Disclamer : les personnages et l'univers appartiennent à Masami Kurumada.

Bonne lecture !


Chapitre 4

Palais

Shion avait à peine regagné son bureau qu'on le prévint que le chevalier du Sagittaire voulait le voir. Informé la veille par Dohko de la réaction du Lion à l'absence de Mu, il se doutait un peu de la nature de l'entretien qui allait suivre :

- Bonjour Aïoros, que me vaut cette visite matinale ?
- Bonjour Shion, ma visite est plutôt personnelle, commença le Sagittaire se demandant comment il allait bien pouvoir parler des problèmes de son frère avec celui que le Grand Pope considérait comme son fils, mais à sa grand surprise, celui-ci lui vient en aide :
- Je vois, c'est au sujet de ton frère et de ses « ennuis » avec Mu ?
- Vous savez ? demanda Aïoros soufflé.
- Je n'ai pas laissé partir Mu sans en savoir en peu plus sur sa brusque demande d'éloignement, lui répondit le grand Pope, alors ?
- Aïola est en état de choc depuis que je lui ais dit que Mu était partir à Jamir. Saga et moi avons essayé de le faire parler, mais il s'est muré dans le silence et ce matin il refuse même de se lever.
- A ce point ? s'étonna le grand Pope, je ne pensais pas que pour lui aussi c'était si sérieux, dit-il pensivement.
- Que se passe-t-il ? Je n'y comprends rien…
- J'avoue que je ne sais pas trop, si ce n'est qu'ils se sont beaucoup attachés l'un à l'autre au cours de ce dernier mois… Je vais passer voir ton frère avant de me rendre à l'arène et tu peux rester avec lui. Veille sur lui sans chercher à en savoir davantage pour l'instant, il faut juste que tu sois là car à moment où un autre il aura besoin de toi.
- On ne peut rien faire d'autre ?
- Je t'en dirais plus après l'avoir vu, Aïoros, tu n'es pas seul, si tu as besoin nous sommes là Dohko et moi.
- Merci, je le sais mais j'ai Saga qui m'aide, dit-il avant de sortir

Shion resta un instant songeur, si les choses ne s'arrangeaient pas d'elles-mêmes, il faudrait qu'il se rende à Jamir….

Ooo000ooO

Aux arènes un peu plus tard…

Aphrodite regardait nerveusement le chemin menant aux arènes, se de demandant où pouvait bien se trouver Angelo :

- J'aurais du passer chez lui, dit-il à Camus qui se tenait à ses côtés.
- C'est bizarre, mais Shiryu n'est pas arrivé non plus… constata le Verseau
- Oh non, j'espère que ces deux-là n'ont pas… Mais la suite resta coincée dans sa gorge alors qu'apparaissait enfin le Cancer, tenant par la main le Dragon.
- Fermes la bouche, mon cœur, lui dit le Verseau aussi éberlué que lui.
- On a loupé un épisode là, dit le Poisson reprenant sa contenance alors que les deux chevaliers arrivaient à leur hauteur et les saluaient joyeusement.

Shion arriva à son tour avec Saga et annonça que le Lion, le Sagittaire et le Bélier seraient absents, il délégua l'entraînement à Dohko alors que lui-même allait s'occuper de Kiki.

Ils regagnaient tous les gradins pour le début des combats quand Angelo sentit une main se poser sur son épaule, il se retourna pour faire face à Dohko qui lui souriait :

- Un petit combat Angelo ? demanda le chevalier de la Balance.

Angelo hocha la tête se dirigea vers le centre de l'arène pas très rassuré. Il craignait peu de chevalier mais Dohko faisait parti de ces rares-là et son défi correspondait trop bien à son rapprochement avec son disciple.
Les deux chevaliers se mirent place au centre de l'arène sous le regard inquiet de Shiryu qui regardait la scène avec appréhension. La voix rassurante de Camus s'éleva à ses côtés :

- Il va juste le mettre en garde…
- Que veux-tu dire ? demanda Aphrodite.
- Quand on a un disciple, on n'arrête jamais de veiller sur lui, dit simplement le Verseau.

Shiryu analysa les paroles de Camus :

- Tu veux dire que toi aussi tu as mis en garde Shun ?
- Non, Shun ne ferait pas de mal à une mouche s'il pouvait l'éviter. Mais son grand frère, c'est tout autre chose… répondit Camus avec un sourire.
- Oh, je vois… se contenta de dire Shiryu alors qu'Angelo mordait une énième fois la poussière et déclarait forfait devant Dohko. Celui s'approcha de lui pour l'aider à se relever :

- C'est juste pour te dire que je reste vigilant, lui dit-il avec un charmant sourire.
- T'inquiètes pas j'avais compris, grommela Angelo en prenant sa main et en se relevant.
- Tu aurais pu juste le dire, ajouta-t-il.
- Il vaut mieux parfois faire comprendre certaine chose, lui répondit Dohko en fixant son regard sur son disciple, si tu vois ce que je veux dire, finit-il en regagnant les gradins alors que la voix de Shion retentissait dans sa tête :

"- Quelle belle démonstration, tu aurais pu au moins lui laisser une petite chance !
- Comme si tu l'avais fait, toi, s'il s'agissait de Mu, lui rétorqua la Balance."

Les combats reprirent alors qu'Angelo prenait place auprès de ses amis :

- Ca va ? Lui demanda Shiryu inquiet.

Il se contenta d'un signe de tête alors que le Verseau le gratifiait d'un étrange sourire :

- Je ne vois pas ce que ça a de drôle, lui dit le Cancer.
- Rien, en effet…. C'est plutôt cette puissance effrayante de Dohko qui me surprend. Il fait rarement, même pour ainsi dire jamais étalage de cette suprématie sur nous sans une bonne raison. J'espère que tu as compris laquelle…
- T'inquiètes, je suis pas si idiot que ça, lui rétorqua Angelo.
- Vous êtes tous comme ça ? demanda alors le Dragon lui aussi surpris par cette mise en garde de son maître.
- Non Shiryu, tous les maîtres ne le sont pas, dit amèrement Aphrodite, c'est même assez rare dans l'ensemble…
- Je confirme, dit Angelo du même ton amer sous le regard étonné du Dragon qui glissa sa main dans la sienne avec un petit sourire d'excuse.

Ooo000ooO

Trois jours plus tard, Kiki regagnait le camp des apprentis quand il fit brusquement demi-tour et se mit à gravir les marches menant aux temples des chevaliers d'or. Il s'arrêta longuement dans le temple du Bélier, cherchant à savoir si oui ou non il devait mettre son projet à exécution.

Il avait été content de retrouver Shion pour son entraînement mais il ne pouvait s'empêcher de s'inquiéter pour son maître, surtout qu'il y avait une chose dont il n'avait pas parlé à Shion.

Mu était comme un père pour lui et le voir ou plutôt le sentir souffrir l'emplissait de chagrin. Surtout qu'il connaissait l'origine de cette peine même s'il comprenait pas très bien toutes les implications, il était sur que le chevalier d'or du Lion était au centre de tout cela. Il fallait qu'il lui parle.

Seulement si cela semblait simple en apparence, Kiki n'était qu'un apprenti et même si Aïola se montrait toujours gentil avec lui, il n'avait guère l'habitude de ce genre de démarche… et on risquait de lui demander des comptes. Que répondrait-il alors ?

Après deux bonnes heures d'incertitudes, il se décida et se lança dans la montée des marches. Il passa sans problème le temple du Taureau qui était vide mais fut arrêté par Kanon dans le troisième temple :

- Que fais-tu ici ? lui demanda le Gémeau surpris.
- Oh, mais c'est l'apprenti de Mu, le coupa le Scorpion qui arrivait pour rejoindre Kanon, tu t'es perdu ? lui demanda alors Milo.

Kiki connaissait peu Kanon mais Milo était relativement gentil lui aussi, il lui répondit donc plus volontiers qu'au Gémeau :

- Non, je cherchais Aïola.
- Et que lui veux-tu ? demanda Kanon, sachant par son frère que le Lion n'était pas au mieux de forme.
- Je… commença Kiki intimidé par l'air sévère de Kanon qui s'impatientait.
- Kiki ? Tu as un problème ? intervint une autre voix que le jeune atlante reconnut sans peine.
- Shiryu ! s'écria-t-il en se précipitant vers le Dragon qui le réceptionna dans ses bras, rassuré par la présence de son ami qui venait de pénétrer dans le temple des Gémeaux suivit par Angelo.

Shiryu et Kiki se connaissaient bien et c'est en toute confiance que le jeune garçon lui confia :

- Il faut que je voie Aïola, c'est important Shiryu.
- Je ne suis pas sur que ce soit vraiment le moment, intervint le Gémeau.
- Je vais m'occuper de ça, si tu veux bien Kanon, lui répondit Shiryu.
- Comme tu veux mais Saga est avec Aïoros chez le Lion, alors…
- Alors je m'en occupe, lui répondit fermement Shiryu.
- Laisses, après tout, il a peut-être raison, intervint Milo pensif.
- Que veux-tu dire ? lui demanda son amant.
- Laisses, c'est tout, dit Milo en faisant un clin d'œil à Shiryu qui lui sourit et fit demi-tour en entraînant Kiki à sa suite :
- Shiryu ? intervint alors Angelo.
- Attends-moi s'il te plait, j'accompagne juste Kiki.

La Cancer acquiesça devant le sérieux du Dragon et les accompagna jusqu'à son temple où il rentra chez lui pour l'attendre.

Accompagné de Shiryu, Kiki parvint sans problème jusqu'au cinquième temple où le Dragon frappa à la porte. Saga vint leur ouvrir et s'il fut surpris de les trouver là, il ne le montra pas et les mena jusqu'au salon où se trouvait le Sagittaire :

- Shiryu ? Kiki ? Mais qu'est-ce que vous faites là ? demanda-t-il.
- Kiki a besoin de parler à ton frère, Aïoros.
- Je ne suis pas sur qu'Aïola…
- Kiki ? coupa la voix du Lion qui venait d'arriver dans le salon, vêtu d'un pantalon enfilé à la hâte et totalement échevelé.

Le jeune atlante ressentit alors une perception très forte de l'état du Lion. Heureusement que Shion lui avait longuement parlé de ces perceptions et de comment y faire face, il reprit son souffle un instant coupé par la violente sensation :

- Aïola, je peux te parler… seul, rajouta-t-il un peu gêné devant les autres chevaliers.
- Dehors tous le monde, dit aussitôt le Lion.
- Mais Aïola… commença le Sagittaire complètement soufflé par la brusque réaction de son frère qui avait à peine dit un mot durant les trois derniers jours.
- S'il te plait Aïoros, je vous verrais plus tard toi et Saga. Merci Shiryu, dit-il au Dragon qui lui répondit d'un signe de tête et sortit rapidement pour rejoindre le Cancer. Bientôt suivit par Aïoros que Saga avait entraîné en lui parlant mentalement pour le convaincre de laisser son frère avec l'apprenti de Mu.

Quand ils se retrouvèrent seuls, Aïola se tourna ver Kiki :

- Alors que se passe-t-il ?
- Je veux te parler au sujet de mon maître, commença le jeune atlante un peu gêné par sa démarche.
- De Mu ? Tu sais quelque chose ?
- C'est difficile, commença Kiki, mais je sais que c'est à cause de toi qu'il est parti. S'il te plait fais-le revenir, supplia presque le jeune atlante
- Je le voudrais tellement… mais comment ?
- Vas voir maître Shion… Lui, il saura comment faire.

Aïola resta un silencieux devant un Kiki au comble de l'inquiétude mais Shion apparut alors, prévenu par Saga de la présence de l'apprenti Bélier auprès du Lion.

Ooo000ooO

A Jamir…

Mu regardait le soleil se lever sur les montagnes. Ici au calme, il avait pu faire le point sur ce dernier mois.

Cela faisait cinq jours qu'il était ici et après avoir versé toutes les larmes de son corps, il pouvait regarder sereinement ce lever de soleil…

Il aimait Aïola, chevalier du Lion et hétéro. Il ne pouvait rejeter ses sentiments, cela ne marcherait pas. Quoiqu'il y fasse, le Lion avait lui volé son cœur et le pire était qu'il ne s'en était même pas rendu compte… ou si peu. Bien sur ils avaient échangé ce baiser, mais tout était rentré dans l'ordre ensuite. Grâce à sa maîtrise le Bélier avait su faire taire ses sentiments devant lui. Cela avait malheureusement coûté cher à Kiki… Et de cela Mu s'en voulait horriblement. Si son maître n'avait pas été là que serait-il arrivé à son apprenti ? Il était grand temps qu'il reprenne son rôle auprès de lui, il était comme son fils et il se devait d'être présent pour lui… Il retournerait au Sanctuaire demain comme il en avait informé son maître la veille et resterait le plus loin possible du Lion. Tant qu'il n'arriverait pas à maîtriser ses sentiments, à force, il finirait bien par s'y faire… et peut-être oublier… bien qu'il en douta fortement…

Il se leva, et après un petit déjeuner, partit vers l'orphelinat où il avait promis de venir s'occuper un peu des malades. Il y passa une partie de la journée et ne revint qu'en fin d'après-midi sentant tout de suite une présence familière ou plutôt deux, mais il n'eut pas le temps de s'interroger davantage qu'une tornade rousse lui sautait dessus :

- Maître Mu !
- Kiki ?
- Maître Mu, je suis si heureux de vous voir !

Mu était bien trop ému pour parler aussi, se contenta-t-il de serrer l'enfant contre lui, laissant ses larmes couler :

- Kiki, je suis si désolé, dit-il quand il se fut un peu repris, tu as du te sentir très seul…
- Oh Maître Mu, ce n'est pas grave, lui répondit l'enfant en essuyant maladroitement ses larmes. Mais ne pleurez pas, s'il vous plait, je me suis fait tellement de soucis…
- Je vais bien, grâce à toi, Kiki…

Le Bélier le garda encore contre lui et ils pleurèrent et rirent ensemble tour à tour avant que Kiki ne lui dise :

- Je ne suis pas venu seul, Maître Mu…

Le Bélier relâcha son étreinte et regarda qui était son deuxième visiteur :

- Aïola ?
- Bonjour Mu.

Le Bélier et le Lion se regardèrent intensément pendant un long moment avant que Kiki ne demande inquiet :

- Maître Mu, Aïola ?

Le Bélier toujours à genoux, se tourna vers lui et se releva :

- Je ne m'attendais pas à votre venue, surtout que j'ai prévenu Shion que je rentrais demain, dit-il pour s'excuser.
- C'est pour cette raison qu'il nous a donné l'autorisation de venir. Il a dit qu'avec Kiki, tu pourrais nous ramener tous les trois sans problème, lui expliqua Aïola, et je voulais savoir si tu allais mieux.
- Je vais mieux, je te remercie. Venez, on va allez manger, dit-il en prenant le chemin de sa demeure.

Mu se demandait ce que le Lion faisait réellement ici, il n'était pas dupe de son soudain intérêt pour sa santé… Aïola, lui admirait avec quel maîtrise Mu s'était repris une fois sa surprise passée. Il allait être difficile de lui faire comprendre pourquoi il était là… Kiki lui n'espérait qu'une chose, c'était que tout redevienne comme avant et qu'il retrouve enfin son maître adoré.

Et pour inciter ses aînés à faire de même, il se glissa entre eux et les prit chacun par la main.

Mu avait beau se contrôler, il y a des limites à tout. Même à essayer de rester le plus calme possible devant les pitreries de son apprenti et du Lion qui semblaient s'être donné le mot pour le faire sortir de sa réserve habituelle.

Aussi quand Kiki qui s'amusait à échapper à Aïola en le téléportant loin de lui rata son coup et le percha en haut de la tour de Jamir, Mu éclata de rire devant l'équilibre précaire du Lion. Ce dernier faillit bien dégringoler et ne dut son salut qu'à la rapidité de Mu à le faire redescendre en douceur sur le sol :

- Aïola, je suis désolé, dit Kiki en s'élançant vers lui.
- T'inquiètes, ça va grâce à ton maître, mais évites ce genre de surprise, lui répondit le Lion en ébouriffant la touffe rousse de l'apprenti Bélier.
- Et où voulais-tu l'envoyer ? demanda Mu à l'enfant.
- Au dernier étage, murmura Kiki s'attendant à une remontrance de son maître.

Mais ce dernier se pencha sur le jeune atlante et le prit dans ses bras :

- Il faut faire attention quand tu utilises la téléportation sur un être humain ou les conséquences peuvent se révéler hors de ta portée et dangereuses. N'en abuses pas. Néanmoins, je suis impressionné par tes progrès, Kiki.
- Merci maître Mu, je ferais plus attention la prochaine fois que je téléporterais Aïola, promit-il en faisant un clin d'œil au Lion.
- En attendant il est l'heure pour toi d'aller te reposer, dit le Bélier, demain nous retournerons au Sanctuaire.

Ravi d'avoir échappé à un sermon, le jeune atlante se pressa d'obéir à son maître et salua les deux chevaliers avant monter dans sa chambre :

- Je suis désolé Mu, c'est un peu de ma faute, dit Aïola une fois qu'ils furent seuls.
- C'est pas grave, en fait c'est plutôt toi qui a failli être blessé dans cette histoire mais te voir là-haut… J'avoue que c'était assez drôle, lui répondit le Bélier en souriant avant de s'asseoir pour finir sa tisane qu'ils avaient décidé de prendre à la belle étoile.

Ils restèrent un long moment silencieux, chacun perdus dans ses pensées, regardant les constellations sortir peu à peu :

- Mu ?
- Oui ?
- Je ne suis pas venu uniquement pour avoir de tes nouvelles, je voulais te parler…

Nous y voilà, pensa le Bélier qui lui répondit sans quitter le ciel du regard :

- Je t'écoute…
- Tu te rappelles notre baiser ? lui demanda alors le Lion.

Mu sentit son cœur se serrer, mais se contenta de hocher la tête :

- Ce jour-là, tu m'as dit que j'avais juste fait cela par curiosité et je t'ai répondu que je te prouverais le contraire…
- Je me souviens, lui répondit Mu se demandant où il voulait en venir. A aucun moment, au cours du mois qui avait suivi, Aïola n'avait fait la moindre allusion à cette journée.
- J'ai cherché longtemps comment te le prouver, continua le Lion, mais il a fallu que tu partes pour que je comprenne enfin…
- Que tu comprennes quoi ? demanda Mu en se tournant vers lui.

Aïola se tourna et planta ses yeux dans les siens :

- Que je t'aimais Mu… dit-il en souriant.
- Aïola…
- Non, laisses-moi finir, le coupa-t-il en posant son doigt sur sa bouche, j'ai mis si longtemps à comprendre alors laisses-moi t'expliquer. Après j'irais me coucher et tu décideras, rajouta-t-il.

Mu hocha la tête et Aïola retira son doigt non sans avoir légèrement caressé les lèvres de l'atlante au passage qui ne put retenir un frisson, puis ses yeux se tournèrent de nouveau vers le ciel étoilé :

- Au début, j'ai cru que tu avais en partie raison, que ce n'était que de la curiosité. Mais une petite partie de moi me disait le contraire, c'était plus que cela… Quand j'étais avec toi, une douce chaleur m'envahissait… J'étais bien, mais je ne comprenais pas pourquoi et puis tu as réussi à exorciser mes démons et j'ai retrouvé mon frère… Quand j'ai quitté ton temple ce jour-là, j'ai ressenti comme un grand vide mais Aïoros m'a entraîné et ce soir-là j'ai enfin compris. En les voyant j'ai compris… Ce qu'ils vivaient, ce qu'ils partageaient, moi, c'est avec toi que je voulais le vivre et le partager. Je me suis endormi heureux, persuadé de pouvoir te dire tout ça le lendemain. Mais le lendemain tu étais parti… alors j'ai réalisé qu'il était peut-être trop tard. Je n'arrivais pas à refaire surface. Je suis resté trois jours tétanisé, jusqu'à ce que Kiki vienne me voir et me dise que c'était à cause de moi que tu étais parti…

Il tourna de nouveau son regard vers le Bélier qui le regardait toujours :

- Je m'aventure sur un terrain inconnu. Je ne veux pas te faire souffrir et je comprends mieux tes paroles et ton refus aujourd'hui. Mais je suis sincère Mu, n'en doutes pas… et je ne renoncerais pas… Même si ce chemin est totalement nouveau pour moi, je suis certain d'avoir raison.

Il se leva et ajouta :

- Bonne nuit Mu.

Celui-ci était abasourdi par ces paroles. Il ne bougea pas, partagé entre l'envie de le suivre, de lui crier son amour et la peur qu'il se trompe. Il ne pouvait pas être soudain devenu homosexuel alors qu'il avait toujours farouchement prétendu le contraire. Mu n'arrivait pas à y croire…c'était trop beau… Et si demain il s'apercevait qu'il s'était trompé ?

Aïola se déshabilla et s'allongea dans le noir. Est-ce que Mu voudrait de lui ? Il ne pouvait lui en vouloir de douter de ses paroles, après tout il était le seul fautif. Si seulement il avait compris avant. Mais comment comprendre un sentiment aussi fort que l'amour qu'il ressentait alors qu'il s'était toujours opposé à ce genre de relation ? Au moins ces trois jours reclus chez lui avait permis de le comprendre… Ce qu'il prenait pour une simple attirance passagère s'était révélé être bien plus fort et bien plus profond… Et il imaginait sans peine la souffrance du Bélier face à son indifférence…Il soupira en espérant ne pas avoir tout gâché à cause de ses certitudes si dérisoires... Peu importe, il ferait le nécessaire pour que Mu le prenne au sérieux et ne doute plus de sa sincérité.

La porte de sa chambre s'ouvrit peu après laissant apparaître à la lueur de la lune la silhouette, désormais si familière de l'atlante, le Lion ne bougea pas, retenant son souffle.
Doucement Mu entra dans la petite chambre, referma la porte et s'assit sur le lit, regardant Aïola :

- Tu ne dors pas ? demanda-t-il doucement.
- Non, répondit simplement le Lion en se redressant.

Le Bélier se glissa alors jusqu'à lui et s'allongea à ses côtés, posant sa tête sur son épaule.

- Mu ? demanda Aïola.
- Laisse-moi juste dormir à tes côtés…

Le Lion se rallongea et Mu se nicha au creux de son épaule pendant que le bras d'Aïola se refermait autour de lui.

Ils s'endormirent ainsi, n'osant, ni l'un ni l'autre, faire un mouvement de plus qui aurait brisé la magie de ce timide rapprochement.

Ooo000ooO

Quand le Lion se réveilla au petit matin, il était seul. Il se demanda un instant s'il n'avait pas imaginé la visite de Mu, mais la place encore tiède à ses côtés lui confirma que non. Il se leva pour rejoindre le Bélier et son apprenti qui déjeunaient. En fin de matinée, ils regagnèrent tous les trois le Sanctuaire. Aucun mot de plus n'avait été échangé entre le Bélier et le Lion mais ils savaient tous les deux qu'il leur faudrait encore du temps pour vaincre leurs peurs respectives.

Et la vie reprit son cours au Sanctuaire dans un calme relatif. En effet si le Dragon et le Cancer se voyaient maintenant régulièrement, il n'était pas rare que depuis quelques jours, ces rencontres finissent en disputes, disputes qui tournaient toujours autour du même sujet.

De son côté Mu ne chercha pas à reprendre contact plus que nécessaire avec Aïola et celui-ci respectait son choix tout en multipliant les attentions à son égard.

Ooo000ooO

Il existe des moments dans la vie où il faut savoir partager ses doutes et ses angoisses. Parce que bien souvent, ceux-ci menacent de détruire un fragile bonheur si durement construit et nos chevaliers n'exceptaient pas à cette dure loi de la réalité…

Environ deux semaines après son retour, lors de sa promenade matinale, Mu rencontra Shiryu assis sur la plage avec la mine sombre. Il vint s'asseoir à ses côtés :

- Bonjour Shiryu, tout va bien ?
- Bonjour Mu, ça va je te remercies, dit-il d'un ton peu convaincu.
- Tu en es vraiment sur ? On dirait pourtant que tu t'es encore disputé avec Angelo.

Le Dragon soupira :

- C'est si évidement que ça ?
- Vos disputes ne passent pas inaperçues, et j'ai entendu certains gardes parier sur la longévité de votre couple, lui avoua le Bélier.
- Je ne sais pas quoi faire, dans l'ensemble on s'entend plutôt bien. Mais Angelo refuse toute discussion sérieuse concernant notre avenir…
- Votre avenir ? l'encouragea le Bélier.
- Oui, dés que je parle de repartir au Japon, ça tourne toujours de la même façon… Il va bien falloir y faire face pourtant, je ne peux pas rester éternellement au Sanctuaire…

Mu réfléchit un instant, c'est vrai que le rôles des chevaliers divins n'étaient pas le même que le leur, ils se devaient de veiller à la garde d'Athéna en toutes circonstances. De plus Shiryu participait activement aux activités de la fondation Kido. Or cela faisait maintenant plus de trois semaines qu'il séjournait ici, son départ devenait imminent :

- Peut-être craint-il simplement de te perdre si tu repars, suggéra Mu.
- Il n'y a aucune raison à cela et il le sait, répondit Shiryu.
- Entre le savoir et en avoir peur… Ce sont deux choses totalement différentes Shiryu. Tu peux être persuadé d'une chose mais ne pas contrôler ta peur de souffrir, lui dit pensivement le Bélier.

Shiryu regarda intensément son ami :

- Parles-tu pour lui ou pour toi Mu ? demanda-t-il.
- Que veux-tu dire ? répondit le Bélier.
- Il existe un autre pari chez les gardes, celui de savoir si tu finiras par répondre positivement aux avances du chevalier du Lion, lui révéla alors le Dragon.
- Je vois…

Ils restèrent un instant silencieux.

- Mais ne crois-tu pas que toi et moi on pourrait faire taire définitivement ces maudits paris, dit soudain Mu en souriant.
- Comment ? Tu as une idée ? lui demanda Shiryu.
- Même si nos situations sont différentes, au fond, les doutes et les angoisses ressenties par Angelo et moi doivent se rejoindre… et d'un autre côté c'est pareil pour Aïola et toi, vos certitudes sont tellement fortes qu'elles se rejoignent, expliqua-t-il.
- Je vois, répondit le Dragon, tu pars du principe que si on partage ce que l'on ressent, toi comme moi, nous comprendront mieux nos compagnons respectifs, c'est ça ?
- C'est un peu l'idée, mais il faudrait aussi que ce partage puisse se faire entre Angelo et Aïola, dit-il pensivement.
- Je vois mal Angelo se confier à Aïola, commenta Shiryu.
- Idem pour l'inverse, ajouta Mu.
- Pourtant ton idée est bonne… ça va être l'heure de l'entraînement, on peut en rediscuter après ?
- Bien sur, viens manger chez moi à midi, lui proposa le Bélier.

Et c'est en discutant qu'ils se rendirent tous les deux à l'entraînement matinal, leur arrivée ne passa d'ailleurs pas inaperçue.

Angelo se retourna vivement à leur passage, suivant des yeux le Dragon qui ne lui prêta aucune attention. Quand à Aïola, il se demanda avec inquiétude si Shiryu n'avait pas décidé subitement d'approfondir son amitié avec le Bélier.

L'entraînement commença et les combats se succédèrent sous la direction de Shion qui profitait de ces moments pour mesurer les progrès ou au contraire détecter des lacunes éventuelles, ou encore de développer avec les chevaliers de nouvelles techniques propre à leur signe.

Même si les temps de paix semblaient régner pour l'instant, son rôle était de rester vigilant à pouvoir parer à toutes éventualités. Le passé leur avait trop bien appris que de nombreux ennemis pouvaient à tout instant s'en prendre à la terre. Dans ce but, il décidait parfois de faire se mesurer deux chevaliers, pourtant ce n'est pas cela qui l'incita ce jour-là à appeler Mu et Angelo sur le terrain mais plutôt une furieuse envie de donner un coup de main à son disciple et à celui de son amant.

Le Cancer, au comble de l'énervement, ne put rien contre une maîtrise parfaite du Bélier et dut s'incliner ravalant sa rage devant le sourire de Mu qui l'aida à se relever. Shion appela ensuite d'autres chevaliers pendant que Mu rejoignait son apprenti, suivi du Dragon.

Angelo, lui, rejoint les gradins pour assister à la fin de l'entraînement en se demandant si leur dispute du matin n'avait pas été celle de trop pour Shiryu. Mais qu'y pouvait-il s'il ne supportait pas de le voir repartir à nouveau ? Bien sur il avait confiance mais c'était plus fort que lui, le voir repartir l'angoissait au plus haut point… Il ne supporterait pas une nouvelle fois de voir rejaillir cette haine dans ses yeux…

Le Lion et le Cancer les regardèrent partir ensemble dès la fin de l'entraînement, une sourde angoisse saisit alors Angelo, avait-il vraiment été trop loin ce matin ?

Une main se posa sur son épaule, interrompant le cours de ses pensées :

- Je crois qu'on a un problème toi et moi, dit Aïola.

Ils n'étaient pas particulièrement amis mais le Lion ne l'avait jamais dénigré et avait même été l'un des premiers avec son frère à le considérer comme son égal au moment de leur résurrection. Et pour cela, Angelo le respectait :

- Tu penses à quoi ? demanda-t-il.
- Je suis d'avis de ne pas les laisser s'installer… Si on forçait le passage chez Mu pour savoir ce qu'ils trament ensemble ?
- Ok, on se retrouve chez moi dans quinze minutes alors, répondit le Cancer en pensant lui aussi qu'il valait mieux agir rapidement.

Un vingtaine de minutes plus tard, Mu et Shiryu, tranquillement installés devant leur repas en train de discuter, froncèrent tous deux les sourcils en sentant les deux chevaliers approcher :

- Je crois que l'on a de la visite, commenta Mu avec un sourire.
- Ils ont été rapides, ajouta le Dragon en souriant lui aussi.

Le Bélier se leva pour faire entrer ses visiteurs avant qu'ils ne s'énervent de l'autre côté de la porte, pendant que Shiryu rajoutait deux assiettes sur la table.

- Vous nous attendiez ? demanda Aïola surpris.
- Pas si vite, lui répondit Mu, mais installez-vous, je suppose que vous n'avez pas pris le temps de manger.
- Non, confirma Angelo, mais on n'était pas vraiment venu pour ça non plus.
- Il vaut mieux parler le ventre plein, dit sagement Mu, alors installez-vous.

Les deux chevaliers s'installèrent donc, Angelo jetant un regard interrogatif au Dragon qui se contenta de lui sourire et de lui tendre la salade composée.

- Je veux bien manger mais j'aimerais qu'on m'explique, dit Angelo en saisissant le plat.
- C'est simple, Mu a discerner certaines similitudes entres nos attitudes respectives à Aïola et moi et à toi et lui, lui expliqua-t-il, on a donc décidé d'en discuter ensemble.
- Certaines similitudes, répéta le Lion, de quelles sortes ?
- Dans vos attitudes. Tu es sur de toi tout comme Shiryu l'est, même si vos certitudes sont différentes, précisa Mu.
- Et pour toi et moi ? demanda à son tour Angelo.
- Vos doutes se ressemblent face à nos certitudes, compléta Shiryu.

Devant les visages éberlués du Lion et du Cancer, Mu et Shiryu se lancèrent dans des explications un peu plus vastes et plus détaillées. Sans s'en apercevoir, ils se retrouvèrent tous devant un café dans le salon du Bélier, plongés dans une intense discussion et surtout sans cris. Sans vraiment s'en rendre compte, ils exposèrent chacun leurs pensées aux autres et purent ainsi communiquer enfin.

Finalement, vers le milieu de l'après-midi ils étaient parvenus à une sorte d'accord tacite, Mu avait accepté de sortir avec Aïola à condition qu'Angelo de son côté accepte de laisser repartir Shiryu au Japon. Ce qu'il finit par faire devant les arguments des trois autres.

C'est ainsi que deux jours plus tard, Shiryu repartait au Japon après avoir installé un ordinateur dans le temple du Cancer et enseigné les bases à Angelo du miracle de la communication internet. A partir de ce jour, le Cancer devint un accro inconditionnel de ce nouveau moyen de communication, pouvant ainsi suivre tous le déplacements de son Dragon.

Ooo000ooO

Une semaine plus tard, Mu et Aïola revenaient d'un dîner en ville en se tenant par la main, arrivés dans son temple, le Bélier proposa au Lion un dernier café.

Pendant que son invité s'installait sur le canapé dans le salon, Mu prépara les cafés en réfléchissant, Aïola n'avait rien précipité et depuis une semaine qu'ils se voyaient pratiquement tous les jours. Il n'avait rien exigé de lui que quelques chastes baisers, lui laissant l'entière direction d'approfondir ou non leurs rapports et le Bélier était bien décidé à franchir enfin le pas. Sa gentillesse et sa joie de vivre avait fini par vaincre ses dernières barrières et de toute façon, ce n'est qu'en tentant l'aventure qu'il pourrait enfin faire taire ses maudits doutes…

Il revint dans le salon avec les deux cafés :

- Tout va bien Aïola ?
- Bien sur, pourquoi me demandes-tu cela ?

Mu s'installa à son tour sur le canapé et se glissa contre lui :

- Pour rien, mais depuis une semaine, tu n'as rien tenté avec moi… dit le Bélier en rapprochant son visage du sien.
- C'est que… Mu ?
- Embrasses-moi, chevalier du Lion… murmura le Bélier en prenant possession de ses lèvres.

Le cœur d'Aïola rata un battement alors qu'il sentait le souffle de Mu se mêler au sien. Avidement il explora la bouche offerte de son compagnon avant de trouver sa jumelle pour l'entraîner dans un subtil ballet qu'ils ne cessèrent que par manque de souffle. Il attira Mu dans ses bras et enfouit son visage dans son abondante chevelure :

- Oh Mu… j'ai tellement attendu ce moment, lui murmura-t-il en promenant ses mains dans son dos.
- Alors pourquoi n'as-tu rien tenté de toute cette semaine ? Demanda le Bélier sur le même ton.

Aïola le serra un peu plus contre lui :

- J'avais si peur que tu me repousses…

Mu avait posé sa tête contre sa poitrine et la caressait doucement à travers le fin tissu de la chemise qu'il avait mis pour se rendre au restaurant. Il se décala légèrement pour lui offrir son plus beau sourire et faire léviter leurs deux tasses jusqu'à eux :

- Eh, depuis quand tu utilises ce moyen à des fins personnelles ? lui demanda le Lion en riant.
- Depuis que j'ai n'ai plus envie de quitter tes bras, lui répondit Mu, et méfies-toi, je peux faire plein de chose comme ça…. ajouta-t-il taquin en déboutonnant le haut de la chemise du Lion.
- Tricheur, se plaignit Aïola en attrapant sa tasse et celle de Mu.

Le Bélier se détacha un peu de lui pour déguster son café en même temps que son compagnon. Ils ne se quittaient pas des yeux et restaient étroitement enlacés, échangeant de fréquents baisers, se taquinant mutuellement, se murmurant des mots doux et sucrés qui semblaient faire battre leurs deux cœurs en parfaite osmose…

Mais peu à peu, ce petit jeu échauffa leurs corps et bientôt les tasses furent remises sur la petite table basse. Leurs lèvres s'unirent à nouveau et leurs langues se goûtaient encore et encore, les enflammant un peu plus.

Les mains devinrent plus inquisitrices et se glissèrent doucement sous les vêtements, caressant la peau nue de l'autre, provoquant tremblement et frissons, soupirs et gémissements.

Aïola découvrait avec un étonnement croissant chaque geste et chaque caresse. C'était à la fois si différent de tout ce qu'il avait pu connaître jusque là, les courbes parfaites du corps de Mu l'attirait comme un aimant, l'enivrait, son odeur à la fois douce et virile lui donnait le vertige.

Mu se délectait de son Lion, il se leva et l'attira à lui :

- On sera mieux dans ma chambre, lui glissa-t-il à l'oreille.

Aïola se laissa entraîner, se chemise tombant sur le sol avant de franchir la porte du salon. Mu put alors se gaver de la peau douce et halée. Des doigts ou de la langue, il redessinait à loisirs les muscles parfaits, déclanchant des gémissements de plus en plus forts.

La liquette de Mu subit le même sort à la moitié du couloir menant à sa chambre et ce fut au tour de son Lion de d'admirer et de dévorer la peau d'albâtre de son compagnon.

Son jean devenant vraiment trop étroit à son goût, Aïola fit le geste de le déboutonner mais Mu le prit de vitesse, le plaquant contre le mur du couloir. Sa main glissa vers le sexe gonflé qu'il caressa à travers le jean en prenant tout son temps pour le dégager doucement et prendre en main le membre palpitant. Il fit glisser à terre le reste de ses vêtements en continuant sa caresse avec plus de précisions :

- Oh Mu, je t'en prie… gémit Aïola aux prises avec sa torture, plus vite…
- Ne sois pas si impatient mon beau Lion, murmura sensuellement le Bélier à son oreille.

Mais Aïola découvrait un monde nouveau, jamais personne ne l'avait excité à ce point. Mu déployait des trésors insoupçonnés et il avait beaucoup de mal à résister. Son esprit semblait totalement déconnecté de tout ce qui n'était pas sa bouche où ses mains qui lui provoquaient des réactions qu'il n'avait encore jamais ressenties. Et c'est de cela qu'il s'était violement fait l'ennemi pendant tant d'années, comment avait-il pu passer à côtés de ça ? C'était divin, par Athéna…

Mu connaissait son inexpérience de ce genre de relation, aussi décida-t-il de calmer un peu l'ardeur si nouvelle de son Lion. Rapidement il se débarrassa à son tour du reste de ses vêtements pour coller son corps à celui d'Aïola. Leurs deux bassins se soudèrent l'un à l'autre alors qu'il reprenait possession de son torse.

Le Lion eut un violent sursaut et cria en le sentant se coller à lui, instinctivement son bassin bougea indépendamment de sa volonté. Il ne contrôlait plus rien. Il s'accrocha aux épaules de Mu, plongeant sa tête dans la chevelure douce de son amant en gémissant et criant son plaisir sans retenue, dépassé par les sensations, laissant son corps agir à sa place.

Le Bélier accentua le mouvement de son bassin, lui-même prit dans la tourmente que faisait naître en lui les gémissements et les râles de plaisirs de son Lion. Jamais il ne l'aurait cru si réceptif et son enthousiasme naturel accentuait leurs plaisirs à tous les deux. Là où il avait craint de le trouver mal à l'aise et timide, il découvrait sa véritable nature si semblable à son signe. Tout dans ces gestes, même d'abandon dans ses bras révélait l'être fier et noble qu'il était. Ses mains était descendus jusqu'à ses hanches pour accentuer encore le mouvement, ses yeux s'ouvrirent, embués d'une fièvre que Mu n'y avait encore jamais vue. Leurs souffles étaient devenus haletants et leurs cris s'unissaient.

Ce fut lui qui provoqua leurs délivrances à tous les deux en hurlant son prénom, le Lion était un dominateur né et le Bélier ne demandait qu'à se laisser aller dans ses bras puissants…

Aïola se laissa glisser à terre, les jambes coupées par l'orgasme qu'il venait de ressentir, entraînant son amant avec lui. Ils reprirent lentement leurs souffles :

- Mon dieu Mu… c'était si…

Celui-ci leva son doux visage vers lui :

- Si quoi ? demanda-t-il.
- Si intense…
- Ca peut le devenir encore plus…
- De cela, je ne doutes pas un seul instant, dit-il en caressant le visage de son aimé, guides-moi encore… murmura-t-il répondant en cela aux désirs du Bélier et à son propre corps qui voulait plus. Il le sentait au fond de lui et il aimait cette enivrante sensation.

Mu les enveloppa de son cosmos et les téléporta sur son lit, ils s'y laissèrent tomber avec plaisir :

- Finalement j'adore ce moyen de transport, dit le Lion en finissant de se débarrasser de ses vêtements encore accrochés à l'une de ses chevilles, et attirant Mu dans ses bras pour l'embrasser.

Plus calmement, le Bélier guida le Lion vers des sommets des plaisirs, ses mains et sa bouche mettant à la torture le corps frémissant de son amant. Il cherchait et trouvait ses points érogènes, délaissant pour l'instant le membre à nouveau vaillant qui semblait pourtant réclamer plus d'attention de sa part. Il s'attardait alors, mordillant, titillant ou léchant, déclanchant des myriades d'ondes de plaisirs dans les sens surdéveloppés du Lion qui avait une nouvelle fois perdu tout contact avec la réalité.

Mais Mu savait il où il voulait en venir et petit à petit, il parvint à ses fins. A force de repousser encore et encore ses limites, Aïola finit par prendre le contrôle de la situation qui s'éternisait sans parvenir à calmer le feu qui le dévorait.

Les caresses de Mu le rendaient fou, ses sens embrasés ne semblaient plus désirer qu'une chose, parvenir au sommet suprême de cet échange. Son souffle était court et haletant et son instinct de chasseur s'était éveillé et sa proie était le Bélier qui pour l'instant jouait savamment de sa langue avec son sexe gorgé d'un désir porté à son point culminant.

Parvenu à cet état d'esprit, il se redressa légèrement sur le lit pour observer sa proie. Et quelle proie… Ses yeux étincelants de fièvre suivirent les courbes qu'il devinait sous la longue chevelure mauve qui bougeait au rythme des coups de langue de son propriétaire, se perdant et caressant ses reins dont la magnifique cambrure semblait le défier avec insolence. Une violente onde de désir traversa son corps et se répercuta dans ses reins.

Les sens de Mu perçurent immédiatement son changement d'attitude et il sourit intérieurement alors que sa caresse s'accentuait, provoquant un grognement rauque de la part de son amant qui ferma les yeux un instant sous le choc. Quand il les rouvrit il croisa le regard de défi que lui lançait le Bélier et réagit instantanément. Il se redressa rapidement et se déplaça pour se retrouver à genoux dans le dos de Mu qui était resté dans la même position, à quatre pattes sur le lit et qui tourna sa tête vers lui, le regardant toujours.

Aïola passa un bras autour de sa taille pour l'attirer à lui et son autre main dégagea avec une infinie douceur la longue chevelure, caressant le dos et descendant avec lenteur vers la chute de rein et les rondeurs musclées qu'il caressa longuement.

Mu se cambra davantage, venant se coller au ventre du Lion et se frotter indécemment contre lui. Il dut faire appel à toute sa maîtrise pour continuer son jeu de provocation et ne pas se laisser aller encore au plaisir. Il avait réveillé son instinct, il fallait maintenant le guider jusqu'au final.

Le Bélier aimait aussi bien posséder qu'être posséder, pour lui seul comptait l'assouvissement du plaisir de son partenaire et du sien et pour initier son amour aux partages corporels entre hommes. Il avait utilisé sa nature profonde qu'il avait senti se réveiller peu à peu sous ses multiples assauts. Pourtant il sentait confusément que cette fois, l'amour qu'ils se portaient décuplerait ses sensations. Car il n'avait jamais aimé à ce point le Bélier et tout son être menaçait de céder à tout instant au violent désir qu'il lisait dans les yeux du Lion.

Celui-ci poussa un feulement rauque sous sa caresse contre son sexe douloureux, sa main glissa jusqu'à celui de son amant qui poussa un cri de surprise et de plaisir :

- Aïola… gémit Mu qui sentit tomber toutes ses résistances sous cet assaut inattendu.

Le Lion dans un état plus que second glissa son autre main entre les fesses de son amant, cherchant l'entrée de son intimité pour y guider son sexe. Son instinct lui dictait à présent ce qu'il devait faire pour enfin posséder sa proie si intimement offerte à lui. Et il poussa un cri en pénétrant le corps du Bélier, violement assaillit d'ondes toutes plus intenses les unes que les autres. Son souffle se coupa sous l'impact du corps chaud et doux qui s'ouvrait à lui et où il pénétra d'un coup.

Mu sursauta et hurla, plaisir et douleur se mêlèrent violement sous l'intrusion brutale du Lion en lui. Ses perceptions atteignirent leur apogée et ses sens furent brutalement tendus à leur maximum. Son souffle se fit court et ses cris se répercutèrent à l'infini dans la chambre alors que le Lion le redressait pour capturer ses lèvres dans un baiser enflammé :

- Mu… gémit le Lion en délaissant ses lèvres pour son cou et son épaule avant de commencer à bouger dans le corps brûlant dont il avait pris possession. Jamais aucune femme qu'il avait possédée ne lui avait fait cet effet violent et intense. Jamais aucune n'avait eut réussi à porter à ce point ce besoin irrationnel de plaisir et d'extase qui menaçait de lui faire perdre pied.

- Aïolaa… cria Mu, vibrant sous les assauts d'un Lion devenu frénétique et entièrement soumis à sa dévorante soif de plaisir qui l'entraînait vers des sommets encore jamais atteints par le Bélier.

Sa main n'avait pas lâchée son sexe qu'il caressait au même rythme que ses coups de reins, entrant encore et encore dans le corps chaud de l'atlante dont les cris se joignaient aux siens.

Ils n'avaient plus aucune notion de temps ou de réalité quelconque, seul comptait ce partage intense et torride de leurs deux corps en totale fusion maintenant, unissant par cet acte leurs deux esprits dans une osmose parfaite. Sublimant au possible cet instant suprême où leurs deux corps à bout de résistance s'arquèrent et se tendirent en un synchronisme parfait. Hurlant la violente sensation de l'orgasme qui les ravagea, les laissant pantelants et épuisés, retomber lourdement sur le lit où Mu eut tout juste le réflexe d'amortir leur chute de ses bras, Aïola fermement accrochés à son dos.

Ils reprirent peu à peu leurs souffles et contact avec une réalité qu'ils venaient de modifier par leurs unions corporelles et spirituelles.

Doucement, ils reprirent une position plus confortable, se glissant dans les bras l'un de l'autre, encore dépassé par la violence de leur échange. Mu ramena le drap sur leurs corps trempés encore frémissants :

- Mu ? demanda le Lion d'une voix encore tremblante.
- Oui ?
- As-tu déjà ressenti cela ?

Le Bélier leva son visage vers lui pour capter son regard angoissé.

- Non Aïola, jamais je n'ai rien ressenti de pareil, dit-il en plantant ses yeux dans les siens, jamais à un tel point, répéta Mu encore lui aussi sous le choc.

Un sourire se dessina sur le visage du Lion, rassuré par ces paroles :

- Alors c'est cela dont m'avait parlé mon frère, dit-il pensivement.
- Ton frère ? interrogea le Bélier.
- Oui, quand je lui avais fait part de mes inquiétudes sur ce genre de relation, avoua Aïola, j'étais un peu anxieux…

Mu sourit à la moue du Lion soudain mué en adorable chaton :

- Et que t'as donc dit ton frère ? demanda-t-il curieux d'en apprendre davantage.
- Que si nos sentiments étaient profonds et sincères alors l'union de nos corps ne serait qu'un aboutissement de ce partage unique qui ne se rencontre que rarement dans une vie… Je n'ai pas vraiment compris ces paroles sur le moment…
- Et maintenant ? demanda encore le Bélier.
- Je crois que j'en saisis toute juste la portée et qu'il nous faudra encore beaucoup de temps pour les appréhender totalement… répondit-il.
- Je le pense aussi, mais nous avons le temps d'apprendre… dit le Bélier en reposant sa tête sur son torse.

La main du Lion se mit à caresser la douce chevelure de l'atlante :

- Mu, je t'aime, j'espère que tu ne doutes plus de mon amour aujourd'hui.
- Non Aïola, je n'en doutes plus et je partage cet amour, sois-en certain, dit-il en capturant les lèvres du Lion pour un tendre baiser avant d'ajouter en souriant :
- Je t'aime chevalier du Lion et je vais maintenant partager l'angoisse du Cancer à chacune de tes absences.
- Heureusement qu'elles sont moins nombreuses que celle du Dragon, mais si tu veux, je peux demander à Shiryu d'installer un ordinateur chez toi aussi… lui dit malicieusement Aïola, le regard pétillant.
- Je t'interdis de te moquer de moi, menaça le Bélier à son tour en souriant, où je te téléporte tout droit sur la plage !
- D'accord je me rends, à une condition !
- Laquelle ?
- Dis-le moi encore !
- Je t'aime Aïola, murmura le Bélier en se recalant contre lui.

Le sommeil vint les prendre sans même qu'ils s'en aperçoivent, heureux et comblés, partageant enfin les mêmes rêves de lendemain, rejoignant en cela une bonne partie de leurs compagnons qui se laissaient enfin aller aux joies des temps de paix sous l'œil bienveillant de leur Déesse.

Fin.

Merci à tous d'avoir suivi cette petite histoire, de vos coms et de vos encouragements !