Disclaimer : HP et son monde merveilleux ne m'appartiennent pas.
Se situe entre le chapitre 25 et le chapitre 26.
Merci à Loonyfan, Marauder's Mad & Felifaery pour leurs encouragements !
J-5 avant la Saint Valentin
-De toute façon, trancha Zacharias, péremptoire, les femmes sont illogiques.
Bien qu'il n'avait au compteur qu'une seule déception sentimentale, Zacharias parlait d'autorité. Blaise dodelina de la tête : au moins, Zacharias écoutait. Ce qui était une nette amélioration par rapport au confident habituel du Serpentard. Les Malefoy avaient la fâcheuse habitude de faire les questions et les réponses.
Pour distraire Blaise, Zacharias entreprit de lui raconter l'irruption d'Adrian Pucey au beau milieu de la conférence de presse de Cdf.
-Il devait avoir quelques whiskies pur feu dans le nez, si tu veux mon avis. Il s'est jeté aux pieds de Cho Chang et s'est mis à délirer sur les larmes qui perlaient de ses yeux, qu'il a dit vouloir recueillir et a comparées à de délicieuses gouttes de rosée…
-Ouch, fit Blaise, navré qu'un Serpentard pût ainsi se donner en spectacle. Pucey a toujours été un original. Il écrivait des poèmes, du temps de Poudlard, confia-t-il.
-Cela explique les rimes compulsives, repartit Zacharias. Ce qui m'épate dans tout ça, c'est le succès que les types comme Pucey ont auprès des filles. Pas une qui ne jalousât Cho Chang, hier soir ! Est-ce que c'est ça que les filles veulent ? Des compliments sur leurs cils, une déclaration passionnée, et ça suffit pour que des types solides, comme toi et moi, passent à la trappe !
Blaise reconnut que c'était injuste.
-A ta place, je me méfierai de la mauvaise influence de Susan sur Hannah. Bones a toujours été le genre de fille à s'enflammer pour des idiots finis, mais que les femmes trouvent irrésistibles. Je pourrais te raconter des histoires de Poudlard qui te donneraient la chair de poule.
Blaise réclama des noms.
-Gilderoy Lockhart ! fit Zacharias en roulant des yeux. Elles en étaient folles ! A lier !
-Tu plaisantes ! dit Blaise, estomaqué. En deuxième année, Pansy et Daphné n'en avaient plus que pour lui.
Tous deux se resservirent des Bièreaubeurres en songeant à quel point les femmes étaient incompréhensibles.
J-4
Il avait commis une erreur. Et quelque part, il était soulagé de s'éloigner un peu.
Susan Bones l'intriguait, le charmait. Il était sincère quand il lui avait affirmé qu'il n'avait pas connu de fille semblable à elle. Mais un Serpentard ne se laisse pas prendre aussi facilement.
Quand il reviendrait, peut-être aurait-il une seconde chance.
En tout cas, il regretterait son appartement et Oliver, qui se levait le premier et prenait des douches écossaises (Adrian n'avait donc pas à s'inquiéter de savoir s'il resterait de l'eau chaude pour lui), et aussi Eloïse, qui était une chic fille quand elle le voulait.
Comment se débrouilleraient-ils sans lui, leur médiateur, pendant six mois, c'était une autre affaire.
Bah ! ils ne s'entretueraient pas en son absence, tout de même !
Blaise savourait quant à lui une paix royale dans son manoir. Il en avait pour au moins deux heures de tranquillité : l'enregistrement de Cdf avait fonctionné et Draco serait scotché devant l'écran pour toute la durée de l'épisode « spécial », générique inclus.
J-3
Les bonnes nouvelles circulant vite, Scott Abbot appela son complice pour partager son soulagement :
-Hannah s'est ressaisie et a quitté ce Serpentard de malheur ! Inutile de te déranger, Archie, ce n'est plus la peine de faire jouer tes contacts au Ministère pour en savoir plus sur ce Zabini ! Avec un peu de chance, je n'en entendrai plus jamais parler !
Archibald Bones avait déjà effectué ces démarches et découvert des choses intéressantes au sujet de Blaise Zabini, mais il n'en était plus question à présent. Il n'en fit donc pas part à son collègue.
Susan eut un soupir à fendre l'âme. Cho Chang avait eu droit à une ode entière consacrée à sa personne, mais que n'aurait-elle fait, elle, Susan, pour un malheureux petit vers ?
Etait-ce trop demander ?
Jusqu'à présent, Percy Weasley avait été remarquablement patient, pour quiconque le connaissait. Il avait toléré les écharpes orange vif, le tee-shirt sur lequel défilait le slogan « La vérité n'est pas ici. » (une pause) « elle est ailleurs », (ce qui était, il l'ignorait, un cadeau offert aux abonnés les plus fidèles du Chicaneur, quotidien lu depuis trente ans par Archibald Bones). Il avait tenté de faire abstraction des tenues peu protocolaires de Susan Bones par égard envers sa famille, mais lorsqu'elle se présenta avec un tee-shirt proclamant « Gobelin Revolution » (un événement historique de la plus haute importance, qui avait fait vaciller la civilisation sorcière sur ses bases ! trembla rétrospectivement Percy), là, c'en fut trop pour l'assistant du Ministre qui passa un savon à sa subordonnée.
-S'habiller comme une sorcière digne de ce nom et non comme un as de pique, s'emporta Percy, est-ce trop vous demander ? Grandissez un peu, Susan !
J-2
Dans le rayon de la bibliothèque consacré aux Fondateurs, Eloïse était tombée en arrêt devant un ouvrage particulièrement volumineux consacré à Helga Poufsouffle. Elle s'en saisit, tourna les talons… et se retrouva presque nez à nez avec Marcus Flint (pour quelqu'un de sa stature, il était étonnamment furtif).
Décidément, il ne cessait de la surprendre : il était habillé avec une sobriété élégante qu'elle ne lui supposait pas, son eau de cologne ne lui donnait pas la migraine, et il possédait un certain charme. Elle avait du mal à réconcilier l'image qu'Oliver donnait de lui- c'est un barbare ! le maître des coups bas ! le champion des coudoyages en tout genre !- et le gentleman qui dit en guise d'entrée en matière :
-Vie et œuvre d'Helga Poufsouffle ? Choix intéressant. Mais Rowena Serdaigle a réellement bouleversé le champ des possibles en matière de sortilèges, non ?
Marcus Flint enchaîna sur l'utilisation des runes gaéliques dans les sortilèges de l'ère des Fondateurs, et Eloïse dut s'appuyer sur le rebord d'une étagère, le temps de reprendre son souffle. Il parlait de sujets qui lui tenaient à cœur avec éloquence…dire qu'elle avait cru avoir affaire à un autre obsédé de Quidditch !
Cela faisait tellement longtemps qu'elle ne s'était pas sentie sur la même longueur d'ondes que quelqu'un.
Ce soir-là, Oliver dut se racler bruyamment la gorge par trois fois avant qu'elle ne réalise qu'elle fredonnait un air de tango argentin en mettant la table du dîner.
J-1
C'était un fait, Draco Malfoy parvenait souvent à ses fins. Par ruse, manipulation ou tout simplement, par la lassitude de sa proie du moment. Blaise céda et lui répéta verbatim les termes employés par Hannah lors de leur rupture.
-Tu as touché le fond, on dirait ! commenta son ami. Déjà que se faire larguer par une Poufsouffle, et non la larguer, elle, c'est une première pour un Serpentard…mais qu'elle t'ait ressorti à la virgule près le discours de rupture d'Helga à Salazar dans le dernier épisode de Cdf, alors là, c'est le pompon !
Hannah n'était pas assez cruelle, ou lâche, pour emprunter ses répliques à des scénaristes sous-payés de soap opéra grand public. Blaise se flattait de la connaître suffisamment pour savoir qu' Hannah n'avait besoin de personne pour exprimer ses convictions.
Et si, cette fois, elle n'était justement pas convaincue par ce qu'elle faisait ?
En de rares instances, Blaise reconnaissait à Draco Malfoy une certaine utilité (autre que la faculté innée d'empoisonner son monde). Aujourd'hui, tel était le cas.
Note de l'auteur :
-voilà qui devrait rassurer les personnes inquiètes quant au couple Hannah/Blaise ! questions, réactions, requêtes ? n'hésitez pas !
-au programme dans les prochaines coulisses : quelques conséquences et scènes coupées de la Saint Valentin, on saura enfin (pour ceux qui s'en souviennent) ce qu'il y a sur le petit papier que Blaise a donné à Oliver, et j'hésite à insérer de brefs souvenirs de la Saint Valentin de nos amis en 4ème année (qui pourrait expliquer pourquoi ils aiment -ou pas- cette période).
