All I Wanted

"Think of me when you're out, when you're out there,

I'll beg you nice from my knees,

And when the world treats you way too fairly,

It's a shame I'm a dream

I could follow you to the beginning,

Just to relive the start,

And maybe then we'd remember to slow down,

At all of our favorite parts,

All I wanted was you"

-Paramore

Damon quitta effectivement l'appartement, quoique seulement dans l'optique de se changer les idées et de prendre l'air – peu importe combien de temps ça prendrait. Etre dans la même pièce qu'elle le rendait malade, et il avait désespérément besoin de quitter leur appartement, de fuir ses pensées assourdissantes, ne serait-ce que pour quelques heures.

Il erra dans les rues de Londres, sans se soucier de la lune qui disparaissait pour faire place au soleil levant. Il enfonça ses mains dans les poches de sa veste en cuir et poussa un soupir. Il marcha toute la nuit, marquant une halte dans quelques bars pour siroter un verre en solitaire, voire une douzaine, alors qu'il tentait de se reprendre – tout ce qu'il parvint à faire, c'est de se souler complètement. Il avait encore un vague goût de vodka sur les lèvres, et il tira un paquet de cigarettes de sa poche, ainsi qu'un briquet.

Fumer était stupide, il le savait, mais aussi loin qu'il s'en souvienne, il s'y était accroché en période de stress. Il mit la cigarette dans sa bouche et l'alluma sans problème, inhala la nicotine et expira un nuage de fumée sans cesser de marcher. Il n'était même pas sûr que ce genre de choses ait un effet sur lui, ou sur les vampires en général, étant donné qu'il n'avait pas besoin de respirer. Mais il aimait croire que ça lui faisait quelque chose – que ça le calmait alors que des pensées nerveuses envahissaient son esprit. Il voulait penser que ça allait l'aider.

Il savait bien que ça ne serait pas le cas.

Il passa les doigts dans ses cheveux sombres et s'installa sur le premier banc public qu'il vit, poussa encore un soupir en faisant tomber les cendres de sa cigarette sur le sol. Il avait la tête qui tournait.

Caroline l'avait trompé, avec son propre frère.

Et même si elle lui avait donné des explications, il ne pouvait s'empêcher de croire qu'elle ne lui avait pas tout dit. Il savait aussi qu'il n'avait aucun droit de ne pas lui pardonner ce qui était arrivé : il lui avait fait subir des choses monstrueuses, alors qui était-il pour la condamner pour une simple erreur ? Elle n'était pas parfaite, mais lui non plus.

Ça n'en était pas moins douloureux.

Il n'était pas comme Caroline : il n'avait pas un cœur débordant d'indulgence et il ne savait pas se contenter d'accepter des excuses quand il en recevait – il ne les acceptait presque jamais. Il était borné. Pas elle : elle était si affectueuse et attentionnée envers tout le monde, même ceux qui ne le méritaient pas. Il aimerait être comme elle, mais ce n'était pas possible.

De toute évidence, il continuait à la faire souffrir, si elle avait ressenti le besoin de faire ça – il se détestait de lui faire tant de mal.

Damon jeta sa cigarette et se leva. Il savait ce qu'il avait à faire – dans sa stupeur alcoolisée de la nuit, les réponses lui étaient venues bien plus clairement qu'il ne l'aurait espéré.

Il était prêt à faire face à celui qu'il n'avait eu aucun problème à éviter depuis son arrivée à Londres.

« Caroline, qu'est-ce que tu fais ici ? » demanda Stefan en ouvrant la porte de son appartement. Elle cligna des yeux rapidement et s'entoura de ses bras en reniflant un peu.

Elle avait les yeux rougis d'avoir passé la nuit à pleurer, seule dans son lit, et ses boucles blondes avaient été emmêlées par le vent frais. Elle ne voulait pas perdre de temps : elle n'était pas là pour le voir.

« Damon est au courant. Je suis juste venue te prévenir, » dit-elle doucement et Stefan poussa un soupir alors que ses yeux verts clignaient.

« Je suis désolé, » dit-il et elle leva une main en signe de protestation.

« C'est moi qui lui ai dit, Stefan. »

« En sachant ce que ça ferait à votre couple, » observa-t-il, elle soupira. « Tu crois que ça va aller ? » demanda-t-il doucement.

Elle plissa les lèvres et sentit une nouvelle vague de larmes envahir ses yeux tandis qu'elle secouait la tête pour dire « non ». Il la prit dans ses bras, la serrant fort contre lui. Il était partagé. D'un côté, il n'était pas vraiment mécontent que Damon soit furieux – Stefan avait été furieux pendant longtemps au sujet d'Elena, surtout après que son frère lui ait présenté de pâles excuses. Il avait souffert. Mais d'un autre côté, il n'aimait pas imposer ça à Caroline : il n'aimait pas que leurs problèmes soient devenus les siens, parce qu'elle était une bonne personne et qu'elle voulait le bonheur de tout le monde.

« Tu as mangé ce matin ? Je peux te faire ces gaufres que tu adores, » proposa-t-il et elle se dégagea rapidement.

Elle n'était pas venue le voir pour qu'il la réconforte ou pour se consoler – elle était simplement là pour le prévenir que son frère allait probablement essayer de l'étranger dans une ruelle sombre, et lui recommander d'être prudent.

« Non, je vais y aller, » dit-elle. Stefan laissa retomber ses bras le long de son corps et acquiesça, mais elle vit qu'il était déçu.

« Je suis là pour toi, Caroline. Si tu as besoin de quoi que ce soit, » dit-il et elle se mordit la lèvre en plongeant dans l'océan de ses yeux verts.

« C'est pour lui que tu devrais être là, Stefan, » répondit-elle.

Il ne répondit rien. Caroline se détourna pour s'en aller, et les mots de Stefan la retinrent.

« Abby me déteste Caroline. Elle me l'a dit hier. Même si, d'après elle, je suis charmant et séduisant, et « carrément intelligent », elle ne peut pas me supporter. »

Caroline se retourna pour lui faire face et haussa les épaules.

« Pourquoi tu me parles de ça ? »

« Parce que je suis sorti avec elle pour te faire plaisir. Je ferais n'importe quoi pour te rendre heureuse, Caroline. Prétendre de sortir avec ton amie, faire comme si ça me convenait de coucher avec toi sans sentiments parce que tu sors avec mon frère. Te laisser quitter Mystic Falls, même si c'était la dernière chose que je voulais – c'est ce qu'on fait quand on est amoureux. On fait ce qu'il faut pour rendre l'autre heureux, même si on pense que ce n'est pas ce qu'il faudrait faire, » dit-il. Elle secoua la tête.

« Ce n'est pas de l'amour, Stefan. Il faut que tu arrêtes… »

« Pourquoi ? Autant que je te dise tout avant qu'il vienne ici pour me tuer, Caroline, » dit-il avec force. Elle poussa un soupir et se mit les deux mains sur la tête.

Elle ne pouvait pas avoir cette conversation – il était complètement fou.

« Stefan, ça suffit, » le prévint-elle.

« Tu veux savoir pourquoi je t'ai embrassée avant que tu t'en ailles de Mystic Falls avec Damon ? »

« Non, je ne… »

« Parce que je ne voulais pas te perdre. Je pensais que si tu voyais que tu avais quelque chose, quelqu'un pour qui tu comptais, tu resterais. Je voulais que tu restes, Caroline. »

Elle s'arrêta net, en se remémorant sa dernière journée en Virginie.

« Qu'est-ce que tu fais dehors, Caroline ? Tu serais au sec à l'intérieur, » dit Stefan en marchant vers elle qui se trouvait devant la voiture de Damon avec sa valise à la main, sous la pluie.

Il ne tombait pas des cordes, mais c'était assez pour détremper ses boucles blondes, qui collaient à son coup. Son mascara commençait à couler.

« Je n'aime pas les au revoir dramatiques, » dit-elle et les yeux émeraude de Stefan l'étudièrent alors que ses propres cheveux commençaient à lui coller au front.

Elle ne voulait pas devoir tous leur faire face et expliquer les raisons de son départ avec Damon Salvatore. Ils ne comprendraient pas pourquoi elle refusait de rester et elle ne voulait pas qu'ils comprennent. Elle s'en moquait – elle voulait simplement s'en aller. Elle regrettait de ne pas lui donner, à lui, son meilleur ami, Stefan Salvatore, une meilleure explication, mais elle s'en remit assez rapidement.

« Ça, » dit-il en pointant le ciel du doigt. « C'est un peu dramatique. Viens à l'intérieur, tu pourras attendre mon frère, » pressa-t-il doucement, même si ces mots étaient pesants.

« C'est pareil. Il va arriver dans une seconde et je vais m'en aller, » répondit-elle en passant la main sur son visage humide. Stefan poussa un soupir.

« J'aimerais que tu restes, Caroline, » fut tout ce qu'il dit en s'approchant.

« Stefan, arrête. Ne me fais pas regretter de vouloir partir, » dit-elle et il posa ses mains froides sur ses épaules en la regardant dans les yeux.

« Dis-moi pourquoi tu t'en vas, » demanda-t-il une nouvelle dois et elle se mordit la lèvre.

Lui dire qu'elle partait à cause de ce qu'elle avait fait à Tyler ? Lui dire qu'elle partait parce que Bonnie et Elena ne se préoccupaient plus d'elle ? Lui dire qu'elle partait à cause de lui ?

« Tu veux m'entendre dire que je suis jalouse parce que je ne vivrai jamais ce qu'il y a entre Elena et toi ? » demanda-t-elle brusquement. Il poussa un soupir, comme s'il s'attendait à cette réponse.

« Caro, ce n'est pas vrai. Tu trouveras quelqu'un qui t'aimera et qui voudra être avec toi pour toujours. »

« Et si ce quelqu'un, c'était ton frère ? » plaisanta-t-elle. Il posa une main sur sa joue. « Je m'en vais, Stefan. Je ne reviendrai pas sur ma décision. »

Il savait qu'il ne la ferait pas changer d'avis.

« Vous allez me manquer toi et tes tendances névrosées, » dit-il doucement, et elle sourit en sentant une larme rouler sur sa joue, masquée par la pluie.

« Ton regard super sérieux va me manquer, » dit-elle et il sourit en soupirant.

Le cœur de Caroline cessa de battre quand il approcha son visage du sien et posa un baiser chaste sur ses lèvres. Ce n'était pas un baiser passionné, ni même aussi désespéré qu'on aurait pu croire dans un moment pareil – c'était un baiser doux et innocent. Presque réconfortant.

C'était exactement ce dont elle avait besoin à cet instant précis.

« Tu m'as embrassée parce que tu étais mon ami, Stefan. C'est tout, » répondit-elle et il leva les yeux au ciel. « Maintenant, je m'en vais, » dit-elle en l'éloignant et cette fois, elle fut arrêtée par une autre silhouette – une avec des yeux bleu profond et des cheveux noir de jais.

« D-Damon, qu'est-ce que tu fais là? » demanda Caroline en croisant son regard dur. Elle tentait d'interpréter son expression.

Il était sorti de nulle part, et c'était la situation la pire qui aurait pu se produire, mais elle était heureuse de le voir après sa disparition de la veille. Elle avait envie de s'excuser jusqu'à la fin des temps.

« Je me suis dit que j'allais me libérer d'un poids. Ça me fait plaisir de voir qu'on se remémore le bon vieux temps, » dit-il doucement avant de se tourner vers Stefan. « Je me souviens de ce jour-là, moi aussi. »

Caroline soupira – de toute évidence, il ne voulait pas entendre d'excuses. Elle se souvenait de ce qui s'était passé après.

Quand Stefan mit un terme au baiser, il entreprit de démêler ses cheveux blonds, et elle rit en réalisant qu'elle devait avoir l'air ridicule. Elle entendit la porte s'ouvrir et soudain, Damon était là avec ses valises à la main et un regard sceptique sur le visage alors qu'il regardait Caroline et son petit frère se sourire tendrement.

« T'as l'air d'un chien mouillé, Forbes, » commenta-t-il sur le ton de la plaisanterie. Caroline souffla bruyamment en réaction à son impolitesse.

Stefan les observa silencieusement avec un regard légèrement envieux avant de dire au revoir et de s'en aller. Damon attendit que son frère soit à l'intérieur avant de dire quoi que ce soit sur ce qu'il venait de voir – il avait besoin de tirer ça au clair, tout de suite.

« C'était quoi, ça ? » demanda Damon en ouvrant le coffre et Caroline lui tendit ses valises.

« De quoi tu parles ? »

« Tu sais de quoi je parle – tu t'enflammes pour mon frère ? » demanda-t-il franchement en rangeant les affaires, et elle eut un rire moqueur. « Je croyais qu'on était Bonnie et Clyde. »

« N'importe quoi, Damon. C'est un ami. Malgré toutes les saloperies qui lui sont arrivées quand il n'était pas là, » fit remarquer Caroline en lui jetant un regard en coin pour le voir lever les yeux au ciel.

« Si tu le dis. Moi, je dis juste qu'on a tendance à être attiré par les mêmes filles, » dit-il avec un haussement d'épaules indifférent. « Je t'ai déjà eue, Caroline, et il n'y a rien que mon frère aime plus que se contenter de mes restes. Je n'ai pas envie de faire le tour du monde avec toi si tu brûles d'amour pour lui. »

« Pour commencer, tu es un porc, et ça ne ressemble pas à Stefan. En fait, ça ne ressemble qu'à toi, Damon. Ensuite, je ne brûle pas d'amour pour lui, c'est mon ami. Et pour fini, je n'ai pas envie de faire le tour du monde avec toi, point, » assena-t-elle. Il rit en fermant le coffre et se dirigea vers le siège conducteur tandis qu'elle faisait de même vers le siège passager.

Damon n'avait aucune idée de la clairvoyance de ses propos – il aimait simplement mettre Blonde autant qu'il le pouvait. Elle ne lui compliquait pas la tâche en le laissant lui parler comme ça.

« Essaie de ne pas tomber amoureuse de moi, Barbie. C'est très dur de me résister, et on va passer chaque minute de chaque jour ensemble, mais les relations fusionnelles, c'est pas mon truc, » dit-il avec un clin d'œil. Il entra dans la voiture et cette fois, elle rit.

« Ne compte pas trop dessus, connard. »

Non seulement elle était tombée amoureuse de Damon, mais elle s'était aussi retrouvée dans une situation délicate avec Stefan, comme il l'avait prédit.

« Qu'est-ce que tu es venu me dire, Damon ? » demanda finalement Stefan en croisant les bras, toujours dans l'encadrement de la porte.

Caroline craignait ce moment. Oui, elle voulait qu'ils discutent, mais pas comme ça.

« Qu'à partir de maintenant, j'en ai terminé. Partager les petites amies, cet espèce de triangle amoureux, ces conneries d'histoire de famille ? C'est fini pour moi, » dit-il. Stefan enfonça ses mains dans ses poches.

« Alors quoi ? Tu vas tuer, frangin? » demanda Stefan d'un air blasé, et Damon haussa les épaules.

« Ce serait sympa, mais non, » répondit-il, provoquant un soupir de soulagement de la part de Caroline.

Maintenant, au moins, ça, c'était hors de propos …

« Tu ne vas pas me tuer alors que j'aime ta copine ? Je suis choqué. Depuis quand tu es devenu un saint, Damon ? » demanda-t-il d'un air provocateur et Damon s'approcha légèrement.

« Et toi, depuis quand tu es devenu un tel connard ? » demanda-t-il d'une voix sourde.

« Sérieusement ? T'as besoin d'une réponse, là ? » rétorqua Stefan et Caroline s'interposa entre eux, les repoussant d'une main sur le torse.

« Les garçons, ça suffit ! Je- je ne veux pas de ça, je ne veux pas que vous vous battiez pour moi, » supplia-t-elle alors qu'ils continuaient à se jeter des regards assassins. « C'était de ma faute – je me suis mise entre vous et je n'ai fait qu'empirer les choses. Je suis vraiment désolée, » dit-elle tristement et Damon repoussa sa main, sans pour autant la lâcher. « Damon, » commença-t-elle, mais il la coupa.

« J'ai pensé à ça toute la nuit, Caroline. Je n'ai pas fermé l'œil, ça ne faisait que tourner et re-tourner dans ma tête. Et je me suis rendu compte de quelque chose –j'ai été injuste envers toi, » dit-il et elle se tourna pour le regarder, tout en l'écoutant. « Pas seulement en étant incapable de te dire ce que je ressentais pour toi. Je t'ai laissée faire tes bagages et laisser ta vie derrière toi. Je t'ai laissée oublier ce que ça faisait d'être jeune et insouciante, et libre. Je t'ai fait grandir, » dit-il doucement.

Quoi ? Ce n'était pas ce qu'elle s'attendait à entendre.

« Damon, de quoi tu parles ? » dit-elle en fronçant les sourcils.

Soudain, Stefan s'éclaircit la gorge et tous deux se retournèrent pour lui faire face.

« Je vais rentrer. Ça a l'air…personnel, » dit-il avant de refermer la porte de son appartement derrière lui.

Caroline poussa un soupir et fit face à Damon.

« Damon, » commença-t-elle, mais il poursuivit.

« Tu as vingt ans, Caroline. Moi non, et je n'avais pas réalisé que je te tenais à l'écart du monde. Tu avais seulement dix-huit and et j'ai tenté de faire de toi la femme que je voulais que tu sois – je ne t'ai pas obligée à rendre visite à tes amis, ou à ta mère. Je m'en moquais, tant que tu restais avec moi. Ce n'est pas parce que tu es un vampire que tu étais prête pour ça. Ce truc entre toi et Stefan ? Je n'ai pas attendu que tu sois passée à autre chose… »

« Damon, j'ai vécu ma vie et je suis prête à grandir et à être avec toi ! » le coupa-t-elle. Il secoua la tête en lui lâchant la main.

« Non, Caroline. Et je veux que tu sois vraiment prête, si on reste ensemble, » dit-il doucement. Elle le regardait en silence tandis que son estomac se nouait.

« Qu'est-ce que tu essaies de me dire, Damon ? » demanda-t-elle doucement en lui faisait pleinement face, comme à la recherche d'une réponse dans ses yeux.

Il lui prit délicatement les poignets et l'observa pendant un moment en lui caressant doucement les mains avec ses pouces.

« On ne peut pas être ensemble en ce moment, Caroline. Il faut que tu vives ta vie sans que je sois là pour te guider – sans que je sois là à observer tes moindres faits et gestes. Il te faut du temps, » dit-il et elle sentit son cœur mort se serrer.

« Damon, non. C'est ça ce que je veux, être avec toi, maintenant. C'est tout ce que j'ai toujours voulu, » supplia-t-elle. Il expira doucement sans la quitter des yeux.

« Je fais ça pour toi, Caroline. »

« C'est des conneries, » répondit-elle en lui arrachant ses mains.

« Caroline, je sais que tu es en colère, mais je ne vois pas d'autre moyen pour que ça marche – il faut que je parte et tu as besoin d'être seule. On ne pourra revenir à cette relation que quand ce sera le bon moment, parce que là, tout de suite ? C'est n'importe quoi, » dit-il. Elle sentit des larmes se former dans ses yeux.

« Mais c'est pour toi que je vis… »

« C'est bien ça le problème ! ça a toujours été un problème, Caroline. Tu ne fais rien pour toi, tu es trop occupée à essayer de rendre tout le monde heureux et je sais que tu vaux mieux que ça ! »

« Tu t'inventes des excuses, Damon. Pourquoi ne pas juste me dire que tu me larges parce que j'ai couché avec ton frère ? » dit-elle et il laissa échapper un petit rire.

« Peut-être que c'est ça, Caroline. Peut-être que j'ai tort sur toute la ligne et que j'ignore délibérément ce qui nous a amené ici aujourd'hui, mais tu ne peux pas ignorer la vérité. La dernière chose que tu aies faite pour toi, c'était quitter Mystic Falls. Qu'est-ce qu'elle est devenue cette fille-là ? Parce que moi, je ne l'ai pas vue depuis deux ans, » dit-il et la gorge de Caroline se serra. « Je me suis rendu compte aujourd'hui que je suis amoureux de toi, Caroline. Je t'aime tellement que je peux te laisser partir, » ajouta Damon et une larme coula sur la joue de Caroline.

Alors il l'aimait, finalement. C'était dommage qu'il ait fallu toute cette débâcle pour qu'il arrive à le lui dire.

« Si tu m'aimes, tu n'as pas besoin de t'en aller. Je ne sais pas qui je suis sans toi, » dit-elle dans un sanglot. Il soupira.

« Il faut que tu trouves la réponse à cette question, Caroline. Fais ta vie, fais tout ce que tu veux sans te sentir coupable que je sois là – je ne veux plus que tu te sentes perdue, » fit-il doucement, même si elle voyait bien qu'il avait les yeux humides.

« Je suis toujours la même, » dit-elle d'une voix étranglée, mais elle n'avait pas l'air convaincante.

Elle n'était pas non plus convaincue.

Il se pencha vers elle et la serra dans ses bras. Elle éclata en sanglots et enfouit son visage contre lui. Il lui caressa les cheveux et entortilla quelques mèches autour de ses doigts comme il le faisait toujours. Il ne la détestait pas – il en était incapable.

Il recula doucement et Caroline s'essuya les yeux. Elle lui jeta un coup d'œil : ses larmes avaient disparues et il avait l'air déterminé à présent. Il allait être fort, pour eux deux.

« Trouve-toi, Caroline. Et quand ce sera fait, tu me trouveras, moi aussi, » répondit-il avant de s'éloigner.

Elle resta plantée là.

Qui était Caroline Forbes ? Elle n'était pas certaine de connaître encore la réponse à cette question.