Titre: Mission : séduction
Auteur: Little Sanmalo
Fandom: One Piece
Pairing: Zoro/Usopp
Rating: R
Disclaimer: Eiichiro Oda
Nombre de mots: 3 259


Luffy avait, en se roulant par terre à force de rire, la réaction la plus saine de l'équipage du Merry. Et cela inquiétait Usopp. Beaucoup.

Nami avait l'air très satisfaite d'elle-même et de son œuvre.

Chopper applaudissait comme un dément.

Robin complimentait la finesse de son ossature.

Sanji louchait sur ses jambes d'un air de plus en plus intéressé.

Zoro avait l'air de vouloir tuer tout le monde, à commencer par le Coq.

Et tous entouraient Usopp, fier et preux guerrier des mers, actuellement (et très temporairement) déguisé en fille, qui couinait (d'une façon tout à fait virile) en tirant sa jupe pour tenter de couvrir ses cuisses.

« Namiiiiii ! La robe est trop courte ! »

« La robe est parfaite, et elle t'a coûté un sacré paquet de Berrys. » dit la jeune fille en tapant la main de son ami. « A ta place, je ne m'amuserais pas à la déchirer. »

« Nami San a raison, tu es vraiment très bien Usopp, étonnamment bien. » ajouta Sanji, les yeux toujours vissés aux jambes du brun.

Zoro émit un grognement menaçant : « Arrête de le reluquer comme ça, cuistot-pervers ! Tu commences à baver. »

Avec sagesse, Nami coupa court à la conversation par quelques uns de ses coups de poing très convaincants dont elle avait le secret, puis réexposa les grandes lignes de son fabuleux plan.

« N'oublie pas Usopp, la carte se trouve dans un coffre de la chambre de ce vieux Marquis. Mais il en a fait une vraie forteresse, et la Marine en ville nous empêche de mener une approche plus… musclée. »

« Moi j'étais pour l'approche musclée. » s'exclama le Capitaine, suivi fidèlement par ses compagnons masculins.

« La ville est trop loin de la côte, s'enfuir jusqu'au navire aurait été difficile. » réexpliqua patiemment Robin.

« Oui, la ruse est moins risquée cette fois-ci. » continua Nami. « D'après les habitants, le vieux chnoque a un gros faible pour les brunettes bien bronzées. »

Usopp leva un regard mouillé vers Robin, qui secoua la tête avec un sourire placide : « Des brunes bronzées, Long-Nez San. Il semblerait que ma peau soit trop pâle à son goût. »

De grosses larmes faillirent déborder de ses yeux avant que Nami ne lui rappelle qu'ils étaient lourdement maquillés de noir et non, Usopp ne voulait effectivement pas qu'elle lui remette du khôl et du mascara.

Alors, il écouta bravement les dernières recommandations de ses compagnons ; il n'avait pas grand-chose à faire puisque le Marquis avait la réputation d'être un gros cochon entreprenant, il lui suffisait de se laisser guider jusqu'à la chambre, d'assommer le vieux pervers, de voler la carte et de s'enfuir discrètement. Zoro l'attendrait avec ses vêtements habituels et ils pourraient repartir tranquillement jusqu'au Merry.

Et comme l'homme fier et courageux qu'il était, Usopp accepta cette mission que lui seul pouvait faire. Ceci dit, l'acceptation n'empêchait pas ses jambes de s'entrechoquer tandis qu'il se dirigeait vers le manoir luxueux du Marquis en compagnie de Zoro.

« Arrête de trembler ! Et puis n'écarte pas autant les jambes, aucune fille ne marche comme ça ! »

« La ferme, j'chuis pas une fille ! Et puis, qu'est-ce que t'y connais toi, en démarche féminine d'abord ? »

« Nami et Robin ne marchent jamais comme ça. » grommela Zoro.

En avalant péniblement sa salive, Usopp admis qu'il avait raison : son attitude ne devait pas paraître très gracieuse. Mais c'était difficile d'être une fille ! Comment faisaient-elles, chaque jour, chaque heure, tout le temps, pour réussir à être séduisantes ? Avoir les cheveux démêlés et coiffés, les vêtements impeccablement repassés, être parfaitement mais discrètement maquillées, sentir bon…, et tout ça à la fois !?

« C'est nul d'être une fille. » marmonna Usopp. « Elles doivent sans arrêt être jolies, mais je ne sais pas comment faire moi. J'ai juste l'air d'une… d'un… d'un travelo. »

Zoro acquiesça d'un hochement de tête solennel, ce qui lui valut une taloche bien méritée.

« EH ! T'es pas sensé être d'accord, juste me remonter le moral ! »

Les yeux du bretteur se plissèrent dangereusement tandis qu'il frottait son crâne endolori.

« T'en prends pas à moi idiot ! C'est le plan débile de Nami, pas le mien. C'est de ma faute à moi, si tu marches comme un gorille en jupe et en… » Il ricana un peu « … en talons hauts ? »

Même si le vieux Marquis habitait dans un quartier isolé de la ville, Usopp ne voulait pas prendre le moindre risque d'attirer l'attention sur eux – et surtout pas sur lui! Alors il ravala ses cris furieux et paniqués, et à la place tenta une démarche chaloupée sensée être sensuelle. Il vit Zoro se raidir et s'écarter progressivement de lui d'un air inquiet.

Ce n'est qu'une fois arrivés dans la rue où se trouvait l'imposant Manoir que Zoro explosa.

« Mais arrête de te tortiller comme ça ! On dirait un ver au bout d'un hameçon ! »

Usopp prit une posture défensive, jambes écartées, genoux pliés et poings menaçants : « Si tu l'ouvres à chaque fois pour critiquer ce que je fais, alors ne dis rien ! Tu crois que c'est facile toi, de marcher comme une fille quand on est un valeureux guerrier des mers ?! »

« Faut croire que non. » marmonna Zoro en dévisageant son compagnon habillé comme une femme, dans la position la plus anti-féminine du monde. « Peut être qu'on devrait y aller en force, comme Luffy l'a suggéré. »

Le canonnier du Vogue Merry s'accrocha au T-shirt de Zoro dans un geste désespéré : « Noooon ! Tu veux que Nami nous tue ? Ou qu'elle augmente notre dette jusqu'à ce qu'on ne puisse plus payer et qu'on lui doive des intérêts jusqu'à la fin de notre vie ? » Héroïquement, Usopp réussit à ne pas ruiner son maquillage et retint ses larmes. « Zorooooo ! Aide-moi ! Il faut que je sois convaincant en tant que fille, je suis trop jeune pour mourir ! Rends moi séduisante, je t'en priiiiiiiiie ! »

D'abord effrayé, Zoro essaya de retirer les mains qui s'agrippaient à lui, mais le désespoir leur donnait une force prodigieuse. Avec un soupir, il abandonna pour réfléchir à la requête du brun. Ce qui, dans la mesure où Zoro était davantage homme d'action que de réflexion, prit un certain temps. En tout cas, cela parut aux yeux d'Usopp parfaitement interminable.

Enfin, les traits du bretteur se détendirent sensiblement et il eut un hochement de tête déterminé. Il inspira profondément puis regarda Usopp droit dans les yeux, comme au début d'un combat. Plus qu'inquiet, le jeune homme travesti resserra sa prise sur les vêtements de son ami et déglutit péniblement.

« Tu sais, Sanji dit que n'importe quelle femme devient belle après une bonne partie de jambes en l'air. »

'Hein ?' Interloqué, Usopp cligna des yeux. Il ne s'attendait pas du tout à ça et ne savait pas trop quoi répondre.

« Sanji a dit ça ? »

« Oui. Enfin non, le Coq parle comme dans un livre pour filles, et ça ressemble plus à 'n'importe quelle femme rayonne après une nuit d'amour'. » Les deux hommes grimacèrent un peu devant tant de guimauve. « Mais il le dit tout le temps, comment t'as pu ne pas l'entendre au moins une fois ? »

« Eh ! Et toi, comment t'as fait pour l'entendre ne serait-ce qu'une fois ? Tu dors tout le temps ! »

« Ferme-la Usopp, ou je ne t'aiderais pas. » grogna Zoro en prenant le brun par la main pour l'entraîner dans l'étroite ruelle qui longeait le manoir.

Surpris, Usopp fit de son mieux pour ne pas trébucher du haut de ses talons aiguilles et se laissa guider puis plaquer contre un mur.

« Ouch ! Zoro, fait attention, Robin et Nami ont mis plus d'une demi-heure à me coiffer ! » Il réarrangea du mieux qu'il put les mèches qui tombaient maintenant devant ses yeux.

« Elles ont fait du bon travail. »

Le commentaire, ferme et assuré, fit s'immobiliser Usopp. Il réalisa alors que le bretteur était proche de lui, tellement que ça en devenait inconfortable. Une main placée de chaque côté de sa tête rendait toute fuite impossible.

Pas qu'il est envie de fuir. Non, ça serait lâche et indigne d'un preux guerrier des mers. Mais vraiment, Zoro avait-il besoin de le fixer si, euh… fixement ? Et puis d'aussi près ?! Parce que s'ils avaient l'habitude de vivre ensemble, de dormir dans la même pièce, de se soutenir si nécessaire, chaque fois qu'ils avaient partagé une quelconque proximité, cela avait était tout ce qu'il y a de plus amical. Et jamais – jamais – Usopp n'avait ressentit ce malaise, ou cette tension, ou cette augmentation étrange et subite de la température aux alentours de son ami.

Il entendit soudain un petit piaillement qui ressemblait beaucoup à sa voix quand Zoro glissa d'un geste un peu brusque les doigts dans ses cheveux.

« Les boucles sont jolies, moins crépues que d'habitude. Et j'ai toujours aimé la couleur. Noire, mate. Comme de l'encre. Ton cou aussi… » Des ongles raclèrent gentiment la nuque. « Il aussi parfait que celui d'une femme. Élancé, mince, fragile. La coiffure le met bien en valeur. »

La caresse avait fait frissonner Usopp. Violement. Et il était impossible que son compagnon ne l'ait pas remarqué. Mais cela ne semblait pas le gêner. Au contraire, les mains de Zoro poursuivaient leur chemin sur le corps du tireur, ses épaules, son dos, ses reins. Les cheveux verts chatouillèrent sa joue quand il se pencha pour effleurer du nez le creux de son cou et Usopp inspira brutalement, respirant un air chargé des odeurs de Zoro. La mer et la sueur, familières, mais aussi l'acier et le sang, plus intimes, chacune de ses fragrances si proches qu'il pouvait presque les goutter sur sa langue.

C'était vraiment surréaliste comme situation, et si son corps avait l'air de s'y accommoder petit à petit, son esprit rejetait tout en bloc. Car dans une situation normale, Zoro ne le coincerait pas entre un mur et son corps pour le cajoler ainsi. Oui, ça devait être un rêve étrange, dû au traumatisme grave que n'importe quel homme avait lorsqu'on l'obligeait à porter une robe. Il blâmerait Nami de tout ça plus tard. Pour l'instant, son esprit cotonneux écoutait la voix rauque de Zoro continuer son étrange discourt.

« Robin a raison tu sais. Tu as une ossature très délicate pour un homme, et tes muscles sont longs et fins. Ça te fait des jambes incroyables, le Coq en a salivé. »

Du bout des doigts, Zoro remonta légèrement la robe pour se saisir des cuisses et se caler entre. Et toute cette chaleur brusque – les larges paumes, les jambes collées aux siennes, le torse dangereusement près du sien, le souffle dans son cou – tout ça était trop. Et même si ce qui arrivait restait totalement délirant, ce n'était pas un rêve. Usopp étouffait, jusqu'à en avoir le vertige. Alors il s'accrocha aux épaules juste devant lui et happa une grande goulée d'air, se rendant compte confusément qu'il était à bout de souffle, en nage et que son corps entier devait rougir de désir - constatation qui ne le fit que rougir davantage.

« Usopp ? »

Zoro s'écarta un peu et le brun le retint immédiatement, sans réfléchir.

« Ça va. Ça va. »

Mais il n'arrivait pas à calmer sa respiration, ses joues picotaient tant elles étaient chaudes et son corps entier était parcouru de frissons incontrôlables. Et merde, Zoro riait !?

« Quoi ? »

L'escrimeur secoua la tête avec un de ses rares sourires qui ne disaient pas 'je vais te massacrer' : « Ne change surtout pas d'humeur, le vieux Marquis va te sauter dessus. Tu as l'air très séduisante et très exotique. »

Usopp soupira et plaça une main un peu tremblante sur ses yeux. Ah oui, sa mission. Il ravala tant bien que mal sa déception. « Ta gueule, idiot. » Après un court silence, il sentit malgré tout un sourire se former sur ses lèvres et écarta ses doigts pour regarder Zoro : « Exotique ? »

« Mmm oui, avec ta peau sombre, la robe rouge et les créoles. »

Usopp eut la presque irrépressible envie de glousser à ce compliment, mais il se contenta d'hocher la tête en souriant.

« Tu te rends compte que ça veut dire que Sanjji avait raison. Tu crois que tu pourras vivre avec ? »

Sourcils froncés, Zoro grommela quelques insultes. « Fait chier, manquerait plus que le cuistot-pervers se prenne pour un génie de l'amour ! »

« Euh, il le croit déjà tu sais. »

Mais l'épéiste n'écoutait plus. Ses dents, qui pouvaient maintenir un katana et trancher l'acier avec, grinçaient amèrement et le son désagréable fit frissonner Usopp, lui rappelant combien ils étaient proches, que ses mains serraient toujours les épaules musclées et que celles de son compagnon se trouvaient encore sous sa robe, agrippées à ses cuisses.

Merde, si ce n'était que pour leur mission, alors Usopp ne voulait vraiment pas que Zoro sente à quel point tout cela affectait le corps du tireur. Et ça même si ça devait crever les yeux, que ses joues étaient écarlates, que sa poitrine se levait à un rythme furieux et que sa vision floue suggérait des yeux anormalement brillants. Au moins, Zoro n'avait pas senti la preuve incontestable de son excitation.

Discrètement, Usopp essaya de repousser son compagnon mais celui-ci le remarqua immédiatement. Ses yeux se plissèrent davantage, comme fâchés, et il raffermit sa prise sur ses jambes, se calant mieux entre elles. Les fesses d'Usopp se retrouvèrent plaquées contre le mur, et malgré la hauteur impressionnante de ses talons, ses pieds décolèrent du sol, l'obligeant instinctivement à entourer de ses jambes la taille du bretteur et…

Les yeux exorbités, Usopp cessa de respirer. Sa première pensée fut que Zoro ne pouvait pas ne pas sentir son érection pressée contre lui et il se demanda s'il était vraiment possible de mourir de honte. Mais très vite il réalisa que ce qui se frottait contre son ventre était le membre de son Nakama, aussi dur et tendu que le sien. Ensuite, il comprit que comme ces poumons étaient toujours momentanément hors service, le gémissement rauque qui raisonnait dans l'allée ne pouvait pas être le sien, et donc…

'Oh. Pu-tain'.

Puis comme pour se venger d'avoir était si longtemps retenue, la respiration d'Usopp reprit, erratique et bruyante. Zoro enfouit son visage dans son cou et inspira profondément avant de parler.

« Tu sais, Sanji n'aura raison que si tu es belle après le sexe. »

Malgré son essoufflement, Usopp réussit à rire. « Tu veux prouver qu'il a tord à ce point ? »

« Mmmoui, entre autre. » chuchota Zoro en frottant lentement son bas ventre contre celui du canonnier, lui arrachant un cri de plaisir surpris. Ses mains s'agrippèrent aux mèches vertes et sa bouche s'ouvrit sans son autorisation pour donner son consentement.

« Ok. » Et il n'en fallut pas plus pour l'épéiste.

OK ?!!? Merde, mais pourquoi, pourquoi il laissait faire ça ? C'était Zoro ! Zoro en train d'aligner leurs sexes tendus au travers de leurs vêtements, Zoro qui remontait fébrilement sa jupe pour arrimer ses larges paumes à ses fesses, Zoro dont les dents effleuraient sa jugulaire, remontant lentement le long de son cou, de son menton, jusqu'au coin de ses lèvres et enfin…

Merde, un premier baiser ne devrait pas être comme ça, aussi frénétique et violent. Et la langue d'un autre sur ses dents et son palais n'aurait pas du faire sursauter son bassin de cette façon. Puis il commençait sérieusement à avoir besoin d'oxygène. Il fallait arrêter ce baiser, mais Usopp s'en trouva parfaitement incapable. Au contraire, sa langue jusque là passive commença à répondre aux caresses de celle de son compagnon. Et à y réfléchir deux secondes, avait-il vraiment besoin de respirer quand Roronoa Zoro grognait ainsi dans sa bouche ?

Soudain, Zoro se détacha de ses lèvres. Usopp dut cligner plusieurs fois des yeux pour que sa vision soit de nouveau nette. L'autre homme s'était légèrement penché pour pouvoir regarder dans la pénombre de la ruelle le haut des cuisses du brun.

« C'est de la dentelle ?! Elles… elles t'ont mis des sous-vêtements de filles ! »

Ça aurait du être embarrassant. Et ça l'était, mais pas tant que ça au fond puisqu'Usopp avait envie d'en rire. Il tira fermement sur les cheveux qu'il tenait toujours pour attirer son attention.

« Oui, Nami a insisté, elle a dit que c'était important, qu'il fallait que je 'rentre dans mon personnage'. »

Difficilement, Zoro détourna son regard de la culotte en dentelle rouge.

« Cette fille est cinglée. »

Usopp acquiesça. « Cinglée et dangereuse. »

Les doigts de Zoro s'insinuèrent sous le tissu brodé. « Fais-moi penser à la remercier. » murmura-t-il contre les lèvres maquillées.

Le baiser repris avec autant d'enthousiasme, leurs soupirs de moins en moins discrets, leurs mouvements de plus en plus précipités. Les jambes nues d'Usopp se frottaient aux vêtements rêches de Zoro, tentant de retirer son pantalon avec des pieds encore chaussés de talons aiguilles. Frustré de ne pas y parvenir, il arrêta d'embrasser le bretteur. Celui-ci grogna son mécontentement avant de rejeter la tête en arrière dans un sifflement satisfait quand Usopp glissa la main jusqu'à son entre-jambe, attrapant les lacets de son pantalon pour les dénouer. Et comme le cou tendu devant lui était la chose la plus tentante qu'il n'avait jamais vue jusque là, Usopp y planta les dents (pas si gentiment que ça) tandis que ses doigts se faufilaient sous les vêtements de Zoro, effleurant enfin sa peau.

Il va sans dire que lorsque le Marquis, alerté par les étranges bruits qu'il pouvait entendre depuis sa chambre, descendit une lanterne à la main pour voir se qui se passait, Zoro ne fut pas content du tout d'être interrompu. Le plan que Nami avait élaboré avec tant de soin s'écroula, mais en partie seulement. Car si le vieux pervers fut terrifié par Zoro, la vue de la femme exotique rougissante et aux jambes exceptionnelles le fit se dandiner de plaisir. Ses yeux lancèrent des regards amoureux et il déclama des poèmes passionnés, telle une version ridée et très malsaine de Sanji.

Bien sûr Zoro utilisa la manière forte et assomma rapidement le Marquis. Sans lui pour leur donner la combinaison, les deux pirates durent voler l'intégralité du coffre fort qui (ils l'espéraient pour leur vie) contenait la carte que leur navigatrice convoitait tant.

Leur fuite précipitée obligea le Vogue Merry à reprendre la mer plus tôt que prévu. Malgré l'urgence de la situation, Nami colla à chacun d'entre eux une droite bien sentie, histoire de leur rappeler ce qu'il en coûtait de saboter un de ses plans. Une fois au large, Usopp (toujours travesti), dans un élan de pure compassion envers ses camarades féminines, donna une giffle magistrale à Sanji, plaignant les deux jeunes femmes qui devaient subir son harcèlement sexuel constant. Robin quant à elle fit peu discrètement remarquer que Zoro avait du rouge à ses lèvres. Celui-ci se contenta de dire qu'il avait une théorie foireuse du Coq à vérifier avant de prendre Usopp par le bras et de l'emmener dans la chambre des garçons sous le regard ébahis de l'équipage du Merry.