Un grand merci aux revieweuses du dernier chapitre: Ninianne,titemaya,Owlie Wood,Marauder's Mad,Adorabelle & enoa2!
Je m'excuse pour le retard- les fanficeurs sont des êtres humains sujets aux pannes d'inspiration, à la fatigue et à la mauvaise gestion de leur emploi du temps-, et je tiens à rassurer ceux parmi vous qui se sont inquiétés (ce qui était très gentil de leur part): je suis bien portante et ne compte pas abandonner cette histoire!
Dans ce chapitre, des scènes manquantes du chapitre 23: un Zacharias post-rupture, un petit extrait de Cœurs de Fondateurs, et deux individus que nous ne vous avons pas vraiment présentés dans BAM…
De drôles de choses se sont passées aujourd'hui. Ella a montré un aspect d'elle méconnu, Zacharias a été plus sociable que d'habitude- Blaise et lui s'entendent comme larrons en foire!- tout ça depuis une remarque sur les Berties crochues que je n'ai pas vraiment saisie-, Susan a ruminé je ne sais quoi pendant une bonne partie de l'après-midi alors qu'Adrian était assis à côté d'elle, et en partant, j'ai vu Blaise murmurer quelque chose à l'adresse d'Oliver (qui avait l'air franchement perplexe) en lui glissant un bout de papier, ou une carte de visite, dans la main.
J'ai parfois l'impression que ces petits détails ont une signification propre qui m'échappe. Mais bon, on ne peut pas tout savoir non plus, n'est-ce-pas ?
(narrateur omniscient)
S'il y avait bien un point sur lequel les employés du Bureau des réclamations et Zacharias tombaient d'accord, c'est que ce dernier détenait le record de plaintes classées sans suite.
Alessandra devait détruire ces convictions si profondément enracinées dans l'esprit de son auditoire, à savoir un Zacharias qui, à l'inverse de sa tendre moitié, n'avait pas eu le loisir de pondérer posément sa relation sentimentale. Imaginez donc l'hébétude si peu caractéristique qui le saisit lorsqu'Alessandra ouvrit les hostilités en demandant:
-Quelle est la différence entre elle et moi?
Aucune méprise n'était possible: elle signifiait Eloïse- les sujets féminins ne peuplaient pas la vie de Zacharias (et après cette conversation, il veillerait à ce que ce cercle déjà restreint ne subisse aucun élargissement au cours des dix prochaines années.)
Pour Zacharias, rien n'était plus clair. Eloïse était « son meilleur pote », Alessandra sa petite amie. Ensuite, essayez donc, avec une migraine croissante et un esprit tout juste sorti de son état comateux, d'élaborer à la suite de ces explications basiques.
-Je ne suis pas jalouse d'elle. Mais tu refuses de m'accompagner chez mes amis, et tu crois que je ne sais pas que tu l'appelles pour regarder ensemble un de tes stupides films avec la même intrigue téléphonée…
-C'est toujours à toi que je donne la priorité!
-Parce que voir et revoir des héros qui se battent contre le monde entier est censé m'enthousiasmer?
-Je ne dis rien contre tes amis- et Merlin sait que je pourrais en raconter des vertes et des pas mûres- alors fais-moi le plaisir de garder pour toi tes commentaires sur the Untouchables! (1)
-Qu'est-ce que tu reproches à mes amis? Dis-le! Dis-le! exigea Alessandra.
Autrefois, Zacharias avait admiré ce tempérament de feu. Maintenant, il en était un peu moins sûr.
-Rien, à part le fait d'être une bande de crétins prétentieux. Oh, et puis ils me détestent cordialement.
-C'est censé me surprendre? laissa échapper Alessandra.
La minute suivante, elle soupira:
-Zacharias, je ne voulais pas…Zut, je m'étais juré de faire les choses à l'amiable.
Nez levé en l'air, il tiqua légèrement.
-Faire quoi à l'amiable?.
Puis, deux secondes plus tard:
-Pourquoi? s'exclama-t-il, indigné.
Avait-il été un petit ami aussi pitoyable?
D'après Alessandra, en effet:
-Toute la journée du 14 février, j'ai attendu en vain une carte, un geste…
Zacharias ne se priva pas de faire remarquer qu'ils étaient tous deux tombés d'accord sur le fait que ce jour résultait d'une conspiration commerciale menée par les fleuristes et les parfumeurs, avec le concours des restaurateurs et des bijoutiers. Ah, et aussi des agences matrimoniales qui enregistraient un afflux supplémentaire de clients célibataires ayant attendu la Saint Valentin pour réaliser leur insupportable solitude
Il lui fut répondu qu'il aurait dû lire entre les lignes…s'il l'avait vraiment aimée. Ouch.
Et la rose qu'il lui avait envoyée, elle comptait pour du beurre? Mais avant qu'il ait pu la mentionner, Alessandra ajouta, émue, que sans le don romantique d'un admirateur anonyme, elle aurait passé une triste Saint Valentin, « mais ces choses-là te dépassent, Zacharias! c'est triste, mais je m'y suis résignée! ».
Il en resta sans voix.
-Nous nous entendons bien…Seulement, ça ne suffit pas. Il n'y a pas d'étincelles entre nous…pas d'électricité, tu comprends?.
Non, il n'y comprenait rien du tout. Bien que familiarisé avec le concept moldu d'électricité, l'analogie d'Alessandra le laissait perplexe.
Laissez une femme livrée trop longtemps à ses seules pensées, et elle vous sortira des théories fumeuses, pensa amèrement Zacharias.
-Nous ne partageons guère plus que ce que tu as déjà avec Eloïse…J'ai cru que j'étais amoureuse de toi parce que nous discutions, que tu étais drôle et différent de tous les garçons que j'avais connu …Et puis….
Elle se tut. Il comprit.
Après un début de semaine éprouvante, ce fut dans des dispositions d'esprit peu commodes que Zacharias sonna à la porte de l'appartement d'Eloïse. Enfin, cela lui donnerait l'occasion de rencontrer ses colocataires et surtout d'apprécier l'aménagement intérieur.
Une jeune fille qu'il reconnut comme Padma Patil lui ouvrit. Il approuva mentalement: calme et silencieuse, elle faisait sans aucun doute une colocataire idéale pour Eloïse.
Hélas, cette première bonne impression ne devait pas durer longtemps. Dans le salon, se tenaient Susan Bones et un jeune premier du genre des crétins gominés faisant la couverture de Sorcière Hebdo. Bon, il ne décelait pas de traces visibles de laque dans les cheveux du joli cœur, mais il soupçonnait l'usage d'un sortilège de fixation. Il était impossible que ces boucles châtain tombassent naturellement en place, alors que Zacharias bataillait chaque matin devant un miroir magique dont la compassion n'était pas le fort- à l'instar de son maître- sans parvenir à dompter ses épis blonds (et pour couper court à un jeu de mots facile, pas du tout blonds comme les blés mûrs).
Les deux étaient si proches que c'en était révoltant. Il échangea les amabilités de circonstance avec Susan Bones, encore plus teigneuse que d'habitude (parce qu'il avait interrompu un « moment » avec le bel Adrian?), avant d'apprendre avec révulsion que l'Adrian en question demeurait à résidence, et que Padma Patil ne faisait que visiter.
Il mit à profit le temps que les divers envahisseurs (Draco Malfoy, et horreur! un Gryffondor, nommé Seamus Finnigan, Hannah Abbot et le plus tolérable du lot, un ancien Serpentard qui avait le mérite d'être silencieux) passèrent à s'extasier (ou à flirter..) devant un soap-opéra abominable pour se rétablir du choc que lui avait causé la découverte du premier colocataire d'Eloïse.Il avait le choix: ou se morfondre dans son appartement, ou se morfondre en compagnie chez Eloïse. Cela ne l'empêchait pas que d'être de très mauvaise humeur, et ce, pas seulement à cause de la romance ambiante assaisonnée de paris sur la probabilité de tel ou tel couple dans le feuilleton Cœurs de Fondateurs.
Non, pour être franc, Zacharias en voulait à Eloïse. Déjà, parce qu'elle était une fille, et qu'il traversait une crise de misogynie aigue. Accordé, elle n'y pouvait pas grand-chose.
La question épineuse des colocataires dominait le débat. Il se méfiait d'Oliver Wood car un ancien Gryffondor n'apporterait que des ennuis, et il ne supportait pas la vue d'Adrian Pucey, retrouvant en lui le bellâtre typique qui faisait tourner la tête des femmes avec son charme suave. Pour tout dire, il lui rappelait Gareth, ce jeune et prometteur metteur en scène qu'Alessandra avait avoué s'être rappelée avant Zacharias, et aussi:
Gareth et moi, nous avons une connexion profonde…nous communiquons à tant de niveaux différents...
Sur le coup, ça avait semblé une bonne idée d'aller se défouler au cours d'une partie de Quidditch, à la bonne franquette.
Sauf quand Oliver Wood avait décidé de prendre les choses en main. Et Eloïse s'en doutait, à en juger par la vitesse à laquelle elle avait décollé quand Wood avait tapé dans ses mains et commencé à réclamer toute l'attention des joueurs.
Zacharias avait tenté un boycott de l'entraînement, mais Finnigan s'était interposé:
-On se dégonfle, Smith? Pas capable d'enchaîner quelques tours de piste?.
Il se devait de défendre son honneur. Stoïque, il avait suivi le troupeau, tentant de faire abstraction de ses points de côté. Finnigan, sur le point d'expirer tel pneu crevé, lui mit du baume au cœur après vingt sept minutes de tours de piste. Tant mieux,il avait déjà épuisé toutes les imprécations auxquelles il pouvait penser concernant Oliver Wood.
L'Irlandais fut le premier à craquer (et toc!):
-Oliver? On peut jouer maintenant?
-Pas encore, vous êtes à peine chauds!.
Sur ce, Zacharias sentit qu'il était de son devoir d'assener une remarque bien sentie à l'insolent qui se croyait aussi fiable qu'un thermostat…
Zabini, muet jusque-là, estima lui aussi que la plaisanterie avait assez duré:
-Raccourcissons l'entrainement.
Parlons peu, mais parlons bien. Zacharias approuvait. Abbot faisait montre d'un peu de jugeote dans ses choix personnels, au moins.
Le fou furieux n'en avait pas fini. En dix minutes, Zacharia fit plus de stretching qu'il n'en avait effectué de sa vie entière. A en juger par les grimaces, grincements de dents et autres grondements dirigés vers le Gryffondor, c'était le cas de ses infortunés camarades.
Eloïse fila en rase-mottes tout près d'eux. Zacharias ne savait qui elle cherchait à narguer: Blaise, Seamus, Dean et lui, cloués au sol par fierté masculine, ou le capitaine qui explosa:
- Elle est complètement irresponsable ! Elle se tient mal, si elle tombe, elle se disloque des vertèbres ! comment a-t-elle appris à monter sur un balai ?
La fatigue prenant son dû, Zacharias se laissa entrainer aux confidences:
-Elle a appris presque toute seule, étant donné qu'elle a été expulsée de la classe de Bibine- pour non-respect des consignes.
-Quelles consignes ? interrogea Seamus.
-Les limitations de vitesse. Je m'en souviens comme si c'était hier, elle est rentrée dans Ernie MacMillan, et quand Bibine l'a réprimandée, elle a dit : « il n'avait qu'à s'écarter de mon chemin ! il voyait bien où j'allais, non ? ».
Attendri par ces réminiscences, il ne nota point le malaise de son auditoire, peu préparé à dévoiler la face « nounours » de Zacharias.
-Pendant les vacances, elle vient chez moi et on s'entraine, on vole un peu… une fois, elle a heurté un poteau électrique, qui a surgi devant elle.
Il gloussa, oui,gloussa doucement au souvenir de la mauvaise foi d'Eloïse:
-Elle n'a jamais voulu admettre qu'elle allait trop vite pour voir quoi que ce soit
-Il est temps que quelqu'un de compétent lui apprenne les règles de sécurité à suivre, l'interrompit Oliver en le toisant sombrement. Une telle indiscipline est incompatible avec l'esprit du Quidditch.
Halte là! Il ne tolérerait pas que ce rustre de Gryffondor critiquât son amie:
-Eloïse a toujours suivi ses propres règles. Je doute que quiconque puisse la faire céder.
-Pour son bien, elle a intérêt à se défaire de cette habitude!
-Bonne chance, ricana Zacharias. Non mais, pour qui ce prétentieux se prenait-il?
Wood prit à cœur l'ironie grinçante de Zacharias:
-Tu te dis son ami, mais son bien-être t'importe peu.
Zacharias manqua s'étrangler de rage. Wood assena le coup de grâce:
-Franchement, ça me révolte! Pendant que tu étais à Sainte Mangouste, elle se rendait tellement malade d'inquiétude qu'elle ne s'alimentait plus!
-Plus du tout? questionna Dean.
Pris au dépourvu, Wood chancela brièvement:
-Pas réellement. Elle prenait des soupes aux légumes, quand elle ne sautait pas les repas. Et tous les jours, elle buvait son café…
Pour la première fois, Zacharias envisagea de porter crédit aux propos de Wood.
-…mais bon, elle ne mangeait pas de choses solides. Elle a passé plus d'une semaine à ce régime, vous imaginez?.
Un murmure collectif horrifié lui répondit.
-Donc,techniquement, elle n'a pas cessé de manger, mais en un sens, si. Ce que je disais, Dean, euh…
-…n'était pas à prendre au sens littéral, acheva Zabini.
Zacharias était effondré:
-Eloïse ne ferait pas une chose pareille. Elle est bien trop sensée pour ça…
-Bien sûr, ricana à son tour Wood. C'est pour cela qu'après s'être précipitée à ton chevet, elle a cessé de s'alimenter normalement du jour au lendemain. Ouvre les yeux, abruti! Tu ne te rends pas compte qu'elle a maigri?
-Elle n'est pas bien épaisse, en effet, pipa Dean, dont l'œil exercé de dessinateur du dimanche faisait autorité.
Zacharias se saisit de son balai et les planta là. Une petite discussion s'imposait.
-Qu'est-ce qu'il fait? interrogea Seamus.
-Il va vérifier les dires d'Oliver, répliqua Dean.
Ledit Oliver prit un air catastrophé:
-Ce gars est encore plus idiot que je ne le pensais! On s'enguirlande ausol, surtout quand on a affaire à des joueurs inexpérimentés! Se disputer dans les airs, même sans Cognards, c'est le meilleur moyen d'avoir un accident!.
Eloïse attendit qu'il la rejoigne:
-Zach?
Il ne répondit pas, la toisant froidement:
-Tu as maigri, accusa-t-il.
Puis, avant qu'elle ne réagisse:
-Wood m'a tout raconté. A quoi pensais-tu? Tu croyais sincèrement que tu allais m'aider en t'affamant? Tu crois que cela m'aurait réconforté de savoir que ma meilleure amie détruisait sa santé en mon honneur? QU'EST-CE QUI T'EST PASSE PAR LA TETE? tonna-t-il.
-Ne t'avise pas de venir me crier dessus, Zacharias Smith. Ce qui s'est passé ne te concerne pas, quoique ce crétin de Wood ait pu te dire.
Un Hé! indigné parvint aux oreilles de Zacharias.
-Et je ne suis pas d'humeur à me faire réprimander par qui que ce soit, même par toi!
-REDESCENDEZ IMMEDIATEMENT! ordonna une voix venue de nulle part.
Eloïse porta instinctivement la main à sa poche,oubliant qu'elle n'avait pas sa baguette sur elle, avant de saisir à nouveau le manche de son balai. Zacharias, dont l'attention avait été concentrée surEloïse (et vice-versa), sursauta si fort qu'il descendit de deux pieds avant de stabiliser son balai. Oliver Wood, droit comme un I, était venu sur le côtéet les regardait sévèrement:
-Il est dangereux de se disputer dans les airs. Vous allez regagner la terre ferme, et… A propos, pendant que j'y suis, ta posture est mauvaise, dit-il à Eloïse, qui préféra ne pas répondre et gagner le sol aussi vite que possible.
Atterré par tant de stupidité, Zacharias fixa Oliver:
-Tu es venu jusqu'ici pour nous crier dessus et nous avertir que c'était dangereux de le faire dans les airs?.
Wood ne vit pas de contradiction dans cet exposé des faits. Avec un soupir, Zacharias redescendit pour découvrir qu'Eloïse, excédée, était rentrée.
Il y avait des bonnes nouvelles cependant. Il allait pouvoir se défouler au Quidditch (enfin!), et Zabini lui avait glissé que Wood aurait pu rester au sol et leur transmettre ses consignes par Sonorus.
Lorsque, le lendemain, il surprit une conversation sur les Berties crochues trafiquées, il ne put se retenir de donner le fond de sa pensée, à savoir, que cette compagnie au marketing déloyal et agressif, qui envahissait les trains scolaires se rendant à Poudlard, recevait là un juste retour de bâton.
Etonnamment, Blaise répondit avec enthousiasme à ces critiques (cf. chapitre 18 de BAM, pour ceux qui auraient oublié les griefs de Zabini envers la fameuse marque de bonbons).
Zacharias avait trouvé un ami selon son cœur.
Les amies d'Eloïse ignoraient les événements de la veille, ou Susan l'aurait accueilli de manière très hostile le lendemain. Cependant, ils devaient s'expliquer. Aussi, quand Eloïse, toujours muette, se rendit à la cuisine, il la suivit et ravala sa fierté:
-Je n'aurais pas dû te faire des reproches en altitude.
-Tu n'aurais pas dû me faire des reproches tout court, ou tu estimes qu'une fois au sol tu en as le droit? questionna Eloïse, déterminée à être tatillonne.
Zacharias envoya au diable la civilité:
-Tu n'avais pas à t'infliger ça! Que je sois à Sainte Mangouste suffisait pour nous deux!
-Je le faisais exprès, peut-être? Je ne pouvais rien avaler, je n'y arrivais pas! Et tu montes sur tes grands chevaux…
-J'étais inquiet pour toi, idiote!
-Et je l'étais pour toi, nigaud!.
Ce n'était pas le genre de choses qu'ils se disaient souvent, mais le malaise qu'il y avait eu entre eux disparut définitivement avec cet aveu.
Il sortirent de la cuisine réconciliés, Eloïse allant jusqu'à ébouriffer les cheveux de Zacharias.
Ce n'est qu'après qu'il remarqua pêle-mêle le salon silencieux, la manière épouvantée dont Susan le considérait, la main de Wood restant plongée dans le bol de cacahuètes, la mine songeuse de Blaise qui fixait le vide, et divers degrés de stupéfaction (et de spéculation) sur les faces des autres. Il reprit sa place aux côtés d'Eloïse, pour une heure de railleries devant Cœurs de Fondateurs. L'épisode valait son pesant de cacahuètes, surtout pour sa scène ultime:
-Pourquoi, Salazar?
Pour toute réponse, le hautain Serpentard se mura dans le silence.
-Je ne vous laisserai pas vous défiler! poursuivit Helga, yeux étincelants.
J'exige une explication! Votre conduite envers Godric est inqualifiable…
Reniflement dédaigneux de son interlocuteur.
-Parfaitement! Godric ne vous a pas provoqué ce matin, quand vous êtes allé lui chanter pouilles en invoquant un prétexte absurde! Je suis déçue, Salazar; je vous croyais au-dessus de telles mesquineries.
-Parce que Godric n'est pas à blâmer? s'étrangla Serpentard.
-Il est d'un tempérament emporté, je vous l'accorde, mais il ne vous a pas cherché querelle depuis une bonne semaine. Godric a agi en gentilhomme…
-Godric, Godric, Godric! Cessez de me rebattre les oreilles de ce godelureau! Hormis lui, nul n'existe donc à vos yeux! explosa Salazar.
Helga en resta muette.
-Pourquoi? interrogea-t-elle d'une voix plus douce. Pourquoi vous être tu, Salazar?
-Que voulez-vous dire?
-Vous êtes jaloux…Jaloux de Godric! s'exclama Helga.
-Pas fût-fût, la Poufsouffle, commenta Draco Malfoy. Voilà quinze épisodes qu'on le lui hurle par écran interposé.
-Vous divaguez! se défendit, mal, le Serpentard.
-Soyez un homme, Salazar, et dites-moi de quoi il retourne, le défia Helga.
Il resta immobile un instant, insulté dans son orgueil, puis il prit un ton velouté…et d'autant plus dangereux:
-Vous voulez savoir de quoi il retourne, Helga? Je mets à vos pieds toute mon éloquence.
Il se rapprocha de la jeune femme avec une grâce féline. Helga, pétrifiée, se laissa hypnotiser par son regard de prédateur, et ne protesta pas davantage lorsqu'il captura ses lèvres en un baiser passionné.
-NON! hurla Susan, shippeuse inconditionnelle du Godric/Helga.
-Oui, soupira Hannah dans un état de satisfaction béate. Elle avait un faible pour le couple Poufsouffle/Salazar.
(Hannah)
Un instant, je me vis à la place d'Helga, embrassée par Blaise à en perdre la raison…
(Cela ne signifie absolument pas que les baisers de Blaise me déçoivent, non. Ils sont tendres, et tout et tout, mais ils ne m'évoquent pas un brasier incandescent, à l'inverse du baiser fictif d'Helga et de Salazar.
D'un autre côté, ce n'est pas comme si je disposais de nombreuses bases de comparaison. Mon premier (et dernier) baiser avec Ernie MacMillan ne s'est pas révélé concluant: penchée au-dessus d'une table aux trois Balais, me tordant le cou pour le rencontrer à mi-parcours, et renversant une bouteille de Bièreaubeurre sur sa chemise blanche par la même occasion.)
Le générique de fin défila sur l'écran, ponctué d'un jovial:
-Ils sont allés vite en besogne, tu me dois cinq gallons, Malfoy- ils n'ont pas attendu l'épisode 102 pour se bécoter!.
Seamus Finnigan, bookmaker du dimanche, empocha la monnaie, et nous finîmes sur cette note sordide.
Quant à moi, j'avais une visite à faire. Et je venais de trouver mon accroche:
-Papa, tu connais Cœurs de Fondateurs?.
(narrateur omniscient)
Scott Abbot jeta une poignée de poudre de Cheminette dans l'âtre et énonça clairement l'adresse de son correspondant. Quelques minutes plus tard, la tête d'Archibald Bones apparut au milieu des flammes:
-Je suis venu aussi vite que possible. Mais Bubbly ne s'est pas trompé: il s'agit bien d'un code CAPEPDEP?. (2)
Scott hocha sombrement la tête. Archibald hocha également la sienne en marque de compassion.
-Quelle alerte?
-REV.
-C'est vous qui l'avez suggéré?
-Non.
La voix de Scott craqua; Archibald le comprenait.
-Et l'EP?
-Un Serpent! Un vil suborneur de l'enfant innocente qu'est ma fille, hurla M. Abbot, l'émotion qui le submergeait lui faisant temporairement abandonner le code.
Archibald cilla. On pouvait être libéral dans ses idées et tolérer un Serpent, mais en imaginer un courtiser sa fille chérie, c'était une autre affaire. Pour Scott Abbot, ancien Gryffondor et fier de l'être prenant très au sérieux la rivalité des maisons, le coup était dur.
Archibald émit un léger soupir. Il ne se faisait pas d'illusions: Susan avait envoyé sur les roses les prétendants agréés par sa mère, mais à présent qu'Hannah s'était trouvé un beau, il ne lui faudrait pas longtemps pour en faire de même. Pour cela, Archibald partait du constat mathématique que ce qui arrivait à l'une des deux amies de sa fille, arriverait à la sienne. Il ne doutait pas que l'inverse fût vrai. Et avec le bal qui approchait et sa fille qui disait avoir trouvé un cavalier sans l'aide de sa mère…
-On dirait bien que ça commence…, remarqua-t-il, résigné.
Scott, une lueur meurtrière dans ses yeux, ne l'entendait pas de cette oreille. Il avait laissé Hannah s'enfuir, profitant du choc que la nouvelle lui avait causé, mais ce Zabini avait intérêt à se tenir à carreau. Ces jeunes gandins ne se méfiaient jamais assez de la vigilance constante des pères de leurs aimées.
(1) Les Incorruptibles. Les goûts de Zacharias en matière de cinéma ne devraient pas vous étonner, n'est-ce pas?
(2) Quelques éléments du Code élaboré par MM. Archibald Bones et Scott Abbot, à l'intention des néophytes:
-CAPEPDEP: Cœur A Prendre En Passe D'Etre Pris
-REV: Rencontre En Vue
-EP: Elément Perturbateur.
Note de l'auteur:
-le point de vue de Zacharias vous a-t-il apporté un éclairage nouveau? Les détails absents du chapitre 23 vous ont-ils semblé "bons à savoir"? L'interaction de Scott et Archibald était-elle justifiée? Les notes en bas de page vous ennuient ou vous amusent?
N'hésitez pas à commenter, critiquer...
