Disclamer : les personnages et l'univers appartiennent à Masami Kurumada.
Manganiark : Coucou ! Comment ça va ? Toujours aussi passionné je vois ! Un grand merci pour tes coms et ta fidélité ! Bisous !
Bonne année 2012 à tous et bonne lecture !
Chapitre 2
Sur la plage
La nuit tombait quand Shiryu se décida enfin à bouger et à rentrer. Hyoga et Shun l'attendaient visiblement quand il passa la porte de la maison des bronzes :
- Ah, enfin, je commençais à avoir faim ! dit Shun.
- Vous m'avez attendu ? demanda Shiryu surpris.
- Oui, viens, la table est mise, répondit Hyoga en l'entraînant vers leur petite cuisine.
- Mais je n'ai pas très faim, protesta le Dragon.
- T'as déjà rien manger à midi et puis on a à te parler, intervint Shun d'un ton autoritaire, alors ne discutes pas et viens manger !
Shiryu se laissa entraîner plus heureux qu'il ne le laissait paraître de l'attention de ses amis :
- Me parler de quoi ? demanda-t-il en se servant de la salade mélangée.
- Du geste d'Angelo, dit Hyoga, Shun a une théorie tout à fait intéressante, suggérée par Camus.
- Ah ! Et laquelle ? interrogea le Dragon curieux de savoir si elle rejoignait celle de son maître.
- Angelo est amoureux de toi ! répondit fièrement Shun.
Le Dragon resta un instant silencieux :
- Camus l'a suggéré aussi ? demanda-t-il.
- J'en ais bien peur, lui confirma le Cygne.
- C'est également ce que m'a laissé entendre mon maître, avoua Shiryu.
- Waouh ! Je suis aussi fort que Dohko, s'extasia Shun, déclanchant le fou rire de ses deux compagnons.
- T'emballes pas, mon cœur, lui, il a eu besoin de personne, finit par dire Hyoga après avoir reprit son souffle.
- Ouais, mais toi t'avais rien compris ! lui envoya Shun.
- Peu importe, de toute façon, c'est la seule explication qui tienne la route, dit Shiryu plus sérieusement… et j'ai réfléchi après le départ de mon maître…
Ils continuèrent leur repas en discutant des observations de chacun sur la situation, ils en étaient au café quand Hyoga demanda :
- Et toi Shiryu ?
- Je ne sais toujours pas, mais je le saurais en allant le voir. Ce que j'ai l'intention de faire dès qu'il ira mieux, il n'y a qu'en l'affrontant que je comprendrais, répondit-il.
- Tu n'as pas l'intention de te battre de nouveau ? interrogea Shun inquiet.
- Non, bien sur que non, d'ailleurs je n'ai pas voulu ce qui est arrivée. S'il n'avait pas baissé son cosmos, il aurait paré mon coup. Mais il faut que l'on arrive à s'expliquer même si ça tourne à la dispute au moins on se sera parlé, lui répondit le Dragon.
- C'est bien ce que je disais, une bonne engueulade vaut mieux que tous les silences du monde, conclut Hyoga en souriant.
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Temple du Bélier
Mu n'eut pas le temps d'approfondir ses découvertes sur le Lion, son maître le contactant par télépathie car l'état du Cancer venait subitement de s'aggraver. Le Bélier du se rendre sur le champ auprès de Shion. Il dit au Lion de s'installer dans la chambre d'ami et partit après avoir sélectionné un panel d'herbes médicinales qui pourrait lui servir.
Aïola attendit un moment puis, sentant le sommeil le gagner, entra dans une chambre sans savoir qu'il venait de pénétrer dans celle de Mu. Il se dévêtit et se glissa dans les draps s'endormant pour la nuit.
Mu ne rentra qu'aux premières lueurs de l'aube, Angelo avait brusquement fait une grosse montée de fièvre qu'il avait fallu faire baisser à tout prix et ce n'est qu'à l'aide de leurs cosmos réunis que Shion et Mu y étaient enfin parvenus. Epuisé par cette dépense d'énergie, le Bélier se rendit à sa chambre sans allumer et se déshabilla entièrement avant de se glisser dans ses draps, s'endormant immédiatement.
Une nouvelle journée se leva sur le Sanctuaire et Aïola s'étira dans la pénombre de la chambre de son ami quand il sentit contre son flanc une douce chaleur, ses yeux tombèrent sur une masse de cheveux mauves qu'il identifia sans problème :
- Mu ! hurla-t-il paniqué.
Celui-ci réveillé en sursaut se redressa dans son lit :
- Aïola ? Mais que fais-tu dans mon lit ? demanda-t-il.
- Ton lit ? Mais je croyais être dans ta chambre d'ami ! dit-il en regardant le Bélier torse nu, ses longs cheveux épars autour de lui, ne pouvant détacher son regard du corps d'albâtre de l'atlante.
Mu sourit en se laissant retomber de tout son long, prenant enfin le temps de s'éveiller calmement avant de lui répondre :
- Tu as du te tromper hier soir, c'est ma chambre, expliqua-t-il.
- On a dormi dans le même lit ? demanda le Lion incrédule en rougissant.
- Apparemment oui, dit le Bélier en souriant, plutôt amusé par la situation.
- Mais Mu… commença Aïola.
- Oui ?
- Je suis… essaya le Lion sans plus de succès.
- Nu ? devina Mu devant sa gène visible.
- Ne t'inquiètes pas moi aussi, rajouta-t-il.
Mais cet aveu mit le Lion encore plus mal à l'aise et sous l'œil amusé de son compagnon d'une nuit, il rougit encore plus. Décidément son chaton semblait bel et bien être un hétéro pur et dur, une part de lui regrettait ce constat :
- Fermes les yeux, je vais me lever et enfiler quelque chose, dit-il pour mettre fin à cette situation qui semblait vraiment perturber Aïola, prêt ? rajouta-t-il en s'asseyant.
- Oui, vas-y, répondit le Lion.
Mu se leva donc et alla jusqu'au bout de son lit où se trouvait un peignoir de soie pour l'enfiler. Mais Aïola ne put s'empêcher d'entrouvrir les yeux et put admirer la superbe chute de rein de son compagnon, rougissant de plus belle et sentant monter en lui une brusque bouffée de chaleur, il referma prestement les yeux :
- C'est bon, Aïola, je suis présentable, rejoins-moi dans la cuisine, lui dit le Bélier avant de sortir de la chambre.
Le Lion eut bien du mal à retrouver un semblant de calme, profondément troublé par ce qu'il avait vu et ce qu'il découvrit en arrivant dans la cuisine ne fit qu'augmenter davantage son trouble.
Devant lui, Mu, de dos, préparait le petit déjeuner. Ses longs cheveux mauves léchaient ses fesses musclées à chacun de ses mouvements, le peignoir de soie semblait mettre en valeur toutes ses formes parfaites et dévoilait ses jambes fuselées en les découvrant à mi-cuisses. Malgré lui, une bouffée de chaleur l'envahit de nouveau et il ne remarqua les cernes autour de ses yeux que quand le Bélier s'adressa à lui, légèrement inquiet par son mutisme prolongé :
- Aïola, tout va bien ?
- Tu as l'air crevé, constata le Lion, essayant de se concentrer sur autre chose que le corps de l'atlante.
- Je le suis, j'ai dépensé quasiment toute mon énergie au chevet d'Angelo cette nuit, confirma Mu, je ne suis rentré qu'au petit matin. C'est pour ça que je ne me suis pas rendu compte que mon lit était déjà occupé. Je suis désolé, si je m'en été aperçu j'aurais été dans la chambre voisine, expliqua-t-il.
- C'est pas grave, j'ai juste été surpris, mais tu ne vas pas aller à l'entraînement dans cet état ? demanda Aïola en s'asseyant pour déjeuner.
- Non, Shion m'a ordonné de récupérer, je vais retourner me coucher dés que j'aurais avalé quelque chose. Tu n'auras qu'à fermer la porte, la clé est dessus, tu me la rameras plus tard, dit le Bélier en prenant place à son tour.
- Comment va Angelo ? demanda le Lion.
- Mieux, il a fait une grosse poussée de fièvre, mais je pense que maintenant ça devrait aller. J'aimerais bien savoir ce qui l'a poussé à baisser son cosmos, dit-il songeur.
- J'avoue que je l'ignore mais le connaissant, il en l'a pas fait par hasard, commenta Aïola.
Il y eut un instant de silence puis Mu reprit la parole :
- Du coup, je t'ai laissé en plan, hier soir, j'espère que tu ne m'en veux pas trop, je sais que ce n'est pas facile pour toi en ce moment.
- Ne t'inquiètes pas, ça va aller, le fait de te l'avoir avoué m'a déjà soulagé, dit le Lion.
- Oui, mais il faut maintenant que l'on en parle un peu plus, dés que j'aurais récupérer un peu on reprendras notre discussion, d'accord ?
- D'accord, mais occupes-toi de toi d'abord, lui répondit Aïola en souriant.
- Dans ce cas, je vais me recoucher, dit le Bélier en se levant et sortant de la cuisine.
Si ses perceptions avaient été normales, Mu aurait sûrement ressentit le trouble du Lion lorsqu'il passa négligemment sa main dans ses cheveux d'un geste naturel en passant prés de lui, comme il l'aurait fait avec Kiki. Mais le Bélier était bien trop épuisé et s'endormit dès qu'il eut de nouveau posé sa tête sur l'oreiller, son peignoir gisant par terre.
Aïola finit son petit déjeuner, débarrassa et alla jusqu'à la chambre de Mu. Il ramassa le peignoir et le porta à son visage un instant, totalement dépassé par ce besoin de ressentir si fortement la présence du Bélier.
Il contempla un long moment la silhouette endormie avant de se décider à reposer le peignoir au bout du lit et de sortir de son appartement pour remonter vers son temple.
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A son grand soulagement, il ne vit pas son frère et ne le retrouva qu'à l'arène où Dohko les informa des événements de la nuit et de l'absence du Grand Pope et du Bélier ainsi que du Poisson et du Verseau qui veillaient le Cancer.
La Balance délégua à Saga la direction de l'entraînement alors qu'il prenait en charge Kiki pendant l'absence de son maître.
Aïoros observa son frère sans chercher à l'approcher, attendant patiemment que Mu réussisse là où lui avait échoué, espérant de tout cœur pouvoir retrouver bientôt son contact. Heureusement, Saga l'aidait à surmonter cette épreuve. Le Gémeau venait justement vers lui en souriant. Plus les jours passaient, plus il se rapprochait de Saga, retrouvant en lui son ami d'autrefois. Aïola passa non loin d'eux en leur faisant un signe auquel les deux chevaliers répondirent :
- Ca ne s'arrange pas entre vous ? demanda Saga.
- Je laisse faire Mu, même si je ne comprends pas pourquoi il refuse de me parler, lui répondit tristement le Sagittaire.
- C'est peut-être à cause de moi, après tout je t'ais déjà enlevé une fois à lui, dit le Gémeau songeur.
- Mais il t'a pardonné ! s'exclama Aïoros.
- Oui, mais on ne maîtrise pas toujours ses angoisses, crois-moi.
Le Sagittaire resta songeur face à cette réflexion, après tout peut-être Saga avait-il raison ?
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Temple du Cancer
Shiryu se rendit au quatrième temple dès la fin de l'entraînement, prévenant au préalable Shun et Hyoga.
Ce fut Camus qui vint lui ouvrir et le guida jusqu'à la chambre du Cancer où Aphrodite veillait sur ce dernier, il se leva à son arrivée :
- Il a repris connaissance ? demanda Shiryu.
- Non, pas encore, répondit le Poisson étonné sa présence en ce lieu.
- Je peux rester un peu ? interrogea encore celui-ci.
- Si tu veux. Je vais aller nous faire du thé, dit Aphrodite en le laissant seul auprès du Cancer.
Shiryu s'assit doucement au bord du lit où reposait Angelo, scrutant intensément le visage de ce dernier, cherchant désespérément les réponses à ses questions :
- Qu'est-ce que tu veux de moi Angelo ? demanda-t-il à voix basse au Cancer. Il n'obtint, bien sur aucune réponse de l'homme endormi mais sa main s'ouvrit et se referma plusieurs fois :
- Glisses ta main dans la sienne, dit Camus resté sur le seuil de la porte. Si tu veux vraiment lui venir en aides, glisses ta main dans la sienne, c'est ce qu'il te demande, répéta le Verseau devant son air surpris.
Shiryu regarda tour à tour Camus et le Cancer et avança sa main avec hésitation, la glissant doucement dans celle d'Angelo qui referma aussitôt la sienne sur elle :
- Tu vois, il semble se détendre, rajouta encore Camus avant de quitter la chambre, rassuré par la tournure des événements.
Shiryu s'installa plus confortablement et son pouce se mit à caresser doucement la main dans la sienne, ses sentiments envers cet homme étaient si contradictoires... Mais il avait besoin de savoir.
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Aïola prit une douche et mangea seul avant de partir faire une longue promenade sur la plage. Ses pas le ramenèrent presque instinctivement vers le premier temple où il entra en silence. L'après-midi en était à peine à la moitié et le Bélier devait encore se reposer. Doucement il se glissa dans la chambre de Mu toujours endormi sur le ventre, ses longs cheveux mauves répandus sur les draps autour de lui. Il l'observa un bon moment avant de se décider à lui apporter à son tour un peu l'aide de son cosmos.
Avec d'infinies précautions, il se glissa dans le lit, prés de lui. Mu sentit instinctivement sa chaleur et vint se blottir contre elle dans son sommeil. Tout comme le Bélier l'avait fait pour lui, le Lion le prit dans ses bras, déploya son cosmos et caressa ses longs cheveux soyeux, laissant la douce chaleur désormais familière envahir son corps. Mais il n'avait aucune envie de lutter contre ce sentiment de bien-être qu'il ressentait en présence de Mu, un sourire éclaira son visage et il s'endormit sans même s'en rendre compte.
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Quand en fin d'après-midi, le Grand Pope pénétra dans la chambre du Cancer, il fut surpris d'y trouver le Dragon endormi sur le lit à ses côtés. Shion ne put s'empêcher de sourire à la vue de Shiryu roulé en boule le plus loin possible d'Angelo, relié à lui par son bras tendu au maximum et sa main dans la sienne, reflétant si précisément sa propre contradiction.
Dohko avait raison, le Dragon cachait bien autre chose sous la haine qu'il entretenait vis-à-vis du Cancer. Il tourna son regard vers Camus et Aphrodite qui haussèrent les épaules en guise de commentaires et entreprit un examen rapide du malade, qui visiblement avait prés de lui le plus sur des remèdes.
Il discuta un moment avec le Poisson et le Verseau avant de se téléporter dans le temple de Mu dont il voulait prendre également des nouvelles. Mais une autre surprise de taille l'y attendait quand il ouvrit la chambre de son disciple en le trouvant dans les bras d'un Lion également endormi.
Shion faillit en lâcher un cri d'étonnement, il était persuadé qu'Aïola était hétéro. Or il connaissait les préférences de Mu, alors que faisait-il dans les bras du Lion ?
Perplexe sur sa découverte, il examina rapidement Mu, s'assurant qu'il allait bien avant de disparaître pour ne pas se retrouver dans une situation gênante pour l'un ou l'autre des deux chevaliers.
Mais son intrusion, si courte fut-elle réveilla le Bélier qui avait récupéré et dont les perceptions étaient maintenant redevenues normales. D'ailleurs il sentit tout de suite la présence du Lion bien avant de sentir sa chaleur contre lui. Quand il réalisa leurs positions, Mu se redressa légèrement et découvrit un sourire sur les lèvres de son chaton endormi. Il ne put résister à l'envie d'y déposer un baiser, réveillant instantanément le dit chaton qui ouvrit de grand yeux étonnés sans pouvoir émettre le moindre son :
- Je peux savoir que me vaut ce plaisir ? demanda Mu, taquin.
- Recommences, dit simplement le Lion dans un souffle.
Si le Bélier fut surpris, il n'en montra rien et reposa ses lèvres douces sur celles du Lion qui resserra son étreinte autour de lui.
Aïola savoura ce second baiser et entrouvrit les lèvres quand la langue de l'atlante vint caresser les siennes, surpris des sensations que cela faisait naître en lui. Il le laissa explorer sa bouche avant de ressentir un véritable choc électrique qui se répandit dans tout son être, alors que leurs deux langues se rencontraient et se mêlaient dans jeu subtil qu'il connaissait bien pour l'avoir pratiquer tous deux un bon nombre de fois. Pourtant il sut d'instinct que ce simple baiser qui le prenait totalement au dépourvu, l'emmènerait sur un terrain qu'il ne connaissait absolument pas mais qu'il ne tenait pas à découvrir, s'étant toujours fortement opposé à ce genre de relation pourtant courante chez ses compagnons d'armes. Inconsciemment, sa raison rejeta ce qu'il était en train de faire et le Bélier le sentit.
Mu rompit le baiser et se redressa, regardant intensément son compagnon :
- Aïola, il vaut mieux s'arrêter là, dit-il en se dégageant de son étreinte et en se levant rapidement pour enfiler son peignoir. Je ne suis pas sur que ce soit pour toi un bon moyen de comprendre ton frère, expliqua-t-il en regardant avec douceur le Lion étonné par sa décision.
- Mais enfin Mu, ça n'a rien à voir avec mon frère ! s'exclama-t-il.
- Tu en es certain ? Ne veux-tu pas juste savoir pourquoi celui-ci se rapproche tant de Saga ? Je ne suis pas une simple expérience que tu pourras effacer d'un coup de patte. Je n'ais pas pour habitude de partager ce genre de relation sans avoir un minimum de sentiments envers la personne avec qui je la tente. Ce n'est pas un jeu et je ne veux pas souffrir inutilement en ayant des sentiments pour un hétéro comme toi, finit-il avant de sortir de la chambre.
Aïola resta un moment soufflé par le discours de Mu, mais il avait en partie raison, il ignorait pourquoi il avait eut envie de poursuivre cet échange et ne souhaitait pas le faire souffrir sans raison. Il se rhabilla en silence et rejoignit le Bélier installé sur le canapé dans le salon :
- Mu, loin de moi l'idée de te faire du mal, dit-il en s'asseyant à ses côtés, je suis désolé si je t'ai choqué.
- Je sais, lui répondit le Bélier de sa voix douce en lui souriant.
- Tu veux que je parte ? lui demanda le Lion en baissant la tête.
- Je ne suis pas sur que je pourrais t'aider beaucoup plus… Tu dois déjà savoir pourquoi ton frère et Saga se sentent si proches l'un de l'autre. Maintenant il te faut juste faire le chemin pour accepter cette relation malgré votre passé.
- Je sais, mais je n'ai pas envie de te quitter pour autant, je suis bien avec toi Mu, tellement bien…
Un coup à la porte les interrompit et Mu se leva pour ouvrir à son apprenti qui entra dans la maison de son maître :
- Bonsoir maître Mu, vous allez mieux ?
- Bonsoir Kiki, merci je vais bien, mais on t'avais bien informé ?
- Oui, le chevalier de la Balance s'est occupé de moi ce matin, mais il m'a dit que je pourrais passer vous voir ce soir, alors je venais voir si vous aviez besoin de quelque chose… dit Kiki s'interrompant en découvrant le chevalier du Lion dans le salon :
- Tu pourrais dire bonsoir à Aïola, lui fit remarquer son maître
- Pardon… Bonsoir, dit-il en s'adressant au Lion puis se tournant de nouveau vers son maître, je voulais demander à maître Shion, mais Dohko m'a dit de le laisser se reposer aussi, alors…
- Ne t'inquiètes pas pour lui, il va mieux. Il est passé ici tout à l'heure, dit le Bélier qui remarqua aussitôt le visage choqué du Lion à cette annonce. Malgré lui son cœur se serra douloureusement devant cette constatation :
- Tu veux manger avec moi ? proposa-t-il à son apprenti qui accepta avec joie.
- Tu manges aussi avec nous ? demanda Kiki au Lion mais Mu répondit avant qu'il ne le fasse :
- Aïola était juste passé prendre de mes nouvelles, il doit sûrement avoir autre chose à faire, expliqua le Bélier.
- En fait non, si ma présence ne vous gêne pas je serais ravi de rester un peu, dit le Lion en regardant Mu droit dans le yeux.
Le Bélier capitula devant le sourire ravi de son apprenti qui s'entendait très bien avec le Lion :
- Bien, mettez donc la table pendant que je prends une douche, conclut-il avant de sortir de la pièce, se disant que la présence de Kiki lui éviterait au moins de déraper de nouveau.
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Temple du Cancer
Aphrodite se chargea d'apporter à manger au Dragon qui balbutia un remerciement sous le regard bienveillant du Poisson qui l'aida même à se nourrir, sa main droite étant toujours dans celle du Cancer :
- Est-ce que tu peux demander à Camus de prévenir Hyoga que je reste ici ? dit-il alors que chevalier lui apportait une tasse de thé.
- C'est déjà fait Shiryu, répondit Camus, j'ai également prévenu ton maître.
- Merci, le remercia le Dragon, troublé de n'avoir même pas senti sa présence mais ses sens étaient loin d'être à leurs meilleurs niveaux.
- Reposes-toi, j'ai l'impression que toi non plus tu ne dors plus beaucoup ces derniers temps, lui conseilla alors Aphrodite.
- Pourquoi moi aussi ? voulut savoir Shiryu.
- Angelo ne passe quasiment plus une nuit en paix et c'est encore pire quand tu séjournes au Sanctuaire… Il passe sa nuit à déambuler dans le domaine sacré…
Le Dragon pâlit légèrement à cette révélation, se pourrait-il que cette étrange impression d'être observé quand il se rendait à la plage la nuit soit bien plus qu'une simple sensation ?
Il laissa le Poisson et le Verseau quitter la chambre avant de se rallonger sur le lit, laissant un peu moins de distance entre eux et s'endormit rapidement.
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Temple du Bélier
La soirée s'écoula très rapidement chez le Bélier qui dut calmer à plusieurs reprises l'enthousiasme débordant de Kiki qui s'entendait à merveille avec Aïola. Mais quoi d'étonnant à cela ? Tous les enfants aimaient le Lion.
Une fois le repas achevé et une bonne partie de rigolade entre les deux squatteurs de son temple. Mu envoya l'enfant se coucher qui comprit au ton de son maître qu'il n'était plus l'heure de discuter. Le Bélier laissa tout de même le Lion l'accompagner et sortit prendre l'air en s'asseyant sur les marches de son temple.
Il réfléchit posément aux événements de la journée, de son premier réveil avec le Lion à son deuxième. De ce baiser échangé, à ce moment où il avait senti son cœur se serrer en voyant son visage se décomposé quand il avait su que Shion était venu. Il avait compris à cet instant qu'Aïola avait déjà pris son cœur et que la suite allait le faire souffrir, car il ne pouvait se résoudre à l'abandonner à ses démons. S'il ne l'aidait pas, le Lion n'accepterait jamais la relation de son frère avec Saga… Or, le Gémeau et le Sagittaire avaient eux aussi droits au bonheur… Mais à quel prix serait le bonheur de ces trois là… au sien sans doute, mais quel importance au fond…
Il se releva et remonta les marches, Aïola l'attendait dans son salon :
- Kiki s'est endormi, annonça-t-il.
- Merci Aïola, tu veux un café ?
Le Lion accepta avec le sourire et le suivit dans la cuisine :
- Mu ?
- Oui ?
- J'étais sérieux tout à l'heure, tu sais…
- Je sais, Aïola.
- Alors pourquoi ne me laisses-tu pas une chance de te convaincre ?
- Tu ignores de quoi tu parles. Pour toi c'est nouveau et amusant. Mais tu n'as pas vu ton visage quand j'ai dit que Shion était passé, dit Mu en se retournant pour planter ses yeux doux dans le regard pétillant du Lion, je t'aiderais mais ne me demandes pas de croire à une illusion, Aïola.
- Alors je te prouverais le contraire Mu, assura le Lion en souriant.
Il avala la tasse de café et fit le tour de la table pour se retrouver en face du Bélier, sa main se posa en douceur sur son visage :
- On se voit demain, bonne nuit Mu, dit-il encore avant de sortir pour regagner son temple.
Le Bélier soupira et alla fermer la porte avant de se glisser dans son lit non sans avoir jeté un œil sur Kiki.
Le Lion remonta allègrement vers son temple, s'arrêtant au passage dans celui du Cancer pour prendre des nouvelles de celui-ci. Pour la première fois depuis bien longtemps il s'endormit serein, la tête emplie d'un sourire doux et bienveillant…
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Temple du Cancer
Il faisait encore nuit noire quand Angelo ouvrit les yeux, il sentit tout de suite le cosmos du Dragon et le chercha des yeux, poussant un juron en ressentant une violente douleur dès qu'il voulut bouger :
- Tu ne devrais pas bouger, dit une voix qu'il aurait reconnue entre mille dans le noir.
- Shiryu ?
- C'est moi Angelo.
Il distingua sa silhouette se redresser dans le noir :
- On est où ? demanda-t-il.
- Dans ton temple, plus exactement dans ton lit.
Que faisait le Dragon dans son lit, Angelo tenta de nouveau de se redresser mais du bien vite renoncer :
- Tu n'aurais pas si mal si tu n'avais pas baissé ton cosmos, pourquoi Angelo ?
Celui-ci réalisa alors qu'il tenait une main, il la serra :
- Eh doucement, tu vas me broyer la main, se plaignit Shiryu.
Le Cancer desserra son étreinte et essaya de rassembler ses idées… le combat contre le Dragon… la violente douleur… sa question… et puis plus rien… Mais pourquoi tenait-il sa main ?
- Que fais-tu ici ? demanda-t-il sans répondre à sa question.
- Très bonne question, dit la voix ironique du Dragon, si je le savais… En fait si je sais, je veux des réponses, répondit-il.
- Des réponses ?
La porte s'ouvrit et la lumière inonda la chambre obligeant le Cancer à refermer les yeux un instant :
- Angelo ? Tu es réveillé ? s'exclama Aphrodite en se précipitant vers le lit.
- Salut Aphro, lui répondit le Cancer en lui faisant un sourire.
- Tu m'as foutu un sacré trouille tu sais ? continua le Poisson.
- Camus ? interrogea Angelo en apercevant le Verseau.
- Salut Angelo, bon retour parmi nous, sourit Camus.
- Tiens, Shiryu, aides-moi à lui passer ça, dit le Poisson en baissant le drap qui recouvrait le torse nu du Cancer.
Fasciné, celui-ci observa le Dragon tendre sa main gauche au Poisson pour recueillir une pommade qu'il commença à appliquer sur son torse aidé par Aphrodite. Sa longue chevelure suivait chacun de ses mouvements et lui cachait en grande partie son visage. Angelo ne put s'empêcher de gémir de douleur malgré la douceur dont faisait preuve les deux chevaliers, son regard croisa alors celui de Shiryu, une douleur plus vive lui fit fermer les yeux :
- C'est quoi votre truc ? M'achever à petits feux ? protesta-t-il.
- Ca pourrait être drôle, mais non. Mu m'a dit qu'il fallait te passer cet onguent dès ton réveil pour calmer la douleur, lui répondit Aphrodite.
Ils avaient finis :
- Lâches-moi Angelo, il faut que j'aille me laver les mains, demanda le Dragon.
Le Poisson et le Verseau retinrent un instant leurs souffles devant le regard que le Cancer lança à Shiryu. Il contenait une telle supplique… Mais il lui obéit et le libéra. Le Dragon se leva et sortit de la chambre sans un regard en arrière.
Angelo ferma les yeux de désespoir, pour une fois qu'il était si près…
- Aphro, tu peux m'aider à me lever ?
- Bien sur.
Quand Angelo se recoucha toujours aidé par le Poisson une vingtaine de minutes plus tard, le cosmos du Dragon avait disparu de son temple :
- Il est parti ? demanda-t-il.
- Oui, pour l'instant, répondit le Poisson, mais j'ai la vague impression qu'il va revenir…
Angelo ne répondit pas et replongea dans le sommeil, épuisé par l'effort qu'il venait de fournir, Aphrodite lui déposa un baiser sur le front de éteignit la chambre.
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Shiryu se rendit à la plage pour sa baignade nocturne, indécis sur la conduite à tenir mais ses pas le ramenèrent au quatrième temple dont la porte n'était pas fermée. Habitué à se déplacer dans le noir, il se glissa sans bruit dans la chambre du Cancer où la main de celui-ci chercha tout de suite la sienne. Résigné, le Dragon la lui donna et se rendormit à ses côtés.
La première pensée de Mu à son réveil fut pour Aïola. Il se demanda si le Lion avait passée une bonne nuit mais un bruit de vaisselle cassée interrompit le cours de ses pensées. Kiki…
Il rejoignit son apprenti dans la cuisine où celui-ci venait de casser une tasse en préparant le petit déjeuner. Le Bélier soupira devant sa maladresse mais s'attela à la tâche de calmer le jeune atlante, bouleversé par son geste.
Aïola, lui, pensa à son frère. Il était sûrement celui qui pouvait répondre à ses questions, mais le seul fait de l'imaginer dans les bras de Saga le mettait hors de lui. Il ne pouvait pas non plus se tourner vers Shion, étant le maître de Mu, il aurait un parti pris pour son disciple. Impossible de se tourner vers Milo s'il voulait éviter que tout le sanctuaire soit au courant de son attirance pour le Bélier… attirance qu'il n'arrivait même pas comprendre lui-même.
Les mots de Mu lui revinrent en mémoire et il soupira. Il ne pouvait en vouloir au Bélier de le croire si peu. Après tout il avait raison, il était un hétéro et ce baiser échangé avec lui était le premier écart du Lion à cet état de fait… Et il n'était pas vraiment sur de vouloir continuer dans cette voie… En fait, il en était intimement convaincu… Mais comment expliquer ce besoin irraisonné de voir le Bélier ?
Shiryu s'éveilla bien avant les premières lueurs de l'aube et contempla longuement le chevalier du Cancer à la lueur du jour naissant et envahissant peu à peu la chambre.
Il avait bougé dans son sommeil et reposait maintenant sur le côté, tourné vers lui, sa main tenant celle de Shiryu, remontée à la hauteur de son visage. Il semblait si loin de cette image arrogante qu'il affichait en permanence en temps ordinaire… Le Dragon ne put s'empêcher de passer sa main gauche dans la chevelure bleu nuit du Cancer, essayant vainement d'y remettre un peu d'ordre… Il ne savait toujours pas vraiment ce qu'il faisait ici, la réponse qu'il avait donnée cette nuit à Angelo, n'était pas tout à fait vrai… Bien sur il voulait des réponses… Mais il voulait aussi savoir ce qu'il ressentait pour cet homme… Cette haine viscérale que lui inspirait le Cancer n'était pas naturelle, cela il y a longtemps qu'il s'en était rendu compte… Et plus il le regardait, plus ses pensées semblaient incohérentes…
Angelo ouvrit les yeux et réprima une grimace de douleur, sa position n'était pas idéale pour son torse blessé. Il entreprit de se remettre sur le dos avec difficulté mais une main secourable vint à son aide et le regard du Cancer plongea dans les émeraudes du Dragon qui se portait à son secours. Sa longue chevelure effleura son visage et il pu sentir le parfum iodée qu'elle dégageait, il fut bientôt sur le dos, dans une position beaucoup plus confortable et il observa le Dragon qui avait détourné la tête vers la fenêtre… Alors il était revenu, comme l'avait supposé Aphro… Vu l'odeur que dégageait ses cheveux, il avait du aller se baigner… comme toutes les nuits, Angelo regrettait de ne pas avoir pu l'observer cette fois… Aphrodite entra dans la pièce, interrompant le cours de ses pensées.
A suivre…
