FANDJIO : Merci. Il n'est pas facile d'imaginer ce qu'il peut penser et j'espère ne pas faire un faux pas par rapport à ce qu'il est dans les livres.
Charis13 : Merci. Quelque part, j'ai hate aussi... Car ça me vient au fur et a mesure, donc je découvre leur réaction à mesure que je la rédige.
Elise605 : Pour moi sa réaction est liée à la logique même du personnage. Dans les 7 tomes d'Harry Potter plusieurs fois Hermione se débrouille seule avec ses recherches, ne disant pas ce qu'elle fait ou pense, avant d'avoir trouvé. Plus ce que je lui ferai expliquer un peu plus tard quand elle discutera avec Rogue. Et puis, je préferais l'idée d'une histoire Hermione / Rogue qu'une histoire Hermione / Harry / Ron et Rogue.
Miss melo : Oui je sais, je ne suis pas gentille d'arreter mes chapitres ainsi. Et je ne le suis pas non plus dans le chapitre 3 je crois :) Mais à ma décharge je n'écris pas à l'avance donc les coupures viennent de façon plutot instinctive.
Nuits : ca arrive, ca arrive :) Merci.
Sinon une petite info maintenant que les choses prennent forme :
Je ne rédige rien à l'avance, et je n'ai pas prévu de plan d'histoire. Je suis partie de la mort de Rogue, en visualisant la fin, et le reste arrive au fil du temps. Je ne sais donc pas moi-même ce qui arrivera. Cependant je pense qu'il y aura un rapprochement physique entre Hermione et Rogue. Même si je n'en suis pas certaine à 100 %, une scène pour plus tard m'est venue, donc si elle s'insère naturellement, elle aura lieu. Cela est pour ceux qui n'aiment pas ce genre de liens.
Voila. Bonne lecture à tous.
Elle essuya ses larmes d'un geste vif, tandis qu'elle montait l'escalier de la grande demeure silencieuse. Son passage à Poudlard ne lui avait pas apporté d'information même si elle avait pu ramener de quoi soutenir Rogue. Mais le guérir était une autre histoire. Malgré tous ses efforts elle n'avait pu trouver d'idée à part le bézoard. Et faire un antipoison nécessitait le poison lui-même. Ce qu'elle n'avait pas. Sans compter les ingrédients.
Un instant un regret lui étreignit le cœur alors qu'elle se revoyait dans les cachots, puissant à volonté dans les ingrédients lorsqu'ils faisaient des potions. Regret immédiatement balayé par le souvenir du regard méprisant que posait sur elle l'homme vers qui elle avançait.
Arrêtée à la porte de la chambre elle leva lentement les yeux et soupira doucement. Winky était bien à son poste, debout près du lit sommairement réparé, le regard fixé sur l'homme inconscient. Suivant le regard de l'elfe elle examina son ancien professeur, le cœur serré de le voir ainsi. Plus pâle que dans ses souvenirs, les yeux à moitié clos, sans réactions. De là où elle se tenait, elle ne pouvait pas distinguer les mouvements de sa respiration. Mais elle n'osa avancer, ne sachant toujours pas ce qu'elle devait faire. Sa main se referma sur le bézoard qu'elle avait glissé dans sa poche avant de quitter les cachots du château, son cœur ratant un battement, partagée entre la crainte que cela ne fonctionne pas et la réaction de Rogue si cela marchait. Et bien que douloureusement consciente de l'écoulement du temps, et des maigres chances de survies, qui n'allaient qu'en diminuant, de l'homme allongé devant elle, il lui fallut toute sa volonté pour se résoudre à faire un pas en avant, puis un second, avant de marcher plus librement.
- Je suis rentrée Winky tu peux aller te reposer si tu veux.
- Miss, Winky est contente de vous voir. Winky n'a pas bougé d'ici et a surveillé le professeur.
La voix aiguë de l'elfe la fit sourire alors qu'elle s'installait au bord du lit mais elle ne détourna pas les yeux de Rogue, craignant de voir son courage disparaître.
- Miss, Winky peut faire à manger. Winky a rapporté plein de choses de l'école.
« A manger... » Elle fut incapable de se souvenir à quand remontait son dernier repas, s'aperçut distraitement qu'elle n'avait néanmoins pas faim, et se contenta d'acquiescer.
- Très bonne idée Winky merci.
La disparition de l'elfe lui causa un soulagement involontaire. Elle avait de la peine pour eux, pour leur condition, et ne savait pas comment se comporter lorsqu'elle devait donner des ordres.
Un silence pesant s'abattit sur la pièce pendant qu'elle sortait la petite pierre de sa poche. Se penchant vers Rogue elle lui entrouvrit la bouche, poussant doucement le bézoard dans sa gorge avant de lui masser le cou aussi doucement que possible pour lui faire avaler. Les yeux fixés sur son visage elle guetta désespérément une réaction, une preuve que cela fonctionnait. Mais après plusieurs minutes d'immobilité elle dut se résoudre à admettre son échec. L'ex mangemort vivait toujours, mais à peine, et le poison coulant dans ses veines n'avait pas été détruit par le bézoard. Le léger souffle de vie qui le maintenait encore dans leur monde risquait bien de s'éteindre à tout moment.
Finalement elle récupéra son sac, en sortit la boite contenant les potions ramenées de Poudlard, et lui rendit sa taille normale. Puis, malgré la probable inutilité de ses gestes, elle se pencha vers lui et lui fit délicatement boire une potion de régénération sanguine, et une d'antidouleur. A défaut de le sauver peut-être pouvait-elle apaiser sa fin.
Elle resta un moment à l'observer, se persuadant que son visage semblait s'être légèrement apaisé après la seconde potion. Puis les yeux emplis de larmes, elle se pencha un peu plus sur le lit, cherchant son regard, essayant de déceler une étincelle de vie, la preuve de sa présence. Mais l'appel qu'il lui avait lancé ce matin la ne se renouvela pas et elle laissa couler ses pleurs, incapable de les retenir, en déposant une main légère sur sa joue.
- Je suis tellement désolée professeur. J'espérais vraiment vous aider mais je ne sais pas quoi faire.
Son murmure résonna dans la pièce pendant qu'elle bredouillait les derniers mots.
- Je suis désolée.
Sa tristesse, et son impuissance, la submergèrent et elle retira sa main pour étouffer un sanglot avant de quitter la pièce, se précipitant dans les escaliers pour rejoindre Winky. Elle ne prit qu'un instant pour l'envoyer veiller le professeur, avant d'éclater en sanglot, recroquevillée dans un coin de la pièce.
***
Son esprit semblait incapable de se fixer sur une idée précise, quelques pensées cohérentes traversaient le brouillard qui le submergeait, mais uniquement pour s'effacer juste après. Incapable de comprendre ce qui se produisait, Rogue essaya désespérément de se concentrer, d'influencer le cours de ses pensées, de percevoir ce qui l'entourait, sans grand succès. Jusqu'à ce qu'une douleur fulgurante flambe dans son cou, lui faisant prendre conscience de son environnement. Des mains frôlaient sa gorge, et il sentit qu'un réflexe le faisait déglutir, sans pouvoir réagir. Le liquide qu'il sentit ensuite dans sa bouche apaisa la brûlure de son cou, la douleur qui se ramifiait dans tout son corps, et il s'abandonna un instant, laissant le brouillard tout recouvrir sans lutter.
« Une potion »
L'idée lui traversa brièvement l'esprit, le faisant réagir. S'accrochant à cette pensée pour essayer de comprendre ce qui se passait, il se força à réfléchir. Une potion qui le soulageait ne pouvait être du poison, donc probablement une personne lui prodiguait des soins.
« Je suis mort... On ne soigne pas un mort ! »
Il s'arrêta sur cette pensée là, la tournant, l'analysant pour lui donner un sens logique, et sursautant en comprenant ce qu'elle recouvrait.
« Non ! Si quelqu'un me soigne c'est que je ne suis pas mort... »
« Merlin pitié... Ne permettez pas cela ! »
Il avait accepté sa mort, accepté de pouvoir enfin déposer son fardeau, quoiqu'il y ait ensuite. Il avait obéit à Albus, offrant son passé au survivant, avouant ce qu'il était vraiment, et il s'était abandonné. Il s'était même senti mourir. Et pourtant... Le désespoir le submergea, broyant son cœur tandis qu'il sentait l'immobilité de son corps. La rage et la peine qu'il ne put hurler envahirent son esprit, tournoyant en lui, le rongeant de l'intérieur en ravivant la douleur de sa blessure. Le souvenir de sa mort lui revint de nouveau, la morsure de Nagini, la chute dans l'inconscient et la suite... qu'il ne parvenait pas à retrouver.
Il laissa la souffrance l'envahir, espérant sombrer de nouveau dans l'inconscience lorsqu'une caresse sur la joue l'apaisa brusquement. Le geste était doux, très inhabituel, et il se concentra involontairement dessus, savourant cet instant avant de percevoir une voix, quelques mots, et le retrait brutal de la main qui le frôlait.
« Je suis désolée... Merlin Miss je sais tout ! D'entre tous il fallait que ce soit elle ! »
Il voulait mourir et n'en avait pas le droit. Et il était coincé la, noyé sous la souffrance et l'impuissance, à devoir supporter son élève en train de geindre.
« Si vous saviez à quel point moi je suis désolé d'être encore là ! A entendre vos excuses en plus ! »
Rogue tenta désespérément de s'accrocher à sa colère contre son ancienne élève, essayant de rester conscient et de comprendre ce qui était en train de se produire. Les pleurs de la jeune femme résonnaient encore dans son esprit et cyniquement il se demanda si elle pleurait de le voir survivre ou de le voir mourir. C'est cette pensée qui lui fit réaliser sa situation. Incapable de contrôler son corps, d'agir, de parler, face à une Gryffondore lui faisant avaler des potions en pleurant.
« Ce n'est donc pas désespéré. Merci Merlin de ta clémence ! »
Il était bien en train de mourir finalement. Peut être avait-il juste perdu conscience après avoir donné ses souvenirs à Harry. Il se détendit légèrement, essayant néanmoins de rester conscient. Ce qui ne lui demanda pas trop d'efforts. Son choix était fait, et l'idée de mourir, et d'attendre sa mort avec impatience, était étonnement revigorante. Mais il avait l'impression de passer à coté de quelque chose. Et de quelque chose d'important qui plus est.
Il rumina cette sensation durant un long moment, totalement insensible au monde extérieur ; et finit par grogner intérieurement : il avait beau essayer de tourner et retourner ses souvenirs il ne voyait rien de concret pour se comprendre cette sensation. Finalement, balayant ces efforts, il repensa à Hermione Granger. Mais malgré plusieurs tentative il ne parvint pas à comprendre sa réaction et ses pleurs. Cette guerre avait fait tant de morts, quelle importance pouvait bien avoir la sienne. Il avait accomplit sa tâche, sans passion, sans plaisir, seulement empli par la haine. Et il l'avait utilisée pour survivre, faisant subir à tous le dégoût qu'il ressentait. Et elle, Miss je sais tout, elle était désolée pour lui et pleurait devant lui, s'occupant apparemment seule de lui.
Seule...
« SEULE !? »
Pourquoi devait-elle donc s'occuper toute seule de lui ? S'il était à Poudlard l'infirmière aurait du être la, veillant sur lui comme une poule sur ses poussins. Mais il n'y avait aucun bruit, aucun son, et personne autour de lui. Il se focalisa quelques instant sur l'information avant d'essayer de reprendre contact avec son environnement. Il avait pu percevoir plusieurs choses auparavant, en se concentrant, il arriverait bien à en percevoir d'autres. Mais à part le plafond taché, qu'il semblait contempler fixement, rien ne lui parvint et il se renferma en lui-même à nouveau.
Elle semblait bien être seule. Tout comme lui. Et cela rendait sa réaction encore plus incompréhensible. Il avait donné ses souvenirs au survivant, donc logiquement les gens devaient savoir ce qu'il avait fait. Et pourtant personne n'était ici. Alors pourquoi elle, l'amie du sauveur du monde sorcier, s'occupait-elle de lui ?
Il repoussa volontairement l'autre question qui lui était venue : pourquoi personne n'était ici s'il n'était pas mort ? Il ne s'était pas vraiment attendu à de la reconnaissance, ou tout autre sentiment mièvre, et hypocrite de surcroît, mais il aurait cru qu'il y en aurait.
Et le sentiment de déception qui l'envahit brutalement, avant de retomber dans le brouillard incohérent qui lui tenait lieu d'esprit, lui fit comprendre qu'il avait fait plus qu'y croire. Il l'avait inconsciemment espéré.
***
Il avait fallu plusieurs heures a Hermione pour se reprendre, et libérer toute la peine et la colère qu'elle ressentait, sans compter le stress de ce qu'elle était en train de faire. Mais quand la fatigue commença à l'envahir, après plusieurs crises de larmes, elle se força à se relever. Elle n'arrivait pas à soigner le professeur, et doutait de pouvoir le faire, mais elle pouvait adoucir sa fin. Et être près de lui, même si cela lui coûtait. Parfaitement consciente de n'avoir pas réfléchit en le cachant après l'avoir trouvé, elle se retrouvait partagée entre la colère vis a vis des actes qu'il avait du commettre, et la tristesse et la peine à en imaginant ce qu'il avait du ressentir en le faisant.
Elle fit quelques pas dans la cuisine, cherchant en elle le courage d'y retourner, et l'espoir que ça ne soit pas trop dur de le faire, avant de quitter lentement la pièce. Et après un bref arrêt à la salle de bain pour se rafraîchir, et se réveiller un peu, elle retourna dans la chambre.
L'odeur du sang et de la mort flottait dans la pièce, et le peu de lumière augmenta l'impression de malaise ressentie par la jeune fille. Winky avait juste allumé quelques chandelles mais aucun feu ne brûlait dans la cheminée, et nulle lumière ne pénétrait par les fenêtres condamnées.
Ses yeux se posèrent sur le lit, son regard englobant l'homme allongé, toujours enroulé dans ses robes noires, et la petite elfe qui semblait vaciller sur place.
- Winky tu peux aller te reposer. Trouve une chambre sans danger, arrange la si tu peux et dors un peu. Je resterai là.
- Mais... Miss, Winky n'est pas fatiguée. Winky peut aider sa maîtresse et surveiller encore le professeur.
L'espace d'un instant, Hermione envisagea d'accepter la proposition, craignant de voir Rogue mourir, et la rejeta. Elle avait fait un choix plus tôt dans la journée et elle devait l'assumer.
- Non, Winky ! Va manger et te reposer.
Son ton sans appel convainquit l'elfe qui disparut aussitôt et la jeune fille s'installa sur le lit après avoir saisit des potions. Les flacons serrés dans ses mains elle observa l'homme pendant quelques secondes. Il n'était pas beau mais son visage semblait transformé, plus humain, malgré, ou peut-être à cause de, la grimace de douleur qu'il arborait depuis sa morsure. Plus fragile aussi sans les expressions de mépris qu'il affichait habituellement. Toujours incapable de démêler ses émotions, elle finit par soupirer et se pencha pour administrer les potions. Régénération et anti-douleur. Quasiment des placebos par rapport à la situation, mais la seule chose qu'elle pouvait faire. Elle rêva un instant de pouvoir hurler sa frustration, son incapacité à trouver une solution, alors que tout le monde lui reprochait de tout savoir.
Finalement, soupirant de nouveau, elle souleva doucement la main du maître des potions, la tenant dans la sienne en guettant le moindre signe de sa présence. Elle put se maîtriser pendant une trentaine de minutes avant de craquer et de se mettre à pleurer de nouveau, refusant d'admettre la mort future de Rogue alors qu'elle l'avait trouvé vivant. Elle n'avait pas su trouver de solution, elle avait caché la vérité, et elle était en train de le laisser mourir par peur des conséquences de ses actes. Hésitant toujours à l'idée de l'emmener à Sainte Mangouste elle se laissa glisser près du lit, la main de l'ex mangemort serrée dans la sienne et se mit à gémir.
- Professeur Dumbledore. Pourquoi êtes-vous parti ? Aidez-nous, aidez le... S'il vous plait.
Se lamentant de façon incohérente, appelant en pleurant l'ancien directeur de Poudlard, si éloigné dans la mort, elle sanglota un long moment avant de sentir le changement qui se produisait dans la maison. Une mélodie inconnue résonnait dans les pièces, évoquant la tristesse et l'espoir. Elle releva brusquement la tête, saisissant sa baguette de sa main libre, et frissonna. Elle avait déjà entendu cette musique étrange et si poignant, mais n'arrivait pas à se souvenir de cet instant.
Ce n'est que lorsque des flammes apparurent au milieu de la pièce qu'elle comprit. La vue du Phénix la laissa ahurie et sans réaction, tandis que l'oiseau tournait dans la chambre, ses longues plumes brillant à la lueur des chandelles.
- Fumseck !
Personne ne l'avait revu depuis l'enterrement de Dumbledore, et personne ne pensait revoir cet animal magique, si attaché au directeur. Hermione le regarda évoluer lentement dans les airs et se poser sur le lit, près de l'épaule de Rogue. Elle n'osa bouger, craignant inconsciemment de l'effrayer, avant de comprendre. Le voyant se pencher sur le cou de l'homme blessé, elle se souvint du récit d'Harry, de ce qu'il lui avait raconté après être sorti de la chambre des secrets. « Les larmes des phénix ont de grands pouvoirs de guérison. » Et effectivement, des larmes épaisses, lumineuses coulèrent le long de ses plumes et de son bec avant de glisser sur les blessures de Rogue. Le liquide forma une tache autour des trous faits par les crochets, semblant pénétrer lentement dans la peau, et Hermione écarquilla les yeux en voyant les plaies frémir et se refermer doucement.
Fumseck releva lentement la tête et resta un moment immobile alors qu'Hermione tendait la main pour le caresser doucement, inconsciente d'avoir lâché sa baguette. Plus aucun bruit ne résonnait dans la pièce et elle se détendit légèrement, profitant de cet instant, jusqu'a ce qu'elle sente une pression sur sa main. Reportant brusquement les yeux sur l'homme allongé près d'elle, elle le vit lentement battre des paupières, les fermer un moment avant de les rouvrir pour diriger son regard sur elle.
- Miss Granger ! Que m'avez-vous fait ?
Le ton de la voix la fit sursauter et elle relâcha immédiatement sa main. La voix de Rogue était faible mais l'intonation lui indiqua clairement qu'il était très mécontent. Son mouvement brusque incita Fumseck à s'envoler, mais, alors qu'elle croyait qu'il allait disparaître, il se contenta de se percher sur le haut de la porte.
- Miss Granger !!!
Elle sursauta de nouveau, frémissant de crainte en voyant le regard méprisant qui venait d'apparaître sur le visage de son ancien professeur, et recula prudemment. Sa joie de le voir en vie avait disparue devant son attitude déplaisante, et elle craignit de se mettre à pleurer de nouveau, de peur et de colère. Inspirant brusquement pour se maîtriser, elle se redressa sur le lit, cherchant quoi répondre, et fit un rictus méprisant.
- Professeur Rogue. Je suis ravie de voir que même à moitié-mort vous êtes aussi déplaisant que d'habitude. Je vous ai soigné si vous voulez tout savoir. Et Fumseck vous a guéri avec ses larmes. Cette réponse vous convient ?
Elle récupéra sa baguette, la glissant dans la poche arrière de son jean, et attrapa de nouvelles potions. Avant de se trouver devant un dilemme, devait-elle lui faire boire ou lui donner. Après une hésitation elle reporta les yeux sur lui, constatant sans surprise qu'il la regardait avec un regard furieux, les sourcils froncés.
- Buvez ça !
- Non !
- Buvez-ça, ce sont vos propres potions bon sang !
- Non ! Je veux que vous m'expliquiez ce qui ce passe !
La colère l'envahit devant son comportement et elle lui mit la première fiole sous le nez en se penchant vers lui d'un air menaçant.
- Vous allez boire ces potions ou je vous stupefixe avant de vous les faire avaler de force. Elles ne sont pas empoisonnées, j'ai juste ramené de quoi vous soigner. Régénération sanguine et potion de sommeil sans rêve. Alors vous allez les boire, immédiatement, et arrêter de me contredire car vous n'avez aucun autre choix !
Ils s'affrontèrent du regard pendant plusieurs minutes, tous deux frémissants de rage, avant que Rogue ne détourne les yeux en grognant. La sueur coula sur son front, prouvant à chacun d'eux qu'Hermione avait raison, il n'avait aucun choix à cet instant, son corps étant incapable de résister. Et lorsqu'il voulut lever la main pour saisir la fiole, il se rendit compte qu'il était même incapable de faire les choses les plus simples. Il lui fallut plusieurs minutes pour se résoudre à avouer la situation, et il ne le fit qu'en la voyant sortir sa baguette.
- Je ne peux pas les prendre. Je ne peux pas lever la main, ajouta t'il précipitamment en la voyant froncer les sourcils à son tour.
Il ne put s'empêcher de fermer les yeux lorsqu'elle passa la main sous sa nuque pour le soulever, peu désireux de voir le mépris ou la pitié dans son regard. Et finalement le goût de la seconde potion fut un soulagement, dormir l'empêcherait de penser à la situation, et de devoir supporter la vue son ancienne élève en plus du fait d'être en vie.
Mais il entendit néanmoins sa dernière phrase avant de sombrer dans le sommeil.
- Demain j'essayerai de tout vous expliquer professeur.
