Dernier chapitre de cette courte fanfiction ! En espérant que vous aurez apprécié cette dernière.

MERCI A TOUS LES REVIEWEUUUUUUUUUUURS ! Spécialement aux anonymes à qui je n'ai pas pu répondre !

N'hésitez pas à laisser un petit commentaire de fin... Voilà qui me fera plus que plaisir !


Chapitre IV

Take me away
A secret place
A sweet escape
Take me away
Take me away
To better days
Take me away
A hiding place

[...]

There's a place that I go
That nobody knows
Where the rivers flow
And I call it home
And there's no more lies
And the darkness is light
And nobody cries
There's only butterflies

[...]

The sun is on my side
Take me for a ride
I smile up to the sky
I know I'll be alright

Natasha Bedingfield - Pocketful of Sunshine


Nous étions mi janvier. Hermione nettoyait d'un coup de baguette les vitres de sa chambre, déblayant la neige encore fraiche s'étant déposée à l'entrée de sa fenêtre. Elle frissonna en regardant les flocons tomber à grande vitesse, au dehors. La tempête ne s'était pas arrêtée depuis trois jours et honnêtement, cela commençait sérieusement à l'ennuyer.

Cela faisait à présent deux semaines qu'elle était rentrée de vacances et les cours avaient diablement repris. Évidemment, elle était loin d'être en retard sur son programme de révision : à vrai dire, elle était-même tant en avance qu'elle avait fini les révisions pour la septième année et qu'elle recommençait donc tout le programme de ses six précédentes années à Poudlard avant l'échéance des examens. Si elle n'obtenait pas des Optimals dans toutes les manières, c'était que le hasard se faisait scandaleux.

Évidemment, il allait sans dire qu'elle faisait tout cela pour se prévenir de trop penser. Penser à quoi ? Aucune idée, elle savait juste qu'il y avait des choses qui lui trottaient dans la tête, fort déplaisantes, et qu'il n'était pas l'heure d'y songer. Non, non, aucune idée saugrenue, aucune image inconvenante ou scénario improbable ne viendrait perturber l'ordre de son esprit. Pas le moindre trouble aux yeux gris. Pas le moindre.

Hermione soupira, peine perdue. Il venait la hanter à chaque minute. Elle ne savait pas pourquoi elle ne pensait qu'à lui. Il l'obsédait. Ce n'était qu'un complot qu'il avait fomenté, elle en était sûre. Et elle avait des preuves, évidemment. Il ne faisait que chercher le moindre contact physique avec elle, la gênant de plus en plus. Ses conversations étaient toujours à prendre avec double-sens… C'était… Fort déroutant.

Pire encore, ces deux derniers jours, elle avait remarqué qu'il s'employait beaucoup moins à de telles attentions. Pire : cela lui manquait. Elle était frustrée qu'il ne lui consacre plus autant de… Autant de quoi, d'ailleurs… ? Que cela signifiait-il ? En avait-il marre que ses attentions ne se fassent que dans un sens ? Avait-il trouvé nouvelle personne avec qui approfondir ces jeux ne représentait pas un vrai problème ?

Peut-être devrait-elle se montrer plus avenante, plus consentante ? Mais elle pouvait difficilement faire plus. Elle se laissait déjà beaucoup trop faire à son gout. Mais qu'y pouvait-elle ? Elle ne se sentait plus capable d'articuler le mot non lorsqu'il était dans les parages. Dès qu'il la regardait, qu'il lui adressait un sourire narquois, elle se sentait complètement enchainée. Et lorsqu'elle le surprenait, brusquement, à la regarder comme s'il le faisait depuis longtemps déjà… Elle sentait dans sa poitrine un membre brûlant exécuter la danse du diable.

Hermione se rendit compte qu'elle était dans la Grande-Salle, installée et prête à manger. Ce qui la terrifia, c'est qu'elle ne s'était même pas rendue compte de s'être déplacée… Penser à lui l'empoisonnait jusqu'à lui en faire perdre sa maîtrise de ses mouvements. Elle plongea sa cuillère dans sa soupe aux pois pour l'y remplir. Il n'y avait aucune solution : et elle n'était même pas sûre d'en désirer une, quoi qu'il en fût. Se faire posséder de la sorte, toute entière, était de moins en moins déplaisant. Toujours intrusif et déroutant, mais à présent, elle n'aurait pas voulu qu'il en fut autrement. Ou plutôt, elle n'était pas en mesure de le vouloir.

Ses yeux se levèrent machinalement et elle rechercha l'objet de ses pensées. Il était plus loin, en bout de table Serpentarde, dos à elle. Lorsqu'elle croisa le regard de Blaise Zabini, elle détourna le sien précipitamment et se replongea à nouveau dans son bol de soupe…

Il fallait que cela cesse, malgré tout.


- Granger te regarde, encore.

Drago esquissa un sourire et se retourna : cette dernière, les joues rouges, regardait sa cuillère avec beaucoup trop d'insistance pour que cela paraisse naturel.

- Tu la fais tourner en bourrique, vieux…, l'accusa Blaise.

Le blond ne répondit pas, préférant agrandir son sourire et l'agrémentant d'un air à la fois moqueur et énigmatique.

- Tu ferais mieux de la ferrer avant qu'elle ne t'échappe, mec. Tu as de la chance de l'avoir domptée jusqu'à maintenant… Mais ça va pas durer.

- Az', je sais m'y prendre avec les filles, je te remercie pour tes précieux conseils.

- C'est pas « les filles », c'est Granger, vieux.

- T'es amoureux ou quoi ?, se moqua Drago.

L'Africain lui jeta un coup d'œil désespéré. Malefoy était complètement siphonné du bocal.

- Je te conseille juste de faire attention ou tu risques de te la faire piquer…, ajouta finalement Blaise.

Drago fronça les sourcils.

- De qui tu causes ?

- Eicca Manninen…

- Le Suédois ?

- Putain, t'en débites combien, des conneries à la minute ? Le mec est Finlandais.

Le blond le dévisagea en fronçant encore davantage les sourcils, cette fois-ci avec une mine clairement désapprobatrice.

- C'est pareil. Bref, il a quoi, le Finnois ? Je tiens juste à rappeler qu'il est en cinquième année, il tient pas une chance avec Granger.

Blaise lui lança un regard sceptique. Drago resta silencieux cinq secondes, songeur, avant de rouvrir la bouche comme si son ami venait de lui communiquer le plus cohérent des arguments.

- Elle ne sait même pas qu'il existe… !

- Et alors, il peut s'en arranger.

- C'est qu'un gamin. Je n'ai pas peur d'un gamin…

Drago se retourna, cherchant le dit « gamin » à la table des Gryffondors. L'atroce Finnois était là, plaisantant visiblement avec Ronald Debillius Weasley.

- Ah le fourbe… ! Se rapprocher d'abord des deux péquenauds n'est pas stupide…, commenta pertinemment le blond.

Blaise sourit avant de se concentrer à nouveau vers son assiette. Drago le regarda avec méfiance.

- … Tu te foutais de ma gueule, pas vrai ? Ce gamin n'a rien à voir avec Granger… ?

Son ami releva la tête et lui lança un regard provocateur.

- C'est possible.

- J'ai bouffé des gens pour moins que ça, le menaça Drago.

- Tu m'en diras tant. Dans tous les cas, je te le dis : arrête de faire genre tu t'en fous. Ferre la lionne avant de te la faire voler. Il y a beaucoup d'autres chasseurs qui rôdent…

- Je suis le plus redoutable ici, l'Afro.

Blaise pouffa.

- Indubitablement.

Drago ne put s'empêcher de regarder Hermione à nouveau, avant de jeter un regard à Eicca Manninen. Son ami secoua sa tête, désespéré. Mais au moins, il avait atteint son but : le serpent n'hésiterait pas à sortir ses crochets.


Hermione alimenta la cheminée de deux grosses buches de plus, s'épousseta les mains et retourna à son fauteuil. Sa lecture, bien que passionnante, n'arrivait à la soustraire à ses dérangeantes pensées. L'ironie du sort était qu'elle s'était installée pour lire dans le but ne plus songer à lui, mais que pourtant elle s'était assise dans la salle-commune avec l'espoir de le voir lorsqu'il rentrerait d'elle-ne-savait-où.

Elle était incorrigible.

Alors qu'elle soupirait pour la énième fois, la porte de leurs appartements s'ouvrit, laissant entrer Malefoy et Zabini.

- Salut, lança-t-elle à Blaise qui lui adressa un sourire.

- Salut, Granger. Alors, comment vont les amours ?

Elle faillit avaler sa propre salive de travers. Les pieds dans le plat. Drago se laissa nonchalamment tomber sur le canapé, comme complètement désintéressé par la discussion.

- Euh…

- Il parait qu'un jeunot veut sortir avec toi…, continua Blaise, comme dans le but vicieux de la mettre le plus mal à l'aise possible.

Cette conversation était littéralement hors de propos.

- De qui tu parles… ?

- Eicca Manninen.

- Je ne lui ai jamais parlé et très franchement, je ne vois vraiment pas de quoi tu parles…

Les deux jeunes hommes se jetèrent un coup d'œil alors qu'elle reprenait sa lecture. Drago signifia clairement à Blaise qu'il avait eu raison sur toute la ligne…

- Tu le trouves comment ?, l'interrompit à nouveau Blaise.

- Normal, j'imagine. Il est mignon, j'aime bien les blo… Enfin son accent est vraiment charmant…

Elle piqua un fard et reprit sa lecture en se martelant de faire plus attention à ses paroles, à l'avenir.

- S'il te demandait de sortir avec lui, tu dirais oui ?, insista l'Africain.

- Je ne crois pas non. Je n'aime pas l'idée de sortir avec quelqu'un plus jeune… Et puis… Et puis, c'est tout.

Les deux Serpentards s'échangèrent à nouveau un regard.

- Bon, ben c'était cool de discuter avec toi, Granger… A plus tard !

Il donna un coup de poing dans l'épaule de Drago en passant derrière lui et ferma la porte en partant. Hermione leva les yeux de son livre quelques secondes à peine. Ce fut largement suffisant pour constater qu'il la transperçait des yeux. Elle baissa les siens aussitôt : le regarder n'était pas une si bonne idée. Ils étaient seuls et les oeillades pouvaient être fatales.

- Qu'y-a-t-il ?, ne put-elle cependant pas s'empêcher de demander.

Elle pouvait prétendre autant qu'elle voulait que la situation actuelle l'importait peu, elle ne pouvait le tromper. Elle le savait.

- C'est plutôt à moi de te demander ça... Qui a regardé l'autre pendant tout le repas…?, murmura-t-il d'une voix ennuyée.

Ah, la félonne mesquinerie qu'il présentait là.

- Je ne te regardais pas.

- Ah bon... ? Dis-moi, je trouve que ton honnêteté fait battre ton cœur un tantinet trop vite.

Sa voix était à la fois froide et amusée… Il restait diaboliquement égal à lui-même. Elle ne répondit pas, concentrant ses pauvres yeux sur un seul et même mot de son livre, bien consciente du fait que son trouble était évident : leur conversation la mettait mal à l'aise, et ce qu'il venait de dire encore davantage.

- Comme la dernière fois, quand tu m'as embrassé...

Hermione en lâcha son livre. Elle quitta aussitôt le fauteuil pour le ramasser mais il n'était déjà plus à terre. Lorsqu'elle releva la tête vers Drago, il était toujours dans son fauteuil... l'ouvrage dans la main.

- J'ai toujours une longueur d'avance sur toi, Granger..., se moqua-t-il.

Son cœur battait si vite que sa poitrine en devenait douloureuse.

- Qu'est-ce que tu veux dire... ?, bredouilla-t-elle.

- Rien. Que c'est mignon de te voir essayer…

Le terme était méprisant. Forcément. Sa voix glaciale, ses yeux aussi givrés que le verglas au plus haut des tours : rien n'amenait à penser qu'il s'agissait d'un compliment.

- … Mignon ?

Elle prit une grande et longue respiration.

- Malefoy, si tu ne cherches qu'à m'humilier, je te prie très sincèrement d'arrêter. Je crois que tu t'es montré particulièrement clair ces derniers temps : oui, tu as raison, je suis complètement novice et je ne comprends rien aux bases mêmes de la romance : je suis complètement à l'ouest et très franchement, je peux saisir que cela te fasse rire voire peine à voir... Mais ce n'est pas une raison pour te moquer ou pour toujours chercher à te jouer de moi.

Il fallait surtout qu'aucune larme ne vienne couler sur ses joues, ou qu'un sanglot n'étreigne sa voix : elle aurait l'air pathétique.

- Parce que venant de toi, ça me fait de la peine... Je... Je n'avais jamais vraiment embrassé quelqu'un.

Elle se leva brusquement, trop éprouvée pour rester immobile : il fallait qu'elle parte. Ses mains tremblaient un peu. Elle sut immédiatement qu'il l'avait remarqué : ses yeux gris restèrent fixés sur ses doigts pendant une dizaine de secondes avant de revenir plonger dans les siens.

- Je ne me moque pas de toi.

Hermione arbora une mine sceptique.

- Permets-moi d'en douter…

En un clin d'œil, il se tenait debout devant elle : ce fut assez rapide pour qu'elle sursaute.

- Tu es toujours en train de m'asticoter, de me faire des sous-entendus pervers alors que tu sais que ça me gêne… Tu… viens près de moi…, marmonna-t-elle.

Comme pour illustrer ses propos, il se rapprocha encore davantage.

- Je vois… Alors, mon attitude envers toi te dérange à ce point…

Il pencha son visage vers elle, glissant indécemment sa bouche près de son oreille.

- Je vais donc arrêter de torturer, petite Granger… Même si cela m'attriste grandement de devoir cesser de jouer avec tes nerfs…

Elle essaya de se mobiliser, de se concentrer pour formuler la moindre pensée : cela n'arriva pas. Sa respiration s'accélérait et s'alourdissait en même temps dans sa poitrine. Sa gorge était aussi serrée qu'un misérable écrou et il lui semblait qu'il n'avait jamais fait aussi chaud à Poudlard. Quelques frissons lui parcouraient l'échine à chaque nouveau mot qu'il prononçait, et pire que tout, le souffle qui lui chatouillait la nuque l'obligea presque à fermer les yeux…

- Je t'ai dit… Si tu ne cherches qu'à m'humilier alors arrête… Mais si tu cherches autre chose… Alors…

Sa bouche était faite de sable et de parchemin… Il lui fut très malaisé de bredouiller ces quelques mots.

- Tu veux que je continue, finalement… ?

Une de ses mains vint se glisser sous son bras ballant et caressa son flanc, comme pour la rapprocher davantage.

- Ça te plait… ?

Elle ne répondit pas, préférant poser son front sur son épaule alors qu'il laissait son autre main appliquer le même traitement à son autre hanche. Ses doigts glissaient, serpentaient, aussi lents que des reptiles.

Il les fit remonter le long de son buste, effleurant à peine la bordure de sa poitrine pour arriver jusqu'à son cou, puis son menton. Hermione laissa échapper un soupir d'aise et aussitôt, elle sentit les lèvres de Drago s'entrouvrir contre son oreille pour ne laisser passer qu'un souffle rauque. Son autre main, toujours sur sa hanche, la colla fermement contre lui… La situation leur échappait délicieusement : Hermione soupira à nouveau, encore plus significativement. Cette fois, elle sentit jusqu'à ses canines frotter la peau de sa joue. Le bout de sa langue vint titiller la naissance de sa mâchoire et elle crut qu'elle allait défaillir pour de bon.

- Aaah, Granger... Tu sens la friandise intacte..., chuchota-t-il avant de lui donner à nouveau un léger coup de langue sur sa carotide battante.

Hermione ne sut pas vraiment comment recevoir ce commentaire. Mais à vrai dire, à cet instant et dans cette situation, elle n'arrivait pas à réfléchir du tout.

- Je ne suis pas une friandise…, finit-elle par dire.

Il recula son visage, ôtant ses lèvres de son maxillaire. Leurs regards s'affrontèrent, ardents.

- Ma friandise, souffla-t-il en jetant un coup d'œil furtif à ses lèvres.

Son regard impérieux semblait comme réclamer quelque chose. Lentement, ses mains relâchèrent toute emprise sur le corps d'Hermione. Elle réprima sévèrement les mots qui se bousculèrent à ses lèvres : lui demander de les remettre n'était pas ce qu'il y avait de plus bienséant.

Il fit un pas en arrière et machinalement, elle fit un pas en avant. Sa bouche esquissa un début de rictus. Et dire qu'en septembre, lorsqu'il avançait, elle reculait… Le changement radical n'était pas pour lui déplaire.

Sans lui laisser davantage de temps pour se moquer d'elle, elle fit glisser sa main sur sa joue et rapprocha significativement leurs visages. Après l'avoir transpercé de son regard, elle redressa encore davantage sa tête vers lui et posa doucement ses lèvres sur les siennes.

Il ne prenait jamais l'initiative, il fallait qu'elle s'y fasse. Malgré ça, lorsqu'elle essaya de s'éloigner après avoir séparé leurs lèvres, il l'en empêcha. Son bras s'interposa fermement à toute fuite et, placé dans le creux de son dos, la rapprocha brusquement de lui.

- Encore.

Une réclamation. Un ordre.

Elle ne put rien y objecter et l'embrassa à nouveau, toujours aussi timidement. Cette fois-ci, sa langue exigea presque aussitôt l'entrée à sa bouche… Elle s'exécuta, entrouvrant timidement ses lèvres. Il en profita promptement et vint immédiatement la frôler, la caresser et la titiller. Sa langue était comme un serpent vif et chaud, il ne s'attardait pas sans pour autant urger ses mouvements. Elle pouvait sentir ses canines, comme des crochets et ce qui aurait dû la répugner, ou au mieux l'effrayer, ne fit que lui donner encore plus chaud.

Au bout d'un certain moment, elle dût s'éloigner pour respirer. Il semblait avoir moins de problèmes qu'elle, de ce point de vue là… Mais même si la séparation était une torture, tous deux appréciaient la pause. Leurs yeux s'affrontaient avec la force des éléments.

- Tu abrites les mille tambours de l'enfer, ici…, commenta-t-il en en profitant lâchement pour poser sa main sur son sein gauche.

- Simple arythmie cardiaque, répliqua-t-elle, essoufflée. Rien à voir avec toi.

Il lui adressa un sourire désarmant de sarcasme.

- Alors… Euh…, commença-t-elle, la voix faiblarde. Je ne connais pas trop la marche à suivre…

- La marche à suivre… ?

- La procédure.

- Quelle procédure… ?

Elle avait un don pour ruiner des moments comme celui qui venait d'arriver.

- Tu…Enfin toi et moi, on… ?

Il laissa échapper un rire.

- Tu veux le faire… ?, s'enquit-il sans prendre de pincettes.

La syncope fut ratée de peu.

- Non… ! Je veux dire… Nous deux… On est… ? Tu sais…

- Ah, tu veux dire, tu veux qu'on sorte ensemble… ?

Un coup de massue s'abattit violemment sur le crâne de la Gryffondor. Euh, allo monsieur-tact, ici Hermione Granger...!

- J'en ai envie, oui, murmura-t-elle en regardant ailleurs tout en cherchant désespérément contenance.

- Eh bien… Si tu en as envie, c'est que tu as dû beaucoup y réfléchir, n'est-ce pas ?

Il avait une manière de présenter les choses, lui-alors ! Pas du tout prétentieuse ! Elle le fusilla du regard.

- Comment ça ? Évidemment, j'y ai réfléchi !

- Oui, c'était rhétorique, répliqua-t-il nonchalamment.

- Donc, tu veux ou tu ne veux pas ?, cingla-t-elle, agacée.

La situation était tellement romantique.

- Je ne sais pas, Granger, dit-il soudain. Puisque tu y as tant réfléchi, j'aimerais entendre des arguments.

Il l'avait complètement désarçonnée, encore. Comment pouvait-il être aussi à l'aise à ce propos ?

- Oh, tu rêves, rétorqua-t-elle en le contournant.

Mais elle avait sans doute trop tendance à oublier qu'il était bien plus rapide qu'elle. Elle buta contre lui.

- Je plaisantais, Granger.

A peine une demi seconde plus tard, il avait disparu. Des bras entourèrent soudain sa taille : il était derrière elle, une fois n'était pas coutume.

- Je te préviens… Si j'ai été gentil jusqu'à présent, je ne suis pas de la tarte en petit-ami.

Quels étaient ces frissons qui la parcouraient avec fureur ?

- Ne dis pas ça comme si tu avais été facile avant, répondit-elle un peu tardivement certes, mais la voix un peu plus assurée.

- Ce n'est rien par rapport à ce que ça va être maintenant, murmura-t-il d'une voix sarcastique. Tu dois savoir que l'on n'est pas les créatures les plus aimables… Ni les plus prêteuses

Son cœur battait si vite.

- Mais tu sais déjà tout ça… Je ne t'apprends rien… Car comme nous venons d'en discuter, tu as du pondérer toutes les conséquences qu'impliquaient de m'appartenir.

- … De t'appartenir… ?

- Oui, c'est comme ça qu'on dit, Granger.

- Je t'appartiens ?

- Et je t'appartiens aussi. Évidemment, tu y gagnes plus que moi, mais bon…

Elle lui donna un grand coup de coude avant de masser son articulation douloureuse.

- Masochiste.

Hermione se défit de son emprise pour se tourner vers lui.

- S'il y a un masochiste, ici, ce n'est pas moi, se moqua-t-elle. Tu vas devoir endurer mon odeur jour après jour, si proche.

Leurs yeux s'affrontèrent mais une pointe de malice vint se glisser dans ceux du Serpentard.

- C'est toi qui en payeras les conséquences, petite Granger…

Oh le fourbe.

Elle rougit furieusement et détourna le regard en pinçant ses lèvres.

- Ne t'inquiète pas. Je serais gentil…

Malefoy, gentil ? Impensable.

- Commence déjà par m'appeler Hermione, tu veux. On verra pour la suite.

- Dommage, j'aimais bien t'appeler Granger… J'avais l'impression de parler à ma subordonnée.

Elle le frappa. Se fit mal. Il ricana. Désespérant.

- Toi, par contre, j'aimerais que tu commences à m'appeler Monsieur. Ou Maître. Ou Comte.

- Comte ?

- Ça passe plutôt bien, pour un vampire, non ? Mais je vois que tu n'as rien à redire sur les deux autres noms. Voilà qui me parait parfait.

- Si tu continues à raconter des âneries, je te plante un pieu, Drago.

- Et si tu continues à être aussi insolente, c'est moi qui vais te planter dans un pieu, Hermione.

Ces deux là allaient s'entendre à merveille, c'était une certitude.


Et pour tous ceux qui s'enquièrent de connaitre la suite de leurs frasques, elles ne font malheureusement pas l'objet de cette histoire… Mais vous pouvez être sûrs que l'avenir se fera clément et que leur union ne se dissoudra pas : les guerres sont terminées et même si chaque jour est un combat, un Malefoy et une Granger peuvent largement affronter les lendemains sans nœud au ventre ou étau à la gorge…

Ils sont après tout qualifiés pour affronter le monde.

Fa(ng)rewell…


Merci de votre temps !