« Grand frère, » appela Miku alors qu'elle tâtonnait avec ses clés pour ouvrir la porte de la maison.
Son frère, Mikuo Hatsune, leva les yeux vers elle. Il sourit. « Miku. Comment s'est passé ta journée ? »
« Bien, » elle haussa les épaules. « Maman et Papa ont appelé aujourd'hui ? Il faut que je leur parle des frais à payer pour mon examen de piano. Le professeur m'a dit qu'il faudrait que je m'en occupe bientôt. »
« Ils n'ont pas appelé. Ils le feront sûrement plus tard. Au fait, j'ai préparé le dîner alors mange d'abord quelque chose. J'ai fait du porridge aux poireaux. »
« Merci, Mikuo ! » Miku sourit. Elle adorait le porridge aux poireaux – en fait, elle aimait n'importe quel plat du moment qu'il était fait à base de poireau.
Mikuo sourit à son tour, puis il hésita, en inspirant profondément. « Miku … j'ai un truc à te demander, » commença-t-il. « C'est à propos de quelque chose que Akaito a vu à l'école aujourd'hui. Devant la bibliothèque. »
Miku se figea. « Oui, Mikuo ? » elle tenta de feindre l'innocence. « Qu'a-t-il vu ? »
« Il m'a dit qu'il t'avait vue en train d'embrasser Len Kagamine. C'est vrai ? »
Bon, puisque Mikuo était déjà au courant, il était inutile de faire comme si elle ne savait pas de quoi il parlait. Elle aimait profondément son frère mais son habitude à être trop protecteur envers elle était parfois agaçante.
Mais elle comprenait pourquoi il se comportait ainsi avec elle. Leurs parents étaient sans cesse occuper par leur travail, souvent à l'étranger et pendant de longues périodes. Depuis son plus jeune âge, ils comptaient l'un sur l'autre et Mikuo, en plus d'être son grand frère, en était venu à tenir le rôle de ses parents.
Bien qu'il fût son aîné d'à peine un an.
« Oui, j'embrassais Len Kagamine. » Miku prit son bol de porridge, dans l'idée de savourer dans sa chambre. Mikuo fronça les sourcils.
« Tu ne devrais pas devenir trop proche de Len Kagamine. Je n'ai rien contre lui, mais … d'après ce que j'ai entendu, il est du genre à jouer avec l'affection des filles, il les traite comme des trophées pendant l'espace d'un jour et elles ne sont plus rien le lendemain. »
« Je le sais, Mikuo. Ça fait six ans que je suis dans la même école que lui. » Miku soupira. « Je ne m'intéresse pas à lui de cette façon-là, » mentit-elle d'un air convaincant. Ou, en tout cas pensait-elle être convaincante. « C'est juste un bon ami. Ce baiser ne signifiait rien, ni pour moi, ni pour lui. »
Mikuo haussa les sourcils. « Si tu le dis. Len est un mec bien si on est son ami mais je ne voudrais pas être la proie de quelqu'un comme lui. Si j'étais une fille. Ce que je ne suis pas. »
« C'est juste de la paranoïa, Mikuo, » dit Miku en pouffant de rire. Emportant son porridge, elle monta les escaliers jusqu'à sa chambre, prenant soin de ne rien renverser de son précieux repas. Après avoir mangé, elle commencerait ses devoirs.
Mais un sentiment d'inquiétude flottait dans son esprit en même temps que l'avertissement de son frère résonnait dans ses pensés. Elle savait que Len Kagamine était du genre playboy. Elle le savait depuis un certain temps en réalité – Len Kagamine ne s'était jamais soucié de le cacher.
Alors pourquoi pensait-elle encore à lui de cette façon ? Pourquoi sa seule présence lui faisait-elle battre le cœur et perdre son souffle ? Elle se sentait parfois si stupide d'aimer quelqu'un qui n'éprouverait jamais la même chose pour elle.
Elle n'aimait pas ressentir ça. Mais c'était plus fort qu'elle, et ça faisait longtemps qu'elle avait cessé d'essayer d'attirer son attention. Au lieu de ça, elle tentait, du mieux qu'elle le pouvait, de l'ignorer.
Cependant, le seul fait de l'ignorer était extrêmement difficile. Elle le sentait, dès qu'il entrait dans la même pièce qu'elle. Elle ressentait la présence de Len. Et elle ne pouvait rien faire hormis l'observer, sans le moindre espoir. C'était frustrant.
Elle se demanda pourquoi Len s'était soudain mis à lui parler. Elle se demanda ce qui avait changé, s'il avait à présent de l'intérêt pour elle. Elle balaya immédiatement cet espoir – elle n'était pas idiote, et elle n'allait pas se mettre lamentablement à espérer quelque chose d'impossible.
D'un air résolu, elle attrapa son cartable et en sortit ses devoirs. Elle avait des problèmes d'algèbre à résoudre et elle ne dormirai pas avant d'en avoir fini avec chacun d'eux.
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Len était étendu sur le fauteuil, ses mains jointes sous son menton. Meiko se tenait devant lui, ne portant qu'un léger top rouge ainsi qu'une jupe courte et étroite de la même teinte cramoisie.
Il sourit alors qu'elle s'approchait de lui et elle posa ses mains sur son visage. Il ne bougea pas tandis que les mains de Meiko descendaient de son visage à sa chemise et en saisit les boutons. Il la laissa les ouvrir un par un jusqu'à ce que sa chemise glisse de son torse. Les mains de la jeune femme remontèrent le long de son torse et il renversa la tête en arrière.
Pas de lien affectif. C'était comme ça que ça fonctionnait, pour le sexe, il n'avait besoin de rien de tout ça. Il ne croyait pas à ce genre de sentiment et les femmes qui partageaient ses nuits le savaient. Elles en avaient toutes conscience, chacune était au courant de cette règle.
Il se leva du fauteuil, emmena Meiko jusqu'au mur, et la souleva par la taille. Il la poussa contre la fraîcheur de la paroi, son dos face à lui tandis qu'il saisissait ses poignets, la piégeant ainsi entre lui et le papier peint froid.
Sa main descendirent entre ses jambes et il découvrit qu'elle ne portait aucun sous-vêtement. Elle mouillait déjà, signe qu'elle était prête pour lui et il sourit tout en lui mordillant légèrement la nuque. Ses doigts caressèrent la taille de la jeune femme, aussi légèrement qu'une plume.
Elle s'arqua contre lui, haletante et il s'appuya contre elle, s'amusant à taquiner ainsi son corps. Rapidement, il se débarassa de son caleçon. Certain qu'elle était bien prête pour lui, il se glissa en elle. Meiko poussa un cri, ses cheveux bruns lui chatouillèrent la joue tandis que son corps allait et venait contre elle, rapide et implacable.
Ils bougeaient de façon simultanée et après avoir atteint l'orgasme, il se retira d'elle, aussi détaché que l'instant précédent. Pas de lien affectif. « Tu as aimé ça, Meiko ? » murmura-t-il.
« Oui, » haleta-t-elle, le corps tremblant. « Encore, Len. Reste avec moi, » implorait-elle.
« Non, » dit-il doucement. « Je ne reste pas, tu te souviens ? Je m'en vais une fois qu'on a tous les deux obtenu ce qu'on voulait. Tu le sais, Meiko. » Il caressa sa joue tout en promenant son pouce sur sa peau. « Si tu veux que je reste plus longtemps, fais en sorte que ça mette plus de temps à venir. »
Sur ce, il se tourna et partit, enfilant sa chemise puis son pantalon. Sans se presser, il quitta la maison de Meiko, et elle ne tenta rien pour le retenir – car elle savait qu'il avait dit vrai.
Il ne restait jamais, et elle le savait. Si elle essayait de l'y forcer, il resterait mais ne lui donnerait aucun plaisr et ne reviendrait jamais vers elle.
« C'est l'heure de rentrer à la maison, » dit-il lentement, en regardant la rue. Sa maison, la maison de Rin, ne se situait que quelques maisons plus loin en bas de cette même rue. Il savait que Miku vivait aussi près de chez lui, bien qu'il ne sache pas dans quelle maison.
Miku. Rien que de penser à elle, une sensation de désir le traversa, le genre de désir qu'il n'éprouvait que lorsqu'il songeait à sa sœur. Fronçant les sourcils, il secoua la tête et le désir disparut.
Bizarre.
Peut-être lui demanderait-il le lendemain où elle habitait exactement. Il était curieux, d'une certaine manière, et il voulait vraiment savoir où habitait l'innocente, timide et attachante jeune fille.
Et peut-être la persuaderait-il de lui rendre une petite visite chez elle.
Il cligna des yeux. Non. Il avait trop à faire et de toute façon, pourquoi irait-il la voir ? Il la connaissait à peine.
Cette justification ne tenait pas la route, si l'on se rappelait que ça ne l'avait jamais empêcher de partager le lit de quelqu'un auparavant. Qui la connaisse ou pas lui importait peu – ça lui allait du moment qu'il connaissait le nom de la fille.
Qu'est-ce qui ne va pas chez moi ? Il ne savait pas s'il voulait ou non coucher avec Miku. Il y avait un peu de oui et de non à la fois. Il s'embrouillait tout seul.
Et comment en était-il arrivé à songer tout à coup à Miku Hatsune ?
Il avait dû penser à elle parce qu'il se sentait seul. C'est vrai. Rin était toujours à son rendez-vous avec Kaito et il savait qu'une maison vide l'attendait. Oui, c'est vrai.
Il parvint à chasser Miku Hatsune de son esprit et se mit à marcher en direction de sa maison, essayant de ne pas penser à la jalousie que lui évoquait Rin et Kaito ensemble.
