L'AMANT VENU DU PASSE d'Elehyn

Disclaimer : Pas à moi. Tout à J. K. Rowling. Cette histoire est dédiée à Caro à qui je fais d'énormes poutouxes.

NdA Importante : Pour mémoire, je tiens à vous rappeler que cette histoire ne comprend pas le tome 6 de JKR donc Harry n'a jamais eu Slughorn comme maître des potions, ça a toujours été Severus ! Vous comprendrez pourquoi je vous dis ça quand vous aurez atteint une certaine phrase du chapitre ! Par contre, je vais utiliser le nom de Rufus Scrimgeour comme actuel ministre de la magie comme il l'est dans le tome 6.

Comme je n'ai pas eu envie d'écrire deux versions de ce chapitre, j'ai censuré le passage « chaud ». Cependant, dans le prochain chapitre, il y aura bel et bien une scène « sulfureuse » et donc il y aura deux versions.

Les passages en italique sont des souvenirs (les temps utilisés pour les écrire sont différents selon ce qui m'arrange donc ne vous étonnez pas des différences). Je saute d'un souvenir à un autre en incluant ce signe centré dans la page : OOO. Lorsque le signe est plus long et sur la gauche de la page, c'est qu'on passe à tout autre chose.

Je ne me suis pas relue donc il doit y avoir des tonnes de fautes. Je m'en excuse et promets de les corriger plus tard. Bisous à tous.


Chapitre 23 : Difficiles introspections

Severus regardait fixement ce lit dans cette chambre et se rappelait.

« Sev, tu sais qu'on a cours dans exactement cinq minutes ! »

« J'ai pas envie d'y aller ! » avait protesté le jeune homme de dix-sept ans en dévisageant son petit-ami de dix-huit.

« Attends ! »

Harry avait posé la paume de sa main sur son front et s'était exclamé d'une voix faussement inquiète « Qui êtes-vous et qu'avez-vous fait de mon amant ? Mon Sev n'a jamais envie de ne pas aller en cours ! »

Sev avait ri avant de le déshabiller du regard de haut en bas puis de bas en haut. Il avait tapoté sur le matelas pour dire à Harry de venir s'allonger à son côté.

« T'es malade ! » s'était ébahi l'élu en résistant tout de même à sauter sur le lit. « Si Remus apprend pourquoi on a loupé son cours, il va nous trucider ! »

« J'ai envie de toi ! » avait dit Sev en glissant une main leste sur son torse imberbe et blanc.

Harry avait grogné, ses hormones se rebellant contre sa raison.

« On a déjà fait l'amour deux fois ce matin ! »

« Je sais mais tu es tellement mignon comme ça, les cheveux en bataille comme après une nuit de débauche… »

« J'ai toujours du mal à me coiffer et en plus, on l'a eu cette nuit de débauche ! »

Sev n'avait pas accordé de crédit à sa protestation et avait poursuivi, une main plaquée sur son entrejambe gonflée, « … Tu es tellement sexy avec tes magnifiques yeux verts à me regarder toujours comme si j'étais la plus belle merveille du monde pour toi que ça me rend fou ! »

Sev avait déboutonné son pantalon en disant cela, avait sorti son érection et avait entrepris de le soulager de sa tension.

Harry avait eu un instant les yeux fixés sur ce membre raidi puis avait rencontré à nouveau ses yeux noirs brûlants d'une passion totalement dévoilée.

« C'est parce que tu l'es ! »

L'esprit embrumé par le désir, Sev avait perdu le cour de la discussion et avait balbutié « Quoi ? »

« J'ai dit que tu l'es pour moi ! » Comme Sev avait froncé les sourcils, Harry avait ajouté, « La plus belle merveille du monde ! »

Les iris ébènes avaient alors pris une expression qu'on ne pouvait décrire tant ils étaient intenses et paradoxalement expressifs. Tout ce que Harry aurait pu dire, c'était que Snape l'avait dévoré tout entier par la flamme de ses yeux et le sérieux de son visage. En un seul regard hypnotique, Sev lui avait signifié qu'il était à lui et à lui seul, et Harry s'était senti possédé. A ce moment-là, le voyageur du temps aurait pu lui demander n'importe quoi qu'il l'aurait fait.

Sev lui avait tendu la main…

Et Harry l'avait pris.

OOO

Sev était allongé sur son lit dans sa chambre bleue tandis que Harry devait être en train de suivre un de ses cours avancé en compagnie de Draco et du professeur McGonagall.

Il lisait un roman érotique gay en ayant, préalablement charmé les prénoms des personnages pour que les amants s'appellent Harry et Severus.

Sa baguette soigneusement posée à côté de lui, il dévorait les lignes en s'imaginant lui et son amant dans les mêmes situations que les personnages du livre.

Sev riait de temps en temps mais, parfois, il reprenait sa baguette en lançant quelques sorts tout en marmonnant, « Non, je n'aurais jamais dit ça ! » ou encore, « Harry n'aurait pas réagi comme ça ! »

Faisant fi du récit de l'auteur, il avait créé petit à petit un roman à leur image. Il le ferait lire à Harry plus tard. Il savait d'ores et déjà que ce livre serait un des souvenirs qu'il emporterait avec lorsqu'il devrait changé d'époque.

En entendant la porte de sa chambre s'ouvrir puis se refermer, Sev sut que c'était Harry et lança. « Je suis en train de transformer un livre gay avec des personnages qu'on se contrefiche pour qu'il soit un récit fictif de nos aventures à toi et à moi… C'est beaucoup plus personnel et donc énormément plus intéressant ! »

Harry le rejoint en se laissant tomber sur le lit. Il jeta un coup d'œil aux transformations de Severus et sourit.

« Je croyais que tu n'aimais pas qu'on touche aux livres, qu'on écrive dedans, qu'on arrache des pages, etc… Ce n'est d'ailleurs pas toi qui m'a dit que c'était un sacrilège quand tu m'as vu corner une page parce que je n'avais rien pour faire un marque-page ! »

« Oui, là, c'était un sacrilège ! »

« Avec un coup de baguette, on ne voyait plus rien sur la page ! »

« Quand même ! »

« Alors toi, tu peux changer un texte mais moi, je ne peux pas corner une page ? »

« Oui ! »

En disant cela, Severus avait tourné son visage vers Harry pour voir si ses beaux yeux verts qu'il aimait tellement lui lançait des couteaux aiguisés.

Lorsqu'il vît que c'était le cas, Severus ricana. « Je plaisante ! En fait, je me fiche bien de ce livre. A la base, il n'était pas super ! J'en ai lu des beaucoup mieux écrits et plus passionnants donc je me permets d'en faire un qui ai plus de… piquant ! »

« Ah ! » fit Harry en lisant à nouveau quelques lignes modifiés par les soins de son petit-ami.

Le Gryffondor à la cicatrice pencha la tête sur le côté et, taquin, demanda, « J'espère qu'Harry est bon amant dans ton livre, au moins ! »

« Mmm, bien sûr ! » répondit Sev en lui lançant un regard d'un sérieux un peu louche. « Mais il ne l'est pas autant que Severus ! »

Harry prit un oreiller et l'envoya à la tête de Sev qui riait furieusement.

« Tu vas voir si je ne suis pas aussi talentueux que toi ! Dans deux minutes, tu vas m'implorer de te faire jouir ! » promit Harry en détachant les boutons du pantalon de sorcier que portait Severus. « … Mais je ne sais pas si je t'accorderais ce privilège ! » ajouta le jeune homme en prenant dans sa bouche le membre gorgé de sang.

Comme annoncé, Severus l'avait supplié et, Harry, magnanime, l'avait comblé.

OOO

Ils jouaient au Scrabble sorcier et les deux comparses relevaient un défi tacite de trouver les mots les plus tendancieux possibles.

« Et je réussis à écrire 'pénétration' grâce à ton 'érection' et mon 'anus' ! » lança Sev en regardant Harry, les lèvres pincées pour ne pas éclater de rire.

Le visage tordu de son petit-ami prouvait qu'il se retenait également de s'esclaffer et, après avoir marqué les points acquis par Sev, il charma ses propres lettres pour les placer sur le plateau virtuel qui comptait automatiquement les points.

« Et moi, je place une 'fellation' en reprenant ta 'langue' et ma 'queue' ! »

Cette fois, les deux amants éclatèrent de rire et se retrouvèrent bientôt côte à côte sur le lit, pliés en deux.

Une fois que leur hilarité se fut apaisée, Sev regarda Harry avec un air salace puis, il lança « Chiche ! »

Harry arracha alors son pantalon et Sev lui sauta dessus.

Après cela, ils avaient souvent rejoué au scrabble et… en suivant les mêmes règles !

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Les prunelles de Snape se détachèrent du lit, leur lit, dans cette chambre bleue et il regarda Harry qui semblait perdue dans ses réflexions.

« Je suis désolé… Severus ! » Pour la première fois, Harry disait son prénom, s'efforçant de s'adapter aux us du collège, maintenant que l'homme et lui étaient collègues aussi bien à l'école qu'au DRMPO ou Département ministériel de la Recherche des Magies Perdues et Oubliées. « Je ne savais pas pour la mère de Draco et je ne savais pas pour… vous ! »

La colère revint dans les veines du maître des potions à la mention de Narcissa Malfoy et il savait qu'avec elle, il n'en resterait pas là. Elle avait eu beau réussir à passer entre les mailles du filet du ministère, elle était coupable de nombreuses mauvaises actions et elle allait enfin être punie !

« C'est une chose que je n'ai jamais comprise ! » reprit Harry en regardant son vis-à-vis droit dans les yeux avec une sincérité désarmante. « Tout le monde savait au sein de l'Ordre qu'elle faisait partie des mangemorts et personne n'a réussi à la condamner. »

« C'est parce que lorsqu'elle est passée devant les tribunaux, elle a été plus intelligente que les autres ! Déjà, elle a dit avoir commis tout ça sous l'imperium. Ca, ça y fait beaucoup ! De plus, elle venait d'une famille très respectée : les Black ! Puis, elle a épousé Lucius – un sang pur – venant d'une famille jadis très respectée elle aussi. Son ascendance en impressionne plus d'un, même encore aujourd'hui. Il ne faut pas oublier non plus qu'aucune victime des mangemorts n'a pu témoigné de sa présence parmi les fidèles de Voldemort. Peut-être en a-t-elle éliminé ou fait éliminer quelques uns ! Elle est… ou plutôt a été… très riche. Elle a dû donner des dessous de table avant qu'on ne la perquisitionne. Elle a aussi peut-être usé elle aussi de l'imperium sur certaines personnes qui ont de l'influence. De plus, elle est belle ce qui peut amadouer quelques personnes et en séduire d'autres. Ce que je pense – et que j'ai toujours pensé – c'est qu'une personne l'a couvrait. Obligatoirement quelqu'un du ministère qui était à son procès ! Je ne sais pas c'est qui mais je compte bien le découvrir et lui faire tout avouer ! »

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Le jeune Elu ouvrit l'album avec lenteur tout en s'installant plus confortablement contre les coussins multicolores de son lit.

Harry avait gardé les appartements du château qu'il avait partagé avec Sev en attendant de trouver une maison qu'il souhaitait en campagne. Il n'était pas pressé de quitter l'établissement qui avait été longtemps sa maison donc ne cherchait pas à acquérir une demeure de suite mais il y pensait.

Une partie de lui avait envie de quitter l'endroit qui abritait des souvenirs douloureux car Sev n'était plus là mais une autre partie de lui aimait ces quartiers et les souvenirs heureux qui s'y attachaient. De plus, il était professeur à mi-temps ici et logeait gratuitement ce qui était très pratique et économique. Bien sûr, il avait beaucoup d'argent mais ce n'était pas une raison pour ne pas penser à l'avenir et jeter l'argent par les fenêtres. Il y avait aussi les bons repas préparés par les elfes même si Dobby avait plus que nécessaire fait comprendre à Harry que s'il déménageait, il voudrait le suivre.

Harry avait également toute liberté ici. Comme il travaillait par ailleurs au DRMPO, il n'avait pas d'obligation d'assister dans la Grande Salle à tous les repas – pouvant très bien rester à manger dans ses appartements toute l'année s'il le désirait. Il allait et venait comme il le voulait et n'avait pas les contrainte du ménage, de la lessive et de toutes les corvées qui empoisonnaient le quotidien.

Il était donc bien décidé à rester encore… surtout qu'il s'était avoué très récemment que le fait que son maître des potions réside aussi ici était un plus à sa décision de ne pas bouger.

Cette révélation l'avait horrifié et il avait vraiment eu beaucoup de mal à l'admettre mais il était bien trop franc envers lui-même lorsqu'il n'était pas soumis à un involontaire aveuglement, pour se cacher la vérité lorsqu'elle lui crevait les yeux.

Harry tourna avec difficulté la cinquième page de l'album sur lequel s'étalait le visage de Sev.

Cet album photos, Snape le lui avait donné lorsque son amant-voyageur du temps était retourné à sa propre époque mais il n'avait fait que le feuilleter brièvement et l'avait refermé définitivement lorsqu'il avait remarqué la transformation de la physionomie de son amour en celle de son professeur en potions. Cette fois-là, il n'avait pas pu le supporter et avait tout réfuté.

A présent, il se sentait plus ou moins prêt à accepter la vérité. Il tournait donc une à une les pages, s'arrêtant douloureusement sur les clichés d'un Sev grandissant sans lui.

D'un doigt, il traçait les contours tant chéris de cet être qu'il aimait à en mourir.

Au fur et à mesure des mois puis des années, les cheveux noirs étaient plus courts ou plus longs, les yeux étaient plus durs, perdant une certaine innocence qui avait déjà été bien consumée par son père, les maraudeurs puis Voldemort et ses fidèles.

Les photos montraient la maturité physique de Sev et les expériences plus ou moins pénibles de la vie qui avaient marqué ses traits et les reflets de ses yeux qui devenaient de plus en plus impassibles. Chaque image ressemblait de moins en moins à la précédente et pourtant,…

… pourtant, Harry retrouvait toujours deux choses – de la première à la dernière image : l'essence même de Severus, le je-ne-sais-quoi qui faisait, avait fait et ferait toujours que Severus était Severus ! On pouvait reconnaître cet être sur toutes les pages. Comment avait-il pu être aussi aveugle ? Maintenant, il arrivait parfaitement à reconnaître en son maître des potions les traits de Sev ! Pas tout à fait les mêmes mais pas non plus différents. Ils étaient justes plus mâtures et marqués par la vie et les années.

La deuxième chose était cette petite lueur de tristesse malgré les sourires forcés. Severus aurait pu donner le change à n'importe qui sauf à Harry. Si quelqu'un était venu dans la pièce et avait vu ces clichés, cette personne aurait dit que l'inconnu des images devaient être une personne optimiste et gaie. Harry, lui, voyait ce miroitement ravagé, cette lumière de dévastation qui ne brillait plus… celle qui se trouvait aussi, très profondément cachée, dans les yeux de Harry.

Severus avait pris des photos de lui, voulant montrer son meilleur jour à Harry mais le cœur de ce dernier n'en était que plus serré devant la preuve de la souffrance de cet homme.

On voyait Sev devant le château, près du lac avec un livre dans la main – leur livre, celui qu'il avait transformé pour que ce soit leur récit personnel. On le voyait aussi sur le terrain de Quidditch, dans sa salle commune, dans son dortoir, sur son lit, à la bibliothèque ramassant ses livres au plus vite tandis qu'une Madame Pince se précipitait l'air rageur que quelqu'un ose prendre des photos dans sa bibliothèque.

On le voyait percher sur un arbre ou encore à Pré-au-lard, déambulant dans les rues désertes.

Les clichés étaient prises soudainement plus à Poudlard ensuite. Severus avait dû quitter l'école après avoir eu son diplôme, comme l'une des images était celle de son amant brandissant un parchemin à l'aspect officiel devant l'appareil.

Une des photos – une que Harry n'avait jamais vu sinon, il en aurait été bouleversé comme il l'était à présent – montrait un Sev encore jeune, la tête baissée en retrait, laissant les larmes couler le long de son visage qu'on ne voyait presque pas. Il avait honte et la raison était la marque sombre sur la peau encore rouge de son avant-bras gauche, révélée par une manche noire relevée et déchirée. Son poing était serré et le bras était en premier plan tandis que son corps était plus ou moins recroquevillé, dos voûté, tête tournée sur le côté au second plan. Un mot avait été écrit à l'encore ébène de la main de Sev, 'Pardon'.

Harry en avait la gorge serrée. Pourquoi Sev avait-il photographié cet instant ? Apparemment, c'était juste après avoir reçu la marque alors pourquoi avait-il poussé son humiliation et sa souffrance jusqu'à immortaliser ce moment ?

Harry réfléchit et repensa à une chose que Snape lui avait dite un jour mais qu'il n'avait pas voulu écouté, « Je n'ai jamais voulu cette marque ! Je n'en ai jamais été fier ! J'ai été obligé de l'accepter malgré sa signification et je me doutais qu'il te serait difficile de l'accepter aussi mais elle est là ! Je n'y peux rien et toi non plus ! Et tu me détestes à cause de ça ! J'en deviens fou ! Ce n'est pas en la réfutant qu'elle disparaîtra, ça je l'ai compris assez vite même si ça a été très ardu pour moi ! Mais ce n'est pas non plus en ne voyant qu'elle – comme on dirait que tu le fais sans cesse – que ça te montrera qui je suis vraiment ! Je suis toujours le même, Harry ! Je suis toujours ton amant, ton mari, comme je l'ai toujours été ! Tout ce que je peux faire, c'est te redire pardon ! Pardon non pas pour cette marque mais pour ce qu'elle signifie pour toi et que je vois dans tes yeux ! Pardon pour n'avoir pas pu empêcher cette marque d'atteindre ma peau ! Pardon que cette marque ait fait de moi tout ce que tu hais ! »

Les larmes qui courraient à présent sur les joues de Harry venaient concurrencer par leur intensité celles de Severus sur cette atroce photo.

Un long moment plus tard, Harry se força à tourner la page – dans les deux sens du terme, se dit-il avec ironie -, et il put découvrir encore de beaux clichés de Sev devenant Snape.

La mâchoire devenant plus carrée laissait entrevoir une ombre plus étendue de la barbe rasée de près d'un homme. Ses traits étaient plus affirmés, plus anguleux ce qui ne le desservait pas selon l'opinion de Harry. Son corps était plus grand et longiligne. Il n'avait malheureusement rien perdu de sa minceur trop accentuée et Harry se dit qu'il devrait veiller à ce qu'il se remplume un peu. On pouvait cependant voir que ses épaules étaient plus larges, son torse plus bombé et ses jambes plus musclées. Il n'avait plus rien de l'adolescent dégingandé et peu sûr de son corps. Enfin, peut-être avait-il toujours des complexes mais il était impossible de le deviner sur ces photos !

Lorsque Harry tourna la dernière feuille, il découvrit son maître des potions, un sourire aux lèvres qui ne se reflétait toujours pas véritablement dans ses yeux et il laissa son index errer sur les contours du visage de son amour.

Il avait été bête ! se dit-il. Sev avait toujours été là. Il avait seulement grandi, voilà tout.

Et Severus l'aimait toujours.

Harry soupira. Cela avait été laborieux pour lui de se rendre compte de ce fait mais il pensait tout de même que ce temps lui avait été nécessaire. Auparavant, il n'était pas prêt.

En effet, comment passer du jour au lendemain aux papouilles avec un homme qui l'avait insulté, humilié et méprisé pendant plus de sept années ? Comment l'embrasser quand il le prenait encore pour responsable de la mort de Sirius ? Comment le reconnaître en son amant et lui dire qu'il l'aimait en croyant qu'il avait été un mangemort par choix ? Comment penser à une vie avec lui en voyant Sev et Snape non pas comme une mais deux personnes bien distinctes ?

Progressivement, toutes ces barrières étaient tombées et ce soir, l'album confirmait ce qu'il venait de se dévoiler : le professeur Snape avait toujours été Sev et il l'aimait de tout son cœur.

Maintenant que cela était assimilé, comment allait-il faire comprendre à Severus qu'il voulait retrouver leur relation d'antan ? Devait-il lui dire clairement ou y aller pas à pas ?

Les réactions de Snape lui prouvaient qu'il en avait très envie mais maintenant qu'il avait vieilli de deux décennies et qu'il avait traversé toutes ses épreuves de la vie, n'allait-il pas pensé dans quelque temps que Harry était trop immature pour lui ? Lui, Harry, n'avait pas vieilli 'd'un coup' ! Est-ce que leur relation pourrait survivre à la différence d'âge ?

Harry était perdu.

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Département de la Recherche des Magies Perdues et Oubliées

Severus était perdu.

En fait, il ne savait que penser.

Depuis qu'il était arrivé ce matin et avait, exceptionnellement, travaillé dans le même service que Harry, celui-ci n'avait fait que le regarder.

Au début, Severus avait vérifié qu'il s'était bien habillé correctement, avait recherché dans un miroir des toilettes un éventuel quelque chose dans son apparence qui n'était pas habituel mais n'avait rien trouvé.

Le jeune homme avait aussi des réactions surprenantes.

A un moment, Snape avait dû passer derrière lui pour prendre un récipient plein d'épines de cactus et, lorsqu'il s'était retourné, Harry l'avait regardé en sursautant. L'ex-Gryffondor avait pourtant bien su que quelqu'un était derrière lui, ça, Severus en était persuadé.

Harry faisait également tout tomber à chaque fois qu'il le voyait.

'Pour un peu', se dit-il avec un douloureux sarcasme, 'on dirait qu'il est amoureux de moi !'

A présent, il voyait les mains du jeune chercheur trembler tandis qu'à côté de lui, Snape tentait d'attraper un flacon contenant du jus d'airelles.

La voix chaleureuse et amusée de Samuel Flyerbee, un autre jeune chercheur qui travaillait dans le même bâtiment que Harry, emplit brusquement la pièce.

« Je ne sais pas si vous l'avez remarqué tous les deux » fit leur collègue en les regardant d'un air mi-taquin, mi-provocateur. « Mais vous êtes sous l'étagère des branches de gui… et vous connaissez la tradition ! » finit-il en se détournant pour observer de nouveau la potion pas tout à fait stable qui s'agitait avec plus de force dans son bocal, menaçant de s'en échapper.

A ces mots, Harry déglutit péniblement et riva son regard à celui de Snape dont les joues avaient soudainement pris une teinte cramoisie. Il ne regarda pas son jeune collègue pourtant.

C'est ce dernier constat qui donna l'impulsion inexplicable à Harry de passer les bras autour de la nuque de son ancien maître des potions, de glisser ses mains dans ses cheveux pour le contraindre à pencher légèrement son visage vers le sien.

Harry vit les yeux noirs s'agrandir de stupéfaction, vit le rouge de ses joues devenir plus intense et vit les lèvres fines de son compagnon s'ouvrir en une exclamation silencieuse de surprise mais il n'en eut cure et les captura des siennes afin de les caresser et de les plier au rythme tendre mais ferme de son baiser.

Aussitôt, Harry sentit le bout d'une langue chaude passer ses lèvres charnues et accepta ce présent en ouvrant davantage sa bouche ainsi qu'en laissant sa propre langue aller à la rencontre de sa sœur.

Ils s'embrassaient à présent à pleine bouche, gardant tout de même ce rythme lent en essayant de ne pas rapprocher leur corps l'un de l'autre.

« Sev ! » murmura Harry en un souffle, contre les lèvres de son ex-amant lorsqu'ils se détachèrent pour reprendre leur respiration.

Ce nom fit se figer l'interpellé qui dévisagea Harry comme s'il ne l'avait jamais vu dans le but de chercher quelque chose qu'il dût trouver étant donné l'expression ahurie de son visage après cela.

« Et bien ! » dit Samuel en leur lançant un regard gentiment goguenard. « Si je pouvais être embrassé comme ça sous le gui, je ne bougerais plus de cette place. »

Le Survivant sentit ses joues s'embraser furieusement et baissa le regard pour ne plus soutenir celui – trop intense et fixe – de Severus sur lui.

« Si je me mets avec vous sous le gui, je pourrais avoir un bisou comme ça de vous deux ! » taquina toujours Samuel.

« Tais-toi, Sam ! » fit Harry en lui lançant un regard tout aussi espiègle. « Il n'y a que mes anciens maîtres des potions qui ont le droit à cette faveur ! »

Harry s'empourpra davantage en se rendant compte de la portée de ses paroles et éleva de nouveaux ses yeux vers son ancien professeur pour connaître sa réaction. L'élu ne fit même pas attention à la dernière remarque que lança son collègue en se détournant, à nouveau en proie aux fureurs de sa potion rebelle.

Non, tout ce qu'il voyait était la flamme de victoire et de jubilation qui dévastait les iris de jais. Il se détourna donc lui aussi, mal à l'aise et confus, et s'enfuit de la pièce sous un prétexte quelconque.

Severus le suivit des yeux jusqu'à ce qu'il ne le vit plus.

Il savait désormais que Harry était de nouveau sien et il n'en pouvait déjà plus d'impatience de le lui révéler une nouvelle fois !

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Severus éminçait des champignons noirs d'un geste machinal, l'esprit ailleurs.

C'était Harry qui l'avait embrassé ! Lui n'aurait rien fait même s'il en avait une terrible envie parce qu'il se réfrénait de terroriser son ex-amant, se disant qu'il n'était pas bon de le harceler. De plus, il se contrôlait constamment pour rester fidèle au serment verbal qu'il avait fait à Dumbledore, à savoir de prendre un peu de recul et de faire une pause dans l'affaire 'Harry Potter'.

Mais il l'avait embrassé comme un amant et non pas donner un petit bisou traditionnel, sans aucune signification particulière, sous le gui.

Il l'avait embrassé comme il l'avait fait vingt ans plus tôt.

Il l'avait embrassé comme il embrassait son jeune double auparavant.

Il l'avait embrassé comme s'il l'aimait.

Et puis, il l'avait appelé Sev.

Comme avant.

Comme s'il avait oublié l'être vindicatif et cruel qu'il avait été obligé d'être et qu'il avait retrouvé son amant. Son amour. Son mari.

Le cœur de Severus n'en pouvait plus de bonheur. Il entrevoyait enfin un espoir qui n'avait pas été sien depuis trop longtemps.

Dès la fin de son travail, il irait voir Harry et le persuaderait d'être de nouveau et pour toujours son amant.

A suivre…

NdA 2 : Théoriquement, le prochain chapitre est le dernier. Il y aura un épilogue ensuite.

Dans le prochain chap, je vous reparlerai de Narcissa Malfoy et de la personne qui l'a protégé durant son procès truqué, de la relation entre Severus et Harry ET du fameux album pour adultes seulement qu'a constitué Sev et dont je n'ai fait que mentionner et non pas expliciter pour le moment.

J'espère que mon chapitre vous a plu. J'ai pris beaucoup de plaisir à l'écrire et je pense que ça sera la même chose pour le prochain.