Elialys : je confirme, j'ai à nouveau rougit lol. Merci pour tout ces compliments en tout cas. Je suis vraiment ravie de voir que tu apprécie autant cette histoire :D Pour ta gentille proposition de me relire, je vais y réflechir. Mais j'ai beaucoup de mal à soumettre un texte à relecture à quelqu'un avant de le mettre en ligne, donc je ne sais pas trop. Mais je vais y penser. Et puis si tu souhaites discuter, n'hésite pas à me contacter entre 2 chapitres.
Nightshad : Merci :) de tes compliments et de ta réponse concernant Rogue :)
Maude : voila tu es exaucée, la suite est la :) Contente de voir que toi aussi tu me confirmes que je ne trahis pas l'esprit "Rogue"
Cixy : je suis ravie que ca te plaise :) Merci de ton message et joyeuses fêtes à toi aussi.
Joyeuses fêtes à vous tous et toutes d'ailleurs. Je suis un peu en retard pour souhaiter un joyeux Noel mais le coeur y est. Et j'en profite pour déposer ce chapitre en cadeau :D
J'espère qu'il vous plaira autant que les précédents. Bonne lecture, et bonne et heureuse année à vous.
Son pas ralentit progressivement alors qu'Hermione avançait vers le château et elle finit par s'arrêter complètement. Elle n'avait pas réfléchi à ce qu'elle pourrait dire à Harry en arrivant, que ce soit concernant sa venue ou au sujet de son absence des derniers jours, et commençait à s'inquiéter.
Mais alors qu'elle observait Poudlard, tout en cherchant une explication valable, une voix attira son attention. Se tournant vers le lac, elle aperçut une silhouette en train de danser sous la pluie. La chevelure blonde qui s'agitait, et les mouvements un peu désordonnés, la firent sourire et elle se dirigea vers elle. Luna ne cessa pas de danser ni de chanter en la voyant, se contentant de sourire plus largement, et elle patienta silencieusement en la regardant.
Après un moment la jeune blonde ralentit sa danse et s'immobilisa devant Hermione.
- Veux-tu danser aussi Hermione ? La pluie chante ses secrets, et elle aime nous faire danser.
Le regard amusé, la jeune femme détailla celle qui lui faisant face, notant que ses cheveux humides collaient sur son visage, et secoua la tête en souriant un peu plus largement.
- Merci Luna mais non. Je ne crois pas être faite pour danser sous la pluie.
- Oh ! Tu as tort, tu pourrais entendre les murmures du vent si tu dansais. Il révèle tout ce qu'il sait à qui veut bien écouter.
Un petit rire échappa à la jeune fille, et elle repartit danser en chantonnant sans se préoccuper plus longtemps d'Hermione. Cette dernière secoua la tête, se demandant ce que pouvait imaginer la sorcière en dansant ainsi, et se tourna pour rejoindre le château alors qu'une bourrasque de vent la cinglait. Mais les quelques mots murmurés par Luna la figèrent sur place.
- Ils ont sauvé la destinée d'un homme condamné...
Faisant brusquement demi-tour, un air choqué sur le visage, Hermione s'approcha de Luna en quelques pas et saisit le bras de la jeune femme immobile.
- Luna ? Que viens-tu de dire ?
- Les mots du passé, le chant du vent. N'entends-tu donc pas lorsqu'il s'exprime ?
- Voyons Luna, le vent ne parle pas, tu le sais bien ! Et de quel chant parles-tu ?
- Mais si je t'assure, il parle et je l'écoute. Il raconte les évènements passés, murmurant sans fin, jusqu'a ce qu'on l'entende et qu'on s'y intéresse.
Hermione soupira, lâchant le bras de la jeune sorcière, et se passa une main sur le visage, autant pour essuyer la pluie qui coulait sur ses joues que pour se calmer. Après quelques instants elle décida de ne pas insister plus au sujet du vent, pour essayer de comprendre de quoi parlait la jeune fille.
- D'accord, si tu le dis. Et de quel chant parlais-tu ?
- Le chant des fondateurs. Ma mère me le chantait quand j'étais petite, elle disait qu'un jour, grâce à lui, les fondateurs reviendraient pour. Mais beaucoup de gens ont essayé de le chanter par le passé, et il n'a jamais marché pour personne.
- Et la le vent l'a chanté ?
- Oh non, ça ne fonctionne pas ainsi Hermione. J'entends et je chante, mais les mots dits ne sont pas toujours ceux entendus.
Hermione se concentra pour essayer de comprendre les propos de la jeune fille, réfléchissant aux implications de tout cela, mais avant qu'elle n'ait pu poser d'autres questions un cri retentit près du château.
Mais tandis qu'elle pestait contre celui qui s'apprêtait à les interrompre, elle reconnut Harry, qui courait vers elles. A son arrivée, elle vacilla légèrement sous le choc de son étreinte avant de soupirer et de sourire.
- Hermione, qu'est-ce que tu fais là ? Ca me fait tellement plaisir de te voir, tu sais... Luna ton père est arrivé, il t'attend dans le hall.
- Merci Harry, on se voit après-demain alors. Au revoir Hermione.
- Luna ! Attends, tu n'as pas fini tes explications...
Mais la jeune femme ne ralentit pas sa course, et Hermione perçu juste quelques mots de la chanson qu'elle chantonnait.
S'affalant dans les bras de son ami, la jeune femme soupira de désappointement, ne se redressant qu'en entendant les appels inquiets du jeune homme.
- Ce n'est rien Harry, juste.. Et bien Luna m'expliquait quelque chose et elle n'a pas fini. Mais je lui demanderai après-demain. Et il y a plus important : comment vas-tu toi ?
Se redressant lentement, elle s'efforça de sourire, repoussant ses interrogations dans un coin de son esprit pour se consacrer à son compagnon.
- Et bien... Ca va plutôt bien compte tenu des circonstances. Mais ça ira mieux ce soir quand je pourrai rejoindre Ron et sa famille, et les soutenir.
Son visage se ferma en pensant à ce qu'il devait faire le lendemain mais il esquissa un sourire triste devant le regard inquiet de la jeune femme.
- Je repensais à Remus et Tonks, et Fred aussi. On doit les veiller ce soir et demain.
Fermant les yeux, il se concentra pour ne pas pleurer, resserrant inconsciemment son étreinte sur Hermione. Après plusieurs minutes, il parvint à rouvrir les yeux et la libéra en reculant d'un pas.
- Viens, on va s'abriter.
La tirant par la main, il l'entraîna vers la cabane de Hagrid, courbant le dos sous la pluie qui s'intensifiait, et après quelques minutes de course, ils purent se mettre à l'abri.
- Alors... Comment vas-tu Hermione ? Et comment se passe ton installation au QG ?
Harry avait commencé à la questionner tout en ravivant le feu et elle ne put que s'installer à table en réfléchissant à la meilleure réponse à fournir.
- Et bien... Ca va plutôt bien aussi. Et l'installation a été rapide. D'ailleurs j'ai nettoyé et rangé la cuisine pour fêter le retour de ma baguette.
Un sourire s'était épanouit sur son visage alors qu'elle prononçait ces mots, et en croisant le regard stupéfait de Harry elle ne put s'empêcher de pouffer de rire.
- Ne me regarde pas comme ça voyons, elle en avait bien besoin d'ailleurs, ajouta-t-elle alors que son sourire s'estompait. Je suis désolée Harry, mais apparemment les mangemorts ont tout saccagé quand ils ont trouvé la maison. Cependant la bonne nouvelle, c'est qu'ils ont réussi à détruire le tableau de la mère de Sirius.
L'expression incrédule de Harry la fit sourire de nouveau et elle l'invita à s'asseoir en face d'elle.
- Ne fait pas cette tête voyons, c'est vrai tu sais, le tableau a été réduit en miettes.
- Elle n'est plus au QG...
Le ton du jeune homme exprimait sa surprise mais son sourire montra sans doute possible son plaisir. Mais il s'écoula peu de temps avant qu'il n'affiche une expression inquiète.
- Mais... Et la maison, elle est très abîmée ? Ils ont tout détruit ?
- Malheureusement, ils ont tout dévasté. Il faudra beaucoup de ménage, et tu devras probablement racheter pas mal de meubles.
- Bha... Je ne crois pas que j'aurai gardé grand chose de toutes façons. Et puis si tu as nettoyé la cuisine, c'est déjà pas mal. Et ça me suffira au départ si je m'y installe. Mais quand même ça m'inquiète de te savoir la-bas toute seule.
Hermione s'attendait à cette remarque mais l'entendre si tôt dans la conversation la prit au dépourvu et elle se mordilla les lèvres en rougissant. Un simple coup d'œil à Harry lui montra que sa réaction n'était pas passée inaperçue et elle se sentit contrainte de s'expliquer, remerciant mentalement Winky pour sa présence au square Grimmaurd.
- Et bien en fait... Je ne suis pas tout à fait seule tu sais. J'ai emmené Winky avec moi. Tu te souviens ? L'amie de Dobby.
- Winky ? Mais... Mais... Et la SALE ? Je croyais que tu voulais que les elfes soient libres ?
- Mais elle est libre Harry ! Enfin je crois, normalement...
La jeune femme s'emmêla dans ses explications, plus vraiment sure de ce qui s'était passé avec Winky dans la cabane, et tenta de se reprendre.
- Je lui ai demandé de m'accompagner et de m'aider. Et normalement elle est toujours libre.
Mais je lui demanderai ce soir. Simplement je ne voulais pas être complètement seule.
Elle finit par se taire, baissant la tête pour cacher son malaise et se tendit en entendant Harry reprendre la parole.
- Pas de soucis Hermione, je comprends. Et je suis content que Winky soit avec toi, ça me rassure de le savoir.
Le jeune homme eut une hésitation, et après quelques secondes de silence, décida de poser la question qui le taraudait.
- Tu me le dirais si tu avais des problèmes Hermione, n'est ce pas ?
- Oh Harry ! Evidemment. Mais je t'assure ça va. Je devais juste m'éloigner un peu.
- D'accord, d'accord, je n'insiste pas. Mais promet moi que tu m'expliqueras un jour.
Esquissant un sourire, la jeune femme releva la tête pour croiser son regard.
- c'est promis ! Mais en attendant si tu pouvais... Ne pas en parler à Ron... ça m'arrangerait.
Elle avait baissé la voix en prononçant ces derniers mots, gênée à l'idée de se servir de Harry pour éviter celui qu'elle considérait désormais comme son petit ami, et détourna les yeux en attendant la réponse.
- Je ne sais pas s'il acceptera longtemps de rester à l'écart. Hier déjà il était très mécontent, et c'est lui qui a proposé que tu viennes au terrier dès que tu le pourrais. Mais vu que tu es là aujourd'hui, je présume que tu ne viendras pas demain ?
Elle réfléchit rapidement, cherchant comment présenter les choses au mieux, avant de répondre.
- Non je ne pense pas venir demain. Je sais que tu voulais nous parler à tous les deux, mais comme tu dois voir Kingsley ce soir, c'est peut-être mieux de discuter maintenant de ce que tu vas lui dire. Même si Ron n'est pas là.
Satisfaite d'avoir trouvé une formulation qui ne dévoilait pas que ce n'était pas son idée, elle sourit à nouveau, se sentant rassurée de se trouver à nouveau dans un domaine moins sensible, avant de réaliser qu'ils allaient devoir parler des Malefoy. Mais le sourire de Harry face à son explication la réconforta.
- Tu n'imagines même pas à quel point ça m'arrange. J'avais vraiment peur de dire une bêtise tu sais. Surtout après ce que McGonagall m'a dit sur Drago.
- Le professeur McGonagall ? Qu'est-ce qu'elle a dit ? Et comment se fait-il qu'elle t'ait parlé de lui ?
- Elle m'a vu les observer quand les aurors les ont emmenés. Merlin, ils faisaient misérable. Je n'aurai jamais imaginé Malefoy ou son père ainsi. Et le pire c'est que ça ne m'a même pas fait plaisir. Et McGonagall m'a vu. Elle m'a parlé des procès prévus, et m'a annoncé que Malefoy risquait, comme ses parents, de finir sa vie à Azkaban. Et même s'il n'y a plus de Détraqueurs, je ne peux pas imaginer quelqu'un passer le reste de sa vie en prison, même pas lui.
- Je vois. Effectivement c'est une possibilité. Surtout si le Magenmagot apprend qu'il a voulu te livrer en plus.
- Je sais Hermione. C'est bien le problème. Je veux qu'il paye mais ça... c'est carrément trop.
Enfouissant son visage dans ses mains, il essaya de garder son calme, et s'expliqua d'une voix étouffée.
- La justice des sorciers est horrible. Regarde ce qu'ils ont fait à Sirius alors qu'il était innocent. Et moi ils ont voulu me juger, il y a quelques années. Ils sont tellement...
- Plein de préjugés...
En entendant ces mots, le sorcier releva la tête, dévisageant la jeune femme d'un air ahuri avant de hocher la tête.
- Oui...
- Je sais Harry. Ils devraient étudier la justice Moldue. Même si elle n'est pas parfaite au moins, elle est un peu plus humaine.
- Comment ça ?
- Et bien... S'interrompant un instant, la jeune femme fouilla ses souvenirs et essaya de s'expliquer. Ils tentent de penser au futur et à la réhabilitation. Oh, ça ne marche pas toujours, loin de la parfois, mais les coupables peuvent quand même espérer sortir un jour de prison.
Le silence s'installa dans la cabane, alors qu'ils réfléchissaient tous les deux à ce qu'elle venait de dire. Après un long moment Harry sembla se décider et s'éclaircit la gorge.
- Hermione... Tu crois qu'on peut témoigner en leur faveur au procès ? En proposant une peine comme chez les Moldus ?
- Et bien... Je pense qu'on peut essayer. Mais Harry, tu es sûr de ce que tu veux ? Ils ont quand même essayé de te tuer. Et à plusieurs reprises.
- Je sais... Mais rappelle toi au Manoir, Malefoy a déclaré ne pas être sur de notre identité. Et l'année dernière si les mangemorts n'étaient pas arrivés, il aurait écouté Dumbledore je crois.
Et pendant la bataille, ils ont cessé de se battre avant la fin. Ils étaient même dans la grande salle avec nous alors que les autres mangemorts en vie étaient emmenés de force par les aurors.
La jeune femme se contenta de hocher la tête, se souvenant parfaitement de ce que Harry lui disait, en cherchant à repousser ses propres souvenirs du manoir Malefoy et de Bellatrix. Harry parut comprendre à quoi elle pensait et resta silencieux en attendant qu'elle le regarde à nouveau. Lorsqu'il croisa son regard, il sentit la tristesse l'envahir et saisit sa main pour la réconforter.
- Je sais Hermione. Mais elle est morte... Et elle l'a bien mérité. Et maintenant on doit vivre avec ça, et avancer si on peut. Et moi je ne pourrai pas le faire si je laisse les Malefoy être emprisonnés à vie.
- Je peux comprendre Harry, lui répondit la jeune femme en s'efforçant de ne pas penser aux mauvais souvenirs qui venaient de la submerger, mais cela veut dire cacher des choses ce soir. Et le faire comprendre à Ron ensuite.
- Ben ça... Il a été aussi choqué que moi en voyant Malefoy. Et il lui a sauvé la vie pendant la bataille donc je crois qu'il comprendra. Je ne parlerai pas de la salle sur demande, c'est réglé. Pour le reste, il faudra voir au procès.
Elle acquiesça à nouveau sans dire un mot, se demandant quelle serait la réaction de Ron avant de repenser au sorcier qui l'attendait square Grimmaurd. Finalement, sans rien dire, elle avait obtenu ce qu'il espérait, la possibilité d'une seconde chance pour Drago Malefoy. Même si elle doutait de la mansuétude du Magenmagot.
Réfléchissant rapidement, elle chercha un moyen de respecter la demande de Harry et entrevit une possibilité. Esquissant un sourire, elle dévisagea son vis-à-vis avant de reprendre la parole.
- Ca peut peut-être marcher Harry. Mais il faudra que tu joues les bonnes cartes au bon moment. Je t'aiderai si tu veux. Et il faudra que l'on en parle avec Ron aussi, ça devrait lui plaire.
- De quoi parles-tu ?
- Du procès, Harry. On en reparlera, il faut que je vérifie plusieurs choses avant, mais si tu le veux vraiment il y a peut être un moyen pour éviter la prison à vie pour les Malefoy. Mais il faut que tu sois sur de ce que tu veux. Réfléchis y pendant les prochains jours, de mon coté je me renseignerai sur les différentes peines pouvant être appliquées, d'accord ?
- Je ne sais pas ce que tu as pensé, Mione, mais vu ton expression, je me demande si je ne vais pas plaindre les Malefoy et le Magenmagot.
Le sourire amusé de Harry et le regard qu'ils échangèrent les fit éclater de rire et ils mirent un moment à reprendre leur sérieux.
Des cris à l'extérieur attirèrent leur attention et ils observèrent le remue-ménage dans le parc, avant de comprendre que cela s'expliquait par l'arrivée du Ministre.
Il vient déjà ?
McGonagall m'a dit qu'il devait venir tôt pour une réunion à propos de Poudlard, et d'autres choses à faire dans le château apparemment.
Le cœur de la jeune femme se serra en entendant ces mots, pensant à la visite faite le matin même dans les cachots, et sa pâleur soudaine incita son compagnon à se rapprocher d'elle.
- Ca va Mione ?
- Oui, oui, ne t'inquiètes pas. Elle t'a dit autre chose ? Tu m'as parlé dans ta lettre de soucis au sujet de la cérémonie.
- Pour les mangemorts oui. Personne n'est d'accord au sujet de leurs corps. Certains veulent juste les brûler. D'ailleurs les aurors ont eu bien du mal à rassembler les corps à l'abri en attendant une décision officielle. Et plusieurs sorciers ont refusé de me croire pour Rogue.
- Les gens veulent se venger, c'est compréhensible.
- Je sais bien. Mais quand même. Heureusement pour Rogue j'ai des preuves. Mais je crois que je n'indiquerai où est son corps que pour la cérémonie.
- Non !
- Mione ! Tu ne veux pas qu'il soit enterré ici ?
Le ton du jeune homme indiquait sa stupéfaction et la sorcière se dépêcha de s'expliquer en rougissant.
- Bien sur que si, Harry ! Mais ne dit pas que tu sais ou il est. Dis simplement que tu m'as chargée de le mettre à l'abri. Comme ça tu n'auras pas de soucis, et moi j'interviendrai au dernier moment après-demain.
- Oh ! Il eut une hésitation et reprit lentement. Oui ça sera sûrement plus simple, mais ça risque de te faire des problèmes non ?
- Pourquoi ? Personne ne m'a vu venir cet après-midi, personne ne saura que tu m'en as parlé. Et comme je ne suis pas la, personne ne pourra me reprocher mon silence
- D'accord. Je ne dirai rien, s'il y a un souci je te renverrai Coq. De toutes façons, ils sont tellement préoccupés par la décision à prendre pour les autres mangemorts qu'ils ne s'occuperont peut-être pas trop de Rogue.
- Je l'espère oui. Tu vas faire quoi pour les autres ?
- Je ne sais pas. Je ne crois pas que l'on m'écoutera pour ça tu sais.
- Harry, voyons ! Tu es le survivant !
Elle sourit en voyant la grimace que faisait son compagnon et lui caressa doucement la joue.
- Je sais que ça te déplait, mais c'est vrai. Donc si tu veux en parler, parles-en. Au minimum ils t'écouteront.
- Peut-être. Si j'arrive à leur dire quelque chose de cohérent.
- Essaye avec moi, comme ça tu sauras si ça l'est.
Seul le silence lui répondit, et elle dévisagea le jeune homme qui avait baissé la tête. En le voyant si mal à l'aise, elle se mordit les lèvres pour être sure de ne pas faire une remarque, et après s'être tournée vers la fenêtre, patienta tranquillement en espérant qu'il réussirait à lui répondre.
Ce moment de calme l'incita, elle aussi, à réfléchir à la situation, à la paix qu'ils espéraient mais qui semblait encore si fragile, et au choix qu'elle avait fait 2 jours auparavant, même s'il semblait plus lointain.
Un mouvement lui fit réagir et elle se remit face à son ami.
- C'est tellement dur de penser à tout ça Hermione.
La jeune femme hocha la tête en entendant le ton chargé de tristesse, et saisit la main du jeune homme, la serrant doucement pour l'inciter à continuer.
- Je voudrais juste que la guerre soit vraiment finie. Pour tout le monde. Et si les gens se disputent pour la cérémonie ou pour savoir si on doit enterrer les mangemorts, alors ça ne sera pas fini. Et ils avaient des familles...
- Certains avaient des enfants à Serpentard effectivement. Ils ont été renvoyés du château juste avant la bataille.
- Oui, et des femmes, et peut-être des enfants plus jeunes. Tu crois qu'ils comprendraient si leurs parents étaient juste brûlés, sans sépulture ?
- Probablement pas non. Mais est ce que cela changerait quelque chose s'ils étaient enterrés ?
Harry détourna les yeux et un nouveau silence s'installa entre eux, pesant, pendant qu'ils réfléchissaient au problème soulevé par le jeune homme.
- ça changerait peut-être les choses, Mione. Je ne sais pas, mais ça vaut la peine d'essayer non ?
- Oui... Son ton était hésitant mais elle se força à continuer. Oh Harry, je n'en sais rien malheureusement. Je crois que tu devrais en parler à Kingsley mais je ne sais pas ce qu'il en pensera, ni si ça changera quoique ce soit.
- Je sais... Rien ne change jamais.
La voix lasse, la tristesse qu'elle ressentit dans ces mots, la firent tressaillir et elle serra un peu plus la main qu'elle tenait, cherchant à réconforter son compagnon.
- Si Harry, les choses changent, les gens aussi. Souviens-toi de Rogue. Et toi aussi tu as tellement changé depuis que je te connais. Si tu penses que les mangemorts doivent être enterrés, alors essaye de convaincre Kingsley. Même s'il refuse, tu auras fait ton possible. Le reste n'est pas en ton pouvoir.
- Merci Mione.
Il prononça ces mots dans un murmure, cherchant à la croire, et détourna la tête pour cacher ses larmes. Ce qu'il aperçut à l'extérieur lui fit écarquiller les yeux et il se leva lentement pour s'approcher de la fenêtre. Un arc-en-ciel presque transparent traversait le ciel, le réconfortant inexplicablement, et il soupira, de peine et d'espoir mêlés, en l'admirant. Il sentit Hermione s'approcher de lui mais resta silencieux à savourer ce moment, jusqu'a ce qu'elle reprenne la parole.
- Harry... Hagrid arrive, il faut que je me sauve. On se voit après-demain d'accord ?
- D'accord Hermione. Passe par le potager je vais le retenir ici un moment.
Il sourit lorsqu'elle déposa un baiser sur sa joue et l'observa traverser la pièce avant de sursauter en repensant à quelque chose.
- Hermione, attends ! Passe à Gringotts si tu as besoin d'argent. Je vais leur écrire pour mettre des gallions à ta disposition, si jamais tu as besoin de quoique ce soit pour la maison ou pour toi, tu te sers, d'accord ?
Elle ouvrit la bouche pour protester, la referma en entendant le demi-géant à proximité et acquiesça en rougissant.
- Merci...
Elle ferma délicatement la porte après avoir murmuré ce mot et s'esquiva discrètement par le potager. Une fois sous le couvert des arbres, elle sortit la cape d'invisibilité de son sac, se couvrant complètement, et se précipita vers le portail. La remarque de Harry au sujet de l'argent lui avait fait penser à son compte épargne, qu'elle pouvait désormais utiliser seule, et elle voulait s'en occuper au plus tôt.
Quelques heures plus tard, alors que le ciel commençait à s'assombrir, Hermione se dirigea vers la porte du 12 square Grimmaurd, chargée de sacs qu'elle n'avait pas pris la peine de réduire.
Une fois à l'intérieur, elle plaça plusieurs sorts d'alarme sur la porte, pour la première fois depuis qu'ils s'étaient installés ici, et la verrouilla soigneusement. La lumière venant du sous-sol, et la voix de Winky qui babillait, la guida vers la cuisine.
S'appuyant sur le chambranle de la porte, elle observa la pièce et les deux occupants. Winky se tenait devant le fourneau, débout sur un tabouret, mélangeant le contenu d'une casserole tout en parlant, apparemment toute seule, tandis que le sorcier, installé à la table, écrivait sur un parchemin.
La scène lui sembla tellement paisible qu'elle resta ainsi plusieurs minutes, souriant doucement, appréciant l'ambiance et la chaleur de la pièce. Mais son sourire s'effaça en croisant le regard de son ex-professeur qui venait de lever la tête.
- Bonsoir.
Elle pénétra dans la pièce, déposant ses sacs sur la table, en se préparant mentalement aux remarques déplaisantes qu'elle associait au regard noir de l'ex-mangemort.
- Ou étiez-vous ?
Le grondement rageur résonna dans la pièce et elle interrompit son geste pour observer l'homme qui venait de parler.
- En courses.
- Vous deviez aller voir Potter !
- J'y suis allée. Et ensuite j'ai fait des courses. Ca pose un problème ?
- Evidemment que ça pose un problème. Ca fait des heures que vous auriez du être rentrée. Alors que les aurors sont à Poudlard.
Il lui lança un autre regard chargé de colère avant de se détourner d'elle pour se pencher de nouveau sur son parchemin. Hermione hésita, ne sachant si elle devait lui répondre, et risquer de le faire exploser de colère ou si elle devait se taire. N'étant pas sure des raisons ayant entraîné ces remarques, elle finit par hausser les épaules et saisit les poignées d'un des sacs.
- Tenez, celui-là est pour vous.
Un bref coup d'œil vers le sac, un autre regard vers elle, et un nouveau grognement.
- Que voulez-vous que je fasse d'un sac ?
La stupéfaction la figea, ahurie devant sa réaction, et elle mit plusieurs secondes à se reprendre.
C'est une blague j'espère. C'est le contenu que j'ai ramené. Regardez donc dedans. Et si vous n'en voulez pas, et bien jetez le tout.
Elle déposa brutalement ce qu'elle lui tendait sur la table et se tourna vers l'elfe, silencieuse depuis leurs premières paroles, qui tentait de se faire oublier. S'efforçant de maîtriser la colère qui l'avait envahie en voyant la réaction de Rogue, elle chercha ses mots, ne sachant comment demander ce qui l'inquiétait depuis la discussion avec Harry.
Ignorant volontairement le sorcier qui n'avait pas daigné lever la tête pour ouvrir le sac, la jeune femme tira une chaise et s'installa près de Winky.
- Winky, peux-tu t'interrompre un moment s'il te plait ?
- Oui Miss, Winky finira le dîner plus tard. Que peut faire Winky ?
- Et bien... Il faut que l'on discute. Je sais que je ne suis pas vraiment ta maîtresse Winky mais j'ai besoin d'être sure que tu ne diras rien à propos du professeur Rogue et de sa présence ici.
- Mais si Miss, Miss Hermione est la maîtresse de Winky.
- Non, Winky, je t'ai simplement embauchée. Tu n'es pas liée à moi, tu le sais non ?
- Maîtresse ?
Ses yeux s'emplirent de larmes alors qu'elle regardait la sorcière, et elle se laissa tomber sur le sol pour se cramponner à ses jambes.
- Maîtresse, Winky ne veut pas être libre. Pas de vêtements, maîtresse, s'il vous plait.
Incapable d'en dire plus, la créature se mit à sangloter, accrochée à la jeune femme qui ne comprenait pas comment la discussion avait tourné si mal.
- Suffit !
La voix du sorcier qui les observait depuis quelques minutes se fit entendre et Hermione se tourna vers lui, toute colère envolée, espérant de l'aide.
- Winky, cesse de pleurer ! Miss Granger, pourquoi cette discussion ?
La jeune femme se mordilla les lèvres avant de répondre d'un ton hésitant.
- Il y a quelques... soucis... à votre sujet à Poudlard. Et... Je risque d'avoir à répondre à quelques questions... disons embarrassantes. Alors si quelqu'un apprend que Winky était avec moi, elle pourrait être interrogée.
- Et elle ne doit pas parler de moi. Mais je la croyais liée à vous.
- Oh non, je ne suis pas sa maîtresse. Les elfes doivent être libres, pas esclaves. Ce n'est pas possible. Elle continua tout en baissant les yeux sur la créature en pleurs. Winky, s'il te plait ne pleure pas. Je ne peux pas te réduire en esclavage, Winky. S'il te plait.
Maîtresse... S'il vous plait. Winky veut juste être une bonne elfe.
La jeune femme pâlit alors que les sanglots résonnaient plus fort dans la pièce et elle jeta un regard éperdu vers son ancien professeur, le suppliant silencieusement de l'aider.
- Trouvez-lui quelque chose à faire, le temps que nous discutions, Miss Granger.
- D'accord. Winky... relève-toi s'il te plait. Je vais parler avec le professeur Rogue, d'accord ? Pendant ce temps, si tu veux, tu peux... Nettoyer la salle de bain, ça te va ? Comme ça on pourra se laver plus facilement ce soir.
Un reniflement, un léger bruit de frottement pendant que l'elfe s'essuyait les joues, et elle croisa enfin le regard de Winky alors que celle ci se remettait debout. Après un acquiescement silencieux, l'elfe de maison quitta la pièce d'un pas traînant, les épaules basses. Un dernier sanglot résonna dans l'escalier, faisant soupirer Hermione qui laissa tomber sa tête entre ses mains.
- Que savez-vous des elfes de maison, Miss Granger ?
- Que ce sont des esclaves pour les sorciers !
Sa voix était étouffée mais ferme alors qu'elle répondait à la question.
- Mais encore ?
Elle se redressa, relevant la tête pour jeter un coup d'œil au sorcier qui l'interrogeait et haussa les épaules.
- Qu'est ce qu'il y a à dire de plus ? Ils sont exploités, contraints de travailler et de se punir.
- Et connaissez-vous l'origine de tout cela ?
- Les lois des sorciers non ? Les codes et les lois ?
Elle le vit lever les yeux au ciel et dut se mordre les lèvres pour ne pas répliquer.
- Evidemment non. Les lois ne sont venues qu'ensuite Miss Granger. A l'origine il y a simplement eu un pacte entre les sorciers et les elfes.
- Un pacte ? Pacte de quoi ?
- D'assistance mutuelle, Miss Granger
- Pardon ?
- Vous avez bien entendu ! Un pacte d'assistance mutuel. C'est ça qui liait à l'origine les sorciers aux elfes de maison.
La jeune femme secoua la tête, n'arrivant pas à réaliser ce dont parlait l'ancien mangemort. Tout ce qu'elle avait entendu ou lu sur les elfes ne coïncidait pas avec cela.
Surprenant n'est-ce pas ? Et pourtant c'est ainsi que les choses se sont passées. Les elfes souhaitaient une protection, et ils l'ont demandée aux sorciers en échange de leur travail et de leur loyauté. Un arrangement mutuel, qui offrait des avantages aux deux parties. Les sorciers avaient des alliés loyaux, et les elfes trouvaient protection et confort. Sans compter l'augmentation de leur magie.
- C'est à dire ?
Retrouvant un peu de souffle, elle parvint à murmurer sa question, tout en essayant d'assimiler ce qui lui était dit.
- La magie de chaque elfe est liée à la famille qui en a la charge. Depuis le premier instant de ce pacte, les descendants ont été liés ainsi aux familles qui les protégeaient. Mais bien peu s'en souviennent. Il ne reste qu'un proverbe à ce sujet : « A maison puissante, elfe puissant. »
- Mais... Ce n'est plus ainsi aujourd'hui. Les elfes sont traités comme des esclaves.
- Les choses ont changé au fil des siècles. Surtout la perception du pacte par les sorciers. Certains sang-purs, ne voulant pas entendre parler d'un lien avec des créatures comme les elfes de maison, ont tout fait pour l'effacer des mémoires. Avec succès d'ailleurs au niveau des sorciers. Mais les traditions des elfes se transmettent de façon orale et beaucoup se souviennent du pacte signé par le passé. Même si aujourd'hui cela ressemble à de la servitude.
- Alors pourquoi ne disent-ils rien ? Ils ne peuvent pas être heureux en vivant ainsi.
- Par Salazar, Miss Granger !
Le poing du sorcier s'abattit sur la table, la faisant sursauter, et il se leva pour faire quelques pas avant de la dévisager.
- Ne réfléchissez-vous donc pas ? Pensez-vous vraiment qu'il y aurait intérêt pour eux de rappeler ce pacte originel ?
- Evidemment, ils pourraient être libres !
- En perdant une partie de leur magie, en se retrouvant traqués et chassés, sans protection. N'avez vous donc jamais parlé aux elfes de Poudlard ? Aucun d'eux ne voudrait être libre, ils aiment trop ce qu'ils font et ne sont nullement maltraités comme vous semblez le croire.
- Peut-être à Poudlard, mais chez d'autres sorciers ? Dobby était maltraité chez les Malefoy. Et il était heureux d'être libre.
- Dobby est une exception. Mais même ainsi, une fois libre il a cherché une famille pour l'accueillir. Et était ravi de s'installer à Poudlard. Même sans en être conscient, il avait besoin d'un lien. Et Poudlard lui offrait cela grâce à la magie présente dans tout le château. Alors que Winky cherche une famille, et n'a pas vraiment créé de lien avec Poudlard.
- C'est injuste. Les elfes ne devraient pas accepter cela. N'ont-ils pas moyen de changer le pacte fait à l'origine ?
- Miss Granger... Vous pouvez leur apprendre à penser librement, et je vous assure certains le font très bien, mais vous ne pouvez pas les forcer à être libre, avec ou sans pacte. Ce serait tout aussi injuste pour eux.
- Mais...
- Non ! Cessez donc vos mais ! Vous ne pouvez pas. Vous pouvez les traiter au mieux, leur montrer ce que peut être la liberté, leur proposer votre aide mais vous ne pouvez pas, et ne devez pas décider pour eux.
- Pourtant c'est ce que vous attendez de moi là non ? Décider pour Winky ?
Son ton était chargé de colère, et elle haussa la voix en prononçant les derniers mots, fixant son vis-à-vis d'un oeil furieux. Ils s'affrontèrent du regard pendant de longues minutes avant que Rogue ne se lève de nouveau. Après avoir remplit deux verres d'eau fraîche, il en tendit un à la jeune femme et se réinstalla en l'observant.
- Winky étant une elfe libre, si vous n'acceptez pas le lien, rien ne se fera, même si pour elle, le lien est déjà en train de se créer. Ce qui règle le problème de son silence, si vous lui demandez, je pense qu'elle se taira. Car ce n'est pas la charge de l'elfe qui le rend si loyal, un elfe peut trahir son maître même si c'est très difficile pour lui. Dobby et Kreattur ont pu le faire car ils ne respectaient pas ceux à qui ils étaient liés. Et l'inverse fonctionne aussi.
Il s'interrompit quelques instants, attendant de croiser le regard de la jeune femme pour continuer afin d'être sur d'avoir toute son attention.
- Cependant, même si je crois que Winky vous obéira, elle sera probablement malheureuse d'être toujours libre.
Le visage de la jeune femme, qui s'était détendu en entendant l'explication sur le silence des elfes, se crispa à ces quelques mots. Elle n'avait aucune envie de rendre la créature malheureuse mais ne pouvait se résoudre à la lier à elle. Après un moment de silence, elle tenta de s'expliquer.
- Ecoutez... Je peux prendre soin d'elle et la protéger. Mais la lier à moi définitivement, je ne peux pas. Et faire un lien, pour la libérer de nouveau quand tout cela sera terminé serait sûrement pire encore pour elle.
- En effet.
Soupirant à nouveau, la jeune femme se passa les mains sur le visage, tentant de cacher son malaise et chercha le courage d'aller parler à l'elfe. Après plusieurs minutes passées dans le silence, elle reposa les yeux sur son ancien professeur, qui semblait réfléchir, et se leva lentement.
- Je vais aller lui parler, et essayer de lui expliquer.
Elle sentit son cœur se serrer en avançant vers la porte, parfaitement consciente de la difficulté de ce qu'elle s'apprêtait à faire quand elle entendit le sorcier se lever à son tour.
- Miss Granger ?
Se retournant sans hésiter, elle le regarda, espérant une solution, et attendit la suite.
- Accepteriez vous de la laisser se lier à nous deux si cela est possible ?
- A nous ? Fit-elle d'un ton incrédule. Mais... pourquoi cela ?
- Elle a répondu à votre appel, et s'est occupée de moi. Il se peut donc que le lien se forme avec nous deux. De plus, cela lui permettrait de rester avec moi lorsque vous repartirez.
- Oh !
Main sur la poignée de la porte, la jeune femme hésita quelques instants, réfléchissant aux implications de cette décision et finit par revenir vers le sorcier.
- Merlin, faites que je ne regrette pas, murmura t-elle brièvement avant d'acquiescer d'un signe de tête.
- Winky !
Après quelques secondes d'attente, le sorcier renouvela son appel.
- Winky !
Le crac accompagnant habituellement l'arrivée des elfes retentit dans la pièce et ils purent voir Winky, debout entre eux, les joues encore luisantes des larmes versées. Ils échangèrent un regard et Hermione recula légèrement, consciente que ses paroles risquaient une nouvelle fois de blesser l'elfe.
- Maître ? Que peut Winky pour vous ?
- Peux-tu te lier à deux sorciers qui ne sont pas de la même famille ?
Après une hésitation la créature secoua doucement la tête.
- Non, Maître. Plusieurs elfes pour une famille mais une seule famille par elfe.
Le sorcier fronça les sourcils, et réfléchit quelques secondes avant de reprendre la parole.
- Et peux-tu obéir à plusieurs sorciers, même s'ils ne sont pas de ta famille ?
- Oui Maître, si le Maître l'ordonne.
Hermione observa Winky, notant la lueur d'espoir qui venait d'apparaître dans son regard, avant de reporter les yeux sur l'homme qui l'interrogeait. Et elle ne put s'empêcher de sursauter en voyant qu'il la regardait, elle.
- Est-ce que cela vous conviendrait, Miss Granger ?
L'incompréhension devant cette question dut se voir sur son visage car il reprit presque aussitôt.
- Je me propose pour prendre la charge de Winky, Miss Hermione. Cela vous conviendrait-il ?
Il lui fallut quelques instants pour comprendre la question, et la relier aux questions posées à l'elfe qui se tenait devant eux. Et quelques minutes de plus pour y réfléchir, son regard passant de Rogue à Winky d'un air pensif. Finalement elle esquissa un sourire et haussa les épaules.
- Puisque je n'en suis pas capable, si Winky le souhaite et que vous êtes d'accord, c'est vous que cela regarde, je crois.
Le sourire de la concernée la récompensa et elle se recula un peu plus pour observer la suite.
- Winky ?
- Oui Maître.
- Souhaites-tu travailler pour moi ?
- Oui Maître. Ce serait un honneur pour Winky de travailler pour vous Maître.
- D'accord, ce point là est réglé. Mais je dois me renseigner pour le sort, à moins que tu ne le connaisses ?
- Pas de sort, Maître, juste la magie.
L'elfe s'agenouilla d'un geste vif aux pieds de l'homme, et, croisant les doigts, tendit les deux mains vers lui.
- Votre main, Maître.
Il tendit la main doucement, la posant sur les mains jointes, et lança un coup d'œil à la jeune femme qui l'observait avant de reporter son attention sur l'elfe.
- Maître, pensez à ce que vous souhaitez, Winky pense au lien.
Ils restèrent immobiles quelques secondes puis une faible lueur rouge vint entourer leurs mains, s'étendant lentement en s'amplifiant, avant de fondre brusquement dans leur peau.
Après quelques secondes de silence, Winky se releva, recula légèrement et s'inclina devant le sorcier.
- Maître, quels sont vos ordres ?
Le visage d'Hermione pâlit en entendant ces mots, se demandant si elle avait bien fait d'accepter que cette situation se mette en place, et lança un coup d'œil à Rogue qui venait de s'asseoir.
Cette fois le silence fut plus long, et plus pesant, avant qu'il ne prenne la parole d'un ton ferme.
- Obéit à Miss Granger comme à moi, ne parle pas de ce qui a lieu dans cette maison, ne te punis jamais, ne me cache rien. Et continue, comme ces derniers jours, à t'occuper de la maison et de la cuisine.
- Oui Maître. Winky obéira à tout. Maîtresse Hermione.
L'elfe s'inclina une nouvelle fois, devant chacun d'eux, et repartit en trottinant vers le fourneau pour se remettre à la préparation du repas.
- J'espère que ces ordres vous conviennent, Miss Granger.
Encore sous le coup de la surprise, un peu ahurie, la jeune femme hocha la tête sans répondre et se réinstalla lentement sur sa chaise.
- Bien ! Maintenant si vous voulez bien m'excuser, je vais profiter de la salle de bain puisqu'elle a été nettoyée.
Hermione le regarda se diriger vers la porte, et se reprit alors qu'il allait quitter la pièce.
- Professeur ! Votre sac.
Elle venait de l'apercevoir, toujours pas ouvert, sur la table et n'avait pu s'empêcher de lui rappeler.
- Mon... Sac ?
Se tournant brusquement il posa un regard suspicieux sur l'objet, essayant d'évaluer ce qu'il pouvait contenir, avant de scruter la jeune sorcière. Le sourire discret qu'elle arborait le rendit plus suspicieux encore mais en constatant qu'elle ne le quittait pas des yeux, il se décida à s'approcher.
Après un dernier instant de réflexion, il plongea la main dedans et éparpilla le contenu sur la table.
La vue des chemises neuves, protégées par leurs emballages plastique, lui firent pincer les lèvres, les jeans amenèrent un haussement de sourcil incrédule, mais en voyant le reste son visage pâlit encore un peu plus et il se tourna vers la jeune femme en affichant un air furieux.
- A quoi jouez-vous Miss Granger ? J'ai passé l'age de me faire habiller. Et j'ai déjà des vêtements au cas ou vous ne l'auriez pas remarqué !
- Ceux là sont moldus. Ca sera plus pratique que vos costumes ou vos robes si vous devez sortir. Et il n'y a pas que des vêtements, Professeur.
Il la dévisagea, se demandant un instant s'il pouvait l'assommer pour son attitude, puisqu'il ne pouvait plus la punir, et inspira profondément pour se maîtriser.
Baissant de nouveau les yeux, il repéra ce qu'elle lui montrait et se pencha dessus pour retenir la réponse qui lui venait aux lèvres. Il ne lui fallut qu'une seconde pour comprendre ce que contenaient les différents flacons dans la boîte.
- Miss Granger...
Son ton se fit menaçant, et elle fit un pas en arrière avant d'insister lourdement.
- Bois de Santal. Vous n'aimez pas ? Il y a toute la gamme là et...
Elle s'interrompit brusquement en croisant son regard et recula un peu plus, plaçant la table entre eux dans un geste de protection futile.
- Ne vous mêlez pas de mes affaires. J'ai déjà du savon !
La porte claqua bruyamment derrière lui, et un rire discret résonna dans la pièce tandis que la jeune femme remettait dans le sac tout ce qu'il en avait tiré. Elle n'avait que peu apprécié les dernières secondes mais le reste, et surtout son expression en découvrant les boxers bien emballés dans un petit sachet, en valait la peine.
- Winky ! Transplane dans la chambre et pose le sac sur son lit. Vite.
L'elfe n'hésita pas une seconde pour prendre le sac et disparaître, et revint quelques secondes plus tard. Debout au milieu de la cuisine, elle resta immobile alors qu'Hermione entrouvrait la porte, se demandant si son geste n'allait pas contrarier son maître. Le hurlement qui lui parvint du 1er étage la fit trembler jusqu'a ce qu'elle en comprenne le sens.
- Par Salazar, Miss Granger ! Winky n'est pas la pour votre amusement ! Recommencez cela et je n'hésiterai pas à sévir !
La jeune femme se mordit les lèvres pour ne pas rire, peu désireuse d'être entendue et fit un signe à Winky.
- Ne t'inquiètes pas, il ne te dira rien. Reprends le dîner si tu veux.
Après avoir tendu l'oreille une dernière fois, espérant entendre un autre hurlement, elle finit par s'installer à la table, le sourire aux lèvres. Après quelques minutes à jubiler toute seule, elle reprit son sérieux, tentant de prévoir les conséquences de sa provocation, et haussa les épaules : Elle doutait de pouvoir y échapper, s'en inquiéter n'y changerait rien.
Finalement elle sortit ses affaires de son sac, et entreprit de noter sur un parchemin ce qu'elle avait appris de Luna, et les différentes pistes auxquelles elle pensait. Une fois, cette tâche accomplie, elle se pencha sur les ouvrages de droit qu'elle avait acquis dans l'après-midi, et nota consciencieusement les parties qui l'intéressaient, perdant la notion du temps.
Soudain, sentant un parfum dans la pièce, elle releva brusquement la tête, pour se retrouver face à Rogue qui la dévisageait depuis le pas de la porte, les bras croisés et le visage impassible. En voyant qu'il portait les vêtements qu'elle avait ramenés, elle ne put s'empêcher de l'examiner. Le jean autant que la chemise lui allaient parfaitement et elle sourit sans s'en rendre compte. Mais en relevant les yeux, et en croisant le regard du sorcier, elle s'aperçut que celui-ci était chargé de colère. Détournant précipitamment les yeux, elle ouvrit la bouche, hésitant entre le complimenter et s'excuser de l'avoir observé ainsi, mais il la devança.
- Pas un mot !
- Mais...
- Etes-vous sourde, Miss Granger ? Pas un mot. Et allez donc vous rafraîchir qu'on puisse enfin manger.
En constatant que la voix de son interlocuteur était réellement chargée de fureur contenue, elle baissa la tête, récupéra précipitamment son sac et saisit le parchemin ou elle avait noté l'échange avec Luna. Elle envisagea une seconde de lui expliquer ce qu'elle avait écrit, et tenta de le faire.
- Dehors !
Sans réfléchir plus, elle reposa le document et le contourna aussi vite que possible pour quitter la pièce, sursautant en entendant la porte claquer derrière elle.
Mais alors qu'elle allait monter les escaliers, en ruminant sa colère d'avoir été évacuée ainsi de la cuisine, elle entendit Rogue reprendre la parole, et ne résista pas à l'envie d'écouter.
- Est-ce bientôt prêt Winky ?
- Oui Maître. Winky a presque fini.
- Bien. Tu te feras à manger aussi après. Et tu feras les lits, s'il te plait, il y a du linge dans l'une des caisses.
- Winky s'en occupe tout de suite.
Un instant de silence incita Hermione à se rapprocher de la porte, et elle se concentra pour être sûre de ne pas rater le moindre murmure. La voix du sorcier retentit de nouveau, et elle esquissa un sourire en l'entendant.
- Winky... Tu te prépareras une chambre aussi, je suis sur que tu ne l'as pas fait. Et tu choisiras ce que tu veux pour ta tenue.
- Merci Maître.
En changeant de position, la jeune femme fit craquer une latte du plancher, et s'immobilisa, le cœur battant, retenant son souffle en espérant ne pas avoir été entendue.
L'ouverture de la porte la prit au dépourvu et elle n'eut pas le temps de se précipiter dans l'escalier.
- Aguamenti !
Un flot d'eau glacée la trempa de la tête aux pieds, la faisant crier de surprise, et elle s'affala sur les premières marches en tentant d'y échapper.
Et en voyant le regard furieux de l'ex-mangemort, elle ramassa précipitamment son sac et s'enfuit, glissant à moitié sur certaines marches, en priant pour ne pas subir pire.
Le sorcier attendit qu'elle ait atteint le rez-de-chaussée avant d'asséner une dernière remarque, en hurlant aussi fort que possible.
- La prochaine fois que je vous prends à écouter aux portes, ça sera un maléfice cuisant Miss Granger ! Et dépêchez-vous un peu, il va être l'heure de dîner.
Après avoir écouté la course de la jeune femme dans l'escalier menant au premier étage, il referma doucement la porte, un sourire ironique aux lèvres, et revint s'installer à table. Le regard ahuri de Winky lui fit lever les yeux au ciel et il se rassit, satisfait de sa vengeance.
Il ne lui fallut pas longtemps pour parcourir les lignes tracées par la jeune sorcière, mais il fixa le parchemin un long moment, se demandant s'il y avait quelque chose de sensé dans ces mots. Finalement, se redressant, il délaissa ses écrits et saisit l'un des livres empilés sur la table. La surprise lui fit retourner l'ouvrage moldu dans tous les sens, cherchant une raison à sa présence ici, avant qu'il n'aperçoive les notes prises sur un autre parchemin.
Un bruit lui fit abandonner sa lecture et il releva la tête pour observer la jeune femme qui pénétrait lentement dans la pièce. Se demandant si elle oserait parler à nouveau, il ne prononça pas un mot pendant qu'elle s'installait, se contentant de la dévisager. Son visage empourpré l'amusa quelques instants, mais peu désireux de subir à nouveau un silence pesant, il finit par prendre la parole.
- Pourquoi n'y a t-il pas plus d'informations de la part de Miss Lovegood ?
- Elle est partie avant que je puisse lui poser plus de questions. Je la verrai après-demain.
La voix de la jeune femme était étouffée, elle n'avait même pas levé la tête pour le répondre et il sentit l'agacement habituel l'envahir.
Il patienta pendant que l'elfe les servait, lui fit un signe de tête pour la remercier, et se mit à manger sans insister plus.
Après quelques minutes de silence, Hermione lui jeta un coup d'œil discret, surprise de n'avoir pas droit à des sarcasmes, et l'observa. Le regard de son vis-à-vis s'était légèrement adouci, ce qui la rassura, mais elle resta sur ses gardes et hésita un moment avant de poser la question qui l'intriguait.
- Vous avez déjà entendu parler du chant des Fondateurs, Professeur ?
Elle se crispa en le voyant poser les yeux sur elle et l'observer, craignant un autre sortilège, mais il se contenta de répondre, le visage impassible.
- Avez-vous, Miss Granger, et non vous avez. Mais non, je n'en ai pas entendu parler. Par contre, il y a des légendes à leur sujet. Dont l'une assez récurrente, qui parle de leur héritier venant au monde à la fin de ce millénaire.
La réponse la fit réfléchir, et après quelques instants elle attira le parchemin à elle pour noter ce qu'il venait de dire, pour être sûre de ne pas oublier de vérifier ce point. Le mouvement qu'elle fit pour écrire la fit grimacer et elle reprit prudemment ses couverts, luttant contre la douleur lancinante de ses poignets.
- Qu'avez-vous décidé avec Potter ?
Surprise par la question, qu'elle n'imaginait pas entendre si tôt, elle commença par hausser les épaules avant de repérer le froncement de sourcil annonceur de problèmes. Elle attendit néanmoins quelques minutes avant de répondre, encore fâchée du traitement qu'il lui avait infligé.
- Il ne dira rien. Ou plutôt, vu l'heure, il n'a rien dit au sujet de Drago.
- Et ces livres ?
Elle regarda distraitement les ouvrages et eut un nouveau mouvement d'épaules.
- Un travail pour Harry.
- Je m'en doutais un peu, Miss Granger, puisque Potter à déjà souvent eu recours à vous pour éviter de faire son travail. Mais j'aimerai savoir pour quelle raison il s'intéresse à cela.
- Cela ne vous concerne pas, Professeur. D'autant que rien n'est sur.
Ils s'affrontèrent du regard pendant plusieurs secondes, et elle finit par détourner les yeux, mécontente d'elle-même.
- Miss Granger !
Le ton bas cachait mal la colère incluse dans ces deux mots et elle se crispa à nouveau, ne sachant que faire. Finalement, elle se redressa en lui jetant un regard noir et finit par reprendre la parole.
- Vous ne pouvez pas arrêter d'agir ainsi ? Et respecter pour une fois le fait que je ne souhaite pas vous en parler ?
Elle fit un geste brusque de la main et grimaça de nouveau avant de se lever pour passer son poignet sous l'eau fraîche. Profitant de cet instant dos tourné à la table, elle essaya de se calmer et inspira profondément.
Lorsqu'elle se réinstalla sur sa chaise, elle rassembla ses couverts d'un geste prudent et repoussa doucement son assiette, l'appétit coupé. Puis elle contempla pensivement la table, attendant la fin du repas.
- Mangez !
- Je n'ai plus faim !
Le bruit de la chaise brusquement repoussée la fit tressaillir, et elle envisagea un instant de partir en courant de la cuisine avant de sentir une main sur son bras.
- Ne bougez pas.
Elle se laissa faire en silence, ne relevant pas les yeux pendant qu'il couvrait ses poignets de baume, et soupira légèrement en sentant les élancements s'atténuer.
- Voila ! Et maintenant finissez votre repas.
Winky était intervenue discrètement pendant qu'il la soignait et avait changé les assiettes pour servir le dessert. Elle se força à manger quelques bouchées de la mousse au chocolat, mais sentit sa gorge se nouer et reposa lentement sa cuillère. La nausée qu'elle venait de ressentir s'estompa doucement alors qu'elle retenait ses larmes, se refusant à pleurer une nouvelle fois devant l'ex-mangemort.
Lorsqu'elle réussit à relever les yeux, elle constata que son compagnon l'observait attentivement, et tenta d'éviter son regard. Finalement c'est lui qui rompit le silence qui s'était réinstallé.
- Vous êtes agaçante, Miss Grange. Et extrêmement contrariante.
A peine avait t-il prononcé ces mots qu'ils se leva, indiquant clairement qu'il n'attendait pas de réponse, et vint la saisir par le bras.
- Venez ! Winky à du finir de refaire les lits.
Hermione se laissa faire sans dire un mot, préférant ses manières abruptes à ses questions ou ses sarcasmes. Mais une fois, assise sur son lit, elle protesta en voyant les fioles de potion qu'il lui tendait.
- Je n'ai pas besoin de potion de sommeil sans rêve.
- Ce n'est pas à vous d'en juger, Miss Granger. Antidouleur, anti-nausées et potion de sommeil. Ce n'est pas négociable.
En voyant qu'elle ne semblait pas décidée à prendre la troisième, il patienta un moment et finit par la menacer.
- Si vous ne la prenez pas, je vous fais ce dont vous m'avez menacé l'autre soir : je vous stupéfie pour vous la faire avaler de force.
Elle le dévisagea quelques secondes avant de s'incliner devant la détermination inscrite sur son visage.
- D'accord, je vais la prendre. Merlin ! Et c'est moi qui suis agaçante. Ahurissant.
- Maintenant !
- Non, d'abord je me change. Donc vous sortez !
Il se leva tranquillement et se tourna pour fixer la porte, sans faire mine de s'éloigner.
- Professeur !
- Dépêchez-vous, Miss Granger ! Me tourner est la seule concession que je ferai.
La jeune femme fixa son dos en arborant un air incrédule avant de réaliser qu'il risquait de perdre patience, et de se retourner. Elle se déshabilla aussi vite que possible, se glissa immédiatement dans un pyjama et se faufila sous les draps.
- La potion !
Le sorcier avait prononcé ces mots sans se retourner, et elle capitula sans oser discuter plus. Elle but la fiole en quelques gorgées, réussit à la reposer sur la table de nuit et ferma les yeux en murmurant quelques mots.
- Bonne nuit, Professeur !
L'absence de réponse lui fit rouvrir les yeux, mais elle les referma en voyant toujours dans la pièce. Incapable de s'en empêcher, elle marmonna une remarque sur la politesse avant de sombrer dans le sommeil, sans voir le concerné lever les yeux au ciel.
