« Il t'a fallu combien de temps pour réaliser que tu étais amoureux de Bonnie ? » demanda Damon en s'asseyant près d'Alaric sur le canapé. Il regarda son meilleur ami prendre une gorgée de bière et lui faire face.
« Ça fait à peine une soirée qu'on est là et tu commences déjà avec les questions costauds ? » demanda Alaric en riant. Damon haussa les épaules en prenant une gorgée de sa propre bière.
Ils étaient installés dans le salon du chalet des Gilbert, quelques jours après la première conversation de Damon et Caroline au Grill, en conséquence d'une idée d'Elena : elle avait suggéré qu'ils devraient tous prendre des mini-vacances pour se détendre. Elle n'avait pas eu besoin de beaucoup les persuader, et ils s'étaient répartis dans trois voitures jusqu'à la petite maison. Les souvenirs qu'elle abritait étaient désagréables mais ils avaient l'espoir d'en créer de nouveaux, de meilleurs.
Matt et Jeremy étaient sortis chercher du bois pour faire un feu de joie un peu plus tard. Bonnie et Caroline dansaient au son d'une musique vraiment très forte – Damon était certain que Caroline avait choisi. Tyler et Abby étaient sur le tapis, à feuilleter un album photo. Ils riaient en se défiant l'un l'autre d'avaler des rasades de whiskey. Quant à Elena et Stefan, ils étaient introuvables, évidemment. Ce qui ne laissait que Damon et Alaric. Ils avaient décidé de simplement se détendre avec quelques bières et d'observer tout le monde autour d'eux.
« Oh, allez, Ric. Qu'est-ce qui a, t'as honte d'être amoureux d'une sorcière ? » demanda Damon, faisant rire son meilleur ami.
« Non, elle ne me fait pas honte mais, la manière dont elle a su que j'étais amoureux d'elle, ça, c'était assez gênant, » dit Alaric et Damon haussa les sourcils.
« Continue. »
Alaric laissa échapper un petit rire et il posa ses pieds sur la table basse en jetant un œil à Damon.
« Tu vas vraiment m'obliger à parler de ça, hein ? »
« Oh que oui ! Quel genre d'amis je serais si je ne le faisais pas ? » fit Damon avec un clin d'œil. Alaric leva les yeux au ciel.
« Bon, » commença Alaric en jetant un œil à Bonnie qui dansait avec Caroline de l'autre côté de la pièce, » un sourire naissant sur son visage. « Tout a commencé de la manière la plus banale qui soit, Damon. Les habituelles soirées passées à deux, avec les regards en coin et tout ça. J'étais là pour elle après cette histoire de fantômes avec Jeremy, et on est devenus plutôt proches. Le seul truc qui me vient à l'esprit, c'est mon anniversaire. C'est là que j'ai su que j'avais des sentiments pour elle. Et je sais que c'est cucul alors tu m'épargneras les regards moqueurs, mais elle…elle s'en est souvenue, tu voies, et je me suis senti spécial, » dit Alaric. Damon sourit.
« Est-ce qu'elle s'est évanouie quand elle s'est rendue compte que c'était ton cinquantième anniversaire ? Parce que ça, c'est gênant, » dit Damon. Alaric lui frappa l'épaule.
« Ah ah, t'es trop drôle, » dit Alaric, provoquant un sourire de la part de Damon. « Et non, elle ne s'est pas évanouie. Elle…m'a offert des livres sur les légendes et je me souviens m'être dit que c'était génial qu'elle ait fait l'effort. On en a parlé pendant des heures et c'était comme si j'avais enfin trouvé quelqu'un qui partageait mes centres d'intérêt et Damon… » il s'interrompit en voyant le sourire niais du vampire. « Je n'ai dit de m'épargner les regards moqueurs. »
« Mais pourquoi ? C'est drôle ! Le geek que tu es s'est trouvé tout émoustillé en voyant une jolie fille lui offrir des bouquins sur les légendes anciennes. J'comprends, » dit Damon et Alaric se mit à rire. « Pitié, dis-moi que c'est la partie la plus embarrassante de l'histoire. »
« En fait, non… »
« Sérieusement, Ric ? Y'a pire ? » demanda Damon et Alaric hocha la tête en ouvrant une autre bière, puis il but une gorgée.
« Je n'avais pas vraiment prévu de dire à Bonnie que je l'aimais. Après qu'on ait commencé à se voir, j'avais des tas de doutes, et j'avais peur. Elle était tellement jeune, j'étais sûre qu'elle passerait à autre chose dès qu'elle trouverait un nouveau mec, et puis la différence d'âge me faisait flipper. Et puis, c'était l'ex de Jeremy, une de mes anciennes élèves… »
« Une de tes anciennes élèves très sexy, » fit Damon avec un clin d'œil. Alaric soupira. « Mais, attends. Si tu avais tous ces doutes, comment tu t'es retrouvé à lui dire ? »
« Apparemment, je lui ai dit en dormant, » dit-il et Damon explosa de rire. « Pour ma défense, j'étais épuisé. J'avais passé la soirée à lire et à tout expliquer ensuite à Bonnie. Je me suis endormi sur le canapé et quand elle a essayé de me réveiller pour que j'aille dans mon lit, je lui ai balancé ça, » ajouta-t-il.
« Non seulement tu es un vrai geek, mais en plus, tu parles dans ton sommeil. Alors là, bravo, Ric. »
« Je sais, ça craint, mais j'ai pas pu m'en empêcher, j'étais – tellement attiré par elle, et ça ne passait pas. Même si elle était plus jeune et malgré tout le reste. Je le savais. Et maintenant, je vais l'épouser, » sourit Alaric. Damon ne put réprimer un sourire. « Quoi, pas de blague cette fois ? »
« Mis à part qu'elle reste toujours Bonnie, et que tout ça est vraiment très drôle de toute façon ? Non, pas de blagues. Franchement … en tant que deuxième moitié de ta bromance, je suis…heureux pour toi, » dit Damon. Alaric poussa un soupir de soulagement. « Tu sais ce que tu fais et c'est une fille génial et tu mérites quelqu'un comme elle, avec tout son vaudou, » ajouta Damon. Son meilleur ami rit.
Il n'avait jamais vu ses yeux briller autant.
« Tu sais, Damon, je pourrais être heureux pour toi, moi aussi, » dit Alaric et Damon lui jeta un regard curieux. « Je sais que tu prends ton temps avec Caroline, et je trouve ça bien. Mais, ton frère ? Tu lui as à peine adressé deux mots, » remarqua Alaric. Damon soupira.
A vrai dire, il était encore très nerveux à l'idée de parler à Stefan. Il n'était pas en colère contre lui, maintenant qu'il était certain qu'il ne se passait rien entre son frère et Caroline. Après qu'Abby lui ait fait voir qu'ils s'étaient fait autant de mal à l'un qu'à l'autre, il ne pouvait pas détester son frère pour n'avoir fait qu'imiter ses actions des années passées. Mais il avait toujours peur – et si jamais Stefan ne voulait plus être son frère ? Et s'il avait pris les mots cruels de Damon au pied de la lettre, et qu'il ne voulait plus faire des efforts pour être une famille ? Il était mort de trouille, en fait.
« Je….ne sais pas quoi lui dire, » dit Damon et Alaric leva les yeux au ciel.
« Tu sais exactement quoi dire, Damon. C'est juste que tu n'en as pas envie, » rétorqua Alaric et Damon plissa les lèvres.
C'était vrai.
« Oui, enfin bon, ce n'est pas comme si j'avais eu l'occasion, il passe tout son temps avec Elena. A se perdre dans ses stupides yeux de biches et tout ça, » persifla Damon. Alaric soupira.
« C'est elle qui lui court après depuis qu'il est arrivé, tu le sais bien. Et puis, on s'en fout de ce qu'il fait avec elle ! Tu devrais quand même lui parler, Damon. Je sais que je suis un bon substitut, mais tu as besoin de ton frère. »
Damon soupira et descendit sa bière avant de se lever. Si on lui disait encore une fois de parler à Stefan, il allait se mettre à hurler.
« Je devrais m'y mettre avant de changer d'avis. »
« C'est comme arracher un pansement, » proposa Alaric et Damon grogna.
Il se dirigea hors du salon et tomba nez à nez précisément avec Stefan.
Ils se fixèrent pendant un moment, et Damon remarqua que les conversations tranquillement se turent immédiatement. Si la dance music que Caroline se plaisait à écouter à tue-tête ne faisait pas tant de bruit, on aurait pu entendre voler une mouche.
« Salut, Stefan, » dit-il doucement, et son frère le fixa d'un air tout aussi gêné, enfonçant ses mains dans ses poches.
« Salut, Damon. »
Le silence s'installa entre eux, et dans toute la pièce, pendant quelques secondes supplémentaires. Elena entra dans la pièce, vêtue d'une t-shirt lâche et d'une paire de shorts minuscules. Elle jeta un œil à Stefan, puis à Damon – elle finit par s'asseoir sur le canapé avec un magazine.
« Qu'est-ce que tu dirais de discuter…en privé ? » demanda Damon. Stefan acquiesça calmement et suivit son frère hors de la pièce qui semblait soudain manquer d'air.
Ils se dirigèrent vers l'arrière de la maison et s'installèrent sur le banc en bois sous le porche, seulement éclairé par la lune. La brise fraiche du lac fendait l'air chaud de l'été, et Damon posa ses pieds sur la table située en face de lui. Stefan regardait l'eau sans rien dire, jusqu'à ce que Damon se décide à briser le silence.
« C'est romantique, hein ? » plaisanta Damon, et Stefan se gratta la tête en regardant le lac.
« Oui, comme dans mon souvenir, » dit-il doucement, et le silence s'installa à nouveau.
« Alors, toi et Elena… » commença Damon et Stefan secoua la tête vivement.
« Non, non – pas du tout, Damon. Elle ne m'aime plus, je l'ai accepté. »
Damon tenta de percevoir s'il y avait quelque chose derrière cette intonation, sans succès. Son frère était honnête, Dieu merci.
« Tu passes carrément tout son temps avec elle, et vous ne couchez pas ensemble ? C'est quoi ce bordel ? » demanda Damon.
« Rien, on discute, c'est tout – ça fait deux ans qu'on ne s'est pas vus. Elle n'a que ton nom à la bouche, comme à l'époque. Je crois vraiment qu'elle t'a aimé, Damon. Ça a toujours été toi, » avoua Stefan.
Damon fronça les sourcils en prenant une profonde inspiration, et se tourna pour faire face à son frère. Evidemment, il fallait qu'on le choisisse lui, quand ce n'était pas le moment. Ça aurait dû être Stefan, seulement lui, Damon en était convaincu. Il se maudissait de s'être impliqué avec Elena, mais il était également soulagé. Soulagé d'en avoir fini avec elle, et que son frère soit assez intelligent pour être passé à autre chose.
« Dommage pour elle, » dit Damon et Stefan hocha la tête.
« Oui, dommage. Elle le sait, je lui ai dit, » répéta doucement Stefan, et Damon se tourna d'un air surpris. « Je me suis dit que c'était le moins que je puisse faire après avoir autant déconné, » dit Damon et Damon soupira.
« Stefan… »
« Damon, ne dis rien. Ne me défends pas, je sais que j'avais tort. J'avais tort de m'immiscer entre Caroline et toi, et franchement, je ne sais pas ce que j'avais dans la tête. »
« Stefan, je sais, et je comprends… »
« Tu ne sais pas tout, Damon. Ce qui s'est passé entre Elena et toi ? Tu ne l'as pas fait pour te venger, tu l'aimais vraiment, et elle était amoureuse de toi. Caroline, elle ne m'a jamais aimé, Damon. Pas de cette façon. Et je ne le savais. C'est juste que…il y avait cette partie malsaine en moi qui voulait être avec elle, parce que je souffrais. Et regarde ce que j'ai fait ? J'ai tout gâché, » dit Stefan, la voix teintée d'émotion. « Je … je voulais avoir tout ce que tu avais, Damon. Tu avais Elena, puis Caroline, et moi je n'avais personne. Je… je voulais savoir ce que ça fait quand quelqu'un vous aime inconditionnellement – comme elle t'aime, » déballa Stefan.
Damon sentit son cœur se serrer en voyant son petit frère baisser la tête, ses mains tellement pressées l'une contre l'autre que ses phalanges blanchissaient. Ça lui brisait le cœur.
Il avait toujours pensé être le malchanceux, le mal-aimé, celui qu'on négligeait toujours au profit de Stefan, et il s'était convaincu que s'il ne trouverait jamais le grand amour, mais finalement, il avait trouvé Caroline. Ce qu'il n'avait pas réalisé, c'était que Stefan aussi souffrait, à sa manière. Pourquoi ne l'avait-il pas vu plus tôt ?
« Tu m'avais moi, Stefan. Toujours, » dit doucement Damon. Stefan eut un petit rire et son frère remarqua les larmes dans ses yeux. Il s'approcha un peu et posa une main sur l'épaule de son petit frère, la pressant fermement.
« Je m'en veux, Damon. Terriblement, » dit Stefan. Damon continua de lui tapoter l'épaule alors que son frère s'ouvrait entièrement à lui, révélant ses failles les plus profondes, les joues baignées de larmes et son estime de lui-même totalement envolée. « Dis-moi que tu ne me détestes pas, Damon. Je sais que tu m'as longtemps détesté, mais je ne sais pas si je peux encore le supporter. »
Damon serra son épaule et secoua la tête.
« Même quand je disais que je te détestais, c'était des mensonges. Parfois, mes mots dépassent ma pensée, » avoua Damon. Stefan finit par rire de bon cœur. C'était la première fois depuis des années, avec Damon.
Il sembla immédiatement plus détendu. Son aura semblait moins chargée, et Damon sentit ses propres remparts s'abaisser.
« Ce qui s'est passé entre Caroline et moi, Damon – ce n'est vraiment rien comparé à ce que vous vivez. »
« Ne dis pas ça, Stefan. Elle t'adore… »
« Oui, en tant qu'ami. Ça ne sera jamais autre chose. Et je ne peux pas lui en vouloir – ce n'est pas la seule qui t'a aimé plus qu'elle n'a aimé l'idée d'être avec moi, » avoua Stefan. Damon fixait son frère, cherchant ses mots. « Elena, Caroline, ou n'importe qui d'autre, Damon … c'est toujours toi que j'aimerai le plus. Des petites amies, j'en aurai d'autres, mais toi, tu es irremplaçable, » dit Stefan.
Damon sentit un sourire se dessiner sur son visage. C'était certainement la chose la plus gentille que Stefan lui ait jamais dite.
« Alors comme ça, tu n'as jamais pensé à changer un type en vampire pour me remplacer ? » demanda Damon. Stefan rit.
« Eh non. Sans parler du fait que ce serait très étrange… mon connard de grand frère me convient très bien. Il me permet de garder les pieds sur terre, » dit Stefan avec un sourire. Damon lui fit un sourire narquois.
Après quelques minutes de silence, Damon eut enfin le courage de reprendre la parole – Stefan n'était pas le seul à devoir faire des confessions.
« Tu sais…Je suis vraiment…désolé à propos de tout ce qui s'est passé avec Elena, tu le sais ça ? Je te l'ai déjà dit, mais je sais que ce n'était pas des excuses très convaincantes, et… » commença Damon, mais Stefan l'interrompit.
« Je sais, Damon. Je sais que tu es nul pour présenter des excuses, et pour montrer tes émotions, tout ça. Je comprends, » dit Stefan. Damon laissa échapper un soupir de soulagement.
D'autant plus parce que Stefan ne le forçait pas à se mettre à genoux.
« Qu'est-ce qu'elles t'ont fait pendant trois mois ? Quelqu'un qui a passé trois mois avec ces deux pipelettes devrait être bien plus aigri ! » remarqua Damon et Stefan haussa les sourcils avec un sourire en coin.
« J'en ai appris long sur moi-même, Damon. Entre les pipelettes et les karaokés Justin Bieber, j'ai trouvé le temps de mûrir. »
« Elles t'ont forcé à faire du karaoké Bieber ? C'est moche, » rigola Damon. Son frère l'imita.
C'était agréable de rire enfin, après ne même pas s'être souri pendant tant d'années
« En parlant de mûrir, » commença Damon et Stefan lui fit face pour l'écouter. « Toi et Abby…pourquoi vous vous comportez comme des gamins de maternelle ? Je t'assure, ça me donne la migraine de vous observer, tous les deux, » dit Damon et Stefan lui fit un sourire goguenard.
« Je ne lui plais pas. En fait, on dirait plutôt qu'elle craque pour Tyler. »
« N'importe quoi, Stefan. Elle essaie juste de te rendre jaloux. Ça marche ? »
Stefan rit en baissant la tête, puis il leva les yeux vers le ciel plein d'étoiles.
« Par pitié, ne lui dis rien… »
« Alors c'est rien ? Eh bien, j'aurais mieux fait d'être medium… »
« Damon, arrête. C'est assez difficile de me l'avouer à moi-même, je ne sais pas comment lui en parler. Je me sens nul pour la façon dont je l'ai traitée. Elle mérite mieux que moi. »
« Et moi qui pensais que tu avais repris confiance en toi ! » s'exclama Damon. Stefan rit. « Mais je vois ce que tu veux dire – je comprends petit frère. Après tout, je me suis conduit comme un salaud avec Caroline, et me voilà en train de chercher un moyen pour la récupérer. »
« Damon, tu n'as pas besoin de la récupérer. Elle sera toujours à toi… Elle ne veut être qu'à toi, » dit Stefan, faisant sourire Damon.
Caroline était à lui – comment penser autrement ?
Un profond soupir lui échappa et les deux frère continuèrent à profiter de la brise, ainsi que du son distant de la musique qui s'échappait de la maison. Ils comparèrent les options qu'avait Stefan pour séduire Abby, du grand huit qui servait de relation à Damon et Caroline, et de tout le reste.
Toutes leurs soirées auraient dû être à l'image de celle-ci.
Le lendemain, Damon se réveilla dans la chambre d'amis, affalé en travers de son lit, serrant son oreiller de toutes ses formes. En jetant un œil au réveil, il vit qu'il n'était que 6h30. Pourquoi était-il réveillé si tôt ? Il ferma les yeux et mit les deux mains sous sa tête, puis tenta de se rendormir. Evidemment, le fait que Jeremy ronfle comme un camion de l'autre côté de la pièce n'aidait pas. Pas plus que Matt qui se tournait dans son lit toutes les cinq minutes, et encore moins que Tyler qui se levait toutes les heures pour aller aux toilettes.
Il savait bien qu'il aurait dû changer de chambre.
Damon entendit la porte s'entrouvrir et il ouvrit un œil juste à temps pour voir une certaine blonde entrer sur la pointe des pieds, et se diriger vers lui. Il s'assit en silence et Caroline sourit en réalisant qu'il était réveillé. Elle lui fit signe de la suivre, et il haussa les sourcils quand elle sortit aussi silencieusement qu'elle était entrée. Il se glissa hors du lit.
Damon attrapa sa chemise et l'enfila sur son torse nu après avoir enfilé une paire de chaussures. Il suivit Caroline dans le hall alors qu'elle marchait sur la pointe des pieds. Ils finirent par arriver dehors, et une fois la porte fermée, Caroline inhala une bouffée d'air frais, puis se tourna vers lui.
« J'avais besoin d'air. Je me suis dit que toi aussi, » dit-elle d'un air enjoué. Il haussa les sourcils.
Elle était plus blonde et belle que jamais, même à 6h30 du matin, avec ses cheveux ramenés dans un chignon lâche, un bas de pyjama et un pull en flanelle qui lui donnait l'air encore plus détendue. Elle était pieds nus alors qu'ils se tenaient sur la véranda qui donnait sur le lac. Les pointes d'orange qui tentaient le ciel se reflétaient sur sa peau, annonçant le lever du jour.
Il ne l'avait jamais vue si belle.
Elle semblait vraiment à sa place, ici – ce n'était pas rien pour Caroline, parce que quand il l'avait rencontrée, elle ne semblait avoir sa place qu'à Beverly Hills.
« Comment tu as su que j'étais réveillé ? » demanda-t-il. Caroline se tourna vers lui avec un sourire.
« Tyler, Matt et Jeremy sont vraiment impossibles. Je savais qu'ils te réveilleraient, » dit-elle. Il haussa les épaules avec un sourire.
« Bien vu, » répondit-il. Elle lui fit un sourire en coin.
Ils restèrent là, plongés dans le silence pendant un moment, puis Caroline reprit la parole.
« Comment tu vas, Damon ? »
Le vampire soupira en levant les yeux vers elle – sa bouche délicate, ses cheveux blonds, ses yeux bleu clair : tout ça lui avait manqué pour autant qu'il s'en souvienne.
« Je vais bien, Caroline, » dit-il. « Tu sais, toujours le même Damon, » ajouta-t-il, provoquant un sourire plein d'espoir chez elle.
« Stefan m'a dit que vous avez discuté hier soir, » dit-elle. Damon se fit plus attentif. « Tu sais, ça lui a vraiment fait du bien, Damon. »
Il sourit doucement et leva les yeux vers le ciel. Il était heureux d'avoir renoué avec son frère.
« Et toi, quoi de neuf, Caroline ? » finit-il par demander.
Elle enfonça ses mains dans les poches de son pyjama et s'appuya contre la balustrade, visiblement perdue dans son propre monde.
« Je me lève tous les matins pour voir le lever du soleil, puisque c'est impossible à Londres, » commenta-t-elle alors qu'il regardait le soleil s'élever très lentement. « C'est aussi pour ça que je suis venue te chercher, » dit-elle.
Il lui jeta un regard intrigué. Caroline sortit une feuille de papier pliée et la lui tendit.
« C'est quoi, ça, Blondie ? » demanda-t-il, mais elle ne répondit que par un sourire qu'il ne put s'empêcher de lui rendre.
Damon déplia doucement la feuille de papier usée il en lissa les pliures et déchiffra les premiers mots. Liste de choses à faire. Il leva les yeux vers Caroline, et elle ne se départit pas de son calme, même s'il perçut une certaine nervosité dans ses yeux alors qu'il tenait entre ses mains ce qui semblait être toute sa vie.
« Lis-là. C'est tout ce que j'ai fait ces trois derniers mois, » dit-elle. Il se concentra à nouveau sur la feuille et lut les mots écrits à la main avec grande attention. Il rit à certaines lignes, et sentit son cœur se serrer à d'autres.
Ses yeux atteignirent le numéro 10 et ses mains se mirent à trembler quand il comprit le sens des mots. Il regarda à nouveau Caroline, qui lui envoyait un sourire radieux. Son propre sourire s'élargit. Il replia la feuille et fit mine de la lui rendre, mais elle lui demanda de la garder.
Elle savait ce qu'elle avait à faire, et ce qu'elle avait accompli en trois mois loin de lui. Elle avait énormément mûri, et elle n'avait plus besoin d'une feuille de papier pour le lui rappeler.
Damon tenait la feuille dans sa main gauche, et la droite ne perdit pas de temps pour saisir celle de Caroline. Elle entrelaça leurs doigts et, en silence, ils regardèrent le soleil se lever comme il se levait tous les jours.
Mais cette fois, ça voulait dire bien plus.
Numéro 10 : Admirer le lever du soleil en compagnie de celui avec qui je vais passer le reste de ma vie.
C'était bien ce que Caroline avait l'intention de faire.
NdT: Mille excuses pour mon retard sur la traduction. J'ai le chapitre 13 en réserve et je vous le promets, d'ici mercredi, vous l'aurez !
