Si vous êtes encore là, c'est que le prologue vous a plu. J'espère qu'il en sera de même pour ce chapitre.
Evidemment, je ne peux que vous encourager à me laisser vos impressions par le biais d'une petite review (si cela vous plait ou non) ou d'un ajout en favori ou en alert pour ceux qui aiment la tournure des évènements !
Bonne lecture !
Chapitre Premier.
Les illusions sont telles des ombres envahissantes. Elles vous apparaissent lorsque vous désirez les voir et disparaissent aussitôt que vous croyez les atteindre.
Aussi, préservez-vous de celles de la perte et de la convoitise, elles auraient tôt fait de vous emporter, telle la peste la plus sournoise.
Il n'y aurait plus de retour possible.
Vous perdriez tout.
Au loin, à l'est, le soleil paressait sur les montagnes abruptes. La couleur parme de l'aurore envahissait la chambre d'Hermione. Elle ouvrit les yeux calmement.
La matinée était le moment de la journée où ses pensées tourbillonnaient le plus dans son crâne : elle ne pouvait presque plus s'entendre réfléchir. Tout s'emmêlait et rendait la réflexion impossible.
C'était le premier jour de sa dernière année à Poudlard. Son cœur se serra à cette idée. L'année passerait vite et elle finirait par quitter ce lieu lui étant si cher. Elle secoua la tête. Pourquoi s'affliger dès le matin… ?
La jeune sorcière se glissa hors du lit et enfila son uniforme rapidement. Après avoir passé sa robe par-dessus, elle se lava les dents et se coiffa un peu. Elle en profita pour tendre l'oreille, bien décidée à déterminer si Malefoy était levé ou non. Mais comme la veille, elle dû se résoudre à ne souffrir d'aucun bruit. Lorsqu'elle sortit de sa chambre, sa besace sur l'épaule, elle décida tout de même d'aller frapper à sa porte.
- Malefoy ? Tu es réveillé ?
Une chaise racla le sol et la porte s'ouvrit, laissant place à un Drago Malefoy plus glacial que jamais. Un réflexe inconscient poussa Hermione à reculer, ce qui n'échappa pas au Serpentard. Elle, qui n'avait rien remarqué, le fixait toujours de ses grands yeux inquiets.
- Je… Je… Je pensais que tu ne t'étais pas… Enfin, pas réveillé…, balbutia-t-elle avec grande difficulté.
Il n'esquissa aucune mine rassurante ni sourire narquois, restant toujours de marbre face à elle.
- Comme tu le vois, tu t'es trompée.
Et la porte se referma comme elle s'était ouverte. Rien de plus ni de moins. Il ne s'était pas montré désobligeant, juste un peu désagréable, nota-t-elle. Du progrès. Ou bien… Cela avait empiré, elle ne savait pas trop.
La jeune lionne se mordit la lèvre. Peut-être était-ce à elle de faire des efforts. Il ne l'avait pas encore insulté, c'était plutôt bon signe, non ? Se décidant à l'encourager, elle se racla doucement la gorge.
- Euh… Nous devons… Nous devons distribuer les emplois du temps, tu viens ?
Pas de réponse.
- Je veux dire… préfères-tu que je t'attende ici… Ou bien en bas… ou… ?
Toujours rien.
- Malefoy ?
Un soupir retentit.
- Vis ta vie, Granger.
Elle tiqua.
- Mais…
- Tu peux t'en occuper seule, n'est-ce pas ? Ne te force pas à me faire la conversation. Je ne me consacre plus vraiment à cet exercice…
Complètement ahurie, elle finit par partir…
Dans sa chambre, le blond se mordait une fois de plus. La journée commençait et s'il voulait respecter le souhait de la directrice et ne pas ébruiter son statut, il valait mieux être prêt à affronter les autres élèves. De préférence, repus.
Les premières heures de la journée étaient dédiées aux travaux pratiques de potions. C'est le pas las et résigné que les Gryffondors se trainèrent jusqu'aux cachots. Hermione eut la joie de constater que son nouveau binôme n'était autre que… Drago Malefoy. Oh, bonheur.
Elle tira délicatement son tabouret, ne voulant pas brusquer son univers de rêveries. Il n'en sortit pas, d'ailleurs, l'ignorant superbement, les yeux plongés dans son manuel de potion. D'usage, une moquerie aurait meublé le silence gênant qui s'installait : ce dernier laissant place à une tension nouvelle et palpable. Pas celle de la haine, non. Celle de la gêne profonde.
Elle ne se sentait vraiment pas à son aise, comme si une épée de Damoclès pendait, juste au dessus de sa tête. Elle ne pouvait s'empêcher de lui jeter des petits coups d'œil, auxquels il n'avait pas l'air de prêter attention. Merlin, elle lui était vraiment indifférente. Il l'ignorait comme si elle était transparente.
Rogue, après avoir blablaté à propos de l'examen de fin d'année, indiqua la marche à suivre pour confectionner une potion de sommeil. L'exercice semblait ardu.
- Mesdemoiselles, je vous conseille vivement d'attacher vos cheveux à moins que vous ne désiriez les voir s'enflammer ou pire encore, disparaitre et ce, pour toujours…
Elle décida de lui obéir, ayant très peu envie de se retrouver la boule à zéro.
Malefoy se crispa à ses côtés. Il avait enfin tourné son regard vers elle, ou plutôt vers quelque chose derrière elle. Elle se retourna mais ne vit rien, sinon Seamus qui touillait maladroitement son essence de belladone. Elle jeta alors au Serpentard un regard se voulant inquisiteur. Mais il avait déjà tourné la tête et semblait très concentré sur les produits qui allaient composer leur future potion. Il les porta un à un à son nez, bien que ce geste fut interdit par le professeur.
- Malefoy, ne sens pas ces essences, tu risques de te trouver mal.
Il ne fit pas plus attention à elle qu'à l'accoutumée. Cela devenait assez agaçant, mais au fond, elle n'y pouvait rien. Quand bien même elle aurait osé protester, elle était sûre qu'il aurait alors plongé ses yeux dans les siens, et cela, elle n'était pas assez stupide pour le désirer. Drago Malefoy lui faisait… un peu peur…
On n'avait pas idée de se détacher les cheveux en les secouant comme pour s'ébrouer. Qu'avait-elle à la place de la cervelle, celle-là ? De la semoule ? Drago s'était arrêté de respirer, après avoir reniflé des odeurs plus répugnantes les unes que les autres. De toute façon, que sa chevelure brûle ou non, il n'y aurait personne pour la regretter…
Hermione tournait lentement la cuillère en bois dans la mixture couleur terre. Rogue passa à côté d'eux sans faire de commentaire, pour une fois.
De retour dans ses appartements, Hermione se jeta sur son lit, épuisée.
Tous les professeurs leur avaient déjà donné des devoirs à faire pour la semaine suivante et bien que la jeune sorcière soit fatiguée, elle envisageait avec beaucoup d'excitation sa future mise au travail. Elle rassembla ses affaires et s'installa dans la salle commune, prête à travailler.
Plongée dans de grands ouvrages, grattant à en perdre l'usage de son poignet, elle finit par ne plus faire attention au temps qui s'écoulait. Lorsqu'elle consulta sa montre, elle constata avec stupeur qu'elle avait raté le diner et que ses deux compagnons devaient s'inquiéter. Comme pour répondre à son angoisse, on frappa à la porte des appartements des préfets. Elle se précipita pour ouvrir.
- Qu'est-ce que tu fichais, nom d'un animagus !
Blaise Zabini déboula dans la salle commune tel un diable de Tasmanie. Hermione écarta ses cheveux de son visage, emportés par la vitesse du Serpentard
- Oh, ce n'est que toi, Granger.
Curieusement, son ton n'était pas dédaigneux. Hermione crut halluciner. Il était vrai qu'il était l'un des seuls Serpentards de sa promotion à être resté et le savoir presque courtois à son égard était proprement… choquant…
- Tu n'as pas vu Drago, par hasard ?
D'abord pétrifiée, elle finit par s'asséner une claque mentale avant de lui répondre.
- Euh, non, désolée… Mais il n'est pas souvent ici alors…
- Comment ça ?, s'intéressa le bel africain.
- Eh bien il s'absente souvent mais il doit très certainement…
- … entendre toutes les âneries que tu déballes. Oui, Granger, je suis là.
Le blond salua Zabini et reporta son regard froid sur la jeune sorcière. Encore une fois, elle avait inconsciemment reculé. Les sourcils de Drago s'affaissèrent une demi-seconde mais ce détail échappa aux deux autres sorciers présents.
- Où étais-tu, Drago ? Je t'ai attendu durant tout le diner… c'était déprimant de manger tout seul avec les mioches…
Se désintéressant momentanément d'Hermione, il porta son regard sur Zabini.
- J'étais chez la directrice, elle voulait s'entretenir avec moi…
Hermione mourait d'envie de demander à quel sujet mais elle s'en empêcha. Ce ne la concernait pas vraiment, après tout.
- Bon, dans ce cas… On se retrouve demain matin. Et cette fois, pas de lapin !, s'exclama gaiement l'Africain en disparaissant dans le couloir.
La porte se referma et le verrou cliqueta dans la poignée. Hermione soupira.
- Je suis désolée… Je sais que c'est ton ami alors je l'informais juste…
- Écoute Granger, je trouve que tu t'intéresses un peu trop à mes affaires. Je croyais que ton souhait le plus cher était que je te laisse tranquille ?… Tu parais pourtant t'évertuer à me coller aux basques…
Soufflée par autant d'audace et d'arrogance, Hermione resta pantoise quelques instants.
- Je ne te colle pas aux basques, protesta-t-elle vivement. Je suis juste cordiale, et ce avec tout le monde ! Je comprends que cela puisse choquer quelqu'un comme toi ! Quelqu'un qui fait du tri dans les personnes à qui parler ou non !
Drago ne broncha pas mais cela n'incita pourtant pas Hermione à se taire.
- La guerre est finie, Malefoy ! Et Voldemort a perdu ! A présent nous devons reprendre un cours de vie normal ! Comme tu es à Poudlard, j'ai pensé que tu avais changé et vu que tu ne te montrais plus ni aussi grossier, j'ai également pensé que tu avais muri ! Enfin de compte, je comprends surtout que tu n'es devenu que d'autant plus méprisant… Ce qui te rend distant, et je le vois, aussi auprès de tes amis !
Il bailla.
- T'as fini ta tirade ?
Hermione, rouge de rage s'écarta de lui en mimant un geste dédaigneux.
- Oh, fais ce que tu veux de ta pauvre vie ! Tu m'exaspères.
Le blond leva les yeux au ciel.
- Sur cette brillante répartie, je me casse. Oh et Granger, excuse-moi vraiment de m'être renfermé… Je n'ai que perdu ma famille, mes amis, ma réputation dans toute cette guerre… J'ai juste tout perdu… Et tu sais quoi ? Le pire c'est que je m'en fous… Donc imagine un peu comme tu m'indiffères par rapport à tout ça…
Il lui adressa un geste d'au revoir complètement indifférent et ferma la porte de sa chambre derrière lui, laissant dans la salle commune une Hermione effarée.
Elle eut du mal à s'endormir. D'abord parce qu'elle culpabilisait de tous côtés : elle n'avait finalement pas eu le temps d'aller s'expliquer et s'excuser à ses amis de son absence… Et de plus, elle avait apparemment touché la corde sensible de Drago, quoiqu'il ait pu employer un ton indifférent.
Elle se mordilla les lèvres jusqu'au sang, les rongeant jusqu'à en tacher son oreiller. C'est vers les trois heures, quatre heures du matin qu'elle put enfin s'endormir. Mais son sommeil fut très agité…
Quelle était cette douce odeur qui pénétrait dans ses narines ? Hmmm… Un panel de senteurs des plus exquises… A en dévorer son porteur, vivant.
Il ouvrit la porte de sa chambre, celle qui donnait sur la salle commune… Cela venait de chez… De chez Granger…
Rapidement et calmement, d'une aisance prodiguée par la grâce de son espèce, il se faufila jusqu'à sa porte et l'ouvrit sans bruit. Elle dormait… En même temps, à quatre heures passées, on ne pouvait que s'en douter…
Sa mine semblait douloureuse… Il repéra rapidement d'où venait le parfum si alléchant. Quelques gouttes écarlates tâchaient son oreiller et ses lèvres semblaient trop rouges. Cette petite imbécile s'était mordue les lèvres…
Attisée par le feu de la fragrance, il ne put que s'approcher davantage. Ses lèvres semblaient douces, bien qu'elles fussent nivelées par les entailles qu'elle s'était infligée, la petite sotte. Il effleura ses lèvres de ses doigts, les portant à sa bouche bien que le sang fut sec depuis longtemps…
Il eut une soudaine envie de lui lécher la bouche, mais quelque chose lui disait qu'il risquait de ne pas pouvoir s'arrêter, ce qui serait potentiellement ennuyeux…
C'est en réussissant à se contrôler qu'il parvint à sortir de la pièce… Non sans peine, bien au contraire. C'était la première fois qu'il parvenait à s'interdire une telle pulsion… Mais il commençait à en prendre de la graine, c'était ça, l'important…
Les jours passaient et Drago était toujours aussi indifférent avec Hermione. Cette dernière, quant à elle, se fustigeait à chaque fois de ne pas profiter de sa présence pour aller s'excuser. Ce n'était même pas une question d'orgueil. Il l'impressionnait tellement qu'elle… Oui, c'est ça, elle en avait juste une peur bleue. Viscérale et sans explication.
Face à lui, elle se sentait telle une biche face à un loup, tapi dans l'ombre… Stupide, n'est-ce pas ? Mais pourtant, cette angoisse puérile l'empêchait de faire tout mouvement.
Une fois qu'ils étaient tous deux dans la salle commune, elle se décida enfin à agir et à lui adresser la parole.
- Malefoy… ?, tenta-t-elle d'une toute petite voix.
Il leva les yeux de son livre, l'air profondément ennuyé.
- J… Je voulais te demander… De bien vouloir m'excuser…
Il arbora une mine narquoise teintée de surprise.
- Il y aurait tellement de raisons … Je voudrais bien connaitre celles qui te motivent…
Hermione rougit comme une cerise.
- De t'avoir fait la morale, la dernière fois…, expliqua-t-elle d'une seule traite.
Il cessa de se moquer d'elle et plongea ses yeux dans les siens. Profondément. Trop profondément. Hermione se tassa dans son fauteuil.
Drago se leva et s'approcha d'elle, ne relâchant pas son regard.
- Tu t'es fait du souci pour moi, Granger ?
Elle baissa les yeux illico.
- Non… C'est juste que je n'avais pas le droit… de te parler comme je l'ai fait…
Drago s'appuya sur les accoudoirs, se penchant vers elle.
- C'est vrai…
Il était près… Beaucoup trop près…
Hermione détourna les yeux et chercha un point à fixer. Rien à faire, le corps face à elle obstruait toute autre vision. Après avoir eu une brève confrontation, rougissante, avec ses abdominaux et son bas ventre, elle reporta son regard sur son poignet. Quelle ne fut pas sa surprise lorsqu'elle s'aperçut de la blessure qui y trônait. D'énormes marques de morsures striaient sa peau.
Sans y réfléchir davantage, elle approcha ses doigts des entailles. Curieusement, ses doigts heurtèrent le vide. Il avait disparu…
- Ne me touche pas !, ordonna une voix une voix glaciale provenant de derrière.
Elle se leva précipitamment pour lui faire face. Étrangement, l'idée qu'il soit derrière elle ne lui plaisait pas tellement.
- Excuse-moi, contra-t-elle aussitôt. Mais tu dois absolument aller à l'infirmerie, ça pourrait s'infecter.
Il ricana froidement. Une goutte de sueur parcourut l'échine d'Hermione, lui prodiguant un frisson proche du sursaut.
- Tu ne sais pas de quoi tu parles.
La porte de sa chambre claqua…
Si seulement elle n'était pas aussi désirable. Si seulement elle ne paniquait pas autant en sa présence. Alors peut-être saurait-il mieux maîtriser sa faim...
Son cœur accélérait, battait le sang dans son corps, lui donnant un rythme délectable. L'odeur de l'adrénaline, de la panique ; il n'y avait qu'un animal comme lui pour la sentir. Et Salazar, oui, il la sentait diablement.
Elle était là, à côté de lui, timide et rougissante. Tellement excitante. Rabattant sans cesse ses mèches rebelles derrière ses oreilles, complètement inconsciente de l'effet qu'elle produisait.
Le professeur venait une fois de plus de lui faire une remarque désobligeante. Elle rougit d'autant plus, jetant un œil dans la direction de Drago pour voir sa réaction. Il inspira à plein nez. Son cœur battait encore plus vite, emplissant l'atmosphère d'une fragrance embrasée.
Qu'y pouvait-il après tout ? Tout était de sa faute.
A croire qu'elle désirait vraiment mourir dans d'atroces souffrances…
Tu t'es fait du souci pour moi, Granger ?
Tellement suffisant, comme à son habitude... Mal à l'aise, Hermione frotta ses avant-bras. Il y avait longtemps qu'elle ne s'était pas sentie à ce point en danger. Mais quelque chose de curieux était arrivé. Ce moment avait amené son lot de surprise. Elle avait certes eu peur de Drago Malefoy, mais il n'y avait pas que ça. Étrangement, elle s'était sentie happée vers lui, comme s'il l'avait attisée avec sa voix. Peut-être lui avait-il jeté un sort ? Fait boire une sorte de philtre ?
Mais bien que le monde de la magie soit rempli de mystères, Hermione ne doutait pas le changement conséquent de comportement de Drago Malefoy n'était pas étranger aux nouveaux battements précipités de son cœur. Quelque chose en lui avait changé profondément et c'était probablement cela qui provoquait tant d'embardées de panique chez Hermione.
Il suscitait chez elle une sorte d'attraction folle et de répulsion terrible. Comme une créature terrible roderait en eaux sombres, tournant dans l'invisibilité la plus troublante, autour du nageur perdu…
Que faire ? En parler ?
Hermione était tout simplement perdue.
- Wermion-ne, l'interpella Ron en mâchonnant un toast.
Il lui passait la main devant le visage. Pendant quelques instants, elle se demanda où elle était et comment elle avait atterri dans la grande-salle. Elle se demanda également à qui était cette grande main à l'apparence poisseuse, constellée de miettes de pain. Ce n'est que lorsqu'elle comprit qu'elle s'infligea une insulte mentale. Malefoy la préoccupait bien trop, elle aurait voulu se changer les idées mais la vérité, c'était qu'elle était inquiète pour lui.
- Recurvite. Ronald Weasley, si ta mère te voyait manger ainsi, tu n'aurais déjà plus de doigts.
Les miettes disparurent et les mains de Ron se retrouvèrent subitement bien plus nettes : encore mieux, elles semblaient émaner un doux parfum de groseille.
- Qu'est-ce que c'est que cette formule de fille… Mes doigts sentent le parfum ! Oh, nom du caleçon de Merlin, Harry ! Mes mains sont douces… !
Hermione secoua la tête, visiblement exaspérée. Ses yeux se posèrent sur la table des Serpentards. A l'inverse de d'habitude, le blond était attablé et discutait avec Blaise Zabini. Elle ne put s'empêcher de remarquer qu'il était encore plus pâle qu'à l'origine… Et qu'il ne mangeait rien. Ils avaient étude surveillée dans une vingtaine de minutes… Hermione prit avec elle une pomme et un verre de jus de citrouille qu'elle rangea dans son sac.
Neville la regarda faire avec perplexité.
- Hermione… Tu n'as pas peur pour tes manuels ?
Elle posa son regard bienveillant sur lui.
- Ne t'inquiète pas Neville… J'ai jeté un sort sur le verre pour qu'il ne se brise, ni ne se renverse dans mon sac…
Il lui lança une œillade admirative tandis qu'elle quittait la table, se rapprochant de celle des Serpentards. La plupart des Gryffondors la suivirent du regard.
Elle s'approcha du dos de Malefoy tandis que Blaise Zabini, interrompu par le nouveau silence des Serpentards, relevait la tête sans comprendre. Hermione crut lire dans son regard de l'incompréhension et de la raillerie.
- Eh, Granger, persiffla un sixième année. Je ne sais pas si tu as remarqué, mais ce n'est pas ta table…
Elle lui lança une œillade furieuse.
- Je le sais pertinemment…
- Dans ce cas, pourquoi t'éternises-tu ?, murmura une voix calme.
Il ne s'était même pas retourné pour la regarder. Quelques Serpentards ricanèrent.
- J'aimerais te parler, Malefoy…, reprit-elle, sans contenance.
- Ton souhait n'est malheureusement pas partagé.
Hermione serra les doigts sur la lanière de son sac.
- Dégage, le castor, finit par lui cracher un quatrième année.
- Ne sois pas impoli, Biges… Si elle a l'intention de s'inviter quelque part chez les Serpentards, qu'elle le fasse au moins dans leur lit…, hasarda avec cynisme son voisin de gauche.
- Qui voudrait d'une Sang-de…
- Tu es encore là, Granger ?, coupa Drago de sa voix glaciale.
- Je t'attends…, murmura-t-elle d'une voix brisée.
Il se leva, lui tournant toujours le dos, et s'écarta de sa table avant d'avancer vers la sortie. A présent, tous les verts et argents suivaient leur échange les Gryffondors ne s'en privaient pas non plus…
Elle finit par le suivre, non sans lancer une dernière œillade meurtrière à ceux qui l'avaient insultée. Curieusement, elle n'avait pas eu le courage de leur retirer des points en présence de Malefoy.
Lorsqu'ils furent tous deux sortis de la grande-salle, elle lui courut après dans les couloirs afin de le rattraper. Mais il marchait vite, et de manière résolue. Comme s'il cherchait à mettre le plus de distance possible entre elle et lui. Hermione ne put s'empêcher de se dire qu'il avançait d'une démarche curieuse. Il avait l'air tourmenté. Un tremblement sembla saisir sa main droite et s'empara peu après de son bras entier. La jeune Gryffondor songea immédiatement à la cicatrice terrible qui ornait ce même poignet. S'était-il fait soigner ? Comment s'était-il fait ça ?
Dans un réflexe désespéré et stupide, elle lui attrapa doucement la main, en vue de vérifier si oui ou non, il avait fait quelque chose pour arranger la situation. Il s'arracha brusquement de son emprise, la plaquant contre le mur. C'était à peine si elle l'avait vu bouger… Son mouvement semblait… Impossible.
- Cesse de m'approcher, Granger, grinça-t-il entre ses dents d'une voix terrible. Je te jure que si tu continues à me suivre ou à me parler, je n'hésiterais plus à te faire du mal…
Le sang d'Hermione se glaça dans ses veines. Venait-il de la menacer ?
- Je n'ai pas peur de toi, mentit-elle en essayant désespérément de calmer son rythme cardiaque.
Il la jaugea de son regard métallique et hostile, en laissant échapper un rire sans joie.
- Ne mens pas, pauvre gourde… Tu n'as pas les moyens de me tromper.
La jeune sorcière ferma les yeux, ne pouvant plus supporter ses iris polaires. Il approcha son visage de son maxillaire, se penchant vers elle : elle s'était recroquevillée, comme une petite souris dans un mécanisme de défense. Elle avait peur… Elle rouvrit les yeux, affrontant son regard… Mais quel regard ?
Il n'y avait plus personne.
Elle était seule dans le couloir, vide.
- C'était quoi cette scène de tout à l'heure, Hermione ?, l'interrogea Ron tandis qu'ils s'asseyaient en étude.
La jeune sorcière cherchait le sorcier blond des yeux, mais il brillait par son absence. Ron, déconcerté, fit claquer un doigt devant le visage hagard de la Gryffondor.
- Hein ? Quoi ?, murmura-t-elle soudain en accordant enfin de l'attention au Weasley.
- Tout à l'heure, répéta-t-il, un peu agacé.
- Oh…
Elle se mordit la lèvre, contrariée.
- Je…
La sorcière ne pouvait se résoudre à formuler ses raisons comment allait-elle expliquer à ses amis ses inquiétudes nouvelles à propos de Malefoy ?
- Je devais lui dire un mot, je m'en suis rappelée… Alors j'y suis allée, baragouina-t-elle sans le regarder dans les yeux.
- Si tu le dis, finit-il par dire, peu soupçonneux. Après tout il s'agissait d'Hermione.
Harry semblait plus méfiant, quant à lui. Ses yeux verts la transperçaient sans parvenir à comprendre ce qui pouvait clocher. Il ne voyait pas vraiment pourquoi Hermione aurait désiré leur cacher quelque chose… Il s'agissait de Malefoy : si elle avait eu le moindre problème avec lui, il était sûr qu'elle en aurait parlé… Tout simplement parce qu'elle n'aurait pas supporté qu'à sa place, ils n'en fassent pas autant.
- Harry. Cesse de me dévisager ainsi et commence ton devoir de métamorphose, clôt Hermione en lui lançant un regard sévère.
Non, Hermione allait bien… elle était redevenue normale.
Elle trempa sa plume dans son encrier, déplaçant ensuite son poignet au dessus du parchemin.
« Le noir des Hébrides est donc l'un des dragons les plus agressifs des îles. Il advient au Clan MacFusty la charge des dragons natifs de l'archipel. La tradition, vieille de plusieurs siècles, est née d'un différent entre Septimus MacFusty et Brandella MacVicks… »
La jeune sorcière soupira. L'histoire de la magie n'était vraiment pas sa matière préférée…
« ce qui finit par aboutir à une guerre civile dans le village de Portree… »
Elle soupira de nouveau… Un autre soupir, étranger, se fit entendre aussitôt
- Peux-tu cesser de soupirer toutes les cinq minutes ?
Hermione sursauta. Il était assis face à elle : elle ne l'avait même pas vu s'installer. Ses joues s'empourprèrent fugacement.
- Je ne t'avais pas vu, se justifia-t-elle.
Il leva les yeux de son livre, apparemment peu enclin à entretenir cette conversation. Leurs regards se croisèrent et se défièrent moitié. Elle finit par baisser les yeux, après plusieurs secondes de gêne. Il était vraiment… étrange.
Au moment où ses yeux abandonnèrent la partie, il émit un petit ricanement. Elle redressa sa tête, lui faisant face à nouveau.
- Ne ris pas…, murmura-t-elle gravement.
Il s'arrêta alors.
- Que t'est-il arrivé, Malefoy ?
Si cela était encore possible, il lui sembla qu'il avait blêmit. Ses sourcils se froncèrent dans une grimace peu amène.
- Veux-tu à ce point qu'il me soit arrivé quelque chose, Granger ? Le passé ne te suffit-il pas ?
- Je veux simpleme-
- Depuis la rentrée tu me harcèles, la coupa-t-il froidement.
- J-
- Même mes menaces ne semblent avoir aucun effet sur toi, plaqua-t-il avec insensibilité.
- Je m'in-
- Tu n'es rien d'autre qu'une insupportable fouineuse, finit-il par chuchoter, la foudroyant de ses iris opalescents.
Elle se redressa, furieuse.
- Je m'inquiète, Malefoy ! J'essaie de comprendre ! Sale ingrat !, cria-t-elle avant de s'enfuir dans sa chambre, claquant la porte derrière elle rageusement.
Il lança son livre contre sa porte avec une force non contenue. Il y eut un affreux craquement et il s'aperçut qu'il l'avait troué. Un hurlement atrabilaire résonna et le livre jaillit de la chambre et se planta entre deux coussins du canapé.
- Bravo, Malefoy !, s'écria-t-elle hargneusement. Lance-moi des sorts ! C'est la solution ! Petit crétin !
Il préféra ne pas répondre, il aurait été capable de vouloir lui faire peur et de lui révéler que seule sa force avait joué un rôle dans la perforation de la porte…
- Imbécile… irrespectueux…, marmonna-t-elle en lançant un sort pour réparer le cratère.
Il claqua la porte de la salle de bain sans plus de cérémonies. Un bon bain lui ferait du bien. Cette petite idiote avait le don de l'énerver. Hermione s'introduit dans la salle commune avec le silence le plus pieux, venant récupérer son devoir d'histoire de la magie.
Il n'est pas là, parfait. Il doit être rentré dans sa chambre, l'imbécile.
Elle récupéra son parchemin et rentra dans sa chambre, plus qu'agacée. Cet abruti savait comment l'enrager… Elle se déshabilla et s'entoura d'une serviette qu'elle noua autour de sa poitrine. Seule une douche pourrait la calmer. Après avoir pris ses affaires de toilettes, elle se glissa à nouveau dans la salle commune et se dirigea vers la salle de bain…
Un lourd brouillard opaque obstrua sa vue. C'est là qu'elle les vit. Toutes ses cicatrices… De grandes striures marbraient ses bras et ses épaules masculines. Certaines semblaient très anciennes, d'autres moins, et la plupart carrément récentes… Des marques de morsures, devina-t-elle. Mais quel animal pouvait le mordre aussi régulièrement que ça, à l'intérieur de Poudlard ? Dans le plus grand secret… ?
Quelle était la chose terrible qui lui imposait de telles blessures… ? Terrible... A moins que...
Elle lâcha ses affaires de toilettes, attirant par la même occasion le regard du Serpentard. Elle vit nettement ses yeux s'écarquiller de stupeur et ses sourcils s'accentuer de rage. Quelque chose la plaqua vivement contre le mur carrelé de la salle de bain. Cela ne pouvait pas être lui pour la bonne et simple raison qu'il n'avait pas bougé. Elle regarda de nouveau il avait disparu ! Où était-il, alors ? Elle finit par réaliser que quelque chose enserrait ses poignets. Déconcertée, elle tourna la tête et s'aperçut qu'il la tenait plaquée contre le mur… Lui…
- Malefo-
- Cette fois-ci… Tu es allée bien trop loin…, murmura-t-il dans son oreille, la voix tremblante de haine.
Elle sentait son corps la presser contre le mur, compressant sa poitrine et ses poumons. Il poussa un râle de plaisir, une sorte de gémissement animal… Un feulement. Les membres d'Hermione tremblaient sous les siens, possédés par une angoisse primaire.
D'un geste brusque, il lui attrapa la mâchoire de sa main gauche, la tournant afin de faciliter son accès à sa gorge. Et elle était là, sous ses yeux, battante et gorgée de vermeil… Un vrai délice, il en était sûr… Il approcha sa bouche, ses lèvres brûlant d'un feu infernal, et donna un coup de langue sur la jugulaire de sa proie terrifiée… Elle gémit aussitôt, le coupant dans son mouvement. Il recula le visage, observant le sien avec plus d'attention. Elle avait les yeux fermés, comme la dernière fois qu'il l'avait plaqué contre un mur…
Sa bouche entrouverte laisse passer son souffle sucré et des gémissements silencieux… Son visage est crispé dans une sensation de douleur et de peur… Son cœur bat si vite… Le sang jaillit et marque les à-coups de sa respiration…
Drago inhala l'odeur de ses cheveux avec ferveur. Elle sentait si bon que c'en était un crime… Si seulement il pouvait… Ne serait-ce lécher ses lèvres à la peau si fine… Sentir sous une minime parcelle de son épiderme, le sang parcourir son corps comme les rivières de feu courent en enfer. Puis s'introduire dans sa bouche et la soumettre à lui, laisser son charme agir… L'emprisonner de ses bras, et puis…
L'allonger et lui écarter les cheveux… Sentir sa gorge en prenant une inspiration passionnée… Et planter ses crocs dans la chair si tendre, si douce, de la vierge qui s'étendait sous son corps…. Une chair pure, chaste… Une chair si désirable, si séduisante… Une chair à en damner les anges…
- Va-t-en Granger… Va-t-en avant que…, articula-t-il avec grande difficulté, sa main sur sa bouche.
Elle reprit ses esprits et s'enfuit alors qu'il gémissait de douleur et de frustration… La dévisageant avec une avidité terrible. Elle lut dans ses yeux incandescents de désir qu'il n'avait pas seulement envie d'elle comme un homme avait envie d'une femme… Oh non. Son regard était bien plus dangereux que cela… Drago Malefoy avait envie d'elle comme un prédateur désirait une proie…
Elle ferma la porte de sa chambre avec précipitation, lançant des sorts au hasard pour bloquer toute issue… Mais si elle avait fait preuve de bon jugement, alors elle était forcément en danger… Après tout, l'acuité d'un vampire et sa détermination ne s'arrêteraient pas devant une pauvre porte ensorcelée…
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