Disclamer : les personnages et l'univers appartiennent à Masami Kurumada.

Manganiark : Merci encore une fois pour tes coms ! Je voie que ces couples t'inspirent au plus haut point ! Voilà la suite demandée... Bisous et merci encore !

Bonne lecture !


Chapitre 3

Un mois s'était écoulé depuis ces événements. Angelo était maintenant remis et reprenait doucement l'entraînement sous la surveillance de Mu et de Shion.

Shiryu avait quitté le Sanctuaire quelques jours après ce dernier matin où il ne lui avait même pas parlé, sans revenir le voir, et le Cancer ne comprenait pas pourquoi il était parti, ni même pourquoi il était venu le veiller.

Aïola suivait une sorte de thérapie avec Mu qu'il retrouvait tous les après-midi et celle-ci semblait porter ses fruits car il avait enfin accepté de parler à son frère en présence du Bélier.

Mu, lui, s'enfonçait tout doucement dans un amour sans issue qu'il gardait au plus profond de lui. Il espérait que la guérison du Lion arriverait vite et qu'il pourrait partir bientôt soigner ses blessures à Jamir, mais c'était sans compter sur son apprenti.

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Temple du Bélier

Quand Aïoros pénétra cet après-midi là dans le premier temple, il était plus tendu que jamais. Il avait fait une halte chez Saga qui était devenu son amant depuis une quinzaine de jours. Mais tous deux avaient maintenu le secret sur l'évolution de leur relation tant que les deux frères ne s'étaient pas réconciliés.

Le Sagittaire avait fini par se ranger à son avis et était presque sur de ce que son cadet allait lui annoncer. Mais comment y faire face ? Malgré de longues heures de discussions, ni lui, ni Saga n'avait trouvé de solution. Aïoros plaçait tous ses espoirs dans le Bélier car il ne voulait pas avoir à choisir entre son frère et son amour.

Mu l'accueillit avec un sourire confiant et le guida jusqu'au salon où se trouvait déjà Aïola :

- Salut grand frère, dit-il en se levant et en lui ouvrant ses bras.

Le Sagittaire se jeta dedans et le serra contre lui :

- Aïola, enfin…

Mu les quitta le temps de préparer du café qu'il amena dans le salon, les deux frères s'étaient assis et l'émotion était palpable, il prit la parole de sa voix douce :

- Je ne suis pas sur que ma présence soit nécessaire mais Aïola a tenu à ce que je sois là, toutefois, je comprendrais si cela te gêne, Aïoros.
- Non Mu, je te remercie d'avoir cette délicatesse mais je crois savoir ce qui a provoqué cette situation et je te suis reconnaissant d'avoir pris soin de mon frère, lui répondit le Sagittaire en le regardant.

Le Bélier se doutait bien que Saga et lui avait finis par comprendre :

- Peux-tu dire à ton frère quel est ton opinion ? proposa-t-il au Sagittaire entrant ainsi dans le vif du sujet.

Aïoros prit une grande inspiration et fixa son regard sur son cadet :

- En fait, c'est plutôt Saga qui l'a compris et j'ai fini par me ranger à son idée. C'est à cause de notre relation, n'est-ce pas ?

Le Lion baissa la tête un instant puis sentit le cosmos bienveillant de Mu l'entourer et il affronta le regard de son aîné :

- Tu m'en veux ?
- Non, je regrette simplement que nous n'ayons pu en parler avant et j'aimerais comprendre pourquoi. J'étais sur que tu lui avais pardonné ses erreurs passées, répondit-il.
- C'est toujours le cas et cela n'a jamais été remis en question. Non c'est simplement une jalousie maladive qui s'est emparée de moi quand j'ai compris qu'il allait encore t'enlever à moi, tenta d'expliquer Aïola.

Aïoros le regarda sans comprendre :

- Ton frère a assimilé votre relation à votre passé commun, vous étiez très proche autrefois toi et Saga ? lui demanda Mu.
- Oui, c'était mon meilleur ami, répondit le Sagittaire.
- Aïola s'est retrouvé perdu entre le passé et le présent. Sa jalousie et sa colère l'empêchaient de faire la différence entre les deux situations. Chaque fois qu'il te voyait avec Saga, il replongeait dans son enfance et revivait malgré lui ce drame, expliqua Mu.
- Et aujourd'hui ? demanda anxieusement Aïoros.
- Je crois que j'arrive maintenant, grâce à l'aide de Mu, à différencier les deux. Avec son aide, j'ai appris à mieux gérer mes émotions face à cette colère qui m'envahissait et qui obscurcissait mon jugement.
- Et pourquoi ne m'en as-tu jamais parlé ?
- Parce que je ne voulais pas gâcher ta chance d'être heureux et t'obliger à faire un choix.
- Alors tu acceptes Saga ?
- Oui, vous pouvez officialiser votre liaison sans problèmes, je ne te dis pas que tout sera facile. Mais je ferais de mon mieux et maintenant que tu sais, tu pourras intervenir, lui confirma son frère.
- Comment ? interrogea celui-ci interloqué par ce qu'il avait deviné.
- Mu a des perceptions très aigues tu sais, lui répondit-il.
- Ne t'inquiètes pas, je n'en ais parlé à personne d'autre que ton frère, le rassura Mu en souriant, et je pense que vous devriez aller ensemble annoncer la bonne nouvelle à Saga, je perçois d'ici son anxiété, ajouta le Bélier.

Les deux frères se levèrent, Aïoros se tourna vers Mu avant de sortir :

- Comment te remercier ? demanda-t-il.
- En étant heureux tous les trois, c'est ce qui me fera le plus plaisir, lui répondit le Bélier en souriant.

Mais si ses perceptions étaient aigues, le Sagittaire avait lui aussi un certain don de ce côté, et il put sentir l'espace d'un court instant une immense tristesse émaner du cosmos de Mu. Mais le Bélier s'était déjà repris et c'est en souriant qu'ils se saluèrent, Aïoros entraînant son frère retrouvé vers le temple des Gémeaux.

Mu les regarda disparaître dans les escaliers et rentra dans son appartement qu'il ferma à clé, alors seulement, il se laissa aller à la tristesse et laissa enfin couler ses larmes, déversant enfin le chagrin qui lui comprimait le cœur.

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Pendant ce temps au palais

Shion releva la tête de ses papiers en entendant ce que le garde venait de lui dire et lui ordonna de faire entrer son visiteur.

Kiki pénétra dans le bureau avec appréhension, il n'était encore jamais venu en ce lieu où celui qu'il considérait un peu comme son grand-père officiait et regardait tout autour de lui :

- Bonjour Kiki, le salua le Grand Pope, très surpris et aussi un peu inquiet de le voir là.
- Bonjour maître Shion, je suis désolé de vous déranger, commença le jeune atlante visiblement très impressionné.

Shion sentit tout de suite que quelque chose perturbait au plus au point l'apprenti Bélier et que cette pièce officielle le mettait mal à l'aise :

- Je ferais bien une petite pause, tu te joins à moi pour un goûter ? demanda-t-il à l'enfant qui lui sourit, reconnaissant.
- Viens, dit-il en l'entraînant vers son appartement qui serait moins officiel pour l'enfant qu'il était, Shion était curieux de savoir ce que lui voulait Kiki.

Le Grand Pope composa un goûter improvisé qui détendit instantanément l'enfant et après quelques échanges anodins lui demanda enfin ce qui l'amenait :

- C'est au sujet de mon maître, il ne va pas bien, je savais pas à qui en parler, dit Kiki.

Shion réfléchit un instant, c'est vrai qu'il n'avait pas vu son disciple en tête à tête depuis l'accident avec Angelo :

- Que veux-tu dire ? demanda-t-il.
- C'est difficile à expliquer, je le ressens parfois dans son cosmos et alors c'est comme si… commença le jeune garçon en cherchant comment expliquer ce qu'il ressentait mais Shion finit pour lui :
- C'est comme si tu recevais de plein fouet un violent coup ? demanda-t-il doucement.
- Oui, c'est ça… Je ne sais pas pourquoi mais je sens à ce moment que quelque chose va très mal chez lui.

Shion était étonné que Mu ne se fût pas rendu compte que les perceptions du jeune atlante étaient en train de se développer :

- C'est tout naturel, c'est un don particulier que nous possédons, nous les atlantes, expliqua-t-il à Kiki, et il est normal que tu commences à le développer et à le découvrir.
- Maître Mu m'avait parlé de ça, mais je ne l'avais encore jamais ressenti et comme cela le concernait…
- Tu n'as pas osé lui en parler, finit le Grand Pope pour lui, ne t'inquiètes pas, je vais m'occuper de ton maître et tu as bien fait de venir me voir. N'hésites jamais à le faire, d'accord ?

Kiki eut un énorme sourire qui réchauffa le cœur de Shion et ils reprirent une discussion plus anodine pour finir le goûter. Il raccompagna ensuite Kiki jusqu'au seuil du Palais, avant de partir le jeune atlante se retourna une dernière fois vers lui :

- Maître Shion, j'ai vraiment un mauvais pressentiment pour Maître Mu, j'espère que je n'ai pas trop attendu, lui dit-il avant de descendre les escaliers.

Le Grand Pope promit de venir le voir et le regarda dévaler les escaliers, plus inquiet qu'il ne lui avait laissé paraître, il retourna dans son bureau et se téléporta immédiatement chez Mu.

En atterrissant dans son salon, il eut le souffle coupé par la violente détresse de son disciple qu'il ressentit de plein fouet, bien avant de le découvrir en larmes dans sa chambre. Il déploya alors son cosmos autour de lui, Mu releva la tête et se jeta dans ses bras en sanglotant.

Shion utilisa alors ses pouvoirs pour calmer et endormir le Bélier avant d'appeler Dohko mentalement pour qu'il vienne le rejoindre.

Dès qu'il fut arriver, Shion remonta rapidement au Palais régler les urgences et redescendit ensuite au premier temple pour veiller avec lui sur Mu, s'interrogant tous les deux sur ce qui avait pu provoquer cette brusque rupture chez l'atlante. Mais il leur fallut attendre le lendemain pour obtenir des réponses à leurs questions. Shion se refusant à fouiller son esprit sauf en cas d'absolue nécessité.

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La nuit enveloppa le Sanctuaire, Angelo déambulait comme presque toutes les nuits, ses pas le menant invariablement vers la maison des Bronzes où tout était noir et silencieux, aucun d'eux ne séjournant actuellement au Sanctuaire.

Il se retrouva ensuite sur la plage, à l'endroit même où le Dragon venait se baigner et s'assit dans le sable, son regard sombre errant sur les vagues qui venaient s'échouer à quelques mètres de lui.

Il laissa son esprit vagabonder, se demandant où se trouvait actuellement Shiryu et ce qu'il pouvait bien faire. Malgré lui une sourde colère l'envahit en imaginant celui qu'il aimait dans d'autres bras, il eut une vision si précise du corps sculpté du Dragon qu'il avait tant de fois observé que ses sens s'embrasèrent. Alors il se déshabilla et plongea dans la méditerranée pour calmer quelques peu ses hormones sans se rendre compte que plus haut dans les collines, un observateur scrutait attentivement chacun de ses gestes.

Quand il sortit de l'eau, il eut la vague sensation qu'il n'était plus seul, mais trop diffuse pour qu'il puisse la confirmer, le jour se levait, il retourna à pas lents vers son temple pour y dormir quelques heures avant d'affronter une nouvelle et morne journée.

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Temple du Bélier

Mu émergea d'un sommeil sans rêve et se traîna jusqu'à sa cuisine où il découvrit Shion et Dohko qui déjeunaient :

- Maître… Dohko…
- Bonjour Mu, viens t'asseoir, lui dit Shion.

Le Bélier lui obéit machinalement, cherchant à rassembler ses souvenirs qui lui revinrent brutalement. Il baissa la tête sur la tasse que Dohko venait de déposer devant lui… Comment son maître avait-il pu surgir à ce moment précis où il évacuait ce trop plein de chagrin ?

Il avala par petite gorgée la tasse bouillante, ne se demandant même pas ce qu'elle contenait, s'en remettant totalement à la sagesse de ses deux aînés. Il se sentait vide et las de tout, il fallait qu'il quitte le Sanctuaire au plus tôt…

Dohko se leva :

- Bon, je vous laisse, je vais m'occuper de l'entraînement.

Mu releva la tête, il était déjà si tard ?

- Toi, tu restes avec moi, dit Shion en le regardant. Le Bélier acquiesça, heureux d'échapper à ce qui menaçait d'être une réelle épreuve, surtout s'il devait se retrouver face à un Lion débordant de bonheur.
- Kiki… dit-il malgré tout.
- Je vais m'en occuper, ne t'inquiètes pas Mu, lui répondit Dohko.
- Il faut aussi que tu t'occupes de ton disciple, lui dit Shion.
- Je sais, il est arrivé cette nuit, lui répondit Dohko qui avait perçu le Dragon pendant leur nuit de veille. A plus tard, dit-il avant de sortir

Dès qu'il fut sorti le Bélier regarda son maître :

- Il faut que j'aille à Jamir quelques temps, lui annonça-t-il
- Tu préfères fuir que d'affronter la situation ? Ce n'est pas dans tes habitudes Mu, lui répondit Shion, surpris.
- J'ai besoin d'un peu de temps, plaida le Bélier, je peux emmener Kiki avec moi.
- Ce n'est pas une bonne idée… Sais-tu comment je suis arrivé ici hier ?

Mu secoua négativement la tête :

- Kiki est venu me voir au palais. Il est très inquiet pour toi, tu ne t'es même pas rendu compte qu'il développait ses pouvoirs d'empathie, lui expliqua Shion calmement.

Le visage du Bélier devint instantanément d'une pâleur extrême, ses larmes se mirent à rouler sur ses joues, alors qu'il regardait, effaré, son maître. Mais quel maître était-il pour être passé à côté de cet événement si important dans la vie d'un atlante ? Ces perceptions étaient si déroutantes quand on les recevait pour la première fois. Comme Kiki avait du se sentir seul dans cette épreuve ?

- Comment ais-je pu… murmura-t-il, comment va-t-il ?
- Bien, il ne comprenait pas. C'est pour ça qu'il est venu me voir et comme ces premières perceptions te concernait, toi, il n'a pas osé t'en parlé… le rassura Shion

Mu semblait vraiment abattu par cette nouvelle, finalement, le laisser partir se remettre à Jamir lui ferait peut-être du bien, pensa le Grand Pope. Pour ne pas se rendre compte de qui s'était passé pour Kiki, il devait vraiment être concentré à l'extrême sur une chose qu'il devait garder au plus profond de lui :

- Tu veux me parler de ce qui ne va pas ? lui demanda doucement Shion, se doutant un peu de la nature du problème.

Mais son disciple resta muet :

- Ok, je te laisse partir à Jamir, mais pas plus d'une semaine, je vais m'occuper de Kiki pendant ce temps. Mais il a besoin de toi Mu, il est à un moment très important pour lui.
- Je sais, ça me suffira. Je vous le promets, dit le Bélier reconnaissant.
- Bien, je veux que tu me contactes tous le jours, ok ?
- Promis, dit le Bélier en lui adressant son premier sourire.

Shion le laissa aller prendre sa douche et préparer ses affaires, mais une chose le tracassait encore…

Mu vint le rejoindre un peu plus tard prêt à se téléporter à Jamir, Shion lui demanda alors innocemment :

- Si tu veux, je peux te faire accompagner d'un autre chevalier d'or, je sais que tu passes beaucoup de temps avec Aïola, ces temps-ci…

La panique qu'il décela dans le cosmos de son disciple suffit à confirmer les doutes de Shion, mais c'est d'une voix calme que Mu lui répondit :

- Non, ça ira, si j'ai besoin d'aide je vous le ferais savoir, finit-il avant de disparaître aux yeux de Shion qui soupira… Alors le problème venait bien du Lion, il fallait qu'il en sache plus.

Il remit le temple en ordre avant de se téléporter au palais, prévenant mentalement Dohko de l'y rejoindre le plus tôt possible en prenant soin de l'informer du départ de Mu et de ce qu'il avait découvert. Il faudrait aussi qu'il prenne du temps pour s'occuper de Kiki pendant l'absence de Mu.

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Angelo eut un vrai moment de panique en voyant apparaître le Dragon qui descendait tranquillement le chemin menant aux arènes, quand était-il arrivé ?

Il fut encore plus surpris quand il se retrouva face à lui, qu'il lui tendit la main pour le saluer et lui demandant s'il allait mieux. Il répondit évasivement à sa question et se sentit tirer par Aphrodite qui l'entraîna de force dans les gradins, alors que Shiryu continuait à saluer ses aînés pour finalement s'écarter discuter un peu avec son maître qui était le seul à ne pas sembler être surpris par l'arrivée du Dragon.

Puis l'entraînement commença sous la direction de Saga alors que Dohko prenait en charge l'apprenti Bélier. Les combats se succédaient et Angelo pu admirer une fois de plus son Dragon qui fut défier par le Lion. Il gagna d'ailleurs le combat face à un Aïola qui semblait plus distrait que d'habitude, son frère le remarqua aussi et se mit à parler mentalement avec Saga :

« Tu crois que c'est à cause de quoi ? demanda-t-il à son amant.
- J'en sais rien, mais pas à cause de nous, il était très bien en arrivant, tu l'as vu ce matin ?
- Oui, il m'a semblé tout à fait normal, en fait c'est depuis que Dohko a annoncé l'absence de Mu et de Shion…
- Peut-être qu'il s'inquiètes pour le Bélier, après tout c'est lui qui l'as aidé…
- Je vais manger avec lui pour tâcher d'en savoir plus
- Ok »

Aïola partit très vite à la fin de l'entraînement, son frère dut lui courir pour le rattraper avant qu'il n'atteigne son temple :

- Eh, attends-moi !

Le Lion se retourna, contrarié par l'arrivée de son frère. Il voulait prendre une douche et descendre au premier temple, l'absence de Mu l'inquiétait :

- Que veux-tu ? Je suis pressé, il faut que j'aille voir Mu.
- Tu veux aller à Jamir ? lui répondit le Sagittaire.
- Jamir ?
- Si tu n'étais pas parti aussi vite, tu aurais entendu Dohko nous dire que Mu s'était retiré à Jamir, lui expliqua son frère devant son air éberlué.

Le Lion essayait vainement de comprendre les paroles de son frère :

- Non, dit-il, c'est impossible… murmura-t-il

Aïoros voyant le désarroi de son cadet l'entraîna jusqu'à son temple, cherchant à comprendre ce qu'il y avait réellement entre lui et le Bélier.

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Angelo regarda partir Shiryu avec son maître, la mort dans l'âme, il devrait attendre la nuit pour le revoir, il alla se terrer dans son temple, peu désireux de rencontrer qui que ce soit. Mais c'était sans compter sur son ami de toujours et son tout nouvel amant qui eurent tôt fait de pénétrer dans le quatrième temple pour tenir compagnie au Cancer et l'entraîner de force dans une ballade en ville.

En effet leurs nuits de veilles communes dans le quatrième temple avaient finies par rapprocher les deux chevaliers, mais il avait fallu une infinie patience du Verseau pour parvenir à baisser les barrières d'un Poisson déjà échaudé par une aventure houleuse avec une jeune chevalier d'argent dont il s'était très fortement épris.

Malheureusement pour lui, il en allait tout autrement pour sa jeune conquête qui avait fini par succomber à d'autres charmes. Blessé et malheureux, Aphrodite s'était juré de ne plus tomber sous le charme d'un autre chevalier.

Mais si Camus pouvait être froid, voir glacial avec ses pairs, il s'était fait protecteur envers le Poisson sans jamais profiter de la situation, se contentant d'être présent et réconfortant pour soutenir celui qui faisait battre son cœur depuis bien longtemps.

Et lorsque qu'Aphrodite avait enfin regagné son temple au bout de deux semaines passées auprès de son ami le Cancer, il avait fui la solitude de celui-ci pour retrouver les bras protecteurs de son voisin qui lui manquait soudain cruellement.

Sa visite tardive n'avait guère surpris le Verseau qui prenait le frais sur les marches de son temple, le regard tourné vers celui de son voisin du dessus. Et c'est tout naturellement que leurs lèvres s'étaient trouvées et qu'ils avaient échangés leur premier baiser, suivie par une première nuit où le Poisson avait découvert le feu que cachait si bien son glacial voisin.

Depuis, ils ne se quittaient quasiment plus et continuaient à veiller ensemble sur Angelo.

Ce n'est qu'à la nuit tombée que les trois chevaliers revinrent au Sanctuaire. Aphrodite et Camus quittèrent le Cancer pour retourner vers leurs temples. Angelo les regarda partir un sourire sur les lèvres, au moins son ami était heureux, et son bonheur faisait plaisir à voir. Angelo n'avait pas eu le cœur de le lui gâcher cet après-midi et s'était plié de bonne grâce aux tentatives de distractions du Poisson.

Il prit machinalement le chemin de la maison des Bronzes, se demandant si le Dragon était déjà sorti, mais fut vite rassuré en y voyant de la lumière et son rituel commença. Il le vit sortir un peu plus tard, le laissa prendre un peu d'avance et le suivit. Mais quand il arriva à son poste d'observation habituel, il n'y avait personne sur la plage par contre une silhouette se détachait dans l'ombre à quelques mètres de l'endroit où il avait l'habitude de s'installer, une silhouette qu'il reconnut aisément :

- Alors c'est d'ici que tu m'observes… c'était plus une constatation qu'une question et Angelo ne répondit pas.
- Ca dure depuis combien de temps ? reprit la voix du Dragon.

Il était trop loin pour qu'Angelo puisse distinguer son visage mais il ne ressentait aucune agressivité dans sa voix, plutôt de la curiosité :

- Je ne sais pas… longtemps… répondit-il.
- Toi aussi tu te baignes la nuit, je t'ai vu cette nuit en arrivant, dit alors Shiryu.

Alors cette sensation, c'était lui, pensa le Cancer.

- Ca m'arrive, oui.

Il y eut un long moment de silence, puis Shiryu lui tendit la main :

- Viens te baigner avec moi, dit-il au Cancer médusé, qui prit sa main sans un mot et le suivit jusqu'à la plage. Arrivé là, il le lâcha pendant qu'ils se déshabillaient, ne gardant que leurs caleçons, lui reprenant la main pour l'entraîner dans l'eau.

Quand ils y furent entrés jusqu'à la taille, la lune les éclaira et Angelo put voir un sourire sur le visage du Dragon qui lui dit :

- Prêt ?

Incapable de répondre, il se contenta de hocher la tête. Sa main fut libérée et ils plongèrent côte à côte dans les vagues.

Ils nagèrent un bon moment sans se parler, s'observant à la dérobée. Puis Shiryu lui indiqua la plage et ils firent demi-tour dans le même silence religieux.

Parvenus à quelques mètres de la plage ils reprirent leurs appuis et commencèrent à marcher pour sortir de l'eau et rejoindre le sable sec où Shiryu attrapa une serviette :

- Tu n'en n'as pas… constata-t-il.
- Non, je n'avais pas prévu de me baigner, répondit-il.

Le Dragon s'approcha de lui et commença à le sécher, Angelo frissonna violement en sentant ses mains parcourir son dos au travers du fin tissu de la serviette. Il tenta de l'arrêter :

- Shiryu, je peux…
- Non laisses, le coupa-t-il en se glissant devant lui, laisses-moi faire…

Mais Angelo saisit ses mains :

- Arrêtes, Shiryu, tu joues avec le feu.

Un sourire moqueur étira les lèvres du Dragon :

- De quoi as-tu peur Angelo ? demanda-t-il en s'approchant encore, je suis là, tout près de toi. Que veux-tu de moi ?
- Tu m'as déjà posé cette question, il me semble…
- Oui, et tu n'y as pas répondu, je veux savoir, dit Shiryu en plantant ses émeraudes dans les yeux bleus nuits du Cancer qui fut un instant déstabilisé par la pureté de ce regard. Ses sens commençaient à s'échauffer nettement, la proximité du Dragon et cette scène totalement surréaliste menaçaient de faire perdre son contrôle au Cancer.

Il le lâcha brusquement et recula d'un pas, détournant son regard :

- Que veux-tu savoir ? demanda-t-il d'une voix sourde.
- Pourquoi tu me suis ? Pourquoi tu as si brutalement baissé ton cosmos l'autre fois ? Pourquoi quand je suis loin d'ici, ton image hante mes nuits ? Pourquoi je n'arrive pas à définir ce que je ressens en ta présence ? Pourquoi cette haine que tu fais naître en moi me fait si mal ? Pourquoi j'ai tant envie de croire en toi ? Pourquoi ? lui hurla-t-il en se jetant sur lui et le déséquilibrant.

Surpris Angelo tomba sur le sable entraînant Shiryu dans sa chute qui se retrouva allongé sur lui. C'en fut trop pour le Cancer, il retourna la situation et bloqua le Dragon sous son corps :

- Tu poses trop de questions, dit-il d'une voix rauque avant de s'emparer des ses lèvres avec passion, profitant de sa position pour forcer le passage.

A sa grande surprise, Shiryu ne se débattit même pas. Au contraire il répondit à son baiser. Timidement d'abord, il le sentit venir au devant de lui et quand leurs langues se rencontrèrent enfin ce fut comme si le temps se suspendait. Elles se goûtèrent se s'entremêlèrent avec tant de force qu'il se retrouva submergé par une passion si semblable à la sienne.

A bout de souffle, ils rompirent le baiser et se regardèrent intensément, aussi étonné l'un que l'autre. La main d'Angelo remonta jusqu'au visage du Dragon et se mit à suivre ses contours dans une douce caresse, Shiryu ferma les yeux et frissonna. De froid ? De plaisir ? Il ne savait pas… Mais il ne voulait pas que ça s'arrête. Pour la première fois depuis longtemps, il savait une chose, il voulait cette proximité :

- Tes cheveux… dit Angelo brusquement.
- Quoi mes cheveux ? demanda-t-il surpris en rouvrant les yeux.
- Ils sont trempés, tu vas attraper froid… Viens, dit-il en se relevant et en lui tendant la main.

Shiryu se releva et frissonna violement. De froid cette fois. Pendant Angelo ramassait rapidement leurs affaires. La serviette était trempée, il utilisa leurs tee-shirts pour le sécher partiellement tout en l'entraînant rapidement vers son temple.

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Temple du Lion

Aïoros avait finit par endormir son frère qui s'était muré dans un silence obstiné. Aidé de Saga, il avait essayé de le faire parler tout l'après-midi mais aucune de leurs questions n'avaient reçus de réponses. Aïola semblait en était de choc, incapable de penser correctement, ses seuls mots avaient été :

- Pourquoi Mu… pourquoi ?

Ils le veillaient maintenant aussi dépassés l'un que l'autre :

- Tu crois qu'il s'est passé quelque chose entre eux ? demanda Saga.
- Non, ce n'est pas possible, Aïola est hétéro. Les hommes ne l'attirent pas du tout, on en a déjà discuté ensemble, dit-il pensivement à son amant.
- On peux changer tu sais…
- Pas lui, le jour où je lui ais avoué mes préférences, il a piqué une de ses colères noires. Il m'a fait la gueule pendant plusieurs jours après ça…
- Mu n'est pas du genre à profiter d'une situation de faiblesse… Mais pourquoi est-il parti à Jamir si brutalement ?
- Je n'en sais rien, je comprends rien à cette histoire… et puis hier, j'ai eut une drôle d'impression en quittant Mu…
- Tu devrais aller voir Shion, si quelqu'un sait quelque chose sur Mu, ce ne peut être que lui.
- Tu as raison, j'irais demain à la première heure… De toute façon, il faut que je le prévienne, Aïola ne pourra sûrement aller à l'entraînement demain.

Saga resserra son étreinte autour du Sagittaire, essayant de le rassurer du mieux qu'il le pouvait. Mais il savait que toutes ses paroles n'effaceraient pas son inquiétude car lui aussi avait un frère qui heureusement filait actuellement avec le Scorpion le parfait amour. Un à la fois c'était largement suffisant.

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Temple du Cancer

Shiryu se retrouva sous une douche chaude, toujours en caleçon, accompagné du Cancer. Celui-ci ne lui laissa pas le temps de tenter de protester et commença à le frictionner pour réchauffer le corps qui s'était bleui de froid pendant leur retour et qui rougit avant de retrouver peu à peu sa couleur naturelle. Satisfait Angelo rinça alors avec douceur sa longue chevelure.

Le Dragon cessa enfin de trembler, retrouvant une température normale :

- Pourquoi tu fais tout ça Angelo ? demanda-t-il alors.
- T'n'en as pas marre de poser des questions ? fut la réponse du Cancer qui l'attrapa par la taille, t'as vraiment besoin d'une réponse ? rajouta-t-il avant de capturer ses lèvres.

Shiryu se sentit à nouveau submergé d'une multitude de sensations différentes. Comme sur la plage, il répondit intensément à son baiser, dépassé par ce besoin irrationnel de prolonger cet échange. Un gémissement étouffé lui échappa alors que le corps du Cancer se collait davantage au sien et que ses mains parcouraient son dos, celles du dragon s'étant accrochées à ses larges épaules. Angelo rompit le baiser et murmura à son oreille :

- Ca te suffit comme réponse ?

Mais le Cancer n'attendit pas qu'il réponde, il s'écarta et éteint l'eau avant de sortir de la douche et de l'inviter à faire de même d'un geste. Il s'enveloppa d'un peignoir et lui en tendit un autre. Shiryu le vit se débarrasser de son caleçon :

- Tu devrais faire pareil, lui dit-il en lui tendant une serviette. Pour tes cheveux, précisa-t-il avant de sortir de la salle de bain.

Le Dragon sécha et brossa d'abord sa longue chevelure puis se décida à se débarrasser lui aussi du seul vêtement qu'il lui restait sous son peignoir. Enfin il sortit de la salle de bain à la recherche de son hôte.

Il le trouva dans la cuisine en train de préparer du café, malgré lui il ne put s'empêcher de d'admirer son aisance et son naturel alors que lui se sentait tendu à l'extrême. Il fit un violent effort pour reprendre son calme avant de lui demander :

- Tu as du thé ?

Angelo se retourna avec un sourire moqueur :

- Toi aussi tu bois ce breuvage infâme…
- Le thé n'a rien d'un breuvage infâme ! répondit le Dragon violemment, laisses tomber, ajouta-t-il, j'aurais du me douter que tu ne pouvais pas apprécier ce genre de chose. Il vaut mieux que je rentre, dit-il.

- Dans cette tenue ? Tu ferais mieux d'attendre que tes vêtements sèchent, répondit Angelo ironiquement en sortant une boite de thé et la lui montrant.

Pourquoi fallait-il qu'il rende tout si compliqué ? se demanda Shiryu en le regardant préparer un thé qu'il déposa sur un plateau avec sa tasse de café et un sucrier. Il emmena le tout dans le salon où il s'installa sur un fauteuil pendant que le Dragon prenait place sur le canapé. Ils burent leurs tasses en silence :

- Tu peux dormir là si tu veux, lui dit le Cancer en se levant en lui sortant une couverture et un oreiller.
- Tu vas où ?
- Me coucher, il est tard.

Shiryu resta un bon moment éberlué avant de réagir et de traverser l'appartement d'un pas furieux.

Il ouvrit violement la porte de sa chambre alors qu'Angelo, au pied de son lit, venait d'ôter son peignoir. Tous les mots qu'il s'apprêtait à dire restèrent coincés dans sa gorge devant le corps nu de son compagnon qui finit par sourire :

- Tu voulais quoi ?

Shiryu sembla soudain redescendre sur terre :

- Ca suffit, dit-il d'une voix sourde en pénétrant dans la chambre et en le rejoignant, on arrête de jouer !

D'un geste rapide, il le fit basculer sur le lit et s'allongea sur lui :

- J'en ais marre ! dit-il en prenant violement possession de ses lèvres alors que les bras d'Angelo se refermaient autour de lui.

Le baiser devint vite passionné. La fureur de Shiryu semblait transmise par la violence avec laquelle il embrassait le Cancer qui ne tenta en rien de le calmer mais répondit avec la même violence, luttant contre lui avec la même passion.

Ils s'exploraient avec la même détermination farouche, leurs langues se rencontrant et se mêlant dans un mélange explosif qui les laissa encore une fois sans souffle, le regard rivés l'un à l'autre dans l'attente d'un mot ou d'un geste qui pourrait enfin mettre fin à ce jeu stupide qu'ils se livraient depuis trop longtemps.

Shiryu capitula le premier et glissa alors sa main dans la chevelure rebelle du Cancer tentant, comme il l'avait déjà fait lorsque qu'il l'avait veillé, d'y remettre un peu d'ordre :

- Tu devrais vraiment faire quelque chose pour les coiffer, dit-il avec douceur.
- Ca retirerait tout mon charme… répondit Angelo d'une voix troublée.
- Comme si t'avais besoin de ça, se moqua le Dragon en lui souriant et en le libérant pour s'allonger à ses côtés.

Angelo se redressa sur un coude et regarda Shiryu, ses cheveux s'étaient étalés autour de lui et il semblait absorbé dans la contemplation du plafond. Son peignoir s'était ouvert sur son torse fin et si blanc en comparaison de sa propre peau tannée par le soleil.

La main libre du cancer vint se poser sur la peau dégagée avec une infinie douceur, Shiryu sursauta et reporta son regard sur lui :

- Tu veux vraiment aller plus loin ? lui demanda alors Angelo d'une voix rauque.
- Là c'est toi qui pose trop de question, lui répondit le Dragon avec un sourire moqueur que le Cancer fit disparaître en posant ses lèvres dessus, alors que sa main partait en exploration sur son torse. Les lèvres d'Angelo glissèrent dans son cou, écartant les pans du peignoir.

Shiryu ferma les yeux et retint son souffle. Toutes ses nuits à se demander pourquoi. Toutes ses questions sans réponses. Toutes ces images qui martelaient sa tête… Ses images de l'homme qu'il croyait haïr de toutes ses forces passèrent un instant dans son esprit. Puis la sensation, si douce, sa bouche dans son cou, sa main sur son torse. Son corps frémit et un gémissement lui échappa et tout vola en éclat… Il aimait cet homme… de toutes ses forces…

- Angelo… murmura-t-il

Celui-ci releva la tête pour croiser les émeraudes du Dragon dans une interrogation muette :

- Aimes-moi… murmura encore Shiryu en saisissant son visage pour un nouveau baiser, sans combat cette fois. Un baiser passionné qui embrasa leurs ventres avec forces et douleurs, leur arrachant à tous deux un gémissement étouffé par leurs souffles unis.

Angelo rompit le baiser, se redressa et l'attira à lui, faisant en même temps glisser le peignoir de ses bras, dénudant son torse fin et musclé. Shiryu s'agenouilla sur le lit et referma ses bras sur ses épaules. Sa tête se renversa en arrière et ses yeux se fermèrent alors que le Cancer posait ses lèvres sur le torse à sa portée, goûtant la peau si longtemps admirée de loin qui se mit à frémir et à palpiter sous ses caresses.

Shiryu s'abandonna totalement à la douce sensation, l'esprit clair pour la première fois depuis longtemps. Son corps semblait flotter dans une brume délicieuse l'emmenant bien au-delà de tout ce qu'il avait pu connaître dans ses rares échanges corporels. Il gémissait et criait sous les tortures expertes du Cancer qui se gavait de chacune des réactions qu'il provoquait. Son ventre devenait douloureux d'attendre une autre caresse qui le soulagerait enfin et son bassin se cambrait un peu plus à chaque nouvel assaut de son futur amant sur sa peau brûlante :

- Angelo… gémit-il

Le Cancer sentit qu'il était à bout et dénoua la ceinture du peignoir qui glissa sur le lit découvrant l'intégralité du corps du Dragon. Il l'observa un instant, abandonné, ses longs cheveux touchant le lit. Sa main glissa vers le membre dressé et un cri de contentement répondit à sa caresse. Son bassin se jeta au-devant de sa main et que sa respiration s'accélérait brutalement.

Il ne fallut pas longtemps au Cancer pour faire jaillir sa semence entre ses mains alors que son corps s'arquait et qu'un cri lui échappait. S'il ne l'avait pas retenu d'une main, il se serait écroulé sur le lit. Mais il le tenait fermement, admirant la sensualité qu'il dégageait sans même le savoir dans cette position. Il reprenait lentement son souffle et relevait la tête, ses joues rosies par le plaisir et un sourire illuminant son visage d'ordinaire si sérieux.

Une brusque bouffée de chaleur monta dans le corps d'Angelo en le voyant ainsi, faisant renaître à son esprit tous ces instants où il avait imaginé son corps abandonné comme il l'était en ce moment. Ces instants où il avait rêvé de le tenir entre ses bras, de le faire gémir de plaisir. Toute cette souffrance qui l'envahissait lorsqu'il ne croisait que haine et dégoût dans son regard alors que les yeux qui s'ouvraient maintenant ne contenaient plus rien de tout cela mais brillaient d'une lueur qu'il n'y avait encore jamais vu :

- Shiryu… dit-il alors dans un mélange de crainte et d'espoir, bouleversé par ce qu'il voyait. Ce qu'il avait cessé d'espérer depuis longtemps malgré les sourires encourageants du chevalier de la Balance qui avait été le premier à découvrir la nature de ses sentiments envers son disciple.

Le Dragon le renversa sur le lit et se jeta sur lui, le submergeant totalement d'un accès presque brutal d'amour et de caresses. Ses gestes étaient impatients, fébriles, désordonnés mais si bons. Sa bouche passait rapidement de se lèvres à son torse, ses mains caressaient, brutalisaient parfois, parcourant chaque partie de son corps, des pieds à la tête, effleurant consciemment son sexe tendu à son maximum.

Angelo subissait en s'accrochant à lui ou à ce qu'il pouvait, gémissant et criant sans aucune retenue. Complètement déconnecté de toute réalité entièrement soumis à son bourreau, craignant encore qu'une fois leur étreinte finie, il ne disparaisse à nouveau, que dans ces yeux rejaillisse cette haine si familière et que ses journées reprennent leurs cours mornes et si vide en son absence.

Il l'avait compris devant le mur des lamentations… Ce sentiment qu'il faisait naître en lui, quand il l'avait vu, si fier et si droit, qui encore une fois risquerait sa vie pour sauver ce monde que lui haïssait tant. Mais il était né bien avant. Il était né lors de leur affrontement quand il avait surpassé son cosmos faisant jaillir son amour pour cette fille qu'il venait d'attaquer et qu'il lui avait permis de le battre, lui, le Masque de mort.

Il n'avait pas compris pourquoi il avait accepté la demande de Shion. Mais en le voyant devant ce mur où ils avaient tous péris, il n'avait pas donné sa vie pour Athéna mais pour lui et pour ce en quoi il croyait.

Sa première pensée en se réveillant dans ce monde, ressuscité par la bienveillance des Dieux avait été pour lui, mais lui ne lui avait pas pardonné. Et son calvaire avait commencé, alors oui, même si demain il ne regardait plus de la même façon, si demain rejaillissait dans ses yeux toute cette haine… Il pourrait au moins se souvenir de son abandon dans ses bras et de ces caresses qui le dévoraient le brûlant de toutes parts.

Mais ses gestes se calmèrent et devinrent plus précis et quand sa langue s'enroula autour de son sexe, Angelo se cambra brutalement. Tant sous l'effet de la surprise que du plaisir et un cri lui échappa alors qu'il sentait sa caresse devenir de plus en plus précises, sa langue torturant savamment son membre douloureux.

Il n'était pas aussi expérimenté que lui mais ses gestes prouvaient qu'il n'en était pas à sa première expérience, malgré lui, une bouffée de haine envahit le Cancer en songeant à ceux qui avaient pu profiter de son corps avant lui. Il reprit le contrôle avant l'inéluctable. Il le repoussa mettant fin à sa caresse et le plaqua sous lui, sentant au passage avec plaisir que son désir était de nouveau à son apogée.

Se yeux sombres se rivèrent aux siens qui ne semblait même pas surpris. Juste un peu moqueurs. Son rire clair s'éleva dans le chambre :

- Tu es jaloux, n'est-ce pas ? demanda-t-il

Shiryu avait compris dès l'instant où il l'avait repoussé mais ne s'en offusquait pas. Au contraire, savoir que celui qu'il aimait pouvait jalouser quelques amants pour lesquels il n'avait jamais rien éprouver l'amusait plutôt. Il le connaissait si bien quelque part… Il se sentait bien, si sur de lui… Oh oui, il l'aimait bien plus qu'il ne pourrait jamais le lui dire mais il pouvait le lui prouver…

Il captura ses lèvres pour un sulfureux baiser avant de lui murmurer sensuellement à l'oreille :

- Fais-le… Personne ne l'a jamais fait… Tu seras le premier à me posséder…

Angelo s'écarta un peu pour voir ses yeux, mais ne décela rien que cette même lueur. C'était impossible, se pouvait-il que le Dragon lui offre ainsi cette partie de son corps encore pur ?

Il l'allongea dans une sorte de brouillard où ses espoirs se mêlaient à ses rêves les plus fous.

Et il plongea sur les lèvres offertes, sur le corps abandonné dans ses bras, dans une sorte d'état second. Il le fit vibrer, se tendre encore et encore, caressant chaque parcelle de la peau blanche. Il prit son sexe en bouche, l'amena au bord de la rupture et repoussa ses propres limites dans le seul but de lui donner plus encore. Puis sa main s'aventura vers son intimité, vers cette partie de lui encore inviolée, le soulevant légèrement.

Shiryu sursauta quand il sentit sa langue sur cette partie de son corps, mais il releva les jambes et se cambra davantage, désireux de le sentir enfin en lui. C'était vital, ce qu'il avait toujours refusé des autres, il ne l'attendait que de lui, ne le voulait que lui. Inconsciemment et depuis longtemps, il avait besoin de sa chaleur au plus profond de lui, comme il regrettait de ne pas l'avoir compris avant, de l'avoir repoussé si violement…

Il ne s'appartenait plus, il se noyait dans le monde où le Cancer n'était là que pour lui, ne s'occupait que de lui. Les sensations le broyaient, le rendaient fou, comme s'il n'avait attendu que cela, mais il voulait plus encore…

- Angelo… prends-moi… gémit-il

Le Cancer arrivait à ses limites, mais il les repoussa encore une fois pour le préparer. Il se donnait, il voulait lui faire le moins mal possible. Confusément son esprit continuait de croire à un rêve qu'il voulait garder intact, le rendre le plus beau possible. Sublimer cet acte éternel d'union des corps jusqu'à son paroxysme et quand après l'avoir détendu au maximum et qu'il ne put plus attendre davantage, il le pénétra et se fit encore violence pour y aller en douceur, pour ne pas brusquer le corps chaud qui s'ouvrait à lui. Pour lui.

Mais Shiryu n'en pouvait plus non plus et la douleur qu'il ressentit devint vite insignifiante en comparaison de sa chaleur qui enfin le pénétrait, s'insinuait dans tous son corps, son bassin vint à sa rencontre malgré son cri d'alerte :

- Doucement, tu vas te faire mal ! Shiryu !

Cri qui se perdit dans la sensation violente qui coupa le souffle au Cancer alors que le Dragon s'empalait entièrement sur lui dans un cri et enclenchait la perte du peu de contrôle qu'il avait encore sur son corps. Leurs respirations s'accélérèrent, leurs cris se mêlèrent alors que la danse infernale de leurs corps unis, trempés de sueur et frissonnants de toutes parts les menait vers un final grandiose qui les transperça de part en part. Shiryu se répandit en s'arquant un peu plus et Angelo ne put retenir davantage sa délivrance, les laissant épuisés, serrés l'un contre l'autre comme s'ils avaient peur de se perdre à nouveau alors qu'ils venaient de se trouver, enfin…

Le jour se levait sur le Sanctuaire quand ils s'endormirent, dans les bras l'un de l'autre, sur un avenir encore incertain mais qui ne se ferait plus l'un sans l'autre. De cela au moins ils en étaient certains…

Ooo000ooO

Un peu plus haut dans le temple de la Balance, Dohko sourit en se recouchant et en se glissant contre le corps endormi de son amant qui grogna de mécontentement :

- T'es gelé !
- Réchauffes-moi !

Les yeux roses s'ouvrirent de surprise et détaillèrent le visage heureux de la Balance. Un sourire éclaira le visage de Shion :

- Ca y est ? demanda-t-il.
- Je crois que oui, lui répondit Dohko, son cosmos est enfin redevenu plus serein.
- Ca fait un problème de réglé, reste Mu et Aïola…. Mais toi tu vas payer pour m'avoir réveillé, dit-il en capturant les lèvres de son amant qui se laissa bien volontiers faire.

A suivre…