Grand merci pour tous les encouragements et les félicitations, ç amotive pour écrire plus vite :P
Voilà enfin la suite tant attendue : chapitre plus court, mais plus intense. Je n'en dis pas plus et vous laisse découvrir ;-)
Par contre, ne me faites pas languir, laissez un petit com' à la fin !
Elle fit un pas vers lui. Pour le forcer à répliquer. Ou à abaisser ses murailles, elle ne savait pas trop au juste.
Il ne bougea pas.
Alors elle avança. Résolument. Sa décision était prise.
Il la vit s'approcher dangereusement.
Un peu trop près.
Beaucoup trop près.
Son espace vital était assiégé.
Il voulut regarder ailleurs il devait la fuir. Il se savait trop faible.
« Carter… Ne faites… »
La supplique qu'il tentait de murmurer ne la découragea pas. Il surprit le regard de Sam glisser furtivement vers ses lèvres, et seule cette légère hésitation lui indiqua qu'elle l'avait entendu. Dans sa lente mais incessante progression pour réduire la distance qui les séparait, elle tendit sa main pour la poser sur son torse. L'impact était imminent. Le danger était bien réel, le point de non-retour bientôt atteint. Et les conséquences risquaient de les dépasser bien loin au-delà de ce qu'ils imaginaient.
Dans un sursaut de survie, il lui saisit fermement le poignet.
Geste désespéré.
Leurs yeux s'accrochèrent. Pour ne plus se lâcher, à son grand regret. Il lui était maintenant impossible de faire marche arrière.
Son avant-bras toujours emprisonné par cette poigne à la fois ferme et douce qui l'avait stoppée mais ne la repoussait pas, Sam se sentit invitée à poursuivre ce qu'elle avait entrepris. Peut-être prit-elle d'ailleurs elle-même la décision d'outrepasser l'ordre qu'il n'avait pas prononcé. Elle ne savait plus rien. Elle n'était que sensations. Cœur qui bat. Souffle ardent. Frémissements de sa peau sous les doigts de Jack. Désir de se perdre, de le trouver. De le retrouver. Elle l'avait compris à ce long et douloureux regard échangé dans son labo, après qu'il lui eut rendu la bague.
Elle franchit le seuil critique.
Jack laissa leurs lèvres se rencontrer.
Contact ténu.
Temps suspendu.
Mirage évanescent.
Après des années d'attente, de frustration, de refoulement, de passion étouffée.
Douceur infinie.
Caresse envoûtante.
Egarement de l'âme.
D'un même élan, tacite, leurs langues s'entrelacèrent doucement.
Il tenta alors de contenir la vague de désir qui menaçait de le submerger, de les noyer tous les deux.
En vain.
Il ne lui fallut que quelques brèves secondes pour que cette muraille illusoire s'écroule, muraille qu'il avait patiemment bâtie année après année, mois après mois, jour après jour. Quelques secondes éphémères pour qu'ils sautent tous les deux dans cet abîme sans fond qui s'ouvrait avec délice sous leurs pieds, sous leurs mains, sous leurs langues mêlées. Lequel des deux y avait précipité l'autre, Jack n'avait plus la capacité de répondre à la question désormais.
Ils ne faisaient plus qu'un.
Un corps.
Une âme.
Un désir partagé.
Le déferlement des sensations devint irrésistible. Il céda alors sous la violence des émotions que Samantha Carter faisait naître en lui. Les quelques bribes de raison qui lui restaient encore, enfouies, émettaient des SOS lui hurlant d'arrêter mais ces piteuses alarmes ne parvinrent pas à contrer, même un court instant, cette lame de fond qui lui faisait perdre pied.
Sous l'ardeur du feu qui lui brûlait les lèvres et enflammait subitement tout son corps, il assura sa poigne sur le bras de Sam ; il le lui replia derrière le dos, sans ménagement, pour la ramener brutalement contre lui. Un gémissement de douleur s'échappa de la gorge de la jeune femme. Mais elle ne lutta pas, et se laissa à son tour embraser par la puissance de ce désir qui la dévorait de l'intérieur.
Plus de rêves, plus d'hallucinations, plus de virus, plus de boucles temporelles pour leur servir de prétexte.
Ils étaient là, il était là, sa peau, ses lèvres, son odeur, tout ce qu'elle s'était défendu de toucher, tout ce qu'elle s'était autorisée à frôler, toutes les images interdites que sa raison avait canalisées, contrôlées, jugulées.
Leurs bouches avides s'écrasaient l'une contre l'autre, leurs souffles tremblants se mêlaient sur leurs visages, s'accélérant au rythme des secondes et de leur désir, une chaleur incandescente irradiait de leurs deux corps, l'un alimentant l'autre pour n'être plus qu'un seul et même brasier. La violence de l'échange provoquait des gestes brusques, des baisers douloureux, affamés, des plaintes sourdes et étouffées.
Jack lâcha brusquement sa prise pour saisir dans ses mains le visage de Sam et dévorer sa bouche de ses baisers brûlants. Il prenait un plaisir inouï à se détruire, et à l'anéantir avec lui. Il voulait tout oublier, se consumer dans ces yeux et ce corps qui lui était enfin offert, il s'abreuvait du parfum unique de sa peau, du goût étrangement métallique de ses lèvres, qu'il avait blessées en les mordant, emporté par la brutalité de l'assaut. Il s'enivrait de celle qui prenait vie sous ses doigts, il se saoulait de cette chair bannie de ses caresses et de ses rêves pendant tant d'années.
Sam répondit à cette invitation passionnée en passant ses mains derrière la nuque et la tête de Jack, pour mieux assaillir ses lèvres, s'écraser contre son torse, enfouir son visage au creux de son cou, embrasser cette veine palpitante qu'elle sentait vivre pour elle, rien que pour elle, à cet instant.
Dès lors, dès que Sam se fut autorisée à poser ses lèvres ailleurs que sur celles de Jack, la perte de contrôle fut totale.
Emballement soudain des gestes et du cœur.
Leurs mains impatientes descendirent, frôlèrent leurs cous, leurs épaules, s'attardèrent sur leurs bustes, laissèrent des traînées brutales dans leurs dos, s'emparèrent des T-shirts, cherchèrent fébrilement un espace pour s'y glisser, provoquèrent des sursauts au contact des peaux déjà moites de désir, redoublèrent d'ardeur dans l'exploration du creux de leurs reins et du tour de leurs hanches.
Sam se noyait dans la chaleur délicieuse qui se diffusait au creux de son ventre, ne pensait plus, n'existait plus que par la promesse de l'étreinte qui les attendait. Elle l'avait rêvé tant de fois que les images s'imposaient naturellement à elle. Elle ne désirait plus qu'une chose : sentir sa peau contre la sienne, comme si elle allait le retrouver après une longue séparation. Le désir qu'elle sentait chez lui, sous son jean, était suffisamment éloquent pour lui souffler qu'il était dans le même état qu'elle. La même impatience.
Jack voulait oublier les mots durs qu'elle avait eus un peu plus tôt. Il voulait lui prouver qu'elle avait eu tort. Qu'elle s'était trompée sur son compte. Il voulait qu'elle ait enfin sa réponse. Il voulait rattraper le temps perdu. Il s'enivrait d'elle, de son corps si malléable et si docile sous ses doigts. Il laissait ses mains se perdre dans les cheveux de Sam, parcourir sa colonne vertébrale, saisir sa taille mince et souple, caresser la cambrure de son dos qui répondait immédiatement en s'arquant davantage, s'emparer de ses fesses rondes et si tentantes, qu'il plaquait langoureusement contre lui. Dieu qu'il était fou amoureux d'elle ! Dieu qu'il avait envie d'elle ! L'univers pourrait bien attendre. Rien d'autre ne comptait désormais à ses yeux que de l'avoir pour lui et de faire son bonheur. A commencer par lui faire connaître la plus complète des jouissances.
Ils auraient pu se laisser tomber là, sur le tapis, se posséder l'un l'autre sans discours ni regards consentants, mettre fin à ce supplice délicieux et bestial.
Mais ils n'étaient pas rassasiés de leur étreinte, pas encore.
Au milieu de leur frénésie de caresses, de leurs baisers anarchiques, c'était une ivresse partagée : lui et le teint marqué et hâlé de son visage, de son cou, que Sam ne cessait de goûter, ses lèvres fines qu'elle revenait à chaque fois capturer, son corps athlétique, ses muscles saillants et puissants, qui la retenaient délicieusement prisonnière ; elle et sa peau claire, ferme, souple, sur laquelle couraient ses doigts, la rondeur tentatrice de ses seins qui se dessinait sous son vêtement, le parfum sucré et envoûtant de ses cheveux blonds dans lesquels il enfouissait maintenant son visage.
Ils voulaient se noyer l'un dans l'autre, mêler la découverte de leurs corps au point de ne plus distinguer ni sentir celui qui leur appartenait, combler ce vide qui les avait nourris toutes ces années, oublier cette frustration qu'ils s'étaient consciencieusement infligée. Les yeux fermés, ils se respiraient, se touchaient, s'apprivoisaient d'une autre manière.
Enfin.
La sonnerie du téléphone déchira leur ciel.
Alooooors ? Frustrés, hein ?
