REQUIEM D'UNE CHIMERE

Résumé : Que feriez-vous à sa place ? Elle, Sonjha, a décidé de se laisser aller…peut être. Ou peut être pas tout compte fait. Comme on dit, on descend pour remonter non ? NUZLOCKE CHALLENGE !

Chapitre 2 :

Un choix dit logique

•¤*¤•. .•¤*¤•

Tel au sortir d'un rêve, Sonjha se sentit tomber dans le vide, puis enfermée dans un cocon de couvertures douces et moelleuses.

De nouveau, comme tous les jours, sa mère venait de la réveiller brutalement en ouvrant grand les rideaux.

Il y avait trop de lumière. Même au travers de ses paupières closes, elle devinait le temps estival de dehors.

Finalement, sentant bien qu'elle ne pourrait pas se rendormir, elle les ouvrit.

Et resta choquée un bon moment.

L'endroit où elle se trouvait ne ressemblait en rien à sa chambre.

Où était passé son lit à baldaquin ? Son armoire à double porte ? Ses hautes fenêtres ? Ses habits éparpillés sur le sol ?

Et même, qu'était devenue l'allure d'apocalypse qu'était sa chambre ?

A la place, elle se trouvait dans une pièce rose.

Des draps du lit dans lequel elle était allongée jusqu'au montant des fenêtres, tout était rose.

Les murs, d'un ton plus clair, presque blanc.

Douloureusement, tels des clous qu'on lui enfonçait un à un dans le crane, les souvenirs de la veille, encore s'il s'agissait bien de cela, lui revinrent en mémoire.

L'albinos, Mewtwo, le magasin, l'étincelle, tout.

Ses yeux s'ouvrirent en grands. Son cœur battit plus vite. Ses mains tremblèrent.

Elle était paniquée.

Et si elle était morte ?

Non. Si c'était réellement cela, elle ne pourrait pas avoir peur. Elle ne respirerait même pas.

Normalement.

Son regard se posa sur tout ce qu'il y avait autour d'elle. Une armoire en bois rose foncé, assortie aux montants de son lit. Un miroir.

Elle devait voir son reflet. Avoir au moins un aperçu de son fantôme. Etait-elle transparente ? Translucide ? Fantomatique ? Évanescente ?

Non.

Elle était toujours la même.

Toujours cette jeune fille de petite taille, aux cheveux rouge vifs, aux grands yeux gris, aux cernes épais, le nez fins, les lèvres tremblantes, à la silhouette malingre, le dos courbé malgré sa petite taille.

Elle détourna les yeux, gênée par son apparence des plus déplaisantes.

Au moins cette vision, à défaut d'être agréable, était réconfortante. Elle était toujours la même.

A ceci près qu'elle ne portait pas son habituel jogging qui lui servait de pyjama, mais un ridicule minishort bleu avec un micro T-shirt rose.

Rose.

Mini.

C'était plus qu'elle ne pouvait supporter.

Lentement, ses deux mains s'emparèrent de sa tête, la compressant à s'en faire mal. Elle tomba à genoux, et se mit à hurler de frayeur, les yeux exorbités par l'horreur de la situation.

Elle venait d'être kidnapper, elle en était sûre. Le fait qu'elle n'ait plus aucuns habits sur elle, qu'elle soit dans un endroit inconnu, dans une chambre qui plus est.

Le pire était certainement cette affreuse couleur rose.

Il n'y avait que dans un seul endroit où il pouvait y avoir ce genre de couleur.

Une maison close.

Elle gémit pitoyablement à l'idée d'être dans un endroit pareil.

Et si on la drogué ? Et si on l'obligeait à faire…des choses ?

La jeune rousse empoigna sa longue chevelure et roula sur le côté, essayant de toutes ses forces de ne pas imaginer le pire.

C'était impossible. Il ne pouvait pas lui arriver ce genre de chose. Ça n'existait que dans les films. Pas dans la réalité.

Impossible.

Et pourtant.

Elle devait se rendre à l'évidence.

Elle était prisonnière. Bel et bien prisonnière.

Des larmes commencèrent à perler aux coins de ses yeux.

Cela ne se pouvait. Elle ne pouvait pas être dans cette situation. C'était surréaliste. Impensable. Inconcevable.

Impossible.

Ses sanglots reprirent de plus belle, ne pouvant brider d'avantage son imagination quant à tous ce qu'elle pourrait subir dans les prochains jours.

Ce n'est que lorsque son côté droit, à force d'être à même le parquet, commença à lui faire mal qu'elle se décida enfin à se relever, consciente de l'indécence de sa tenue, ou de son absence de tenue plutôt.

Repérer l'endroit où elle était. C'était la meilleure chose à faire. Juste au cas où.

Elle se dirigea rapidement vers la fenêtre et scruta le paysage, à la recherche d'un indice quelconque.

C'était…incroyablement vide. A mi-chemin entre un village et un no man's land.

D'après ce qu'elle pouvait en juger, elle se trouvait au premier étage d'une maison, qui était entouré d'une cour, mais pas de haie ou de mur pour le délimiter, juste de petites barrières blanches, comme dans les séries américaines.

Les maisons autour étaient toutes du même genre, petite et avec un jardiné non dissimilé.

Une maison close dans un trou perdu ?

Bizarre.

Cette idée s'effrita alors pour laisser la place à une autre, tout aussi déplaisante.

Elle était kidnappée par des pauvres qui voulaient de l'argent.

Subitement, elle regarda autour d'elle, à la recherche de n'importe quoi pouvant lui servir d'arme. Elle refuserait de se soumettre. Hors de question. Elle n'avait rien fait de mal.

Pour une fois.

Non. Elle ne devait pas paniquer. Ce serait une faute. Elle devait réfléchir. Et vite.

Sortir par la fenêtre ? Certainement pas. Ce serait prendre le risque de se briser la nuque.

Se cacher dans l'armoire ? Sous le lit ? On la retrouverait facilement.

Réfléchir. Réfléchir.

Ses doigts se perdirent de nouveau dans ses cheveux.

Réfléchir.

S'habiller. Oui. Elle devait s'habiller. Elle réfléchirait mieux sans cet horrible accoutrement.

D'un pas silencieux, elle se dirigea vers l'armoire à glace et l'ouvrit.

Un soupire soulagé s'échappa de ses lèvres tremblantes.

Au cœur de tout ce bois rose, il n'y avait que des habits gris. Sa couleur de prédilection.

Mais elle désenchanta rapidement en se rendant compte que ce n'était que du cuir. Pas d'accessoires SM, fort heureusement, elle se serait probablement évanouie de terreur, mais des pantalons, des vestes, des corsets, tout ce qu'elle rêvait de porter mais ne pouvait s'y résoudre face au regard des gens.

Elle farfouilla un peu, et sourit enfin en dénichant un jean large et un sweet taillé à l'origine pour un garçon. Pas de marque, pas d'inscription, c'était parfait.

Elle se sentit mieux. Il ne lui manquait plus que des chaussures.

Elle trouva de hautes bottes de cuirs à semelles épaisses, ainsi que des baskets de toile. Elle les enfila, et fut étonné de les voir pile à sa taille.

Quelqu'un devait sûrement avoir pris ses mesures dans son sommeil. Elle en trembla d'effroi et de dégout.

Ses pas, d'abord tendus, hésitants, terriblement lents, et douloureusement silencieux se firent plus assurés lorsqu'elle posa ses mains sur le seul objet qui, illogiquement, ne l'effrayé pas.

Un ordinateur.

Le monde dans lequel elle vivait lui avait appris qu'il suffisait d'avoir accès à l'ordinateur personnel d'une personne pour en savoir plus que suffisamment sur elle.

Rien.

Il n'y avait rien de personnel dedans.

Un fond d'écran uniformément gris, seul deux icônes ornaient le bureau, la Corbeille, et un dossier nommé « Mes Documents ».

Sans hésitation, Sonjha cliqué deux fois dessus, et ne comprit rien quant à son contenu.

Une icône en forme de bouteille rose nommé « Potion », rien d'autre.

Elle cliqua dessus aussi, mais rien ne se passa. Elle ouvrit alors le menu déroulant, et resta septique vis-à-vis de ce que l'engin lui proposé.

Il n'y avait que trois option : « Retirer objet », « Stocker objet » et « Jeter objet ».

Curieuse, elle choisi la première option.

Tel un distributeur automatique, la fameuse Potion sortie d'en dessous du meuble.

Sonjha resta interdite plusieurs secondes, avant de s'emparer de la bouteille, et de lire sur l'étiquette « Restaure de l'énergie à votre Pokémon ! ».

Etrange, que faisait donc un goodies de Pokémon dans un endroit pareil ?

Et surtout, jamais encore elle n'avait entendu parler d'un ordinateur-distributeur.

Cet endroit était de plus en plus bizarre.

Comme le lui avait appris son psychologue, elle respira et expira plusieurs fois d'affilée, sentant une nouvelle crise de panique s'emparer d'elle.

Si elle voulait s'en sortir, elle devait garder la tête froide.

Inspirer…expirer…inspirer…expirer.

Enfin calmée, elle avisa l'escalier aux marches recouvertes de moquette dans un coin de la pièce.

Qu'avait-elle à perdre ? Si elle était un otage, elle ne risquait rien, dû moins l'espérait-elle.

Résolue, Sonjha descendit cette cage d'escalier, le son de ses pas étouffé par l'épaisseur de la moquette.

Enfin arrivé en bas, elle vit une femme assise à une table carré en train de regarder la television.

Une vision…normale.

Excepté le fait qu'elle ne connaissait pas cette femme du tout.

« CHA-LA HEAD CHA-LA ! »

Le son brutal la fit violement sursauter. Elle poussa un lamentable petit cri aigu, et se rattrapa au mur pour éviter de s'étaler au sol.

Tandis que le générique de Dragon Ball Z continuait, la femme se retourna vers Sonjha, rouge de honte.

« Nani ga okite mo kibun wa heno-heno kappa
CHA-LA HEAD CHA-LA
Mune ga pachi-pachi suru hodo
Sawagu Genki-Dama -Sparking! »

-Bonjour ma chérie, commença la femme, le plus naturellement du monde.

Personne ne l'avait jamais appelle « chérie ». Mais qui était cette femme pour oser lui parler de cette manière ? Peut être la connaissait-elle, une lointaine parente.

Tandis que la quarantenaire se leva pour la saluer, Sonjha scruta son visage pour y déceler une quelconque ressemblance entre elle et un de ses parents.

Rien. Une parfaite étrangère.

La jeune fille se figea, comme bloquée, lorsque la femme l'enserra dans ses bras.

Apparemment elle ne semblait pas sentir qu'il y avait quelque chose qui clochait.

Enfin, après ce qui sembla une éternité à Sonjha, elle la lâcha, mais garda ses mains sur ses avant-bras, tout en la regardant de haut en bas avec…amour ?

-Il est tant que tu partes de la maison…

Elle n'était pas kidnapper ? Elle pouvait sortir quand elle le souhaitait ? Bizarre.

-Et que tu accomplisses ton voyage…

Un voyage ? Sonjha trembla à cette idée. En entendant les voix française du dessins animés, elle avait comprit qu'elle était toujours en France, et à présent cette femme lui disait qu'elle allait partir ? Quitter son pays ?

-…Pokémon.

Elle repensa automatiquement à la bouteille qu'elle avait trouvé dans l'ordinateur. Ce n'était qu'un simple goodies. Pourquoi cette femme lui parlait-elle aussi de Pokémon ?

Mais si elle regardait Dragon Ball Z, peut être était-elle aussi une fan de la licence Pokémon. Et qu'elle lui parlait simplement d'essayer un jeu. Etrange manière d'aborder le sujet.

Mais, tel un serpent, une autre idée s'insinua en elle.

Et si…

Non. Impossible.

Ce n'était qu'une simple cartouche. Un simple jeu.

Impossible.

Inconcevable. Et pourtant…

Sans même qu'elle ne s'en rende compte, Sonjha s'écroula au sol, ne sentit pas les mains de la femme se resserrer sur ses bras pour tenter de la retenir, et sombra dans une semi-conscience.

-Sonjha !

D'où cette femme inconnue connaissait-elle son nom ?

« Je serais dans Pokémon ? » songea la jeune fille en faisait inconsciemment un mouvement de recule lorsque la femme tenta de l'asseoir sur une chaise.

Non.

-Allô ? Professeur Chen ? Oui, c'est bien Dorianne Rödhårig*, et bien…ma fille semble refaire une de ses crises de panique….en lui rappelant qu'elle devait passer chez vous pour choisir son premier Pokémon…très bien, je la maintiens avec moi…merci…à vous aussi, à tout de suite.

Durant tout ce discours, Sonjha ne cessait de hurler, ne sachant pas quoi penser. Où était-elle ? Pourquoi était-elle là ? Qui était cette femme ? De quoi parlait-elle ? Et comment cela se faisait-il que le nom du médecin était le même que le vieux qu'on rencontrait au début du jeu de Pokémon ?

Autant de question qu'elle se poser alors que la femme lui tapotait les joues.

La giflait-on pour qu'elle révèle des choses ? Réponde à des questions ? Pourquoi ne sentait-elle qu'à peine la douleur ? L'avait-on drogué ?

Soudain, une vague de froid lui brûla le visage, sonnant son brusque retour à la réalité. Elle secoua la tête, et fronça les sourcils en voyant la femme avec un verre vide à la main, le visage ravagé par l'inquiétude.

-Désolée, murmura-t-elle en allant ouvrir la porte d'entrée.

Un vieil homme semblable en tout point au professeur Chen de l'anime de Pokémon s'assit en face de Sonjha.

Elle le regardait sans comprendre. Etait-ce une hallucination ? Provoquée par la drogue qu'on lui avait sûrement administré ?

-Alors, tu n'as pas pris tes calmants hier soir ? commença le vieux.

-Hein ? répondit stupidement la jeune fille.

Elle tendit la main, sûre d'avoir affaire avec une vision. Contre toute attente, sa main entra bien en contact avec la joue dure et parcheminée du vieux en face d'elle.

Il sourit tristement, comme s'il avait pitié d'elle.

-Tu as peur de partir toute seule ? demanda-t-il.

-Hein ? Euh … nan.

Entre temps, la femme était allée chercher un plateau sur lequel trônaient gentiment trois tasses vides et une théière fumante.

-Qui veut du thé ? proposa-t-elle en s'asseyant à son tour.

-Pas moi, répondit Sonjha sans réfléchir.

Si elle était droguée, elle ne devait surtout pas prendre de risque d'ingurgiter d'avantage d'hallucinogène.

-Moi j'en veux bien Dorianne, dit le vieux.

Il reporta son attention sur Sonjha, qui le dévisageait, songeuse.

Il ressemblait trait pour trait, le côté dessin animé en moins, au vieux Professeur Chen de Pokémon.

-Merci.

Le vieux leva sa tasse en direction de la femme et en bu une gorgée.

Il lui ressemblait trop pour que ça ne soit qu'une simple coïncidence.

-Alors, tu as peur ?

Beaucoup trop.

-Pourtant, cela fait plus de cinq ans que tu aurais dû le commencer ce voyage.

Mais dans quelle galère s'était-elle encore fourrée ?

-Ton ami, je ne me souviens plus de son nom, ne cesse de s'impatienter, parce que je te rappelle que lui non plus n'a pas fait son voyage, il t'attend.

Le monde de Pokémon…

-D'ailleurs, il doit être dans mon laboratoire, en train de tourner en rond en ronchonnant, pour changer, ricana Chen, ce qui fit glousser Dorianne.

Elle venait de se réveiller dans le monde de Pokémon.

Sonjha se mit à trembler violament. Sa jambe faisait des soubresauts si puissants que la table contre laquelle son genou se cognait sursautait constamment.

Chen posa une main sévère sur sa jambe, ce qui ne fit qu'accentuer d'avantage son stress.

Pokémon…

-Alors, tu vas enfin être courageuse ? murmura-t-il.

Elle posa un regard effrayé sur lui, puis sur la femme. Qui n'avait rien à voir avec la mère de Sacha dans le dessin animé.

Cette dernière la regardait avec incompréhension.

-Tu n'as qu'à le dire si tu ne veux pas le faire, il n'y a pas de honte à ça tu sais, poursuivit Chen.

Sonjha secoua négativement la tête. Elle s'apprêtait à poser des questions lorsque la femme se leva et s'exclama :

-Mademoiselle Sonjha Rödhårig ! J'en ai assez de te voir trainer sans but dans la maison ! Ou tu te bouges et tu fais ce voyage Pokémon, comme tous les autres, ou tu cherches un travail ! Mais arrêtes de passer ta vie à ne rien faire !

Sonjha resta pétrifier devant cette femme qui ressemblait tout à coup à sa mère. Elle aussi reprochait à sa fille de ne rien faire, de paresser, de glander. Et comme tout les ados, Sonjha ne répondait rien et retournait dans sa chambre.

Chen retira sa main de sa jambe.

-Euh…je dois faire quoi ? croassa enfin la jeune fille.

Telle une girouette, la femme qui prétendait être sa mère perdit son masque sévère et revêtir un sourire aussi faux que ceux qu'affichait les gens dans les catalogues.

-Et bien, pendant que tu dormais, je me faisait une joie de préparer ton sac de voyage, dedans, il y a de quoi tenir une semaine, un sac de couchage, du gel douche, des habits chaud, une lampe de poche, de l'argent, bref, le parfait attirail du parfait dresseur !

Elle se retira quelques secondes, le temps de fourrer un énorme sac à dos rose plus que bien rempli dans les bras de Sonjha, qui ne savait pas trop quoi penser.

-Il faut que tu apprennes à te débrouiller, à être plus responsable, commença Chen.

Il la prit par le bras, et l'entraina dehors. La jeune fille n'eut pas le temps de protester, il l'entraina vers le nord, s'arrêta devant un grand parterre de hautes herbes, lança un caillou au milieu. Aussitôt, un troupeau de gros oiseau brun trop étrange pour être réel s'envola telle une nuée de pigeon dérangée par un enfant trop joueur.

-Ça, c'était des Pokémons sauvages, maintenant, suis-moi.

Toujours aussi larguée, et trop choquée pour dire quoi que ce soit, elle suivi à grande peine le vieil homme qui courait presque, au travers du village, jusqu'à une grande bâtisse entièrement en béton.

Il passa une carte magnétique devant une serrure électrique située à côté d'une grande porte, et cette dernière s'ouvrit.

Sonjha se souvenait vaguement de laboratoire de Chen, dans lequel on recevait le Pikachu, mais, le vieux n'était-il pas censé attraper ce Pokémon en sortant de la ville ?

Etrange.

Sans rien dire, elle le suivit toujours au travers des nombreuses paillasses d'expérimentation, toutes recouvertes de cages contenant des créatures bizarre que la jeune fille identifia comme étant des Pokémons.

Elle ne voulait pas chercher plus la raison de leur présence dans ces cages, ne sachant pas trop si elle souhaitait vraiment connaitre la réponse.

Ils dépassèrent des rayons de bibliothèque pleins à craquer, qui semblaient diviser le laboratoire en deux parties.

Tout en réfléchissant à toute vitesse quant à sa présence dans ce monde décousue et illogique, elle vit du coin de l'œil des scientifiques en blouse blanches courir dans tout les sens.

-Sonjha, la rappela Chen.

Elle sortie de sa rêverie, et reporta son attention sur le Professeur.

Il lui souriait gentiment, et lui désigna l'autre homme présent à leurs côtés.

-Bonjour Elric !

Docile, elle le regarda, et ouvrit grands la bouche et les yeux en le reconnaissant.

-Toi ? s'exclama-t-elle.

Les yeux rubis de l'autre daignèrent enfin se poser sur elle. Contrairement à ce qu'elle avait pensé, il ne fut pas étonné de la voir. Au contraire, au lieu d'afficher un visage surpris, il n'eut qu'un simple petit sourire en coin.

-Salut Sonjha, dit-il, tu as bien dormi ?

Elle faillit s'arracher les cheveux en l'entendant parler.

Comment connaissait-il son nom ? Elle venait tout juste d'apprendre le sien ! Elle savait juste que cet albinos de malheur était un employé dans son magasin de jeux vidéos préféré ! Pas un personnage de Pokémon ! Où était le véritable rival ? Celui qui insultait constamment le héro de minable et le rabaissait continuellement ?

Il se rapprocha d'elle, la joue tendue, comme pour lui faire la bise, mais elle recula d'instinct, complètement effrayé.

-Professeur, vous permettez que je discute un peu avec elle ? Histoire de la rassurer ?

-Euh, oui, oui bien sûr !

Le jeune homme s'empara de son bras et la tira dans un coin du labo, à l'abri des regards.

-Qu'est-ce que c'est que tout ce merdier ? s'exclama Sonjha sans même lui laisser le temps d'expliquer.

-Je n'en sais rien du tout, répondit-il calmement.

Ce calme…comment ce garçon pouvait-il être calme alors qu'ils venaient d'être tout les deux projetaient dans une monde qui n'était pas censé exister ?

-T'as déjà joué à Pokémon toi ? demanda-t-elle, tout aussi calme que lui.

-Non, et toi ?

Elle ne pouvait tomber plus bas. En le voyant, elle avait espéré un instant qu'il pourrait lui éclairer sa lanterne, mais non, des deux, elle était celle qui s'y connaissait le mieux.

-Bon, bah… là, c'est le moment où le héro reçoit un Pikachu, tenta-t-elle d'expliquer.

Elle regarda la table qui se trouvait à côté du professeur, qui les regardait d'un œil curieux, et fut étonné de voir trois balls au lieu d'une seule.

-Mais qu'est-ce que…commença la jeune fille.

-Bon, les enfants, voici trois Pokémons. Mais, ils sont dans des pokéballs. Plus jeune j'étais un sacré dresseur ! Mais maintenant, il ne m'en reste que trois. Honneur aux dames, à toi Sonjha.

-Qu'est-il arrivé à vos autres Pokémons Professeur ? demanda la jeune fille, sincèrement curieuse.

-Et bien…ils sont morts.

Chen avait l'air tellement triste qu'elle voulu presque lui faire un câlin. Mais le regard mystérieux et envoûtant de l'autre, celui qui semblait lui tenir lieu de rival, si on suivait la logique (quelle ironie), la clouait sur place.

-Bien, vas-y, prends-en un.

Respectueusement, telle une cérémonie, elle s'avança devant la table, et resta interdite devant les trois images qu'il y avait devant chaque boule rouge et blanche.

Celle de gauche représentait une espèce de lézard orange, celle du milieu une tortue bleue à carapace marron, et la dernière, à droite, une créature de nature indéfinissable verte avec un bulbe sur le dos.

Totalement indécise, Sonjha ne faisait que faire passer sa main tremblante au dessus des trois balles, attendant une solution miracle face à son problème.

Certainement impatient de nature, Elric se racla la gorge.

En sursautant, Sonjha se décida rapidement et pris le Pokémon qui lui semblait le plus logique.

La cartouche du jeu dans lequel elle était tombée, explication la plus plausible bien qu'illogique déjà à la base, étant rouge avec un dragon orange dessiné dessus, la logique voulait donc qu'elle choisisse le Pokémon fétiche de ce jeu.

Comme si le temps jouait contre elle, Sonjha posa la main sur la ball de Salamèche, et éprouva en frissonnant violament le contact froid du métal.

-Bien, tu as donc pris…Salamèche ! s'exclama Chen, fais-le sortir maintenant.

Mais comment devait-elle faire cela ? Elle repensa au dessin animé. Le garçon, Sacha peut être, ne faisait que lancer la ball en l'air en criant le nom du Pokémon.

La jeune fille fit donc de même, en restant silencieuse tout de même. Elle refusait de se couvrir de ridicule en hurlant dans ce laboratoire.

Dans un rayon rouge, le fameux lézard apparu debout sur ses deux pattes arrière, le museau en l'air, comme pour se repérer olfactivement.

Il regarda ensuite sa « dresseuse », se demandant bien qui était cette fille aux cheveux de feu. C'était certainement ce détail qui fit qu'il l'apprécia d'emblait. Enfin quelqu'un qui connaissait les subtilités du feu dont il était un adepte.

Il s'avança lentement vers elle, légèrement chancelant, les quelques années qu'il avait passé enfermé dans sa ball lui ayant ankylosé les membres, et tendit ses pattes vers ce qu'il considérait comme son visage, pour qu'elle le prenne dans ses bras.

Sonjha restait immobile devant ce lézard qui désignait de ses pattes son entrejambes. Jamais elle ne s'était sentit aussi gênée de toute sa vie.

Ecarlate comme sa chevelure, elle s'accroupit, et le Salamèche en profita pour avancer d'avantage vers elle, et s'agripper à une mèche rouge qui tombait par là.

Parfum étrange…il n'arrivait pas à le définir, ça ne ressemblait à rien de ce qu'il connaissait. Même si ça le troublait, il se surprit à l'apprécier. Son premier contact avec un humain. Il s'était attendu à pire. Finalement, elle avait beau sentir la peur, l'incompréhension, la fatigue et le manque de confiance en soit, il se promit de faire un effort.

Tout plutôt que de retourner dans sa pokéball. Il en avait assez du noir, certes confortable, mais qui le coupé totalement du monde extérieur. Au mieux entendait-il ce qui se disait tout près de lui.

-Apparemment, il aime tes cheveux, commenta inutilement Chen, leur couleur rouge y est sûrement pour quelques chose.

Peu importe ce que le vieux lui disait, Sonjha, elle, commençait malgré elle à apprécier ce Pokémon.

« Non, ce n'est qu'un jeu » se força-t-elle à penser.

Alors pourquoi sentait-elle la chaleur émise par le lézard, ce qui était totalement illogique puisque les lézards avaient le sang froid ? Pourquoi sentait-elle qu'il lui tirait les cheveux au point de lui faire mal ? Pourquoi se sentait-elle stupide sous le regard blasé et méprisant d'Elric ?

« Ce n'est qu'un jeu » se répéta-t-elle en forçant le Pokémon à la relâcher.

Il gémit légèrement, mais s'arrêta lorsqu'elle le déposa au sol.

-Tu dois lui trouver un nom maintenant, lui conseilla Chen en souriant.

-Euh…

Un surnom à un Pokémon ? Maintenant qu'il le disait, elle se souvenait qu'en effet elle avait eu la possibilité de surnommer son Pikachu. Mais elle ne l'avait pas fait, par manque d'inspiration.

Elle réfléchi un instant. Alors, Salamèche, simple lézard, qui allait apparemment devenir un immense dragon. La réponse allait de soi.

-Icar, énonça-t-elle distinctement.

Le Salamèche, à présent Icar, la regarda et lui lança :

-SALA !

Apparemment, la réponse semblait lui plaire. Mais elle n'était pas au gout des deux hommes.

-Icar, répéta Chen.

-Ça…ça ne convient pas ? s'inquiéta Sonjha en se mettant à tripoter nerveusement l'ourlet de son pull.

-Si, mais c'est…étrange, d'où vient ce nom ?

-De…une vieille histoire, racontée par ma mère.

Elric la regarda en fronçant des sourcils. Avait-elle dit une bêtise ? Lui en voulait-il ?

-Raconte la moi alors, demanda gentiment Chen.

-Euh…ok.

Sonjha regarda de nouveau son « rival », espérant un peu d'aide sa part, mais il semblait avoir un intérêt plus que marqué pour le sol en damier.

-C'est un homme qui se retrouve enfermé dans une grotte au milieu d'une falaise avec son père, un grand savant. Pour s'échapper, ils décident tout les deux de se fabriquer des ailes avec des plumes de mouettes et de cire de bougie. Son père le mets en garde à mainte reprise de ne pas s'approcher trop près ni du soleil, à cause de la chaleur, ni de l'eau, a cause des vagues traitres. Mais Icare ne l'écoute pas. Il trouve que c'est si bon de voler qu'il va de plus en plus haut, pour toucher le soleil. Et ce qui devait arriver arriva, la cire de ses ailes se mit à fondre et ses ailes se cassèrent, le précipitant dans le sol.

Un long silence s'imposa dans la salle à la fin de son récit.

Jamais encore elle n'avait autant parlé. Qu'est-ce qui lui avait pris ? Avait-elle perdu la tête ?

Elric semblait être sur le point de l'égorger, Chen voulait surement essayer de trouver quelque chose à dire, et Icar était accroché comme une moule à son rocher à la jambe de son pantalon, le regard levé vers elle.

-Bon, Elric, c'est à ton tour, dit Chen nerveusement.

-Oui professeur.

Le jeune homme avança de sa démarche féline vers la table, considéra un instant les deux Pokémons, et s'empara de celle de la tortue.

-Comment l'appelle-tu ? demanda Chen tandis qu'il le sortait de sa ball.

-Raphael, dit Elric sans hésiter.

Sonjha tiqua en entendant ce nom. Elle rit doucement, puis à gorge déployée, en comprenant d'où il -avait tiré ce surnom.

-Tu regardais les Tortues Ninjas étant petit toi ! s'exclama-t-elle.

-Ouais, et alors ? l'agressa Elric.

Elle se calma d'un coup, le ton qu'avait employé l'albinos sur elle lui ayant fait l'effet d'une douche glacée.

-Bah rien, c'est drôle c'est tout, murmura-t-elle, son peu de confiance en elle totalement disparu.

Elle voulait partir, ne plus voir ce garçon effrayant ni ce vieux fou aux mœurs douteuses. Mais elle ne savait pas comment s'éclipser. En s'en allant comme ça sans rien dire ? Ce serait malpoli pour la suite. Mais quelle suite ? Elle allait se réveiller d'un moment à un autre !

-Bon, et si vous vous battiez maintenant ? s'exclama Chen, ce n'est pas ce que vous avez toujours voulue faire tout les deux ?

Elle ? Une fille maigrelette et faible contre lui ? Un garçon qui glacé d'effroi quiconque posait les yeux sur lui ? Le vieux était-il devenu complètement fou ?

Sans même attendre sa réponse, Elric regarda son Pokémon, et lui fit signe d'avancer.

Elle contre la tortue ? Sa respiration s'accéléra, elle se mit à tremblait. Son rêve virait déjà au cauchemar ! S'il n'en était déjà pas un au départ, elle ne saurait le dire.

Soudain, alors qu'elle allait presque céder à la panique, elle sentit la patte écailleuse et tiède d'Icar se glisser dans la sienne.

Elle comprit alors. Ils étaient dans Pokémon. C'était donc des combats Pokémon, rien d'autre.

Sonjha aussi fit signe à son Pokémon de s'avancer, et fut prise d'un doute. Mais comment allait-elle donner des ordres à son Pokémon ?

Dans le jeu, elle avait une liste de commande où il suffisait simplement de cliquer dessus, mais là, rien du tout.

Allait-elle devoir improviser ? Comment faisaient-ils dans l'animé pour connaitre les attaques de leur Pokémon ?

-Euh…dit-elle malgré elle.

Elric haussa un sourcil, toujours en la regardant intensément, comme s'il prenait plaisir à la voir aussi mal à l'aise.

-Raphael, charge, ordonna Elric.

Ces mots sonnèrent en Sonjha tel un glas. Que devait-elle faire ? Icar la regardait d'un air aussi apeuré qu'elle, sans bouger d'une écaille.

La tortue fonça à toute vitesse sur Icar. Le choc le projeta droit contre le mur. Heureusement, il réussi à se relever sans trop de dommage, sûrement en colère.

Il regarda sa dresseuse. Qu'attendait-elle pour lui ordonner d'attaquer ? C'était son rôle à elle, lui ne faisait qu'exécuter. Il se surprit à espérer que bientôt ils seraient en phase.

-Fais-le attaquer griffe et esquive ! lui lança Chen, exaspéré de la voir immobile.

-Attaque griffe ! obéit Sonjha.

Aussitôt, son Pokémon se lança à son tour contre la tortue et lui lacera sauvagement le visage.

Le Pokémon porta ses deux pattes au visage, et ne put rien faire contre les quelques gouttes de sang vermeilles qui s'écrasèrent sur le carrelage.

Sonjha frissonna en le voyant. Elle ne pensait pas les Pokémons aussi violents.

Elric n'avait aucune once de pitié pour son Pokémon, et lui ordonna la même attaque, toujours sur le même ton platonique.

-Esquive Icar !

Le lézard s'écarta juste à temps de la charge de la tortue et contre-attaqua immédiatement à coup de griffe.

Il s'en prit au bras et de nouveau au visage.

Elric crispa un peu la mâchoire en voyant le sang couler de son Pokémon.

Sonjha, quant à elle, ne voulait que s'en aller, loin de toute cette violence qui lui était étrangère.

-Rugissement, ordonna Elric.

-Griffe ! contra Sonjha en hurlant sans même savoir pourquoi.

Tandis que la tortue inspirait pour reprendre son souffle, le lézard se jeta sur lui et lui porta un ultime coup.

La tortue s'effondra en gémissant un « Cara », et ne parvint pas à se relever.

Sans dire un mot, Elric le fit revenir dans sa pokéball et la déposa sur le socle d'une machine qui trainait dans un coin. L'écran s'illumina, il pianota dessus, une douce lumière entoura la pokéball, puis il l'accrocha à sa ceinture, toujours aussi silencieux.

-Tu devrais faire de même, proposa Chen à Sonjha.

Elle mit du temps avant de comprendre qu'il parlait de la machine.

Elle regarda son Pokémon, mais reporta son attention sur Elric, qui sortait une liasse de papier de sa poche.

-Tien, dit-il à Sonjha en la lui tendant.

Elle regardait sans comprendre. Mais qu'était-ce donc ?

-Prends ton fric allez, s'impatienta Elric.

Elle comprit enfin. C'était comme dans les combats de rue ! Le perdant payé le gagnant !

En rougissant, elle lui prit les pokédollars qu'il lui tendait, et le regarda s'en aller sans dire un mot.

-Au fait, dit-il avant de refermer la porte, évite de mourir.

-Euh…

Il referma la porte.

-Ok.

Elle n'avait rien trouvé de plus intelligent à dire. Et pourquoi lui disait-il de ne pas mourir ? Elle repensa au sang du Carapuce. Alors ce serait bien plus violent et mortel que le jeu ?

-Bon, puisque je n'en ai encore jamais eu le temps avec toi, je vais t'expliquer les règles imposées parle Conseil des 4. Tu ne peux capturer que le premier Pokémon rencontré de chaque zone. Il est interdit d'acheter des objets de soin si tu ne te rends pas à l'arène. C'est clair ?

-Euh…ok.

Encore une fois elle n'était pas éloquente.

Elle ne comprit pas ce que le professeur voulait dire. De chaque zone ? Dans le jeu, ce serait à chaque fois que la musique changé. Elle espérait qu'il y aurait au moins des panneaux indicateurs.

-Bien, Jadielle est ta prochaine étape, c'est tout droit au nord, le chemin est direct, tu ne peux pas te perdre. Bon courage !

C'est donc avec un lézard orange pour seule compagnie que la jeune file sortie du laboratoire, affrontant le soleil de Boug Palette.

•¤*¤•. .•¤*¤•

Dorianne Rödhårig* : Dorianne est la version féminine de Dorian, qui ne vient pas du film de Dorian Grey, mais d'un autre héro de , Dorian Hawkmoon. Et Rödhårig, c'est le mot « rousse » en suédois. J'aime me casser la tête pour des prunes.

Bref, donc, voici le premier chapitre, différent de sa première version, et à peu près deux fois plus long. Je ne garantie pas avoir la même taille pour les prochains chapitres, là c'est parce que j'ai pas fait exprès ^^.

Voilà, à vot' bon cœur les reviewers !