À quelle heure Miku doit-elle arriver ? J'éviterai de rentrer, pour ne pas vous déranger.

Après les cours, j'imagine. Je ne pense pas qu'elle restera très longtemps. Et tu n'es pas obligée de rester loin de la maison – je ne fais que l'aider pour les cours.

De quoi tu parles, Len ? Je le sais. C'est juste qu'un endroit totalement silencieux est plus propice pour étudier. De toute façon, j'ai prévu de rentrer tard à la maison, le dîner est dans le frigo. Je t'embrasse.

Len poussa un soupir et posa son portable sur la table. Une fois de plus, sa sœur prévoyait de rentrer tard à la maison. Il supposa qu'elle avait sûrement l'intention de sortit avec Kaito Shion. Une fois de plus.

C'était si agaçant. Rin ne pouvait-elle pas lui dire que son frère voulait qu'elle reste chez elle ? Et rien ne l'obligeait à de se tenir à l'extérieur juste parce que Miku venait. Ce n'était pas comme si Miku et lui allaient faire quelque chose d'illégal. Ou quelque chose qui nécessitait d'être en privé …

Il secoua la tête pour faire disparaître ses pensées dépravées. Pff. Comme il pouvait exécrer cette obsession sortie de nulle part pour cette fille.

Si seulement elle n'avait pas attiré son attention en cours, ce jour-là … Ainsi, il serait encore en train de se torturer à propos de Rin mais au moins, il se prendrait pas la tête en pensant à la venue de Miku comme il le faisait à l'instant …

Ça craint. Il renversa la tête en arrière, contre le mur de pierre froide. Il attendait la jeune fille aux cheveux verts devant la bibliothèque de l'école, comme ils l'avaient prévu, et elle était en retard.

Len songea à s'en aller mais se ravisa. Il n'était pas aussi rancunier – après tout, elle avait vraiment besoin de son aide. Il n'allait pas la laisser tomber ainsi à cause d'un simple retard.

Cela dit, il avait toujours détesté les retardataires. Après tout, lorsqu'on se met d'accord sur l'horaire d'un rendez-vous, n'est-on pas supposé tout mettre en œuvre pour arriver à temps ?

« Désolée, Len ! » lança la voix de Miku derrière lui. Elle serrait plusieurs livres dans les bras tout en courant vers lui et il la vit trébucher puis s'effondrer avec ses bouquins étalés sur le sol.

Vivement, Len la rejoignit et l'aida à se relever. Elle rougit, épousseta ses vêtements, puis ramassa ses livres. Des manuels scolaires. Évidemment. « Merci, » murmura-t-elle, le visage toujours cramoisi.

« De rien. Pourquoi un tel retard ? »

« Mon prof d'histoire nous a retenus en classe. Désolée de t'avoir fait attendre, » elle fit une brève et adorable courbette pour s'excuser, avec un sourire timide.

Len sourit à son tour – il ne pouvait s'en empêcher. « C'est pas grave. Suis-moi, » il tourna les talons, puis lui lança un regard en arrière. « Je t'emmène chez moi, ça te va ? »

Elle hocha la tête et lui emboîta le pas. Len l'observa, ses yeux vert pétillants et ses longs cheveux qui atteignaient sa taille, puis ferma les yeux et tenta d'éloigner les visions de lui en train de l'embrasser.

Je suis vraiment obsédé.

Miku ne trouvait pas quoi dire alors qu'ils marchaient en silence vers la maison de Len. Elle marchait aux côtés du garçon de ses rêves (litéralement) et bien évidemment, elle ne voyait pas comment entamer un sujet de conversation avec lui.

Pourquoi était-elle aussi nulle dans ce domaine ?

Miku n'avait jamais eu de petit-ami, et n'avait jamais rien vécu qui se rapporte à de la romance. Son grand frère l'avait toujours protégée de tout, depuis qu'ils étaient enfants et ainsi elle ignorait quasiment tout du domaine des relations amoureuses.

Ce qu'elle avait appris sur le sexe, elle le devait à son manuel de science.

« On y est, » dit soudain Len, et Miku leva les yeux, sortant de ses pensées. Elle détailla la modeste maison à deux étages puis regarda plus loin dans la rue.

« C'est ma maison, là-bas, » fit-elle en clignant des yeux. « Alors on est vraiment voisins ? »

« Tu ne le savais pas ? » Len fronça les sourcils. « Moi, je suis au courant depuis le collège. » Il extirpa ses clés de son sac puis ouvrit le portail et la laissa entrer.

Alors, depuis le collège, depuis cette époque où elle était tombée amoureuse de lui, il vivait à quelques mètres à peine de chez elle ?

Ses joues s'embrasèrent. Comment avait-elle fait pour se ne pas s'en rendre compte ? Maintenant je comprends pourquoi Mikuo me répète tout le temps que je vis dans une bulle.

Il la mena à l'intérieur de la maison, dans les escaliers, jusqu'à sa chambre. En arrivant au deuxième étage, Miku remarqua une porte opposée à celle où la conduisait Len. Intriguée, elle y jeta un œil.

Rin, indiquait la pancarte de la porte. Rin Kagamine, la sœur jumelle de Len Kagamine. « Où est Rin ? » demanda Miku.

Il déverouilla la porte de sa chambre sans accorder un regard à la jeune fille. « Sortie, » dit-il simplement, sans plus d'explications. Miku haussa les épaules et décida de ne pas insister.

Après avoir ouvert la porte, Len s'introduisit dans la pièce, lança son sac sur le lit en désordre. Miku le suivit avec hésitation – c'était la première fois qu'elle entrait dans la chambre d'un garçon autre que Mikuo et elle ignorait complètement à quoi s'attendre.

Elle songea que cette chambre ressemblait à celle de n'importe quelle garçon – le lit n'était pas fait, des vêtements étaient éparpillés sur le sol et quelques boîtes vides de repas à emporter traînaient sur la table de chevet. Le chargeur de son portable était branché.

Le seul endroit qui avait échappé au désordre était une table à étudier. Ses livres étaient empilés dessus, et classés par ordre alphabétique. Miku écarquilla les yeux – elle-même n'était pas aussi méticuleuse.

« Désolé pour le désordre, » dit Len sur un ton d'excuse. « Normalement, je ne reçois aucune visite dans ma chambre. Et je ne fais pas vraiment attention au désordre. »

« C'est rien, » fit Miku avec un sourire hésitant. « Au moins, la table est propre. »

Il rit, d'un son magnifique et chaleureux. « C'est parce que je ne travaille jamais dessus. Je fais mes devoirs et j'étudie sur mon lit. Cette table ne me sert qu'à organiser mes livres et mes devoirs. »

Len alla prendre une chaise. « Assieds-toi », proposa-t-il. « Je vais aller te chercher quelque chose à boire. »

Miku s'assit, son cartable serré contre elle. Len avait toujours eu l'air d'un garçon très sérieux elle n'aurait jamais imaginé que sa chambre ressemblerait à un tel cirque. Elle jeta un œil aux livres sur les étagères, et écarquilla les yeux – qui pourrait avoir envie de lire de la psychologie criminelle ?

« Déjà que je ne comprends rien aux maths. Et il lit de la psychologie criminelle. » Miku avait l'impression de n'être une pauvre gourde comparée à Len Kagamine.

« Tu as soif ? » Il réapparut dans l'embrasure de la porte, deux verres d'eau dans les mains. Elle en prit un et il alla s'asseoir sur son lit. « Alors, qu'est-ce que tu ne comprends pas à l'algèbre ? »

« Tout, » avoua Miku. Len sembla se renfrogner.

« Commençons avec les bases, d'accord ? » dit-il avec un sourire tout en lui faisant signe de le rejoindre.

Réticente, Miku se leva de sa chaise et se dirigea vers lui, sans lâcher son sac.

Len tendit la main vers la poche de sa veste et en sortit une paire de lunettes rouges qui, une fois sur son nez, n'enlevait rien à son charme. « Assieds-toi, » dit-il en tapotant le lit, à côté de lui.

Miku s'assit.

« Allez, montre-moi ce que tu sais faire, » souffla-t-il tout en remontant ses lunettes sur son nez.