Voilà (déjà) le chapitre 2. Remerciez les deux personnes qui se sont dévouées pour reviewer … (merci pour votre soutien soit dit en passant !)
Enjoy ! Révélations sur Ed au programme !
Chapitre 2 : Cette histoire me rappelle quelque chose...
Envy, couché sur son lit, tournait et retournait la dague qu'Edward lui avait prêtée. Elle avait l'air très ancienne, pourtant, elle était très propre et parfaitement affûtée. En regardant la lame à la lumière, on pouvait voir du lierre former des entrelacs à la surface de l'acier. Une feuille de cette plante grimpante, taillée dans une pierre verte avec une précision hors du commun en décorait la garde. Une inscription était gravée dans le cuir dans une langue qu'il ne connaissait pas et qu'il comprenait pourtant. Le couteau s'appelait Lierre.
-Comme c'est original...commenta-t-il. Donner un nom à une arme, ça fait un peu fantasy, nan ? Genre : bonjour, Lierre, comment vas-tu, ce matin ?
Le poignard remua tout d'un coup dans sa main, le faisant sursauter. Il le lâcha sur le matelas, où il rebondit sans bruit.
-Ok...Non content d'être un vampire, ce type a des armes vivantes... De plus en plus bizarre. Non, en fait c'est normal après tout, si la magie existe...
Il positionna alors sa main à dix centimètres de la lame.
-Lierre !
C'est alors que le couteau bondit entre ses doigts, comme aimanté par eux.
-Cool... !
Dans sa maison plongée dans le noir, Edward extirpa un vieux livre de sa bibliothèque bien fournie. Il l'ouvrit et le feuilleta, nullement incommodé par l'absence de lumière. Enfin, il trouva la page, celle qui portait la même marque que celle d'Envy : le serpent Jörmungand, le fils de Loki, l'Ouroboros, le symbole de l'infini. Il lut alors le titre du paragraphe comprenant le dessin.
« La prophétie d'Amestris, ou la lignée maudite des Vampyrs. »
Il gronda tout bas. Ses soupçons venaient de se confirmer. Ce jeune homme qu'il avait rencontré, Envy Aglieri...
Il était dans de beaux draps.
Edward se trouvait caché dans un arbre, un platane, et observait attentivement la fenêtre en contrebas. Là, un jeune homme brun aux étonnants yeux améthyste semblait s'ennuyer à mourir en écoutant son professeur d'une oreille distraite. Le blondinet se souvint avec nostalgie des rares cours qu'il avait suivis. C'était il y a si longtemps...
Il secoua la tête, refusant de se laisser envahir par ses émotions, et reporta son attention sur le garçon. Il ébouriffait ses cheveux avec lenteur, comme si cette activité pouvait, en durant plus longtemps, l'arracher à son ennui profond. Par quelle coïncidence pouvait-il s'appeler Envy ? Le destin était décidemment une chose étrange.
Par contre, Edward était heureux de l'avoir trouvé avant les vampires, car ainsi il pourrait éviter la catastrophe. Le jour précédent, il était arrivé à la conclusion suivante : si Envy venait à tomber entre les mains des vampires, le monde serait perdu.
Celui qu'il espionnait sembla revenir à la vie lorsque la cloche sonna, vrillant les oreilles sensibles d'Edward. « Quel son barbare ! Comment peut-on être heureux de l'entendre ? » se demanda-t-il.
C'est alors qu'Envy leva la tête et croisa son regard. Aussitôt, l'excitation emplit ses yeux d'une vitalité nouvelle. Il se leva de son banc et sortit à la suite de ses camarades de classe pour retrouver le vampire dans la cour, un peu à l'écart des autres.
-Qu'est-ce que tu fais là ? demanda-t-il sans toutefois paraître énervé.
-Je surveille les environs...répondit évasivement le vampire.
-Juste en face de ma fenêtre ? À d'autres.
-Je te surveillais pour pouvoir t'achever si je te vois parler de moi à quelqu'un.
-Comme c'est gentil. Non, sans blague, pourquoi tu es là ?
-Etant donné que les vampires semblent t'en vouloir, je me suis dit qu'un couteau ne te suffirait pas, alors je suis venu t'espio...te protéger. Et je te signale en passant que tu as l'air de parler avec un arbre. Mal entretenu, si tu veux mon avis.
-Ben descends alors !
Edward ricana et se laissa tomber à terre, juste à côté du brun.
-En parlant de la dague, elle est un peu...bizarre.
-Comment ça ?
-Ben...Elle bouge toute seule.
Edward ouvrit de grands yeux.
-Vraiment ?
-Attends, je te montre.
L'humain sortit la lame de sa poche et la posa au sol, à plat dans l'herbe. Puis il se releva.
-Lierre ! dit-il tout haut.
Le couteau sauta dans sa main.
-C'est normal ? fit Envy d'une voix peu convaincue.
-Non, je ne crois pas.
Edward regarda le morceau d'acier avec un drôle d'air, comme si ce phénomène confirmait ses peurs.
-Autre chose, poursuivit le brun. Ce matin, Lierre est tombée devant ma mère, mais elle n'a rien dit, comme si elle ne la voyait pas. Ce n'est pas normal non plus, j'imagine... ?
-En effet.
Ed semblait terrorisé. Envy se hâta de ranger l'arme, de peur que le vampire décide de la lui reprendre.
-Comment tu l'as appelée ?
-Ben, Lierre. C'est écrit dessus.
-Ah... ? fit Ed d'une voix éteinte.
-Heu...Et si tu m'en disais un peu plus sur les vampires ?
-...Si tu veux.
-Ils ne craignent pas la lumière, n'est-ce pas ? Sinon tu ne te promènerais pas en plein jour.
-C'est vrai.
-On peut les tuer en les vidant de leur sang, comme tu l'as fait pour Amanda...
-Tout à fait. On peut aussi les décapiter, embrocher leur cœur avec du bois, même si je préfère utiliser des armes en acier trempées dans des essences végétales. C'est bizarre, mais ça marche très bien. Les végétaux sont un véritable poison pour eux...Pour nous.
-Ah. Et pourquoi détestes-tu les vampires ?
-J'ai mes raisons et elles ne regardent que moi.
-Hrmmm. Bon. Et d'où viennent-ils ? Qui les a créés ?
-C'est une vieille histoire, mais j'ignore si elle est vraie. Un jour, il y a très longtemps, un homme normal a très mal tourné. Il voulait découvrir le secret de l'immortalité car vieillir lui faisait horreur. Il a épluché de vieux manuscrits, qui lui ont appris ce qu'il voulait savoir. Il a exécuté un genre de rituel et il est devenu immortel. Seulement, pour le rester, il avait besoin de boire du sang régulièrement. Il pouvait aussi accorder l'immortalité à ses fidèles en leur donnant son sang avant de les tuer. C'est ainsi qu'ils devenaient des vampires.
-C'est étrange...commença Envy. Cette histoire me rappelle quelque chose. Comment s'appelait cet homme ?
-Demetrius.
Le jeune homme ressentit un long frisson lui parcourir l'échine.
-Il...vit toujours ?
-Je l'ignore. Mais si tel est le cas, il doit posséder une puissance hors du commun, et je ne veux surtout pas avoir à l'affronter.
-Comment sont apparus les chasseurs ? Enfin, tu n'es pas tout seul à les combattre, si ?
-Une femme a fondé notre ordre presque au même moment que la création des premiers vampires. D'après elle, les vampires étaient la pire engeance que la Terre ait jamais portée.
-Mais toi, tu en es un. Les autres chasseurs t'ont accepté ?
-La plupart rêve de me planter un pieu dans le cœur, rit Edward, mais peu en seraient capables ! Je travaille toujours seul, alors ils se fichent un peu de ma présence, tant qu'ils ne me voient pas, tout va bien.
-Question suivante : d'où vient Lierre ?
-Elle appartenait au vampire qui m'a transformé. Je la lui ai prise quand je l'ai tué.
-Ah. D'accord.
-Tu as fini avec tes questions ?
-Pour le moment. Ah, non. Tu as découvert quelque chose sur mon tatouage ?
-Rien du tout, mentit Edward avec aisance. Ce n'est peut-être rien.
-Tu mens.
-Quoi ?!
-Je sais bien que tu mens, comme quand tu as parlé de Lierre. Tu crois que la vérité est dangereuse pour moi, ou tu me considères juste comme un gamin trop curieux ?
-Je...Je crois qu'il est trop dangereux pour toi d'en savoir trop. Ce n'est pas bon pour toi e mettre ton nez dans mes affaires.
-Mais ma marque, ce sont mes affaires ! riposta Envy.
-Crois-moi, un truc pareil ne te fera que plus souffrir. Après, tu ne pourras plus passer à autre chose.
-Mais c'est ma vie qui est en jeu ! C'est à cause de ce foutu tatouage que les vampires m'en veulent, alors si je ne sais même pas ce qu'il représente... Allez, Ed, dis-moi !
-NON ! Tu ignores tout de cette histoire, et c'est tant mieux ! N'y mets pas ton nez ou tu n'en sortiras pas indemne ! Je fais ça pour te protéger !
-C'est donc à cause de ce dessin que tu me protèges ?
-En partie, grommela Ed en repartant se cacher dans son arbre.
-Tu ne t'en tireras pas comme ça, gronda Envy.
Un peu plus tard dans la journée, le brun appela son ami Russel pour qu'il le rejoigne juste en dessous de l'arbre où Ed se trouvait.
-Qu'est-ce qu'il y a ? demanda Russel. Pourquoi tu m'as emmené ici ?
-J'ai un secret à te confier, il fallait qu'on soit au calme.
-Je t'écoute.
-Voilà : crois-tu en l'existence des vampires ?
-Je...
Russel ne put terminer sa phrase, car Edward se laissa tomber derrière lui pour l'assommer. Il rattrapa le jeune homme avant qu'il ne heurte le sol.
-Je peux savoir à quoi tu joues, crétin d'humain de mes deux ?! s'écria Ed, ulcéré. Tu tiens tant que ça à te faire tuer ?
-Je n'avais pas d'autre choix. Ou tu me dis ce que tu sais sur mon tatouage, ou je révèle l'existence des vampires à tous ceux que je rencontre. C'est toi qui vois.
Edward roula les yeux, pris au dépourvu.
-Et tu penses qu'ils vont te croire ?
-Tu veux parier ?
Edward fit la moue et fronça les sourcils.
-Qu'est-ce que ça t'apportera, de savoir ça ?
-J'aurai moins l'impression que tout le monde se sert de moi. Je saurai enfin pourquoi tu te sens aussi concerné par ma sécurité. Je pourrai agir de façon à ne pas faire de connerie.
-T'en fais déjà de belles, de conneries, ronchonna Edward.
-Bref, voilà mon ultimatum. Tu me dis tout ce que tu sais ou je raconte à tout le monde la vérité.
-Mgnmmmrmmm...
-Je te demande pardon ?
-Je te dirai tout, mais à une condition. Ou plutôt deux.
-Dis toujours ?
-Je te le dirai ce week-end seulement, en attendant, mords sur ta chique et tais-toi.
-Et la seconde ?
-Tu m'accompagnes à l'Ordre des Chasseurs et je te dis tout ce que tu veux savoir quand on sera là-bas.
-Juré ? Absolument tout ce que je veux savoir ?
-Promis, juré.
-D'accord, nous avons un deal.
Et Russel, dans tout ça ? Ben, il dormait. Et quand il s'éveilla enfin, Envy fit genre : « Tu es tombé dans les pommes, comme ça ! Tu es sûr que tu manges bien ? »
Prenez toujours soin de vos amis.
« Plus que deux jours et je saurai enfin la vérité... » pensa Envy en sortant du bâtiment où il avait cours. Il fut à peine surpris en voyant Edward se diriger vers lui avec la ferme intention de le raccompagner jusque chez lui.
-Si je ne te connaissais pas aussi bien, je pourrais croire que tu m'aimes ! ricana-t-il.
-Il est préférable que tu me connaisses bien, alors, grommela Edward en marchant à ses côtés.
-Mais quand-même, un garde du corps plus petit que moi, c'est la honte !
-JE NE SUIS PAS PETIT ! ESPECE DE MICROBE !
Tout le monde se retourna sur eux.
-Heu, Ed, tu veux bien te calmer ?
-Groumpf. Comment tu m'as appelé ?
-Ed. Ça te pose un problème ?
-Non...On ne m'a jamais appelé comme ça. J'aime bien.
-Va pour Ed, alors !
Envy leva la tête et offrit son visage au soleil. Edward garda les yeux rivés sur ses chaussures.
Ils marchèrent ainsi côte à côte jusque la rue d'Envy. Là, ils rencontrèrent une drôle de femme aux yeux mauves et aux cheveux roux. Dès qu'elle les vit, elle alla droit sur eux.
Edward se mit en garde, mais le brun sourit.
-Bonjour, m'man ! Ça va ?
-Bonsoir ! Ça va, et toi ? L'école ? Et qui est ce charmant jeune homme ?dit la mère d'Envy en souriant et en embrassant son fils.
-C'est Edward Elric, un...nouvel ami.
-Enchantée, je suis Christina Aglieri, la mère d'Envy ! Tu veux venir à la maison pour le goûter ? Il y a des cookies qui sortent à peine du four !
L'estomac d'Edward gronda, mais le vampire l'ignora, un peu pris au dépourvu par la gentillesse envahissante de Christina.
-Heu, non merci, madame...Ma mère m'attend à la maison... Je vous remercie du fond du cœur pour votre invitation, mais je me dois de refuser. Au revoir.
-Oh, comme c'est dommage...
Ed rêvait ou elle avait vraiment l'air triste ?!
-Dis, m'man ? Je peux inviter Ed pour un pyjama-party vendredi soir, s'il te plait ? Je vais chez lui pour le week-end, si ça ne t'ennuie pas...
-Mais bien sûr ! Je serais absolument ravie d'accueillir Edward pour la nuit ! Mais seulement s'il vient dès la fin des cours, hein !
-Bien sûr, glissa perfidement Envy.
-Heu...bredouilla Edward. Je vais demander...
Christina sourit jusqu'aux oreilles et entra dans la villa, les laissant seuls sur le trottoir.
-Pyjama-party ?! T'es malade ou quoi ?!
-Oh, allez, Eeeeed ! Ma mère n'arrête pas de me bassiner pour que je ramène des potes à la maison ! Sois sympa !
L'adolescent prit ses yeux de chien mouillé.
-Bon, d'accord, soupira Ed. Attends, tu veux dire que ton pote Russel n'est jamais venu chez toi ?!
-Ben, ce n'est pas comme si c'était mon meilleur ami, c'est juste un copain, c'est tout...
-Ah, bon. Vous le cachez bien... Tu n'as pas...
-D'autres amis ? Nan, pas besoin.
-Ah... Et moi qui me plaignais d'être seul...
-Raison de plus pour venir vendredi soir !
-Tu as l'art de l'à-propos, dis donc.
Edward se remit en route pour rentrer chez lui.
Puis il se retourna après quelques mètres.
-Au fait...Elle est très gentille, ta mère. Prends-en soin.
Et il disparut.
Vendredi après les cours, Edward envisagea la fuite. Sérieusement.
Mais la seule chose qui le retint, ce fut la perspective de l'enlèvement d'Envy par quelque vampire mal intentionné. Il claqua ses mains contre ses joues pour se donner du courage et tenta d'ignorer les bruits que faisaient son ventre et la brûlure dans sa gorge. Il n'avait pas bu de sang depuis...quand, déjà ? Pas bon, ça. Pourvu qu'il ne s'en prenne pas aux Aglieri... à force de les surveiller jour et nuit, il oubliait de se nourrir ou plutôt il n'en avait pas le temps. Perdu dans ses ruminations intérieures, il n'entendit pas Envy, qui en profita pour l'aggriper par les joues et les tripoter joyeusement.
-Alors, Ed, tu es prêt ? Pyjama-partyyyy ! chantonna-t-il.
-Lâche-moi ! s'exclama Edward en sentant sa faim s'intensifier.
Envy s'exécuta et le dévisagea bizarrement.
-Quoi ?! J'ai un bouton sur le nez, ou quoi ?!
-C'est juste que...tu es encore plus en rogne que d'habitude.
-N'importe quoi, j'suis pas en rogne !s'emporta le blondinet. Bon, on y va, qu'on en finisse ?
Il attrapa le jeune homme par le poignet et l'entraîna jusqu'à chez lui. Accueillis par la mère d'Envy, qui leur servit le goûter, ils mangèrent en silence, ou du moins ils se turent, car Christina monopolisa la conversation.
Les cookies aux pépites de chocolat calmèrent un peu la faim d'Edward, qui se détendit peu à peu. Il joua au twister, puis à des jeux vidéos avec Envy pendant toute l'après-midi, puis ils aidèrent Christina pour le repas du soir. Sous le regard entendu d'Envy, le vampire mangea son steak saignant et complimenta Mme Aglieri pour son dessert, une mousse au chocolat.
-C'est mon petit Envy qui l'a faite ! s'exclama-t-elle alors.
-Elle est excellente !
-Bah...C'est facile à préparer, alors...
Le brun avait viré au cramoisi, ce qui fit rire ses interlocuteurs.
Le vampire remarqua alors le sourire de la jeune femme. Elle avait l'air sincèrement heureuse qu'il soit venu chez eux et qu'il s'amuse avec son fils. Edward se fit donc un devoir de rire aux éclats dès que possible pour faire plaisir à son hôtesse.
Ensuite vint l'heure de la pyjama-party.
-Dans ta chambre ?!
La voix du vampire partait dangereusement vers les aigus et ses crocs jaillirent d'entre ses lèvres sous l'effet du choc.
-Ben, ouais, pourquoi pas ? sourit naïvement le brun.
-Mais mais mais t'es pas sérieux ?! Je vais prendre le canapé, oui !
-Pas question, une pyjama-party, ça ne se fait pas dans un salon ! Enfin, pas chez nous ! Tu dors dans ma chambre ! Et remballe tes crocs, ma mère va les voir !
-Mais tu ne vas quand-même pas faire dormir un vampire dans la même pièce que toi ?!
-Ben, si. J'ai confiance en toi, moi. Tu n'es pas du genre à faire ce genre de connerie, pas vrai ?
-Ben, bredouilla le vampire.
-Adjugé, tu dors avec moi !
Envy poussa son ami dans la pièce et ferma la porte pour être sûr qu'il ne s'enfuirait pas.
-Envy !se lamenta Edward en voyant le lit de camp à côté d'un lit normal avec des couvertures noires sur les deux. (Oulah, c'était pas très français, ça)
-Mais pourquoi tu te déshabilles ? s'étouffa le blond.
-J'vais pas dormir ainsi, je vais mettre mon pyj... Hééé ! Tu as pris le tien au moins ?
-Heu, non, je dors comme ça, moi...à vrai dire, je dors rarement...
-Quoi ?! N'importe quoi, je vais t'en prêter un.
Envy lui arracha ses fringues et tira un T-shirt et un short noirs de sa garde-robe. Il les lui enfila de force sans cesser de ricaner comme un sadique et admira le résultat.
-Magnifique, on dirait qu'ils sont faits pour toi. Enfin, tu flottes un peu dedans, malgré que ce soit de vieux vêtements, mais...
-Dis tout de suite que je suis petit ?!
-Meuh non.
-Et pourquoi toutes tes affaires sont noires ?
-Ben, parce que j'aime cette couleur, c'est tout.
Envy enfila ses habits et fit un croche-pied à Ed qui s'étala sur son lit. Envy s'installa à ses côtés.
-Heu, et on fait quoi, maintenant ? demanda Edward.
-On se raconte des trucs totalement débiles et on rigole comme des crétins jusqu'à ce qu'on soit fatigués.
-Mais...C'est con !
-Tout à fait. Tu commences ? Tu dois en avoir, des trucs à raconter. Comment es-tu devenu un vampire ? Tu es né quand ? Tu étais quelqu'un d'important ? Un prince ?
-Une question à la fois ! Je suis né il y a...des siècles, je ne sais même pas quel âge j'ai... Je n'étais personne, ou presque. Je n'étais pas vraiment riche, ni pauvre, je vivais assez simplement dans un corps de ferme.
-Et qui t'a transformé ?
-A vrai dire, je suis né comme ça, en tant que vampire. Non, en fait, je suis mi-vampire, mi-humain. Mon père était un vampire qui voyageait un peu partout dans le monde. Il a rencontré ma mère et ils ont eu des enfants, dont moi.
-Tu as des frères et sœurs vampires ?
Edward se rembrunit.
-Non, je suis le seul à avoir hérité du gène vampire. Mon frère est mort il y a bien longtemps, ainsi que ma mère et mon père.
-Ton père aussi ?
-Oui. Je l'ai tué.
-Quoi ?! Tu as tué ton père ?! Mais pourquoi ?
-Ce doit être difficile à comprendre pour toi, mais même si c'était mon père, je le haïssais de toutes mes forces. Il a laissé mon frère et ma mère mourir. Il y a eu un incendie dans notre ferme. J'ai essayé de les sauver, mais mon père n'a rien fait. Il regardait les flammes sans rien dire, sans même bouger le petit doigt. Je n'ai pas su les sauver et je m'en veux toujours autant.
-Ce n'était pas ta faute...
-Peut-être, soupira Ed. Mon père, ce salaud, m'a emmené loin de ma terre natale. Je n'ai même pas pu aller sur leur tombe... Un jour, je l'ai vu avec une autre femme, une humaine... Et là, je n'ai pas pu me retenir. Je ne pouvais pas le laisser trahir ma mère ainsi, ni le laisser détruire la vie de cette femme. Je lui ai planté un pieu dans le cœur et je me suis enfui en emportant Lierre. Un chasseur de vampires a essayé de me tuer, mais il m'a épargné au dernier moment, parce que je suis à moitié humain et que je ne me conduisais pas comme les autres. Enfin, je dis il, mais c'était une femme, une Japonaise du nom d'Izumi. Une femme effrayante, qui m'a appris son métier et m'a permis de devenir un bon vampire, un vampire qui se bat pour les humains...
-Je comprends mieux, maintenant... commenta Envy. Et... ?
-Bon, je suis fatigué. Si on dormait ?
-...Si tu veux.
Envy regagna son lit et ne tarda pas à dormir, à la différence d'Edward qui ne cessait de se retourner. La soif le brûlait, et son corps meurtri lui ordonnait d'agir. Il jeta un coup d'œil à la silhouette endormie d'Envy et se leva en silence, dirigé par son instinct. Le jeune humain sentait si bon... Et une femme dormait non loin de là...Quel délicieux repas !
Il s'assit au bord du lit et se pencha sur le jeune homme, la bouche entrouverte, prête à mordre. Il déposa doucement ses lèvres sur le cou blanc qui lui faisait face et commença à le lécher pour attendrir la peau. Le brun se mit à gémir dans son sommeil, ce qui le ravit au plus haut point. Puis, deux orbes améthyste apparurent entre ses paupières, d'abord hagardes, ensuite étonnées et enfin effrayées.
-Heuuuuu, Ed ? Tu fais quoi, là ?
Le jeune homme se débattit, mais des mains puissantes le saisirent par les épaules pour l'empêcher de se lever.
-Ed ! Tu me fais mal !
Ses yeux s'écarquillèrent lorsqu'il vit les prunelles de son ami rougeoyer dans le noir.
-Ed ! Arrête, s'il te plait ! Tu me fais vraiment flipper, là ! Qu'est-ce qui te prend ?
-Ferme-la, gamin braillard, dit sèchement le blondinet en resserrant sa prise.
Il s'assit à califourchon sur sa victime pour s'y installer plus confortablement et reposa la bouche sur son cou, mettant ses crocs bien en évidence.
-Tu sens bon... Je crois que je vais te manger... mais pas tout entier... Ensuite je viderai ta mère de son sang et je te montrerai son cadavre...
-Ed, reprends-toi ! Tu n'es pas un monstre !
-Tu n'as aucune idée de qui je suis, humain, gronda la créature.
Plus l'adrénaline emplissait le vampire, plus il changeait physiquement. Si le Edward habituel était naturellement mignon à regarder, le vampire en lui était si séduisant qu'il faisait mal aux yeux. Ses iris pourpres brillaient dans la nuit comme ceux d'un félin, ses cheveux gagnaient en éclat et en douceur, sa peau se faisait plus douce, plus soyeuse, son corps irradiait la force et la chaleur...
Ses canines acérées plongèrent sous sa peau et Envy ne put retenir un hoquet de douleur et ne chercha plus à s'enfuir.
C'est alors qu'il comprit pourquoi les vampires étaient des prédateurs. Comment résister à un tueur auquel on n'a pas envie d'échapper ? Des larmes jaillirent aux coins de ses yeux, mais il eut beau battre des paupières, elles refusèrent de couler. Il jeta alors les dernières miettes de conscience qui lui restaient dans un appel désespéré :
-Lierre !
Puis il sombra avec soulagement dans l'inconscience, s'abandonnant entre les bras de celui qui le vidait de son essence vitale.
Aïeaïeaïe ! Méchant Ed !
(Cela dit, j'aimerais bien être à la place de mon Vyvy, moi...)
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