L'AMANT VENU DU PASSE d'Elehyn
Disclaimer : Pas à moi. Tout à J. K. Rowling.
Cette histoire est dédiée à Caro à qui je fais d'énormes poutouxes.
Traduction : Spinner's end : C'est là où habite Severus. On aperçoit son domicile familial dans le deuxième chapitre du tome 6 et je n'ai pas la moindre idée de son appellation en Français donc je la mets en Anglais.
Importante NdA : Je tiens à vous signaler que je me suis trompée dans le chapitre précédent. Je savais qu'il y avait quelque chose qui n'allait pas et je savais quel passage me posait problème mais en le recherchant dans les chapitres précédents lorsque je l'ai écrit, je ne l'avais pas trouvé. Mais j'ai cherché encore et je l'ai trouvé : dans le chapitre 17, je disais que Remus apprenait par Harry que Sev était Sebastian alors qu'il le savait déjà. Je l'avais dit dans le chapitre 5 mais j'avais un gros doute. Ce qui fait que je me suis contredit dans le chap 17 que j'ai posté à noël. J'ai rectifié la faute en faisant révéler à Harry que Sev était son amant, amoureux de lui et que lui aussi était amoureux.
Aussi, pour moi, je viens de faire la chronologie de la vie de Severus (tout au moins ce qu'on en sait) et j'ai vu que j'avais également fait une erreur dans les dates (erreur que tout le monde commet je crois car c'est cette date là que je vois dans les fics dont le sujet est un voyage dans le temps) : Severus était en 7ème année pendant l'année scolaire 1976-1977 étant donné qu'il est né en 1959 ce qui le fait rentrer à Poudlard en 1970. Or, j'ai mis 1978. Je comptais rectifier la chose dans les 3 chapitres où je l'indique mais j'ai abandonné quand j'ai vu qu'il aurait donc fallu que je dise que ça ne faisait pas 21 ans qu'il avait dû attendre mais 22 et comme je l'ai mis partout et bien… j'abdique. Ca restera comme ça même s'il y a une erreur.
Chapitre 18 : Quelques précieux souvenirs
Poudlard, 9 janvier 1978
Assis sur un tronc d'arbre coupé entouré par de la neige, Severus pleurait.
Il profitait d'un moment de liberté pour laisser échapper sa peine sans que personne ne puisse le voir. Habituellement, il ne s'autorisait à pleurer qu'à l'abri des rideaux de son lit le soir ou, lorsqu'en journée il ne pouvait s'en empêcher, il invoquait une envie d'aller aux toilettes ou une lettre à envoyer d'urgence.
En se permettant une nouvelle crise de sanglots, il se laissait également aller aux souvenirs et à sa culpabilité.
Il n'avait pas réussi.
Il n'avait pas réussi à tenir sa promesse depuis deux jours.
Cela faisait en effet quarante huit heures qu'il n'avait rien mangé mais son estomac refusait de se remplir. Le nœud de douleur qui lui bouchait la gorge ne le laissait rien avaler.
Et pourtant, il pouvait réentendre les paroles de Harry avant qu'il ne le quitte.
« Sev, promets-moi de prendre soin de toi ! Promets-moi de ne pas te laisser aller et dépérir quand tu seras retourné là-bas ! Promets-moi de ne pas arrêter de te nourrir comme tu le fais trop souvent quand tu es bouleversé ! Promets-moi de faire bien attention à toi !… »
« Pardon, Harry. Pardon ! » murmura Severus d'une voix étouffée par les pleurs.
« Oh mais je suis sûr qu'il ne te pardonnerait pas ! » fit bientôt une voix qui obligea Sev à redresser sa tête d'un geste vif.
Le jeune Serpentard avala sa salive avec difficulté et essuya ses larmes promptement, tentant d'adopter l'air de quelqu'un qui n'avait pas passer la dernière demi-heure à épancher sa souffrance.
« C'est ton anniversaire, n'est-ce pas ? » lui demanda Albus Dumbledore tandis qu'il s'asseyait à son tour à côté de l'étudiant après avoir métamorphosé une branche de houx en un autre tronc d'arbre coupé.
Sev acquiesça en reniflant.
Dumbledore lui tendit un mouchoir qu'il accepta avec une certaine honte.
« Et tu crois que le jeune homme dont tu es amoureux et qui est également amoureux de toi aimerait te voir dans cet état ? »
Sev demeura quelques secondes silencieux, fixant le directeur de ses yeux embués et secoua négativement la tête.
« Alors je suggérerais que tu ne te prives plus de nourriture car je pense qu'il serait malheureux de voir que tu te fais du mal. De plus, pense que si tu ne manges pas, à la longue, tu peux en mourir ou te provoquer des carences donc des maladies… n'aimerais-tu pas pouvoir l'accueillir - en temps voulu - au meilleur de ta forme ? N'aimerais-tu pas le revoir plus tard en lui montrant que tu n'as pas trahi ton vœu et lui prouver que tu ne t'es pas laissé attraper par la dépression ? »
« Si ! » répondit Severus timidement en fixant toujours le directeur.
« Bien ! Tu ne protesteras donc pas si je fais apparaître un dîner pour toi ? Quant à moi, je prendrai bien quelques biscuits fourrés au citron » ajouta-t-il en faisant apparaître un plateau flottant devant eux comme s'il eut été naturel de manger dehors par un froid glacial. Cependant, le vieil homme ne se formalisa pas des conditions et créa un dôme de chaleur autour d'eux qui ne faisait réchauffer que leurs corps si bien que la neige persistait sur le sol et la végétation.
« L'hiver est une saison tellement belle » lança Dumbledore en admirant les sapins dont les branches semblaient crouler sous leur épaisse couche de neige éclatante. « Elle semble plus dangereuse car très froide. La nature se déchaîne toujours lors des mois hivernaux et pourtant, elle nous montre quelques unes de ses grandes splendeurs. »
Tout en mangeant lentement ce que contenait son assiette, Severus cligna des yeux, se demandant où le vieil homme voulait en venir car s'il avait bien appris quelque chose chez ce grand sorcier était qu'il ne parlait jamais pour ne rien dire.
« L'hiver semble froid et surtout long pour certaines personnes qui attendent le retour de l'été et du soleil avec une grande impatience. Certaines personnes se cloître alors chez elles comme si elles hibernaient jusqu'à l'apparition du premier bourgeon. Ces personnes-là, Severus, arrêtent de vivre les trois mois que dure l'hiver or, cumulés, elles arrêtent de vivre pendant des années et passent à côté des joies de l'hiver. Tu sais, l'hiver peut durer trois mois ou… vingt-et-un ans » continua-t-il en lançant un regard perçant à l'élève qui avait parfaitement compris le parallèle à présent. « mais ce n'est pas une raison pour se laisser aller aux souvenirs du dernier été tout en pensant au suivant. La vie est belle Severus ! Et même si elle est parfois semée d'embûches ou de difficultés que l'on peut penser insurmontables, il faut la vivre pleinement car elle en vaut la peine. Tu m'as bien compris ? »
« Oui ! »
« Alors que comptes-tu faire ? »
« Je-Je ne sais pas ! » balbutia Severus en baissant les yeux.
« Je te donnerai donc un petit conseil que tu pourras suivre ou pas : trouves-toi une occupation qui te passionnera, une opportunité de réaliser quelque chose dont tu pourras être fier et qui égayera ton hiver. Ouvre également les yeux et regarde toutes les beautés qui sont autour de toi. En hiver, la vie est toujours là Severus… simplement… elle se fait plus discrète » conclut le vieil homme en repoussant la couche de neige qui était à ses pieds avec sa chaussure.
Sev vit alors l'herbe verte qui était toujours dessous. Il soupira et, de sa main gantée, donna un nouveau coup de fourchette dans son assiette presque vide.
OOOoooOOOoooOOOHarry était encore tout abasourdi par ce qu'il venait de vivre et d'entendre mais il s'interdit de revenir sur une petite phrase que son maître des potions avait dite à Lupin et qui confessait son amour pour lui.
« C-Comment ? » bégaya-t-il, apeuré.
« Ne t'inquiète pas, mon Harry, je ne compte pas recommencer la même bêtise que cet après-midi ! » tenta de le rassurer Snape en le dévisageant. Bientôt, il plissa les yeux, se rendant compte qu'il valait mieux changer de sujet pour le moment et essayer d'amadouer l'étudiant visiblement méfiant qui était en face de lui. « Comme je te le disais tout à l'heure, j'ai rapporté bien plus de choses que tu me l'avais demandé. Je voulais te faire plaisir… »
Le regard émeraude dériva alors sur la table où étaient exposés les différents objets et Severus lui tendit la main.
« Viens ! »
Mais le Gryffondor ne la prit pas et alla se placer de lui-même devant cette table qui l'appelait avec force. Il en dévora des yeux son contenu, n'osant toucher à rien malgré son envie ardente.
Snape se déplaça pour atteindre son côté et lui présenta ses possessions.
« Voici les photos que tu m'avais demandé. Il y a deux albums : un contenant des photos de tes parents et des maraudeurs et l'autre… des clichés uniquement de moi… »
Severus observait la réaction de son ex-amant avec attention et vit très clairement que celui-ci était troublé et même bouleversé. L'homme se demanda si Harry était en train de faire le rapprochement entre lui à 17 ans et lui à 38 car tous ses objets prouvaient bien que ces deux garçons n'en étaient qu'un en réalité. Seul l'âge changeait et Harry le niait. Sa requête l'obligeait à faire ce constat qu'il réfutait avec tant de force.
Harry éleva sa main vers les albums avec lenteur. Timidement, il posa ses doigts sur l'un des deux et le toucha doucement. Severus ne put s'empêcher de ressentir de la peine mêlée de jalousie lorsqu'il avisa que le jeune élu ne frôlait pas celui qui contenait ses photographies. Mais il ne dit rien et Harry non plus.
Il poursuivit donc sa présentation.
« Ici » fit-il en désignant l'appareil métallique que le Survivant ne connaissait pas. « Tu as un enregistreur magique de sons… »
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Poudlard, 29 juin 1978
Severus faisait route vers la bibliothèque où il rapportait une conséquente pile de livres qu'il avait avidement dévorés tout en se félicitant. Il avait réussi presque tous ses examens avec les plus hautes notes !
Sa mère aurait probablement été fière de lui !
Et le lendemain, il s'en irait de Poudlard à tout jamais. Tout au moins en tant qu'élève car il savait qu'il y retournerait pour être professeur.
Son cœur s'assombrit à cette pensée. Il devrait retourner à Poudlard sur l'ordre de Voldemort qu'il rejoindrait bien assez tôt. C'était Dumbledore qui le lui avait dit lorsque Severus s'était précipité pour le voir à la suite de son entretien avec Lucius Malfoy à Pré-au-lard.
Le mangemort blond lui avait déclaré que le mage noir avait entendu parler de lui mais il n'avait jamais voulu lui révéler comment. Severus pensait que quelqu'un au collège n'était pas tout à fait loyal à Dumbledore mais il y avait tellement de personnes potentielles ! … A commencer par un bon nombre de Serpentard d'ailleurs…
Lucius, qui était de cinq ans son aîné et fidèle de Voldemort depuis le même nombre d'années, avait ajouté que son maître voulait le rencontrer et qu'il devrait le faire au plus vite s'il ne voulait pas finir comme la récente famille moldue londonienne qui avait fait la une de tous les journaux sorciers pendant une semaine.
Son destin s'était dessiné lors de cette rencontre puis celle avec Dumbledore qu'il avait eu juste après : il serait mangemort mais espion pour l'Ordre du Phénix.
Cette pensée lui donnait la chair de poule mais savoir qu'il serait toujours vivant et apparemment en bonne santé plus de deux décennies plus tard le rassurait. Cependant, cela ne lui ôtait pas la terreur qui tenaillait ses entrailles à la perspective d'une rencontre entre le célèbre mage noir et lui…
OOOoooOOOoooOOO« … J'ai réussi à avoir les voix de chacun et certaines bribes de conversations » expliqua Snape d'une voix caressante, tout en fixant Harry d'un regard amoureux que le Gryffondor ne voyait pas.
Ses yeux de jade étaient concentrés sur les objets qui signifiaient tant pour lui ! Il avait l'impression qu'un lien s'était formé entre le passé et le présent et que ce raccordement se trouvait entre ses parents et lui. Il n'avait plus éprouvé ce sentiment intense depuis le miroir du Riséd lors de sa première année au collège.
« Tu peux aller d'une conversation à une autre en lançant un simple sort d'avance ou de retour. J'ai d'ailleurs réussi à obtenir une conversation entre ta mère et ton père qui devrait te faire particulièrement plaisir… »
Harry lança un regard interrogateur à son professeur qui lui répondit avec un sourire tremblant.
« Lily et James étaient déjà en couple depuis plusieurs mois et il ne faisait aucun doute à quiconque y compris eux-mêmes qu'ils se marieraient plus tard et ils parlaient… des enfants qu'ils comptaient avoir… »
Les yeux de Harry se mirent à briller davantage.
« Ils en voulaient plusieurs ? » murmura-t-il d'une voix enrouée par l'émotion.
Severus acquiesça d'un signe affirmatif de tête avant d'ajouter « C'est ta mère qui a choisi ton prénom ! Elle avait toujours voulu un fils ayant Harry pour prénom et ton père aimait beaucoup aussi. Et s'ils auraient eu une fille, ils l'auraient appelé Sarah… »
Les prunelles vertes s'embuèrent de larmes et il baissa la tête.
L'enseignant se mordit la lèvre pour ne pas obéir à l'impulsion qui l'avait saisi et qui lui ordonnait de prendre son amour dans ses bras et de lui murmurer des mots rassurants et tendres.
« J'ai encore d'autres choses pour toi ! » balbutia Snape à la place.
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Little Hangleton, 15 janvier 1979
La peur était ancrée en lui avec une telle force qu'elle semblait avoir fait partie de lui depuis toujours.
S'il n'avait pas parfaitement maîtrisé l'occlumency depuis petit, à l'époque où il devait protéger les secrets de sa mère contre les mauvais traitements de son père, le maître des ténèbres aurait pu voir combien il lui en coûtait d'être là et combien il se retenait de ne pas vomir.
L'homme blafard, à la tête de serpent, s'avança vers lui, un sourire carnassier aux lèvres et murmura d'une voix douce mais menaçante.
« Mes amis » dit-il à ses partisans qui l'entouraient. « Je vous prie d'accueillir comme il se doit un nouveau membre de notre famille ! »
Les fidèles ne bougèrent pas. Certains murmuraient quelques mots à destination de leurs compagnons mais tous fixaient Severus d'un regard tantôt prédateur, tantôt haineux et rempli de rivalité.
« Il s'appelle Severus Snape et vient de terminer ses études à Poudlard. Vous entendez ça mes amis ! Vraiment, je devrais envoyer un bouquet de chrysanthèmes à ce cher Dumbledore qui me forme mon armée. »
Le sourire du mage noir se fit plus sauvage, presque dément. Le Mal se reflétait à l'état pur dans ses iris rouges qui n'avaient rien d'humain.
Severus frissonna.
« Severus était bien entendu à Serpentard, comme la plupart d'entre nous et est extraordinairement doué… particulièrement en potions m'a-t-on dit ! »
Le jeune homme n'osa pas lui demander qui le lui avait rapporté même s'il mourrait d'envie de le savoir et de rencontrer la-dite personne pour avoir avec elle une explication particulièrement houleuse.
« … Et maintenant » ajouta le Seigneur Noir avec une lueur diabolique dans les yeux. « Il va réellement et éternellement faire partie des nôtres ! Severus, tends ton bras gauche ! » ordonna l'homme-serpent d'un ton qui n'avait plus rien de doux.
Voldemort appliqua la pointe de sa baguette sur l'avant-bras pâle du jeune apeuré et siffla « Morsmordre ! »
Severus hurla comme jamais il n'avait hurlé de sa vie, même pas le jour où son père l'avait roué de coups avec la boucle en acier d'une de ses ceintures jusqu'à ce qu'il s'évanouisse dans la marre de son propre sang.
OOOoooOOOoooOOO« Voici une boîte que j'ai acheté pour contenir les mèches des cheveux de tes parents » dit Severus en montrant la longue mèche rousse et les épis noirs qui étaient disposés chacun dans une case distincte où chaque prénom respectif était inscrit à l'encre bleue. « Et celle de Black et une autre de Lupin… J'avais celle de Pettigrew aussi mais après… (Severus lança un regard significatif au jeune homme et conclut) … je l'ai brûlé après l'avoir ensorcelée pour qu'il soit couvert d'urticaire pendant quinze jours ! »
Un sourire étira l'un des coins de la bouche de Harry avant de s'effondrer aussitôt comme Snape lui mettait la boîte dans les mains.
« Bien sûr, je ne te la donne pas pour que tu puisses faire du polynectar… mais je pense que tu ne l'aurais pas fait, n'est-ce pas ? »
Harry secoua négativement la tête.
« Comment pourrais-je faire ça ? » répliqua-t-il d'une voix sourde mais presque aussi faible qu'un chuchotement. « Ce ne serait bien ni pour leur souvenir, ni pour moi et je ne veux pas me servir d'eux et d'autres personnes pour monter un semblant de retrouvailles familiales ! Ca serait comme… les salir et les trahir ! Je n'aimerais pas qu'on fasse pareil avec mes cheveux. Pas lorsqu'il y a des tierces personnes concernées en plus ! »
« C'est bien ce que je pensais ! » rétorqua l'enseignant avec une pointe de fierté. « Par contre, tu peux dupliquer leurs mèches et utiliser d'autres potions qui ne nécessiteront aucune autre personne comme… comme support… et qui pourront te renvoyer leur image… mais je tiens tout de même à te mettre en garde contre les dangers de vivre dans le passé… »
« C'est inutile ! » le coupa Harry qui ne vit pas l'ironie de la situation. « J'ai déjà eu ce genre de conversation avec Dumbledore ! »
« Bien ! » fit simplement Severus en attrapant une nouvelle boîte.
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Spinner's end, 31 juillet 1980
Rien ni personne n'aurait pu effacer le sourire heureux qui joua sur les lèvres de Severus durant toute cette journée.
Il n'avait pas arrêté de trépigner d'impatience alors qu'il n'avait rien de concret à attendre. Il ne savait même pas à quelle heure il était né ! Et ce détail, pourtant stupide, le rendait fou.
Etait-il parmi eux ou pas encore ? ne cessait-il de se demander.
Pour canaliser un minimum son énergie, il prépara le plat préféré de Harry ainsi que le gâteau au chocolat qui était son péché mignon. Il se lava, shampooina ses cheveux, s'habilla avec recherche et se peigna les cheveux avec minutie. Il ôta son alliance de sa chaîne d'or blanc et la passa à son annulaire gauche.
Il alluma des bougies et toucha son cœur de sa main droite pour faire descendre la pyramide de lumière qui étaient ses photos jusqu'à son doigt et ainsi les projeter.
A 23h59, il sut que Harry était né.
Il lança un cri de joie et dit « Bienvenue parmi nous mon amour ! »
La seconde suivante, il savourait son dîner tout en regardant les photos de lui et de Harry ensemble. Et pour la première fois depuis qu'il était revenu à son époque, il ne pleura pas de tristesse en les regardant.
OOOoooOOOoooOOO« J'ai aussi réussi à voler un ruban que Lily mettait souvent dans ses cheveux… Un des Serpentard de sixième année m'a vu avec. Ensuite, il a toujours cru que j'étais amoureux de ta mère » grimaça Snape ce qui fit rire Harry.
En entendant cela, Severus se sentit envahir par une bouffée de chaleur et continua « Tu te souviens quand je t'ai parlé du mauvais tour que j'avais posé à Lucius Malfoy lors de ma première année pour me venger de son bizutage ? »
Harry ne s'en souvenait que trop bien et acquiesça, le sourire toujours aux lèvres.
« Et bien, j'ai aussi la photo ! » dit le professeur avec triomphe en la donnant à Harry qui vit un Lucius Malfoy de 16 ans, chauve, avec un tatouage sur la tête dont le message était répété par ses lèvres. Il était assis dans la Grande Salle en plein milieu d'un repas et était rouge carmin comme il répétait à tour de bras à un Rusard tout aussi choqué qu'il en avait une toute petite.
Harry éclata encore de rire et fut bientôt suivi par Severus.
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Poudlard, 25 août 1981
Severus posa ses malles dans un des coins de la pièce et se planta au centre du salon pour observer ce logis qui était à présent sien.
Il soupira et revint vers ses effets pour les déballer.
Même s'il n'était pas là sur son propre choix, il était satisfait de sa 'promotion'.
Le Seigneur des ténèbres lui avait ordonné de postuler au collège pour l'emploi de professeur de Défense Contre les Forces du Mal et il savait qu'il ne l'aurait pas. Il savait qu'il resterait maître des potions pendant encore longtemps et cela le soulageait car le temps qu'il passerait à ses cours, il ne le passerait pas à faire semblant d'aimer torturer des innocents ou à jouer le rôle d'un serviteur loyal et soumis, honoré d'embrasser l'ourlet de la robe d'un autre sorcier tout en restant à genou jusqu'à ce qu'on lui donne la permission de se relever.
Severus ouvrit une sacoche dans laquelle se trouvaient livres, cahiers, plumes et encres et sourit.
Maintenant, il était professeur.
OOOoooOOOoooOOO« Le voici ! » lui dit Snape en lui donnant le carnet que James avait entretenu en y répertoriant les bêtises qu'il avait inventé pendant sa scolarité. « En tant que professeur, je ne devrais pas te le donner mais en tant qu'amant, j'y suis autorisé » ajouta-t-il sans se formaliser du sursaut qu'avait eu Harry en entendant le mot 'amant' ni la mine choquée qu'il arborait à présent. « Je ne l'ai jamais lu. Tout comme le journal intime de ta mère. Ca reste dans le domaine privé… sauf pour toi bien sûr ! »
« Q-Quoi ? » s'étonna Harry, oubliant tout à coup ce qui l'avait mis mal à l'aise un instant auparavant. « Tu as le journal intime de ma mère ? » s'exclama-t-il le cœur battant et les yeux remplis d'espoir.
Severus le lui montra avant de lui fourrer dans les mains. Le Gryffondor resta quelques secondes à regarder le petit livret aux couleurs passées de gris et de rose dont la couverture était reliée par un ruban rose qui avait également eu à subir les méfaits du temps.
Harry en caressa avec soin les contours, s'attardant sur les mots écrits à l'encre noire par sa mère « Propriété de Lily Evans ». Harry dénoua le ruban et ouvrit le journal avec tendresse, les yeux à nouveau humides.
« Journal de Lily Evans » était-il écrit. Cependant, le nom avait été barré par une croix pour être remplacé au-dessus par le nom « Potter ».
« Journal de Lily Potter » lut son fils d'une voix faible et rauque d'émotions. « Commencé le 31 juillet 1971. Propriété exclusive de Lily donc ne pas lire, n'est-ce pas James ? »
Harry émit un petit rire à travers ses larmes et releva la tête pour dévisager son maître des potions. Il n'y avait pas de mot pour dire ce qu'il ressentait. Il avait mal mais il allait bien en même temps. Il était triste mais heureux. Il voulait dire merci à Snape mais sa gorge était trop serrée par les sanglots qu'il n'arrivait plus à contenir.
Snape venait de lui donner bien plus que ce qu'il avait demandé à Sev. Il avait toujours voulu connaître un peu plus ses parents, savoir qui ils étaient, se rapprocher d'eux par un biais ou un autre. Jamais personne n'avait pu lui donner ce qu'il avait toujours recherché et voulu. Maintenant, il détenait un morceau du passé de ses parents. Il pourrait mieux connaître l'une des seules personnes qui l'avait aimé et qui avait donné sa vie pour le sauver. Il pourrait découvrir les frasques collégiennes de son père et ce qui avait fait partie de sa vie adolescente. Il pourrait même les voir en photo, écouter leurs voix et…
« Harry, j'ai un dernier cadeau pour toi… »
Incrédule, l'interpellé fronça les sourcils. Que pouvait lui donner son professeur qu'il ne lui avait pas déjà offert ?
« Harry, je… » commença-t-il en baissant la tête un instant. Ce qu'il comptait faire avait l'air difficile pour lui et Harry s'interrogea. « J'y tiens ! » dit-il simplement en poussant vers lui la pensine de Dumbledore. « Elle contient certains de mes souvenirs… Tu pourras les voir et ensuite, je les reprendrai… »
Le cœur de Harry se broya et son souffle se figea dans ses poumons.
Il n'en revenait pas ! C'était Snape ? Le Snape qui l'avait chassé si violemment de son bureau lorsqu'il avait espionné sa pensine durant sa cinquième année et qui lui proposait de voir quelques uns de ses souvenirs ? Volontairement !
Harry porta la main à son cœur et lâcha enfin une expiration saccadée.
C'était trop… trop beau, trop inespéré…
« Merci ! » murmura le jeune homme en essuyant une autre larme qui coulait sur sa joue.
« Je n'aime pas te voir pleurer, Harry ! » grimaça Severus en portant une main qu'il avait tenté de garder auprès de lui sur la joue de velours de l'étudiant.
Harry ferma un instant les yeux, ses cils mouillés s'entrelaçant le temps d'assimiler tout ce que Snape venait de lui offrir et toutes les concessions qu'il avait dû faire. Harry porta une main à son visage pour refermer sa paume sur celle de Severus qui continuait à lui caresser la joue et il la porta à ses lèvres sans s'en rendre compte.
La respiration du professeur s'arrêta et il se mit à trembler tandis que Harry passait et repassait sa paume sur ses lèvres. Emu au-delà des mots, le collégien parsema les doigts fins et élégants de petits baisers et il se laissa faire lorsque la chaleur d'une deuxième main masculine vint se refermer sur la courbe ferme mais veloutée de son autre joue pour entreprendre de la caresser.
« Harry » murmura une voix rauque près de son visage. Le jeune homme nota les accents bouleversés et même blessés de cette voix qui tentait encore de se contenir mais il fut incapable de se rendre compte de l'ampleur des sentiments qui traversaient son professeur et qui jouaient de leur puissance dans ses yeux.
« Si tu savais, Harry. Si tu savais… » chuchota-t-il en posant ses lèvres sur une pommette rosée pour ensuite glisser sur une paupière bombée et humide, puis sur une tempe lisse avant d'embrasser l'un de ses sourcils puis son front, l'autre tempe et enfin la seconde paupière mouillée. Sa bouche vint ensuite tracer un tendre chemin sur l'autre pommette pour venir frôler sa joue que ne couvrait plus sa main qui avait glissé le long de son cou.
Ses lèvres se posèrent aussi sur son nez pour traverser son visage et partir à la conquête de son autre joue. Il embrassa sa mâchoire puis son menton et sa bouche se pressa finalement sur ses lèvres.
Une fois. Deux fois. Trois fois avant que Harry ne les entrouvre pour l'inviter à entrer. Severus laissa sa langue pénétrer sa bouche et se retrouva bientôt en contact avec celle de Harry qui l'attendait avec une douce impatience. Elles commencèrent à se caresser timidement, refaisant connaissance. Harry ouvrit un peu plus ses lèvres, inspirant avec délectation le souffle de son professeur.
Severus plongea et replongea sa langue entre les lèvres de Harry avec une volupté si enivrante qu'ils en avaient la tête qui tournait.
Severus pressait avec érotisme ses lèvres mouillées sur celles de son élève, les malaxant au gré des mouvements lents de son baiser, attendrissant sa chair purpurine et luisante qui s'offrait avec une brûlante sensualité.
Il se mit à lécher avec douceur le renflement de la peau gonflée et rougie avant de pénétrer à nouveau la bouche chaude qui n'attendait que son assaut.
Les deux hommes se remirent à s'explorer, faisant glisser leur langue l'une contre l'autre, les faisant s'enrouler, s'enlacer, se goûter, imprimant à leur baiser mouillé la saveur sucrée du plaisir et celle plus pimentée du désir.
Il buvait le souffle l'un de l'autre, ne se rendant plus compte du contexte extérieur jusqu'à ce que Severus lui avoue encore et encore son amour.
« Je t'aime trop Harry » chuchota-t-il entre deux baisers. « Je t'aime mon amour. Je t'aime tellement si tu savais. Je t'aime. Je t'aime… »
Une sonnette d'alarme retentit dans le cerveau du jeune étudiant qui paniqua. Il repoussa alors son professeur et se recula vivement de plusieurs pas jusqu'à ce que son dos vienne frapper l'un des murs opposés.
Il gémit de douleur et grimaça.
Severus tendit une main vers lui et fit un pas mais Harry s'écria « Non ! Ne m'approchez pas ! »
Puis, il pressa ses lèvres fortement l'une contre l'autre avant de secouer la tête. Il se passa une main lasse mais nerveuse sur le visage et secoua de nouveau négativement la tête.
« C'était une erreur ! Je suis désolé ! » lâcha Harry d'une voix bouleversée.
Puis il sortit s'en demander son reste, laissant un Severus confus et retourné.
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Godric's Hollow, 31 octobre 1981
Ses mains, tout comme n'importe quel membre de son corps tremblaient de peur, de rage, de regret et d'un mal-être complet.
Il savait que c'était sa mission et qu'il devait le faire mais, tandis qu'extérieurement, il montrait une image impassible de lui-même voire d'un léger ennui, intérieurement, il bouillait de sentiments plus explosifs les uns que les autres.
Severus entendit le rire cruel de Voldemort retentir devant la porte de la maison où étaient cachés les Potter et il dût se faire violence pour ne pas sortir sa baguette et lancer le sort fatal au mage noir qui le précédait mais Dumbledore lui avait bien spécifié ce qu'il devait faire et il ne pouvait pas empêcher les choses de se produire telles qu'elles devaient se passer.
Severus devait faire le guet et attendre dehors pendant que son 'Maître' tuait les parents de l'homme qui lui avait donné son cœur et à qui il avait donné le sien avant qu'il n'échoue à le tuer lui aussi.
Bientôt des cris martelèrent les murs de la maison puis se fut au tour des sorts. La voix de James Potter fit rapidement place au silence avant que des bruits de pas lents et mesurés ne fassent échos dans l'escalier.
Le Seigneur des ténèbres devait jubiler.
Severus se boucha les oreilles pour ne pas entendre les cris de détresse de Lily Potter ainsi que ses supplications désespérées mais ses mains n'étaient pas assez puissantes pour empêcher tous les sons de se répercuter jusqu'à son crâne malmené par ses propres pensées douloureuses et ses impulsions qu'il devait contrôler.
Les hurlements de Lily s'étaient tus à leur tour et Severus savait ce qu'il allait se passer et il en mourut intérieurement. Obéissant à contrecœur, il se recula et écarta ses mains de ses oreilles pour entendre le son d'un bébé en pleurs et d'un sortilège qui lui glaça le sang.
« Avada Kedavra ! »
La seconde suivante, un nouveau hurlement retentit mais celui-ci n'était pas humain et il s'étouffa brutalement tandis que la maison implosait.
Le cœur battant, Severus regarda tout autour de lui mais personne ne sortait de chez eux. Personne n'avait l'air d'avoir entendu quoi que ce soit d'inhabituel et l'espion savait pourquoi : la maison était toujours sous l'emprise du gardien du secret. Seules les personnes connaissant son emplacement pouvaient la voir et entendre ce qu'il s'y passait et même si quelqu'un… Black ! avait trahi les Potter, la trahison n'était pas pour tout le monde.
Severus retint son souffle jusqu'à ce qu'il entende à nouveau les cris du garçon.
Il savait qu'il devait partir. Il savait que Hagrid allait venir chercher le bébé et qu'il devait fuir au plus vite mais il lui était impossible de mener à bien cette mission-là.
Il resta donc, adossé contre une des poutres de bois de la maison des Potter, contre l'une des fondations qui était restée presque intacte et il écouta, le cœur serré et la respiration précipitée, les gémissements d'un enfant qui ne comprenait pas que ses parents venaient de le quitter pour toujours et que lui, Severus Snape, venait d'assister à cette torture qui serait à jamais l'écho de son plus mauvais souvenir.
Plus tard, il saurait que Harry et lui revivaient la même scène lorsqu'un détraqueur se trouvait à proximité.
A suivre…NdA 2 : Dans le tome 1 des HP et plus tard dans le tome 5, on voit bien que Dumbledore ne savait pas que les Potter allaient mourir et que la prophétie concernait Harry et non pas Neville cependant, dans ma fic, je préfère suggérer que Dumbledore le savait par une lettre qu'il s'était adressé et avait remis à Severus avant qu'il ne retourne à son époque lui expliquant certaines choses qui s'étaient passées pour qu'elles se déroulent telles quelles.
Dans le prochain chapitre, il y aura une conversation entre Harry et Remus, la découverte plus approfondie par Harry de ce que lui a ramené Severus, une conversation entre Remus et Severus, les derniers flashbacks de la vie de Severus et d'autres petites choses. Par contre, je ne sais pas si je vais lâcher la petite bombe qui va tous vous faire me maudire. Lol. Ca sera peut-être dans le chapitre suivant… Et si je vois le mot « sadique » ou l'un de ses synonymes dans une de vos reviews, je vous envoie ma dragonne Candy. Lol.
Enfin, si je ne vois revois pas d'ici là, je vous souhaite à tous une excellente année 2006 :)
