Disclaimer: HP et son univers ne m'appartiennent pas. Plus une allusion à Cyrano de Bergerac et une au Comte de Monte-Christo- parce que voilà ce qui se passe quand on écrit à deux heures du matin :)

Merci à LaLouisaBlack, analaura, perrinette & Basmoka pour leurs encouragements!


Flash-forward, lisez à vos risques et périls. Se situe trois à quatre ans après la fin des aventures du BAM. Le point de vue est extérieur pour limiter les spoilers.

Pour ceux qui seraient frustrés par la fin, notez que cet OS se situe au niveau de la 4ème/5ème vignette sur les neuf que j'ai prévues pour nouer les derniers fils de l'intrigue concernant nos amies post-BAM. Tout n'est donc pas perdu pour certains personnages :) J'espère que vous apprécierez ce petit aperçu du futur!


Susan battit des paupières, puis s'étira paresseusement. Elle n'avait aucune envie de quitter le confort de son lit, mais c'était le matin de Noël et il lui restait tant de choses à préparer : la dinde, le gratin de pommes de terre, et surtout, le pudding, dont la préparation et l'exécution étaient infiniment délicates.

Un grognement lui échappa. Quelle mouche l'avait donc piquée quand elle avait offert d'organiser le diner de Noël de cette année ? Ce dîner était devenu une tradition au sein de leur groupe, mais passer après le réveillon de Blaise Zabini était suicidaire. Blaise avait mis la barre très haut, sortant des placards sa plus belle argenterie, offrant aux palais des convives huîtres, foie gras et vins fins. Susan qui, elle, ne disposait pas d'une armada d'elfes rompus aux délicatesses de la cuisine européenne, ne pouvait que souffrir de la comparaison.

Elle se glissa hors du lit et frissonna, ne s'attendant pas à ce que l'air fût aussi froid. D'habitude, il suffisait que la température chutât de quelques degrés dans la nuit pour qu'elle se réveillât, alarmée. Un coup d'œil au lit lui fournit une explication : il avait empilé des couvertures de son côté à elle, alors qu'elle dormait profondément. Son visage s'éclaira comme il le faisait toujours lorsqu'elle pensait à lui.

Il savait quel degré de terreur irraisonnée le froid éveillait en elle, ce froid qui ralentissait sournoisement votre pouls et sentait la mort. Il connaissait dans le détail les cauchemars qu'il lui arrivait encore de faire, quatre ans après les événements.

Il était son premier contact avec la réalité lorsqu'elle émergeait d'un mauvais rêve. Il était le premier à l'entourer de ses bras, à lui répéter inlassablement qu'il était là et qu'il ne laisserait personne l'emporter loin de ceux qu'elle aimait.

Et le meilleur dans tout ça, c'est qu'il disait vrai.


Padma tint parole et vint en renfort aux alentours de neuf heures. Elle trouva Susan fort occupée en cuisine, s'activant parmi les effluves de cannelle, pommes de terre rôties et autres délices qui lui mirent l'eau à la bouche.

-Tu t'en sors, Sue ? Tu veux un peu d'aide ?

-Pas pour l'instant, merci.

-Tu es toute seule ? Et…

-Sorti faire une course, répondit Susan. Enfin, c'est son prétexte.

Elle fit une pause dans le pétrissage de la farce aux herbes de Provence :

-Je l'ai un peu chassé, je ne veux pas de distractions alors que j'ai tant à faire.

Une faible rougeur teinta ses joues, puis elle reprit avec aplomb :

-Mais il ne s'en est pas tiré à si bon compte ! Je lui ai fait vider les volailles avant de sortir !

Interloquée, Padma rétorqua :

-Tu travailles tous les jours avec des organes d'animaux.

-Oui, ça ne me dérange pas de les manier, mais on les reçoit prédécoupés, tu le sais.

Padma secoua la tête en souriant, c'était encore une contradiction de son associée qu'elle ne s'expliquait pas.

-Bon, de combien temps est-ce que je dispose ? interrogea Susan avec un soupçon de stress.

Efficace, Padma fit le point sur les faits et gestes des divers invités :

-Les garçons ont bien récupéré Tom à Poudlard, ils sont en route.

-D'accord.

-L'avion d'Eloïse devrait atterrir à Heathrow dans quatre heures.

-Elle pourrait arriver plus tôt si elle utilisait le réseau de Cheminettes, bouda Susan.

-Le réseau est souvent surchargé en cette période de l'année. Elle a autant de chance d'être en retard avec son moyen de transport moldu qu'avec la poudre de Cheminette, l'assura Padma. Et n'oublie pas qu'elle n'est pas en Angleterre. De l'extérieur, le réseau supporte encore plus de bouchons.

Elle poursuivit :

-Draco n'a pas répondu à mon message. A moins que tu ne considères comme une réponse fiable et précise « Je serai prêt quand je serai prêt », dit-elle en levant les yeux au ciel.

-Avec le temps, je ne m'en formalise même plus, commenta Susan d'un ton blasé.

-Hannah et son petit ami…Tu es mieux placée que moi pour le savoir, continua Padma. Les autres…

Elle fut interrompue par un hibou qui toquait à la fenêtre avec son bec. Susan se hâta de lui ouvrir, il lâcha un colis à ses pieds et repartit.

-Je suis certaine de connaître tous les hiboux de nos amis, et cet hibou là n'en fait pas partie, dit Padma.

Susan déballa le paquet, en retira un pull-over tricoté à la main et murmura à mi-voix :

-Sa belle-mère l'a convertie, on dirait.

Elle se tourna vers Padma :

-C'est un cadeau d'Angelina.

Padma plissa le front :

-Angelina ? Pas comme dans Angelina Johnson, tout de même ?

-A présent Angelina Weasley, mais c'est bien elle, confirma Susan.

-Pourtant, il y a quatre ans, vous n'étiez pas en très bons termes ?

Susan éclata de rire :

-Tu plaisantes ! C'était la guerre ! Tout le groupe est au courant.

Pensive, Padma rectifia doucement :

-Pas tout le groupe.

-Maintenant, toute cette affaire me semble un peu puérile. Heureusement que les personnes auxquelles tu fais allusion n'en sauront jamais rien. Bref, une fois que cette affaire s'est tassée, j'ai réalisé qu'Angelina et moi avions plus de points communs que nous le supposions. On s'écrit de temps en temps, pour se donner des nouvelles…Et quelque part, je lui dois une fière chandelle. Elle m'a ouvert les yeux quand…

La sonnette de la porte retentit, au grand dam de Padma. Susan s'en fut accueillir Dean, Seamus et un garçon d'une dizaine d'années aux cheveux en bataille, tous trois plongés dans une discussion animée.

-De mon temps, disait Dean d'un air de vieux sage, l'ambiance était très bonne au club de Bavboules…Bonjour, Susan !

-Susan, Padma, interrompit Tom avec excitation, vous savez qu'il y a un passage secret juste en face du Portrait de la Grosse dame ? Seamus m'a donné des tas de tuyaux dans le genre pour ne pas se faire prendre par Rusard !

Padma leva un sourcil et regarda Seamus :

-Oh, Seamus en connaît un rayon à ce sujet et n'a rien trouvé de mieux à faire que de t'en parler ?

Susan saisit l'allusion au vol :

-Rassure-moi, Tom, tu es trop intelligent pour redouter Rusard. Tu ne lui donneras jamais l'occasion de te coller en retenue, nous sommes bien d'accord ?

La jeune femme était consciente que l'hôpital se moquait un peu de la charité, mais à vingt-quatre ans, elle se devait de donner l'exemple. Quelqu'un se devait deservir de compas moral à ce garçon. Susan détestait le reconnaître, mais leur petit groupe d'amis- Padma exceptée- prenait un malin plaisir à corrompre la nouvelle génération (« tu n'y es pas du tout, on transmet le flambeau ! » objectaient-ils lorsqu'elle tentait de les ramener à la raison).

Quant aux tuteurs de Tom, elle préférait éviter d'y penser. Selon toute probabilité, la directrice de Poudlard également, et pourtant Minerva McGonagall était venue à bout de plus coriaces. Le rapport que ces deux parents indignes avaient fait de leur entretien avec la directrice, qui les avait convoqués suite à un incident impliquant leur pupille, n'était décidément pas un modèle à suivre.

-Jamais ! Répliqua Tom avec indignation. Je ne suis pas assez bête pour me faire prendre !

Cet accès de fierté déclencha les rires de l'assistance. Tom eut la satisfaction de voir que tante Susan n'était pas aussi fâchée qu'elle tâchait de le paraître. Il se doutait qu'elle ne le faisait que pour la forme, car il était bien placé pour savoir que tante Susan était vraiment chic. Elle le laissait expérimenter autant qu'il le désirait dans son laboratoire, et aux adultes qui protestaient, elle le défendait toujours : « Laissez-le s'exprimer ! Ne bridez pas sa créativité ! ».

Susan disparut à nouveau en cuisine, et ce fut Tom qui ouvrit à Hannah.

-Bonjour, tout le monde ! dit-elle un peu trop gaiement. Personne d'autre n'est arrivé ?

Tom l'informa gravement que non, mais qu'elle pouvait se consoler avec du chocolat chaud.

-Il est déjà servi, et il n'y en a pas beaucoup, mais je t'en ai laissé.

Cette générosité fut accueillie avec la gratitude qu'elle méritait, Tom et Hannah étant les premiers consommateurs de ce délicieux breuvage au sein du groupe.

-Où est Susan ? Je dois lui parler.

-Dans la cuisine, répondit-il. Fais attention, elle est très énervée parce qu'elle rate son pudding.

Hannah lui sourit :

-Je devrais pouvoir gérer ça.


Susan lamentait les vestiges de son pudding :

-Vous n'aurez pas de dessert, commença Susan, mais cette entorse au menu d'origine fut vite oubliée quand elle vit les yeux rouges de son amie.

Aussitôt, elle avança une chaise et dénoua son tablier :

-Qu'est-ce qui t'es arrivé ?

-On s'est disputés. J'attendais le bon moment pour lui parler de ma promotion, mais quelqu'un le lui a appris avant moi. Il m'a proposé de faire jouer ses contacts au Ministère pour que j'obtienne un poste équivalent, à la sécurité intérieure. Mais je veux être sur le terrain ! J'aime mon travail.

-Il le sait, murmura Susan d'une voix apaisante.

-J'ai déjà formé mon équipe dans ma tête, je veux cette promotion, ces responsabilités ! Je les mérite !

-Tout va s'arranger, dit Susan, confiante. Je le connais. Il ne te demandera jamais de choisir entre ta carrière et lui. Ce n'est pas son genre. Il tient trop à toi pour te demander ce sacrifice.

-Hier soir…je ne l'avais jamais vu dans un état pareil. Jamais il n'avait autant insisté pour que j'envisage un autre travail. Et ce matin, il est parti sans me dire au revoir.

On sonna à la porte.

-Laisse, dit Susan à Hannah qui se levait. Quelqu'un se chargera de l'accueillir.

-Et si c'était Ella ?

-Elle n'aurait pas sonné qu'une fois.


-Bonjour ! Je suis Padma, et vous devez être Astoria, c'est bien ça ?

L'élégante jeune femme acquiesça.

-Nous avons déjà été présentées chez des amis communs, mais très brièvement.

-Entrez, je vous en prie ! Susan est occupée en cuisine.

-Merci, dit Astoria. Et le maître de céans ?

-Il réapparaîtra quand le déjeuner sera servi, plaisanta Padma. Blaise ne vous accompagne pas ?

-Non, il a été retenu par une affaire urgente. Il m'a chargée de vous dire qu'il aurait probablement une heure de retard. Moi-même, j'aurais dû arriver plus tôt, mais- un éclair de colère passa dans les yeux d'Astoria- Draco, qui devait passer me prendre, était en retard. Lasse d'attendre, je suis venue- et me voilà !

Padma l'entraîna vers le salon :

-Venez, je vais vous présenter ! Dean Thomas et Seamus Finnigan, Aurors- ce sont les équipiers d' Hannah, que tu connais déjà- ; les garçons, voici Astoria Greengrass.

-La collègue de Blaise, c'est bien ça ? dit l'Irlandais. Draco parle souvent de vous, glissa-t-il, taquin.

Astoria ne se laissa pas démonter :

-Et vous êtes le bookmaker auquel il doit une pile impressionnante de Gallons, n'est-ce pas ? Il parle souvent de vous aussi.

-Draco manque terriblement d'intuition, confia Seamus.

Les lèvres d'Astoria s'étirèrent en un sourire amusé :

-Je le confirme. Bonjour, Hannah.

-Astoria, comment vas-tu ? Et où est passé Tom, qu'on te le présente ?


Susan recevait bien des confidences. Après Hannah, Tom s'y mettait :

-Je n'aime pas Davies, déclara-t-il sombrement.

A chaque fois qu'Ella était à Londres, Roger Davies s'arrangeait pour se trouver sur son chemin. De toute évidence, Tom n'approuvait pas. Susan non plus. Tous deux avaient leurs raisons pour veiller au grain.

-Je n'ai rien contre Roger, dit Susan, histoire d'être équitable.

-Il sourit trop, décréta Tom, catégorique.

Encore l'influence de ses tuteurs, soupira intérieurement Susan. Mais elle ne prenait pas Roger au sérieux, Eloïse passant son temps à repousser ses avances. En revanche, ce qui était davantage inquiétant, elle entretenait une correspondance suivie avec Marcus Flint. Susan et Hannah en restaient sidérées.

Hannah soutenait que la reconnaissance seule ne dictait pas les actes de Flint, contrairement à ce que prétendait Eloïse. Susan la rejoignait sur ce point, et toutes deux étaient persuadées qu'un secret plus intime liait leur amie à Flint.

Revenant dans le salon, elles tombèrent sur Draco Malfoy, vêtu avec une magnificence princière…qui détonnait au milieu des pulls-over des autres invités.

-On cherche à impressionner quelqu'un, on dirait ? lança malicieusement Seamus.

Astoria toisa froidement Draco :

-Alors pendant que j'attendais monsieur, il vaquait à sa toilette !

Avant que Draco ait pu riposter, une clé tourna dans la porte et une petite fille jaillit tel un diablotin de sa boîte :

-Maman, on a des bûches !

(A dire la vérité, cela sonnait plutôt comme « busses ». Mais l'intention y était).

Tous les adultes de l'assemblée fondirent sur place. De l'avis général, Rosaline- dite Lynn- était une enfant adorable. Elle avait les boucles acajou de sa mère, des yeux clairs attentifs, un petit nez retroussé, et manifestait déjà des signes d'éloquence inquiétants (son avocat de parrain avait sa part de responsabilité dans l'affaire).

Seul, Draco résistait au charme de Lynn. Il se souvenait comme si c'était hier du bébé baveux qui avait salivé sur ses robes de sorcier quand il avait eu la bonté de la prendre sur ses genoux, et plus tard encore, de la petite impudente qui avait testé la solidité de ses premières dents sur la chair tendre du mollet malfoyen. Personne n'avait pris au sérieux le blond lorsqu'il avait mis en garde son entourage contre la férocité de la progéniture de Susan.

Il tenta de reculer lorsque Lynn, qui faisait poliment la tournée des bisous, s'approcha de lui.

Astoria s'extasia devant l'enfant-« oh ! qu'elle est mignonne ! »- et Draco subit héroïquement un bisou humide. Mais lorsque la jeune femme confia à la cantonade qu'elle en voulait au moins trois comme celle-là, il vacilla sur ses jambes.

Même si elle était un peu vexée que son cher et tendre ait prévu la pénurie de dessert, Susan lui fut gré de son intervention.


Une demi-heure et quelques invités plus tard, les conversations battaient leur plein.

Dean, Hannah et Zacharias parlaient politique ; Tom décrivait avec force détails à Adrian, Seamus, Draco et Oliver ses exploits de Batteur (même si cela n'avait pas empêché sa maison de perdre tous leurs matchs de début de saison, mais leur Capitaine n'avait aucun sens de la stratégie) ; Blaise racontait son dernier procès (remporté haut la main, bien évidemment) à une Lynn captivée ; Padma, très enthousiaste, expliquait à Theodore qu'il avait affaire à une fan de ses romans d'espionnage, et lui demandait s'il ne voyait pas d'objection à lui dédicacer son prochain ouvrage.

Astoria, réservée, observait tout ce petit monde.

Lorsqu'on sonna à la porte, Susan et Hannah furent les premières à se précipiter :

-Ella !

La nouvelle venue avait le teint hâlé et les cheveux coupés courts, à hauteur des épaules.

-Où est Tom ? réclama-t-elle. Salut, bonhomme, fit-elle en lui ébouriffant les cheveux. Zach, tu as une mine superbe ! Théo, quelle bonne surprise !

Et ainsi de suite, jusqu'à ce qu'elle s'arrête devant Oliver.

-Tiens, une revenante ! Comment c'était, Katmandou ? Chaud et ensoleillé ? lui demanda-t-il.

-Sans doute plus qu'Oslo. Quand ton équipe a affronté les Cerfs-Volants de Karajosk, il faisait dans les -4°C, si je ne m'abuse ? le taquina-t-elle.

-Au moins, on garde la tête froide. Alors que sous les tropiques, on sombre dans une torpeur telle qu'on a la flemme d'envoyer un malheureux hibou à ceux qui sont restés dans l'hémisphère Nord…à moins qu'on ne les ait carrément oubliés ! dit-il avec humeur.

-Je t'ai écrit ! s'indigna Eloïse, qui mettait un point d'honneur à être une correspondante fidèle.

-Oh oui, tu m'as écrit, répondit doucereusement Oliver. Une fois. Pour me dire que tu étais bien arrivée !

L'expérience ayant appris à Adrian à ne plus jouer les médiateurs, il s'abstint de le faire. Les autres suivirent son exemple et reprirent le fil de leurs discussions.

Susan se retint d'hurler.

C'était tellement évident, quoi qu'Hannah en dise, que leurs joutes verbales étaient pour ces deux-là le moyen d'évacuer la tension sexuelle qui menaçait d'exploser

Mais embrassez-vous à la fin, ça nous fera des vacances !

Tom interpréta de travers le mécontentement qui se lisait sur le visage de Susan :

-Ne t'en fais pas, chuchota-t-il avec des mines de conspirateurs. C'est sa façon à lui de lui dire qu'elle lui a manqué.

Au moins, quelqu'un était de son côté.


Les garçons étant occupés à pronostiquer les résultats de la Coupe nationale de Quidditch, Padma vint s'asseoir auprès d'Astoria.

-Vous êtes bien discrète. Tout va bien ?

Elle suivit le regard de la jeune femme, posé sur Susan, Hannah et Eloïse. Les trois amies faisaient bande à part :

-Il faut les excuser. Elles ne nous consacrent pas beaucoup d'attention à présent, mais Susan et Hannah n'ont pas vu Eloïse depuis des mois. Elles sont unies comme les doigts de la main, précisa-t-elle après une pause.

-Je comprends, dit Astoria.

-Elles ne le font pas exprès. Moi-même, je suis proche d'elles, je suis la marraine de Lynn, mais ces trois-là partagent des choses qu'elles ne partagent avec personne d'autre.

-Je les envie, soupira Astoria. Je ne veux pas être jalouse, mais elles sont si…si heureuses ! Si jeunes, et elles ont tout pour elles !

-Cela n'a pas toujours été le cas, répliqua Padma. Elles ont traversé des moments difficiles, il y a quatre ans.

-Toutes les trois ? interrogea Astoria, incrédule.

- Susan en particulier, précisa Padma.


-Je dois y aller, dit Dean, qui était invité ailleurs. Eloïse, tu restes sur Londres cette semaine ? Gaby serait ravie de te rencontrer. Pour ta prochaine mission, ce serait pas mal pour toi de pouvoir te recommander d'une connaissance commune.

-C'est gentil de le proposer !

Susan profita de ce moment pour glisser à Hannah :

-Je te l'ai bien dit !

-Quoi donc ?

-La jupe d'Eloïse ?

-Eh bien ?

-C'est une jupe écossaise ! assena Susan, triomphante.

-Ce n'est pas parce qu'Oliver est originaire de ces contrées que tu dois t'imaginer…

-C'est son inconscient qui parle ! C'est un lapsus freudien !

-Sue, c'est une jupe et on a juré de ne plus se mêler de la vie sentimentale d'Ella.

Observant l'échange du coin de l'œil, Padma se pencha vers sa voisine :

-Tu verras, on s'attache à elles très vite. Du moins, ça a été mon cas. Avec elles, j'ai rarement eu le loisir de m'ennuyer. Autre bonus, j'ai rencontré mon petit ami par leur intermédiaire.


L'air froid fit du bien à Hannah. Quelques instants plus tard, elle l'entendit approcher.

-C'est bientôt l'heure du déballage des cadeaux, mais je préfère que tu ouvres le tien maintenant.

-Je me moque du cadeau ! Je veux qu'on parle de ce qui s'est passé hier soir.

-S'il-te-plaît, Hannah. Je ne te demanderai pas de le faire si ce n'était pas important.

A contrecœur, elle céda.

-Merci pour cet… allume-cigare ? demanda-t-elle, plaisantant à demi.

Il lui prit l'objet des mains :

-Ceci, dit-il, est un éteignoir, ou déluminateur. Comme son nom l'indique, il permet d'éteindre toutes les lumières à la ronde, qui sont conservées dans cet « allume-cigare » jusqu'à ce que tu l'actionnes de nouveau. Dans ton cas…L'avantage stratégique que cela te donne sur un adversaire saute aux yeux, n'est-ce pas ?

Elle voulut parler, mais il poursuivit :

-Toute aussi utile, la fonction qui te permet d'entendre les conversations dans lesquelles ton nom est mentionné. Ce qui arrivera souvent après ta promotion…puisque chacun sait que le poste qu'on t'a confié est traditionnellement attribué à un potentiel directeur du département des Aurors. On te confiera des missions dangereuses, tu recevras plus de menaces de mort qu'un simple Auror, tu seras plus exposée en cas d'échec.

Sa voix se serra :

- Tous tes prédécesseurs ont été la cible d'assassinats, certains y sont restés…D'où, comme je le disais, l'intérêt de cet objet, qui te permet d'entendre les discussions qui te concernent, et aussi de localiser les gens qui parlent de toi. S'ils projettent de te faire passer de vie à trépas, l'éteignoir est un bon moyen de contrecarrer leurs plans.

Hannah se jeta dans ses bras. Il protesta faiblement :

-Je ne t'ai pas expliqué le mécanisme…pour les rejoindre.

-Plus tard. C'était donc ça…tu avais peur pour moi ? Mais j'ai toujours été Auror. J'ai toujours été en danger !

-Mais tu le seras encore plus à présent, murmura-t-il. Il y a quatre ans, j'ai failli te perdre. Tu as déjà oublié ? Moi pas. Tu t'es habituée au danger. Tu le côtoies tous les jours. Moi, je mène ma petite vie confortable et je ne m'habituerai jamais à l'idée de te perdre.

Elle le regarda bien en face :

-Après tout ce que nous avons enduré pour être ensemble, tu crois que je les laisserais me tuer facilement ? Moi non plus, je ne veux pas te perdre. Je veux vivre ! Vivre avec toi ! Avec ou sans éteignoir !

-Ne dénigre pas mon cadeau de Noël, s'indigna-t-il comiquement. Avec le mal de chien que je me suis donné pour l'acquérir, tu as intérêt à l'utiliser !

La curiosité d'Hannah prit le dessus :

-C'est rare ?

-Plutôt ! Il en existe moins d'une douzaine dans le monde.

-Comment t'es-tu débrouillé pour… ? Non, ne me le dis pas. Je préfère ne pas savoir.

A son expression, elle comprit qu'il valait mieux ne pas y regarder de trop près.

Il confirma ses soupçons :

-En effet, je ne veux pas compromettre ton intégrité.

-Caro ? souffla-t-elle doucement.

-Cara ? répondit-il sans cynisme.

-Je t'aime.

-Je t'aime plus.


-Elles ont des métiers qui les passionnent, des hommes qui les aiment- enfin, je ne sais pas si Eloïse a quelqu'un… Mais elles ont tout pour elles ! résuma Astoria. Quand on voit leurs couples, par exemple : Hannah et son petit ami, c'est une évidence ! Pour Susan, c'est comme si cela avait toujours été écrit !

Padma fut prise d'un fou rire :

-On ne t'a jamais raconté ce qui s'est passé au mariage de Susan, n'est-ce pas ?

Au signe de tête négatif que fit Astoria, Padma entama un récit long et confus.


-Si j'ai le mal du pays ? répéta Oliver à une question d'Adrian. Non, pas trop. Mes coéquipiers sont sympa, de vrais pros. Et j'ai des amis qui habitent dans la région. Je les vois régulièrement.

-Et ton livre va être décliné en séries ? C'est une excellente nouvelle ! J'imagine que tu as demandé un droit de regard sur l'adaptation, s'inquiéta Eloïse.

-Regarde-les, glissa Hannah à Susan. Je n'ai jamais compris la faiblesse d'Ella pour Nott.

-Sa tolérance pour les Serpentards vicieux la perdra, soupira Susan, songeant à Flint et à Nott.

-Elle est Poursuiveuse pour les Busards de Heidelberg, toujours aussi douée. L'autre travaille dans une réserve de Dragons, en Roumanie, poursuivait Oliver.

Eloïse se leva brusquement et lança :

-Je crois qu'une jeune demoiselle s'impatiente, à juste titre !

En effet, Lynn ne tenait plus en place.

- Si on découvrait nos cadeaux, maintenant ?

-Ah, tout de même ! approuva bruyamment Draco.

-J'étais pourtant aux premières loges, acheva Padma à voix basse, et aujourd'hui, j'ignore encore ce qui s'est vraiment passé. Seamus a recensé au moins seize versions différentes des événements.

Blaise entendit ces paroles et eut un petit sourire, ayant sa propre version des faits. Tout le groupe ignorait quel rôle il avait joué dans le déroulement des événements. Mais il avait juré le secret à une certaine personne, et il tiendrait parole.


Parmi les cadeaux offerts ce soir-là, il y eut de grands classiques : le best-of de Cdf (pas moins de sept exemplaires jonchaient le sol), des jeux de Bavboules, des Rapeltout, des cartes collector de Chocogrenouilles, des Scrutoscopes, les plus grands hits des Bizarr'Sisters (qui réveilla la nostalgie de plusieurs adultes pour la plus grande incompréhension de Tom qui jugeait cette musique « kitsch »).

Les plus gourmands- Adrian, Draco et Seamus, pour ne pas les nommer- attaquèrent sur le champ les assortiments de chez Honeydukes dont on leur avait fait présent.

-Tu en veux, Lynnie ? demanda Adrian qui fut pris au mot.

Entre les pages de La Bible du batteur, de Brutus Scrimegour, Tom eut la surprise de trouver deux places pour le match de l'Orgueil de Portree contre les Flèches d'Appleby. Au moment où il s'apprêtait à hurler ses remerciements à son généreux bienfaiteur, Eloïse le prit à part :

- Pas un mot ! Oliver ne doit rien savoir.

-Ella ! Mais comment as-tu fait ?

-Un ami me les a envoyées.

-Quel ami ? s'enquit Tom, soupçonneux. Et pourquoi… ?

-Tom, le coupa doucement Eloïse. Tu trouves un adulte qui peut t'accompagner, parce que je serai en mission et qu'Oliver retournera dans son club, et tu profites de ces places en toute sérénité.

Tom hésita. Il devinait qu'un certain batteur de l'Orgueil de Portree était derrière ce geste généreux, et qu'Oliver n'approuverait pas, mais alors pas du tout.

-Des places en tribune, Tom, chantonna Eloïse.

Rien que pour cette fois, il mettrait sa loyauté en sourdine.

-Un abonnement d'un an au Chicaneur, lut Seamus. Merci, Zach !

Padma reçut le dernier tome de la série Rencontres enchantées de Fifi La Folle, à l'eau de rose mais terriblement envoûtant. Elle sourit à son petit ami qui connaissait sa faiblesse pour les romances contrariées.

Si Susan fut de prime abord un peu moins ravie par le choix de son époux : un ouvrage intitulé Prédire l'imprévisible : protégez-vous contre les chocs, elle reconnut de bonne grâce que ce présent ne lui ferait pas défaut.

Blaise reçut un Voltiflor- « Merci, Draco. J'avais un besoin pressant d'orner mon bureau d'une plante inoffensive dont l'aspect extérieur rappelle à mes clients le Filet du Diable »-, Zacharias admira son nouveau jeu d'échecs aux pièces finement ciselées et Theodore, la figurine animée d'un Strangulot hideux, mais de collection car produite en édition limitée (Draco se flattait de faire des présents uniques en leur genre).

Eloïse avait ramené à Hannah et Susan deux amulettes en bronze, engravés de motifs compliqués.

-J'ai le même, expliqua-t-elle. C'est de la pacotille, mais je les trouvais jolis, et dans le village sorcier qui les produit, on raconte qu'elles protègent du mauvais sort.

-Bien entendu, ce n'est pas pour cette raison que tu nous les offres, dit Hannah, l'œil pétillant.

-Bien sûr que non, gloussa Susan.

Astoria eut la nette impression que trois sorciers avaient secoué la tête d'un air accablé en même temps.

Elle trouva également étrange que quelqu'un ait offert à Eloïse un tee-shirt trop large pour elle, dont l'imprimé consistait en un dragon à l'aspect formidable qui crachait du feu à intervalles réguliers, et encore plus étrange le sourire d'Eloïse lorsqu'elle l'avait découvert.


Le champagne aidant, les langues se déliaient, et comme les absents avaient toujours tort, on cancana sec :

-Eloïse sort avec quelqu'un ? demanda Astoria.

-Non, fit Padma, catégorique. Elle ne nous le cacherait pas. Mais il y a comme…un passé entre Oliver et elle. Hannah en sait sans doute plus à ce sujet que moi.

Hannah but une gorgée de cidre chaud, puis commença, hésitante :

-Il y a quelques années, Susan était persuadée qu'il y avait une étincelle entre eux. Mon avis, c'est qu'il est possible que quelque chose se soit passé entre eux, bien que nous n'en ayons aucune preuve tangible.

Voilà donc ce que donnait une Auror légèrement pompette rompue aux subtilités du « ni oui, ni non », songea Astoria.

Zacharias, ses cheveux plus rebelles encore que de coutume, se laissa tomber dans un fauteuil à côté de Padma :

-De quoi cause-t-on ?

-D'Eloïse et Oliver, le renseigna Padma.

-Oh non, encore cette histoire !

Il s'éloigna en grommelant quelque chose sur les gens qui feraient mieux de s'occuper de leurs affaires au lieu de fourrer le nez dans celles des autres, et Seamus prit sa place.

Theodore défiait Astoria aux échecs. Draco commentait chaque mouvement des adversaires et essuyait les rebuffades d'Astoria qu'il condescendait à conseiller. Blaise, Adrian et Tom initiaient Lynn aux joies des Bavboules, sous le regard résigné de Susan qui se prépara à user du Récurvite sur sa fille trop enthousiaste. Theodore, qui avait déjà visité l'est et le centre de l'Europe, échangeait ses impressions de voyage avec Oliver.

-Qu'est-ce que c'est ? questionna Astoria alors que Seamus tirait de sa poche un petit carnet vert.

-Le carnet des paris, dit solennellement le jeune homme. Hannah, tu maintiens ta position sur la répartition de Lynn ? Tu as jusqu'au 31 décembre pour changer d'avis !

-Mais sa répartition n'aura pas lieu avant des années ! chuchota Astoria.

-Plus on parie tôt, plus on prend de risques, répondit Padma. Plus on prend de risques, plus les récompenses sont élevées.

-Et vous pariez…sur votre propre vie et celle de vos amis ?

-Oui, dit simplement Padma.

Puis, réalisant que ses paroles choquaient Astoria, elle se justifia :

-Tout a commencé avec Cdf, tu sais, le feuilleton ? Jusqu'au jour où Seamus s'est rendu compte que c'était bien plus excitant et imprévisible de parier sur le cours de nos vies. En plus, on ne joue pas d'argent. Juste des dîners à La fourchette de Merlin, la plupart du temps. –Honnêtement, Hannah ? Tu restes sur Serpentard ? protesta Seamus.

-Ne commets pas l'erreur de sous-estimer l'influence de son parrain dans la formation intellectuelle de Lynn, répliqua la jeune femme.

Astoria protesta :

-Vous me faites marcher. Vous ne prenez pas de paris sur les choses les plus sérieuses.

-Tu plaisantes ? s'exclama Seamus. J'ai pris les paris sur le mariage de Susan.

-Mes oreilles sifflent, dit l'intéressée en s'approchant d'eux. On parle de moi ?

-De nos paris sur ton mariage, dit le bookmaker.

Susan se prit la tête entre les mains :

-Je n'en reviens toujours pas que vous ayez osé faire ça.

-Vu la tournure qu'ont pris les événements, on peut dire qu'on a eu le nez creux !


Ainsi, il se souvenait de cette nuit-là, quatre ans auparavant ; le tee-shirt en était la preuve.

Eloïse froissa la note qui l'accompagnait :

Comme tu apprécies mes tee-shirts, je t'en ai pris un à ma taille.

PS Ce n'est pas une manœuvre pour que tu me rendes les miens.

D'accord, à l'occasion, il lui était arrivé d'emprunter des tee-shirts lui appartenant pour dormir, parce qu'ils étaient confortables. Ensuite, machinalement, elle les avait fourré dans sa valise quand elle était partie en mission, toujours parce qu'ils étaient confortables et pratiques (et non parce qu'ils lui rappelaient leur propriétaire.). Si elle ne les avait toujours pas rendus, c'était par simple omission : elle avait enchaîné les voyages professionnels et ses tee-shirts l'avaient suivie.

Dix minutes plus tard…

Alerte ! Alerte ! Alerte !

Eloïse s'était juré de ne plus recommencer. La rechute fut terrible.

Il l'avait rejointe dans la nuit étoilée et avait commenté sur la branche de gui que Susan avait placée sous le porche d'entrée, aux côtés d'une lanterne à la lueur tremblotante (c'était du gui non enchanté, suite à de nombreuses réclamations).

-C'est la tradition, avait-il dit.

-Si la tradition l'exige, alors ! avait-elle répondu.

C'était censé être innocent, un baiser pour rire entre deux bons amis. Cela l'avait été, en effet. Au début.

Ils s'étaient séparés, et Eloïse ressentait un douloureux mélange de soulagement et de regret, quand un coup de vent plaqua plusieurs mèches contre sa joue, obscurcissant sa vision et lui octroyant quelques secondes de répit ; mais avant qu'elle ait pu s'en réjouir, il replaça avec douceur les mèches rebelles derrière son oreille. Ce simple contact eut raison de ses dernières défenses.

Un instant plus tard, les bras autour de son cou, elle murmura contre ses lèvres :

-Le champagne nous est monté à la tête.

-Je ne suis pas saoul, dit-il. Et toi ?

Stupéfaite, elle se dégagea, cherchant une réponse appropriée.

-Ella !

Sauvée par la petite Lynn, elle fit ce qu'elle faisait de mieux en de telles circonstances :

-Lynn m'appelle.

Elle prit la fuite.

La situation devenait préoccupante. Tomber sur les lèvres d'un ami une fois, c'était un accident ; deux fois, une coïncidence malheureuse ; trois fois, vous deviez prendre vos responsabilités. Cela avait débuté par des gamineries inoffensives : ce n'était pas une pauvre branche de gui qui allait les intimider ! Et dans l'euphorie de la Nouvelle année, qu'était-ce à tout prendre qu'un baiser ?

Si elle y réfléchissait bien, cela faisait trois ans qu'Eloïse n'avait pas passé l'année sans avoir connu un « instant d'égarement » avec lui. Plus inquiétant encore, en de rares occurrences, il leur était arrivé de céder à cette impulsion irrationnelle hors des périodes consacrées à cet effet. Si on n'y mettait pas le holà, elle serait bientôt à court de prétextes.

Elle en avait assez. Chaque année, elle prenait la bonne résolution de se tenir à l'écart de lui. (et chaque année, elle échouait).

Pourtant, elle était bien placée pour savoir qu'il n'éprouvait rien de sérieux pour elle, que ces baisers étaient donnés en toute amitié. Elle ne pouvait blâmer qu'elle-même si son stupide, stupide palpitant battait la chamade durant ces instants volés.

Il y avait tellement de bonnes raisons à ce qu'elle n'entretînt aucun espoir qu'elle aurait pu en faire une liste.

Un peu plus de trois ans auparavant, elle avait eu la bêtise de tomber amoureuse et en avait eu le cœur brisé. Hors de question de commettre la même erreur une seconde fois, qui plus est avec lui.

Avec un peu de chance, les quelques sentiments qu'elle éprouvait encore à son égard lui passeraient et au Noël suivant, elle soutiendrait son regard en toute sérénité.


*****

-Je me demande si le prochain Noël sera meilleur, dit Susan à son mari, une fois les invités partis.

-As-tu déjà entendu la devise du poète « Attendre et espérer ». ? répondit ce dernier, écroulé sur le sofa.

Susan eut une moue boudeuse :

-Je n'aime pas attendre.

-Dis-toi que la surprise en vaudra la peine.

Susan resta un moment silencieuse, puis décréta :

-En tout cas, je réussirai mon pudding cette fois-ci !

Par un caprice étrange du destin, la persévérance de Susan allait être récompensée.


Note de l'auteur:

-comme cette histoire a commencé depuis un petit moment et que je sais que cela n'avance pas très vite, je voulais vous prouver que je sais où je vais :) Tous les éléments inconnus et passés glissés dans cet OS vont être abordés, tôt ou tard, dans BAM- voilà pour les fans de spoilers.

-n'hésitez pas à me faire part de vos spéculations, impressions, regrets... J'ai pas mal cogité sur ce "flash forward" et je veux savoir s'il répond à vos attentes.

-les dernières lignes font référence à une autre vignette post BAM, qui sera intitulée "Christmas Pudding". (oui, j'ai même les titres ^^)