Cette petite anecdote a été offerte à la merveilleuse bêta enoa2, à l'occasion de son anniversaire. Dans l'univers du BAM, elle se situe à peu près au niveau du chapitre 19.
J'espère qu'elle vous fera patienter jusqu'au prochain chapitre de BAM! Hélas, tel le lapin blanc d'Alice au Pays des Merveilles, je suis en retard, je suis en retard...
Disclaimer: L'univers potterien est la création de JK Rowling. Je me contente de faire joujou avec les personnages secondaires, pour leur plus grand malheur.
Vlan !
La lourde porte du vestiaire claqua bruyamment et un gardien de Quidditch excédé s'engouffra dans le local désert. Il avait planté là Nash, Reynolds, Summerby et le reste des Tornades en plein entraînement, mais il y avait des limites à ce qu'un gardien écossais au fort tempérament pouvait supporter.
Trop, c'en était trop. La blague de Summerby avait porté le coup ultime à Oliver Wood. Des années que cela durait. Des années qu'il se faisait taquiner, chambrer, persécuter, et tout cela à cause d'une malencontreuse rumeur lancée dix ans auparavant par les jumeaux Weasley. Et aujourd'hui encore, il était en butte aux mêmes effroyables soupçons.
Un Summerby guère penaud passa la tête par l'entrebâillement de la porte :
« Allez, Oliver, ne le prends pas comme ça…
-Comment as-tu pu dire, comment as-tu pu prêter foi à de telles sornettes ? Les mots me manquent pour qualifier ces ragots ! »
Summerby s'enhardit et entra dans le vestiaire :
« Ecoute, d'autres que moi pensent que ces ragots ont des bases plus solides que tu ne le crois. Il n'y a pas de fumée sans feu…Avoue qu'il y a entre vous un rapport spécial, passionnel même.
-Pour la dernière fois, je ne suis pas amoureux de Marcus Flint ! »
« Tes dix minutes sont écoulées ! Tu peux lire ce que tu as écrit ! » claironna Summerby.
Comment en était-il arrivé là ? s'interrogea Oliver, incrédule.. Comment lui, Oliver Wood, sain de corps et d'esprit, s'était-il laissé entraîner dans la rédaction d'une liste de dix bonnes raisons pour lesquelles il ne pouvait pas aimer un être tel que Marcus Flint ?
« Essaie d'être objectif », avait recommandé Summerby.
Oliver n'avait pas jugé utile de commenter ce vœu pieux.
Il s'éclaircit la voix et commença :
« 1 : C'est mon pire ennemi….
-Je t'arrête tout de suite : la rivalité sportive n'est pas un argument valable. Tu dois considérer l'être humain qui sommeille en tout joueur de Quidditch, et non, Oliver », dit-il pour couper court aux protestations immédiates de son interlocuteur, « ce n'est pas limité aux joueurs de ta propre équipe. Continue.
-2 : Absolument rien en commun.
-A part une obsession dévorante pour le Quidditch…
-C'est mon entière antithèse.
-En admettant que ce soit vrai…
-Bien sûr que ça l'est ! Je ne pourrais jamais aimer quelqu'un qui ne me ressemble en rien !
-On ne t'a jamais dit que les contraires s'attirent ?
-Qui t'a dit ça ?
-Peu importe, continue.
-3 : Un sale caractère. Jamais de bonne humeur.
-On voit la paille dans l'œil de son voisin…
-Qu'est-ce que tu dis ?
-Rien, Monsieur Rayon-de-Soleil…La suite !
-4-Je ne supporte pas les mauvais perdants.
-Dixit l'image vivante du désespoir les lendemains de défaite…
-5-Pas d'affinités naturelles. Aucune, vraiment.
-Sans commentaire. Nous nageons dans le subjectif.
6-Imposible de l'encadrer. Bonne entente utopique.
-Comme pour le 5, tu n'apportes aucune justification.
-Il n'y a rien à justifier ! Je ne le supporte pas !
-Pourquoi ?
-Peut-être parce que je ne l'aime d'aucune manière !
-Pourquoi ne l'aimes-tu pas ?
-Mais ça ne s'explique pas, ces choses-là ! C'est une évidence ! Je le sais, c'est tout ! C'est automatique et naturel : j'aime le Quidditch, je n'aime pas Marcus Flint…
-…
7 : Pas le temps de tomber amoureux.
-Tu n'as pas le temps ?
-Entre les entraînements, les stratégies, les préparations de match et les debriefings, c'est dur. Ce sera pire quand je serai capitaine.
-Tu n'as pas le temps ? Tu en es sûr ?
-Oui, pourquoi ?
-Tu ne pourrais pas trouver une petite place dans ton planning surchargé ? Vendredi en huit, par exemple ? Programme : tomber amoureux, entre le déjeuner et la rediffusion en direct de la rencontre Bulgarie/Angleterre sur TV Wizard ? Bon sang, Oliver, ces choses-là ne se prévoient pas ! Elles t'assomment par derrière, et quand tu réalises que tu es touché, ça t'atteint comme un Cognard en pleine face ! C'est magnifique !
-Dit comme ça, c'est tentant…mais non merci.
-Allez, au suivant.
-8 : Mauvais pour le sport.
-Explique-toi.
-Les joueurs amoureux sont moins compétitifs, ils ont perdu la rage de vaincre…
-Hé ! Je suis fiancé !
-Justement…
-Allez, numéro 9, Oliver.
-9 : Aucune attirance physique. Là, c'est quand même de Marcus Flint qu'on parle. Je préférerai embrasser une goule plutôt que lui…
-La vraie beauté est intérieure.
-C'est vrai, mais avoue que ce serait dommage, un couple si mal assorti.
-Pourquoi mal assorti ?
-Il est moche. Je suis quand même mieux que lui, à en croire Sorcière Magazine.
-Quelle présomption…
-10 : Dernier petit détail, mais qui pourrait avoir son importance. J'aime les filles!
-Un déni de plus…Ah, le pouvoir de l'autosuggestion.
-Mais en quelle langue faut-il que je te le répète ? Je n'ai aucune raison de tomber amoureux de Marcus Flint, ou de quiconque lui ressemblant !
-Si je reprends cette liste, je vois le potentiel d'une relation difficile et explosive. Sens-tu les étincelles de votre couple ? Vous êtes deux aimants qui s'attirent et qui se repoussent ! J'imagine vos disputes passionnées et vos réconciliations enflammées… »
Vlan !
Oliver Wood venait de fuir les lieux, écœuré par l'aveuglement de Summerby. Quant à ses derniers mots, mieux valait les oublier. Il y avait des limites à ce qu'un gardien écossais à l'âme sensible pouvait supporter.
Qu'il était bien chez lui, dans son appartement paisible, loin de toute suspicion ! Ici il pouvait se remettre de ses émotions. Il repassa les éléments de sa liste : indépendamment de Marcus Flint qui était hors concours, il ne pourrait jamais tomber amoureux d'une personne dotée d'un mauvais caractère, mauvaise perdante, trop différente de lui, au physique médiocre…
« Oliver ! Est-ce que c'est toi qui as terminé le café sans penser à en racheter ? »
Eloise Midgen était rentrée, apparemment de mauvaise humeur, et prête à lui livrer bataille. Tout ça parce qu'il avait pioché dans son pot de café et qu'il avait oublié de le réapprovisionner. Pff ! Les femmes !
Il déchira la liste de ses dix bonnes raisons et partit sauver sa peau, avec le vague sentiment d'être passé à côté de quelque chose.
Note de l'auteur:
-je sais, c'est très court, mais à l'époque je n'étais pas très avancée dans la rédaction de BAM!, et enoa2 avait requis la présence expresse d'Oliver Wood. Cette petite anecdote peut déjà paraître un peu "spoileuse" sur les bords...
-des commentaires? ouvrez le feu!
-des suggestions concernant des "scènes manquantes" que vous aimeriez voir? un éclairage particulier, une scène se focalisant sur un personnage que j'aurais négligé? faites-le moi savoir et je verrais ce que je peux faire!
attention: il me faut un minimum d'inspiration, et que les personnages en question soient des personnages récurrents de BAM!
