L'AMANT VENU DU PASSE d'Elehyn
Disclaimer : Pas à moi. Tout à J. K. Rowling.
NdA : Ce chapitre est pour Cybèle Adam pour qui je fais mes plus plates excuses car ce chapitre est court et parce qu'il arrive très en retard. Gros bisous, ma belle.
Etant donné que cette histoire est presque terminée, je vais mettre l'accent sur elle et mettre à jour beaucoup plus rapidement. Si tout se passe comme prévu, je l'aurais finie avant la fin février (mais comme je compte updater d'autres fics en même temps, je ne suis pas certaine de tenir ce délais). Gros poutoux à tout le monde.
Chapitre 22 : Retour chez soi
Un soir, Dumbledore apprit à Snape que Harry avait accepté la proposition de reprendre le poste de professeur de vol et, comme il l'avait aisément prédit, le jeune homme continuait ses études dans le domaine de l'expérimentation de la magie.
Depuis, l'ex-Gryffondor partageait son temps entre Poudlard où il arbitrait les quelques matchs et donnait quelques cours supplémentaires aux élèves qui éprouvaient des difficultés pour voler, et Pré-au-lard où ils étudiaient tout en travaillant dans le nouveau département qui venait de se construire.
Severus l'apercevait rarement dans ces locaux car lui-même faisait des recherches dans un autre bâtiment mais lorsqu'il le voyait, son cœur se mettait à battre comme un fou. A l'école, le même phénomène se produisait mais c'était dix fois pire car leurs chemins se croisaient beaucoup plus régulièrement. Il devait donc se contrôler avec une extrême fermeté pour réussir à garder un visage impassible et distant.
Dumbledore lui avait conseillé la patience et l'éloignement temporaire et il suivait cette recommandation à la lettre. Il devait bien s'avouer que, d'une certaine manière, ses nerfs en souffraient moins même si, d'un autre côté, la frustration le minait… surtout lorsqu'il voyait que cela n'avait pas l'air d'affecter Harry particulièrement.
'N'éprouve-t-il vraiment rien pour moi à présent ?' se demandait souvent le maître des potions avec désespoir.
Dumbledore l'avait également ouvertement tancé, ayant remarqué qu'il se remettait à moins manger et manquait régulièrement des repas.
Il devait donc faire des efforts sur tous les fronts, se répugnant parfois d'être si totalement épris qu'il en paraissait faible à ses yeux et aux yeux de Dumbledore.
Cela faisait désormais six semaines que le garçon était revenu et Severus ne savait plus ce qui était le mieux à faire pour lui et le jeune homme : fallait-il vraiment qu'il fasse une croix sur lui, devait-il encore patienter pendant vingt ans ou devait-il tenter une autre approche ? Toutes les voies lui paraissaient sans aboutissement.
Il prit donc encore sur lui et ne fit aucune tentative.
Une semaine passa encore ainsi, la tension de Severus montant graduellement à l'intérieur de lui.
L'occasion de la relâcher se présenta à lui sous une forme à laquelle il ne se serait jamais attendue : un vendredi soir, alors que le professeur de potions corrigeait des copies, il vit entrer Narcissa Malfoy, accompagné de son fils, qui lui rendait une visite intéressée.
La conversation tourna court car Snape ne pouvait faire pression sur Dumbledore pour qu'il interfère auprès du ministre pour que les délégués gouvernementales arrêtent certaines perquisitions.
« Mais ils ne s'attaquent qu'aux familles aux réputations riches ! » objecta la blonde, d'un air pincé et outré. « C'est bien qu'ils sont intéressés par l'argent et non pas selon des prétextes inventés de toute pièce ! Je ne suis plus aussi fortunée maintenant, tu le sais bien ! »
« Evidemment ! » rétorqua Severus, sans laisser sa voix révéler combien il était exaspéré et n'osa lui lancer que le ministère réquisitionnait, certes, les familles les plus fortunées mais que c'étaient uniquement celles qui avaient été les alliées de feu-Voldemort. « Mais je ne peux rien pour toi ! »
« Et Potter ! »
« Quoi Potter ? » siffla l'homme entre ses dents, interceptant le regard désolé de Draco.
« Mon propre fils ne veut pas parler de ça à son cher ami mais, toi, tu le peux non ? On m'a dit que tu étais plutôt proche de lui ! Et il a un pouvoir certain sur le ministère depuis qu'il a… »
« Qui t'a dit que j'étais proche de lui ? » murmura Snape d'un ton doucereux qui ne valait rien de bon, en lançant un nouveau coup d'œil – furieux cette fois – à Draco qui secoua négativement la tête en lui jetant un regard innocent.
« J'ai mes sources ! » répondit la femme en rejetant de la main l'interjection.
« Et quelles sont-elles ? » insista l'homme.
Comme il fallait s'y attendre, Narcissa ne répondit pas et la discussion se transforma en réel affrontement qui se conclut en la réponse à un questionnement que Snape se posait depuis longtemps : qui avait scellé son destin d'une manière funeste en avouant à Voldemort qu'il avait un talent certain en préparation de potions ce qui avait porté l'attention du tortionnaire sur ce jeune homme amoureux qui s'était réfugié dans les livres par désespoir ?
« C'était toi ? » haleta-t-il d'une voix blanche. « C'est toi qui a parlé de moi au Seigneur des ténèbres alors que je n'étais pas encore sorti de l'école ? »
Sentant le danger menacer, Draco s'éclipsa pour aller chercher du secours et trouva Lupin et Dumbledore qui discutaient dans une salle de classe vide.
Alertés, les deux autres sorciers suivirent Draco et volèrent dans le bureau situé dans les cachots.
Narcissa et Severus s'affrontaient de leur baguette.
« Arrêtez ! » s'exclama Draco, ne voulant qu'aucun d'eux ne se blesse.
« Ca suffit ! » dit en écho Lupin qui sortait à son tour sa baguette mais le directeur avait été plus rapide et il lança le sort de désarmement.
« Qu'est-ce qui vous prend ? » demanda-t-il.
Mais sa question demeura sans réponse tandis que les deux êtres assoiffés de rage se jetaient à la gorge l'un de l'autre. Narcissa griffa le visage de Severus de ses ongles acérés et lui, lui agrippa les cheveux – un quelque chose en lui refusant tout de même de frapper une femme.
« Ca suffit ! » répéta Lupin.
« Severus ! » cria Dumbledore d'une voix dure. « Lâchez-la et Narcissa, lâchez-le aussi ! »
Mais les deux sorciers n'écoutaient pas et la blonde envoya le bout de sa bottine pointue dans le tibia du professeur qui, en réflexe, tira les cheveux plus fort. Narcissa hurla de douleur.
Attiré par les hurlements de tout le monde, Harry - qui passait par là - entra dans le bureau de son ancien amant et écarquilla les yeux en découvrant la scène qui se déroulait devant lui.
Lupin était plaqué contre le dos de Snape et tentait vainement de le faire lâcher une Narcissa Malfoy qui n'avait plus rien de digne et hurlait de douleur et de haine. Draco essayait de retirer sa mère des griffes de son ancien maître des potions et Dumbledore vociférait furieusement, sa baguette inutile pendant au bout de sa main droite dont il ne voulait pas se servir.
Mais tout cela n'aboutissait à rien comme les deux enragés ne pensaient qu'à se faire le plus de mal possible, sans l'aide de leurs baguettes confisquées.
Harry n'écouta que son instinct et alla se positionner au côté de l'homme aux longs - et à présent hirsutes - cheveux ébènes.
Il s'éclaircit la gorge et posa sa main sur le bras mouvant violemment de Snape.
« Arrête Severus, s'il te plaît ! » dit-il d'une voix douce mais claire.
En voyant Harry, Dumbledore s'était arrêté de crier. Lupin, lui, avait changé de place et s'était mis à tirer sur les bras de Narcissa et de Severus pour les faire lâcher prise.
Comme Snape ne semblait pas avoir entendu, Harry déplaça sa main et la posa sur la joue de l'homme aux yeux noirs pour la caresser tout en le contraignant à tourner son regard vers lui.
« Severus, s'il te plaît » répéta-t-il d'une voix toujours aussi calme mais ferme. « Lâche-la ! »
Les yeux de jais rencontrèrent ceux d'émeraude et ne les lâchèrent plus. Les traits de son visage se détendirent et ses mains se desserrèrent autour des poignets de la femme qui était repoussée en arrière par Remus et Draco.
« Harry ! » croassa Severus avec difficulté.
« Ce n'est rien ! » fit Harry de la même voix impérieuse mais douce. « Viens ! »
Harry lui prit la main et Severus le suivit, comme s'il avait subitement oublié la femme avec qui il se battait cinq secondes plus tôt. Le jeune homme l'entraîna dans les couloirs des cachots jusqu'à la chambre bleue qu'il avait partagée un trop court moment avec le Severus de dix-sept ans.
Harry entendait bien son ancien professeur babiller d'une manière si décousue qu'il ne comprenait rien mais il décida qu'il fallait qu'il le calme pour qu'il puisse reprendre ses esprits au plus vite.
« Tu te rends compte, Harry ! Tu te rends compte ! »
Harry omit de répondre que non, il ne se rendait pas compte car son débit de paroles était trop agité et confus et ouvrit la porte avant de laisser entrer son ancien amant. Puis, il ferma la porte et obligea Snape à s'asseoir sur le lit où, un jour, ils y avaient fait et refait l'amour passionnément.
« Je ne savais pas avant aujourd'hui ! Je ne l'aurais jamais soupçonné ! Je ne savais pas avant qu'elle ne me le dise et elle ne l'a même pas fait exprès ! Harry, tu te rends compte que c'est elle qui a gâché nos vies ! »
La voix de Severus se brisa un instant et il plongea son visage entre ses mains avant de se relever d'une bond pour aller frapper de ses poings serrés le mur le plus proche.
Craignant qu'il ne se fasse mal, Harry pointa sa baguette vers le mur et le transforma en un mur de mousse.
Severus lançait des coups de pied furieux dans ce pan mou.
« J'aurais tellement voulu la frapper, la jeter à terre et la piétiner, lui lancer les sorts de magie noire que même les plus vils mangemorts n'osent pas jeter… J'aurais voulu… mais je ne pouvais pas la frapper… parce que c'est une femme !… J'ai toujours imaginé que c'était un homme qui m'avait dénoncé et je voulais connaître son identité pour me venger. Je n'aurais jamais soupçonné que c'était elle !… »
Fronçant les sourcils, Harry s'approcha de son ancien maître des potions. Il ne comprenait pas tout. A ce qu'il comprenait, Narcissa Malfoy l'avait un jour dénoncé mais de quoi, dans quel but et à qui ?
Très doucement, il posa ses questions et laissa le silence s'étendre lorsqu'il vit que Snape gardait toujours son front collé contre le mur de mousse, respirant atrocement fort.
Enfin, un long soupir s'échappa des lèvres de l'homme qui répondit d'une voix monocorde, comme s'il racontait une histoire qui ne le concernait plus : « Quand j'ai dû retourné à mon époque, lors de ma septième année, j'étais dévasté ! Je t'aimais tant que je n'arrivais pas à oublié, je n'arrivais pas à vivre. Je ne pensais qu'à toi, à nous et je commençais à entrer dans une dépression grave quand Dumbledore m'a rattrapé au bord du gouffre et m'a incité à trouver un dérivatif. Je me suis donc plongé à corps perdu dans la lecture, la recherche et l'expérimentation… notamment des potions. J'étais déjà relativement talentueux dans ce domaine et j'avais déjà créé moi-même des sorts et des potions mais, avant toi, ce n'était qu'un passe temps,… après toi, ça a été ma vie, ma bouée de sauvetage qui devait me tenir jusqu'à ce que nous puissions de nouveau être ensemble ! Tu vois, » ajouta-t-il avec amertume en lançant au jeune sorcier un regard amer, « Tu es là et pourtant, cette bouée me tient toujours ! »
Il y eut un autre silence – plus court cette fois-ci – avant que le professeur reprenne, les yeux perdus au loin, ne fixant rien derrière l'épaule de Harry.
« Un jour, l'on m'indiqua que le Seigneur des Ténèbres – qui recrutait à profusion – s'était tout particulièrement intéressé à moi depuis que quelqu'un lui avait signifié mon talent concernant les potions. Et comme l'on ne pouvait pas tourné le dos à une demande du grand mage noir en question, j'ai été obligé de le rencontrer, puis de prendre sa marque et tout ça… je l'ai dû à Narcissa Malfoy ! »
Il énonça le nom avec un tel venin qu'un frisson glacé traversa l'échine de Harry. Néanmoins, le garçon comprenait la raison de la rage de son ex-amant. A sa place, sa fureur et sa haine auraient été égales à celles qui parcouraient les veines de Snape aujourd'hui.
« J'ai dû faire des choses inavouables à cause de cette attention qu'elle avait porté sur moi ! J'ai dû porter un masque pendant plus de vingt ans ! J'ai dû être cruel envers des personnes qui ne le méritaient pas ! J'ai dû être vil avec toi ! J'ai dû construire ta haine envers moi et ainsi, l'exécration de ma propre personne envers moi ! J'ai dû te repousser alors que je n'aspirais qu'au contraire ! Et maintenant, tout est gâché ! Et c'est en grande partie à elle que je le dois ! »
Harry était bouleversé. Il ne s'était pas attendu à entendre ces révélations qui expliquaient beaucoup de choses et il se rendait peu à peu compte de la vie qu'avait dû être celle de Snape.
Perdu dans ses réflexions, Harry ne vit pas que Snape, lui, réalisait au même moment où il se trouvait. Une lueur consumante enflamma ses yeux et sa bouche se plissa en un rictus douloureux.
C'était leur chambre.
Il y avait passé des heures et des heures à pleurer Harry, des jours à cajoler le lit que le jeune homme n'avait pas encore connu, à embrasser l'oreiller qui n'avait jamais recueilli le visage de son mari. Il s'était rendu compte du côté pathétique de sa situation mais n'en avait jamais eu réellement cure puisque personne ne le voyait hormis lui-même.
Cependant, à présent, il y avait Harry !
A suivre…NdA 2 : Théoriquement, ce chapitre devait contenir un passage méritant de figurer sur un autre site à cause de la censure mais je l'ai déplacé pour le prochain chapitre qui sera posté très rapidement. En fait, ce chapitre est plus un pivot pour la fin de l'histoire qui devrait se faire dans 2, voire 3 chapitres.
