre, I-Pod à fond et emmitouflée sous ma couette, écoutant de la musique.
When I see your face
There's not a thing that I would change
'Cause you're amazing
Just the way you are
And when you smile
The whole world stops and stares for a while
'Cause girl you're amazing
Just the way you are*
Génial, ça me fait penser encore plus à Alec ! Je changeais de musique et, ah, c'est bien mieux. Hein ? Pourquoi Alice m'a mit cette chanson ? Je ne suis pas une gamine de quatorze ans !
I will never say never! (I will fight)
I will fight till forever! (Make it right)
Whenever you knock me down
I will not stay on the ground
Pick it up
Pick it up
Pick it up
Pick it up up up
And never say never**
Je vais la tuer ! J'éteignis l'I-Pod avant de me retrouver encore avec une chanson de minette, et le reposais sur ma table de nuit, avant de reposer ma tête sur un coussin très moelleux. La porte de la chambre s'ouvrit, et je m'attendais à voir mon frère mais non, c'était Alice !
« Oui ? » demandai-je en m'asseyant entièrement sur le lit.
« A la douche, tout de suite ! » m'ordonna-t-elle.
« Alice, fiche-moi la paix ! » lui répondis-je.
« Non, va prendre ta douche ! » persista-t-elle.
« Donne-moi une bonne raison ! » lui dis-je.
« T'as un rencard ! » m'informa-t-elle.
« Depuis quand ? » m'étonnai-je.
« Depuis cinq minutes. Alec était sur le point de venir te le demander officiellement mais je l'ai confié à Rosalie qui te le pomponne rien que pour toi ! » me répondit-elle.
Il est rentré ! Il est rentré ! Il est rentré !
« Alessandra, arrête de rêvasser et va prendre ta douche ! » s'impatienta Alice.
« C'est bon, ne t'énerve pas j'y vais ! » soupirai-je.
Je quittais mon lit et j'allais dans la salle de bain. Je m'enfermais à clé et me débarrassais de mes vêtements avant de me glisser dans la cabine de douche. L'eau chaude, presque bouillante coula à flot sur moi, et ne tarda pas à me revigorer. Alec était rentré, et ce soir, je serai toute à lui. Oui, quand je dis ça c'est juste que ce soir, on ne sera rien que tous les deux. J'étais tellement impatiente que je lavais mes cheveux et mon corps avec une rapidité qui me surprit moi-même. Sentant bon la vanille, je sortis de la douche et m'enroulais dans une serviette, et une autre pour mes cheveux. La porte de la salle de bain s'ouvrit à la volée et Alice me lança un truc qui atterrit sur ma tête.
« Enfile-ça et viens ! » ordonna-t-elle.
« Alice, on t'a déjà dit que tu étais énervante ? » grognai-je.
« Tu ne diras pas ça quand tu te verras après que j'en aurais fini avec toi ! » me dit-elle en sautillant.
Prenant sur moi, je mis le peignoir et me débarrassa de la serviette, puis, je retournais dans ma chambre, enfin, celle de mon frère et moi, on s'en fou, et je vis Alice qui me fit signe avec l'index de m'approcher. Prudemment, je m'avançais vers elle, et elle me fit asseoir sur une chaise et… hein ? Mais d'où elle sort cette coiffeuse ?
« D'où elle sort ? Elle n'est pas à moi cette coiffeuse ! » m'étonnai-je tout haut.
« Maintenant oui ! » m'apprit-elle avant d'enlever la serviette de mes cheveux.
Une heure et demi plus tard.
Wow, elle est peut-être agaçante quand elle veut, mais Alice fait vraiment des miracles. Je portais une jupe noire évasée qui m'arrivait sous les genoux, un petit débardeur noir sous un cache-cœur marron et des bottes de la même couleur. Mon brushing était parfait, ainsi que le maquillage. Du gloss transparent sur les lèvres, goût vanille le comble, et les yeux légèrement teintés de dorés.
« Alors, je suis toujours agaçante ? » me demanda Alice.
Je la regardais, et je fus soulagée de la voir avec le sourire. Ouf !
« Tu croyais vraiment que je m'énerverais pour ça ? » demanda-t-elle avant de rire.
« Merci Alice, t'es vraiment la meilleure. J'ai l'impression d'être vraiment belle ! » répondis-je en me regardant une fois de plus dans le miroir.
Alice s'approcha de moi et posa ses mains sur mes épaules. Je pu apercevoir dans son regard à travers le miroir une lueur brillante qu'avait ma mère lorsqu'elle me coiffait.
« Mais tu n'as pas besoin de me remercier, je n'ai fais que te rendre encore plus jolie que tu ne l'es déjà, et pour être franche, tu pourrais te pointer en pyjama au rendez-vous, Alec serait toujours fou de toi ! » plaisanta-t-elle, m'arrachant un rire.
Fin prête, je pris mon téléphone, enfin, le petit sac à main que Miss Alice m'avait achetée, et j'y trouvais le maquillage qu'elle avait utilisée sur moi, mon portable et un petit miroir de poche. Elle me passa une petite veste noire, qu'elle me fit mettre, et enfin, je m'apprêtais à quitter la chambre.
Surprise !
En ouvrant la porte, je vis Alec qui était sur le point de frapper à ma chambre. Glurps ! Il portait un jean délavé, une chemise noire et je pouvais voir les contours de son débardeur.
« Wow ! »
On se mit à rire car on avait parlé en même temps.
« Tu es magnifique ! » me dit-il.
« Merci euh, tu n'es pas mal non plus ! » répliquai-je timidement.
« On peut y aller ? » me demanda-t-il en me tendant le bras.
« Respire ! » pensai-je.
J'entendis un petit rire derrière moi et je savais que ça provenait d'Alice. Argh !
« On peut y aller ! » acquiesçai-je en lui prenant le bras.
Il me conduisit au garage et des voitures plus belles les unes que les autres se dressaient devant moi. C'était mon frère l'expert en bagnole et je n'y connaissais rien, mais elles devaient coûter très chères, c'est certain. Il m'ouvrit la portière du côté passager d'une voiture bleue avec des bandes blanches.
« Tu comptes participer à une course ? » le taquinai-je.
« Très drôle ! » dit-il en souriant.
« Quelle marque ? » demandai-je par simple curiosité.
« Une Dodge Viper ! » répondit-il.
Quand ce fut fait, je me rapprochais de la voiture mais avant d'y monter, je fis une chose que j'avais envie de faire depuis deux jours. J'embrassais Alec ! Après quelques secondes, je le sentis sourire contre ma bouche, mais il arrêta le baiser.
« T'es d'un romantisme ! » boudai-je en montant dans la voiture.
Je l'entendis rire, et la seconde suivante, la portière claqua et Alec entra du côté conducteur.
« Ne fais pas cette tête, je me rachèterais plus tard ! » me dit-il.
Faisant la difficile, je croisais mes jambes et mes bras, et regardais à travers la vitre. Alors qu'Alec mit le contact, la porte du garage s'ouvrit sur Alice qui portait une petite glacière, enfin ça y ressemblait. Alec ouvrit sa vitre et prit la petite glacière.
« Tu en auras besoin ! » me dit-elle.
« Merci ! » dis-je en sachant ce que c'était.
Il est vrai que je ne m'étais pas nourris depuis quelques jours, et je ne voulais pas risquer de tuer qui que ce soit.
« Ne t'inquiète pas, il n'y aura que toi et Alec, bonne soirée et ne trempez pas vos vêtements sinon je me fâcherais ! » nous prévint-elle.
Sur ce, elle repartit. Sans chercher à comprendre, Alec appuya sur l'accélérateur et sortit du garage, qui était ouvert et je ne m'en étais même pas rendu compte. Je ne cherchais pas à connaître notre destination, car quelque chose me disait qu'Alec ne me dirait rien.
Le silence était à son comble dans la voiture, et je ne savais vraiment pas quoi dire. Alec ne disait rien non plus, concentré sur la route. Sans ôter les yeux de la route, il me tendit sa main droite, que je pris sans hésiter. Il la porta à ses lèvres et je dû m'accrocher au siège. Il garda ma main dans la sienne, et il sourit, visiblement fier de son effet.
« Prétentieux ! » dis-je tout bas.
Son sourire s'agrandit. Alors que je reportais mon attention sur le paysage, je fus surprise de voir la voiture s'engager sur un parking et… Oh Mon Dieu, la plage ! Lorsque la voiture s'arrêta, je sortis sans attendre et laissais l'air frais marin fouetter mon visage. A part la petite aventure océanique qui m'a conduit du Mexique jusqu'en Italie, je n'avais pas profité pleinement de l'océan depuis très, très longtemps. Une main sur mon épaule me fit presque sursauter, jusqu'à ce que je me rende compte que ce n'était qu'Alec.
« Comment t'as deviné ? » lui demandai-je en le regardant.
« C'est ton frère ! » répondit-il.
Evidement !
« Merci Alec, tu ne peux pas savoir ce que ça représente pour moi ! » lui dis-je en me blottissant dans ses bras.
Il resserra ses bras autour de moi, et pour la première fois depuis deux ans, je me sentais vraiment bien.
« Allez, attends-moi là-bas, je te rejoints ! » me dit-il en me désignant la plage.
« La glacière, j'ai faim ! » quémandai-je en retour.
Il me la passa en souriant, puis, il m'embrassa mais cette fois, c'est moi qui mit fin au baiser en m'éloignant de lui, direction le sable fin. J'ôtais mes bottes que je laissais sur le sable, et je frissonnais presque lorsque mes pieds touchèrent la surface lisse, presque humide du sable. Posant la glacière à côtés de mes bottes, je pris une poche de sang et, tout en plantant mes crocs dans le plastique, j'allais près du rivage. L'eau toucha mes pieds, ce qui me fit sourire, tandis que je bus avec délectation ma poche de sang. De ma main libre, je remontais ma jupe jusqu'à mes cuisses afin de ne pas la mouiller car je me souviens très bien des menaces d'Alice. Je ne la connaissais que depuis deux semaines environs, mais je ne voulais pas la mettre en colère. Le coucher du soleil était déjà bien avancé, laissant bientôt place à la nuit bleue qui scintillera sous les étoiles. La mer était un peu agitée, du fait que les vagues s'écrasaient sur le sable, et m'arrivaient jusqu'aux mollets. En me retournant, je vis Alec qui était assis sur le sable, près de là où j'avais laissée la glacière. Je courus jusqu'à lui, laissant tomber près de la couverture qu'il avait emmené ma poche de sang vide, et je me mis sur les genoux, face à Alec.
« Merci Alec, merci de m'avoir emmené ici ! » lui dis-je en souriant.
« Je t'en prie ! » me répondit-il en souriant également.
« Tous les étés, nos parents nous emmenés en vacances à l'étranger. On a visité l'Espagne, l'Italie aussi, la Grèce et le sud de la France, et on allait souvent en bord de mer. On a aussi fait la tournée des plus beaux musées européens. Ils voulaient qu'on connaisse l'histoire, mon frère et moi, qu'on ait une chance d'avoir un bon métier et une belle vie, mais c'est du passé tout ça. » expliquai-je en m'asseyant, face à la mer.
« Tu peux quand même continuer à t'instruire, tu sais, être vampire ça donne des avantages. Tu as tout le temps que tu désires pour lire et apprendre des choses, faire des choses aussi dont tu ne pensais pas pouvoir faire étant humaine. » me dit Alec.
« Mais quel intérêt, sans mes parents ? » demandai-je en le regardant.
« Justement, rends les fiers d'où ils sont ! » répondit-il.
Je fixais de nouveau l'océan qui brillait à présent sous l'effet du croissant de lune qui venait d'apparaître.
« Quel pays aimerais-tu visiter ? » me demanda Alec.
Je réfléchis, et après réflexion, je le regardais et lui dis :
« Le Brésil, mais pas la Forêt Amazonienne ! ».
« Pourquoi ? » s'étonna-t-il. « C'est quand même la plus grande forêt du monde ! »
« Oui mais, ça grouille de serpents et d'araignées ! » grimaçai-je.
Alec éclata de rire devant ma remarque.
« Je ne vois pas ce qu'il y a de drôle ! » dis-je en lui donnant un coup de poing sur l'épaule.
Une fois qu'il fut calmé, il me dit :
« Tu es un vampire Alessandra, tu n'as pas à avoir peur d'un serpent ou d'une araignée quelconque ! »
« Je n'y peux rien, je les ai toujours détesté ! » dis-je en haussant les épaules.
Il me sourit davantage, avant de m'ouvrir ses bras. Je m'installais entre ses jambes, ce qui le surpris plus qu'à moi, mais ne s'en plaignit pas. Il referma ses bras autour de moi, et on ne dit plus rien pendant plusieurs minutes. On ne disait rien, mais Alec ne restait pas inactif. Plusieurs fois, il glissait son nez dans mes cheveux ébouriffés par le vent, déposa un ou deux baiser sur ma tempe, et alla même jusqu'à descendre sur ma nuque. Je ne l'arrêtais pas car ça ne m'apeurait plus, au contraire et puis, il était temps pour moi d'arrêter de penser au passé et à ce que j'ai vécu, ça me freinera plus qu'autre chose. Et je sais qu'Alec ne me ferait jamais rien contre ma volonté. Alors qu'il faisait glisser son nez sur ma joue, je pris le taureau par les cornes et tournais ma tête vers lui, et nos lèvres se touchèrent. Ce contact m'électrisa, mais Alec mit fin au baiser.
« Pourquoi tu t'arrêtes chaque fois que je t'embrasse ? » demandai-je, lasse de son éloignement.
« C'est que, euh, je ne sais pas où tout ça va nous mener et euh, je ne veux pas que tu crois que je t'ai emmené ici afin d'accélérer les choses entre nous, ce n'est pas ça mais, je me dis que tout ça va trop vite pour toi ! » répondit-il.
Ok, c'est moi qui a été violée et c'est lui qui est le plus gêné, je vois ! Je me mis face à lui, sur mes genoux sans pour autant me lever d'entre ses jambes, et je lui dis :
« Ecoute Alec, tu ne me brusques pas. Entre les conseils de mon frère et de Rosalie, je sais maintenant ce que je veux, et c'est être avec toi. Je sais bien que tu ne me forceras pas à faire quelque chose que je ne suis pas prête à faire, et tu l'a dis toi-même, on y va en douceur alors, quand je t'embrasse, embrasse-moi, mais vraiment, comme un couple normal. Je veux me sentir normale, je veux me sentir comme toutes les filles de mon âge le sont avec leur petit copain. Je t'ai demandé il y a deux jours de me faire ressentir quelque chose, alors fais-le, que ce soit avec des gestes ou un baiser peu importe, mais arrête de te sentir obligé de prendre des pincettes avec moi ! »
Je repris mon souffle quand même, et c'était le plus long discours que j'avais servi à qui que ce soit depuis bien longtemps.
« T'es vraiment étonnante ! » me dit-il.
« Ah bon ? »
« Oui, et ça me plaît ! » dit-il en se rapprochant de moi.
Il caressa mon visage, avant de porter sa main sur ma nuque, et il m'embrassa. Je sentis sa langue caresser mes lèvres, et dans un sourire, j'ouvris ma bouche pour qu'il puisse m'embrasser pleinement. Lorsque nos langues se trouvèrent, mes mains s'accrochèrent automatiquement aux bras d'Alec. Bien que le manque d'air ne fût pas indispensable, on se sépara quand même, à bout de souffle, mais sans pour autant nous détacher l'un de l'autre.
« Wow ! »
Nous avions parlés une fois encore en même temps, et nous nous sommes mis à rire. Je repris ma place d'avant, c'est-à-dire calée contre son torse, et cette fois, il ne se contentait pas de petits baisers quand je tournais ma tête vers lui, mais m'embrassait pleinement. Un poids en moins s'était enlevé de mes épaules et la honte ne comprimait plus mon cœur mort. Il était rempli de bonheur et d'amour pour ce vampire sexy, mais étais-je prête pour autant à le lui dire ?
POINT DE VUE NORMAL :
Alors que tous s'entraînaient, créaient des liens ou bien partageaient points communs ou expérience, de l'autre côté de l'Atlantique sur le continent Américain, dans une ferme abandonnée dans le désert aride de Houston, la tension était à son comble parmi la troupe de vampire qui s'impatientait dans le hangar qui servait de couchette pour les nouveaux venus.
POINT DE VUE DE MARIA :
Comment osait-il me menacer, alors que c'est moi qui l'ai créée ? Il n'avait aucun ordre à me donner, et ce n'est pas son ultimatum qui allait me faire reculer ou abandonner. Jamais, plutôt mourir !
« Maria, il ne reste plus que trois semaines avant que le Major ne mette en action ses paroles, et tu sais bien qu'il ne plaisante pas alors, débarrassons-nous d'eux ! » me dit Lucy.
« Jamais je ne cèderais, et vous n'avez pas intérêt à me faire faux bonds ! » menaçai-je en me levant de mon fauteuil.
Je me dirigeais vers le hangar de notre repère, et un tumulte assourdissant me parvint aux oreilles. Arrivée dans le hangar avec mes deux amies, je vis mes nouveau-nés se battre sous la contrainte de la soif.
« ARRÊTEZ ! » hurlai-je.
Tout vacarme et bagarre cessa sur le champ, et tous me regardait, craignant ma colère.
« Je sais que vous avez soif, mais vous devez vous contrôler. Nous aurons à livrer la bataille la plus importante de tous les temps d'ici la fin du mois alors, maîtrisez-vous si vous voulez rester en vie ! » les prévins-je. « Vous vous nourrirez, n'ayez crainte, un peu de patience ! »
Je suis prête Jasper, viens à moi si tu en as le courage !
