Lundi 05 février
Titre : Mutation
Auteur : Sinelune
Rating : M
Genre : Romance, fantasy
Avertissement : Attention, cette fic comporte des relations sexuelles entre deux hommes, alors pour ceux que ça gène, ouste !
Pairing : Drarry !
Disclaimer : Tout est à JK Rowling ou au créateur de X-men, à l'exception du scénario et de sa rédaction qui m'appartiennent alors pas toucher sans permission !
Note d'auteur : J'ai eu énormément de mal à terminer ce chapitre… Pour tout avouer, je l'ai recommencé plusieurs fois, et même si je le trouve bien mieux qu'au début (le premier jet était vraiment de la merde puante ayant dépassé la date de péremption pour être fumier, je n'ai jamais eu aussi honte de quelque chose que j'avais écrit), je reste persuadée que j'aurais pu faire mieux… Alors que j'ai justement fait de mon mieux ! C'est juste, ça hein ? C'est juste ?
Ce qui est injuste, c'est que tu me gonfles avec tes jérémiades alors que je viens juste de rentrer de vacances.
… ! CONSCIENCE DE LUNE ! Tu m'as MANQUE!
CDL : Argh! Mais lâche-moi, tu vas me contaminer. Mais lâche-moi, parasite !
Je t'aimeuh…
CDL : Je sais que tu m'aimes, on ne peut que m'aimer, idiote. Et maintenant lâche-moi, que je puisse lire le torchon que tu as écrit pour tenter de sauver les meubles par la suite.
Sinelune contemple sa conscience avec des yeux larmoyants reconnaissants. Non elle n'est pas pathétique, pf.
SamaraXX, Luthien, Ishtar205, Samaeltwigg, Oximore, Artemis, Lynseyth, Jully Reed, Gally 84,
malilite, nami, yohina, Orphée Potter, nami, Yohina, Jeremi Black, Vert Emeraude,
petite abeille, Harrie Zabbs, Multipass, Eilwin, Miss Felton Malfoy, Nadaye, Lynshan,
LightofMoon, Lily Malfoy, Black siri, Zaika, Dramyre Lovy, love d'Harry, Vif d'or,
Lyzabeth, Virginie Malfoy, Leviathoune, mimicra, DLT, Little F., Ewgene Al'Vere, Trinitytagada.
Michi boucou!
CDL: Je le savais; tu regresses, sans moi.
oOo
Nami: Salut nami! Ooh, j'étais TROP contente de lire ta review, je croyais que tu m'avais oubliéééééééeeee! Lol, sinon tu as bien fait de ne pas te jeter par la fenêtre pour un ordi mort, surtout qu'un autre est arrivé peu après –bien mieux, non : ). Loool, c'est vrai, tu trouves que Draco est ridiculisé dans cette fic ? Hum, peut-être, j'avoue, je pense que je l'aime tellement pas que je le fais pas exprès :p. Bouh, sacrilège, vilaine Sinelune ! Lol. Pour ta question, oui on reverra la secrétaire blonde qui ressemble à Draco et oui c'est une mutante : ). Attention spoiler… lol. Haha, oui, Magnéto fait penser à Hitler, mais Draco aussi, vu qu'il pense exactement comme Magnéto mais du point de vue sorcier… C'est tous des Hitler, argh, horriiible ! Je te laisse à présent voir Draco en vie… Mais pas attaché, désolée :p. Gros bisous !
Attention: il se trouve que les deux mois qui viennent vont être très chargés, alors je ne vous promets rien au niveau de mes publications jusqu'à mi-avril, même si je ferai de mon mieux. Je suis vraiment désolée et j'aimerais vraiment avoir le temps d'écrire...
Je vous fais des câlins d'excuse!
Chapitre 5 : Dans ce monde qui finira par casser, le rêve et l'espoir importent peu
Lorsque Draco s'éveilla, la première chose dont il prit conscience fut le sol bosselé sur lequel il était allongé. Il tentait difficilement de se redresser lorsqu'une main se posa sur sa nuque et qu'un verre buta contre ses lèvres. Il commença à se débattre mais une voix féminine le rassura :
-Buvez, vous vous sentirez mieux ensuite.
S'il avait été dans son état normal, il se serait rendu compte que quelque chose d'étrange se produisait dans son esprit, car il n'aurait habituellement pas obéi si facilement à un tel ordre dans cette situation. Mais son mal de tête l'empêchait de réfléchir correctement et il avala docilement le breuvage étrangement sucré, le calme infiltrant ses veines.
-C'est bon, murmura-t-il tandis qu'il reprenait lentement pied.
-Non, ce n'est pas bon, répondit la voix. Je vous l'ai simplement fait croire.
Draco cligna des yeux, surpris, et lorsqu'il se fut suffisamment habitué à la lumière, il se tourna vers la personne qui l'avait réveillé.
Une mutante noire aux yeux bandés lui souriait doucement. Le blond eut un mouvement de recul lorsqu'il reconnut la créature qui avait participé à la réunion.
-N'ayez crainte, dit-elle précipitamment. Je ne vous veux aucun mal.
Cette phrase ne le rassura pas le moins du monde, car le simple fait que la mutante puisse le tuer sans qu'il soit capable de se défendre suffisait bien évidemment à nourrir sa méfiance.
Draco porta son attention sur l'endroit où il se trouvait. La jeune femme et lui-même étaient seuls au centre d'une petite pièce dont le sol et les murs étaient entièrement recouverts de lianes, de plantes rampantes et autres fleurs apparemment carnivores, au point qu'il ne voyait même pas le mur derrière la végétation.
Une des lianes sur laquelle le blond était assis remua et il se leva d'un bond, sur ses gardes.
-Il s'agit de votre cellule, l'informa la mutante. Ces plantes proviennent de la faculté de l'un des nôtres, et sont également capables de diffuser également un parfum soporifique. Tant que vous resterez… sage, elles ne vous feront aucun mal. Mais au moindre comportement agressif, elles vous attaqueront.
Draco réfléchit un instant et finit par demander :
-Kendra, c'est ça ?
La jeune fille hocha la tête, apparemment ravie qu'il se souvienne d'elle.
-Je suis heureuse que vous vous soyez arraché à la contemplation d'Echo suffisamment longtemps pour retenir mon prénom ! s'exclama-t-elle avec un rire moqueur.
Draco fronça les sourcils, vexé.
-Qu'allez vous faire de moi ?
-Rien d'aussi inhumain que ce que vous m'auriez fait si vous m'aviez capturée, sourit Kendra en se relevant. Vous êtes notre prisonnier et vous possédez des informations que nous n'avons pas réussi à obtenir, mais ce n'est pas pour autant que nous allons vous torturer ; nous n'avons guère besoin de cela pour connaître de vos secrets. En réalité, nous aimerions davantage vous faire comprendre que nous ne sommes pas les montres fous et sanguinaires que vous pensez.
-Donc, vous pensez qu'en me retenant ici de force pour me parler de vous, vous réussirez à me faire changer d'avis, espérant que par mouvement de cause à effet, j'incite la population sorcière à plus de tolérance à votre égard, c'est cela ? récapitula Draco, railleur.
-Nous avons cette prétention, en effet, répondit la mutante sans relever le sarcasme.
Le blond sourit d'un air sardonique.
-Cela ne vous empêchera sûrement pas d'essayer, mais je tiens à vous prévenir que vos tentatives seront vaines.
-Nous verrons bien, se contenta de réponde Kendra avant de se détourner. Mais je vous fais confiance, je sais qu'il y a du bon quelque part en vous, bien caché sous cette montagne de mépris, de narcissisme et de bêtise…
Des lianes s'écartèrent sur le passage de la jeune fille, laissant apparaître une ouverture dans laquelle Kendra s'engouffra. Draco, qui avait reniflé méprisamment à l'écoute de la dernière phrase de son interlocutrice, écarquilla les yeux en réalisant que la nature qui l'entourait ne recouvrait aucun mur.
En un éclair, il imagina les plantes fuser vers lui pour le broyer devant des mutants ravis du spectacle, à l'extérieur de sa prison, et un sentiment de terreur pure le submergea. Le contenant à grand-peine, il ne put s'empêcher de penser au dernier moment où il avait éprouvé ce même sentiment.
-Attendez ! cria-t-il à l'intention de Kendra.
Celle-ci se retourna, le visage à moitié dissimulé par l'ombre des feuilles.
-Oui ?
-Pourquoi ne suis-je pas mort ? J'ai reçu un Avada Kedavra…
Draco devina plus qu'il ne vit le sourire malicieux de la mutante :
-Ce n'est pas parce qu'Echo a prononcé un sort à haute voix que c'est celui qu'il a envoyé… murmura-t-elle avant de partir, les ronces refermant l'ouverture.
Les jambes tremblantes, le cœur battant à toute vitesse, Draco se laissa tomber et frappa le sol, rageur.
-Saleté d'ange de merde, siffla-t-il.
oOo
Le lendemain, Kendra lui rendit de nouveau visite. Elle entra dans la cellule de Draco et s'installa confortablement sur les grosses lianes qui recouvraient le sol.
-Bonjour, monsieur Malfoy.
Le blond ne répondit pas, se contentant de la regarder d'un air mauvais. La mutante portait une tenue assez conventionnelle : un jean et un débardeur beige très simples. Ses yeux étaient dissimulés par un bandeau noir et cela mettait Draco mal à l'aise de ne pouvoir croiser le regard de la jeune femme, bien qu'il le cachât parfaitement.
-Bien, fit son interlocutrice sans paraître dérangée par son comportement grossier. Commençons. Tout d'abord, que savez-vous sur les mutants ?
Draco haussa un sourcil, dédaigneux.
-Je sais que vous êtes des humains atteints d'une maladie qui brouille vos sens et votre esprit. Je sais également que si nous ne réussissons pas à vous trouver un antidote, il nous faudra vous éliminer… Pour que le danger que vous représentez pour la communauté sorcière disparaisse en même temps que vous, répondit-il en faisant bien attention à inclure Kendra dans le lot.
La jeune femme secoua la tête en soupirant.
-Cela, c'est ce que vous pensez, monsieur Malfoy, mais la perception est très rarement la vérité. Vous devez savoir que l'on m'a désignée pour vous parler parce que je suis une des mutantes les plus patientes de mon équipe. Vous ne réussirez pas à m'énerver.
-Mais à vous décourager, peut-être…
-Avez-vous déjà eu une réelle discussion avec un mutant jusqu'à présent ? reprit Kendra sans se démonter.
-Je ne suis pas idiot au point de vous répondre que je n'en ai pas vu l'utilité, répliqua Draco en regardant négligemment ses ongles. Simplement, tous les mutants que j'ai eu l'occasion de rencontrer n'étaient que des sorciers découvrant leur pouvoirs, effrayés par leurs symptômes. Le premier mutant acceptant totalement sa maladie que j'ai rencontré a été… Echo. Et nous n'avons pas vraiment eu le temps de discuter…
Le blond se demanda ce que faisait l'ange, en cet instant précis. Etait-il heureux de la savoir prisonnier ? Sûrement…
-Je veux le revoir, lança-t-il soudainement de façon impérieuse.
-Lui ne le veut pas, répondit calmement la jeune femme.
Draco allait répliquer mais Kendra le prit de court.
-N'y pensez même pas.
Le blond la regarda, étonné. La mutante expliqua :
-Je lis dans tes pensées. Tout le temps. J'arrive même à savoir ce que tu vas penser avant même que ton esprit n'ait correctement formulé ton raisonnement. N'espère même pas me mentir. Je te laisse parler alors que je sais ce que tu vas dire uniquement pour que tu ne te sentes pas mal à l'aise.
Le ton était calme, mais Kendra était en colère. Son tutoiement le prouvait.
-Tu ne toucheras pas à Echo. Tu le souillerais, par ta simple existence. Il est bien trop parfait pour toi.
Les mots de la jeune femme frappèrent Draco avec violence et une vague de rancœur le submergea. Comment… Comment ce monstre osait-il sous-entendre qu'il était un moins que rien ? Qu'il valait moins qu'un mutant ?
-Si ce n'est pas lui qui s'occupe de moi, je ne répondrai pas à vos questions.
-Peu m'importe. Je n'ai pas besoin de votre coopération pour vous parler, vous n'aurez qu'à écouter.
-Je n'écouterai pas, rétorqua sèchement Draco.
Une soudaine douleur lui vrilla les tempes et il porta la main à sa tête en gémissant, choqué.
-Je vous y forcerai, répondit tranquillement Kendra avant de se lever, et le blond comprit à quel point il était à sa merci.
-Venez. Vous allez vous laver et vous changer. Ensuite, vous passerez le reste de la journée ici. Levez-vous, je vais bander vos yeux.
Draco ne résista pas, trop heureux de se laver. De plus, protester n'aurait servi à rien, alors il ferma docilement les yeux et un morceau de tissu entoura sa tête.
La mutante lui prit la main pour le guider et le blond ne put retenir un frisson de dégoût ; et s'il suffisait de toucher un mutant pour attraper sa maladie ?
-Si c'est le cas, étant donné tout ce que vous avez fait subir à Echo, ce n'est pas moi qui risque de vous contaminer… susurra sournoisement Kendra avant de l'entraîner à se suite.
Le doute étreignit Draco :
-C'est vous qui l'avez secouru ? demanda-t-il, bien qu'il connut pertinemment la réponse.
-En effet.
Le Serpentard s'attendait à trébucher sur les lianes mais à sa grande surprise, elles semblaient avoir disparu, et ses pas se mirent à résonner contre le sol dur.
Il n'entendit rien, pas un murmure, pas un bruit, juste l'écho de ses pas.
Kendra le guidait silencieusement ; si elle ne lui tenait pas la main, il n'aurait jamais deviné sa présence. Ensembles, ils marchèrent durant plusieurs minutes, tournant une fois à gauche, deux fois à droite. Enfin, la mutante s'arrêta et Draco entendit un bruit étrange, puis ils firent quelques pas en avant et le bruit se reproduit, cette fois derrière eux.
Le blond sentit qu'on enlevait son bandeau et cligna prudemment des yeux avant de les ouvrir complètement.
Il se trouvait dans une grande serre recouverte de buée. Devant lui attendait une baignoire carrée qui s'enfonçait dans le sol, remplie d'une eau si chaude qu'il la voyait fumer. Des serviettes bleues étaient soigneusement pliées un peu partout autour de la grande baignoire et le reste de la pièce était recouvert d'une épaisse pelouse verte. Une douce odeur d'encens embaumait l'air et Draco ne put s'empêcher de pousser un soupir de contentement.
-Tu as une demi-heure, l'informa Kendra, en faisant demi-tour.
Le blond la suivit des yeux et vit l'unique et épaisse porte de la pièce s'ouvrir comme un sas dans un bruit métallique, laissant passer la mutante avant de se refermer brutalement.
Reportant son attention sur le délicieux bain qui l'attendait, Draco aperçut un tas de vêtement qui l'attendait un peu plus loin, sous la lumière tamisée. Il se déshabilla et descendit les escaliers de la baignoire pour entrer précautionneusement dans l'eau.
Une fois immergé, il souffla de satisfaction et se laissa aller dans l'eau chaude, détendant ses muscles crispés. Il n'aurait pas été contre un massage… Mais doutait que les mutants acceptent de lui rendre un tel service.
Calmement, Draco examina les choix qui s'offraient à lui, ce qui fut rapide.
Il ne pouvait pas s'enfuir. Il ne pouvait pas non plus faire semblant de croire ce que disait Kendra pour qu'on le relâche, il ne pouvait pas lui mentir. Il ignorait ce qu'on lui ferait s'il continuait à leur résister et ne tenait pas à le savoir. Le seul moyen de s'en sortir était d'être retrouvé par les aurors… Il ne pouvait qu'attendre. Et, bien que cela lui fasse mal de l'admettre, étant donné avec quelle facilité les mutants les avaient battus, il risquait d'attendre longtemps.
Peut-être même que, lassés de la réticence de Draco, ils ne tentent de se servir de lui comme monnaie d'échange pour être reconnus publiquement comme une nation à part entière, mais le blond en doutait : cette solution de durerait pas longtemps et les mutants voulaient bien plus que quelques mois de répits, sans compter qu'ils auraient toujours les moldus et les sorciers à dos.
Draco s'immergea totalement, retenant sa respiration et fermant les yeux. L'eau l'entoura, semblable à un cocon protecteur. Il savoura cet instant, tentant d'oublier sa dangereuse situation. Le silence l'apaisa et il remonta uniquement lorsqu'il fut forcé de reprendre sa respiration. S'emparant d'une bouteille de shampoing, il en versa dans sa main avant de se laver le corps et les cheveux.
Lorsqu'il sortit au bout d'une vingtaine de minutes pour se rhabiller, le blond était beaucoup plus détendu que lorsqu'il était entré dans la pièce. Il observa les vêtements qu'on lui avait fourni avec réticence ; bien que le pantalon noir long et la chemise blanche étaient de bonne qualité, ils étaient un peu trop grand pour lui et surtout, ils avaient peut-être déjà été portés… Certainement pas un mutant.
Par chance, les habits étaient propres, n'ayant aucune trace d'une quelconque odeur étrangère et Draco finit par les enfiler.
La porte s'ouvrit et Kendra entra, prête à le reconduire dans sa cellule. Draco soupira.
oOo
Les jours passèrent sans qu'il y eut la quelconque amélioration dans les rapports entre Kendra et Draco. Ce dernier avait du mal à les compter, ne voyant ni le jour ni la nuit dans sa prison, et constatait avec horreur qu'il perdait peu à peu la notion du temps.
La jeune femme lui rendait visite une fois par jour mais ne restait jamais très longtemps ; jamais plus d'une heure. L'ancien Serpentard ne la regardait même pas lorsqu'elle lui parlait, lui tournant le dos la plupart du temps. Il s'obstinait à ne croire aucune parole de Kendra qui lui racontait comment elle était devenue mutante, comme elle avait fait la connaissance de Charles Xavier, les réactions souvent violentes des autres humains à son égard…
Draco se persuadait qu'elle mentait, cherchant simplement à s'en faire un allié pour aider sa communauté. Et puis, même si c'était vrai, elle était simplement malade, et si on lui trouvait un antidote, elle n'aurait plus à se cacher, alors…
Un jour, Kendra avait paru très énervée en pénétrant dans sa prison. Elle s'était assise sans dire un mot, cherchant visiblement à se calmer.
-Qu'avez-vous ? avait demandé Draco, prenant enfin la parole.
Intrigué, il se dit que cela pouvait toujours lui servir de connaître la raison du mécontentement de la mutante.
-Rien, avait répondu celle-ci sèchement avant de l'assommer avec ses habituelles leçons sur les mutants.
Mais ce n'était pas « rien », et Draco eut la réponse à sa question à peine deux jours plus tard.
Comme d'habitude, les ronces s'écartèrent et une ouverture apparut, laissant entrer sa visiteuse journalière. Le blond, qui tournait le dos à la mutante, ne dit rien, comme à son habitude. Il sentit Kendra s'approcher de lui mais ne l'entendit pas s'asseoir. Il attendit, peu motivé à engager la conversation lui-même.
Il sursauta lorsqu'il se prit un coup à l'arrière de la tête, pas très fort mais tout de même assez douloureux.
-Imbécile ! s'écria-t-il en se levant avant de se retourner, furieux.
-C'est vous l'imbécile ! répliqua Echo, agacé. Je comprends pourquoi Kendra est si découragée, vous ne daignez même pas la saluer, stupide blondinet.
oOo
-Echo ? fit Draco, aussi surpris que ravi. Pourquoi êtes-vous ici ?
-Parce qu'on me l'a ordonné, évidemment, rétorqua le mutant en relevant fièrement le menton et bizarrement, ce mouvement n'agaça pas Draco, pour une fois.
Il était trop heureux de le revoir, bien que cela lui coûtât un peu de l'admettre.
-Et pourquoi vous l'a-t-on ordonné ? demanda-t-il en se rasseyant, détaillant le brun.
Ce dernier ne portait pas sa combinaison noire, étant vêtu d'un pantalon large et long, confortable, et d'un haut au col très large, à la limite de ses épaules, ce que Draco ne put s'empêcher de trouver très sensuel. Ses ailes, toujours aussi belles, paraissaient immenses et très lumineuses dans cette petite pièce peu éclairée.
Le mutant le regarda d'un air suspicieux mais finit par s'asseoir également, appuyant sa main gauche au sol, l'autre posée sur sa jambe, avant de laisser échapper un soupir.
-Kendra était contre, mais Charles, apprenant votre requête, l'a finalement accordée, après avoir demandé la permission à mon supérieur. Alors, me voilà.
-Votre supérieur ? questionna Draco, intrigué. Ce n'est pas Charles Xavier ?
Echo lui jeta un regard moqueur.
-Charles Xavier est persuadé que nous pouvons faire la paix avec vous. Moi pas, et mon supérieur non plus. Je suis bien plus extrémiste que la plupart des mutants.
-Pourquoi ?
-Parce que je vous ai rencontré ? répondit le brun, faussement innocent.
-Très drôle, répliqua Draco, en haussant un sourcil moqueur.
Ses yeux dérivèrent vers le cou et les épaules de son ennemi et sa respiration s'accéléra imperceptiblement. La peau paraissait douloureusement douce, et l'odeur de l'ange était un délice pour les sens du blond qui se tendit légèrement. Il percevait presque les légères pulsations sous son cou et la sensualité de l'étoffe qui pouvait glisser à tout moment de l'épaule le fascinait.
-Arrêtez ça ! siffla soudainement Echo, ses yeux lançant des éclairs à travers ses mèches noires comme la suie.
-Arrêter quoi ? J'ai le droit de vous regarder, répondit le blond, sûr de lui.
-Je ne suis pas un morceau de viande, alors cessez de me reluquer, ça me dégoûte, assena son interlocuteur, furieux.
-Bien sûr que si, vous en êtes un. Mais, si cela peut vous rassurer… Vous êtes un morceau de viande très appétissant, susurra Draco, une lueur mauvaise dans les yeux.
Le coup vint si rapidement qu'il ne le vit même pas arriver. Il se mit à saigner et étouffa un juron.
Echo agrippa son cou, l'étouffant, et déclara froidement :
-Parlez-moi comme cela de nouveau, et je vous broie les os un par un.
Draco suffoqua, surpris par la force physique du brun.
-Echo ! fit la voix de Kendra.
Draco releva la tête et vit la mutante entraîner son ami visiblement réticent hors de la prison, le laissant seul. Essuyant sa bouche, le blond sourit, cynique.
Même si c'était agréable, cela faisait mal de voir l'ennui s'éloigner.
oOo
-Non mais tu l'as entendu ? Tu l'as entendu, ce sale connard d'enfoiré de merde ? s'écria Harry, hors de lui, tandis que son amie le traînait jusqu'à la petite pièce où Diablo les attendait pour les ramener à l'école dont Charles Xavier était le directeur, à travers les couloirs nus et ternes.
-Oui, je l'ai entendu. Mais surtout, je t'ai entendu toi. Tu l'as provoqué, et tu l'as frappé en premier.
-Il le méritait ! s'écria le brun, outré. Et si tu n'étais pas intervenue, j'aurais remonté ses putains de couilles de merde tellement haut qu'elles lui seraient ressorties pas les yeux –et j'aurais eu raison de le faire !
Les deux mutants poussèrent une porte délabrée et pénétrèrent dans une petite pièce sombre et humide. Diablo se tourna vers eux :
-C'est déjà terminé ? demanda-t-il avec son accent si particulier.
-Oui, répondit Kendra. L'avantage, c'est qu'il semble déjà bien plus intéressé par ses entrevues journalières maintenant que c'est Echo qui s'en occupe. Néanmoins, je ne suis pas certaine que ce dernier soit capable de lui parler de nous ; ils s'entretueront avant.
Diablo sourit et Harry ne dit rien, trop indigné pour répondre.
Le mutant à la queue fourchue (qu'allez-vous imaginer :p) leur tendit les mains et ses compagnons s'en emparèrent, disparaissant dans un flash de fumée noire.
Ils se retrouvèrent à l'intérieur du bureau de Magnéto, dans lequel ce dernier et Charles faisaient une partie d'échec.
-Déjà de retour ? demanda calmement Magnéto. Je présume que tu as encore perdu ton sang-froid ? fit-il en direction de Harry qui haussa les yeux au ciel avant de faire son rapport d'une voix monotone.
A la fin de l'explication du brun, les deux joueurs d'échec se jetèrent un regard en coin avant de rire peu discrètement. Kendra dissimula un sourire et Harry eut une moue boudeuse. Agacé d'être raillé, il releva fièrement la tête :
-Il est inutile de vous moquer. A ma place, je suis certain que vous n'auriez pas pris la chose avec autant de légèreté. Ce n'est pas vous qui avez supporté ses sarcasmes et ses insultes lancées à longueur de journée à notre peuple. Sur ce, si vous voulez bien m'excuser…
Le Survivant fit demi-tour et sortit de la pièce sans plus attendre. Il parcourut d'un pas déterminé les couloirs larges et clairs du troisième sous-sol de l'école et pénétra dans un ascenseur qui le conduisit au rez-de-chaussée.
Les portes se refermèrent sur lui et il se concentra pour faire disparaître ses ailes qui s'évaporèrent dans un doux bruissement. Lorsque les portes de l'ascenseur se rouvrirent, le brun parcourut les couloirs à la décoration moyenâgeuse et se dirigea vers la sortie. La base des X-men était située dans les sous-sols d'un château très grand, aux nombreuses tours dont la plus élevée était l'observatoire, la préférée de Harry. Ce château accueillait tous les mutants qui n'avaient nulle part où aller, les protégeant et les éduquant. Il s'agissait, aux yeux de l'Etat, d'une école pour surdoués. De part son architecture, il ressemblait beaucoup à Poudlard, ce qui le rendait à la fois attirant et détestable aux yeux du Survivant.
Une fois à l'extérieur, Harry marcha en direction du lac et s'assit non loin de lui, au beau milieu du parc. Ce dernier était habité par un jeune mutant incapable de vivre hors de l'eau, à l'apparence assez effrayante ; il ressemblait à un gros requin. Le pauvre garçon avait mis du temps à admettre sa mutation, et ne l'accepterait probablement jamais entièrement.
Harry tourna la tête vers le terrain de jeux, à l'autre bout du parc, observant un instant les élèves qui y jouaient, avant de balayer du retard les mutants qui étudiaient où s'amusaient sur l'herbe brillante. Soupirant, il s'allongea et contempla le ciel nuageux devant lui, s'imaginant en train d'y voler, tombant à pic pour remonter juste avant d'atteindre le sol, comme avant, lorsqu'il jouait au Quidditch… Excepté qu'à présent, il n'avait plus besoin de balai.
Il n'avait d'ailleurs plus besoin de quoi que ce soit qui viendrait du monde sorcier, pour tout dire.
Espionner pour le compte des mutants était très difficile pour lui ; il ne savait plus le nombre de fois où il avait failli se jeter sur Draco pour le tuer de ses propres mains, brisant ainsi sa couverture. Tout en lui le dégoûtait, parce que le blond représentait à lui seul tout ce qu'il haïssait dans le monde sorcier.
Le blond comme la communauté sorcière étaient… Si cruels, attirants, méprisables… Ils se sentaient tellement, tellement supérieurs…
Alors qu'ils n'avaient rien compris.
Rien du tout.
Et lorsque Harry se laissait aller à y penser un peu trop, cette haine qui lui déchirait les entrailles lui faisait si mal qu'il en devenait incapable de respirer.
Une haine sans borne, incontrôlable, brûlante…
Qui consumerait certainement Harry jusqu'à ce qu'il ne reste que les cendres d'une vie évaporée.
-Bonjour, fit soudain une voix douce, tandis qu'une jeune adolescente s'installait à ses côtés.
-Méta ? répondit le brun, incrédule. Tu n'étais pas censée être aux Etats-Unis pour contrer la loi de suppression des mutants ?
-Ça a été décidé hier, expliqua son amie en se tournant vers lui.
Harry l'observa avec attention ; elle ne semblait pas blessée ; c'était le principal. Méta faisait partie des mutants dont on ne remarquait pas tout de suite la différence. Assez petite pour son âge, elle ressemblait à n'importe quelle adolescente, même si ses longs cheveux platine étonnaient, la première fois qu'on la voyait.
Le Survivant esquissa un sourire lorsqu'il constata qu'elle était, comme à son habitude, vêtue de vêtements noirs et de dentelles, semblant constamment en deuil.
Mais peut-être qu'elle l'était réellement ; Harry n'avait jamais osé lui demander.
-Alors ? demanda-t-il enfin. Qu'est-ce qui a été décidé ?
-La loi passe. Tous les mutants originaires des Etats-Unis vont tenter de s'enfuir sous peu –nous devrons tenter d'en aider le plus possible. Ceux qui resteront seront les mutants certains de ne pas se faire prendre ; ou alors ceux qui refouleront leur vraie nature.
Harry soupira, reportant son attention sur le lac, en face de lui. Il avait l'impression que le combat ne cesserait jamais pour lui. Le combat pour ses idées, pour ses convictions, pour les siens.
Pour lui.
Du coin de l'œil, il remarqua le regard bleu de Méta posé sur lui. Mi-agacé mi-résigné, il demanda sans la regarder :
-Quoi ?
-Il parait que t'es fait attrapé par Draco Malfoy… Et que tu es censé le surveiller, maintenant.
-Si tu te mets à croire tout ce qu'on dit… maugréa Harry, les sourcils froncés.
-C'est pour ça que je viens te le demander, rétorqua Méta, un sourire en coin.
Par pur plaisir, Harry ne répondit pas tout de suite, faisant mine de réfléchir. Il reporta son attention sur la jeune fille à ses côtés qui arborait un sourire railleur, absolument pas dupe. Le brun consentit à lâcher :
-Oui, c'est vrai…
-Et tu arrives à le supporter ? demanda son interlocutrice, perplexe.
-J'essaie du mieux que je peux en tout cas, se lamenta Harry en levant un bras au ciel, l'autre posée sur son front en une pose tragi-comique.
Méta eut un autre sourire en coin et s'allongea sur l'herbe, tandis que le brun en profitait pour s'étendre à ses côtés.
Il s'agissait de l'une des occupations préférées de Méta ; s'allonger et regarder les nuages. Souvent, elle confiait au Survivant qu'elle aurait adoré être dotée d'ailes, elle aussi. Et elle ajoutait toujours…
-Pour pouvoir m'envoler, loin, loin d'ici.
Et Harry rétorquait toujours, comme il le fit à cet instant :
-Mais on finirait par te rattraper.
Et Méta ne répondit pas, comme à son habitude. Parce qu'elle savait que Harry avait tenté de s'envoler. Loin, très loin.
Et qu'il n'avait pas réussi.
C'est facile de se dire qu'on peut toujours tout quitter et tout oublier, en s'enfuyant à l'autre bout du monde, parce qu'il est grand et que notre vie est petite ; il est simple de se cacher.
Mais ça dénote un égoïsme sans bornes, une indifférence absolue.
Et comme l'immense majorité des mutants, Harry n'en était pas capable.
Les mutants étaient tous reliés entre eux. C'étaient comme si des milliers de liens invisibles, plus ou moins solides, les attachaient les uns aux autres. On pouvait les rompre, ou pouvait les casser. On pouvait les consolider, on pouvait s'y accrocher.
Harry avait essayé de briser ces liens… Mais au dernier moment, au tout dernier moment, on l'en avait empêché.
Magnéto l'avait enchaîné à lui.
Le Survivant soupira. Un jour, certainement, il s'envolerait loin, loin d'ici…
Mais il ne pouvait pas maintenant. Pas tout de suite.
La mutation… Entraînait une modification cellulaire des humains parfois trop violente pour que ces derniers y résistent, et déjà, certains mutants mouraient violemment, écrasés par la force de leur mutation qui ne cessait de se développer pour finalement les détruire.
Les mutants ne disposaient pas du savoir et des moyens nécessaires pour soigner cette dégénérescence. Mais les sorciers, oui. Après tout, s'ils réussissaient à fabriquer un antidote pour soigner la mutation, eux réussiraient bien à transformer cet antidote pour l'arrêter à un état stationnaire, non ?
C'était pour cette raison que la communauté mutante surveillait avec intérêt les progrès du Ministère sorcier à ce propos, tout en prenant garde à ne pas laisser échapper cette information capitale.
Et lorsque Harry se serait procuré cet antidote, alors il pourrait s'envoler après être venu en aide à Kendra, Méta et Aqua.
Loin des guerres, loin de ces sorciers détestables, loin de tous les humains.
Loin de tous ces humains qui se moquaient totalement du sort des leurs.
Harry se crispa en sentant la haine affluer de nouveau dans ses veines. Comme si elle l'avait senti, Méta glissa doucement sa main dans celle du Survivant, cherchant à le calmer d'une douce pression.
Le Survivant ferma les yeux, incapable pourtant d'empêcher les souvenirs d'arriver jusqu'à lui.
Et puis, peut-être qu'il ne le voulait pas vraiment. Parce que c'était ce qui lui permettait de nourrir sa colère.
Le jour où Voldemort avait été détruit… Le jour où tout avait changé.
Le jour où il s'était rendu compte que sauver le monde, c'était le conserver comme il était… Et que ce monde-là était haïssable.
CDL : … Bah dis donc… Il a la haine, ton Harry…
Oui, c'est parce que tu m'as tellement manqué que j'ai reporté toute ma rancœur sur lui.
CDL : non, c'est vrai ? Oh, c'est le truc le plus gentil qu'on m'ait jamais dit ! (rougit comme une gamine)
Hihi !
Plus sérieusement, je voulais exliquer ici pourquoi Harry était devenu aussi extrémiste, mais raconté comme un souvenir, je trouve que ce n'est pas assez percutant… Alors je le décrirai en détail dans un flash back au prochain chapitre.
J'espère de tout cœur que ça vous a plu, je suis vraiment, vraiment désolée d'avoir mis autant de temps !
CDL : Clair. Depuis que je suis partie, tu n'as pas beaucoup écrit. La preuve que tu n'es rien sans moi.
Alors reste avec moi Conscience de Lune !
Et non, Sinelune n'a aucune dignité, lol.
Bises,
Sinelune.
