"I've been racking my brain, figuring out what to say,
But it may be safe to bet that the day might still come,
I'll forgive what you've done, but it still hasn't happened yet,
Your bed's been made... Now go die in it.
Mona Lisa, you've really done something,
You're the black ice on my road to wholesome,
Mona Lisa, you've really done something,
Done a number on all of my organs"
-Bayside, Mona Lisa
« Je dois avouer que faire l'amour le matin, c'est ce que je préfère, » dit Damon en souriant à Caroline tandis qu'elle remontait les draps blancs sur son corps en riant.
« Faire l'amour tout court, c'est ce que tu préfères, Damon, » répondit-elle et il lui fit un sourire en coin en l'attirant dans ses bras pour lui caresser les cheveux.
« Vous aviez entièrement raison, très chère, » répondit-il. Elle sourit alors qu'un rayon de soleil, filtrant à travers les rideaux, vint illuminer le visage de Damon et éclairer ses parfaits yeux bleus.
Entre eux, tout allait bien. Mieux que bien, tout allait parfaitement bien. Depuis qu'il lui avait avoué être en train de tomber amoureux, elle se sentait bien, et rien ne parvenait à minimiser ce sentiment.
On aurait qu'ils avaient enfin réussi à se retrouver, et que les choses reprenaient leur cours normal. Elle ne ressentait plus le besoin de rester travailler tard, de faire la tournée des bars avec Abby, ni même de contacter Stefan, parce que tout ce qu'elle voulait – tout ce dont elle avait besoin – était juste là, dans son lit, à lui sourire le matin et à l'embrasser le soir.
Elle était amoureuse, et c'était tout ce qu'il lui fallait pour traverser cette crise.
« Qu'est-ce que tu dirais d'un deuxième round ? J'ai vu une émission spéciale sur une contorsionniste l'autre soir à la télé, et il y a quelques figures que je meurs littéralement d'envie que tu essaies, » dit-il en refermant ses bras musclés sur sa taille alors que ses lèvres se perdaient dans son cou.
Caroline ronronna en riant alors qu'il mordillait sa peau.
« Pour commencer, tu ne meurs pas du tout, et ensuite, je ne suis pas contorsionniste. J'ai peut-être reçu le cadeau, ou le malheur, de la vie éternelle, mais je ne crois pas qu'être aussi souple fasse partie du contrat, » dit-elle et il rit tout en déposant des baisers de son épaule jusqu'à sa joue.
« Est-ce que j'augmente mes chances si je t'emmène sur une île où tu meurs d'envie d'aller ? » dit Damon en la lâchant juste assez longtemps pour ouvrir le tiroir de la table de nuit et en sortir une brochure dont la couverture était une plage.
« De quoi tu parles ? »
« Je parle de partir en vacances, et de fuir ce temps maussade. Je me suis laissé dire que Bélize est super à cette période de l'année. Peut-être qu'on pourrait faire une escale en Indonésie, tu as toujours dit que tu voulais visiter Palau, » sourit-il et elle sentir un sourire ourler à ses lèvres.
Partir en voyage – elle était tombée amoureuse de lui pendant un voyage.
« Alors, tu comptes arrêter de faire l'amour assez longtemps pour prévoir des vacances ? » demanda-t-elle d'un air sceptique. Il haussa les épaules.
« Des choses bien plus folles sont déjà arrivées. »
« Comme ? »
« Comme le fait que tu tombes amoureuse de toi. J'étais légèrement bourru quand on s'est rencontrés, Caroline. Pas du genre « petit ami » avec toutes ses morsures et ces séances d'hypnose à répétitions auxquelles je t'ai si gentiment soumise, » dit-il sur un ton sec. Elle comprit immédiatement qu'il se sentait honteux.
Damon détestait ce qu'il avait fait à Caroline – le plaisir sadique qu'il avait pris à la faire souffrir lui donnait la nausée, et la plupart du temps, il se demandait comment elle avait pu mettre ça derrière elle. Il l'avait traitée comme une moins que rien, et il pouvait s'estimer heureux d'être à ses côtés aujourd'hui. Elle avait accepté de prendre un nouveau départ, et parfois, il avait l'impression de ne pas le mériter.
Alors, au lieu de s'apitoyer sur son sort, il avait consacré tous ses efforts à la protéger. Il avait besoin d'être là pour elle, d'être celui sur qui elle pouvait compter. Son attitude protectrice était en grande partie responsable de la tension entre lui et Stefan – il voulait la protéger de types comme son propre frère. Stefan commençait sérieusement à lui rappeler celui qu'il était avant de réaliser qu'il devait changer. Stefan était très vite devenu amer, sarcastique et dangereusement charmeur. Stefan était l'ancien Damon, et ça lui faisait peur.
Il refusait que Caroline soit à nouveau blessée par quelqu'un comme ça – quelqu'un comme lui.
« Je t'ai pardonné, Damon. Je sais que tu n'es plus comme ça, » souffla-t-elle en lui passant la main dans les cheveux.
Inévitablement, ils finirent par s'embrasser et il le détendit contre elle alors qu'elle se lovait contre lui. Ils restèrent blottis l'un contre l'autre quelques minutes.
« Je suis un sacré veinard. Un veinard qui est reconnaissant de vous avoir toi, et ton pardon, » dit-il avec un soupir, alors qu'elle posait les mains sur son torse nu.
« Puisqu'on est d'humeur à pardonner, Damon, je… » commença-t-elle, et on sonna à la porte avec insistance.
Caroline laissa échapper un grognement. Non mais sans rire.
« Je dirais que tu as de la visite, » dit-il et Caroline poussa un soupir en enfilant un t-shirt et un boxer avant de s'arracher du lit.
« Reste là, » dit-elle en le montrant du doigt comme elle approchait de la porte. Il haussa les sourcils.
« Oh, mes excuses, mademoiselle, je ne savais pas qu'il y avait un autre shérif Forbes dans la famille, » plaisanta-t-il.
« Ce n'est pas le cas. Mais je n'hésiterai pas à me servir des menottes, » dit-elle avec un clin d'œil. Il lui sourit alors qu'elle quittait la pièce pour se précipiter à l'entrée, où la sonnette retentissait sans arrêt.
« Je viens, je viens ! » cria-t-elle.
« J'espère que c'est à moi que tu parles, et pas à Damon, Caroline, parce que, perso, je trouve que c'est un peu tôt pour des galipettes ! » cria Abby.
Caroline ouvrit la porte à la volée et entraîna la rouquine à l'intérieur très vite avant de refermer la porte et de croiser les bras.
« Tu es vraiment obligée de faire savoir à la Terre entière que j'aime faire l'amour avec mon copain de bon matin ? » fit Caroline d'un air exaspéré.
« Oh, chérie, crois-moi, ils savent tous ce que tu aimes. Même depuis ma voiture, j'entends ce que tu aimes, » dit Abby en contournant Caroline pour se rendre dans la cuisine, où elle sortit la bouilloire pour faire du thé.
Caroline secoua la tête mais n'émit aucune objection. C'est vrai qu'il leur arrivait d'être légèrement bruyants.
« Alors, qu'est-ce qui t'amène à neuf heures du matin un samedi ? » demanda-t-elle alors qu'Abby s'installait et qu'elle faisait de même.
« Tu as donné mon numéro à Stefan ? » demanda Abby et Caroline se mordit la lèvre.
« Peut-être bien – ça ne te pose pas de problème, au moins ? » fit-elle timidement. Ce fut au tour d'Abby de secouer la tête.
« Mais merde, Caroline ! Tu ne peux pas me demander ça après l'avoir déjà fait," se plaignit la rousse et Caroline soupira. « Mais bon, je te pardonne, » conclut-elle doucement et Caroline haussa un sourcil.
« Alors tu vas apprendre à le connaître ? »
« Ouais, puisqu'il m'a appelée ce matin pour m'inviter à sortir, » dit Abby avec un petit sourire. Caroline était bouche bée.
« Ah bon ? »
« Oui, et comme je suis une aventurière, j'ai accepté. Même si je ne le connais ni d'Adam ni d'Eve et que c'est un vampire, n'est-ce pas ? »
Caroline écoutait l'eau qui coulait sous la douche de Damon – Abby la regardait d'un air confus. Toutes les deux gardèrent le silence jusqu'à ce que la bouilloire siffle et que les talons d'Abby claquent sur le parquais quand elle se leva pour la récupérer.
« Pardon, tu disais ? Et oui, c'est un vampire, » répondit Caroline.
« J'ai besoin d'une tenue pour ce soir, » dit Abby et Caroline lui jeta un regard incrédule.
« Ce soir ? C'est tôt, » remarqua-t-elle.
« Je sais, et j'ai bien l'intention d'être superbe, » sourit Abby en sortant deux tasses du placard.
Les minutes suivantes passèrent dans le silence et en regardant Abby tous les 15 secondes, Caroline se dit qu'elle devrait vraiment lui parler de ce qui s'était passé avec Stefan.
Damon entra dans la cuisine tout en enfilant un t-shirt gris et en passant la main dans ses cheveux encore mouillés.
« Toutes les excuses sont bonnes pour montrer tes abdos, » fit remarquer Abby et Damon eut un petit rire.
« Si ça ne te plait pas, ne te pointe pas chez moi à l'aube, » dit-il en feignant un sourire tout en ouvrant le frigidaire pour en sortir une poche de sang.
« Quoi, et manquer l'opportunité de forcer le petit Damon à être chaste ? Jamais de la vie, » rétorqua Abby alors qu'il sirotait sa poche de sang.
« Le petit Damon n'est pas si petit, » dit-il avant de se tourner vers Caroline. « Chérie, je pensais que tu étais plus douée en commérages, » fit-il avec un sourire en coin. Elle rit.
« Vous êtes obligés de vous chamailler tous les jours ? C'est toxique pour mon aura, » répondit Caroline alors que Damon avalait le reste de son verre.
« Plus de chamailleries dès que je passerai cette pore, sauf si Abby veut se disputer avec elle-même. Je vais payer quelques factures et m'acheter de nouvelles chemises. A plus tard, » dit-il en posant un baiser rapide sur les lèvres de Caroline. Abby se tourna vers lui.
« Damon, ça te dit un double rendez-vous ce soir ? Ton frère craque pour moi, » dit-elle joyeusement, et Caroline remarqua que la mâchoire de Damon s'était légèrement contractée.
« Hmm. Tu dois êtes AB négatif, » répondit-il spontanément avant de s'en aller.
Abby croisa les bras et leva les yeux au ciel.
« C'est quoi son problème ? » demanda-t-elle en se tournant vers Caroline. La blonde soupira.
« Stefan et lui ne s'entendent pas vraiment, » répondit-elle en se levant pour sortir une assiette à Abby. « Tu as faim ? Je peux te faire des toasts, » proposa-t-elle dans une tentative de changer de sujet qui ne passa pas inaperçue.
« Attends une seconde, Caro. Pourquoi ils ne s'entendent pas ? J'ai comme l'impression qu'il y a une raison plus grave que Damon qui se comporte, à son habitude comme un petit con, et j'aimerais lui donner le bénéfice du doute. »
Caroline fit face aux yeux gris inquisiteurs et déglutit. Abby avait toujours le don pour aspirer la vérité hors de vous, simplement en vous regardant avec assez d'insistance.
« Il y avait cette fille, Elena, qui était ma meilleure amie aux Etats-Unis. Elle sortait avec Stefan, et entre eux c'était vraiment l'histoire parfaite, tu vois ? Stefan a dû s'en aller un jour, à cause de ce Klaus dont je t'ai parlé et Elena s'est retrouvée seule pour gérer son cœur brisé, avec Damon. Pas besoin de te raconter ce qui s'est passé ensuite, c'est évident… »
« Elena s'est tapé Damon dans son dos ? Quelle salope ! C'est pas non plus très joli-joli de la part du frère de Stefan, d'ailleurs, » s'exclama Abby et Caroline leva les mains en signe d'apaisement.
« Damon était vraiment amoureux d'elle. Elle, non. Elle l'a largué dès que Stefan est rentré et entre eux c'est tendu, depuis, » ajouta Caroline et Abby se frotta le menton.
« Il doit y avoir autre chose. Je veux dire, cette Elena, on dirait une pétasse de premier ordre, et la situation était vraiment tordue, mais si aucun des deux n'est avec elle, pourquoi ils l'ont toujours aussi mauvaise ? »
Caroline prit une profonde inspiration et resta immobile alors qu'Abby écarquillait les yeux.
« T'as pas osé, » dit-elle et Caroline baissa les yeux.
« Osé faire quoi ? »
« T'as pas osé devenir la nouvelle Elena, pas vrai ? Toi et Stefan, vous l'avez fait ? » demanda nerveusement Abby et Caroline haussa les épaules.
« C'est…arrivé une fois, et je le regrette. Je me suis comportée comme une idiote et j'étais furieuse contre Damon, et Stefan a dit qu'il m'aimait. Damon était rentré une semaine avant de sa visite chez ladite salope et j'étais mal. Je sais que j'ai déconné, vraiment, et je ne sais pas comment lui dire, » dit Caroline en tremblant. Abby ne s'en remettait pas.
« Damon ne sait pas que tu as couché avec son frère ? Mais, ça c'est passé quand ? La semaine dernière ? »
« Y'a presque deux mois, » dit Caroline et Abby lui jeta un regard qui la couvrir de honte.
« Tu as couché avec Stefan il y a deux mois ? Et tu n'as encore rien dit à Damon ? Non mais t'es malade ? »
« J'ai peur, Abby ! Il n'arrête pas de me dire ce qu'il ressent pour moi et je ne veux pas lui faire de mal. Je veux simplement être heureuse avec lui. Il me rend heureuse et si j'avais su avant ce qu'il ressentait, rien de tout ça ne serait arrivé, » dit Caroline et Abby secoua la tête.
« Mon dieu, Caroline. Pour commencer, tu t'envoies tous les vampires canons de Londres.. »
« Pas tous, juste deux. »
« Peu importe – non seulement tu dois lui dire, tout de suite, mais tu dois me dire toutes ces choses à moi, et bien plus tôt ! Tu m'envoies en rendez-vous avec un mec qui craque sur toi alors que tu prétends être la petite amie parfaite. C'est pas bien. »
« Désolée de ne t'avoir rien dit, Abby. Mais fais-moi confiance, Stefan ne t'aurait pas appelé s'il n'en avait pas envie. Il a vraiment envie d'apprendre à te connaitre. »
« C'est des conneries, Caroline ! Je ne vais pas lui servir de lot de conso… »
« Rien ne t'y oblige, Ab. Mais pitié, n'annule pas juste à cause de moi. Je veux être avec Damon, et tu serais bien avec Stefan. C'est un garçon intelligent, gentil… »
« Un connard de première… »
« Abby, s'il te plait, » supplia Caroline. La rousse poussa un soupir de défaite et but une gorgée de son thé.
« Bon, okay, je sortirai avec lui ce soir, et je verrai bien ensuite. »
« Et moi, je…vais tout dire à Damon, » concéda Caroline. Abby soupira en voyant les larmes qui perlaient au coin de ses yeux.
« Caro, » dit-elle en allant vers elle pour la prendre dans ses bras.
« Il va me détester. Il va vraiment me détester, et me larguer et je ne le reverrai plus jamais, » sanglota Caroline alors qu'Abby lui caressait les cheveux.
« Mais il t'aime, Caroline… »
« Non, il est en train de tomber amoureux, nuance, » contra Caroline et Abby rit.
« Peu importe, ma belle, il veut être avec toi. Il ne va pas tout laisser tomber parce que tu as fait une erreur, » la rassura Abby tandis que les larmes coulaient sur ses joues. « Mais il faut que tu sois honnête, Caroline, s'il te plait. Tu ne peux pas vivre une vraie relation si tu te mens à toi-même. »
Abby avait raison – ce qu'elle était en train de construire avec Damon n'était pas basé sur la confiance, c'était basé sur la culpabilité. Elle avait besoin de se laver les mains de tout ça, et aujourd'hui. Plus d'excuses.
« S'il te vire, tu t'installeras chez moi et on boira du Brandy en mangeant de la glace jusqu'à ce que tu n'aies plus de peine, » proposa Abby et Caroline sourit quand son amie essuya ses larmes. « Allez, sois honnête avec lui. Aussi loin que je m'en souvienne, c'est un con, mais il ne t'a jamais menti. »
Caroline hocha la tête. Il méritait la vérité. Et s'il la quittait, ou s'il ne voulait plus jamais lui parler, elle l'aurait bien mérité aussi.
« Maintenant, je vais m'en aller, me trouver une robe du tonnerre pour ce soir, et toi, tu vas rester là, à réfléchir à ce que tu vas dire à Damon. Parle avec ton cœur, » dit Abby, et Caroline hocha la tête à nouveau. « Appelle-moi si tu as besoin de quoi que ce soit. J'arriverai à détacher mon regard du magnifique visage de sale con de Stefan assez longtemps pour vérifier mon téléphone, » dit Abby alors que Caroline hochait encore la tête.
« Merci, Abby. »
« Bonne chance, Caroline, » répondit-elle en sortant.
« Dis donc, quand est-ce que tu as branché Stefan et Abby ? » demanda Damon un peu plus tard dans la soirée, alors qu'il tourbillonnait dans la cuisine pour récupérer deux verres de vin et une bouteille.
« Je lui ai juste donné son numéro. Il a fait le reste tout seul, » répondit Caroline. Damon haussa les sourcils.
« Il se nourrit toujours de sang humain ? »
« Il ne va pas la tuer, Damon, ne t'en fais pas. Et puis, elle porte un bracelet de verveine, alors il ne pourra pas l'hypnotiser non plus, » dit Caroline. Il haussa les épaules.
« Espérons. »
Il y eut un long silence, puis Damon leva les yeux vers elle avant de leur servir du vin.
« Qu'est-ce qui ne va pas ? » demanda-t-il. Elle soupira.
« Je me demande quelle est la meilleure manière de te dire ce que j'ai à te dire, » fit-elle faiblement alors qu'il reposait la bouteille pour se placer devant elle.
« Me dire quoi ? »
Caroline sentit immédiatement la tension dans l'air alors que les yeux bleus de Damon se mirent à briller. Il respirait posément, attendant qu'elle se décide à parler. Elle était nerveuse. Elle avait les mains moites, et sa jambe tremblait alors que son pied tapait continuellement sur le parquais. Elle expira longuement et déglutit – elle avait un nœud dans la gorge.
C'était l'épreuve la plus éprouvante qu'elle ait traversée jusqu'au ce jour. Et considérant qu'elle allait vivre pour toujours, elle espérait que ce serait la dernière.
« J'ai déconné, Damon. Vraiment, vraiment déconné, » finit-elle par avouer. Il se contenta de continuer à l'observer en silence alors qu'elle cherchait ses mots.
« Je sais, tu mets toujours l'après-shampooing au mauvais endroit et c'est vraiment super chiant pour moi de l'attraper quand je prends ma douche, » plaisanta-t-il pour détendre l'atmosphère, mais Caroline ne sourit pas. Elle avait plutôt l'air consternée. Damon s'en aperçut et lui prit les mains en voyant que ses yeux s'emplissaient de larmes. « Qu'est-ce qui ne va pas ? » répéta-t-il et elle secoua la tête.
« Je ne te mérite pas, » dit-elle enfin, et Damon fronça les sourcils, tentant de comprendre où elle voulait en venir.
« Pourquoi tu penses une chose pareille, Caroline ? Tu es merveilleuse et… »
« Non, Damon. Je suis une rate, et une idiote, et… »
« Oh la, doucement avec la crise existentielle, Caro. Pourquoi tu dis ça ? Ce n'est pas ce que je pense de toi, » dit-il en entrelaçant leurs mains. « Je pense que tu es très agaçante, et très fougueuse…et très belle. La plus belle femme que je connaisse, » admit-il et elle renifla.
« Et une traînée. La plus grosse traînée que tu connaisses, » répondit-elle du tac au tac. Il haussa un sourcil en la regardant attentivement : son visage pâle inondé de larmes, ses yeux bleus devenus plus sombres.
« Je…je ne comprends pas. »
« Je t'ai trompé, Damon, » lâcha-t-elle. Elle vit son visage se défaire. On aurait dit qu'il était de moins en moins vif à chaque seconde, puis il lâcha ses mains et ouvrit des yeux ronds. « Damon, je m'en veux tellement… »
« Quand ? » demanda-t-il simplement. « Réponds-moi, Caroline, » dit-il doucement sans la quitter des yeux. Elle ferma les siens pour empêcher les larmes de couler, puis le regarda à nouveau.
« Il y a environ deux mois. »
56 jours, pour être exacte.
Damon avait le regard vide quand il enfonça les mains dans ses poches et qu'il lui fit face à nouveau.
« Par pitié, dis-moi que ce n'était pas Stefan, » répondit-il doucement. Ses yeux admirent la vérité en silence, teintés d'une angoisse toute nouvelle.
Si. Si, c'était lui.
Il sembla avoir reçu un coup de poing en plein ventre et baissa les yeux avant de croiser le regard de Caroline à nouveau.
« Je comprendrais que tu me détestes, Damon, vraiment. Mais saches que je m'en veux vraiment et que je n'ai jamais voulu te faire de mal. J'allais vraiment mal alors j'ai… »
« Décidé de baiser avec mon frère, oui. Tu sais, les gens normaux se contentent de louer des films et de manger une tonne de chocolat quand ils sont tristes, » répondit-il et elle essuya ses larmes. « Mais toi…tu n'as trouvé que ça ? »
« J'étais perdue, Damon ! Tu venais de me dire que tu ne m'aimais pas et tu étais parti voir Elena deux jours plus tôt sans aucune explication ! »
« Parce que je ne pensais pas avoir à t'en donner, Caroline ! Je ne t'aurais jamais fait un truc pareil. Je n'aurais jamais donné à quelque chose d'autre les sentiments que j'ai pour toi ! » cria-t-il et elle serra les dents. « Bon sang, comment j'ai pu être aussi idiot ? » dit-il comme une question rhétorique.
« Tu n'es pas idiot, Damon. Je sais que tu n'es pas… »
« Alors pourquoi je ne t'ai pas empêchée de tomber amoureuse de mon frère ? »
« Je ne suis pas amoureuse de Stefan ! » hurla-t-elle à son tour, provoquant chez lui un rire jaune.
« Caroline, t'es amoureuse de tout le monde, comme toujours. »
« Alors pourquoi tu es avec moi ? Si je suis amoureuse de tout le monde, pourquoi tu veux être avec moi ? » demanda-t-elle avec colère à travers ses larmes. Damon se mordit la lèvre inférieure avant de répondre.
« J'étais avec toi parce que je pensais pouvoir changer ça. Il y avait une part de moi, stupide et très naïve, qui pensait qu'on pourrait se sauver l'un l'autre. Mais tu veux savoir le pire, Caroline ? Ce n'est pas que je t'aie fait confiance, c'est que j'aie cru en toi. Je croyais tellement, tellement en toi, » dit-il fermement.
« Je sais et si je te dis tout ça c'est parce que je ne veux plus mentir. Je ne peux pas continuer à te briser le cœur, » dit-elle et Damon soupira.
« C'est déjà fait, Caroline, » répondit-il doucement en se dirigeant hors de la cuisine. Elle lui courut après et s'agrippa à sa chemise.
« Damon… »
« Tu n'as pas besoin de t'en aller, Caroline. Reste autant que tu voudras, » fit-il doucement. Elle chercha une émotion dans ses yeux, mais n'en trouva aucune. « Je vais faire mes bagages, » ajouta-t-il et elle sentit son cœur se serrer à ces mots.
« Je veux que tu restes, Damon, tu n'as pas besoin de partir, » dit-elle avec difficulté.
« Tout ce que je voulais, Caroline, c'était être le premier choix de quelqu'un, le seul choix. Je ne crois pas que tu sois ce quelqu'un, » répondit-il et on aurait dit qu'il venait de lui arracher le cœur.
« Damon, je t'en prie, » chuchota-t-elle et elle secoua la tête en s'éloignant.
« Tomber amoureux, pour moi, c'est une erreur, Caroline. Et ça le sera à chaque fois. »
