Grand merci à Dong d'Esperluette, analaura & Alixe pour avoir pris le temps de laisser une review ! J'espère que, bien que plus court que prévu, cet aperçu des carnets du Dr Weston vous amusera !
Extrait des carnets du Dr. Weston
Jeudi, matin
En thérapie : Mr. Eustache Abercrombie
E.A. s'est lancé dans la description détaillée du rêve qu'il a fait la nuit passée.
Ai pensé : « oh, non, encore un », avant de me remettre et de l'inviter à m'en dire davantage.
E.A. ne s'est pas fait prier. Cette fois, a rêvé d'un poulpe géant qui dégustait des sushis.
-Je me suis réveillé en sueur. J'étais proprement terrifié par l'image de ses deux tentacules qui s'emparaient des pièces de sushis et les portaient à sa…sa gueule ? son bec ? ses lèvres ?
Ai été incapable de l'éclairer sur la terminologie adéquate. La morphologie des poulpes, qui plus est géants, ne m'est guère familière.
-Comment expliquez-vous la terreur que vous avez ressentie ?
E.A. a levé des yeux hantés.
-Voyons, Docteur ! Pensez au symbolisme !
Ai été tenté de lui dire que je classai ce rêve dans la catégorie « rêve prémonitoire », relevant du domaine de la divination. A nouveau, ai refréné ces paroles. E.A. souffrant de multiples phobies, d'épisodes maniaco-dépressifs et paranoïaques, il aurait été capable d'y lire l'annonce prochaine de sa mort brutale.
-Eustache, l'interprétation des rêves dans mon domaine est sujette à caution. Il est fort probable que votre inconscient ait rassemblé des éléments divers de la journée précédente dans ce rêve absurde.
E.A. a froncé les sourcils :
-Je n'ai vu aucun poulpe ce jour-là.
-Sinon, qu'avez-vous mangé ?
-Japonais, pourquoi ?
N'ai pas insisté. Ai demandé à E.A. comment il interprétait ce rêve et pourquoi ce dernier le terrifiait.
-Eh bien… Si l'on y réfléchit, le sushi, c'est du poisson cru, n'est-ce pas ? Quant au poulpe, c'est également une espèce marine, vous êtes d'accord ?
Ai hésité une fraction de seconde avant d'émettre un oui. Ne voyais pas où E.A. voulait en venir.
-Du cannibalisme, voilà ce que c'est ! Dans ce scénario, je m'identifie au sushi…Phagocyté par sa propre espèce ! Entouré de semblables qui sucent son sang et son énergie vitale jusqu'à la dernière goutte…
-Vous êtes stressé, Eustache.
-Phagocyté, Docteur…
Ai suggéré à E.A. de prendre congé. Ai fait miroiter les charmes de la nature, loin du stress de la vie citadine et des pressions de la vie professionnelle. Ai évoqué les joies simples d'un feu de camp, d'une tente plantée au cœur d'une forêt sauvage, coupé du monde, rompant des contacts humains trop exigeants, afin de se ressourcer, en communion avec la nature….
-J'ai peur des animaux. Depuis que je me suis fait mordre, tout petit, par à un Scroutt à pétard sauvage…
Ai soupiré intérieurement et griffonné une ordonnance pour des Potions apaisantes- et un brin désinhibantes. Au menu de la prochaine séance : déterminer quelles phobies sont les plus ancrées en E.A. afin de savoir auxquelles s'attaquer en priorité.
Midi
Looongue pause déjeuner. Ai dévoré salade au thon avec enthousiasme.
(refuse de penser à la tête d'E.A. s'il avait eu connaissance de mon menu).
Après-midi
En thérapie : Mr Blaise Zabini
Satisfait des progrès de B.Z. Long chemin parcouru depuis première séance. A la réflexion, « thérapie de groupe » en commun avec Mr. D. Malfoy (un groupe commence à partir de deux personnes), était une fausse bonne idée pour briser la glace. Ai heureusement rectifié le tir, assignant à chacun des sessions individuelles, B.Z. le jeudi, D.M. le vendredi.
B.Z. sujet intéressant. Complexe œdipien non résolu (à ce que j'ai compris, B.Z. enfant n'a jamais eu l'occasion, ou tout simplement le temps, de souhaiter décès –symbolique- du substrat paternel, le décès réel- infortuné événement- se produisant avec une régularité de métronome).
Difficulté d'accorder sa confiance, goût pour le secret : résultat des forteresses érigées par son moi enfantin afin de se protéger.
Ai été attristé d'apprendre de sa bouche rupture avec charmante Hannah. Nature ouverte et chaleureuse aurait réchauffé cœur gelé par l'indifférence (devrais encourager mon épouse Miranda à ralentir sur le visionnage de soaps. Mauvaise influence sur mon processus mental).
Rebondissement : B.Z. affirme que le cœur de la jeune demoiselle bat encore pour lui. Apparaît déterminé à la reconquérir. Ai rappelé, à toutes fins utiles, qu'une conversation honnête transparente pour régler les différends était préférable à des voies détournées.
« En amour comme à la guerre », a répondu B.Z.
Suis dépité. Espérais avoir dépassé les problèmes de communication de B.Z.
Régression ?
Bilan de la journée : Dois envisager nouveaux angles d'approche auprès de E.A. et de B.Z.
Vendredi, matin
En thérapie : Mr. Draco Malfoy
(Soulagé que Miss Belby ait annulé sa consultation. Serai frais and dispo. quand affronterai D.M.)
D.M. source inépuisable de complexes. Vit dans l'ombre du père. Narcissisme d'autant plus vif qu'encouragé par éducation parentale.
D.M. se plaint des travaux d'intérêt général qu'on lui inflige en échange d'une hypothétique restitution de terres, comptes en banque et manoir familial. D.M. se plaint des elfes de maison de B.Z., qui l'héberge en cette période difficile- prétend qu'elfes indisciplinés, lents à lui obéir et peu enclins à le reconnaître comme maître. D.M. se plaint du nouvel entourage de B.Z., composé de Sangs-mélés et Sangs de B…D.M. se plaint de devoir mettre son âme à nu devant moldu non qualifié, et par Salazar, qui est ce Freud qui prétend comprendre son comportement ?
D.M. se plaint d'être désormais un paria dans la communauté sorcière, lâché par son entourage.
Ai suggéré que c'était là l'opportunité de faire le tri entre ceux qui l'appréciaient pour lui-même, et ceux qui cherchaient à profiter de sa position.
Me suis rappelé trop tard que les premiers ne se bousculent pas au portillon. Pourtant, si B.Z. aide D.M., suppose que D.M. dissimule personnalité à tout le moins attachante ?
(Oui. Même par écrit, supposition peu crédible.)
-Je ne suis pas intéressé par l'approbation de l'entourage de Zabini.
-Prenez ce qui vous arrive comme une chance de leur montrer Draco, ai-je persévéré.
-Une chance de le leur montrer quoi ?
-Une chance de leur montrer Draco.
-Mais de leur montrer quoi au juste ?
-Oh, je comprends votre confusion. Une chance de leur montrer Draco, sans virgule avant Draco. Une chance de leur montrer que vous êtes davantage qu'un Malfoy.
-Mais je suis un Malfoy. Et je vois mal comment on pourrait faire mieux, a reniflé D.M. C'est un nom craint…respecté.
-Que faites-vous de l'amitié ?
-Je n'ai pas besoin d'amis. J'ai des serviteurs, de fidèles lieutenants…
-Mr. Zabini n'est-il pas un ami ? Il vous héberge, est attentif à votre bien-être alors que personne ne l'y oblige. Comment définissez-vous cette conduite ?
-Il n'est pas stupide. Il sait qu'il vaudra mieux être dans mes petits papiers quand je serai à nouveau au top !
-Draco, je crois que vous vous illusionnez. Mr. Zabini me semble agir avec un désintéressement admirable. De plus, Draco, soyons lucides : convenez que vous n'êtes pas…
-Que je ne suis pas quoi ?
-Objectivement parlant, vous n'êtes pas un cadeau.
-… ?
-Si les rôles étaient inversés, hébergeriez-vous dans votre Manoir ?
-Question absurde. Mon manoir est sous séquestre.
Ai tenté nouvel angle d'approche :
-La loyauté, pour ne pas dire le dévouement de Mr Zabini, ne mérite-t-elle pas une récompense ? Un Malfoy sait-il apprécier la fidélité ?
Un reniflement. Puis, maussade :
-Quand j'aurais récupéré mon manoir, j'inviterai Zabini à passer les week-ends, je suppose.
(Un petit pas pour le ça, un pas de géant pour le surmoi.)
Midi
Bon repas. Ai toujours un regain d'appétit à l'approche d'un nouveau patient.
Après-midi
En thérapie : Mr. Oliver Wood
-Alors, Mr Wood, qu'est-ce qui vous amène ?
Une demie-heure d'explications s'ensuivit. Maintenant au fait des tenants et aboutissants du championnat de Quidditch (que je ne suis pas) ai discerné l'obsession quasi-pathologique de mon patient pour ce sport mais n'ai pas été informé de la nature du problème qu'il a identifié.
-Quel problème rencontrez-vous actuellement ?
-Je n'ai pas de problème particulier.
Ai tenté autre question :
-D'après vous, quelle est ma fonction ?
-Une sorte de coach pour le mental ? a-t-il suggéré. En fait, Zabini vous a recommandé…
-C'est vrai ? ai-je interrompu, ému.
(C'est flatteur d'être recommandé par un de ses patients, surtout quand ce dernier est particulièrement peu disposé à faire vos éloges. Oh, nous en avons parcouru, du chemin…)
L'air décidé, O.W. s'est lancé à l'eau :
-Nous sommes en plein championnat. Il est absolument vital que je résiste à la pression.
-Vous me semblez relativement équilibré, ai-je suggéré. Aucun signe de tension nerveuse apparente.
-Mais je n'ai pas mon comportement habituel, a repris O.W. L'autre soir, je ne sais pas ce qui m'a pris…ma colocataire s'était endormie sur le sofa…et…
Il était gêné comme un écolier :
-Je l'ai embrassée, là !
(Bon, cette révélation n'avait rien de bien fracassant.)
-Sur le front, a-t-il ajouté, rougissant de plus belle.
(Encore moins fracassant.)
-C'est une impulsion naturelle, qui peut s'expliquer par l'attirance que vous ressentez peut-être pour cette jeune personne, ai-je décrété patiemment.
-Mais je n'ai pas pour habitude de distribuer des baisers à tout va ! s'est exclamé O.W, de plus en plus agité. Si j'étais en train de craquer ? Quelle sera l'étape suivante ? Claquer la bise à Flint ?
J'ignorais qui était ce Flint, mais O.W. semblait considérer la suggestion comme révoltante.
-Et cette colocataire, comment l'a-t-elle pris ?
O.W. m'a considéré avec horreur :
-Je ne le lui ai pas dit !
(Décidément, ces jeunes gens d'aujourd'hui sont rétifs à toute forme de communication franche et directe.)
-Serait-il possible que vous ayez développé des sentiments pour elle ? ai-je délicatement questionné.
-Bien sûr que non ! je suis inquiet à cause de Flint.
Encore ce Flint ?
-Il lui tourne autour, et soyons honnêtes : ce n'est pas du tout son genre, donc il veut m'atteindre, moi, à travers elle. Et Eloïse refuse de l'admettre !
-Pourquoi Flint souhaiterait-il vous atteindre ?
-Parce que nous sommes ennemis rivaux en Quidditch, et que ce scélérat ne reculerait devant rien pour me déstabiliser !
-En quoi sortir avec votre colocataire vous déstabiliserait-il ? Ne croyez-vous pas que vous projetez vos propres anxiétés ?
O.W. n'a apparemment jamais entendu parler de « projection ». Tant de concepts à expliquer, si peu de temps…
En thérapie : Master Tom Urquhart
Etonnant. D'ordinaire, enfant renfermé sur lui-même; aujourd'hui, véritable moulin à paroles. Semble aduler O.W., a énuméré les résultats du championnat avec gusto, a réitéré appréciation d'avoir croisé dans les couloirs O.W.
Bilan de la journée
Ignare en matière de Quidditch ce matin, me coucherais moins bête ce soir.
(Deux semaines plus tard, ayant pris une semaine de congé bien mérité.)
Jeudi, matin
En thérapie : Mr Eustache Abercrombie
Nouvelle description du dernier rêve d'E.A. : des flamants roses jouaient au Quidditch.
Contorsions improbables mises à part, ne comprenais pas le teint cireux d'E.A. Ai suggéré que rêve fort inoffensif.
-Le souaffle, Docteur ! Le souaffle était ma tête !
(De vagues réminiscences d'Alice au pays des merveilles me sont passées par l'esprit. Oh, joies perdues de l'enfance ! Oh, charmes étranges du croquet !)
-Autrefois, on achevait bien les vivets dorés !
(Ne suivais plus. Ai supposé encore une particularité du Quidditch dont je n'étais pas conscient. Poserai la question à O.W. lors de sa prochaine séance.)
Ai passé le reste de la session à assurer à E.A. que pratiques barbares définitivement plus d'actualités (ai vaillamment résisté à la tentation de lui intimer de garder la tête sur les épaules.)
Midi
Epuisé. Content d'avoir B.Z. cet après-midi; ai eu ma dose de mélodrame pour la journée.
Après-midi
En thérapie : Mr. Blaise Zabini
B.Z. en pleine déconfiture sentimentale.
-Je suis à la lettre les instructions des Cobras, mais ça ne marche pas ! A ce stade, en dépit de ses préoccupations, Hannah devrait exprimer un certain trouble en ma présence, mais non ! Elle est froide et distante !
-Et vous, comment êtes-vous ? Quel comportement avez-vous adopté selon les recommandations de votre guide ?
B.Z. a manifesté quelque gêne.
-L'attitude « prince glacial », a-t-il murmuré.
N'y tenant plus, me suis lancé dans diatribe virulente contre conseils à la gomme sur les relations sentimentales, façon Sorcière hebdo ou best-seller 12 façons éprouvées de charmer les sorcières. Ai insisté sur le fait que techniques de dragueur à la petite semaine ne fonctionnaient pas sur des personnes sensées.
Réticent, B.Z. a persisté dans son entêtement :
-C'est censé fonctionner ! Des douzaines de Cobras ont testé et éprouvé cette méthode.
-Pas sur Miss Hannah, ai-je riposté.
Bilan de la journée
Shakespeare n'a-t-il pas dit « we are all fools in love ? ». Espère que B.Z. se ressaisira à temps- quand on veut jouer au plus fin avec les sentiments, on perd souvent.
Vendredi, matin
En thérapie : Mr. Draco Malfoy
Sans commentaires. Personne ne s'occupe de lui, B.Z. s'éclipse souvent, on le laisse seul des heures entières avec des elfes terrorisés pour seule compagnie…Rengaine habituelle.
Où sont passés les infimes progrès réalisés voilà quinze jours ?
Midi
Hésite entre aspirine et verre de brandy. Regrette de ne pouvoir mixer les deux.
Après-midi
En thérapie : Mr. Oliver Wood
-Elle doit se douter de quelque chose. Elle m'évite comme la peste, a déclaré O.W., morose.
En revanche, - et il parut reprendre du poil de la bête-, Flint ne rôde plus dans les parages.
-Cela fait un rival de moins, ai-je plaisanté, mais O.W. n'a pas semblé comprendre mon allusion à une rivalité autre que sportive.
Le reste de la séance, en dépit de mes efforts, fut consacré à un debriefing des matchs passés, à un pronostic des matchs à venir, et à un O.W. qui, satisfait, décrétait qu'il avait recouvré tout son sang-froid pour le championnat.
-Et si Flint n'était pas sorti de la vie de votre colocataire, comment l'accepteriez-vous ? ai-je suggéré.
-Bah ! il est parti pour de bon. Je suppose qu'Eloïse s'est réveillée et a compris qu'elle était trop bien pour lui, mais elle ne m'en parle pas car elle ne veut pas reconnaître que je l'avais prévenue. Nous sommes débarrassés de Flint, et tout reviendra à la normale ! a-t-il déclaré avec assurance.
En thérapie : Master Tom Urquahrt
T.U. a passé un quart d'heure dans la salle d'attente en compagnie de O.W. Ne cesse de s'extasier sur sa gentillesse, son accessibilité, l'autographe qu'il lui a signé.
Tiens, tiens…Idée a germé.
Bilan de la journée
Après B.Z, le cas O.W. : suis-je tombé sur un échantillon représentatif et dois-je en conclure que la jeunesse sorcière est particulièrement peu dégourdie en ce qui concerne les affaires de cœur ?
Miranda Weston accueillit son mari avec désapprobation :
-Tu travailles trop, mon pauvre chéri ! tu as encore manqué la diffusion de Cdf. C'est palpitant ! Salazar et Helga s'étaient rapprochés, mais des malentendus les ont séparés à nouveau, et aucun ne veut faire le premier pas quant à Rowena, elle a découvert son amour pour Godric mais on ne sait pas si Godric éprouve pour elle plus que de l'amitié !
Elle reprit son souffle.
-Je regrette d'avoir manqué ça, dit hypocritement le Dr Weston.
-j'espère que ça vous a amusé ;) en attendant le chapitre 29.
