Voilà le nouveau chapitre tant attendu par ses innombrables fans ! (Envy : y en a vraiment qui ne doutent de rien !) Merci en passant à Marie et Lizbeth qui me couvrent de reviews. Je vous adore ! Ce chapitre marque l'apparition d'un personnage que tout le monde connaît et qui n'était jamais apparu dans aucune de mes histoires. (Profitez-en, ça ne se reproduira pas de sitôt !) Enjoy !
Chapitre 5 : Moi aussi, je veux te protéger...
Elycia Hugues, dix-sept ans, blonde, yeux verts, observait avec curiosité le nouvel élève qui avait élu domicile sur le banc voisin d'Envy Aglieri. Elle connaissait très peu ce dernier, mais savait de source sûre qu'il était impulsif, bagarreur et assez asocial. C'était sans doute pour cette raison que le banc voisin au sien restait vide en permanence. Elle feuilleta son carnet de notes, en bonne apprentie journaliste et responsable du quotidien de l'école qu'elle était, et retrouva facilement la fiche de son camarade de classe.
NOM : Aglieri
PRENOM : Envy
AGE : 17 ans
ANNIVERSAIRE : 21 mars
CHEVEUX : noirs
YEUX : violets
TAILLE : + ou – 1m75
VILLE NATALE : inconnu
PERE : inconnu
MERE : Christina Aglieri
AMI(S) : Russel Tringham
PLAT PREFERE : inconnu
COULEUR PREFEREE : sans doute le noir
RENSEIGNEMENTS SUPPLEMENTAIRES : asocial
Non, ce type n'était pas le genre qu'on approche facilement. Dans ce cas, pourquoi discutait-il avec animation avec le nouvel élève ? Se connaissaient-ils déjà ? Elycia prit une nouvelle page et commença une fiche perso.
NOM : Elric
PRENOM : Edward
AGE : entre 16 et 18 ans
ANNIVERSAIRE : inconnu
CHEVEUX : miel
YEUX : ambrés
TAILLE : très petit, environ 1m 62
VILLE NATALE : inconnue
PERE : inconnu
MERE : inconnue
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Hmmmm...Un garçon bien mystérieux, pile comme elle les aimait. En plus il était très mignon ! Comment un garçon pareil pouvait rester dans le voisinage d'Envy ? Elle avait hâte d'en savoir plus. Et son statut de journaliste allait l'y aider. Elle profita de l'intercours pour se lever et se diriger vers le beau blond, enregistreur à la main.
-Bonjour ! Je m'appelle Elycia Hugues, du journal du bahut. Je peux te poser des questions ? (Sourire commercial)
Edward se tourna vers elle, un peu mal à l'aise. Envy se crispa. Il ne l'aimait pas beaucoup depuis qu'elle l'avait harcelé pour avoir son numéro.
-Heuu...Si tu veux.
-Bien, alors, je peux savoir d'où tu viens ?
-Ben, je suis né dans ce pays et avant j'habitais un peu plus au Nord, dans un petit village...
Envy prit un air intéressé et se pencha un peu plus vers eux.
-Ta date de naissance ?
Edward se sentit pâlir. Il avait oublié non seulement l'année, mais aussi le jour. C'est qu'il l'avait rarement fêté, faute de temps...
-Heu... le 31 décembre.
-Quelle année ?
-1504.
Elycia resta un instant figée, puis éclata de rire tandis que les deux garçons se regardaient, rouges d'embarras.
-1504 ?! C'est la première qu'on me donne une réponse pareille ! Tu es quoi, exactement ? Un revenant ?
-Bien sûr que non, intervint Envy. C'est un vampire.
Edward faillit lui donner un coup de poing, mais se ravisa. Après tout, si les autres croyaient à une blague... D'ailleurs, toute la classe, attirée par le bruit, s'était attroupée autour de son banc. En reniflant discrètement, il s'assura qu'aucun d'entre eux n'était un vampire. Parfait.
-Tu dors dans un cercueil ? demanda une fille.
-Tout à fait. Je l'ai mis dans une crypte, pas loin de la ville.
-Hé, Ed ! Mords-moi dans le cou ! lança une adolescente d'une vois hystérique en offrant sa nuque au garçon.
Dans un premier temps, le vampire sourit d'un air contrit.
Puis il sentit sa propre gorge le tirailler et ses sens s'aiguiser. Cette fille sentait tellement bon... Pour sa part, Envy remarqua, catastrophé, les iris d'Ed virer au pourpre foncé.
-Ben ça va pas ? fit quelqu'un en le voyant immobile.
-Je...je...balbutia le vampire.
Sa soif se réveillait. Pourtant, il avait bu le matin même... ! Il jeta un regard paniqué à Envy qui comprit et l'attrapa par le bras pour le conduire hors de la classe vers les toilettes. Il ouvrit la porte d'une des cabines et y entra avec son ami.
-Ca va aller, Ed ?
Le vampire respirait difficilement, tentant de calmer la faim qui le rongeait. Mais ses yeux gardaient obstinément la même couleur rouge flippante et ses crocs ne tardèrent pas à pointer hors de sa bouche. Envy le força à s'asseoir en rabattant la planche et s'accroupit face à son ami.
-Ed ? Tu m'entends ? Tu as soif ?
Le vampire acquiesça, la tête entre les mains.
-Prends mon sang.
Edward releva la tête, les pupilles dilatées.
-Non...Je vais encore te faire du mal ! Si je n'arrive pas à m'arrêter...je...
-Chuuut... Tu ne me feras pas mal, je t'assure. Je te fais confiance pour ça. Tu l'as déjà fait une fois et je suis toujours en vie.
-Grâce à Lierre.
-Ed ! Fais-moi confiance ! ordonna Envy.
Il écarta ses cheveux et ouvrit le col de sa chemise pour dégager son cou.
-Ed...Fais-le...tu te fais du mal à lutter comme ça...
Le vampire se releva en l'entraînant avec lui et saisit la mâchoire du brun de la main gauche, et le bas de son dos de la droite. Et, toutes dents dehors, il plongea dans la chaleur du réseau de veines qu'on lui offrait.
Envy, le dos cambré de force en arrière, ne put s'empêcher de tressaillir en sentant la langue de son ami- de son prédateur- parcourir sa peau pour la rendre plus souple, plus facile à percer. Lorsque le vampire trouva l'endroit qui lui convenait (dans le creux au dessus de l'épaule), il prit une grande inspiration, adressa un dernier regard animal à sa victime et planta ses canines en elle, faisant jaillir le sang qui ruissela le long de son menton. Il s'enivra de cette odeur captivante quoiqu'interdite, s'émerveilla de sa merveilleuse couleur et de son goût enchanteur. Le sang d'un donneur consentant était meilleur que n'importe quel autre. Toujours.
Quand il sentit le poids de l'adolescent qu'il mordait s'alourdir, il réalisa que ses jambes s'étaient dérobées sous lui et accompagna sa chute jusqu'au sol en l'étreignant comme un amant.
-Edward...Tu en prends trop, là, souffla sa nourriture.
Mais il n'en avait que faire, alors il continua à boire le fluide vital à même la source.
Envy gémit doucement en sentant sa vie le quitter...
C'est alors qu'une force inconnue jusqu'alors implosa en Edward, permettant à sa conscience de reprendre le dessus sur ses instincts. Il ôta ses dents de la jugulaire d'Envy et s'ouvrit le poignet pour lui offrir son propre sang. Au début, l'humain à moitié dans les vappes ne sembla pas comprendre, puis il ferma les yeux et aspira doucement le liquide, soulagé d'être en vie. La blessure se referma lentement sous l'action de l'élixir vampire qui se démena pour produire de quoi remplir les artères de son nouveau corps.
Edward imbiba d'eau un mouchoir propre et tamponna le cou d'Envy pour le lui nettoyer. Lorsque sa peau eut repris sa belle teinte albâtre, il jeta le mouchoir dans les WC et se frotta la bouche. Envy, quant à lui, reprenait peu à peu connaissance.
-Tu vois... ? Tu ne m'as pas tué...
-Tu as vu dans quel état tu es ? Tu as failli mourir...à cause de moi ! Pourquoi je t'ai écouté ?
-Je ne sais pas, mais je suis content que tu l'aies fait, soupira Envy.
-Pfff... Comment tu te sens ?
-Bien. Le sang de vampire, c'est génial... (Envy avait un de ces sourires idiots... !)
-Tu racontes n'importe quoi. Par quel miracle me suis-je arrêté à temps ?
-C'est peut-être ça, mon pouvoir ?
-Quoi ?!
-Ben, tu sais, tout vampire qui boit mon sang régulièrement acquiert un pouvoir plus grand que celui des autres !
Edward resta un instant sans bouger.
-Dis ce que tu veux, mais je n'ai pas l'intention de boire ton sang régulièrement ! Je suis censé te protéger, merde ! fini-t-il par dire.
Il sursauta en sentant la paume fraiche d'Envy se poser sur sa joue.
-Moi aussi, je veux te protéger... Si pour ça je dois te nourrir de mon sang, alors je le ferai. C'est la seule chose que je puisse faire pour toi.
-Si tu veux faire une chose pour moi, reste en vie, crétin !
Ils restèrent ainsi plusieurs minutes, Envy couché sur les cuisses d'Edward. Au bout d'un moment, le jeune homme se sentit prêt à se lever et décida de retourner en cours, soutenu par son ami. Ils s'excusèrent auprès du professeur, prétextant un malaise pour justifier leur longue absence et retournèrent à leur place sous l'œil curieux d'Elycia, qui avait vu les yeux d'Edward virer au rouge...
Elle se jura d'enquêter sur ces deux-là et de découvrir leur secret.
À la fin des cours, elle s'infiltra illégalement dans le bureau de la secrétaire, qui était déjà partie. Elle fouilla en vain dans les dossiers des élèves, car ses deux camarades de classe semblaient ne pas en avoir... Ou bien avaient-ils été volés ?
-C'est ça que tu cherches ? fit une voix goguenarde dans son dos.
La jeune fille se retourna vivement et se retrouva nez à nez avec un grand type d'environ trente ans entièrement vêtu de noir, comme Edward et Envy. Il tenait négligemment deux fardes souples entre ses longs doigts blancs. Les dossiers manquants.
-Je...je peux tout expliquer, bredouilla Elycia en tremblant comme une feuille.
L'homme sourit. Comme il avait de longues dents...
-Ne t'inquiète pas, petite, je ne dirai rien à personne, mais je veux quelque chose en échange.
-Heu... Quoi donc ?
Le sourire de l'homme grandit encore.
-Ta coopération...
Le lendemain après-midi, aucun vampire n'avait encore montré les crocs. Pourtant, Envy et Ed ne purent rentrer chez eux, pour la simple et bonne raison qu'Envy était en retenue pour avoir donné des coups de pied à un distributeur qui avait avalé son argent. Edward avait haussé les épaules en l'apprenant et s'était résigné à l'attendre en dehors de la pièce, vu qu'il ne pouvait pas rester avec son ami. Il l'accompagna donc jusqu'à la salle des colles et s'appuya négligemment contre la porte fermée pour deux bonnes heures d'attente. S'il arrivait quelque chose, il n'était pas loin.
Au bout d'une demi-heure, il sursauta en entendant des pas. Elycia venait droit sur lui, rouge de timidité.
-Heu...Je peux te parler, s'il te plait ? demanda-t-elle.
-Je t'en prie.
-On ne peut pas aller ailleurs ?
Edward jeta un regard ennuyé à la porte derrière laquelle Envy travaillait, puis haussa les épaules. Il n'en avait pas pour longtemps, après tout... Et puis Envy n'était pas seul...
Il suivit Elycia à quelques couloirs de la salle.
-Qu'as-tu à me dire ?
-Hé bien, voilà, je ne sais pas trop comment tu vas le prendre, mais je...
Envy était penché sur sa feuille, à peine concentré. Il ne pouvait s'empêcher de se dire qu'il n'était pas en sécurité, aussi loin d'Edward. Pourtant, il n'était pas si éloigné, juste derrière la porte. Et puis, qui entrerait comme un débile dans une salle de colles pour l'assassiner ? Et il avait toujours Lierre avec lui, au cas où. Il était seul dans la classe si l'on oubliait le nouvel éducateur qui se trouvait dans son dos et épiait chacun de ses mouvements. À un moment, ledit éducateur se leva de sa chaise et se dirigea vers lui. Envy se mit immédiatement sur la défensive et se crispa. Quel était le numéro de la bande de Mustang déjà ?
Il se gifla intérieurement. Il était trop con, d'avoir peur d'un pion ! Et Ed réagirait au moindre bruit...
La main de l'éducateur se posa lourdement sur son épaule et il se retourna brusquement. L'homme avait quitté son masque avenant et montrait les crocs en souriant comme un sadique. Envy hoqueta et se saisit de Lierre, mais le vampire l'envoya voler dans un coin de la pièce. Il lui écrasa la bouche, l'empêchant d'appeler le couteau ou Edward et tenta de l'assommer, mais le jeune homme esquiva le geste.
-Rends-toi et je ne te ferai aucun mal, souffla le monstre.
Envy, toujours muet par la force des choses, fronça les sourcils et réfléchit à sa réponse. Il la trouva quand son regard glissa sur un crayon bien taillé qui sortait de sa trousse. Il attrapa le mini pieu et le planta dans la main de l'assaillant, qui beugla de surprise comme de douleur.
Morale du jour : pas besoin d'un pieu, un bon critérium, ça marche tout aussi bien.
L'adolescent en profita pour fuir la poigne de son agresseur, qui lui sauta aussitôt dessus, les griffes en avant. Pas le temps d'appeler Lierre. Où était Ed, bon sang !? Envy roula au sol grâce aux excellents réflexes acquis après toutes ces années de baston et évita aisément le vampire pédagogue, lequel se redressa et bondit de nouveau vers lui. Envy se pencha en avant, un peu extatique de pouvoir se défendre face à plus fort que lui, et plongea la main dans la poche de son pantalon pour trouver son portable et appeler à l'aide.
Edward commençait doucement à s'inquiéter. Elycia ne cessait de s'embourber dans de longues explications et plus le temps passait, plus il était énervé.
-En fait, je crois que je t'aime...bredouilla finalement la jeune fille.
-Heuu... ? Tu en es sûre ?
-Je...je crois.
Ce qu'Edward sentait dans l'odeur de cette fille, ce n'était sûrement pas de l'amour, plutôt de la peur. Et de la culpabilité. Il plissa les yeux.
-Qui t'a dit de me dire ça ?
-Mais personne, je... !
-Ne me mens pas, s'il te plait !
Elycia blêmit, puis baissa les armes.
-C'est le nouveau pion qui m'a forcée à le faire, sinon j'allais avoir des ennuis...
Edward poussa un juron et n'attendit pas la fin de la phrase.
Envy ...!
Le sang d'Envy se glaça. Son GSM avait disparu. Remarquant son angoisse, le vampire sourit de nouveau et brandit un petit objet noir et argent... Inutile de dire quoi. Il le lui avait sans doute subtilisé à l'instant où il était entré... La main toujours dans la poche, Envy sentit une chose étrange, allongée, fine, sûrement en plastique et qui se terminait par une pointe assez grosse. À l'autre bout de l'objet se trouvait un genre de piston... Il comprit. Il s'agissait d'un genre de seringue remplie de mines de crayon et qui servait à recharger rapidement un portemine. On trouvait cela partout dans le commerce, dans les rayons « Fournitures scolaires ». (J'en ai une ! c'est assez pratique...) Ce n'était absolument pas dangereux, car il n'y avait pas d'aiguille dessus.
Il avait dû la glisser dans sa poche à un moment où il ne pensait à rien, où il était distrait... Une idée commença à poindre dans son cerveau. Le vampire se figea en le voyant sortir la seringue, les doigts bien serrés autour et les yeux pleins d'assurance. Il posa le bout de l'objet sur sa gorge.
-N'avancez pas ou j'enfonce l'aiguille ! cria-t-il. Cette seringue est remplie d'un poison extrêmement violent que même le sang de vampire ne peut combattre. Vous ne voulez pas que je me tue, pas vrai ?! Alors reculez !
-Fais pas de connerie, gamin...fit le vampire, tentateur.
« Pourquoi ils ressemblent tous à des putains de tops models ?! » pensa Envy.
Il recula lorsque l'homme tenta de s'approcher. La porte de la salle était derrière l'assassin. Si seulement il pouvait le contourner...
La porte explosa alors, projetant des bouts de bois dans toutes les directions. Envy poussa un petit cri quand l'un d'eux s'enfonça dans son épaule nue. Relevant la tête, il vit Edward, furax, couvert de saletés et le pied en l'air. Sans doute avait-il défoncé la porte verrouillée par les bons soins du vampire.
-Ed !
-Tu vas bien ?
-Ca peut aller...
(Écouter "Main title" de Hasegawa Tomoki (Dans Majin Tantei Nougami Neuro))
Le vampire, d'abord surpris, fit face au nouvel arrivant.
- Tigre ! C'est la deuxième fois que nous nous croisons ! Tu te rappelles ?
Le blondinet eut une moue d'incompréhension, puis ouvrit des yeux grands comme des soucoupes.
-Toi !
-Moi.
-Qui ça ? demanda Envy en se sentant très con.
-C'est le connard qui a tué Sloth, il y a cinq cents ans, devant mes yeux !
Edward semblait plus en colère que jamais. Il irradiait la rage et une odeur d'ambre brûlé remplit la pièce, agressant les narines de son ami.
-Hé oui, c'est moi ! J'ai eu le plaisir de la regarder se noyer en implorant qu'on laisse sa famille en paix ! J'ai moi-même tué son mari et sa fille, mais son fils aîné a survécu, et c'est tant mieux car son descendant est ici, avec nous, prêt à l'emploi !
-D'où il me cause comme ça, ce con ?! s'enflamma Envy.
Il récupéra Lierre et se mit en garde, aussi énervé qu'Edward.
Le vampire le dévisagea en ricanant.
-Tu comptes te battre, gamin ? Tu veux venger ton ancêtre ? Hé bien, viens, je t'attends !
-Envy, je t'en prie, ne fais rien ! Ne bouge pas ! ordonna Edward, le pieu à la main.
-Mais... !
-Obéis, s'il te plait ! Il est trop fort !
Le brun se renfrogna et resta dans son coin. Et le combat commença. Au début, les forces s'équilibrèrent, mais Edward fut bien vite aveuglé par la colère et la soif de vengeance, ce qui le conduit à faire des erreurs. Il perdit sa concentration et ne put esquiver un coup en traître que lui assena son ennemi. Il tomba au sol et y resta quelques secondes, étourdi. Le vampire en profita pour le clouer au sol en l'empalant au niveau du ventre avec un morceau de la porte.
-OUARGH !
-ED ! s'écria Envy, impuissant.
-Reste...là-bas... grogna le blondinet en arrachant le pieu et en se relevant difficilement.
Le sang du garçon s'écoula en abondance sur le sol autour de ses pieds, aspergeant les murs et imbibant ses vêtements. Pourtant, les yeux voilés par la douleur, il tint bon et resserra sa prise sur son arme.
-Toujours aussi idiot, soupira le tueur. Pourquoi te battre pour les humains ? Laisse-moi emmener le gamin et je te laisserai la vie sauve !
Le doute transparaissait clairement dans la posture d'Edward, dont le visage se décomposa.
-Après tout, continua l'autre, nous sommes frères de race !
Ed ferma les paupières.
-Tu ne me feras pas refaire les mêmes erreurs qu'il y a cinq cents ans ! Et tu es tout, sauf un frère ! cracha-t-il avec dédain en rouvrant les yeux, plus décidé que jamais.
À peine eut-il fini de parler qu'il bondit sur son adversaire, qu'il envoya rouler au sol. Quand l'autre tenta de se remettre debout, il lui écrasa la jugulaire d'un pied et le menaça de son couteau avec un regard de psychopathe.
Le vampire éclata d'un rire à glacer le sang et déséquilibra Edward en exécutant une torsion des jambes. Le blondinet tomba sur le lino et prit ses distances grâce à un double cumulé en arrière. Il se catapulta vers son ennemi et attrapa ses genoux, le pieu coincé entre les dents. L'assassin tenta de se raccrocher à une table, mais il n'en eut pas l'occasion. Il sentit brusquement un grand courant d'air frais dans le corps et s'écrasa pour de bon, la tête séparée du corps. Il eut juste le temps de voir Envy, debout, les jambes écartées, la dague couverte de sang. Son sang.
-Ca c'est pour Sloth, déclara l'humain. Crève, salopard !
Envy lui planta Lierre dans le cœur, et tout devint noir autour du vampire.
Vaincu par sa cible... Quelle honte. Mais il pouvait encore faire une chose...
-Petit, ton oncle t'attend...souffla-t-il. Demetrius veut te voir...
Le brun tressaillit et Edward eut un hoquet de surprise. Leur ennemi était toujours en vie...
L'assassin finit par expirer, un sourire énigmatique aux lèvres et heureux d'avoir instillé la peur dans l'esprit de son rival de toujours.
Envy courut vers Edward, qui semblait avoir cessé de se vider de son sang. En effet, la plaie commençait déjà à cicatriser.
-Comment est-ce possible ?! Normalement, tu devrais avoir un énorme trou dans le ventre ! Le bois est un poison qui vous empêche de cicatriser, non ?!
Ed ôta les échardes encore plantées dans son abdomen et les jeta par terre en soupirant.
-Faut croire que ton sang est plus puissant que celui que je bois habituellement, dit-il avec un sourire triste. Comment va ton épaule ? Tu saignes.
Envy se concentra sur son bras. Il avait retiré le débris et les bords de sa blessure se rapprochaient jusqu'à se refermer complètement.
-J'ai bu ton sang, moi aussi, tu as oublié ?
Ed éclata de rire, bientôt imité par son ami qui l'aida à se relever en se tenant les côtes.
Ils furent interrompus par un cri aigu et strident.
Elycia avait tout vu.
-Mais qu'est-ce qui s'est passé ? ne cessait de répéter la jeune fille.
Les deux garçons se regardèrent, un peu embarrassés.
-On lui dit ? demanda Envy en se grattant l'arrière de la tête.
-J'imagine que oui... Elycia, crois-tu aux vampires ?
-Ca n'existe pas !
-Ben, faut croire que si, ils existent. J'en suis un.
L'adolescente recula et se cacha derrière Envy.
-C'est une blague, hein ?!
-Non, j'en ai peur. Je suis un chasseur de vampires, et en général, je ne tue pas d'humain.
Elycia trembla de plus belle en gémissant.
-T'aurais pas pu éviter le « en général » ? grommela Envy.
-Tu es un vampire et pourtant tu les tues ?
-Ouais. Ils ne sont pas tous aussi sympas que moi.
-Depuis combien de temps tu es au courant, Envy ?
-Depuis une semaine et demi, je dirais.
-C'est pour ça que tu t'entendais bien avec Edward ?
-Oui. Il m'a sauvé la vie plusieurs fois. La plupart des vampires m'en veulent grave, on dirait.
-Donc, ce type, là, c'en était un ?!
-Oui. J'imagine que c'est pour m'éloigner d'Envy qu'il ta demandé de me déclarer ton amour ?
-Quoi ?! s'insurgea Envy.
-Oui, c'est vrai. Il m'avait prise en flagrant délit, et il en a profité pour me demander de faire ça... Je ne pouvais pas refuser, je suis vraiment désolée...
-C'est pas grave, il aurait pu t'infliger bien pire...la consola Edward tandis qu'Envy fulminait encore.
-Et donc...tu as quel âge, en fait ?
Le blondinet réfléchit un instant.
-Environ 513 ans, j'imagine... je ne sais plus exactement.
-Ouaaaah, mais t'es super vieux, en fait, se moqua Envy.
-C'est pas de ma faute !
Ils se disputèrent un peu, jusqu'à ce qu'Elycia leur rappelle que la salle de colle était, ben...dévastée. Ils rangèrent et nettoyèrent toute la pièce, et Edward fit disparaître le cadavre comme il l'avait fait avec celui d'Amanda, ce qui lui semblait remonter à plus longtemps qu'en réalité. Il leur montra l'appareil mis au point par son amie Winry, une chasseuse très douée de ses mains qui avait découvert dans le grenier du QG les plans d'une machine capable d'accélérer la décomposition des corps. Il ressemblait à une télécommande noire avec des tas de voyants lumineux.
Après avoir effacé toutes les traces de leur passage, ils quittèrent l'école, heureux d'être en vie. Envy les invita à passer la soirée chez lui pour mettre les choses au point avec Elycia et peut-être même la soumettre au chantage pour qu'elle se taise à propos de l'existence des vampires et la véritable identité d'Edward. La jeune fille jura de se taire, même si en tant que journaliste, cela lui coûtait.
Après leur départ, Envy se coucha sur son lit en triturant Lierre, ce qui était devenu une habitude après une semaine passée à côtoyer des vampires. Il avait nettoyé son arme du sang qui la maculait et avait un peu aiguisée son fil.
Il posa le couteau sur le matelas et fit un compte rendu intérieur de sa journée.
Il y avait maintenant une personne de plus au courant pour les vampires. Edward avait évité de lui dire la totalité de l'histoire d'Amestris, ne lui révélant pas le rôle d'Envy dans la guerre contre les vampires. Elycia savait juste qu'on essayait souvent de l'enlever. Ce n'était pas plus mal... D'un autre côté, Envy en avait marre de cette situation. Il aimait bien Ed –même plus que bien, ce qui l'effrayait un peu- mais il ignorait combien de temps allait durer cette protection rapprochée. Le matin même, il avait vu Riza promener son chien juste en face de sa maison ! Il en avait sa claque de toute cette histoire.
Le plus flippant, dans tout ça, c'était le plaisir qu'il avait éprouvé en plantant sa lame dans le cœur du vampire. Il s'était senti tellement content de tuer ! Devenait-il un assassin, lui aussi ? Et ça, ce n'était rien. Demetrius était en vie. Et il voulait le voir.
Ça tombait bien, parce que lui aussi.
Il ressentait aussi de drôles de choses quand Edward le mordait, comme... de l'euphorie. Ça l'électrisait, lui coupait la respiration mais sans être désagréable... Hormis la douleur de la morsure, il adorait ça. Et là, il avait peur de devenir dépendant. Existait-il des psys pour ce genre de chose ?
Il s'imaginait déjà raconter ça sur un fauteuil en cuir. « Oh, oui, docteur, j'adore quand mon meilleur ami me mord. J'ai l'impression d'avoir un orgasme à chaque fois ! Tiens, à ce propos, c'est un vampire... » Il ricana tout bas.
Que ressentait Edward de son côté, quand il lui suçait le sang ? Le même ? Pas étonnant que les vampires soient si accro !
Des sentiments dérangeants le titillaient, et il ne savait pas comment réagir. Une envie de tabasser Ed, puis de l'embrasser. Il ne voulait plus être seul, maintenant qu'il l'avait pris dans ses bras dans cette cabine de chiottes insalubres... Il avait connu la chaleur d'une étreinte amoureuse (ou affamée), et ça lui avait plu. Non, en fait, il avait adoré ça. Et au fond de lui, il espérait qu'Edward aussi devenait dépendant de lui... C'était comme s'ils ne pouvaient plus vivre l'un sans l'autre... Comme de l'am...Non, impossible !
Il était hétéro.
Non ?
Voilà pour ce chapitre. J'ai eu du mal à le finir celui-là !
J'ai l'impression que certaines phrases sont super-mal écrites, mais techniquement, ce doit être compréhensible quand-même...
Que va-t-il advenir de notre couple préféré ?
Envy va-t-il enfin assumer ce qu'il ressent pour notre Edward national ?
Demetrius arrivera-t-il à mettre la main sur son neveu ?
Quel camp choisira Envy ?
Edward saura-t-il toujours le protéger ?
Les Diables rouges gagneront-ils un jour la Coupe du Monde ?(question type d'une Belge, attention, lecteurs français ou Québéquois.)
Aurai-je des reviews de mes fans adorés ?
