Kyo attendit que la respiration de son compagnon se régularise, signe qu'il s'était endormi, pour se glisser hors de ses bras et rejoindre la salle de bain dont il ferma la porte clef. Tout ceci fait, il ne put plus se contrôler et s'écroula sur le sol en sanglots, s'accrochant au rebord des toilettes pour vomir tout son désespoir dans la cuvette1. Il ne retenait plus ses sanglots et laissait échapper quelques gémissements rauques entre ses larmes. Il ne devrait pas être si triste pourtant, après tout Die essayait de l'aimer. Il devrait s'estimer heureux que le roux ne soit pas parti comme un voleur en le laissant seul dans un grand lit froid après une nuit passionnée? Mais le fait qu'ils aient été dans l'appartement du roux avait peut-être joué en faveur de sa présence le lendemain matin... Mais pourquoi avait-il cédé à ses avances quelques mois plutôt? Pourquoi cette mascarade depuis ce jour? Faisait-il tellement pitié pour que le roux se sente obligé de l'accueillir dans son lit, dans sa vie? Il sentait son coeur se serrer à un tel point qu'il avait du mal à respirer et qu'une nausée le reprit. Il resta la tête sur le bord des toilettes, nullement incommodé ni par l'odeur infect ni par ses joues inondées par des larmes qui avaient rendu son regard si flou qu'il n'y voyait plus rien. Il ne savait pas quoi penser mais il était certain d'une chose, il était un poids pour le guitariste. Ce devait être un fardeau terrible pour Die que de vivre avec lui, de se forcer à le toucher, à essayer de l'aimer... Cela devait être terrible pour lui de supporter sa présence tous les jours depuis plusieurs mois... Après tout personne n'avait jamais fait l'effort de le supporter bien longtemps. Et même si Die y arrivait, il l'aimait bien trop pour accepter de lui faire subir sa présence désagréable et envahissante. Non, définitivement, il n'avait pas le droit de s'imposer ainsi à qui que ce soit, et surtout pas à l'homme qu'il aimait...
Die remua doucement dans le lit et fronça les sourcils avant même d'ouvrir les yeux quand il ne sentit pas la masse chaude de Kyo contre son torse. Il se releva et observa la chambre sans remarquer nulle part le petit blond il se leva doucement et se dirigea vers le salon pour trouver le petit chanteur blotti et endormi dans une couverture, sur le canapé. Des feuilles noircies d'écritures, d'autres chiffonnées, ou encore raturées s'étalaient sur la petite table face au sofa, quelques unes étaient même tombées sur le sol entre le meuble et le blond qui tenait d'ailleurs une feuille dans son poing serré. Le guitariste eut un petit sourire attendri pour son amant. Ce n'était pas la première fois que Kyo migrait sur le canapé pour ne pas le déranger alors qu'il avait une soudaine inspiration ou qu'il travaillait des paroles. Il retira le papier que le chanteur tenait fermement entre ses doigts et le déposa sur la table avant de prendre le blondinet dans ses bras pour le porter dans sa chambre et l'étendre sur le lit. Il rabattit la couverture sur le petit corps avant de caresser tendrement sa joue, attardant son regard sur la pâleur plus que perceptible de Kyo. Il soupira, le chanteur avait sûrement passé la nuit à écrire et avait bien trop peu dormi. Il déposa un léger baiser sur le front de l'endormi et quitta la pièce pour aller à la cuisine et prendre son petit déjeuner.
Kyo se réveilla doucement au son de la pluie qui battait les vitres, enroulé dans sa couverture et la couette remontée jusqu'au menton. Il s'étira longuement avant de se redresser en soupirant. Il tendit l'oreille et localisa son guitariste sous la douche au bruit de l'eau qui coulait dans la pièce voisine. Il remonta ses genoux contre son torse pour ensuite les entourer de ses bras où il plongea sa tête. Il n'avait pas eu la force de se résigner à quitter Die. Pas qu'il ait douté du bien fondé de cette décision, bien sûr que non, mais il n'avait pas pu s'y résoudre tout simplement. Il avait été trop égoïste. Même en sachant que les trois mois qu'il avait passés avec le roux n'avaient été que mensonges, il ne voulait pas être loin de lui. Il avait goûté à sa présence; à ses caresses, à sa tendresse... Et il ne pouvait plus s'en passer. Il savait qu'il ne supporterait pas d'être touché par qui que ce soit d'autre; mais ce problème là n'était pas insoluble. Ce qui l'était par contre, c'était qu'il ne pourrait jamais accepter que quelqu'un touche le roux. Il ne pourrait jamais se faire à l'idée qu'une autre personne aime Die, et pire, que cette personne réussisse contrairement à lui à s'en faire aimer. Non, il ne pourrait jamais admettre ça.
Die regardait son amant fumer, désespéré. Cela faisait deux semaines que celui-ci dépérissait, il avait maigri d'une manière plus que flagrante, il dormait peu, les nuits qu'il passait sur le sofa du salon à composer se multipliaient, il semblait sombrer. Il avait bien vu le changement fulgurant chez le blond, mais il ne pouvait rien y faire et c'était justement ce qui le perturbait au plus haut point. Il ne comprenait pas comment ce changement brutal avait pu se faire. Il ne s'était pourtant rien passé. Un matin, Kyo avait commencé à se montrer plus distant, plus sombre. Et depuis sa santé et son état physique s'étaient dégradés à une vitesse affolante. Et même dans l'intimité. Non seulement il était un peu plus distant mais il ne participait plus du tout. Il semblait même subir l'acte sexuel. Cela se passait pourtant bien avant, et il savait que Kyo appréciait ses caresses et ses baisers. Il se délectait toujours des gémissements du blond quand il le touchait et le prenait, mais depuis deux semaines, le blond se laissait faire, restait fermé aux attentions du guitariste, ne laissait échapper que des grognements de douleur de sa mâchoire serrée. Ce n'était devenu qu'un acte brutal et rapide, le blond ne prenait même plus le temps de se laisser déshabiller par le roux. Il se comportait comme s'il n'était là que pour soulager Die qui ne supportait plus cette situation. Même s'il n'aimait pas son ami d'amour, il avait du respect pour lui et ne voulait pas l'utiliser comme un jouet... Il avait bien essayé de savoir ce qui n'allait pas mais le blond continuait à affirmer que tout allait bien, qu'il était sûrement malade... Mais cela faisait deux semaines que ça durait. Et il ne pouvait plus supporter de le voir sombrer ainsi, il était son ami, et il ne pouvait pas le laisser ainsi sans réagir.
Ils étaient assis en face l'un de l'autre et mangeaient dans un silence pesant, le même depuis deux semaines. Kyo avait à peine entamé son assiette et semblait gêné par le regard insistant que son compagnon posait sur lui. Le blond se leva et commença à débarrasser, tentant de fuir ces yeux qui suivaient chacun de ses mouvements. Die attendit patiemment que le chanteur ait terminé ses tâches et se rassoit pour entamer la conversation.
"Qu'est-ce qu'il se passe Kyo?
- Je t'ai déjà dit que tout allait bien, tu t'inquiètes pour rien?
- Pour rien?! Le roux commençait à perdre son calme, Mais merde tu crois que j'ai pas remarqué ton état pitoyable depuis quelques temps? Kyo se figea au ton sec et serra ses poings qu'il avait posés sur ses cuisses, Tu crois que je t'entends pas vomir tous les soirs? Tu crois que je sais pas ce que tu caches sur ton torse et tes bras en ne voulant plus que je te déshabille ou te caresse? Tu crois que je ne t'entends pas pleurer quand tu es persuadé que je dors? Tu crois que je n'ai pas vu la distance que tu mets entre toi et tous les gens qui t'entourent ou encore que tes textes sont plus noirs que jamais? Je supporte plus de te voir comme ça Kyo, explique-moi! Parle-moi un peu! le roux ne s'était pas rendu compte que sous la colère, il s'était levé et surplombait le petit blond qui s'était tassé sur sa chaise, un peu plus pâle si c'était encore possible."
Kyo resta immobile un temps, son regard toujours vide, contractant spasmodiquement sa mâchoire en fixant un point invisible devant lui. Il finit par se lever et quitta l'appartement, sans un mot, sans attraper de veste il sortit sous la pluie battante. Le guitariste resta un moment interdit, debout à côté de la table sans bouger. Il ne se rendait pas compte des secondes qui s'écoulaient mais un coup de tonnerre dehors le sortit de ses pensées et il s'élança dehors après avoir attrapé sa veste et celle de Kyo au passage, il partit à la recherche du blond dont il n'avait aucune idée d'où il avait pu partir.
La femme conduisait vite sous les pluies diluviennes qui tombaient sur la ville. Trop vite. Son téléphone sonna et elle décrocha, explicitant pour tout spectateur qui aurait pu être présent sa mauvaise humeur par le geste brusque avec lequel coulissa le petit appareil, toute concentrée qu'elle était sur la conversation mouvementée qu'elle menait avec son patron, elle ne vit que trop tard la silhouette sur laquelle elle fonçait, elle freina, mais le temps de réaction trop lent causé par l'utilisation de son portable, la fatigue et la pluie qui avait détrempé la route eurent raison de ses minces espoirs quant à s'arrêter avant le choc qui eut lieu quelques secondes plus tard.
Il entendit le bruit d'une voiture qui freinait sur l'asphalte trempé des larmes du ciel, il sentit une masse dure le percuter douloureusement avant qu'il ne tombe rejoindre les gouttes de pluie sur le bitume, ses yeux se fermèrent sur le flou qui l'entourait et sa dernière pensée avant de sombrer dans l'inconscient fut pour le petit chanteur qui était parti il ne savait où, sans veste sous cette pluie battante.
Koneko: Les cinq dernières lignes me sont venues pendant une dissertation de français de 3h ce matin, là il est 1h du matin et je viens de finir mon chapitre, je suis crevée et j'arrête pas de tousser et en plus je dois me le ver à 7h30 pour aller bosser (en clair faire le ménage dans un camp de vacances). Je sais tout le monde s'en fout..... mais je m'en fous.
30/01/09
~koneko qu'est d'une humeur à chier parce qu'elle est malade~
1Ouais question poétique y'a mieux mais bon....
