Lunouche, Ste7851, Doun, Nightshad : Merci beaucoup :) Je suis ravie que ce récit vous plaise. J'espère que ce chapitre vous plaira autant que les précédents.

Elialys : Que dire devant de telles reviews. J'ai rougit, sourit en te lisant et je suis vraiment contente que cela te plaise autant.

Merci de m'encourager ainsi. Merci aussi de ton conseil concernant les reviews anonymes. Je ne savais effectivement pas, et j'ai modifié en consquence.

Maintenant quelques mots du chapitre à venir.

Il a été plus dur à écrire que les autres, par manque de temps déja : j'ai repris le travail et cela me force à écrire par petits bouts, et ce n'est pas simple.

Par manque de recul concernant Rogue ensuite. Je n'en dirai pas plus pour vous laisser découvrir cela au fur et à mesure mais j'apprécierai vraiment si vous me disiez si Rogue, tel que je le vois et le fais agir, vous parait crédible et vous plait ou si je suis en train de me planter.

Ce chapitre est également je crois plus long que les autres. Le vilain ne voulait pas se laisser découper ^^. Les prochains devraient être un peu plus courts, surtout si je veux les mettre en ligne de façon régulière. D'autant que de nombreuses scènes de la suite me sont déja venues alors que je peinais encore sur l'évolution des rapports Rogue / Hermione.

Et une dernière petite info : j'ai essayé de relire autant que possible pour éviter les fautres mais je suis persuadée d'en avoir raté un bon paquet. Toutes mes excuses par avance. J'essayerai de corriger si je les trouve après parution.

Voila. Bonne lecture à tous :)


Un bruit de chute, suivi de battements d'ailes frénétiques et de hululements suraigus résonnèrent brusquement dans la pièce, faisant sursauter le sorcier endormi. Se redressant brutalement, il braqua la baguette, qu'il avait gardé avec lui en se couchant, sur la source de ce tapage et fit la grimace en voyant un minuscule hibou virevoltant dans la pièce. L'animal tanguait sous le poids du paquet qu'il transportait, sans toutefois montrer de signes indiquant qu'il était disposé à s'arrêter.

Tendant la main, Rogue tenta de l'attraper, étouffant un juron lorsque la boule de plume l'esquiva et alla tourner au-dessus de la jeune femme endormie.

Que ce raffut ne l'ait pas réveillée surprit son ancien professeur, mais il se leva d'un mouvement souple et s'approcha d'elle pour la secouer. En constatant qu'elle s'était enfouie sous l'oreiller, tout en gardant une main sur le livre qu'il lui avait donné la veille, il ne put s'empêcher de lever les yeux au ciel. Ce qui l'amena à regarder de nouveau le petit animal. Réfrénant à grand peine un grognement il l'écarta d'un geste de la main et se pencha vers Hermione.

- Miss Granger ! Debout !

Il lui fallut un long moment pour la convaincre de sortir de sous son oreiller, et lorsqu'il croisa enfin son regard, ses maigres réserves de patience étaient épuisées.

- Miss Granger, si vous ne faites pas taire ce hibou je le transforme en ingrédient pour potion, et son colis avec !

Refaisant un geste brusque pour repousser le paquet qui s'approchait dangereusement de sa tête, il ricana en voyant le hibou chuter d'une dizaine de centimètre, déséquilibré par le mouvement.

- Un hibou ? Oh Coq !

Les yeux écarquillés, elle ne fit pas un geste pour l'attraper, essayant de comprendre ce qu'il faisait là.

- Miss Granger ! Ce n'était pas des paroles en l'air.

Le cri la fit sursauter et elle attrapa précipitamment le petit animal et le déposa sur son lit, soulevant un nuage de suie en détachant le paquet de sa patte. La vue de l'écriture sur le colis la fit sourire et elle caressa Coquecigrue quelques secondes avant de se lever.

Un autre hululement retentit dans la pièce et elle esquissa un sourire en voyant la grimace de l'ex-mangemort.

- Désolée, il est toujours très... Exubérant. Venez, il devrait se calmer un peu quand je l'aurai nourri.

Une fois installée à la table de la cuisine, après avoir déposé une poignée de miettes de pain devant le hibou, elle constata que son compagnon s'était un peu calmé. Même si l'air contrarié qu'il arborait en contemplant l'animal montrait toute l'étendue de son animosité.

Après une hésitation, elle décida de se taire, préférant attendre que l'orage passe pour se manifester, et ouvrit le colis.

La longueur de la lettre la fit sourire, mais réfrénant son impatience elle la déposa sur la table avant de regarder le reste.

- Ma baguette !

Son cri à cette vue avait été instinctif, illustrant son plaisir, et elle embrassa le morceau de bois avant de rougir en croisant le regard de son vis-à-vis. Faisant un geste d'excuse elle détourna les yeux et se pencha sur la boîte devant elle. En découvrant le sac qu'elle croyait perdu un sourire éclaira son visage. Sans tenir compte de ce que pourrait en penser son ancien professeur, elle serra l'objet contre elle, se souvenant de tout ce qu'il contenait et ferma les yeux un instant, soupirant de contentement.

Elle souriait toujours lorsqu'elle rouvrit les yeux, et même le regard impénétrable que Rogue posa sur elle ne put la contrarier.

- Désolée, Professeur. Je ne croyais pas pouvoir récupérer mes affaires un jour. Elles étaient restées au manoir des Malefoy. Et les recevoir ainsi c'est... ça m'a fait très plaisir.

- C'est ce que j'ai cru déduire de vos cris et soupirs oui ! A croire que l'exubérance de ce hibou ridicule vous a contaminée...

Grimaçant à cette remarque, elle reporta son attention sur la lettre, et commença à la parcourir alors que l'ancien mangemort se levait. Elle ne prêta aucune attention a ce qu'il faisait mais sursauta lorsqu'une tasse de thé apparut devant elle.

Relevant les yeux elle constata qu'il avait préparé tout ce qu'il fallait pour déjeuner et s'apprêtait à s'installer face à elle, comme la veille.

Un sourire naquit sur ses lèvres et elle se pencha pour attraper une des tartines déposées dans l'assiette devant elle.

- Merci, Professeur.

Elle recommença à lire en mangeant, avant de s'interrompre une nouvelle fois. Glissant un coup d'œil à l'homme qui déjeunait face à elle, elle réfléchit rapidement, hésitant à lui proposer ce qui lui était venu à l'esprit.

- Professeur...

Son ton hésitant la mit mal à l'aise et elle rougit légèrement lorsqu'il la regarda sans dire un mot.

- Est-ce que... ça vous dérange si je vous lis la lettre de Harry ? Ca pourrait vous intéresser.

Fronçant les sourcils d'un air menaçant, il la dévisagea un instant avant de répondre, l'air mécontent.

- Je n'ai jamais lu quoique ce soit d'intéressant de la part de Potter, malgré plusieurs années passées à corriger ses devoirs. En quoi cette lettre serait-elle différente ?

Hermione soupira doucement, se retenant de répondre au sarcasme, et tenta de s'expliquer.

- Et bien... il parle de ce qui est prévu pendant les prochains jours et de quelques autres choses. Mais... Si vous ne voulez pas, je vous donnerai l'information plus tard.

Elle baissa de nouveau les yeux sur sa lettre, ignorant le regard furieux qui venait de se poser sur elle, en se mordant les lèvres, bien déterminée à se taire devant tant de mauvaise foi.

Un hululement retentit dans la cuisine, la faisant sursauter, suivit d'un juron, et elle tenta de faire abstraction de ces bruits.

- Peste soient les Gryffondors et les hiboux ! Miss Granger, lisez donc cette lettre, ça m'évitera d'entendre cette insupportable chose se manifester.

Surprise d'entendre cela, elle l'observa discrètement alors qu'il repoussait Coquecigrue plus loin sur la table, et se crispa en le voyant se tourner vers elle à nouveau.

- Et bien lisez ! C'est ce que vous vouliez faire non ?

Elle hocha la tête sans dire un mot, incrédule devant ce revirement, et finit par s'exécuter en le voyant s'installer pour l'écouter.

Hermione,

Je sais que tu ne veux pas être dérangée mais je pense que tu voudrais savoir ce qu'il se passe ici. Comme tu t'en doutes, c'est encore le chaos ici, mais les choses commencent à s'organiser un peu. McGonagall a prit la direction de Poudlard et plusieurs médicomages sont venus pour transporter les blessés pouvant être déplacés. Les plus gravement blessés ont été montés à l'infirmerie, et plusieurs élèves sont restés en attendant des nouvelles de leur famille.

Ron et sa famille sont repartis ce soir, en emmenant les corps de Fred, Remus et Tonks pour les veiller. Ils reviendront pour la cérémonie dans 3 jours. Moi je suis resté car des Aurors m'ont dit que le ministre voulait me parler. Heureusement que j'ai appris la nomination de Kingsley sinon je serai peut-être parti discrètement.

Parlant des Aurors, ils ont emmené les Malefoy à Askaban. Ils avaient l'air pitoyable quand ils sont partis, je n'aurai jamais imaginé les voir ainsi. J'ai pu leur parler avant leur départ, et Lucius a immédiatement indiqué quelle était ta baguette quand je lui ai demandé ou elle était. Il l'avait sur lui, probablement en cas de besoin. Il a également indiqué ou était ton sac, et un auror a eu la gentillesse d'aller le chercher pour moi. D'ailleurs les aurors ont inspecté tout ce qu'il contenait, et ils ont eu très peur quand Nigellus leur a hurlé dessus : il ne voulait pas que son cadre retourne dans ton sac. Ils l'ont gardé mais il réclame à cor et à cris le droit d'être raccroché Square Grimmaurd. Ils ont également gardé les livres de Dumbledore. J'en parlerai à Kingsley si tu veux mais peut-être qu'ils peuvent disparaître, tu ne crois pas ?

Je n'arrête pas de penser aux Malefoy, et à leur expression quand ils attendaient dans la grande salle. McGonagall dit que je devrai témoigner contre eux. Mais Narcissa Malefoy m'a probablement sauvé la vie l'autre nuit alors je ne sais pas... Ou alors je dirai ce qu'elle a fait pour moi dans la forêt, j'espère que ça comptera.

Il y aura un procès pour Drago aussi. Et je ne sais pas quoi faire non plus. Il faudra qu'on en parle ensemble, et avec Ron, surtout pour la salle sur demande. Goyle n'a pas encore repris connaissance, et il n'est pas dit qu'il le fasse. Trop de fumée apparemment. Mais en tout cas nous ne sommes que 4 à savoir exactement ce qu'il s'est passé là-bas. Et toi tu sauras quoi faire.

J'aimerai bien que tu sois la, tu pourrais m'aider à répondre à toutes les questions que les gens me posent. J'essaye d'en dire le moins possible mais ce n'est pas facile. J'espère que je m'en sortirai mieux avec Kingsley. Il vient demain soir, et j'irai au terrier dès que je l'aurai vu.

Je dois lui parler de la cérémonie aussi, et de Rogue. Ici les gens sont partagés. Pour la cérémonie surtout, car il y a des rumeurs disant que toutes les victimes seront enterrées ici, et qu'une stèle sera érigée près de la tombe de Dumbledore. Mais certains craignent que les mangemorts aussi aient cet honneur. Leurs corps ont été rassemblés dans une pièce vide, avec celui de Jedusor, mais plusieurs personnes souhaitent qu'ils soient brûlés. D'ailleurs, quelques-uns voudraient que le corps de Rogue aussi le soit. J'espère que Kingsley me croira. Je lui montrerai les souvenirs dans la pensine, ça devrait suffire.

J'aimerai bien lui demander ce qu'il a prévu pour les mangemorts. Même si eux ne méritent rien, leur famille n'est pas responsable de ce qu'ils ont fait. Je ne sais vraiment pas ce que l'on est sensé faire après tout cela. Ni ce que je vais faire désormais d'ailleurs. McGonagall m'a dit que bien des gens auront besoin d'aide, mais c'est surtout toi qui es douée pour aider les autres.

J'ai du mal à comprendre ton brusque départ d'ailleurs, j'aurai pensé que tu voudrais aider ici. Tu m'expliqueras j'espère ?

Sinon la cérémonie est prévue le 6, dans 3 jours donc, à 10h du matin. J'espère que tu pourras être là.

Je serai chez Ron la veille, pourrais-tu y passer ? Je crois que ça ferait très plaisir à Ron et à sa famille de te voir. Il a très mal pris ton départ précipité hier, et surtout que tu ne lui dises pas où tu comptais aller. Il semble présumer que tu es allée chercher tes parents et je n'ai pas osé le détromper. Le connaissant, il serait déjà au QG pour te poser des questions. Mais j'aimerai bien savoir quoi répondre si on m'interroge à ton sujet. Et ça serait bien de se voir un peu avant que tout s'accélère et que les procès commencent.

Oh ! Et McGonagall veut nous voir tous les 3 dans son bureau la semaine prochaine. Elle a refusé de me dire pourquoi, sauf que ça nous concerne tous les 3. Je n'ai pas la date exacte encore, on verra après la cérémonie sûrement.

J'aimerai vraiment te voir après-demain. Tu n'es pas partie depuis longtemps mais tu me manques déjà. Ca me fait bizarre d'être ici sans toi et Ron. Luna est restée et elle m'a tenu compagnie un moment mais il est tard et elle dort allongée sur le banc. Quand tout sera derrière nous, j'espère que nous pourrons passer un moment tranquille ensemble, juste pour se détendre et en profiter un peu.

Il se fait vraiment tard et les dernières personnes présentes dans la salle viennent de s'allonger donc je vais te laisser. Le temps de trouver Coq et de lui confier tes affaires et cette lettre pour que tu la reçoives demain matin et j'emmènerai Luna se coucher. Prends bien soin de toi, d'accord ?

Je t'attends pour le thé après-demain au terrier. Si tu ne peux pas y être, donne un mot à Coq.

Et désolé pour cette lettre sûrement embrouillée mais je suis sur que tu sauras remettre les choses dans l'ordre.

Harry.

Après avoir lu les derniers mots, Hermione resta un moment silencieuse, les yeux fixés sur le parchemin, avant de passer discrètement une main sur ses joues pour essuyer ses larmes.

L'activité des deux derniers jours lui avait évité de penser à la bataille finale, et à ses amis, mais cette lettre la replongeais dans tout cela.

Finalement, après avoir reposé le parchemin sur la table, près du petit déjeuner abandonné elle attrapa le petit hibou qui attendait patiemment et se leva.

- Je vais renvoyer Coq !

Elle n'avait fait que murmurer ces mots, incapable d'en dire plus sans éclater en sanglots, et quitta la pièce sans attendre. Une fois dans l'entrée il ne lui fallut que quelques secondes pour ouvrir la porte et libérer l'animal.

- Retourne voir Harry, au cas ou il aurait encore besoin de toi.

Elle le suivit des yeux, l'observant tandis qu'il s'éloignait dans le ciel qui commençait à peine à s'éclaircir, et s'adossa à la porte. Inspirant doucement, elle profita de cet instant de douceur, savourant la solitude.

Laissant ses larmes couler, elle tenta d'ordonner tout ce que Harry lui avait écrit, ne sachant pas comment concilier tout cela avec la présence de Rogue à ses cotés, incertaine de ce qu'elle devait faire. Depuis deux jours elle se laissait porter par l'urgence de la situation mais elle se doutait déjà qu'il leur faudrait trouver une solution plus pratique que le square Grimmaurd. Et rapidement...

D'ici là, elle ne pourrait pas se reposer, ni s'appesantir sur la guerre et tout ce qu'elle leur avait apporté.

Après un moment, elle essuya de nouveau ses larmes, et, un peu plus détendue, redescendit dans la cuisine. La vue de la table la laissa interloquée : le déjeuner avait été débarrassé, seule une tasse de thé fumante l'attendait devant sa chaise, et ses affaires, ainsi que la lettre, étaient rangées près de sa place. Elle n'avait plus aucune envie de manger, mais ne s'était pas attendue à ce que son ex-professeur anticipe cela. Sans compter qu'il n'était plus dans la pièce.

S'installant à sa place elle saisit sa baguette, la faisant tourner entre ses doigts, et savoura le plaisir qui l'envahissait en la sentant réagir à son contact. La baguette de Bellatrix était posée près d'elle et elle eut la tentation de la détruire, avant de se raisonner. Celle ci pourrait servir à son compagnon puisqu'il n'avait plus la sienne. Après un instant de réflexion, elle regarda autour d'elle, grimaçant devant l'état de la pièce, et lança plusieurs sorts, les effectuant à toute vitesse, sans même y réfléchir. Le résultat la fit sourire, satisfaire d'avoir rangé rapidement la cuisine, ce qu'elle n'avait pas osé faire avec l'autre baguette.

Un craquement à la porte la fit tressaillir. En se retournant, elle aperçut Rogue, immobile appuyé au chambranle, et rougit légèrement, ne sachant pas à quel moment il était arrivé.

- Désolée. J'avais trop envie de profiter de ma baguette.

Se réinstallant à sa place elle poussa l'autre baguette vers le bord de la table, la touchant aussi peu que possible.

- Si vous arrivez à vous en servir, vous pouvez la garder. Enfin si ça vous convient.

Elle détourna les yeux, se demandant comme à chaque fois comment serait prise sa phrase, et en profita pour boire une gorgée de thé. Sa chaleur s'insinua en elle, la détendant légèrement, et elle saisit à nouveau la lettre reçue pour relire quelques passages.

- Il faut que nous allions à Poudlard aussi tôt que possible.

Surprise du ton pressant de l'ex-mangemort, Hermione releva brusquement la tête et le dévisagea, se demandant ce qui le faisait réagir ainsi. Son expression étonnée parla pour elle et elle n'eut pas le temps de poser ses questions que son vis-à-vis reprenait la parole.

- Si le ministre vient à Poudlard, il va s'occuper de tout ce qu'il peut faire là-bas. Et mes quartiers risquent d'être visités plus tôt que je ne le pensais.

- Oh ! Oui forcément.

Elle jeta un coup d'œil aux caisses de livres, repérant celle qui était à l'écart, et hocha la tête.

- D'accord, on va y aller.

Tirant la carte des maraudeurs de son second sac, elle la fit apparaître en un murmure et se pencha dessus, observant les déplacements, les noms encore présents, avant de la tendre à Rogue. Puis elle s'affaira pour passer ses affaires d'un sac à l'autre, regroupant toutes ses possessions. Une fois satisfaite elle se redressa lentement, se demandant comment serait pris son geste si elle donnait le sac le plus récent à son professeur. Perdu dans ses pensées, elle ne l'entendit pas l'appeler et sursauta à son mouvement. Penché vers elle, Rogue la sonda de ses yeux sombres.

- Miss Granger ! Que s'est-il passé avec Drago ?

Son visage se ferma brutalement en entendant ce nom et elle ne put s'empêcher de grimacer. Elle aurait pu se douter de sa question, d'autant qu'il était Serpentard, mais elle n'était pas sûre de pouvoir lui raconter. Et encore moins sûre de savoir démêler ses sentiments à ce sujet.

Tout en détournant la tête en essayant de maîtriser la colère qui l'avait envahie, elle se força à répondre d'un ton sec.

- Rien qui vous concerne, Professeur.

- Miss Granger ! Drago me concerne !

Le ton de sa voix s'était assourdi et elle plissa les yeux pour l'observer, sentant la colère grandir en elle, et augmenter en voyant son expression.

- Si ce petit crétin vous concernait, vous l'auriez empêché de jouer au parfait petit mangemort !

Saisissant sa baguette d'un geste preste, elle se leva d'un bond et toisa l'homme encore assis.

- Si vous voulez aller à Poudlard, on ferait mieux de se dépêcher. Pour le reste le sujet est clos.

Mais alors qu'elle passait près de lui, elle se sentit brusquement saisie par le bras, sa baguette glissa entre ses doigts, et elle fut projetée sans douceur contre le mur. Le poids qui s'abattit sur elle étouffa son cri et elle ne put que lever les yeux vers l'homme qui la maintenait. La peur l'envahit lorsqu'elle vit le visage froid, le regard empli de colère, et elle se mit à trembler et se débattre. Mais ses mouvements ne lui permirent pas de se libérer, et l'ex-mangemort emprisonna plus fortement ses poignets dans sa main, lui avoir relevant les bras en la bloquant contre le mur.

- Pour qui vous prenez-vous Miss Granger ? Comment osez-vous me parler ainsi ?

Ces mots ne furent que murmurés, mais ils augmentèrent la peur de la jeune femme, affolée par la douleur et la situation, et l'incitèrent à se recroqueviller autant qu'elle le pouvait.

- Répondez-moi !

Une main saisit son menton, la forçant à relever la tête et elle tenta d'échapper au regard fixé sur son visage en fermant les yeux.

- Avez-vous cru que je tolèrerais cela ? J'ai fait hier quelques concessions, et j'ai promis d'essayer de ne pas hurler. Mais rien d'autre ne vous est acquis Miss Granger ! Est-ce que vous le comprenez cette fois ?

Elle tenta de hocher la tête pour accepter et tressaillit quand un ricanement lui répondit.

- Oh non ! Ça ne fonctionne pas ainsi... Est-ce que vous comprenez vraiment ce que je vous dis ?

- Lâchez-moi ! Vous me faites mal ! Laissez-moi !

Hermione se débattit de nouveau et tenta de parler d'une voix ferme, se maudissant en la sentant trembler en fin de phrase, avant de gémir de douleur en sentant la pression s'accentuer sur ses poignets.

- Ce n'est pas la réponse que j'attendais, Miss Granger ! Je pensais pourtant qu'une Miss je sais tout comme vous l'aurait compris plus vite que ça.

Elle tenta une nouvelle fois de se libérer, le fixa ensuite d'un regard noir avant de céder sous la douleur qui menaçait de la submerger. Incapable de retenir ses larmes, elle renifla et toisa son adversaire avant de lui répondre d'un ton empli de colère.

- D'accord, d'accord, j'ai compris ! Maintenant lâchez-moi !

Quand vous m'aurez expliqué ce qui c'est passé avec Drago !

Plissant les yeux, elle le dévisagea en arborant un air incrédule. La pression sur ses poignets, légèrement moins forte, l'avait laissé espérer. Mais le regard froid de l'homme lui retira tout espoir de libération rapide. Et perdant le peu de contrôle qu'il lui restait, elle se mit à hurler.

- Laissez moi partir ! Vous êtes juste comme lui ! Il a voulu nous tuer, Ron et moi, et livrer Harry... Vous êtes content, espèce de... de... mangemort malfaisant !

Il resserra brusquement sa main, la faisant crier, alors qu'elle réalisait ce qu'elle venait de dire. Le cœur battant, elle leva les yeux vers Rogue, et se figea en voyant la douleur qui venait d'envahir son visage. Hermione vit plusieurs sentiments le traverser, en quelques secondes, douleur puis tristesse et colère, avant qu'il n'affiche à nouveau son masque impénétrable. La lâchant brusquement, il recula d'un pas et fit demi-tour, quittant la pièce en un instant.

La jeune femme réussit à se rattraper à la chaise devant elle juste avant de tomber, incapable de tenir sur ses jambes, et resta assise un moment en essayant de contrôler ses pleurs. L'angoisse et la douleur refluèrent doucement et elle réussit, en se concentrant, à s'avancer jusqu'a l'évier pour passer ses poignets meurtris sous l'eau froide.

- Winky ?

- Oui Miss ? Winky est là.

Une petite voix lui parvint, venant d'un coin de la cuisine et elle se tourna dans sa direction en s'efforçant de gérer la colère qui montait en elle. La créature tremblante leva des yeux baignés de larme vers elle, cherchant à se cacher au plus près du mur.

- Sais-tu où est le professeur Rogue ?

- Winky a entendu le professeur aller dans la chambre. Miss, Winky est désolée, Winky a été une mauvaise elfe, Winky ne vous a pas aidée.

- Ca va Winky, je n'ai rien de grave. Tu vas venir avec moi si tu veux bien, tu resteras sur le pallier, juste au cas ou d'accord ? Et tu ne viendras que si je t'appelle.

- Oui Miss, Winky monte avec sa maîtresse et viens si Miss Hermione appelle.

Après avoir acquiescé, la jeune femme se rinça le visage, effaçant ses dernières larmes, et se redressa lentement. Plusieurs sentiments luttaient en elle, de la peur à la colère, mais ce dernier était désormais le plus présent. Inspirant doucement elle saisit sa baguette et sortit de la pièce, suivie de l'elfe.

Arrivée à l'étage, elle lança un coup d'œil à Winky, hochant la tête en la voyant se glisser dans un coin sombre, et poussa lentement la porte. Observant l'ex-professeur, elle resta silencieuse, notant simplement qu'il rassemblait ses affaires plus lentement qu'elle ne l'aurait imaginé et attendit qu'il la remarque.

- Sortez d'ici !

Sa voix la fit tressaillir et elle resserra les doigts sur sa baguette. Il l'avait entendu entrer mais n'avait même pas daigné lever les yeux.

- Non !

Aucune réponse ne vint, sa colère s'amplifia, et après plusieurs minutes, elle finit par y céder.

- Incarcerem ! Silencio !

Les deux sorts s'enchaînèrent et elle regarda l'homme tomber au sol avant de s'approcher.

- Ce n'est pas aussi effrayant que la force brute mais c'est tout aussi efficace, n'est-ce pas Professeur ?

S'agenouillant lentement à-coté de lui, elle se pencha pour croiser son regard et le dévisagea pendant plusieurs secondes avant de reprendre la parole.

- Je suis désolée de vous avoir traité de mangemort. Mais je crois que vous méritiez parfaitement le qualificatif de malfaisant par contre. Vous n'aviez aucun droit d'agir ainsi, même si j'ai été bien trop naïve hier pour prévoir ce genre de choses. Et en prime, vous fuyez. Si c'est à cause de ce que j'ai dit, rappelez-vous que vous avez agit comme un mangemort, alors ne vous étonnez pas qu'on vous considère comme tel ! A moins que vous ne regrettiez, mais comme vous ne vous excusez jamais, mieux vaut agir en lâche et partir, n'est ce pas ?

Soupirant doucement, elle détourna le regard, observant la pièce avant de revenir à lui.

- Vous avez de la chance je n'agis pas comme vous. Et pourtant ce n'est pas l'envie de me venger qui me manquait. Mais vous n'en valez même pas la peine finalement, pas plus que vous ne valez la peine qu'on vous aide. J'aurai été bien plus idiote que je le pensais cette fois.

Elle se releva en prononçant ces derniers mots et retourna vers la porte. Arrivée sur le pallier, elle se contenta de dire quelques mots à Winky et attendit son retour pour revenir dans la chambre.

La baguette de Bellatrix et un sac tombèrent au sol, devant le visage de Rogue qui loucha dessus.

- Le sac à un sortilège d'extension indétectable. Vous devriez pouvoir y ranger vos affaires. Et Winky vous mènera à Poudlard si vous le voulez. Ensuite, débrouillez-vous. Cette fois-ci, j'ai compris ma leçon.

Ses pas résonnèrent sur le plancher alors qu'elle repartait, et un murmure résonna sur le pallier.

- Finite Incantatem.

A peine ces mots prononcés, elle se glissa dans le salon, fermant la porte sans faire de bruit et redressa un fauteuil pour s'y blottir, cachée par l'ombre de la pièce.

Dans la chambre, le sorcier libéré de ses liens s'était allongé sur le dos aussi doucement que possible. Le bras posé sur le visage, les yeux fermés, il respirait doucement en essayant de reprendre son souffle. L'énergie dépensée au cours de la scène dans la cuisine l'avait sérieusement fatigué, et les deux sorts reçus, plus sa chute, n'avaient rien arrangé.

Finalement, se redressant légèrement, il se déplaça en direction du lit, et saisit une fiole de potion d'énergie. Malgré la diminution rapide de son stock, il ne pouvait pas s'en passer. Pas plus qu'il n'avait pu s'en passer la veille pour ne pas avoir à avouer sa fatigue. Il resta immobile le temps qu'elle agisse, prit une gorgée d'anti-douleur, et se laissa retomber sur le sol.

Les mots de la jeune femme l'avaient douloureusement touché. Elle lui avait semblée si maîtresse d'elle-même pendant les années à Poudlard, qu'il n'avait pas imaginé un instant qu'elle réagisse ainsi, malgré sa réaction précédente.

Il remit son bras sur ses yeux, et tenta de comprendre comment les choses avaient pu tourner ainsi.

Un long moment s'écoula avant qu'il ne bouge à nouveau. Se relevant doucement, il ramassa la baguette et le sac, et se dirigea vers la porte. Peu désireux de perdre plus d'énergie encore, il s'astreignit à marcher lentement, et alla même jusqu'à faire une pause avant de descendre les escaliers.

Arrivé dans la cuisine, il observa la table du coin de l'œil, inexplicablement déçu de ne plus rien voir dessus, et se crispa en réalisant qu'il s'était déjà habitué au fouillis de papiers laissé par la jeune femme. Un autre regard lui montra que les caisses étaient toujours là, et un instant il fut tenté de faire ce qu'elle lui avait proposé. Aller à Poudlard et partir ensuite. Un léger bruit le tira de ses pensées et il se détourna des caisses.

- Winky ?

- Oui, Maître ?

- Ou est ta maîtresse, Winky ?

L'elfe, sortie de son coin se pencha devant lui en tremblant et hésita.

- Winky doit mener Maître Rogue à Poudlard, Maître.

- Je sais, mais avant cela, je veux savoir où est Miss Granger.

L'elfe trembla un peu plus, se recula autant qu'elle l'osait, et se redressa légèrement.

- Winky a vu Maître Rogue en colère. Winky a été une mauvaise elfe de maison, elle n'a pas protégé Miss Hermione.

Retenant un soupir, l'ex-mangemort se pencha vers l'elfe, cherchant à comprendre ce qui se cachait derrière cela, et réalisa brusquement que la créature aussi avait peur de lui, tout en cherchant à protéger celle qu'elle considérait comme sa maîtresse.

- Je ne suis plus en colère, et je ne lui ferai aucun mal. Maintenant dis moi ou elle est.

Après quelques secondes d'attente, la réponse lui parvint en un murmure.

- Dans le salon au premier étage, Maître...

Il prit son temps pour remonter l'escalier, autant pour se ménager que pour essayer d'organiser ses pensées, et s'immobilisa devant la porte du salon. Indécis devant l'attitude à avoir, il finit par ranger la baguette qu'il tenait toujours à la main, et ouvrit la porte doucement, mais sans chercher à être silencieux.

L'obscurité de la pièce le surprit, les autres étant baignées dans une légère lueur venant de l'extérieur, mais il n'osa pas jeter de sort pour éclairer l'endroit.

Après un moment, sa vue s'adapta et il parvint à distinguer la jeune femme, recroquevillée dans un fauteuil face à la porte. Il ne put voir sa baguette mais l'imagina sans mal pointée sur lui. Et le discours préparé ne réussit pas à franchir ses lèvres.

Pénétrant lentement dans la pièce, il s'appuya au mur et se laissa glisser au sol. Avant tout pour ne pas trop se fatiguer mais aussi pour éviter une nouvelle chute en cas de ligotage intempestif.

Après s'être installé, il plissa les yeux pour se concentrer, et, grâce à la lumière du couloir, réussit à voir que son ancienne élève tenait sa baguette sur ses genoux tout en serrant quelque chose contre elle. Un silence pesant s'installa, le mettant mal à l'aise, et il prit la parole sans réfléchir.

- Je suis désolé !

Pas un mouvement ne montra que la jeune femme l'avait entendu, mais après quelques minutes une chandelle s'alluma dans un coin de la pièce, l'éclairant lui tout en laissant le fauteuil dans l'ombre.

- De quoi êtes vous désolé, Professeur ? D'avoir agit comme un mangemort ou de vous être fait prendre à le faire ?

La question le fit grimacer, autant par ce qu'elle impliquait que par sa ressemblance avec celle qu'il avait lui-même posée après avoir découvert la carte des maraudeurs. Même l'ironie y était.

Soupirant légèrement, il appuya sa tête contre la cloison et fouilla dans sa mémoire, cherchant ce qu'elle avait répondu. Et c'est en haussant un sourcil sarcastique qu'il lui répondit.

- Techniquement je ne me suis pas fait prendre, Miss Granger. Mais disons pour les deux, sans oublier tout le reste.

Le silence qui suivit fut légèrement moins oppressant, tandis que chacun d'eux se demandait comment se comporter, et c'est finalement Rogue qui reprit la parole.

- Pourquoi n'êtes-vous pas partie ?

- Je ne savais pas ou aller...

Il distingua le haussement d'épaules qui avait accompagné la réponse et se pencha vers la jeune femme l'air perplexe.

- Je ne comprends pas. Les Weasley seraient prêts à vous accueillir non ? Ou vous pourriez aller à Poudlard ou rejoindre vos parents.

Un léger rire lui parvint, et il se crispa en percevant la tristesse qu'il recelait.

- Hélas non je ne peux pas les rejoindre. Et je ne suis pas attendue au Terrier ou à Poudlard. Alors revenir dans ces conditions, sans explications sur mon absence, risque d'être difficile. Autant attendre demain.

- Je vois. Et vous saurez quoi dire demain ?

- Je ne sais pas. Mais j'ai le temps d'y penser.

Il hocha la tête en silence, se demandant comment faire avancer les choses, et tressaillit quand elle reprit la parole.

- Et vous.. Pourquoi n'êtes-vous pas parti ? Vous en aviez l'intention non ?

- Je ne savais pas ou aller...

- Pardon ?

- Cela vous étonne ? Je n'ai nulle part ou aller vu la situation, Miss Granger. Mais vous devez bien vous en douter, à moins que votre coté Miss je sais tout n'ait pris des vacances.

La détonation qui retentit dans la pièce, accompagné d'une gerbe d'étincelle, le fit sursauter et il se raidit contre le mur en entendant ce que disait la jeune femme.

- Cessez vos sarcasmes !

Ils s'affrontèrent du regard un long moment avant que Rogue ne baisse les yeux vers la baguette pointée sur lui. Malgré le réflexe qui l'avait fait porter la main à la sienne, il ne l'avait pas sortie, peu désireux d'engager un combat.

Après quelques minutes, il se détendit légèrement en voyant la baguette se détourner de lui et reposa sa tête contre la cloison en fermant les yeux.

- Pourquoi êtes vous resté ? Vous devez bien avoir une raison non ? Ou aviez-vous envie de me faire profiter de vos réflexions acerbes une dernière fois ?

Il soupira intérieurement, cherchant une réponse qui conviendrait à la jeune femme, avant de pester en constatant que rien ne conviendrait à part la franchise, qui n'avait pas eu le résultat espéré quelques minutes auparavant. Sans rouvrir les yeux il se força à répondre.

- Je vous l'ai dit : je n'ai nulle part ou aller. De moins sans risque pour moi.

- Je vois. Et pour éviter ce problème, vous vous êtes dit que vous pouviez bien essayer de me manipuler encore un peu, histoire de rester ici ?

L'ironie de cette phrase montra à Rogue que la jeune femme avait effectivement mis sa menace de la veille à exécution. Et qu'elle pouvait être sarcastique elle aussi lorsqu'elle le souhaitait. Un instant il envisagea de se lever pour partir, mais dès qu'il fit un mouvement pour se redresser, Hermione murmura un sort, fermant la porte dans un claquement sec.

La colère commença à l'envahir et il passa une main sur son visage, en essayant de contrôler la magie qu'il sentait s'accumuler autour de lui, augmentant l'atmosphère oppressante de la pièce.

- Je n'ai pas de réponse courtoise à vous offrir, Miss Granger. Je n'ai pas brusquement changé à la minute ou je suis revenu à la vie. Et si vous esperez le contraire, vous pouvez directement rouvrir la porte car ça ne sers à rien.

Il attendit patiemment le déclic lui indiquant que la porte avait été déverrouillée, et ne l'entendant pas venir, finit par jeter un coup d'œil vers le fauteuil, cherchant à distinguer le visage de la jeune femme installée dedans.

- Qu'espérez-vous Miss Granger ?

Un simple haussement d'épaule, à peine perceptible, lui répondit.

Il ne put s'empêcher de lever les yeux au ciel devant cette réaction et dut faire appel à toute sa volonté pour ne pas se laisser aller au sarcasme. Devant le silence qui s'installait, il ne put que se résoudre à attendre, et referma les yeux.

- Savez-vous ce qu'est la considération, Professeur Rogue ?

- Il me semble qu'Albus m'ait fait plusieurs discours à ce sujet au cours des années.

Sa réponse était venue sans qu'il y réfléchisse, mais il se crispa en réalisant ce que la question impliquait. Le déclic de la porte le sortit de ses pensées, et il se tourna vers le battant en mouvement en affichant un air suspicieux. Après une hésitation, et un dernier regard vers la forme dans le fauteuil, il se releva lentement et quitta la pièce, pas plus avancé qu'en y entrant.

Arrêté devant l'escalier, il réfléchit à la scène, et se crispa en comprenant réellement ce qui venait de se passer. Pour une fois dans sa vie quelqu'un venait de lui offrir un choix. Biaisé certes vu les options, mais il avait néanmoins le choix.

Les yeux fixés sur les marches, plongé dans ses pensées, il essaya d'anticiper la suite avant de finalement hausser les épaules en faisant demi-tour.

Une fois à l'intérieur, il redressa un fauteuil, grimaçant en voyant l'assise éventrée et tira sa baguette pour le réparer. Avant de s'interrompre en voyant que c'est déjà fait, et que l'auteur de cette réparation le dévisageait d'un air narquois.

- Vous êtes pire que Dumbledore, marmonna l'ancien professeur de potion en s'asseyant.

- Oh ! Vous savez faire des compliments, Professeur ? Je suis impressionnée.

- Ce n'était pas... Merlin ! Miss Granger !

Serrant les dents pour se maîtriser, l'ex-mangemort foudroya la jeune femme du regard alors qu'elle esquissait un sourire.

Après un moment passé à reprendre son calme, il haussa un sourcil sarcastique et reprit la parole.

- Alors ? Pas de discours sur la considération finalement ?

- Non !

- Ah ?

- Soit vous avez compris, et c'est ce qui vient de vous faire revenir, soit vous n'avez pas compris et un discours ne servirait à rien.

Un léger rire échappa à la jeune femme lorsqu'elle perçut le regard noir posé sur elle et elle se redressa légèrement en essayant de cacher son sourire amusé.

- Admettons que j'ai compris... et après ?

- Après ? Je ne sais pas. Ca dépend de vous, Professeur. Peut-être avez-vous besoin de quelque chose ?

Il lui lança un autre regard furieux et se renfonça dans son fauteuil en sentant la colère le gagner. La jeune femme le manipulait comme Albus l'avait fait et il détestait cela plus que tout. Il sentit sa magie s'accumuler, et avant qu'il ne puisse réagir et tenter de se calmer, une détonation retentit dans la pièce, suivie de plusieurs autres s'enchaînant de plus en plus vite. Il inspira profondément en sentant l'atmosphère de la pièce redevenir respirable, et se tourna pour observer ce qu'il avait détruit. De nombreux bibelots juste cassés auparavant étaient désormais réduits en poudre.

Se réinstallant normalement il étouffa un grognement en constatant que la jeune femme n'avait même pas tressaillit et se prépara au pire en la voyant ouvrir la bouche.

- Peut-être aimeriez-vous de l'aide afin de maîtriser votre magie ? A moins que vous ne préfériez essayer seul tout en cherchant ce qui a pu vous arriver.

Se retranchant dans un silence rageur le sorcier s'enfonça un peu plus dans son fauteuil, cherchant comment attaquer, et finit par dévisager la sorcière en haussant un sourcil, bien décidé à commencer par son coté Gryffondor.

- Savez-vous à quel point votre technique est déplaisante Miss Granger ? Cela m'étonne de vous.

- Oh ! Vraiment ?

Il jubila intérieurement en la voyant cesser de sourire, et se prépara pour la suite, mais elle le devança.

- Vous êtes donc meilleur professeur que je ne le pensais dans ce cas.

La constatation qu'elle venait là aussi de le manipuler le laissa sans voix. Et la vue du sourire narquois s'affichant à nouveau sur son visage, le conforta dans son ressentiment. Mais alors qu'il s'apprêtait à se lever, un geste de sa part le fit hésiter.

Il observa le visage redevenu sérieux de la jeune femme, et croisa son regard.

- Professeur... Après ce que vous avez fait, il n'est pas question de vous refaire confiance aussi naïvement que je l'ai fait. Donc vous devez choisir, soit vous avez besoin d'aide et vous le dites, soit vous vous débrouillez. Mais si vous restez, oubliez toute envie de me manipuler.

Décidant que finalement sa première impulsion était la meilleure chose à faire pour ne pas dévaster à nouveau la pièce, l'ex-mangemort se leva brusquement quittant la pièce en faisant voler ses robes derrière lui. Quelques pas lui permirent de rejoindre la chambre et il se laissa tomber sur le lit, encore ahuri, et surtout furieux, du retournement de situation.

Et après plusieurs minutes passées à tenter de reprendre son calme, il se résolut à tendre la main vers les flacons toujours près du lit, buvant rapidement une gorgée de potion calmante avant d'enchaîner sur une d'énergie.

Le regard fixé sur les fioles, il se demanda, l'espace d'un instant, combien de temps il tiendrait ainsi, sachant très bien que la consommation régulière diminue les effets des potions, avant de se détourner. L'urgence n'était pas là.

Un peu plus calme, il se remémora ce qui s'était passé durant les dernières heures, depuis le réveil aux aurores jusqu'a sa venue ici et soupira légèrement. Il avait comparé la jeune femme à l'ancien directeur de Poudlard, mais elle avait plutôt agit comme une Serpentard, le menant ou elle voulait qu'il aille, au lieu d'attendre que cela se produise. D'ailleurs elle avait presque admis s'être inspirée de lui.

- Non, pas presque, elle l'a reconnu !

Le son de sa voix le fit tressaillir, et il surveilla la porte, vérifiant qu'elle n'était pas venue, avant de replonger dans ses pensées. En jubilant intérieurement d'avoir pu lui apprendre quelque chose, contrairement aux cours de potions. Réalisant brusquement qu'elle n'était peut-être pas si naïve que ça, ni aussi Gryffondor qu'il le pensait, il commença à envisager de lui demander son aide même si cela allait contre tous ses principes. Elle avait réussi à le manipuler, et la fatigue qu'il ressentait ne diminuait en rien ce fait.

Il lui restait juste à trouver comment en dire le moins possible tout en ayant son aide. Et ça, ce serait sûrement le plus difficile après la scène de ce matin.

Rogue repensa brièvement à la scène de la veille, au visage ébahi de la jeune femme en recevant son livre, et sourit en coin. Des attentions, pensa t'il avant de déchanter en réalisant que cela devrait s'accompagner de considération.

Il soupira une nouvelle fois, hésita également, et finit par se lever. Au moment ou il passa la porte, il pensa brusquement à un moyen de calmer les choses. Descendant lentement à la cuisine, il récupéra un pot à onguent dans l'une des caisses ramenées de chez lui, faisant au passage un signe à l'elfe qui le guettait, et remonta en pestant contre les escaliers de cette maison.

Arrivé à la porte, il eut une dernière hésitation et inspira profondément avant de se recomposer un masque impassible et d'entrer dans la pièce. Il marqua un temps d'arrêt en voyant que plusieurs bougies étaient allumées, baignant l'endroit d'une lumière douce, et posa ses yeux sur la jeune femme qui venait de lever la tête vers lui. Son retour l'avait apparemment interrompue dans sa lecture, mais elle ferma lentement son livre et le glissa entre elle et ses jambes, qu'elle tenait toujours repliées contre elle. La méfiance était clairement visible dans ses yeux et il fit attention à s'approcher lentement, pour ne pas recevoir de sorts.

- Montrez-moi vos poignets, Miss Granger !

Hermione se renfonça dans son fauteuil, ne bougeant que pour serrer les doigts autour de sa baguette et il peut apercevoir l'éclat de crainte passant dans son regard. Réalisant que son ton était plus sec qu'il ne l'avait voulu, il chercha comment rattraper cela et recula d'un pas.

- Je vois... Je présume que j'aurai pu m'en douter. Donnez-moi au moins l'une de vos mains.

Devant l'absence de réaction, il ne put se maîtriser et leva les yeux au ciel.

- Miss Granger ! Montrez-moi l'un de vos poignets, et gardez votre baguette dans l'autre main si ça vous amuse, mais je veux juste vous soigner.

L'air méfiant n'avait pas disparu mais la jeune femme se redressa légèrement, observant le pot qu'il lui montrait, et finit par tendre le bras gauche, exposant son poignet marqué de traces sombres.

Elle ne put s'empêcher de tressaillir lorsqu'il effleura son poignet, appliquant doucement la crème mais finit par se détendre en constatant qu'il faisait aussi doucement que possible. Levant les yeux vers lui, elle se demanda quelle était finalement sa décision, tout en observant son visage qui ne montrait aucune trace d'émotion.

Finalement elle croisa son regard lorsqu'il leva à son tour les yeux vers elle, et ils restèrent ainsi plusieurs secondes, chacun cherchant à comprendre l'autre.

- Votre autre main, Miss Granger.

Elle détourna les yeux en l'entendant. Sa voix était plus douce que d'habitude et après avoir fait passé sa baguette d'une main à l'autre, elle lui tendit son poignet, observant les bleus qu'il recouvrait d'onguent. La chaleur se répandant sur ses bras l'apaisa légèrement et elle était un peu moins méfiante quand elle regarda son ex-professeur s'installer dans le fauteuil qu'il avait précipitamment quitté un peu avant.

Mais elle se raidit devant le regard inquisiteur, attendant le probable retour de bâton de sa part.

- Vous aviez raison...

Hermione sentit sa bouche s'ouvrir en entendant cela, mais se retrouva incapable de contrôler sa réaction. Ne s'attendant pas à une telle remarque, elle n'avait rien anticipé, et le montrait bien plus qu'elle ne l'aurait voulu.

- Fermez donc la bouche, Miss Granger ! Vous ne m'avez pas vraiment donné beaucoup d'options. Et l'une d'entre elle ne me convient pas du tout. Je pense d'ailleurs que vous vous en doutiez.

Se forçant à réagir la jeune femme hocha lentement la tête, encore ahurie devant la situation, mais resta silencieuse.

- Bien ! Donc puisque je me dois de le dire, j'ai besoin de votre aide. Est-ce cela que vous vouliez entendre ?

La question ironique de la fin la tira de sa torpeur et elle lui lança un regard chargé de colère.

- Ca ne sers à rien si vous ne le pensez pas, Professeur !

- Ne mélangez donc pas les choses ainsi, lui répliqua t'il d'un ton acide. Les faits sont là, je ne peux rien changer à cela. J'ai besoin de votre aide, c'est un fait avéré. Mais je n'apprécie pas cela, et ça, vous ne pouvez rien y changer.

Il l'observa alors que son visage s'empourprait et elle détourna brusquement la tête. Il avait fait ce qu'elle souhaitait, en demandant son aide, mais de façon désobligeante, la rabaissant une nouvelle fois. Et elle avait de moins en moins envie de l'aider.

- Comprenez-moi bien, Miss Granger, ce n'est pas demander votre aide en particulier qui me dérange. C'est la situation elle-même. Et ce d'autant plus que nous ne savons pas combien de temps cela durera. Enfin, et ce n'est pas le moins grave, regardez comment les choses se sont passées aujourd'hui et hier.

Elle l'écouta attentivement, douloureusement consciente que la cohabitation serait difficile, sûrement plus pour elle que pour lui, et posa les yeux sur ses poignets. Après un long moment de réflexion, elle finit par le regarder de nouveau.

- Je sais. Mais nous n'avons pas vraiment le choix.

- Bien sur que si vous avez le choix !

- Non, ce n'en est pas un, répliqua t-elle en grimaçant. Vous pouvez appeler ça mon coté Gryffondor si vous voulez, mais je ne peux pas juste partir. Nous pouvons juste faire au mieux, en faisant des efforts.

Elle soutint son regard quelques instants avant de se renfoncer dans son fauteuil. Mais elle sentit qu'il continuait de l'observer.

- Oui, je crois que nous pouvons essayer de faire au mieux. Tout comme je peux vous promettre d'essayer de ne plus vous blesser. Ce qui, associé à votre manque de confiance, devrait vous protéger.

Hermione se contenta de hocher la tête à nouveau et un silence pesant s'installa, accompagné d'un sentiment de tension passablement oppressant, pendant que chacun réfléchissait à la situation. Cela dura un long moment avant qu'elle ne glisse un regard au sorcier. Croiser son regard la fit tressaillir mais elle ne se détourna pas et petit à petit la tension dans la pièce diminua. Pour une fois, ils ne s'étaient pas affronté du regard, ils s'étaient juste observés, cherchant à s'accepter suffisamment pour travailler ensemble. Et ils sentirent tous deux qu'ils en étaient capables même des heurts étaient inévitables.

- Me montreriez-vous vos poignets ?

Après une hésitation, la jeune femme déplia ses jambes, posant le livre sur ses genoux, puis sa baguette, et tendit les bras, une expression méfiante sur le visage.

Le sorcier l'observa, notant sa crispation, et pris garde à ne bouger que lentement pour se pencher à son tour, et badigeonner de nouveau ses bleus d'onguent.

- Ca devrait mettre un jour ou deux à disparaître. D'ici là, je vous soignerai régulièrement.

- D'accord.

Elle bougea précautionneusement ses mains, souriant de voir que la douleur s'était vraiment atténuée et se redressa.

- On pourrait peut-être en profiter pour aller à Poudlard ? Pendant que l'onguent fait effet.

Devant le silence de son compagnon, elle glissa un regard dans sa direction, et surprise de le voir hésiter, resta assise au lieu de se lever, ne sachant si elle devait l'interroger. Mais il sembla prendre une décision en voyant son regard surpris et curieux.

- Il faut que nous parlions de Potter !

Ne s'attendant pas à cela, elle le regarda d'un air encore plus surpris qu'avant, notant avec méfiance son sourire satisfait et ironique.

- Harry ? Mais pourquoi ?

- Vous devez aller le voir non ? C'est bien ce qu'il vous demandait dans son courrier ?

- Oui au terrier demain. Mais parler de cela peut attendre ce soir vous ne croyez pas ?

- Non !

Elle soupira d'exaspération devant celui qui agissait encore de façon si abrupte et se pencha en avant.

- Professeur, soit vous vous expliquez rapidement, soit nous allons à Poudlard.

Ils s'affrontèrent du regard quelques instant et il repris la parole.

- Potter doit voir le ministre ce soir. Et vous devez le voir avant cela. Sinon qui sait ce qu'il racontera.

L'explication la laissa interloquée, et elle réfléchit rapidement pour comprendre ce qui motivait une telle réflexion. Et il ne lui fallut pas longtemps pour comprendre. Se renfonçant dans son fauteuil, elle s'absorba dans la contemplation du mur, bien décidée à ne pas en parler la première.

- Vu votre expression, je pense que vous avez compris où je veux en venir. Vous devez lui parler de Drago.

Entendre ce nom la fit soupirer de nouveau, et elle ne put que lever les yeux au ciel, faisant involontairement une parfaite imitation de son ancien professeur. Et celui-ci se retrouva un instant réduit au silence par cette simple expression. Fronçant les sourcils pour cacher sa première réaction, il patienta le temps que la jeune femme le regarde de nouveau et reprit la parole en essayant de rester calme.

- Miss Granger... Potter lui-même a mentionné que vous deviez en parler entre vous. Et vous m'avez déjà dit ce qu'il avait fait.

Le regard noir qu'elle lui lança le refroidit et il s'efforça d'adoucir le ton de sa voix.

- Je sais que ce que j'ai fait est impardonnable, mais je ne peux pas revenir en arrière. Néanmoins je vous demande de m'écouter.

Il patienta, bien décidé à manœuvrer comme il le fallait pour qu'elle accepte cela, et attendit de la voir se tourner vers lui.

Après plusieurs minutes, alors qu'il pensait devoir reculer, elle lui répondit d'un ton las.

- Vous écouter seulement...

- Bien ! Si Potter raconte ce soir ce qui s'est passé entre vous et Drago, il ne pourra pas revenir en arrière. Et s'il le fait comme je le pense, Drago risque de passer sa vie à Askaban en compagnie de son père.

Incapable de s'en empêcher, Hermione le contredit sans même y penser :

- Harry à dit qu'il voulait en parler avec nous. Pourquoi raconterait-il ça avant à Kingsley ?

- Parce qu'il n'aura pas le choix. Pensez-vous vraiment qu'il pourrait se présenter dans deux ou trois jours au ministère en disant avoir oublié quelque chose d'aussi grave concernant les Malefoy ?

La logique de ces questions l'interpella, et elle pris le temps de réfléchir un peu plus attentivement à la situation. Après un moment de silence, elle soupira une nouvelle fois, et reporta les yeux sur son interlocuteur.

- Et qu'espérez-vous de cette discussion ?

Le sorcier pris son temps avant de répondre, cherchant les meilleurs mots avant de se décider.

- Et bien... Peut-être pourriez-vous envisager de lui offrir une seconde chance et un avenir ?

- Mais... mais... il doit être puni !

La demande l'avait heurtée, la faisant bafouiller, et elle se leva sans y penser pour parcourir la pièce.

- Et il aura un procès, Miss Granger. Il est connu pour être un mangemort désormais, et sera jugé comme tel. Cependant votre position, à Potter et à vous, fera pencher la balance. Si vous l'accusez d'avoir voulu vous tuer pour livrer Potter au seigneur des ténèbres, son destin est scellé. Si vous ne le dites pas, il a une chance d'avoir un avenir.

- Je vois ! Et vous trouveriez ça normal de passer ce qu'il a fait sous silence ? Pour son avenir ? Et le nôtre alors... Il a voulu nous tuer, Ron et moi ! Et il a voulu tuer Harry en le livrant.

- J'en suis parfaitement conscient, répondit Rogue d'une voix basse. Mais les gens peuvent changer. J'ai eu une deuxième chance, et apparemment même une troisième aujourd'hui. Est-il donc si impensable d'offrir la même chose à quelqu'un de votre age ?

En remarquant que la jeune femme venait vers lui, il s'interrompit mais en voyant l'expression qu'elle arborait, il s'empressa de continuer.

- De plus, cela pourrait être avantageux pour vous, en montrant la magnanimité de Potter et la votre. Sans compter qu'il aurait une dette de sorcier envers vous.

- Je n'en ai rien à faire de ça ou de n'importe quel avantage. Vous m'en demandez bien trop, Professeur, Malefoy doit assumer ses actes, c'est tout !

- Miss Granger, je vous demande seulement d'en parler avec Potter cet après-midi, et de repenser à ce que je viens de vous dire. Pas plus.

Cette dernière phrase, prononcée d'un ton apaisant, était tellement à l'opposé de son attitude habituelle qu'Hermione se retrouva réduite au silence. Elle reprit sa marche dans la pièce, cherchant à refuser avant de repenser à la lettre de Harry, réalisant à cet instant seulement ce qu'il avait dit à propos des Malefoy.

- D'accord, je retournerai à Poudlard parler à Harry aujourd'hui. Mais je le fais pour Harry, pour qu'il soit préparé pour la discussion de ce soir, pas pour Drago.

- Cela me convient !

Elle s'était arrêtée devant les bibelots réduits en miette un peu plus tôt, les contemplant les sourcils froncés, et sursauta en entendant la voix de l'ancien mangemort juste derrière elle. Se retournant d'un mouvement brusque, elle le dévisagea, soulagée qu'il se tienne à quelques pas d'elle, et se redressa inconsciemment devant son regard.

- Bien ! Je suis ravie de voir que, pour une fois, je vous satisfais. Maintenant on pourrait peut-être y aller ?

Elle passa devant lui, vérifiant tout de même qu'il ne faisait aucun mouvement menaçant, et s'avança vers le palier.

Une dizaine de minutes plus tard, un craquement résonna dans l'une des pièces du sous-sol de Poudlard. Hermione ne put s'empêcher de regarder autour d'elle avant de sourire à l'elfe qui les avait emmenés là.

- Merci Winky.

Elle avait soigneusement étudié la carte des Maraudeurs avant de demander à l'elfe de les emmener, et transportait même la cape d'invisibilité avec elle, mais seul le silence des lieux l'avait rassurée.

Un bruit soudain la fit sursauter, mais son demi-tour ne lui montra que son ancien professeur, s'attaquant au tri des livres sans même un regard pour elle. Après une hésitation, elle sortit de son sac les caisses qu'elle avait amenées, et leur redonna leur taille. Mal à l'aise dans ces appartements, elle ne sut comment participer et finit par simplement s'approcher.

Lorsque Rogue lui tendit une pile de livres, elle ne put s'empêcher de sourire. Finalement, s'ils ne se parlaient pas, les choses se passaient plutôt bien.

Il leur fallut près de deux heures pour trier et emballer les livres à emmener, tout en les remplaçant par ceux récupérés la veille. Hermione avait régulièrement vérifié si les cachots restaient sans visiteurs, et elle soupira en fermant la dernière caisse.

Mais en voyant le sorcier s'éloigner pour rejoindre une autre pièce, elle se crispa, se demandant s'il restait des livres.

- Professeur ?

- Restez dehors, Miss Granger, je prends mes affaires personnelles.

Se penchant dans l'encadrement de la porte, la jeune femme observa la chambre, ahuri de l'impression de confort qu'elle dégageait, et resta prudemment à l'extérieur. Mais, même de là où elle se trouvait, elle parvint à distinguer les vêtements suspendus dans le placard, quelques chemises blanches, et un flot de tissu noir. Détournant les yeux, elle remarqua l'elfe qui s'était également approchée, apparemment partagée entre curiosité et contrariété de n'avoir pu aider.

- Tu tombes bien Winky, récupère tout ce qu'il y a dans la salle de bain tu veux bien ? Ca gagnera du temps.

Elle n'avait pas réfléchi avant de demander cela, mais s'inquiéta dès qu'elle vit l'elfe partir dans la direction de cette pièce. Jetant un coup d'œil suspicieux à son professeur, elle fut soulagée de voir qu'il ne l'avait pas entendue, et emballait une partie de ses affaires.

- Miss Hermione, Winky a tout ramené.

La voix aiguë la fit sursauter, et elle se retourna brusquement, avant d'observer ce que lui tendait l'elfe de maison. Totalement ahurie, elle se pencha vers les objets, effleurant l'unique savon du regard avant de s'intéresser à l'autre.

- Du fil dentaire de chez Honeydukes...

Sans se rendre compte qu'elle avait murmuré ces mots, Hermione regarda autour de Winky, cherchant d'autres affaires, avant de reposer les yeux sur la créature.

- C'est tout ?

- Oui Miss Hermione. Winky a cherché dans toute la salle de bain mais Winky n'a trouvé que ça.

- Granger !

Le hurlement venant de la chambre la terrifia et elle s'éloigna précipitamment de la porte, mettant autant de distance que possible entre elle et son ancien professeur.

- Comment osez-vous vous mêler de mes affaires ?

- Je suis désolée. Et Winky aussi !

Elle avait ajouté ces mots en voyant le regard noir s'abaisser vers l'elfe, et sans réfléchir, elle revint sur ses pas, récupéra le savon et le fil dentaire avant de se placer entre Winky et Rogue. Tour en tendant les objets à leur propriétaire, en s'efforçant de cacher ses craintes, elle tenta de prendre la parole pour s'expliquer.

- Suffit ! Laissez-moi finir ça en paix, j'arrive !

Il lui arracha ses affaires des mains, et elle se retrouva face à une porte close, sans avoir pu ajouter un mot.

Elle patienta peu de temps, essayant de calmer l'elfe, persuadée d'avoir fait une bêtise, et lui jeta un coup d'œil en coin lorsqu'il rouvrit la porte. L'expression désagréable qu'il arborait l'incita à garder le silence, et lorsqu'il se tourna vers elle, elle fit signe à Winky de les ramener.

A l'arrivée au square Grimmaurd, Hermione se dépêcha de sortir les caisses remplies dans les cachots, les entassant dans la cuisine à-coté de celles qui restaient de leur expédition de la veille et décida brusquement de repartir pour Poudlard.

Mais elle ne pouvait le faire sans calmer un peu les choses.

- Professeur, si vous voulez reprocher ce qui s'est passé à quelqu'un, c'est à moi. Winky n'a fait que m'obéir.

- Winky tu n'as rien fait de mal, donc tu peux arrêter de trembler. Et cet après-midi tu obéis au professeur Rogue d'accord ? Et s'il y a le moindre problème, tu l'emmènes à l'abri et tu me préviens.

Croisant le regard furieux du sorcier, elle haussa un sourcil et se dépêcha de continuer avant qu'il n'explose de nouveau.

- Et maintenant je retourne à Poudlard. Voir Harry ! A ce soir !

Partagée entre l'envie de rire, et la crainte d'un nouveau hurlement, elle quitta la cuisine en courant, sentant son sac ballotter contre elle, et se précipita à l'extérieur de la maison. Le soleil qui l'éblouit lui fit prendre conscience de l'heure tardive, et son estomac protesta bruyamment contre l'absence de repas, la faisant penser à Ron. Et à Harry.

Sans perdre plus de temps elle ferma les yeux pour transplaner.

A son arrivée, la pluie fine mouillant son visage la fit sursauter et elle leva la tête en direction du ciel gris. Le temps s'était adapté à la tristesse qui régnait ici. Poudlard se dressait devant elle, et elle observa le portail un instant avant de s'avancer dans l'allée pour rejoindre le château.