Et me revoilà avec un OS tout simple et sans prétention sur la mort de Fred. Je tiens à préciser que ça ne suis pas "Du côté des vivants" mais que j'ai décidé de regrouper toutes mes fics sur ce sujet ensemble.
Et Morphée me le rend.
George W
Résumé:
Encore et encore le même rêve, le même souvenir, le même supplice.
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La nuit était tombée sur le chemin de traverse, recouvrant de son sombre manteau les maisons et commerces alentours. Des lumières filtraient des volets des habitants, éclairant faiblement la rue pavée. Seul le numéro 93 ne laissait voir aucune illumination, signe que son propriétaire devait déjà dormir.
En effet, l'appartement était désert, et des ronflements provenaient de l'une des deux chambres. La première était décoré de nombreuses photos et parfaitement rangée. Mais une atmosphère étrange y régnait, comme si cette partie de la maison n'était pas habité: il n'y avait aucun vêtement ou livre ouvert; aucune trace du quelconque passage de quelqu'un. La deuxième, par contre, avait bel et bien un résidant: des assiettes sales jonchaient le sol, des habits étaient posaient ci et là, négligemment, et une bouteille de Whisky pur feu était ouverte et entamée aux trois quarts. Et enfin: preuve indéniable qu'il y avait de la vie ici: une silhouette dormait dans le lit.
Enfin, s'agitait dans son sommeil.
Je suis face aux portes, je refuse de les ouvrir, j'ai peur de ce que je vais trouver derrière. J'entend des pleurs au loin, mais je n'ose pas franchir le seuil.
Cette silhouette était celle d'un jeune homme, d'environ une vingtaine d'année. Il se tournait et se retournait dans son lit, laissant voir une plaie béante à la place de son oreille gauche. Même si la pénombre s'étendait jusqu'à cette partie du logement, on distinguait facilement une chevelure rousse flamboyante coupée aux niveau des oreilles - de l'oreille.
Soudain, quelqu'un rentre, je décide de le suivre. Autour de moi tout est sanglots et désolation: la grande salle est remplie de blessé. J'aperçois ma famille au fond du réfectoire, mais je ne veux pas y aller, je n'ai pas la force, j'ai peur, je tremble.
Un gémissement troubla le silence de la nuit, et le garçon marmonna des paroles incompréhensible, puis un prénom indistinct. Il recommençait à bouger, à agiter les draps, et des gouttes tombèrent sur son oreillers pâles. Des larmes.
Je sais qu'il s'est passé quelque chose de grave, mais je ne veux pas savoir. J'ai peur du verdict, je sens bien que j'ai perdu quelqu'un, mais je ne veux pas découvrir qui. Pourtant il faut bien que je m'approche. Mais je suis comme tétanisé. J'ai oublié comment marcher, comment parler, comment respirer.
D'abord le bruit fut incohérent, inaudible, puis il apparut très clairement que c'était des sanglots. Le jeune homme pleurait dans son sommeil, enfouissant son visage dans sa couette. Mais son rêve continuait, impitoyable.
Je me décide enfin à bouger, parcourant doucement la distance qui me dépare du reste de ma famille. Et au fur et à mesure que celle-ci disparait, je remarque les yeux rouges de mes proches. je le sais; pourtant je me refuse à le formuler.
De plus en plus de sursauts et de pleurs agitent le rouquin, mais il n'ouvre toujours pas les yeux, continuant son supplice nocturne.
Ils m'aperçoivent, et je ne peux m'empêcher de les compter, encore et encore. Sept. Le nombre danse devant mes yeux; ils devraient être huit. Sept. Sept roux. Pas huit.
Si le jeune homme avait reçu un sortilège de doloris, ses plaintes n'auraient pas été différentes: il criait maintenant, mais continuait à somnoler, il sanglotait et gémissait, mais son cauchemar continuait.
Je me force à ne pas tirer de conclusions attives; pourtant la réalité tente de s'imposer à moi. Ma raison me souffle que oui, il manque quelqu'un, et que je sais qui sais; mais j'écarte aussitôt cette éventualité. Pourtant je suis au courant; je l'ai senti. Mais je ne veux pas le croire.
Puis, ils s'écartent, me dévoilant une vision apocalyptique.
Il se redresse soudain en hurlant, les paupières grandes ouvertes, les iris dilatées et les joues trempées. Il regarda vivement autour de lui, réalisant que son calvaire était finit et qu'il était enfin de retour à la réalité; même si celle-ci est pire. Il prit quelques minutes pour se remettre de ses émotions, et quand ce fut fait, il murmura un mot; un seul. Une trace de désespoir teintait sa voix; et ses paroles sonnaient comme un appel au secours.
-Fred..
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